Les lèvres mensongères font horreur à l'Éternel, tandis que ceux qui agissent avec fidélité lui sont agréables. Proverbes 12:22 «C'est ce qui sort de l'homme qui le rend impur. En effet, c'est de l’intérieur, c'est du cœur des hommes que sortent les mauvaises pensées, les adultères, l'immoralité sexuelle, les meurtres, les vols, la soif de posséder, les méchancetés, la fraude, la débauche, le regard envieux, la calomnie, l'orgueil, la folie. Toutes ces choses mauvaises sortent du dedans et rendent l'homme impur.» Marc 7:20-23 Un témoin fidèle ne ment pas, tandis qu’un faux témoin dit des mensonges. Proverbes 14:5 « Vous, vous avez pour père le diable et vous voulez accomplir les désirs de votre père. Il a été meurtrier dès le commencement et il ne s'est pas tenu dans la vérité parce qu'il n'y a pas de vérité en lui. Lorsqu'il profère le mensonge, il parle de son propre fond, car il est menteur et le père du mensonge. » Jean 8:44 Si les paroles distinguées ne conviennent pas à un fou, les paroles mensongères conviennent d’autant moins à un noble. Proverbes 17:7 « Écarte de ta bouche la fausseté, éloigne de tes lèvres les détours ! Proverbes 4:24 Craindre l'Éternel, c'est détester le mal. L'arrogance, l'orgueil, la voie du mal et la bouche perverse, voilà ce que je déteste. » Proverbes 8:13 « Pierre lui dit : «Ananias, pourquoi Satan a-t-il rempli ton cœur, au point que tu aies menti au Saint-Esprit et gardé une partie du prix du champ? […] Comment as-tu pu former dans ton cœur un projet pareil? Ce n'est pas à des hommes que tu as menti, mais à Dieu.»Actes 5:3-4Mais pour les lâches, les incrédules, les abominables, les meurtriers, les impudiques, les enchanteurs, les idolâtres, et tous les menteurs, leur part sera dans l'étang ardent de feu et de soufre, ce qui est la seconde mort.Apocalypse 21.8
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mardi 22 octobre 2019

“Priez… un donateur peut apparaître de nulle part" par Kyriakos C.Markides.


           Mgr Athanasios Métropolite de Limassol.

"Le père Maximos a passé la majeure partie de la matinée dans son bureau à bavarder avec deux camarades de vingt-cinq ans. Ils étaient arrivés au monastère deux semaines plus tôt et vivaient dans une cellule réservée aux visiteurs. J'ai supposé à l'époque qu'il s'agissait de novices potentiels explorant l'option d'une vie monastique. Mais Stephanos, étant une sorte de figure de père laïc pour les moines plus jeunes et ayant donc une connaissance intime de ce qui se passait dans le monastère, m'a informé de manière confidentielle que les nouveaux arrivants avaient un très grave problème de drogue. Ils étaient arrivés dans le but de se libérer de leur dépendance mortelle et n'étaient pas principalement concernés par le salut de leurs âmes. Le père Maximos était leur thérapeute et le monastère servait de centre de désintoxication.

J'étais assis sur le banc en dehors de ma cellule en train de lire lorsque le père Maximos est sorti de son bureau et m'a fait signe de les rejoindre. C'est alors que les deux jeunes hommes se sont portés volontaires pour révéler en détail comment ils étaient devenus toxicomanes. L'un d'entre eux venait d'achever une peine de deux ans d'emprisonnement pour possession et utilisation de cocaïne. L’autre, un ancien grand athlète olympique de Grèce, avait un problème encore plus grave. «Les mauvaises fréquentations!»  a-t-il dit, l'ont conduit à toutes sortes de méfaits et finalement à une dépendance à l'héroïne. Il a été envoyé à Chypre par ses parents désespérés, après avoir eu entendu parler, par un ami chypriote, du Père Maximos à la réputation d'Ancien charismatique.

Sans l'hospitalité et les soins reçus au monastère de la Panagia et les conseils spirituels du Père Maximos, ils seraient retournés dans la rue, m'ont-ils dit. Quand je leur ai demandé s'ils envisageaient de devenir moines, ils ont répondu avec force qu'ils n'avaient pas de telles intentions. Leur séjour temporaire au monastère avait un but purement thérapeutique. Pendant leur séjour, cependant, ils devaient suivre les activités de routine des moines, notamment se lever tous les matins à trois heures et demie pour assister à de longs offices, pratiquer la prière de Jésus, jeûner et travailler dans les jardins. Ce régime a apparemment bien fonctionné pour eux et, tout le temps qu’ils étaient au monastère, les jeunes hommes n'ont présenté aucun symptôme de sevrage. Le père Maximos m'a dit plus tard qu'il craignait qu'un bref séjour au monastère ne soit pas suffisant pour leur rééducation à long terme. Une autre de ses préoccupations concernait la gravité du problème de toxicomanie sur l'île et le peu de mesures prises par le gouvernement à cet égard. Il sentait qu'il devait faire quelque chose lui-même.

Le monastère de la "Panagia Makhaira".

