[…] Quand notre vie se déroule tranquillement, posons-nous la question de savoir si Dieu est près de nous, car nos épreuves constituent notre gloire, notre couronne.
Quand nous souffrons, nous pouvons offrir deux choses à Dieu.
La première sera notre vertu, notre conscience tranquille, ce sera notre désir des «équités» ou de la souveraineté de la volonté divine sur nous. Comme nous le disions au début de notre commentaire, notre volonté doit être la volonté de Dieu.
La deuxième sera notre entière confiance en Dieu, notre remise totale à Dieu dans la patience. Des moments surviendront dans notre vie — ou plutôt ils viennent constamment — où tout nous semblera perdu et où, même ceux que nous aimons et en qui nous avons confiance, nous délaisseront; ils nous deviendront étrangers. Parfois même, nous penserons qu’il n’y a plus d’espoir. C’est justement au cours de ces heures difficiles que Dieu nous visite, afin d’éprouver notre patience, pour recevoir la preuve de notre amour. Nous avons dit que, maintes fois, les impies sont scandalisés par le bonheur des incroyants. C’est vrai.
Quand nous regardons autour de nous, nous voyons que Dieu, selon la logique humaine, distribue injustement ses biens. Là où devrait fleurir le bonheur, il dispense le malheur. Là où la richesse est nécessaire, il donne la pauvreté et, là où la pauvreté devrait régner, il accorde la richesse. Lorsque nous attendons sa bénédiction, il nous frappe violemment, alors que dans le même temps il adresse un sourire permanent à d’autres personnes. Nous dirions, en utilisant une expression contemporaine, que Dieu fait sans cesse des distinctions, et cela nous scandalise.
Pourquoi en sommes-nous scandalisés ? Très simplement parce que notre cœur est tourné vers les choses matérielles, il est cloué aux biens terrestres, il les aime et les recherche. Mais la solution à notre drame ne se trouve pas à ce niveau matériel, elle est ailleurs. Nous ne devons pas demander l'abolition de cette injustice apparente. Le changement doit s'opérer en nous; nous devons être étrangers à tout ce qui est purement humain, à toute logique humaine, à toute vue humaine. Lorsque nous y parviendrons, Dieu seul subsistera, Il deviendra tout pour nous, et c'est cela qui nous donnera la sérénité. S'il y a dans notre vie la moindre chose qui n'appartient pas à l'autre vie, nous devons savoir que nous seront souvent tyrannisés. […]
Le présent et l'avenir ne font qu'un pour David comme ils doivent l'être aussi pour nous […] Cette quête du visage divin doit devenir notre préoccupation quotidienne, devenir notre nourriture et notre boisson, notre ouvrage. […]
Si nous voulons appartenir à Dieu, notre route sera difficile; la souffrance, le chemin ardu, fut le mode de vie des Apôtres, des Pères et des saints. C'est la seule voie qui mène au Ciel.
Comme certains hommes considèrent les biens terrestres, tout comme les vainqueurs regardent les dépouilles de leurs ennemis, ainsi nous devons toiser les difficultés qui se dressent sur notre route. Aimons les chemins ardus du Seigneur, quelle que que soit la difficulté qui apparaisse. Avec enthousiasme, avec des cris de joie, soyons prêts à souffrir. Alors chaque jour, nous serons rassasiés.
Je n’avais pas prévu de revenir sur l’actualité de la campagne présidentielle américaine mais compte tenu des revirement spectaculaires de ces derniers jours, est-il possible de faire autrement ?
Ceux qui ne seraient pas encore familiarisés avec quelques scandales collant aux basques d’Hillary Clinton peuvent se référer à un ancien billet sur le sujet. Depuis, l’eau aurait dû couler sous les ponts. Le scandale consécutif à l’enregistrement de propos salaces de Trump à son insu en 2005 aurait dû démolir ses dernières chances de succès pour les élections. Hillary aurait dû triompher sans coup férir… Mais il est des campagnes où rien ne se déroule comme prévu.
