Les lèvres mensongères font horreur à l'Éternel, tandis que ceux qui agissent avec fidélité lui sont agréables. Proverbes 12:22 «C'est ce qui sort de l'homme qui le rend impur. En effet, c'est de l’intérieur, c'est du cœur des hommes que sortent les mauvaises pensées, les adultères, l'immoralité sexuelle, les meurtres, les vols, la soif de posséder, les méchancetés, la fraude, la débauche, le regard envieux, la calomnie, l'orgueil, la folie. Toutes ces choses mauvaises sortent du dedans et rendent l'homme impur.» Marc 7:20-23 Un témoin fidèle ne ment pas, tandis qu’un faux témoin dit des mensonges. Proverbes 14:5 « Vous, vous avez pour père le diable et vous voulez accomplir les désirs de votre père. Il a été meurtrier dès le commencement et il ne s'est pas tenu dans la vérité parce qu'il n'y a pas de vérité en lui. Lorsqu'il profère le mensonge, il parle de son propre fond, car il est menteur et le père du mensonge. » Jean 8:44 Si les paroles distinguées ne conviennent pas à un fou, les paroles mensongères conviennent d’autant moins à un noble. Proverbes 17:7 « Écarte de ta bouche la fausseté, éloigne de tes lèvres les détours ! Proverbes 4:24 Craindre l'Éternel, c'est détester le mal. L'arrogance, l'orgueil, la voie du mal et la bouche perverse, voilà ce que je déteste. » Proverbes 8:13 « Pierre lui dit : «Ananias, pourquoi Satan a-t-il rempli ton cœur, au point que tu aies menti au Saint-Esprit et gardé une partie du prix du champ? […] Comment as-tu pu former dans ton cœur un projet pareil? Ce n'est pas à des hommes que tu as menti, mais à Dieu.»Actes 5:3-4Mais pour les lâches, les incrédules, les abominables, les meurtriers, les impudiques, les enchanteurs, les idolâtres, et tous les menteurs, leur part sera dans l'étang ardent de feu et de soufre, ce qui est la seconde mort.Apocalypse 21.8
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samedi 11 août 2018

Un office orthodoxe sera célébré à l’antique église Ste Radegonde

sur le site de l'Église orthodoxe russe - Relations extérieures



Le 19 août 2018, fête de la Transfiguration de notre Seigneur Jésus Christ, le prêtre Maxime Politov, secrétaire du diocèse de Chersonèse, célèbrera la Divine liturgie dans l’antique église Sainte-Radegonde de Talmont-sur-Gironde. L’office sera chanté par les chantres de la cathédrale de la Sainte-Trinité de Paris.

L’église Sainte-Radegonde est un édifice unique, s’élevant sur une falaise. Elle date de la fin du XIe siècle et se trouvait sur l’un des chemins de Compostelle. Cette église catholique allie à la fois style roman et style gothique. Au XXe siècle, l’édifice a été inscrit aux monuments historiques.

La traditionnelle bénédiction des fruits aura lieu à la fin de la Divine liturgie, informe le site du diocèse de Chersonèse.




Le 13 août, l'Église orthodoxe célèbre la mémoire de Sainte Radegonde de Poitiers.

Extrait du SYNAXAIRE 

Fille d'un roi de Thuringe, elle naquit en 518. Elle avait treize ans quand les fils de Clovis s'entendirent pour assassiner son père et s'emparer de son pays, en 531. Et elle échut comme butin de guerre à Clotaire, alors roi de Soissons qui voulut l'épouser.