 Cet après-midi-là le père Maximos m'a demandé de le conduire à une demi-heure de la montagne jusqu’au site de la construction du « Saint Refuge », un centre de désintoxication qui avait commencé un an plus tôt à l’initiative du père Maximos. Au cours de la promenade, il m’a décrit les circonstances qui l’ont conduit à la création du centre.
Il y a environ un an et demi, Père Maximos avait commencé à rendre visite à un jeune homme en prison afin de l'aider à résoudre son problème de drogue. Ce garçon était sur le point d'être libéré, mais il n'existait aucune agence capable à ce moment-là de prendre en charge sa rééducation. En entendant cela, le père Maximos a fait ce qu'il savait le mieux , il a prié pour lui. Par la suite, un incident inhabituel s'est produit au monastère qu’il a considéré comme une forme d'intervention divine et une réponse à ses prières.

« C'était très tôt dans la matinée, le 6 janvier 1996, lorsqu'un chien sauvage s'est précipité dans le monastère au moment où la porte a été ouverte. Le chien était incontrôlable. Il a mordu le père Arsenios à la jambe et Isaac qui a essayé d'intervenir, a été mordu au bras droit. C'était terrible. Finalement, nous avons réussi à le chasser par la porte et à la fermer fermement. Le chien ne voulait pas partir et continuait de hurler et d'aboyer à l'extérieur. C'était la Théophanie et nous étions inquiets pour la sécurité des fidèles qui venaient à l’office. Nous avons appelé la police, qui nous a répondu que leur travail n’était pas de s’occuper des chiens errants, mais que nous devrions plutôt contacter tel ou tel organisme. C’est ce que nous avons fait, et que croyez-vous qu’ils ont eu comme réaction ? Ils nous ont avertis de ne pas faire de mal au chien et de bien s’assurer que nous le nourrissions correctement. Avant d’arriver au monastère, ils ont d’ailleurs appelé à plusieurs reprises pour savoir, non pas si quelqu'un avait été blessé, mais au sujet du bien-être du chien. » En racontant cela, Père Maximos riait à sa manière habituelle.

Il poursuivit : « Après cette expérience, j’ai pensé que si on se préoccupait autant du bien-être des chiens sauvages, pourquoi n’en ferait-on pas autant pour les toxicomanes? S'il existe des foyers pour chiens errants, pourquoi pas un foyer pour les toxicomanes ?» « Cet épisode avec le chien, continua le père Maximos, me donna l’idée de commencer à rechercher de l’argent afin de créer une clinique de désintoxication. La première chose que j'ai faite a été de donner une conférence à Nicosie. À ma grande surprise, le soir même, de nombreuses personnes se sont portées volontaires pour faire des dons et quatre mille livres sterling (huit mille dollars à l'époque) ont été collectées. Je ne savais pas quoi faire de cet argent. Le lendemain, j'ai reçu un appel téléphonique d'une femme de soixante-cinq ans qui était une réfugiée. Elle avait hérité de cinq mille livres et souhaitait en faire don pour le projet. Nous avons donc placé tout l'argent que nous avions collecté, alors neuf mille livres sterling, sur un compte spécial. »

« Le samedi suivant, poursuivit le père Maximos, tandis que je conduisais prudemment la voiture sur le terrain accidenté, j'ai invité les pèlerins à se confesser et cela dura toute la journée. Il était tard dans l'après-midi quand j’ai fini et c'est épuisé que j'ai descendu les marches. Une femme qui, je pensais, voulait me voir pour la confession m'attendait. Je lui ai dit: « Ma chère dame, je suis très fatigué. S'il vous plaît, venez un autre jour. »  Je pouvais à peine me tenir debout. « Mais, mon père, a-t-elle persisté, je veux vous parler d'une question très importante ». « Je suis vraiment désolé mais je ne peux pas vous aider » ai-je répondu.» J'ai vu qu'il y avait deux autres femmes assises sur les marches et j’ai présumé qu’elles venaient aussi pour se confesser. « Père, a-t-elle annoncé, nous aimerions faire un don pour le centre que vous créez.» « Merci beaucoup ai-je répondu, mais pourriez-vous, s'il vous plaît, donner l'argent au père Arsenios. Il vous fera un reçu. » « Mais, Père, insista-t-elle, je veux parler de beaucoup d'argent. » Je pensais qu'elle parlait de quelque chose comme une centaine de livres. «Père, vous ne comprenez pas, dit-elle, je parle d'un demi-million de livres!» [Un million de dollars à cette époque]. J’en suis resté figé. Elle répéta: «M'avez-vous entendu? Des livres, pas des drachmes.» «Êtes-vous sérieuse ? ai-je demandé, ou est-ce une plaisanterie ? »« Vous voyez ces deux femmes assises sur les marches ? répondit-elle, vous ne savez pas qui elles sont? » Comment aurais-je pu savoir qu’elles étaient les épouses d'armateurs grecs ? Elles avaient entendu parler du projet et étaient venues à Chypre pour apporter leur aide. Ce jour-là, elles ont promis un quart de million de livres chacune.

clinique de désintoxication "Agia Skepy".
«Le lendemain, poursuivit Père Maximos, alors que je conduisais en secouant la tête avec incrédulité, un très riche Chypriote et sa femme sont venus visiter le monastère. Quand ils ont entendu parler du don, ils ont eux-mêmes promis un quart de million de livres supplémentaires, sans qu'on le leur demande. »

 «Incroyable!»