Il était une fois un serveur mail
En 2009, lorsque Hillary Clinton accéda au poste de Secrétaire d’État sous la présidence Obama, les Clinton mirent en place une messagerie parallèle, privée. Pendant des années, les affaires ayant trait à la diplomatie américaine circulèrent à travers l’adresse électronique HDR22@ClintonEmail.com. Ce serveur mail privé était en parfaite violation du Federal Records Act, qui impose une copie pour archivage des communications officielles des élus et hauts fonctionnaires pour des activités liées à leur mandat, et de la loi sur la liberté d’information (Freedom of Information Act) permettant à toute personne en faisant la demande de consulter ces échanges, sauf ceux classés confidentiels ou secret-défense.
Il faut noter que Mme Clinton savait parfaitement qu’elle violait la loi, sauf à faire preuve de troubles de la mémoire confinant à la démence. En 2007, alors dans l’opposition, elle reprocha à des élus républicains leur utilisation de mails privés dans le cadre de leurs fonctions. En 2011, alors même qu’elle utilisait son serveur privé, elle envoya un message enjoignant les ambassadeurs sous ses ordres à ne pas utiliser des adresses privées. En 2012, elle réprimanda sévèrement un ambassadeur et le licencia ensuite pour être passé outre.
Mme Clinton prétendit que les e-mails manquants n’avaient aucune importance, comme les cours de yoga de sa fille, et relevaient de la sphère privée.
Sommée de livrer son serveur aux autorités, Hillary Clinton en fit effacer le contenu avec un logiciel professionnel, affirmant qu’il s’agissait d’une « simple erreur de manipulation » du technicien, sans préméditation. Les internautes purent démontrer qu’il s’agissait là d’un mensonge grossier, le technicien en question cherchant à savoir comment effacer des données sensibles plusieurs mois auparavant.
Sans avoir accès à l’entier de la correspondance d’Hillary Clinton, les enquêteurs du FBI parvinrent à trouver des données classifiées dans les mails « gracieusement fournis » par l’ancienne Secrétaire d’État. Mais tout ceci se termina abruptement en juillet par la décision de James Comey, directeur du FBI… De clore l’enquête, à la stupéfaction générale. Mme Clinton fut réprimandée pour sa « grave négligence » et ce fut tout.
Démocrates et journalistes chantèrent des louanges et tressèrent des lauriers à James Comey, incarnant le bon sens et la raison, alors que le grand public et les Républicains restaient pour le moins dubitatifs sur cette conclusion en queue de poisson.
Mais ça, c’était avant.
Réouverture de l’enquête
L’annonce par James Comey de la réouverture de l’enquête du FBI sur les e-mails de Clinton à moins de deux semaines de l’élection présidentielle fit l’effet d’une bombe.
À ce stade, nous ne savons pas encore quelles sont les nouvelles données sur lesquelles le FBI a pris sa décision, mais une chose paraît certaine : une annonce pareille si près d’un scrutin aussi important implique que le FBI soit tombé, au minimum, sur de la dynamite.
Nous savons en revanche d’où viennent ces nouvelles données : de l’ordinateur d’Anthony Weiner, politicien démocrate de New York. En fouillant dans les e-mails de ce sinistre personnage, les enquêteurs ont trouvé des dizaines de milliers de courriers électroniques liés à Hillary Clinton et à son serveur mail.
Car il se trouve que M. Weiner est aussi le mari de Huma Abedin, principale aide de camp d’Hillary Clinton depuis vingt ans, une collaboratrice si proche d’elle que Clinton la qualifie parfois de « fille adoptive ».
À ce stade, nous ne savons pas non plus comment ces courriers se sont retrouvés là – probablement des mécanismes de réplication entre comptes mails oubliés depuis longtemps, dont l’enquête éclairera peut-être la mise en place et la motivation.
