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L’interventionnisme de l’État et la guerre totale

La Première Guerre mondiale, début de l’interventionnisme ( source ) Par Vladimir Vodarevski. Le 11 novembre commémore l’armisti...

lundi 19 novembre 2018

Avanti o popolo, alla riscossa, giubbotti gialli ?



Comment les médias discréditent les Gilets jaunes

Par Phoebe Ann Moses.
Plutôt silencieux aujourd’hui, le gouvernement tente de faire face à la marée « gilets jaunes » qui s’abat sur la France. Mais le travail qui a été fait en amont porte plus ou moins ses fruits : de très nombreux médias ont relayé complaisamment le message gouvernemental qui consiste à diviser pour mieux régner.

Discrédit des Gilets jaunes dans la presse

« Gilets jaunes, qui sont les meneurs ? » titre FranceInfo« Gilets jaunes, que risquent-ils ? »… du même FranceInfo. RTL tente de mettre sous les projecteurs les anti-gilets jaunes, faisant valoir qu’on ferait mieux de s’intéresser au réchauffement climatique.
Et voilà qu’on assiste à une opposition Gilets jaunes contre Gilets bleus. Les méchants qui veulent du carburant pour polluer, et les gentils qui pensent à la planète et à l’avenir de leurs enfants… en occultant totalement le fait que les taxes et les impôts atteignent des sommets pour rembourser une dette… qui sera laissée à leurs enfants, dont les impôts promettent d’être encore plus élevés que les leurs.
Le HuffingtonPost analyse de manière très poussée (et poussive) le choix symbolique du jaune comme couleur de la révolte. Article dans lequel vous n’apprendrez pas, évidemment, que ce choix est surtout lié à la présence obligatoire, sous peine d’amende, du gilet de ladite couleur dans la boîte à gants de votre véhicule…

Des analyses surréalistes

20Minutes propose deux analyses très étonnantes dans un article : « Gilets jaunes : Et si l’argumentaire autour des manifestations du 17 novembre était un peu foireux ? ». La parole est donnée à deux « experts » dont le CV donne le tournis : « Un économiste de Tours et un expert en mobilité de Lille ».
Ils démontent deux arguments avec une facilité déconcertante : non le prix des carburants n’a pas augmenté, puisque votre voiture est plus performante que dans les années 70. Vous pouvez donc rouler beaucoup plus loin avec la même somme à la pompe… Quel éloge du progrès fait par… les entreprises privées !
L’autre « expert » explique, lui, que ce ne sont pas les pauvres qui habitent loin de leur lieu de travail. Ce sont des riches. Qui peuvent se payer le luxe de consommer du carburant. Ou comment donner un nouveau petit coup de pouce à la lutte des classes…
Bien sûr, les pauvres des campagnes vont encore acheter le lait à la ferme à bicyclette…
Selon Le Monde, dans une analyse assez éloignée des réalités, la révolte est nourrie par la suppression de l’ISF. Mais elle n’a rien à voir avec l’Ancien Régime où « était le règne de l’arbitraire et les inégalités fiscales étaient criantes ». Le Monde sait-il au moins que les impôts et les cotisations sociales d’un député n’ont pas exactement le même mode de calcul que ceux d’un indépendant ou d’un salarié ?

Et pendant ce temps-là, les syndicats…

L’absence de soutien des syndicats montre quant à elle que leur survie est bel et bien liée à l’argent collecté par l’État auprès de ses vaches à lait. Philippe Martinez tente de demander une hausse du SMIC : réclamation totalement nulle et non avenue puisque c’est exactement cela qui entraîne une hausse du chômage. Ce ne sont pas quelques euros qui résoudront le problème d’une France en état de coma économique dépassé.
L’argument de l‘entrave à la circulation a aussi beaucoup occupé le discours médiatique. On s’étonnera –ou pas– que ces mêmes médias ne s’en préocuupent guère les jours où la SNCF bloque le pays.
Les communications très médiatiques du gouvernement auront surtout comme conséquence d’attiser les rancoeurs entre les citoyens jaunes et les autres, et de les détourner de leur cible légitime. Une méthode éprouvée et parfois efficace. « Qu’ils mangent de la brioche », avec quelques piécettes lancées, comme un chèque carburant, pourrait bien ne pas les rassasier…