«Kyriaco, déclara avec sérieux Père Maximos en se tournant vers moi, les amis fortunés de ce couple ont promis cent mille livres supplémentaires. En l'espace d'une semaine à peine, un million de livres ont été récoltées sans aucun effort de notre part. »

Père Maximos a ajouté que le monastère avait fait don de sa meilleure parcelle de terrain, située à plusieurs kilomètres de la montagne, pour le projet et que la construction en était maintenant au stade d'achèvement. « Le seul problème qui demeure, a-t-il ajouté, c’est de trouver des donateurs pour les frais de fonctionnement. »

« C'est un problème grave. Qu'allez-vous faire à ce sujet ?» ai-je demandé en approchant du chantier.

Avec un large sourire, il m’a répondu : « Prier un peu plus. » Père Maximos avait la conviction que lorsque les gens prient sincèrement, du fond du cœur, pour le bien des autres, le Tout-Puissant répond toujours sous une forme ou une autre.

Le centre de désintoxication se trouvait au milieu d’une ancienne oliveraie, un lieu serein qui convenait à l’objectif pour lequel il avait été créé. Le bâtiment carré de deux étages était presque terminé et ressemblait à un monastère avec une grande cour au milieu et des arches traditionnelles tout autour. Le père Maximos était particulièrement méticuleux en matière d’esthétique et s’assurait que le bâtiment se fondrait dans la campagne environnante. « Vous savez, dit-il en me faisant visiter les lieux, cet endroit aurait été un merveilleux séminaire. »

« Eh bien, priez un peu plus et vous ne savez pas, un donneur peut apparaître venu de nulle part » plaisantai-je.




Activités quotidiennes dans le centre
Les produits du centre.
 Note : Père Maximos dans le livre "La montagne du silence" représente Mgr Athanasios le métropolite de Limassol, et le centre de réhabilitation est la fondation "Agia Skepy", qui appartient au monastère "Machaira". Il a été fondé en 1999 par son éminence qui était alors l’higoumène du monastère.

Version française par Maxime le minime de la source 

Référence : "The Mountain of Silence", Kyriakos C.Markides, (2002)

jeudi 4 janvier 2018

Une conversation avec le Hierodiacre Seraphim (Molibog) du monastère de Saint Antoine le Grand en Arizona

1. De la Providence divine - 2. Le sourire d'éternité post mortem d'une moniale - 3. Le moine sauvé miraculeusement par la Toute-Sainte 


Le monastère Saint Antoine en Arizona

par Olga Rozhneva, Hiérodiacre Seraphim (Molibog) SOURCE

L'année dernière, Olga Rozhneva, qui contribue fréquemment à notre site, a été béni par la providence de Dieu pour visiter le célèbre monastère de Saint Antoine le Grand dans le désert de l'Arizona, fondé par P. Ephraim (Moraitis), un disciple du vénérable Ancien Joseph l'Hésychaste. Le voyage a été incroyable, car il ne s'est pas passé sans l'aide miraculeuse d'Ephraim.

Parmi les frères du monastère se trouve le hiérodiacre russe Séraphin, qui nous a parlé de son cheminement vers Dieu, comment il s'est retrouvé dans un monastère au milieu du désert américain et des instructions d'Ephraïm.


Hierodiacre Seraphim et Olga Rozhneva 

    
— Fr. Séraphin, la providence de Dieu est à l'œuvre dans la vie de chaque homme, mais parfois elle est cachée et parfois elle se révèle clairement dans une sorte de signe, de rencontres ou de paroles remarquables. Avez-vous eu de tels signes - une manifestation claire de la providence de Dieu pour vous dans votre vie?

— Vous savez, le Seigneur conduit chaque homme vers Lui-même quand vient le moment le plus opportun pour lui. Je suis né à Moscou. Dans l'enfance, comme mes pairs, j'étais octobriste, pionnier et jeune communiste. Je suis diplômé de l'Institut de technologie aéronautique de Moscou avec un diplôme en génie mécanique pour les moteurs d'avion. J'ai commencé à m'impliquer dans divers courants religieux, mais je ne suis pas arrivé à l'Orthodoxie.

En 1995, un professeur de physique de Chicago, David Chesek, est venu à Moscou. C'était un très bon catholique et un merveilleux père de famille avec huit enfants. Il est mort il y a deux ans. Nous avons fait connaissance, ayant des intérêts similaires en physique, et il m'a invité en Amérique pour étudier et travailler. Il m'a aidé à obtenir mon visa.

J'avais vingt-trois ans et j'ai eu l'occasion de voyager dans un autre pays, d'y vivre et d'y étudier et de recevoir une expérience de vie. Le Seigneur m'a permis de tout faire.

Plusieurs universités américaines coopèrent avec diverses entreprises qui financent les universités pour la recherche. L'université d'Alabama, où j'ai commencé à étudier, collaborait avec des entreprises automobiles. Ils cherchaient des étudiants qui feraient des recherches en même temps que leurs études, alors ils ont payé pour mes études et m'ont donné un salaire pour le travail dans le département de moulage des métaux. C'était vraiment l'option  idéale pour moi. J'ai loué une petite maison à une famille, j'ai étudié pendant sept ans et j'ai obtenu ma maîtrise et mon doctorat. On m'a offert du travail chez General Motors.