Toujours est-il que la campagne présidentielle d’Hillary Clinton vient d’exploser en plein vol.
La machinerie Clinton se pulvérise
Selon toute vraisemblance, le FBI vient probablement de mettre la main sur les fameux 33 000 e-mails manquants dissimulés par Hillary, et sans doute de nombreux autres. La nouvelle est tellement importante qu’il n’est pas possible de la cacher, de la minimiser, de la détourner – même si tous les médias s’y emploient.
La fin de campagne présidentielle s’est transformée en cauchemar pour Hillary. Les accusations de Trump font mouche. Son serveur mail était au cœur de toute sa communication – non seulement ses entorses au protocole dans son rôle de Secrétaire d’État, mais aussi les affaires ayant trait à la Fondation Clinton et au trafic d’influence entretenu par le couple en préparation de son retour au pouvoir. Le FBI a désormais également placé la Fondation sous enquête.
Les informations filtrées peu à peu corroborent celles que diffuse depuis des jours Wikileaks à travers le piratage du compte Gmail de John Podesta, chef de cabinet de la Maison Blanche de Bill Clinton entre 1998 et 2001, puis conseiller spécial de l’administration Obama en 2013, puis directeur de campagne d’Hillary Clinton pour les présidentielles de cette année.
Les cartes sont retournées les uns après les autres, révélant leurs secrets. La mise aux enchères de postes d’ambassadeurs. Le chantage à l’extorsion exercé contre des Saoudiens. Les manipulations d’Hillary pour évincer Sanders des primaires démocrates. Les débats truqués. La collusion avec la ministre de la Justice, qui a invoqué depuis le Cinquième Amendement pour ne pas témoigner contre elle-même. La complicité d’Obama dans cette histoire de serveur mail privé, ses efforts pour enterrer l’affaire, et même sa propre utilisation d’une messagerie parallèle. L’utilisation d’activistes payés pour provoquer la violence dans les réunions électorales de Donald Trump.
Les ondes de choc sont incalculables et promettent de résonner longtemps, longtemps après que les Clinton et leurs complices croupissent en prison – une issue qui paraît de plus en plus vraisemblable.
Reste une seule question – Que va-t-il se passer maintenant ? Charles Gave tente de répondre :
Jamais les milliers d’e-mails ne pourront être traités dans les jours qui viennent et donc l’élection va avoir lieu dans la plus grande incertitude juridique. Si des preuves certaines sont trouvées, madame Clinton ira en prison, certainement.
Si les citoyens sont assez bêtes pour voter pour quelqu’un qui risque d’aller en prison à peine élu (…) alors nous aurons une crise de régime aux USA, de nature constitutionnelle.
Le Président nouvellement élu sera traduit devant un tribunal constitué par le Congrès et sera sans doute « impeached » par la Chambre des Représentants qui laissera au Sénat la responsabilité de destituer le Président. Voilà qui rendra les US quasiment ingouvernables pendant au moins deux ans, jusqu’à l’élection suivante.
Si monsieur Trump est élu, ce qui me paraît de plus en plus probable, madame Clinton et sans doute son Bill de mari iront en prison où ils risquent de retrouver une grosse partie de l’administration Obama, en commençant par la Ministre de la justice.
Et je ne pense pas que le Président Trump sera particulièrement généreux pour ceux qui l’insultent depuis plus d’un an.
Mais bien des incertitudes subsistent. Pour commencer, il n’est pas du tout certain que les États-Unis parviennent à déterminer qui sera leur Président au lendemain de l’élection présidentielle.
De nombreuses surprises nous attendent sans doute encore.