voir aussi

Carton jaune pour Macron

Samedi dernier, le mouvement des Gilets Jaunes a donc bel et bien rassemblé des centaines de milliers de Français, tous d’accord pour protester contre – au départ – les taxes trop élevées sur les carburants puis la pression fiscale dantesque qui s’abat sur une partie croissante de la population.
S’il est probablement un peu tôt pour en tirer un bilan politique (il faudra plusieurs semaines voire plusieurs mois pour voir comment le gouvernement réagira à la mobilisation observée), on peut néanmoins évoquer quelques points saillants de ces manifestations. 
Dans ces derniers, on ne pourra passer leur bilan purement humain : avec plus d’une douzaine de blessés graves et une personne décédée, ce mouvement rappellera qu’à mesure que les positions des uns et des autres se feront plus radicales, les débordements et les issues douloureuses se feront plus fréquentes. Or, tout indique malheureusement que cette radicalisation n’est pas finie. Il n’est pas impensable d’imaginer tout en souhaitant le contraire que, si d’autres mouvements devaient voir le jour prochainement en France, leur violence ira probablement crescendo. 
Un autre élément, plus traditionnel et plus convenu dans ce genre d’événements, est l’éternelle bataille de chiffres entre les participants d’un côté et les institutions de l’autre. Comme on pouvait s’y attendre, on aboutit à une évidente minimisation des chiffres officiels, même s’il faut reconnaître la difficulté d’en collecter de solides : le nombre de points d’action est en pratique mal connu, les forces de l’ordre n’y ont pas toujours été présentes ; le recensement semble délicat et de toute façon sera sujet à caution. 
Quoi qu’il en soit, aboutir à 300.000 personnes et 2000 points nous donne 150 personnes par point de blocage en moyenne… Certaines photos laissent planer le doute sur ce genre de résultats officiels. Là encore, il n’est pas complètement invraisemblable d’imaginer qu’il y a eu, en réalité, bien plus de participants à ce mouvement. Du reste, si l’on se rappelle qu’il était soutenu à plus de 70% par la population, on aura du mal à imaginer qu’il arrive à moins mobiliser que certaines manifestations syndicalistes et traditionnelles, très catégorielles, qui n’ont jamais eu ce genre de soutien et dont la participation officielle était pourtant supérieure à 280.000 péquins. En outre, au contraire des mots d’ordre de beaucoup d’autres mouvements, celui des Gilets Jaunes, essentiellement basé sur une colère fiscale, touche à l’évidence et directement un public beaucoup plus large. 
En terme d’impact réel sur le pays, il sera difficile d’aboutir à une conclusion. Le temps sera nécessaire pour se former une idée. En tout cas, l’élite parisienne et des grandes villes, bien à l’abri de l’utilisation forcée de la voiture, continue à déverser condescendance et mépris sur la classe populaire qui n’a, elle, pas le choix de se déplacer autrement qu’en automobile. Vraisemblablement, cette condescendance et ce mépris vont attiser encore un peu plus le ressentiment de cette base qui n’en peut plus d’un sommet de plus en plus éloigné des réalités de terrain. 
Maintenant, du côté du président de la République, Emmanuel Macron aurait politiquement tort de montrer le moindre signe de faiblesse. 
D’une part, les finances du pays n’autorisent en réalité aucune marge de manœuvre ; diminuer la pression fiscale maintenant alors qu’aucune diminution des dépenses n’est prévue (loin s’en faut), c’est garantir un plus gros déficit et accroître inutilement la nervosité des marchés à l’égard des emprunts de l’État français lorsque tout indique que l’année prochaine, on aura davantage besoin de leur mansuétude. En substance, le président doit montrer au reste du monde que la force reste à l’État et que le plumage peut continuer malgré les cris de souffrance du dindon. 
D’autre part, il serait délicat pour Macron de céder sur le carburant alors que, dans le même temps et dans la plus parfaite décontraction, le Sénat vient de voter une augmentation de 40% des taxes sur les complémentaires. Le moquage de visage serait par trop visible et pourrait déclencher des effets indésirables plus violents.
En pratique, tout ce que le gouvernement peut retenir de cet exercice, c’est que la pression fiscale est maintenant au point haut et que les possibilités d’augmentation directes sont à peu près épuisées. Il ne reste donc plus que les taxes indirectes, cachées et de faible montant par tête de pipe pour ménager des ressources supplémentaires à l’État obèse en pleine panique budgétaire
Certes, il y a maintenant une opportunité crédible de réformes pour l’actuel gouvernement : les partis politiques et les syndicats traditionnels n’ayant ni vu venir cette mobilisation, ni réussi à la récupérer, Macron et le reste du « sommet » pourrait tenter de lancer quelques vraies réformes de fond pour le bénéfice de la « base », en s’appuyant sur la grogne pour la justifier politiquement ; s’il existe un bon moment pour commencer les coupes claires et pour en finir avec les douzaines de dépenses inutiles depuis les associations lucratives sans but jusqu’aux aides à la presse en passant par les comités Théodule, commissions diverses et variées, administrations placard-doré et autres ministères croupions, c’est bien maintenant.
Malheureusement, la revendication la plus souvent entendue lors de ces mouvements spontanés n’a pas été, justement, une baisse drastique des dépenses de l’État, mais une modification de la fiscalité : tristement, pour l’écrasante majorité des Gilets Jaunes, il ne s’agit pas de moins taxer, mais simplement de taxer ailleurs en commençant par d’autres qu’eux.
Autrement dit, le peuple français, lorsqu’il s’exprime, continue toujours de réclamer la même largesse dans l’intervention de l’État mais entend lui poser de nouveaux objectifs sur ceux qu’il doit ponctionner.
C’est tout sauf une solution. 
C’est même une simple extension du problème, avec au mieux une modification des catégories d’individus impactés. Et c’est précisément parce que ces revendications n’ont aucun lien avec ce qu’il devient maintenant crucial de faire que Macron ne lancera aucune réforme majeure.
Dès lors, la pression fiscale ne baissera pas. Les services publics rendus ne s’amélioreront pas. La misère continuera de s’étendre. 
Ce pays est foutu.

samedi 17 novembre 2018

L'iniquité nauséabonde et /ou l'ignorance crasse du politiquement correct

Commémoration du 11 novembre : la Serbie injustement humiliée


La Serbie. Le pays pour lequel la France est entrée en guerre en 1914 en vertu d'une alliance diplomatique et géopolitique, mais aussi d'une étroite relation historique (en 1389, les cloches de Notre-Dame-de-Paris saluèrent ce qu'on croyait être une victoire des Serbes chrétiens sur les Ottomans musulmans lors de la bataille de Kosovo), militaire (il y eut même au XIXe siècle un ministre de la Guerre serbe qui était français: Hippolyte Mondain) et économique (en 1914, les 4/5e de la dette serbe sont aux mains du capital français qui a par ailleurs considérablement investi dans les mines, les transports ferroviaires et les banques du pays).
Le pays qui a vu 1,2 million de ses enfants périr au cours du conflit: 28 % de sa population - un triste record.
Le pays qui, depuis un an, multiplie les cérémonies, les hommages, les manifestations pour honorer une amitié de cœur et une camaraderie de combat communes, symbolisées par ces milliers de tombes de Poilus français et de combattants serbes alignées dans les cimetières de Thessalonique, Monastir, Skoplje ou Belgrade - tous territoires libérés de concert par les divisions serbes et françaises du front d'Orient.


C'est ce pays, venu à Paris avec son cortège de souffrances, de douleurs et de sacrifices pour la cause alliée, que la France a choisi d'humilier le 11 novembre.