Mais le Seigneur avait déjà d'autres projets pour moi. En Amérique, j'ai étudié et travaillé, travaillé et étudié, ainsi j'ai été privé de ces consolations humaines que j'avais dans ma patrie : l'interaction avec mes parents et mes parents et amis. Les personnes qui déménagent dans d'autres pays perdent ce confort qu'elles avaient chez eux à l'origine.

Tout pays orthodoxe est un pays de communication collective. Vous savez, vous pouvez passer à l'improviste chez un ami sans avertir, et vous allez boire un thé dans la cuisine et avoir avec lui une conversation à coeur ouvert... Mais les pays occidentaux sont des sociétés d'individualistes: "Bonjour", "Au revoir". , mais la conversation est très superficielle. Et peu importe votre niveau d'anglais, vous avez toujours l'impression d'appartenir à une autre culture.

Étant sans ces consolations humaines, vous commencez à les chercher en Dieu. Ma mère, apprenant mon intérêt pour la foi, m'a conseillé de me faire baptiser.

Quand le Seigneur veut amener quelqu'un à Lui, Il crée de telles circonstances, organise des réunions à travers lesquelles l'homme peut commencer à Le reconnaître. Je me suis fait quelques amis russes, et ils se sont avérés être des baptistes. J'ai toujours été très curieux, et dans ce cas je voulais savoir immédiatement: où est la vérité ? Après tout, il ne peut y avoir plusieurs vérités. J'ai commencé à assister aux cours de catéchumènes de l'église orthodoxe et j'ai appris l'histoire et la doctrine de l'Église. J'ai comparé et analysé, et j'ai réalisé que la vérité est dans l'Orthodoxie. J'ai reçu le saint baptême.

Ma vie a changé radicalement. Le travail prestigieux chez General Motors ne m'a plus séduit. Je ne voulais pas rester avec le département universitaire - j'avais développé un intérêt pour le monachisme.

Le monastère Saint Antoine 
— Et pourquoi avez-vous choisi le monastère de Saint Antoine le Grand?

— Un jour mon père spirituel, l'archiprêtre Alexandre Fekanin, le recteur de l'église de St. Syméon le nouveau théologien à Birmingham, m'a conseillé d'aller au monastère de St Antoine. C'était la première fois que j'allais là-bas, j'avais vingt-six ans. J'ai rencontré le fondateur du monastère, Ephraïm, un enfant spirituel du Vénérable Joseph l'Hésychaste. Je lui ai dit en mauvais grec : "Père, je veux devenir moine", et il m'a béni.

J'y suis retourné encore quelques fois; cela m'a plu, mais j'étais perplexe : je n'étais pas sûr que j'étais censé rester dans ce monastère. J'ai même voulu retourner en Russie et entrer au séminaire.

Je venais d'obtenir mon diplôme de l'université d'Alabama, et après ma soutenance et tout mon travail, je me sentais fatigué, et mon père spirituel m'a béni pour aller en vacances sur la côte ouest. La Californie est un pays immense et magnifique: montagnes, Grand Canyon, nature, monastères ... Je suis allé à St  Antoine et j'ai dit aux pères que bientôt, après mes vacances, j'irai en Russie et j'ai loué une voiture pour aller en Californie. Je suis allé au monastère de l'Icône  de la Très Sainte Déipare "source de vie (Ἡ Θεοτόκος Ζωοδόχος) que Père Ephraïm avait aussi fondé en 1993. Là, j'ai rencontré une moniale du grand Habit Fevronia, dont l'obédience était l'hôtellerie. Nous avons commencé à parler, et je lui ai dit: «Vous savez, je vais bientôt retourner en Russie», à quoi elle a répondu: «Vous oubliez d'ajouter une phrase.» «Quelle phrase, mère?» «Si c'est la volonté de Dieu» ... J'ai passé trois jours là-bas, et en quelque sorte, Mère Fevronia, qui était une personne spirituellement expérimentée, a commencé à parler avec moi de la vie monastique. À la fin de la conversation, j'avais l'impression qu'elle voulait me dire quelque chose, mais elle ne le disait pas. C'est un signe d'une personne spirituelle, de ne pas imposer son point de vue, mais d'attendre jusqu'à ce que vous demandiez. Et si vous demandez, alors elle répond. C'est-à-dire qu'ellel s'adresse à ceux qui sont prêts à écouter. 