Le divin Maître nous révèle un titre de plus de leur part à notre respect, quand Il ajoute: "Leurs anges voient toujours la face de mon Père qui est dans les cieux". D’où il suit que les saints ont tous des anges dans le ciel. L'Apôtre disait de la femme "qu'elle devait voiler sa fête à cause des anges" (1Cor.11;10) Moïse a dit également: "Le Seigneur a fixé des limites aux nations eu égard au nombre des anges de Dieu" (Deut. 32;8) Dans le cas présent, le Sauveur ne parle pas seulement des anges ordinaires, Il parle des anges les plus élevés en dignité. Ces mots: " Ils voient la face de mon Père" indiquent simplement le crédit et l'honneur dont ils jouissent aux yeux de Dieu. "Car le Fils de l'homme est venu sauver ce qui avait péri" (Mat.18 ;11). Ici se présente une raison plus décisive que la précédente, et une parabole propre à préciser la volonté du Père à ce sujet. "Que vous en semble? Si un homme a cent brebis, et que l'une d'elles s'égare, ne laisse-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres sur les montagnes, pour aller chercher celle qui s'est égarée? Et, s'il la trouve, je vous le dis en vérité, elle lui cause plus de joie que les quatre-vingt-dix-neuf qui ne se sont pas égarées. De même, ce n'est pas la volonté de votre Père qui est dans les cieux qu'il se perde un seul de ces petits." Voyez-vous de combien de manières Il nous excite à nous occuper de nos frères les plus petits? Ne dites donc pas : C'est un ouvrier en airain, c'est un cultivateur, un ouvrier en chaussures, un homme sans distinction, et ne concevez à leur égard aucun sentiment de mépris. Pour vous prémunir contre ce mal, songez aux moyens par lesquels le Sauveur s'efforce de vous inspirer des sentiments de douceur et de sollicitude envers vos
frères. C'est d'abord un enfant qu’Il met sous vos yeux. Devenez semblable à cet enfant, vous dit-Il ; puis il ajoute : "Quiconque recevra un petit enfant comme celui-là, me recevra moi-même. — Quiconque scandalisera un de ces petits sera rigoureusement puni. Non content de la comparaison de la meule, Il prononce le mot : "malheur" et Il nous ordonne de rompre avec les gens de cette espèce, nous fussent-ils aussi nécessaires que les mains et les yeux. Il nous parle ensuite des anges auxquels ces frères si faibles sont confiés, de sa passion et de son propre désir ; car ces mots: "Le Fils de l'homme est venu sauver ce qui avait péri, indiquent la croix; de même que Paul écrivant au sujet de ce frère, pour lequel, disait-il, est mort le Christ" (Rom.14;15) . Toujours pour
nous inspirer l'estime du prochain, quelque petit qu’il soit, le divin Maître nous parle encore de son Père, dont le bon plaisir est qu’il ne périsse pas, de ce qui arrive ordinairement au berger qui, laissant les brebis fidèles, court à la recherche de la brebis égarée, et qui se réjouit profondément de la retrouver saine et sauve.
5. Si Dieu se réjouit à ce point quand Il retrouve l’un de ces petits, comment osez-vous mépriser ceux pour lesquels le Seigneur déploie tant de sollicitude, quand vous devriez pour l’un d’eux être prêt à donner votre vie?
— Mais il est faible et impuissant.