Le pays qui émut tant les Français il y a un siècle par le martyre qu'elle était en train de subir de la part des troupes austro-hongroises, allemandes et bulgares, mais aussi des bandits albanais qui harcelèrent son armée durant sa retraite pendant l'hiver 1916, qu'on créa par dizaines des comités d'aide, des associations humanitaires et des «journées serbes» où argent, vêtements, nourriture et livres étaient collectés pour être envoyés là-bas, «au pays des héros».
Le pays dont le roi, Pierre Karadjordjevic, aimait tant la France qu'il s'était engagé en 1870 dans son armée (un régiment de la Légion étrangère) pour combattre la Prusse.
Le pays qui, en juillet 1914, donna aux Alliés son premier mort (un lycéen de 16 ans victime du bombardement de Belgrade par les canons autrichiens) et en août leur première victoire (bataille de Cer).
Le pays salué, quatre ans durant, par des colloques à la Sorbonne (parfois en présence du président Raymond Poincaré) et la publication de livres par dizaines (y compris une bande dessinée: «les aventures du petit soldat serbe»), de brochures saluant «ce peuple petit par le nombre mais grand par l'âme», de textes d'Apollinaire, Pierre Loti ou Edmond Rostand.
Le pays qui put reconstituer son armée grâce à l'aide de son homologue française à Corfou et Bizerte et trouva en Ajaccio, Bastia, Nice, Grenoble, Paris, Saint-Etienne ou Bordeaux des villes d'accueil pour des milliers de ses écoliers et de ses étudiants chassés par la guerre, la famine et la maladie.
Le pays qui fit, après-guerre, du maréchal Franchet d'Esperey, un voïvode (général) de son armée et le citoyen d'honneur de sa capitale, Belgrade, qu'il avait contribué à libérer le 1er novembre 1918.
C'est ce pays, venu à Paris (sous les traits de son président) avec son cortège de souffrances, de douleurs et de sacrifices pour la cause alliée, que la France a choisi d'humilier le 11 novembre. Humilier: le mot n'est pas trop fort. On imagine ce qu'Alexandre Vucic a pu ressentir en voyant, face à lui, tout sourire, assis entre Trump, Poutine et Macron, le sinistre Recep Erdogan, le sultan turc héritier de l'empire ottoman génocidaire, ou Hashim Thaçi, président d'un pays qu'il ne reconnaît pas et qui, en tout état de cause, était une région intégrée à la Serbie en 1914. À son retour, le chef de l'État serbe a avoué avoir été tenté de se lever et de quitter les lieux: il a renoncé, estimant déplacé de faire un esclandre, aussi légitime fût-il, en ce jour sacré. Il est bien aimable.

Oui, l'Élysée «a merdé». Et si l'ambassadeur de France en Serbie, Frédéric Mondoloni, a présenté ce lundi ses excuses au nom de Paris (qui ont été acceptées par Vucic), cela n'a pas empêché les mouvements d'humeur à Belgrade. Le monument «À la France», posé dans le parc du Kalemegdan, sur lequel est inscrit «Aimons la France comme elle nous a aimés» a été souillé - il venait juste d'être restauré. Des voix ont réclamé que les rues «de Paris» ou «de France» soient débaptisées. La presse locale s'est insurgée.

Le 6 décembre, Emmanuel Macron doit se rendre à Belgrade. Son homologue a promis un accueil «grandiose», histoire de lui faire comprendre que du côté serbe, quand il s'agit d'honorer l'amitié forgée dans le sang entre nos deux pays, on évite de «merder». Cette fois, c'est la France qui risque de se sentir humiliée.


POUR CEUX QUI ONT LA MÉMOIRE COURTE…

L'héroïque peuple serbe
(découpage)

jeudi 15 novembre 2018

UN NOUVEAU BLOG de CLAUDE

"
Les psaumes sont d'une richesse incommensurable: on y découvre toujours des enseignements nouveaux, des perles de grand prix à chaque nouvelle lecture. Les psaumes sont la prière de l'Eglise, on les trouve dans tous les offices. Mais ce sont aussi nos prières, qui souvent, expriment pour nous ce qui est la joie de notre âme ou bien sa détresse. Ils expriment aussi quelquefois notre colère ou notre abattement. Ce sont souvent des miroirs de nos état spirituels, et à travers ces miroirs, Dieu se révèle, écoute et console."

Ce blog sera consacré à l'étude des psaumes, à ce qu'en ont dit nos Pères théophores et les saints de l'Eglise.

lundi 12 novembre 2018

L’interventionnisme de l’État et la guerre totale

La Première Guerre mondiale, début de l’interventionnisme (source)

Le 11 novembre commémore l’armistice de la Première Guerre mondiale, aussi appelée la Grande Guerre. Cette guerre est réputée être la première guerre totale. Elle a été atroce pour les combattants, meurtrière, mutilante.
Je viens d’Arras, ligne de front de cette guerre, où se trouve un grand cimetière du Commonwealth. La campagne est parsemée de cimetières du Commonwealth. Des Allemands y ont également enterrés.

Une blessure morale générale

Cette guerre marque une cassure dans l’histoire de l’Europe. Son horreur a profondément marqué les esprits. Le personnage d’Arsène Lupin de Maurice Leblanc est devenu plus sombre après cette guerre. Gaston Leroux a imaginé une guerre sous-marine dans l’Atlantique (La bataille invisible). Il y a un avant et un après cette terrible guerre. Le pessimisme semble l’emporter, malgré la joie et la fierté de la victoire.
D’un point de vue démographique, la saignée a entraîné le recrutement d’étrangers, notamment de Polonais pour les mines du Nord et du Pas-de-Calais, dont mon grand-père. Une partie des hommes français dans la force de l’âge sont décédés. Cela a pu changer l’état d’esprit du pays.

La guerre financée par la planche à billets

D’un point de vue économique, cette guerre est également un événement important. Elle marque la fin du franc germinal, symbole d’une stabilité monétaire étonnante au cours du XIXe siècle. La Grande Guerre a été financée par la planche à billets, c’est-à-dire l’inflation.
Les États et les monarques avaient déjà l’habitude d’emprunter, et de ne pas forcément rembourser. Mais pour la première fois, l’État se finance à grande échelle via l’inflation. C’est à cause de la planche à billets que la Grande Guerre a pu durer aussi longtemps. C’est à cause de l’inflation qu’elle a pu avoir les moyens de causer tant d’horreurs.
Aujourd’hui, cette inflation paraît normale, une faible inflation étant souhaitée. On nous donne l’argument keynésien absurde que les gens se dépêchent de dépenser quand l’inflation augmente, ce qui soutiendrait la demande, en occultant le fait que le pouvoir d’achat diminue. En fait, l’inflation diminue les remboursements de la dette de l’État.
L’activisme monétaire provoque aujourd’hui des crises à répétition, conformément à la théorie des cycles économiques, ainsi que des inégalités. La Grande Guerre est l’événement fondateur de cette politique monétaire.