Geronda Ephraïm lui a demandé: « Mère Fevronia, il me semble que tu veux me dire quelque chose... » et elle a répondu qu'elle avait prié pour moi toute la nuit. Elle m'a dit: « La volonté de Dieu pour vous est d'aller vers Père Ephraïm et devenir moine dans son monastère.»  J'étais stupéfait. Puis elle m'a conseillé d'aller à San Francisco à la cathédrale "Joie de tous les affligés" auprès de St Jean de Shanghai. Ses reliques sont dans un sanctuaire en bois sous verre, et en dessous il y a une ouverture où quiconque le veut peut laisser une note au saint. Je suis allé à San Francisco et j'ai écrit une lettre à Saint Jean de Shanghai, lui demandant de prier pour moi . Ensuite, je suis allé à St Antoine et fus immédiatement convaincu que c'était "mon" monastère. C'est ainsi que je me suis retrouvé ici. Vous voyez, j'ai prié pendant plusieurs années, dès que j'ai ressenti l'attraction de la vie monastique, jusqu'à ce que le Seigneur me confirme : dois-je  aller dans un monastère ou non, et si oui, lequel ? J'ai prié pour que le Seigneur m'informe à ce sujet de manière à ce qu'il ne subsiste aucun doute sur la justesse de mon choix, et j'ai reçu ma réponse au moment le plus opportun - quand j'ai été diplômé de l'université, quand j'étais libre de choisir mon chemin, c'est-à-dire précisément quand j'en avais besoin. Il y a beaucoup de témoignages de moines qui montrent que quand ils eurent fait le choix de la voie monastique dans la vie, n'ont pas pu pas partir immédiatement pour le monastère - en effet quelques obstacles se sont mis en travers de leur route. Le Seigneur me l'a révélé quand c'était le plus nécessaire, pour sécuriser mon chemin. Il vaut la peine de noter que quand je vins au monastère, n'étant pas préparé, j'ai essayé de rencontrer Ephraim chaque fois, mais il ne voulait pas me recevoir du tout. Et quand j'ai finalement été prêt à choisir mon chemin, l'Ancien m'a immédiatement reçu. Et de plus, il m'a appelé lui-même et m'a instruit.

 — Pourriez-vous nous parler des instructions de l'Ancien ?

 — Je lui ai dit que j'avais été baptisé à l'âge adulte, et il m'a demandé avec inquiétude si j'avais été baptisé par immersion complète. C'était évident que c'était important pour lui. Quand j'ai répondu affirmativement, il a commencé à sourire et à plaisanter à propos de ma taille : « Et où ont-ils trouvé d'assez grands fonts baptismaux ?» Il m'a donné quelques conseils pour commencer la vie monastique. Peut-être qu'ils seront utiles à vos lecteurs, car ils peuvent être appliqués aux moines ou aux laïcs. l'Ancien a souligné l'importance de préserver sa conscience partout : au travail, pendant nos obédiences. Il m'a conseillé de conserver ce zèle initial à l'aide de l'obéissance à un père spirituel et de la prière incessante. Il m'a dit que les ascètes ont trois ennemis: le monde, le mal, et nous-mêmes, notre nature passionnée. Il a souligné que, prenant soin de notre salut, nous ne devons pas perdre de temps à ne rien faire. Il a donné l'exemple d'une religieuse (je devine qu'il parlait de sa mère, la moniale  Théophano). Quand cette religieuse entendait la cloche indiquant l'heure, elle se disait : « Une autre heure est passée, et je suis encore une heure plus proche de la mort.» Ainsi elle garda le souvenir de la mort, l'aidant à ne jamais oublier le salut de son âme. En septembre 2002, je suis arrivé au monastère et j'ai été employé comme commis dans la cuisine. Après quatre mois, l'aîné m'a béni avec le rason du novice et m'a donné une obédience dans la librairie : commande de livres, réception des pèlerins. Je parle anglais et grec, je peux donc aussi répondre aux appels téléphoniques et m'occuper du courrier. En 2012 j'ai reçu la tonsure monastique et en janvier 2015 j'ai été ordonné hiérodiacre. Peut-être, c'est ça ... Je peux raconter quelques histoires sur la providence de Dieu. 

Geronda Ephraïm et Mère Eupraxie

— Je vous en prie.

— Le premier concerne la moniale du Grand Habit Eupraxie. Notre Ancien, le père Ephraïm, a tonsuré une quinzaine de personnes dans le Grand Habit juste avant leur mort. La plupart d'entre eux étaient dans les derniers stades du cancer. Mère Eupraxie a rejoint un monastère grec quand elle avait dix-huit ans. Elle a reçu la tonsure monastique. L'Ancien la convoqua en Amérique et la plaça comme Higoumène du monastère de l'Annonciation de la Très Sainte Théotokos en Floride. Puis il l'a déplacée dans un autre monastère, au Canada.

On lui a diagnostiqué un cancer du sein. L'Ancien lui a dit: «Viens ici. Tu vas mourir dans notre monastère. » Elle est arrivée quelques jours avant sa mort. L'aînée l'a tonsurée dans le Grand Habit en lui conservant le même nom. Deux jours plus tard, elle est partie vers le Seigneur.

La défunte a été amenée dans l'église. Nous avons pris une photo pour nous en souvenir. Le Psautier a été lu sur son corps, selon la tradition. Quand ils ont pris davantage de photos après quarante minutes, ils ont été stupéfaits. Un sourire était apparu sur ses lèvres. L'Ancien a alors dit: « Elle avait un grand amour pour les gens et une maladie grave. Elle est très haut au Paradis. »

Mère Eupraxie, un sourire de l'éternité 

La seconde concerne la moniale du Grand Habit Thècle. Mère Thècle est une américaine du Texas, avec une famille nombreuse - enfants et petits-enfants. Elle a vécu la vie normale d'une mère de famille. Mais avant sa mort elle a été jugée digne du  Grand Habit.