Elle avait reçu une formation littéraire de haute qualité, rare en ce temps, surtout pour les femmes, dans la villa royale d'Athies en Vermandois. Encore enfant, elle menait une vie de prière et avait coutume de rassembler tous les enfants pauvres, et après les avoir fait laver, elle les servait à sa table puis les emmenait en procession à l'oratoire. Au bout de cinq ans, Clotaire devenu veuf manda la belle captive à sa cour. Épouvantée, Radegonde s'échappa, mais elle fut bientôt rattrapée et aussitôt conduite à Soissons où l'on célébra le mariage. Soumise à la divine Providence, elle remplit avec dévouement ses devoirs d'épouse et de reine, sans être pour autant séparée du Roi du ciel : "Son partage était le Christ bien plus que le mariage humain" écrit son biographe. Elle consacrait à l'aumône le plus clair de son temps, cédant ses parures aux églises et monastères, et distribuant jusqu'à ses vêtements aux nécessiteux. Elle voyait en effet le Christ dans les mendiants dont elle couvrait les membres et regardait comme perdu pour elle tout bien qu'elle n'avait pas donné. Dans la ville d'Athies, que le roi lui avait concédée, elle fonda un hôpital, où elle servait elle-même les pauvres et les affligés. À la cour, elle portait un rude cilice sous ses vêtements royaux. Et quand elle prenait part à des banquets, elle s'y faisait servir un plat de fèves ou de lentilles, et dès que venait l'heure de l'office divin, elle trouvait un prétexte pour quitter la table. La nuit, elle délaissait la couche royale pour passer de longues heures en prière, prosternée sur le sol dans son oratoire ; aussi disait -on au roi: "C'est une nonne et non pas une reine que tu as épousée!" Clotaire s'irritait de cette conduite et couvrait son épouse de reproches; mais impressionné par le rayonnement de sa sainteté, il essayait ensuite de réparer ses affronts par desprésents ou en lui accordant la grâce de condamnés à mort. Quand le roi était absent, "la reine se tenait alors attachée aux pieds du Christ, dont elle sentait la présence, et comme si elle se fût saturée de délices, elle se tenait en prière, savourant ses longs jeûnes au milieu des larmes". Quand elle apprenait le passage d'un homme de Dieu, elle se rendait à son domicile avec quelques suivantes, et passait des journées entières à l'écouter parler sur les moyens de parvenir à la vie éternelle. 

Le frère de la reine, impliqué dans un mouvement de sédition en Thuringe, ayant été exécuté sur ordre de Clotaire (555), sainte Radegonde en conçut un intolérable chagrin et, ne pouvant continuer à mener la vie conjugale avec le meurtrier de son frère, elle obtint de Clotaire son consentement pour se consacrer entièrement à Dieu. Comme elle s'était adressée à saint Médard, évêque de Noyon [8 juin], le saint évêque, d'abord hésitant, se vit repoussé de l'autel par les leudes qui voulaient empêcher la reine de prendre le voile. Radegonde se réfugia alors dans la sacristie où elle revêtit un habit de moniale, et reparaissant devant l'évêque, elle lui dit : "Si tu hésites à me consacrer, et si tu crains un homme plus que Dieu, sache, pasteur, qu'il te sera demandé compte de l'âme de ta brebis." Saint Médard lui imposa donc les mains pour la consacrer diaconesse>. Aussitôt après avoir distribué ses biens, la sainte partit pour Tours, afin d'y vénérer le tombeau de saint Martin. Elle y fonda un monastère d'hommes, puis alla se retirer dans sa villa de Saix, avec un petit groupe de suivantes devenues ses disciples. 

Depuis le jour de sa consécration jusqu'à sa mort, Radegonde ne mangea plus que des légumes crus et des fruits. Pendant le Carême, elle broyait elle-même, tous les quatre jours, avec une meule de pierre, le grain qui lui servait de nourriture, après en avoir prélevé des offrandes pour les sanctuaires voisins. D'humeur toujours égale, dans la joie comme dans l'adversité, la reine se faisait la servante de tous, en particulier des mendiants et des affligés qu'elle recevait quotidiennement à sa table et qu'elle lavait de ses mains. Et quand des lépreux se présentaient, elle les recevait à part et sans témoin, leur lavait le visage, qu'elle embrassait avec amour, et prenait soin de leurs plaies purulentes, puis elle les renvoyait avec des présents. Alors qu'elle menait cette conduite agréable à Dieu, elle eut un jour une vision au cours de laquelle l'Église du Christ lui dit : "Jusqu'à présent tu demeurais sur mes genoux, désormais tu auras ta place dans mon cœur". 