La Grande Guerre et le début de l’interventionnisme

La Grande Guerre a vu aussi l’État prendre le contrôle de l’appareil productif. C’était la guerre totale. Ce qui préfigure l’interventionnisme croissant de l’État dans l’économie par la suite. Ainsi, le président Herbert Hoover, qui a fait preuve d’un très grand interventionnisme pendant la crise de 1929, a-t-il joué un rôle dans l’administration américaine durant cette guerre.
Le cours de l’Histoire ne s’explique pas par un événement, fut-il aussi terrible que la Grande Guerre. Cependant, celle-ci peut représenter un symbole, une marche vers un état interventionniste financé par l’inflation. On peut aussi souligner qu’elle est le résultat de nationalismes exarcerbés par les dirigeants politiques.
Article initialement publié en novembre 2017.




dimanche 11 novembre 2018

Sur le Blog de Claude : Le témoignage d'un prêtre américain exemplaire ayant quitté le Patriarcat constantinopolitain

Dans cet émouvant témoignage, sincère et honnête et documenté, d'un serviteur exemplaire de l'Église, on trouve tout ce qui peut justifier la prise de distance (jusqu'à l'abandon) par rapport à un Patriarcat à la dérive qui, par ses actions inconsidérées, ne peut qu'entraîner ses brebis, clercs et simples fidèles dans un désolant naufrage et qui plus est, dans un bain de sang en Ukraine, dont tous ceux qui ont soutenu d'une quelconque manière militante, ou par leur abstention  silencieuse consentante, seront complices.

Il n'est que de revoir cette Divine liturgie patriarcale avec sa sainteté le patriarche œcuménique Bartholomée au Madison Square Garden lors de sa visite aux États-Unis d'Amérique en 1997 pour mesurer toute l'ambition de ce hiérarque et sa volonté de juridiction universelle qui ne date pas d'hier…

 

jeudi 8 novembre 2018

SEUL IL EST DIGNE !

Άξιος !!!

Блаженнейший Онуфрий, Митрополит Киевский и Всея Украины




"Il est nécessaire de se prémunir contre elles [les erreurs et les hérésies]. L'ennemi de la race humaine  répand abondamment l'erreur et l'hérésie, depuis l'époque des premiers chrétiens. À cette époque, l'apôtre Paul a mis en garde: le mystère de l'iniquité est déjà à l'œuvre (2 Thessaloniciens 2: 7.). Il n'y a rien d'étonnant dans le fait que, aujourd'hui, comme avant, on essaie  de substituer l'erreur et l'hérésie à la vraie foi. Rappelons-nous les paroles du Sauveur lui-même :  “Si quelqu'un vous dit alors: Le Christ est ici, ou: Il est là, ne le croyez pas. Car il s'élèvera de faux Christs et de faux prophètes…" (Matthieu 24 :. 23, 24). Le Seigneur met en garde contre une fausse compréhension de lui-même. Le Christ ne se cache pas non plus dans le désert ou dans les chambres secrètes. Il est toujours avec nous et parmi nous. Et nous, à notre tour, devons lui rester fidèles , couper toutes sortes de faux enseignements et d'idées fausses qui ne font que nuire. Vous devez prendre soin de préserver la pureté de votre foi orthodoxe."
(source)

Le métropolite Onuphre, primat de l’Église orthodoxe d’Ukraine






dimanche 4 novembre 2018

La loi de la jungle, en Ukraine, ce pourrait être aussi la loi de l'entraide, de la coopération, de l'altruisme…


Si l’on écoute les sages paroles de cet homme de bonne volonté  (sans religion) à la recherche de la vérité et qu'on les applique à la situation catastrophique ukrainienne, on se questionne…



Vous croyez que Bartholomée est venu en Ukraine avec ces intentions ?
— C’est effectivement presque le discours qu’il a tenu – hypocritement – mais  en vérité il est juste venu imposer sa volonté.

Vous croyez  qu’il est venu dans cette contrée réellement pour proposer la coopération, l’entraide et apporter la paix ?

— Il a tout simplement fait comme tous ceux qui de nos jours ont été élus (laïcs ou religieux) pour diriger  une quelconque administration ou nation et gouverner,  et qui ont la prétention de savoir ce qui est juste et bon pour le peuple de leurs administrés et de leur imposer par la force leur volonté, sans rien connaître de leur vie réelle, de leurs difficultés, de leurs souffrances, de leurs besoins, de leurs désirs – car le peuple ne sait pas ce qui est bon pour lui n’est-ce pas ? 

Ce qui est déjà révoltant de la part de nos pseudo représentants politiques l’est encore davantage de la part d’un responsable religieux censé apporter la Bonne Nouvelle de l’AMOUR !!!
Quand on lit son discours, on s’aperçoit à quel point on peut faire un discours même chrétien (!) avec la pire des langues de bois, dont toutes les phrases sonnent creux, sous la plus belle et la plus élevée des apparences spirituelles…et c'est terrible.

"Malheur à vous … hypocrites"

samedi 3 novembre 2018

C'est encore de l'amour pour les animaux ?

Réflexions passagères d'un O.o.🤔 

— Euh !



…plutôt juste du business non ?
Tout comme Halloween !

Sauf que c'est encore gentillet comme "utilisation" de la religion. Rien d'insultant.
L'autre jour en revanche, le jour d'Halloween, je suis passé devant un petit commerce d'alimentation tenu par une rombière (d'origine maghrébine donc peut-être de culture musulmane) et une jeune fille costumée pour la circonstance en "bonne sœur" — vous savez, du même genre que les gays utilisent  sur leurs chars de la Gay Pride! Est-ce que le costume était censé faire peur avec le risque  inconscient (certainement) de faire fuir les clients ? Que nenni ! Rien de tel pour faire vendre sans doute pensait la candide (et peut-être encore) vierge jeunette… Ou alors c'était plus malveillant, c'était plutôt tout simplement la démonstration d'une solidarité diabolique avec la "fête" dite païenne. Au diable tout ça finalement, ça fait plutôt pitié qu'autre chose.
— Où va le commerce de nos jours dans nos contrées, ma pôv' dame?
— Vous voulez parler de commerce avec le diable mon bon monsieur ?