Sa maison était près du monastère des saints archanges près de San Antonia, TX. Elle allait souvent au monastère, pour aider aux différentes tâches des obédiences, et elle offrait sa maison aux pèlerins quand le monastère était plein. Elle était très zélée. P. Ephraïm est allé au monastère pour son jour de fête et, avec d'autres pèlerins, est allé la voir.

Il l'a regardée et lui a demandé soudain : «N'as-tu pas pensé à devenir moniale ?» Il l'a invitée dans l'une des communautés de femmes. L'Ancien l'a bénie avec la tonsure dans le Grand Habit trois mois avant sa mort avec le nom de Thècle.

La Nativité du Christ approchait, et Mère Thècle commença à dire: « Je veux fêter la Nativité avec le Christ.» Et c'est ce qui est arrivé. Quand les sœurs ont changé de vêtements après la mort, elles ont senti un doux parfum dans toute la pièce. Ce sont mes histoires ...

— Permettez-moi de vous remercier, Père Seraphim, pour la conversation intéressante et enrichissante spirituellement. Que souhaitez-vous dire auxs lecteurs de Pravoslavie.ru?

En Russie, surtout parmi les laïcs, nous avons perdu la tradition de la prière de Jésus. Même certains prêtres regardent avec méfiance les laïcs qui ont un tchotki à la main. Ils considèrent la prière de Jésus avec un tchotki comme une tradition monastique, et craignent l'illusion spirituelle [1].

Notre père spirituel, l'Ancien Ephraim, donne sa bénédiction aux laïcs pour s'engager dans la prière de Jésus, dans la mesure, bien sûr, où leur vie dans le monde, le travail et la famille le permettent. L'Ancien explique qu'il n'y a aucun danger pour ceux qui prient aux premières étapes de la prière de Jésus, quand une personne la dit oralement, quand il a une petite règle de prière qu'il fait à la maison ou sur la route.

Habituellement, nos pères spirituels donnent leur bénédiction aux laïcs nouveaux dans la foi avec une une règle quotidienne à faire à la maison le matin ou le soir. Il y a environ 50-150 Prières de Jésus avec le signe de la Croix à chaque noeud, et 50-150 prières à la Mère de Dieu, "Très Sainte Théotokos, sauve-nous", aussi avec le Signe de la Croix sur chaque noeud, et 20-50 prosternations avec la prière de Jésus et le signe de la croix à chaque prosternation. Vous devriez remplir cette règle donnée par le père spirituel, et ne pas la changer arbitrairement.



Le reste de la journée, quand vous vous promenez dans les rues, vous montez dans le bus, dans le métro, vous priez, avec un petit tchotki dans la main, ou sans. Quand il n'y a personne d'autre autour, il est utile de dire la prière à haute voix, tranquillement. Cela aide l'esprit à se concentrer sur les mots de la prière et à ne pas se perdre dans les rêves. La condition principale est un sentiment de repentance. Ne vous efforcez pas de réalisations spirituelles, mais demandez la miséricorde et le pardon des péchés.

Geronda Ephraïm recommande aussi fortement (et pour nous cela fait partie de la règle monastique) de lire chaque jour l'acathiste à la Mère de Dieu, afin qu'elle nous protège de tout mal, et aussi quand nous devons aller quelque part.

Nous avons eu un novice ici au monastère, un Grec (il est un moine maintenant). Pendant les obédiences et à d'autres moments, il disait souvent l'Acathiste à la Mère de Dieu à haute voix, qu'il connaissait par cœur. Une nuit, il se promenait dans le monastère, priant à haute voix son acathiste favori. Il dépassa un peu les limites du monastère, et ne le remarquant pas dans le noir, il marcha sur un serpent à sonnettes. Habituellement, si un serpent vous touche, il vous mord. Mais un miracle s'est produit ici : la Mère de Dieu a couvert le novice et le serpent ne l'a pas mordu, mais il s'est simplement éloigné. C'est l'avantage de lire l'Acathiste à la Très Sainte Théotokos.

Dieu vous protège!
(Version française par Maxime Martinez de la source )

mardi 18 octobre 2016

"Apprenons ce grand art : remettre tout entre les mains du Christ" par Mgr ATHANASIOS


Sur le Blog
Une réconfortante et fortifiante homélie du
Métropolite Athanasios de Limassol. 
"Invoquer le Nom du Seigneur."
Athanasios 5


Dans l’éparchie d’Ekaterinbourg s’est déroulée du 27 au 29 mai 2016 une conférence monastique internationale «L’héritage patristique à la lumière de la tradition athonite : la guidance spirituelle», à laquelle ont pris part des archimandrites et higoumènes de Russie, de Grèce, de Chypre, de France, d’Allemagne et d’Ukraine. Le 28 mai, son Éminence le Métropolite Athanasios de Limassol, arrivé en Russie pour participer à la conférence, a également rencontré le clergé, les moines et des laïcs de l’éparchie. Cette rencontre fut consacrée à l’importance pour le Chrétien, particulièrement en ces temps de crise, de s’en remettre à la Providence Divine et de se sentir proche du Christ. Voici la traduction de son intervention, publiée sur le site Pravoslavie.ru le 06 juin 2016.