— Raison de plus pour ne négliger aucun des moyens propres à le sauver. Dieu a bien laissé les les quatre-vingt-dix-neuf brebis pour venir à la recherche de celle-ci ; et le salut d'un nombre considérable d'hommes n'a pas pu le rendre indifférent à la perte d’un seul. Luc dit que le bon Pasteur rapporte la brebis égarée sur ses épaules, et que la conversion d’un seul pécheur cause plus de joie que la persévérance de quatre-vingt-dix-neuf justes (Luc 15;5-7). Toujours est-il que, en laissant les brebis qui ne couraient aucun danger, et en se réjouissant si fort d’avoir ramené l’autre au bercail, le Seigneur montre à cet endroit une admirable sollicitude. Nous aussi, gardons-nous de ne témoigner à ces âmes que de l'indifférence. Du reste, tel est le but de tout ce qui vient d’être dit. Lorsque le Sauveur menace de refuser l'entrée des cieux à quiconque ne devient pas petit enfant, et qu'Il emploie la comparaison de la meule, Il confond l'arrogance et l'orgueil, vices essentiellement opposés à la charité ; lorsqu’Il dit: "Il est nécessaire qu'il y ait des scandales" Il prêche la nécessité de la vigilance, lorsqu’Il ajoute: "Malheur à celui par qui vient le scandale", Il nous détourne de scandaliser en quoi que ce soit; lorsqu’Il nous ordonne de rompre avec les
personnes capables de nous scandaliser, Il nous facilite l'oeuvre du salut; enfin, lorsqu’Il nous enjoint de ne pas dédaigner les petits, ce qu’Il fait avec force, car Il nous dit : "Prenez garde de dédaigner un seul de ces petits ; les anges, poursuit-Il, voient la face de mon Père" c'est pour cela que je suis venu; telle est la volonté de mon Père"; Il ranime le zèle de ceux qui doivent en prendre soin. Voilà comment Il nous prémunit contre tout danger ; voilà jusqu'où Il pousse la sollicitude à l'endroit des hommes les plus vils et les plus dédaignés : Il menace des châtiments les plus graves ceux qui les scandaliseraient, Il promet à ceux qui les traiteront avec ménagement et charité, les récompenses les plus précieuses; enfin, Il cite comme modèle à ce sujet, et son Père et Lui-même. Marchons à sa suite, nous aussi, ne reculons devant aucune peine, devant aucun abaissement apparent, lorsqu'il s’agira du bien de nos frères: fallût-il devenir le serviteur d'un homme obscur et vil, fallût-il entreprendre quoi que ce soit de pénible, franchir des montagnes et des précipices, ne reculons jamais lorsque le salut d’un de nos frères en sera la conséquence. Une âme est si chère à Dieu qu’Il n’a même pas épargné son propre Fils (Rom.8;32)).
4. Pour vous convaincre de cette vérité, que le mal n’a point pour principe la fatalité, prêtez l’oreil1e à ce qui suit. Après la malédiction précédente, le Sauveur continue en ces termes "Si votre main ou votre pied vous scandalise, coupez-le et jetez-le loin de vous ; il vaut mieux pour vous entrer dans le séjour de la vie n'ayant qu'un pied et qu’une main, que d'être précipité avec les deux pieds et les deux mains au feu éternel. Et si votre oeil droit vous scandalise, arrachez-le, jetez-le loin de vous. Il vaut mieux pour vous entrer avec un seul oeil dans le séjour de la vie, que d'être jeté avec les deux yeux dans la fournaise de feu. " (Mat.18;8-9) Il ne parle pas des membres du corps, gardez-vous de le croire ; il parle de nos amis, de nos parents qui sont pour nous comme nos propres membres. L'observation qu’Il fait actuellement, Il l’avait déjà faite ailleurs. En effet, il n‘est rien de si funeste que la fréquentation des méchants. Là où la contrainte échoue, l’amitié plus d’une fois réussit, soit pour notre malheur, soit pour notre bonheur. Voilà pourquoi le divin Maître nous enjoint impérieusement de briser toute relation avec les personnes qui nous seraient nuisibles, et désigne les auteurs du scandale. Voyez-vous comment Il prévient le