vendredi 2 novembre 2018

Une prière pour les chiens et les chats…

… dans une église près de Moscou


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Une prière pour la sauvegarde de la Création aura lieu un prochain samedi à l'occasion de la journée mondiale pour la protection des animaux sans abri dans l'église Saint-Élie du village de Lemeshovo, près de Moscou.
« Ce jour là, nous adresserons une prière au Seigneur pour les gens qui sont prêts à partager leur amour avec les pauvres chiens et chats privés de leurs foyers et à participer à leur salut », a déclaré à Interfax-Religion, le recteur de l'église, l'archiprêtre Pierre Dynnikov.
Comme il l'a expliqué, tout le monde peut venir à la bénédiction avec ses chats qui seront bénis par une aspersion d'eau bénite.
« L'Église est une arche insubmersible. Dieu a été heureux de prodiguer le salut par le Juste Noé durant le déluge au monde animal qui, selon le dessein du Créateur, a été confié à l'homme pour qu'il en prenne soin. En observant le juste Noé, dont les membres de sa famille ont pu se moquer, considérant son projet insensé et dénué de toute logique, chacun de nous peut maintenant construire ou aider à construire sa petite arche pour le salut des créatures de Dieu, tout en étant bien conscient que la seule langue disponible pour tous est la langue de l'amour », a expliqué le prêtre.
Il a également précisé que ceux qui le souhaitent peuvent apporter de la nourriture pour chiens et chats destinés aux occupants du refuge pour animaux qui est aménagé près de l'église Saint-Élie.


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jeudi 1 novembre 2018

L'amour des animaux dans la spiritualité orthodoxe

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de 

Jean-Claude Larchet, 

aux Éditions des Syrtes, Genève, 2018, 25x18cm, 282 pages, 25€.

recension du livre sur  orthodoxie.com :

Notre monde témoigne d’une attitude ambivalente envers les animaux.
D’une part les animaux domestiques sont présents dans un très grand nombre de foyers où ils sont l’objet de soins et d’affection qui vont parfois jusqu’à égaler voire à surpasser ceux que l’homme doit à ses semblables. De nombreuses manifestations mettent les animaux en valeur (expositions, concours…). De multiples associations se sont développées pour venir en aide aux animaux abandonnés ou maltraités. Sur le plan juridique, les dernières décennies ont vu se développer des droits de l’animal sur le modèle des droits de l’homme. Le courant antispéciste, qui a fait parler de lui récemment lors d’attaques d’abattoirs ou de boucheries mais qui existe depuis longtemps, affirme l’absence de hiérarchie entre les espèces et voit même parfois dans l’espèce humaine une espèce nuisible aux autres, qu’il faudrait réduire voire éliminer. Sur le plan religieux, des cérémonies de bénédiction ou d’enter­rement ont fait leur apparition jusque dans certaines confessions chrétiennes, et des théologiens ont développé diverses théories sur le salut – voire la déification – des animaux et leur vie post mortem.

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D’autre part, les animaux n’ont jamais été aussi mal traités. Les animaux d’élevage destinés à la consom­mation sont depuis plusieurs décennies traités sans le moindre respect comme des produits industriels. L’industrie et l’agriculture intensive, par la pollution et les changements climatiques qu’elles engendrent, détruisent irrémédiablement chaque année des centaines d’espèces animales.
Sur les règles éthiques (autrement dit sur les normes de bon comportement) qui doivent régir les relations de l’homme avec les animaux, le christianisme a beaucoup à nous dire à travers les réflexions cosmologiques, anthro­po­logiques, théologiques qu’il a développées au cours de son histoire, mais aussi à travers les témoignages de ses saints anciens et contemporains et leurs relations concrètes avec les animaux.

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Jean-Claude Larchet, dans son introduction (p. 11-21), en propose une synthèse apportant des réponses à beaucoup de problèmes actuels.
L’anthologie qu’il produit ensuite et qui constitue le corps de l’ouvrage, est composée de deux grandes parties.
La première (p. 25-141) réunit des textes bibliques et patristiques concernant le statut des animaux par rapport à Dieu et à l’homme. Les Pères anciens et les spirituels orthodoxes contemporains s’expriment sur la bonne façon de considérer les animaux et de les traiter, et sur les enseignements moraux et spirituels que l’on peut tirer de leurs comportements divers.

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La deuxième partie (p. 142-274) rassemble des extraits de Vies de saints anciens orientaux et occidentaux et de saints ou de spirituels orthodoxes contemporains qui nous font voir la façon dont ils se comportent concrètement avec les animaux, et comment, par le pouvoir de leurs vertus et le rayonnement des énergies divines qui les habitent, les animaux même les plus sauvages qui le environnent se trouvent pacifiés, renouant ainsi avec la condition paradisiaque où une parfaite harmonie régnait entre les hommes et les animaux et parmi les animaux eux-mêmes.
Dans ce bestiaire spirituel où sont convoqués les animaux les plus divers – de l’éléphant à la mouche, de la panthère à la fourmi, de la hyène au serpent, de la brebis à la grenouille, du bœuf au crocodile, du lion au paon, du loup à la colombe –les récits réalistes, attestés par des témoins contemporains alternent avec des éléments légendaires ou merveilleux.

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Paraissant dans la collection « Beaux livres » des éditions des Syrtes, cet ouvrage au format généreux et au prix néanmoins modeste, est émaillé de nombreuses illustrations en couleur, en majorité peu connues ou inédites, qui viennent témoigner des relations idéales que les saints entretiennent avec les animaux. La plupart sont des icônes et des fresques qui respectent les canons iconographiques orthodoxes; quelques-unes sont de libres représentations de l’art religieux chrétien de différents pays et de différentes époques; toutes expriment l’importance et la valeur que le christianisme, tant dans ses fondements communs que dans leur fidèle continuité orthodoxe, reconnaît aux animaux.

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Le moine et le loup

mercredi 31 octobre 2018

Le but de l’oligarchie est de décimer et de neutraliser l’ensemble de la population par divers moyens.