Comme la rumeur était parvenue à Saix que Clotaire s'était mis en route pour reprendre son épouse, Radegonde redoubla de jeûnes et de prières, et elle sollicita l'intercession du reclus Jean de Chinon, qui lui fit répondre que Dieu ne permettrait pas au roi de réaliser son projet. Ayant échappé à ce danger, la sainte décida de fonder un monastère qui la garderait de toute nouvelle tentative du roi et permettrait une meilleure organisation, à la lumière des traditions des saints Pères. Elle décida de l'établir à Poitiers, sous la protection de saint Hilaire [13 janv.]. Clotaire accorda son autorisation, et pourvut même aux frais de la construction et à l'entretien de la communauté. L'édifice put ainsi être rapidement achevé, et sainte Radegonde s'y installa avec sa communauté qui, à la fin de sa vie, allait comporter environ deux cents religieuses, issues pour la plupart des plus nobles familles du royaume. Fondatrice, mère spirituelle et modèle de vertu pour la communauté, Radegonde refusa cependant par humilité d'en être la supérieure, et elle confia cette responsabilité à Agnès, sa plus proche disciple et compagne depuis l'enfance. Apprenant que Clotaire avait de nouveau l'intention de la reprendre à l'occasion d'un pèlerinage à Tours, elle sollicita la protection de saint Germain, évêque de Paris [28 mai], qui accompagnait le souverain. L'évêque se jeta aux pieds de Clotaire, devant le tombeau de saint Martin, et celui-ci céda. Germain alla porter en personne la nouvelle à Poitiers, et il consacra Agnès abbesse. Libre désormais de suivre le Christ qu'elle aimait, Radegonde s'élança de toute son âme à sa suite, sans être distraite par les tâches matérielles. Soucieuse cependant de donner à sa fondation une Règle assurant la pérennité de la vie cénobitique, elle alla passer, accompagnée d'Agnès, plusieurs mois à Arles, dans le monastère fondé par saint Césaire [27 août], dont la Règle constituait une judicieuse adaptation au monachisme urbain et au tempérament féminin de l'expérience accumulée dans les centres monastiques d'Orient et d'Occident depuis deux siècles. Durant les premières années, les relations de la communauté de sainte Radegonde avec l'évêque de Poitiers étaient empreintes d'amour et de respect mutuel, mais elles se dégradèrent avec l'évêque Marovée, qui avait pris ombrage de l'ascendant spirituel de la sainte sur son diocèse. La tension arriva à un tel point que, lorsque Radegonde obtint de l'empereur Justin le don d'un fragment de la vraie Croix (568), l'évêque, vexé de n'avoir pas été mêlé à l'entreprise, refusa de recevoir l'insigne relique et s'éclipsa. Déposée provisoirement au monastère de Tours, la sainte Croix put finalement faire son entrée à Poitiers, saluée par toute la population et par les moniales qui chantaient les hymnes composées à cette occasion par saint Venance Fortunat, et elle fut déposée au monastère qui prit dès lors le nom de Sainte-Croix. Ayant eu recours aux évêques réunis à Tours en concile, sainte Radegonde obtint pour son monastère des privilèges qui le protégeait contre les interventions des autorités civiles et ecclésiastiques, sans toutefois remettre en question la juridiction canonique de l'évêque du lieu. 

Réunissant en elle "la gloire des confesseurs et des martyrs", la sainte n'acceptait de faveur que celle d'être la première à servir les autres sœurs. Elle nettoyait leurs chaussures et les oignait d'huile quand elles dormaient; elle balayait les corridors, lavait et raccommodait le linge, se chargeait des immondices, attisait le feu, servait les malades, et quand elle regagnait sa cellule, tombant de fatigue, c'était pour continuer sa veille par la prière. Quand elle s'adressait à la fraternité, elle disait: "Je vous ai choisies pour mes filles, vous ma lumière, vous ma vie, vous mon repos et toute ma félicité, vous ma jeune plantation. Agissez avec moi en ce monde pour nous préparer la joie dans l'autre. Servons Dieu avec une foi entière et une entière charité, cherchons-le avec crainte, dans la simplicité de notre cœur, pour que nous puissions lui dire avec confiance: 'Seigneur, donne-nous ce que tu nous as promis, car nous avons accompli ce que tu as ordonné"". Sa charité s'étendait non seulement aux habitants de la cité mais aussi sur tout le royaume, et elle priait Dieu, avec force larmes, afin qu'il accorde la réconciliation des héritiers de Clotaire, "pour assurer le salut des peuples et de la patrie··". Ayant acquis avec abondance la grâce du Saint-Esprit, au prix de son martyre volontaire, la sainte reine la répandait autour d'elle par de nombreux miracles. Elle rendait la vue aux aveugles, chassait les démons, et il suffisait de remettre aux malades des feuilles ou un cierge qu'elle avait bénis pour qu'ils recouvrent la santé. Elle obtint même par ses prières qu'une jeune moniale décédée revînt à la vie, de sorte qu'on pouvait la comparer à saint Martin le grand thaumaturge. 