mal que peuvent causer les scandales en nous annonçant qu’il y en aurait inévitablement? Il ne voulait pas qu’ils nous surprissent dans la négligence Il voulait que nous les attendissions avec vigilance ; et c’est pour cette raison qu’Il nous en découvre les conséquences eflroyables. Il ne dit pas tout d'abord : "Malheur au monde, à cause de ces scandales "; Il ne le dit qu’après en avoir prédit les funestes effets. En déclarant malheureux celui qui est fauteur du scandale, il fait ressortir la gravité des conséquences; car ces mots : "Cependant, malheur à cet homme..." nous prédisent le châtiment terrible qui l'attend. En outre, il recourt à une comparaison pour augmenter nos craintes. Non content de cela, il nous montre la voie par laquelle il nous sera facile d’éviter ces scandales. Quelle est cette voie? Rompez avec les méchants, nous dit-Il, quelques liens d’amitié qui vous unissent à eux; et il appuie cette conclusion sur un raisonnement inéluctable. Si vous conservez vos amis, nous dit-il encore, vous les perdrez en vous perdant vous-même; en rompant avec eux,vous opérerez du moins votre propre salut. Si donc une amitié vous est funeste, renoncez-y sans délai. Nous consentons bien à l'amputation de nos membres, lorsqu’ils sont dans un état incurable et qu’ils nuisent au reste du corps ; à plus forte raison, devons-nous nous interdire certaines amitiés. Si le mal naissait de la nature, le conseil serait inutile et superflu, vaine serait toute précaution; mais, si elle n'est pas vaine, ce qui est hors de doute, il s’ensuit clairement que le mal naît de notre volonté. "Prenez garde de mépriser l’un de ces « petits car, je nous le dis, leurs anges voient toujours la face de mon Père qui est dans les cieux" (Mat.18;10) Le divin Maître désigne sous le nom de petits, non pas ceux qui le sont réellement, mais ceux que la foule estime tels, par exemple les pauvres, les gens inconnus et de condition obscure. Comment serait-il petit, celui qui est plus honorable que le monde entier? Comment serait-il petit, celui qui est l'ami de Dieu ? Je le répète, le Sauveur ne désigne ainsi que les personnes réputées telles par le vulgaire. Il ne dit pas : Si vous méprisez plusieurs, mais: "un seul de ces petits"; et, en s'exprimant de cette manière, Il combat le mal qui pourrait résulter d'un grand nombre de scandales. De même que la fuite des méchants, l'amitié des bons nous procure de précieux avantages. Si nous y réfléchissons, nous verrons que nous en retirons un double fruit: en premier lieu, nous nous déroberons à l'affection des personnes qui pourraient nous scandaliser; en second lieu, nous entourerons les saints du respect et de l'honneur qui leur convient." (à suivre)
"Malheur au monde à cause des occasions de chute (des scandales) ! car il est nécessaire qu'il arrive des occasions de chute; mais malheur à cet homme par qui le scandale (l'occasion de chute) arrive. "(Mat. 18;7)
l. S'il est nécessaire qu'il y ait des scandales, observera l’un de nos adversaires, pourquoi maudire le monde ? ne vaudrait-il pas mieux lui venir en aide et lui tendre la main ? Ce serait là ce que ferait un médecin et un homme de bien; mais le maudire, un homme quelconque en ferait autant. — Que répondre à ce langage impudent ? Où trouverez-vous rien qui approche du remède employé par le Sauveur ? De Dieu qu’il était, il s’est fait homme pour vous, il a pris la forme d'un esclave, il a souffert les plus honteux traitements, il n'a rien négligé de ee qui dépendait de Lui. Les hommes ayant eu l'ingratitude de ne retirer de ce bienfait aucun avantage, Jésus les déclare malheureux pour être demeurés dans leur infirmité, malgré des remèdes si eflicaces. Ainsi, l'on s'écrierait en gémissant, si un malade, auquel toutes sortes de soins seraient prodigués, refusait, à obtempérer aux ordonnances de l'art (médical) : malheur à cet homme, à cause de son mal dont, par sa folie, il a augmenté, la gravité. Mais, dans ce dernier cas, l’on aurait beau gémir, cela ne servirait de rien : au lieu que, dans le cas présent, c’est porter d'une certaine façon remède au mal que de prédire ce qui doit arriver et de le déplorer. Là où les conseils ont