Notre époque connaît de nombreuses difficultés et de nombreux problèmes. Il y en eut beaucoup aussi en d’autres époques. De nombreux nuages s’amoncellent à l’horizon et les cœurs des hommes sont habités par de grandes inquiétudes. Dans le monde se produisent beaucoup d’événements difficiles, des «crises», mais nous, Chrétiens, nous devons nous occuper d’une seule crise, la crise du jugement de Dieu (En grec, jugement et crise peuvent se traduire par le même terme κρίση). Toute société reçoit une récompense en fonction de la vie qu’elle mène. Il en va de même en ce qui concerne chaque homme. Et dans toutes ces difficultés, nous entendons une voix, la voix de l’Évangile, la voix de notre Seigneur le Christ, Qui nous dit «Vous aurez à souffrir dans le monde, mais prenez courage: moi, j’ai vaincu le monde» (Jean 16:33).




Je vous dis aujourd’hui ce que je dis toujours lors des entretiens dans ma métropole. Il s’agit de mon expérience de vie. Quand j’étais moine à la Sainte Montagne, j’accomplissais mon obédience près de mon ancien, Geronda Joseph, et mon expérience m’a appris comment le diable combattait le moine. Ensuite, je suis devenu higoumène à Chypre, dans un grand monastère, et j’ai vu comment le diable attaque un higoumène. La lutte était plus forte que pour le simple moine car l’higoumène doit penser au monastère et à tous les moines. Mais avec l’aide de Dieu, j’ai pu soutenir ce combat. Après je suis devenu évêque et j’ai vu la guerre que le diable mène contre l’évêque. Elle est beaucoup plus intense qu’avec l’higoumène, car l’évêque se trouve à la tête de l’Église. Les différentes formes de service dans l’Église requièrent effort et labeur ; il faut toujours surmonter une multitude d’obstacles et de tentations. Rien ne se déroule sans tentation, aussi fort que nous puissions le souhaiter. Le diable élève des murs entiers à chaque pas que nous voulons accomplir. Arrive alors un moment où, en tant qu’homme, nous disons «C’est impossible!» Mais il est toujours possible d’accomplir l’œuvre de Dieu. La volonté de Dieu est telle que toutes les œuvres divines se réalisent à travers de grandes difficultés, par la lutte, afin qu’il soit évident que c’est Dieu qui les accomplit et non les efforts de l’homme, et afin que nous louions Dieu. En tant qu’évêque, j’ai pris conscience de ce que Dieu dirige l’Église et le monde entier. J’ai compris la signification des paroles du Seigneur, quand Il dit dans l’Évangile : «Que Ta volonté soit faite!» (Mat. 26:42)
Cela signifie que nous tous devons confier à la volonté et à la Providence divines tout ce qui concerne l’Église et le monde entier. C’est cela que nous prions lors de chaque Divine Liturgie. Après avoir commémoré la Très Sainte Mère de Dieu et tous les saints, à la fin de chaque ekténie, nous disons «Et confions-nous nous-mêmes les uns les autres et toute notre vie au Christ notre Dieu». C’est-à-dire que nous devons nous remettre nous-mêmes, nos frères et sœurs et parents, entre les mains du Christ. Nous confier, cela veux dire tout remettre, tout le poids, de nos mains aux mains du Christ. Il s’agit pour nous du plus grand acte d’amour et d’obéissance au Christ. C’est ce dont a parlé le Seigneur : «Je vous laisse la paix, Je vous donne Ma paix…Que votre cœur ne se trouble point et ne s’alarme point» (Jean 14:27).

Le Christ ne parle pas de la paix terrestre, qui dépend d’événements extérieurs, mais de la paix dont rien ne peut déposséder nos cœurs. Au cours des siècles, les Chrétiens ont témoigné de ce que rien ne peut enlever la paix du Christ de leur cœur. L’Église a vécu de nombreuses persécutions et difficultés. Jusqu’à une époque récente en Russie une grande persécution était dirigée contre la foi du Christ, et le Paradis se remplit de nouveaux saints et martyrs qui allèrent jusqu’au bout de leur ascèse pour le Christ. Malgré que des temps nouveaux soient arrivés, qui amènent aussi leurs difficultés, la parole de Dieu demeure immuable : Sa promesse d’être avec nous jusqu’à la fin des temps reste vraie et sûre. Il est possible que nous nous sentions opprimés par le poids des problèmes quotidiens, mais nous devons apprendre à nous défaire de ce fardeau et tout remettre dans les mains du Christ, dans l’esprit de l’Évangile. Il est dit dans l’Évangile : «Soyez toujours joyeux. Priez sans cesse». (1 Thess. 5:16,17) La joie et la prière doivent être les traits distinctifs de notre âme. Notre préoccupation principale doit être de devenir digne de l’union avec le Christ (et ce but s’atteint à travers l’Église). Quand nous nous inquiétons et nous tourmentons excessivement pour ce qui se passe autour de nous, nous offensons notre Père Céleste. C’est comme si nous Lui disions que nous nous préoccupions plus que Lui de ce qui se passe.
Au monastère, quand nous devions faire face à de grandes difficultés, nous allions chez notre geronda, le Père Joseph de Vatopedi et nous lui demandions : «Père, que faut-il faire quand nous sommes enferrés dans de telles épreuves? Comment en sortir?» Alors, Geronda nous apaisait :

«N’ayez crainte! Il ne vous arrivera ni plus ni moins que ce Dieu permettra».  