Effondrement en vue pour l’oligarchie



Par Dmitry Orlov – Le 22 octobre 2018 – Source Club Orlov




Ma taxonomie de l’effondrement, que j’ai expliquée en détail dans mon livre, Les cinq stades de l’effondrement, publié il y a près de six ans, supposait une certaine cascade canonique d’effondrement. L’effondrement financier devrait passer en premier, car la finance est fondamentalement un jeu de confiance et une fois qu’il devient clair pour une masse critique d’investisseurs que les promesses qui leur sont faites ne seront pas tenues, une organisation financière peut s’effondrer instantanément, comme cela s’est produit à plusieurs reprises, depuis la crise autour de la Folie de la Tulipe du 5 février 1637 à celle de Wall Street des 24 à 29 octobre 1929. L’effondrement commercial devrait logiquement suivre, car le crédit commercial se tarit en raison de l’effondrement financier. Vient ensuite l’effondrement politique, à mesure que les recettes fiscales diminuent en raison des pertes commerciales et de la baisse des revenus. L’effondrement social et culturel vient en dernier.

Depuis, alors que j’ai vu plusieurs effondrements se dérouler, j’ai remarqué, à mon grand désarroi, que la séquence d’effondrement canonique n’est pas toujours suivie. Oui, il y a des cas où l’effondrement financier mène toujours la danse, l’effondrement commercial le suit et l’effondrement politique vient ensuite. Mais il y a d’autres cas où l’effondrement social et culturel arrive en tête alors que le domaine financier reste intact. Il est maintenu à flot par des mesures désespérées, en jouant sur la confiance de plus en plus effrontément ou par la fraude pure et simple. Mais le commerce continue de répondre aux besoins de ceux qui ont encore de l’argent, alors même que le monde politique dégénère en une farce pas très drôle. Me suis-je trompé dans ma séquence d’effondrement ?


Pendant un certain temps, je me suis émerveillé devant cette tournure des événements, ne sachant pas trop quoi en penser, mais j’ai fini par me rendre compte que deux types d’effondrement sont possibles : l’un est, disons, organique ; l’autre, fabriqué. Et peu de temps après, il m’est apparu clairement la vision de qui voudrait organiser les effondrements de cette manière en commençant par l’effondrement de la société et de la culture.

Alors que les trois premiers stades de l’effondrement – financier, commercial et politique – se distinguent clairement, tracer des frontières entre politique, société et culture peut s’avérer délicat. La finance présuppose le commerce, et le commerce présuppose le droit et le contrôle politique, mais les relations inverses ne sont pas strictement nécessaires. Pendant longtemps, le commerce était basé principalement sur le troc et l’échange de marchandises précieuses (or et argent, des cauris, des pierres précieuses, etc.) pour corriger les déséquilibres qui se développaient. Il n’y a pas eu, pendant longtemps, de prêts commerciaux, de programmes d’investissement et d’autres instruments financiers. L’un des arrangements politiques les plus stables dans la plupart des pays du monde depuis l’avènement de l’agriculture a été le féodalisme, où le monopole de la violence s’établissait spécifiquement par la perturbation des relations financières et commerciales existantes avec le vol et le pillage, et dont la protection était initialement assurée en échange de travail plutôt que de produits.
J’ai vu ces trois premiers stades de l’effondrement comme tout à fait inévitables, étant donné la nature totalement insoutenable de la croissance économique et démographique dans la plupart des pays (sur) développés et (anciennement) en développement, tandis que les deux stades suivants – l’effondrement social et culturel – pourraient être évités, dans certains endroits et par certains groupes, par un effort concerté. Les cultures et les structures et normes sociales qu’elles soutiennent sont en effet durables parce que, malgré la grande diversité des cultures, des langues et des tempéraments, la culture dans son ensemble est une caractéristique permanente et évoluée de l’espèce humaine plutôt qu’un objet temporaire et accessoire du développement ou du progrès. Les cultures sont de loin les plus durables, et beaucoup de celles qui existent ont survécu à de nombreux effondrements politiques, commerciaux, financiers et sociaux (quand ces derniers étaient incomplets).
Certaines cultures et sociétés ont survécu pendant de longues périodes en l’absence d’un système politique, commercial ou financier viable. La culture chinoise a entre 4000 et 5000 ans et a survécu à au moins huit effondrements majeurs connus (plus beaucoup d’autres mineurs) : Les Royaumes combattants (475 av. J.-C. -221), les Han (189-280 ap. J.-C.), les Tang (874-960 ap. J.-C.), l’invasion mongole (1205-1279), les Ming (1618-1683), les Taiping (1850-1864), les Qing (1911-1949), l’invasion japonaise (1937-1945). Pour certaines cultures et sociétés, c’est leur environnement normal ; par exemple, l’arrière-pays de l’Afghanistan demeure à ce jour un « espace non gouverné »(en langage officiel). En réalité, ce sont des zones tribales anarchiquement gouvernées, où toute tentative de gouvernance externe, ou de représentation politique, est susceptible de se faire allumer par un AK-47 ou un RPG, malgré une occupation prolongée par l’OTAN.

La ligne de démarcation entre le domaine social et le domaine culturel est loin d’être nette. Le domaine social peut s’étendre et se contracter, selon les conditions, si tant est que la culture sur laquelle il repose reste intacte. Les sociétés peuvent se réduire à la taille d’une seule famille – la plus petite unité sociale viable – mais cette famille peut alors s’étendre en une société et un empire jusqu’à conquérir une partie considérable du monde. Genghis Khan et son clan en sont un bon exemple : ses descendants, les Gengisites, ont régné sur une grande partie de l’Eurasie, de la Corée à la Crimée, sur sept fuseaux horaires. La partie la plus occidentale de l’Empire mongol, la Horde d’Or, a soumis la Russie, d’une manière ou d’une autre, de 1223 à 1502. Les érudits occidentaux se sont émerveillés de leur conquête, mais ils ont eu du mal à admettre la raison ultime de cette conquête : la supériorité culturelle.

L’un des éléments clés de leur culture supérieure était une « suite »technologique nomade largement supérieure à ce que les tribus installées avaient à leur disposition. Elle était construite sur la base d’une symbiose profonde entre l’homme et le cheval, et de la mobilité et de l’efficacité militaire supérieures qu’elle offrait. La simplicité de leur approche, fondée sur une tradition transmise oralement, une forte identité tribale et une approche rationalisée de la gouvernance impériale fondée sur l’allégeance personnelle et les liens familiaux, l’obéissance et le respect inébranlables et le paiement sans faille d’un tribut, en était une autre.