été inutiles, souvent la compassion a réussi. Voilà pourquoi le Sauveur s'écrie : "Malheur!" en rappelant ainsi les
hommes à eux-mêmes, et ranimant leur sollicitude et
leur vigilance. En outre, Il leur témoigne sa bienveillance
et sa douceur par les larmes qu’Il verse sur leur opiniâtreté ; de telle sorte que, loin de s’en indigner, Il les retire
de leur aveuglement et par ses lamentations, et par l'avenir qu’il leur annonce. — Comment cela pourra-t-il se faire ? demanderez-vous. Si les scandales doivent survenir nécessairement, nous serait-il bien possible de nous
y soustraire ? — Il est nécessaire, à la vérité, qu’il y ait
des scandales ; mais il n’est pas nécessaire que nous nous perdions. Supposez un médecin, —pourquoi ne pas recourir à
la comparaison de tout à l’heure ? — supposez, dis-je, un
médecin qui vous tienne le langage suivant : Vous ne
sauriez éviter cette maladie; mais, avec un peu d’énergie, vous parviendrez à prévenir toute fatale issue. Tel
était le langage que tenait le Sauveur, entr’autres motifs,
pour mettre les disciples sur leurs gardes. Afin de les
préserver de toute torpeur, il ne va pas leur faire croire
qu'ils sont destinés à mener une vie douce et paisible; au
contraire, il leur dénonce les combats qu’ils auront à soutenir soit au dehors, soit au dedans. Vérité que Paul formulait en ces termes: "Au dehors des luttes, au dedans les angoisses; périls du côté des faux-frères" (2Cor. 7;7,11;26). "Il s'élèvera parmi vous, disait-il aux Milétiens, des hommes qui professeront des doctrines perverses"(Actes 20;30). Le Christ
disait également: "Les ennemis de l'homme seront les gens de sa propre maison" (Mat. 10;36) Quoique le Sauveur
parle de nécessité, il ne prétend nous ravir ni la spontanéité de notre activité, ni la liberté de notre vouloir, pas plus qu'asservira vie humaine à une aveugle fatalité : il prédit seulement ce qui devait arriver inévitablement.(à suivre)
Peut-être vais-je enfoncer des portes ouvertes pour certains mais cela ne fait rien, il me semble que la petite analyse qui suit pourrait servir de point de départ à d'autres réflexions...
Voici donc un extrait de Luc 17, 1-2 en grec suivi de la traduction la plus répandue :
Il vaudrait mieux pour lui qu'on mît à son cou une pierre de moulin et qu'on le jetât dans la mer, que s'il scandalisait un de ces petits.
On peut penser qu'il n'y a guère de problème dans cette traduction et que le texte français suit de près le grec. Ainsi le mot σκάνδαλα est traduit par scandales. Le problème est que la plupart des lecteurs contemporains ne connaissent pas le sens du mot scandale tel qu'il a été employé à l'origine par le traducteur. Ainsi ce mot, pour un contemporain, est synonyme d'un évènement, d'une action, d'une parole ou d'une information qui, à la fois par son éclat, par la déplaisante surprise provoquée, par son incongruité ou sa démesure par rapport aux normes (quelles qu'elles soient), est choquant émotionnellement, esthétiquement ou moralement ; c'est quelque chose qui n'aurait pas du se produire, qui est inconvenant.
Dans ce sens on pourrait comprendre l'Évangile comme un avertissement qu'il ne faut pas faire de vagues en quelconque sorte, que cela ne se fait pas, que Jésus désapprouve et même promet de très mauvaises conséquences pour le fauteur de trouble. Bon, si c'est ça, on peut comprendre que Jésus préconise une bonne éducation, ce qui est tout à faire recevable d'autant que l'on sait bien que celui qui provoque un scandale en est souvent éclaboussé.
Dans 2., toujours avec cette même signification du mot scandale, on pourrait comprendre aisément que Jésus, qui aime et protège par dessus tout les enfants, insiste pour mettre en relief la plus grande gravité qu'il y a à scandaliser des enfants ; on pourrait en effet considérer les enfants comme plus vulnérables, plus fragiles émotionnellement, et donc les choquer pourrait provoquer chez eux de plus importants traumatismes encore que chez l'adulte.