  

Et puisque Dieu sait ce qui va arriver, nous devons garder notre âme en paix et dire : «Que Ta volonté soit faite». Geronda Païssios donnait ce conseil aux moines : ceux qui vivent selon Dieu doivent se sentir comme des petits enfants dans les bras de leur mère. Dans les bras de sa mère, le petit ne craint rien. Rien ne peut l’inquiéter. Il ne pense à rien. Il se réjouit de la chaleur de l’étreinte et de l’amour de sa mère. De même, nous aussi devons dans nos âmes nous réjouir de l’amour du Christ. Saint Païssios disait encore ceci : «Le Christ est l’oxygène de l’homme. N’en faites pas du monoxyde de carbone!». Il disait cela quand les gens se tracassaient, soi-disant au nom du Christ, et avaient peur du lendemain. 

Un autre grand geronda qui vécut en Grèce, Saint Porphyrios le Kavsokalyvite, donnait tout le temps cette instruction à ses enfants spirituels : «Pensez seulement au Christ ! Ne vous occupez de rien d’autre que de Lui. Le Christ est tout. Remettez tout entre Ses mains et vous n’aurez rien à craindre». L’Esprit du Christ dans l’homme contemporain, c’est la joie et la liberté.


Souvent, nous éprouvons de l’inquiétude au sujet de notre salut, de celui de nos enfants, et des membres de notre famille, ou au sujet de notre patrie ou même de l’Église. Ce sont des sentiments humains et ils sont tout naturels, jusqu’à un certain point. Seulement si nous permettons à ces soucis de nous dominer, rapidement ils vont plonger toute notre âme dans les ténèbres. L’expérience pluriséculaire de l’Église nous a prouvé que la victoire qui triomphe du monde, c’est notre foi (1 Jean 5:4). La puissance de l’enfer ne vaincra jamais l’Église. L’Écriture nous dit aussi que pas un homme qui espère en Dieu ne sera confus (Isaïe 49:23). Il ne peut se faire qu’un homme faisant appel à Dieu ne reçoive pas de réponse.

Je terminerai cette brève intervention en narrant le sentiment que j’éprouve dans mon éparchie. Très nombreux sont ceux qui viennent à moi; ils sont des milliers. Ils se confessent, nous évoquons avec eux des sujets spirituels. Il existe des cas dans lesquels les gens ne peuvent rien faire. Malheureusement, ils vivent dans de telles conditions, dans une telle disposition d’esprit, qu’ils se préparent à un naufrage inévitable. Et malheureusement, ou heureusement, nous ne pouvons pas le leur dire, car le Christ ne nous le permet pas. Notre raison nous dit qu’ils vont à leur perte. Mais la foi dit qu’à Dieu tout est possible. Et quand de tels hommes nous demandent : «Que vais-je devenir ? Je ne ferai rien de bon de moi-même!», nous leur répondons par les mots de l’Ancien Testament, repris dans les Actes. Bien, tu ne peux rien y faire. Toutes les circonstances indiquent que tu vas à ta perte. Et cela peut concerner toutes les circonstances de notre vie; économiques, nationales, internationales. Mais que dit l’Esprit ? Dans les derniers temps, quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé. (Actes 2:21) Que nous reste-t-il à faire ? Invoquer le nom du Seigneur. Quels que nous soyons, quelles que soient nos difficultés, quelle que soit la situation dans laquelle nous nous trouvions, nous devons invoquer le nom du Seigneur. Et si nous avons la foi, et l’humilité, alors, le Seigneur sera toujours avec nous, Il sera toujours notre Sauveur et notre Libérateur.
Ici, en Russie, j’ai vu de nombreuses et superbes icônes byzantines de la Résurrection du Christ.


Le Christ, comme un homme fort, prend par la main Adam et Eve et les tire hors de l’enfer. Mais avez-vous remarqué un détail ? Il tient nos ancêtres non par la main mais par le poignet. Pourquoi fait-Il cela ? Pour montrer qu’Adam et Eve sont morts et qu’ils ne peuvent rien faire par eux-mêmes pour leur salut. Quand quelqu’un vous demande de lui donner la main, vous lui tendez la main et il vous prend par la main. Mais les morts on les prends par les poignets, car ils ne peuvent vous tendre la main, et on les soulève de force. Le Seigneur veut montrer ainsi qu’Il peut même ressusciter l’homme que le péché a mené à la mort. Et rien ne résiste à la force de l’amour du Christ. C’est pourquoi nous devons, chers frères et sœurs avoir la joie du Christ en nos cœurs, Son amour et Sa paix. N’acceptons rien qui puisse détruire cette paix, cette joie et cet amour en nous, que le Seigneur a installés en nos cœurs. Et apprenons ce grand art : remettre tout entre les mains du Christ. Je vous souhaite de conserver toujours cet amour et cette paix dans vos cœurs, par les prières de votre saint évêque, et des saints pères et frères moines. Amen.
Traduit du russe