dimanche 10 février 2019

Les femmes américaines réclament le droit de torturer et de tuer pour l’Empire… tout comme les hommes

Féminité "toxique" (dangereuse) : «Badass» (« Dures à cuire »)

 Les femmes américaines réclament le droit de torturer et de tuer pour l’Empire… tout comme les hommes

par Michael McCaffrey
 
© Global Look Press / Marvel Studios 



Grâce à une nouvelle vague de féminisme et à son appel à l’égalité, ce ne sont pas seulement les « hommes toxiques » qui peuvent tuer, torturer et surveiller au nom du militarisme et de l’empire américains, car les femmes peuvent aussi le faire!

Le week-end dernier, c’était la troisième marche annuelle des femmes, une manifestation qui avait été déclenchée à l’origine par la défaite de Hillary Clinton par Donald Trump lors de l’élection présidentielle de 2016, qui encourageait les femmes de l’ensemble du continent américain à se soulever contre la misogynie et le patriarcat.

Aussi sincères que soient ces femmes dans leur colère, dans leur quête de pouvoir, elles renforcent sans s'en rendre compte le système immoral et sans éthique qu'elles prétendent haïr. C’est particulièrement évident lorsque ce nouveau féminisme embrasse hardiment les pires caractéristiques  du patriarcat sous la forme du militarisme et de l’impérialisme.

Le développement de #MeToo, Time’s Up et le mouvement des femmes anti-Trump a engendré une nouvelle vague de néo-féministes politiquement et culturellement engagées. Ce mouvement de femmes modernes et ses adhérentes réclament que «les garçons ne soient pas des garçons» et prétendent en fait que la déclaration «les garçons seront des garçons» est en soi un acte de privilège patriarcal et une agression masculine. L’ironie est que ces néo-féministes ne veulent pas que les garçons soient des garçons, mais elles veulent que les filles soient comme des garçons.

La contradiction inhérente à cette idéologie a été mise en évidence récemment lorsque l’American Psychological Association (APA) a publié un guide sur le traitement des hommes et des garçons. Dans le résumé du guide, l’APA affirme de façon extraordinaire que «la masculinité traditionnelle - caractérisée par le stoïcisme, la compétitivité, la domination et l’agressivité - est globalement nuisible».

Ces directives de l'APA font équivaloir «masculinité traditionnelle» et «masculinité toxique» devenus synonymes, et ne mentionnent jamais une seule fois la testostérone, révélant une ignorance stupéfiante de la biologie masculine. L'APA est essentiellement en train de blâmer le taureau pour ses cornes.

Quelle crédibilité leur accorder quand on voit le chaos dans lequel est plongé l'état émotionnel actuel de notre monde et que l’on préconise qu'il y faut moins que plus de stoïcisme ?

L'hypocrisie des directives de l'APA est flagrante, car où que l'on regarde de nos jours, on voit que les filles et les jeunes femmes sont constamment invitées à être plus compétitives, à se positionner dans une position dominante et devenir encore plus agressives. Je suppose que quand les femmes le font, c’est considéré comme leur donnant une autonomie légitime, alors quand les hommes le font, c'est considéré comme un danger.

Les femmes et certains hommes me disent souvent que si les femmes étaient au pouvoir, le monde serait un endroit meilleur et plus sûr. Mais cette vieille figure de rhétorique, qui anime à l’évidence le mouvement féministe d’aujourd’hui, est une sottise. Je veux dire que personne parmi ces gens n'a jamais entendu parler de cette bête pernicieuse de Margaret Thatcher ? Et est-ce que quelqu'un pense que la zone d'interdiction de vol proposée par Hillary Clinton au-dessus de la Syrie ou son discours dur sur la Russie aurait conduit à plus de paix et moins de guerre?

Un autre exemple de la vacuité de cette idéologie est le groupe de femmes démocrates issues du monde militaire et du renseignement qui ont remporté des sièges au Congrès en 2018. Ces femmes, qui se sont qualifiées elles-mêmes de « dures à cuire», avec une masculinité ô combien toxique se sont targuées d’être  l’"Antidote à Trump."

 Nul doute, n’est-ce pas, que ces ex-«badasses» de l'armée et des services de renseignement seront bien moins « toxiques » que leurs homologues masculins lorsqu'elles demanderont aux États-Unis de «se montrer sévères» en intervenant militairement dans le monde entier pour défendre les intérêts américains. Ce genre de belligérance à la bannière étoilée n’est pas moins dangereuse dans un tailleur-pantalon que dans un costume trois pièces, et ne fera que causer plus de victimes de la «compétitivité, de  la domination et l’agression» américaines dans le monde.

 Gina Haspel est la première femme directrice de la CIA et les femmes occupent également les trois principales directions de cette agence. Mme Haspel s'est montrée plus que capable d'être simplement aussi déplorable que n'importe quel homme lorsqu'elle a participé activement au programme de torture de l'ère Bush. Il ne fait aucun doute que la brigade coiffée d'un bonnet de chatte ne pourrait que louer sa «compétitivité, sa domination et son agressivité» lors de la torture de prisonniers… particulièrement ceux qui montrent des attributs masculins traditionnels.