Tout cela est recevable par tous, sans le besoin de se sentir particulièrement chrétien...
Eh bien c'est peut-être bien ça le problème... Est-ce bien chrétien cette traduction ? Le Christ ne serait donc qu'un maître de bonnes manières, de savoir vivre mondain ? Mondain trop mondain... Le Christ un militant des droits de l'enfant ? Humain trop humain... Le Verbe incarné, le Dieu fait homme, venu en ce monde pour faire de la morale sociale ?
Cette vision occidentale convenue du Christ avant tout humain qui est désormais la plus répandue, correspond bien à cette traduction de σκάνδαλα par scandales dans un sens contemporain.
En réalité σκάνδαλα ce sont des pièges placés sur le chemin, des obstacles pour faire tomber !(Dictionnaire A.Bailly)on serait plus proche de la littéralité du mot en traduisant σκάνδαλα par mines anti-personnel (scandere en latin c'est sauter !), il s'agit bien de faire des victimes. La chute provoquée est bien celle du péché ici (La chute de nos ancêtres, c'est le péché ancestral). Chuter c'est pécher.
Si l'on traduit correctement (ce que font certaines traductions) ce que le Christ condamne c'est non pas un comportement inconvenant, c'est bien plus grave que cela, il s'agit de faire tomber, de faire commettre le péché non seulement à des adultes mais, encore plus grave, à des enfants. Scandaliser un enfant au sens de l'Évangile, c'est le faire tomber, le faire pécher ! Rien plus de grave que de faire pécher des enfants ! Il vaudrait mieux mourir noyé...
Mais comment fait-on cela ? Qu'est-ce qu'on fait pour placer des embûches sur le chemin des enfants ? Comment en arrive-t-on à cela ? En quoi cela consiste-t-il ?
Il y a bien des domaines où l'on multiplie volontairement les embûches pour faire tomber les enfants et où on les livre aux manipulateurs qui pour s'enrichir sans le moindre scrupule, sans le moindre respect, sans le moindre amour réel des enfants, leur font croire qu'ils ont des désirs d'adulte dans tous les domaines et leur font faire des choses qui rendent confuses leurs têtes et abîment leur corps.
Mais l'enfer est aussi pavé de bonnes intentions : que de parents qui voulant gâter leurs enfants, par amour ( ou pour regarder leurs programmes Télé en toute tranquillité le soir venu après une journée de travail...), installent dans leur chambre "pour respecter et favoriser leur autonomie" (sic) : téléphonie diversifiée, Internet, télévision et enregistreurs-lecteurs multimédia de toutes sortes, les livrant seuls, démunis, avec toutes les occasions de chute, à la merci de tous les pervers visibles ou invisibles, en toute bonne conscience ! Si Le Seigneur a dit vrai, il va y avoir des comptes à rendre tôt ou tard...
On oublie le sens des mots, on oublie à quel point notre lexique est marqué par la foi, puis la religion, et à tout le moins la culture chrétiennes. On fait tomber en désuétude le sens de mots que l'on conserve dans un autre sens quelquefois contraire, ou bien des mots ne sont plus du tout usités et tombent dans l'oubli, ils ne sont donc plus compris... pas plus que les notions qu'ils transmettaient.
Certes les langues sont vivantes et leur destin inéluctable est d'évoluer sans cesse par l'usage qu'en font à chaque époque leurs locuteurs, mais même si le mot péché a pris aujourd'hui des allures de séduction extrême après être devenu naguère seulement quelquefois "mignon" alors qu'il pouvait autrefois aller jusqu'à devenir "mortel" (du moins dans la théologie latine), même si le mot même vient à disparaître de l'usage, sa réalité n'en demeurera pas moins... comme l'actualité de l'Évangile ne passera point.