Au-delà de ces exigences strictes, ils pratiquaient la tolérance religieuse et la non-ingérence dans les affaires des autres peuples, et la capitale tentaculaire et improvisée de la Horde d’OrSarai, possédait des mosquées, des cathédrales orthodoxes et catholiques et une synagogue. Après l’effondrement de la Horde d’or, une grande partie de cet héritage culturel a été absorbée par ce qui a fini par devenir l’Empire russe, soit directement, soit par les Tatars, qui avaient été alliés aux Mongols. De nombreux membres de l’aristocratie tatare ont rejoint les rangs de la noblesse russe. La République prospère du Tatarstan, à l’est de Moscou, où une cathédrale et une mosquée se dressent paisiblement côte à côte au centre de sa capitale Kazan, témoigne de l’héritage durable de cette robuste culture nomade qui a vu le jour quand un changement climatique a entraîné une surabondance d’herbe dans la steppe eurasiatique.
Cet aparté historique avait pour but d’illustrer que la culture (et les sociétés qu’elle engendre) est tout , alors que la finance, le commerce et la politique ne sont rien. Sans ces trois derniers, nous restons ce que nous sommes – peut-être beaucoup moins nombreux et beaucoup plus pauvres, mais, si on prend le côté positif, débarrassés d’une bande de bâtards cupides et avides de pouvoir. Tant qu’une culture est maintenue vivante, une société peut toujours être régénérée après un effondrement une fois que les conditions s’améliorent, comme on peut faire monter la pâte avec un peu de levure de démarrage conservée dans un pot sur une étagère. Mais sans culture, nous ne sommes que des singes nus qui s’interrogent dans le désert, qui se battent entre eux avec des bâtons et des pierres, qui attendent que quelqu’un de plus cultivé vienne nous sortir de notre misère, ou qui succombent au froid, à la faim et d’ennui.

Si la culture est tout ce qu’il y a de plus précieux alors que la finance, le commerce, la politique et même la société sont jetables, alors quelle personne saine d’esprit voudrait détruire la culture tout en s’efforçant de maintenir, avant tout, la finance ? Cui bono? La réponse simple et directe est, bien sûr, l’oligarchie, le 0,01% le plus riche, dont le revenu moyen est d’environ 30 millions de dollars par an et dont la valeur nette moyenne est supérieure à 100 millions. Si vous possédez beaucoup plus que vous ne pouvez physiquement transporter, l’effondrement financier, commercial et politique ne sont pas du tout vos amis. Comme la plupart des gens qui finissent par vivre dans la rue le découvrent rapidement, la propriété est un concept délicat. Tout ce que vous pouvez vraiment posséder, c’est ce que vous pouvez porter sur votre dos. Il est utile d’avoir un chariot dans lequel vous pouvez faire rouler vos effets personnels, mais cela limite votre mobilité et peut être difficile à défendre contre la police lors d’une descente. La plus grande partie de la richesse accumulée par les 0,01% les plus riches est une richesse sur papier – divers instruments financiers tels que les actions, les obligations, les rentes, les polices d’assurance-vie, les actes immobiliers et ainsi de suite. L’effondrement financier efface tout ça. Même la petite fraction de leur richesse qui se présente sous la forme de biens terrestres réels qu’une personne pourrait être en mesure d’utiliser directement après l’effondrement est susceptible de leur être enlevée par la force une fois qu’il n’y aura plus de police ou de sécurité privée pour les protéger.

L’objectif du 0,01% est donc de maintenir le système financier et commercial à un niveau suffisant pour répondre adéquatement à ses propres besoins, sans ce préoccuper de ceux des autres, et de garder les politiciens dans leurs poches pour rendre cela possible. Quant au reste de l’humanité … eh bien, il est problématique. Si la culture et la société restent intactes, alors, une fois qu’ils se rendent compte que tout le système est truqué contre eux et en faveur du 0,01%, ils pourraient organiser et commencer une révolution. Mais si, d’autre part, la société et la culture ont été minées et détruites par avance, elles n’auront pas la cohésion sociale et l’esprit public nécessaires à une telle entreprise, et elles erreront simplement en poussant un chariot rempli de leurs maigres possessions, fouillant dans les ordures et dormant dans la rue.

Le but de l’oligarchie est de décimer et de neutraliser l’ensemble de la population par divers moyens. L’un d’entre eux est la destruction physique : envoyer leurs jeunes mourir ou être mutilés dans des guerres qui sont inutiles du point de vue de la défense nationale, qui ont un certain sens comme moyen d’enrichissement personnel pour certains, mais qui conviennent parfaitement comme mécanismes pour décimer les classes populaires américaines.

Il y a une synergie à explorer entre une guerre inutile et une autre forme de destruction sociale, la drogue. L’Afghanistan – un pays qui n’a jamais représenté une menace pour qui que ce soit – a été envahi et transformé en une très grande plantation de pavot à opium et une usine à fabriquer de l’héroïne. Pour créer un marché pour l’héroïne, les médecins ont été incités à prescrire de grandes quantités d’analgésiques opiacés, souvent inutilement, afin de créer un vaste bassin de toxicomanes qui passeraient ensuite à l’héroïne afghane une fois leurs prescriptions épuisées. Cette politique a été un succès et les surdoses d’opiacés aux États-Unis sont maintenant responsables de plus de décès que le cancer.

Une autre méthode est la destruction culturelle en mélangeant de force des groupes ethniques et raciaux incompatibles à l’aide d’une politique de multiculturalisme forcé. Ici, il y a un oligarque très en vue dont les empreintes digitales sont partout sur cette politique : George Soros. La stratégie consistant à détruire des pays comme l’Afghanistan, l’Irak, la Syrie et la Libye, à générer des flux de millions de réfugiés, puis à diriger ces flux vers l’Europe occidentale, peut sembler absurde à première vue – jusqu’à ce que vous réalisiez que le but ici est de créer une synergie destructive supplémentaire. Il s’agit de détruire les sociétés occidentales et leurs systèmes de soutien social en les inondant de parasites hostiles, souvent belliqueux, issus de cultures incompatibles.