L’hypocrite Hollywood a longtemps été un paradis pour la masculinité « toxique », que ce soit sous la forme de prédateurs dépravés comme Harvey Weinstein ou Woody Allen ou de faux durs comme John Wayne. Hollywood est également depuis longtemps l’aile de propagande de la machine de guerre militaire américaine. Il est bien établi que, depuis des décennies, Hollywood et le département de la Défense travaillent main dans la main pour créer des films qui vantent le militarisme et l’impérialisme américains.

À présent, Hollywood et le ministère de la Défense utilisent la carte de visite de la justice sociale «diversité et inclusion» pour passer à l'étape suivante dans l'endoctrinement des jeunes gens avec l'idéologie nocive de l'exceptionnalisme et de l'agressivité américaines… Ils ciblent les filles et les jeunes femmes..

Le dernier produit de la machine à propagande Hollywood et du DoD (Departement of Defense) est le film Disney / Marvel, Captain Marvel, qui sort ce mois de mars. Le film, doté d’un budget de 150 millions de dollars et met en vue l’une des voix féministes les plus en vue à Hollywood, Brie Larson, lauréate d’un Academy Award, raconte l’histoire de Carol Danvers, une ancienne pilote de l’armée de l’air, qui «devient l’un des héros les plus puissants de la galaxie. »

 Alors que Robert Downey Jr. et Chris Evans sont sur le point d'abandonner leurs rôles respectifs d'Iron Man et de Captain America, Disney se propose de les remplacer pour représenter le visage de l'univers cinématographique de Marvel, doté de plusieurs milliards de dollars, avec le Captain Marvel de Brie Larson, qui est mise en avant comme “superhéroïne badass”… une dame encore plus porte-drapeau et « dure à cuire » désignée comme modèle pour les filles!

Le film a été décrit comme « l’outil de recrutement de rêve de l’armée de l’air » et constituera sans aucun doute un atout majeur pour le recrutement des femmes, un peu comme Tom Cruise et Top Gun ont favorisé le recrutement de militaires dans les années 1980.

Le Ministère de la Défense serait associé à Marvel depuis l’Iron Man de 2008. Le MdD et l’armée de l’air exigent que tout projet de film auquel ils assistent «dépeigne l’armée de l’air et l’armée de manière précise et qu’il soit dans l’intérêt du service de s’associer à ce projet».

 Il est bon de savoir que la féministe Brie Larson tire profit de son partenariat avec l’armée de l’air pour réaliser un film qui endoctrine des millions d’enfants américains, en particulier des filles, avec le rêve de pouvoir bombarder des innocents à travers le monde à des kilomètres dans le ciel avec un style vraiment "badass" tout en le faisant.

Je suis sûr que Mme Larson, qui défend ouvertement des victimes d'abus sexuels ici en Amérique, a minutieusement pesé le pour et le contre de son utilité comme outil de recrutement pour l'armée américaine, qui, ces dernières années, a aidé et encouragé, ou a été directement responsable du meurtre de femmes et d'enfants au Yémen, en Irak, en Afghanistan, en Syrie, en Libye et ailleurs.

La cacophonie des voix féministes dans la sphère publique a effectivement défié certains esprits à propos de certaines choses, mais pas les bons esprits à propos des bonnes choses. L’état américain factice et son complexe industriel militaire virulent ont coopté l’époque féministe actuelle et l’utilisent pour renforcer leur emprise meurtrière sur la conscience américaine, et Brie Larson est désormais complice de ce crime.

Est-ce cela la nouvelle vague du féminisme, mettre du rouge à lèvres sur le cochon de l'empire américain et du militarisme et le qualifier de victoire pour l'égalité ? Si oui, je passerai outre cette féminité dangereuse.

Je vais m'en tenir à la masculinité traditionnelle, vous savez, le genre stoïque, dont les adhérents, des hommes de principes comme Martin Luther King, César Chavez, Daniel Ellsberg, Pat Tillman et Edward Snowden, parmi beaucoup d'autres, ont tous fait ce qui convenait face à une opposition énorme, et qui ne se sont pas vantés d’être des «durs à cuire», n’ont pas commencé des combats mais y ont mis fin, n’ont pas torturé, n’ont pas espionné et n’ont pas bombardé des femmes et des enfants innocents.

En fin de compte, je crois fermement que les droits et les chances des hommes et des femmes devraient être égaux, mais je suis tout aussi convaincu que personne, quel que soit son sexe, personne n'a le droit de tuer, mutiler et torturer au nom de l'Empire américain.

Michael McCaffrey, pour RT
(version française de la source par Maxime le mininime

Michael McCaffrey est un écrivain indépendant, critique de cinéma et commentateur culturel. Il réside actuellement à Los Angeles où il dirige son entreprise de coaching et de conseil en médias. mpmacting.com/blog/

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