Une autre méthode de destruction sociale concerne la destruction du système éducatif. Un autre oligarque – Bill Gates ancien PDG de Microsoft – a été très actif dans ce domaine, remplaçant les méthodes d’enseignement éprouvées par des méthodes absurdes, voire idiotes, pour enseigner diverses matières, dont la lecture et les mathématiques. Après cinq semestres de mathématiques à l’université et lors d’études supérieures en mathématiques, je regarde la façon dont les mathématiques sont enseignées dans les écoles américaines aujourd’hui, et je veux tordre le cou des responsables : ce n’est certainement pas des mathématiques, en aucune sorte. D’autres nouvelles méthodes d’enseignement sont tout aussi déplorables. L’objectif supposé est d’uniformiser les règles du jeu pour les groupes défavorisés : les filles (qui sont en moyenne moins douées en mathématiques et en raisonnement spatial que les garçons) et les minorités issues de populations produites par des pressions sélectives d’endurance et de résistance aux maladies, et non pour générer des QI élevés. Ceci est réalisé par un enseignement nivelé par le bas. Une autre méthode pour détruire la valeur de l’éducation consiste à mettre l’accent sur les tests normalisés. Aujourd’hui, on n’enseigne plus rien d’utile aux étudiants, mais simplement à bien réussir les tests standardisés. Le résultat est une population qui est habituée à être nourrie de force, mais qui n’est pas capable de penser de manière indépendante ou de découvrir des choses par elle-même, juste des agneaux désireux d’être conduits à l’abattoir le moment venu.
D’autres méthodes sont utilisées pour affaiblir et détruire la population générale. L’une d’entre elles les oblige à manger de la nourriture qui n’est pas de la nourriture, mélangée à du glyphosphate, du sirop de maïs à haute teneur en fructose et d’autres merveilles chimiques, ce qui les rend anémiques, obèses et malades. Une autre est de supprimer leur tendance à se reproduire en les convainquant que le sexe biologique n’existe pas et en le remplaçant par un arc-en-ciel de genres, en élevant la perversion sexuelle à un statut social élevé et en persécutant quiconque ose remettre en question le sacrifice des intérêts de la majorité sexuelle normale pour une minuscule minorité de gens (généralement moins de 1%) qui sont, par cause d’anomalie génétique, nées gay.

Récemment, un défilé de la fierté gay, une gay pride, a eu lieu à Kiev, en Ukraine, qui a été l’un des bancs d’essai les plus actifs pour la destruction sociale et culturelle. Les États-Unis ont soudoyé le pays avec 5 milliards de dollars (de leur propre aveu) pour corrompre la politique ukrainienne. Le résultat est un pays qui est passé de 52 millions d’habitants en 1990 à 42 millions en 2018 – une perte de 10 millions – et cela, selon les statistiques officielles, n’inclut pas les millions d’autres qui sont partis à l’étranger pour gagner de l’argent parce que l’économie ukrainienne en déclin n’a pas d’emplois à offrir.

L’expérimentation politique en Ukraine a inclus la production d’un culte d’État qui célèbre comme des héros les nazis ukrainiens collaborateurs de la Seconde Guerre mondiale, devenus vintages, qui ont été responsables d’actes de génocide contre les Juifs et les Polonais. Elle a produit une véritable guerre qui a tué quelque dix mille personnes dans deux régions ukrainiennes dont les habitants ont refusé de reconnaître la légitimité du gouvernement de Kiev (qui a été installé et reconnu par les États-Unis après un coup d’État sanglant en violation de la constitution ukrainienne). Au cours du mois dernier, des mesures répressives ont été introduites contre l’utilisation de la langue russe (parlée à la maison par plus de 90% de la population ukrainienne). Et, plus récemment, il y a eu un effort pour déclencher une guerre religieuse en produisant de force un schisme au sein de l’Église orthodoxe.

Le prochain pays à servir de banc d’essai pour un effondrement social et culturel géré par des oligarques semble être le Brésil. Il risque fort d’être livré à un voyou fasciste qui a un grand mépris pour la diversité de la population brésilienne, mais qui aime saluer le drapeau américain. Si cela se produit, cela se fera contre la volonté de la majorité de la population, mais avec les cris d’approbation de Washington et de l’oligarchie incroyablement corrompue et pourrie du Brésil.

Au fur et à mesure de l’évolution de la situation, les échos de la Seconde Guerre mondiale se font de plus en plus forts. L’expérience néofasciste en Ukraine est un test pour le reste de l’Europe : si tout va bien (du point de vue des oligarques), l’Europe occidentale, durement éprouvée par l’afflux des migrants, va voter pour des partis nationalistes, populistes qui, à mesure que les conditions se détérioreront, deviendront fascistes. L’objectif global est d’utiliser le fascisme pour armer à nouveau l’Europe occidentale en vue d’une guerre contre la Russie, dont les oligarques occidentaux devront s’approprier les ressources naturelles s’ils veulent avoir un espoir de poursuivre leur jeu. L’armement d’Hitler n’a pas fonctionné, mais peut-être, qu’ils doivent penser que, cette fois, ça va marcher. Non, ça ne marchera pas non plus cette fois-ci. Désolé, oligarques !

Au fur et à mesure que l’effondrement culturel se poursuit, l’obscurité s’abattra sur les populations des pays pilotés par des oligarques. Mais que pouvons-nous faire ? Si tout ce qui reste à faire de bon, c’est d’assister à la mort de la lumière, alors c’est tout ce dont nous devons encore être reconnaissants. Et une fois que toute la lumière aura disparu, nous pourrons encore être reconnaissants pour les ténèbres, car elles cacheront les horreurs innommables qui se dérouleront alors. Et une fois que ces horreurs seront passées, nous serons toujours reconnaissants pour l’oubli miséricordieux, car c’est ce qui arrive aux populations qui subissent un effondrement culturel. Elles sont oubliées de tous.
Les cinq stades de l'effondrementDmitry Orlov
Le livre de Dmitry Orlov est l’un des ouvrages fondateur de cette nouvelle « discipline » que l’on nomme aujourd’hui : « collapsologie » c’est à-dire l’étude de l’effondrement des sociétés ou des civilisations.
Traduit par Hervé, vérifié par Wayan, relu par Cat pour le Saker Francophone