Vénérée de son vivant comme sainte par toute la chrétienté franque, Radegonde, parvenue à la soixantaine, reçut du Christ une vision lui montrant la place qui lui était réservée au ciel. Elle s'endormit en paix, quelques jours après, le 13 août 587. En l'absence de l'évêque Marovée, les funérailles furent présidées par saint Grégoire, évêque de Tours. Le visage de la sainte, rayonnant de paix, éclipsait la beauté des lys et des roses. Et quand le cortège se dirigea vers le cimetière, les chants des clercs se trouvèrent couverts par les sanglots des deux cents religieuses, qui se considéraient comme orphelines. Le culte de sainte Radegonde, une des figures les plus lumineuses de la sainteté française, se répandit ensuite largement dans le reste de l'Europe.

mercredi 26 novembre 2008

100.000 églises en France à sauver ! (relais)

Béatrice de Andia


« Chers Amis,

La France est riche de quelques 100 000 édifices religieux. Cathédrales, paroisses, basiliques, collégiales, chapelles, oratoires, temples, synagogues et mosquées, qu’ils soient campagnards, fortifiés, lacustres ou montagnards, sont au cœur des villes et des villages de France. Parmi eux, 60 000 églises rurales en surnombre aujourd’hui, peut-être en déshérence demain, affrontent des temps difficiles. Médiévales, baroques, classiques, néogothiques, Art déco ou contemporaines, 80 % d’entre elles ne sont ni protégées ni inventoriées. 10 % dépendent de communes de moins de 200 habitants qui peuvent difficilement les maintenir, 75 % appartiennent à des municipalités désargentées de moins de 3000 habitants, responsables de plusieurs bâtiments cultuels. C’est dire la magnificence de cet héritage mais aussi le poids de sa conservation !

Deux problèmes se posent avec acuité :
. D’abord inventorier cet ensemble prodigieux. Y a-t-il 70 ou 100 000 bâtiments cultuels ? Quel est l’état du bâti, sa beauté plastique et sa valeur spirituelle ?
. Ensuite répondre à tous ceux qui veulent connaître, protéger ou sauver cet ensemble monumental.

Fondé en 2006 sous la forme d’une association loi de 1901, l’Observatoire du Patrimoine Religieux entend répondre à ce double problème.
. Pour inventorier cet ensemble unique, l’OPR réunit dans une base de données des photographies et des informations permettant de recenser les 70 000 ou 100 000 édifices religieux en France.
. Pour répondre aux questions juridiques, administratives, financières, architecturales, culturelles et pratiques qui se posent, l’OPR prévoit un site Internet interactif avec des consultations en ligne.
Bien que modeste face à l’ampleur de la tâche, l’Internet, moyen moderne, rapide, efficace, à la portée de tous est à même de répondre aux urgences qui interpellent propriétaires, affectataires, usagers, touristes, Français et Etrangers.

Par voie médiatique, l’OPR a lancé un cri d’alarme auquel la presse a répondu de manière enthousiaste. Plus de 150 interviews dans les TV, radio, magazines et quotidiens nationaux et internationaux se sont succédées depuis mai 2007. Alertées par l’ampleur et l’urgence de cette cause nationale, les Journées Juridiques du Patrimoine 2007 lui ont été consacrée. Elles se sont déroulées au Sénat devant la Ministre de la Culture et un parterre de députés et de sénateurs.

Soutenu par 450 membres, par leur présidente d’honneur, Bernadette Chirac et par le cardinal Poupard, le Recteur Dalil Boubakeur, le Pasteur Claude Baty, Président de la Fédération Protestante de France et le Rabbin Korsia, l’OPR a fait appel à des bonnes volontés pour réveiller les enthousiasmes, participer aux recherches et aider ceux qui affrontent difficilement le poids de cet immense patrimoine en danger. Des partenaires vont financer le site Internet en construction dont la saisie est réalisée par une dizaine d’étudiants dans le cadre universitaire de leur maîtrise ou doctorat. Directement concernés par le devenir des églises rurales, les 100 Présidents des Conseils généraux consultés ont répondu par des subventions, des prestations, des documents, des vœux et par la demande de conférences pour leurs universités.

Pour 2008, je sollicite à nouveau votre adhésion à notre association. De votre générosité dépend le sort de combien d’édifices cultuels ruraux, emblèmes émouvants de nos villes et de villages, icônes de notre mémoire et de notre identité. En soutenant l’OPR, vous aiderez le plus grand musée vivant d’architecture, de peintures et de sculptures de la Nation et vous donnerez un avenir au passé de la France.


Je vous prie, chers amis, d’agréer l’expression de mes sentiments les meilleurs et dévoués. »

Béatrice de Andia
Présidente Fondatrice de
l’Observatoire du Patrimoine Religieux
15/11/2007

BUREAU : 31 RUE RAFFET, 75016 PARIS, 01 42 88 10 89 – info@patrimoine-religieux.fr
http://www.patrimoine-religieux.fr/
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Lire l'interview de Béatrice de Andia sur le site RELIGIOSCOPE
et suggérer à nos hiérarques qu'il ya de nombreux édifices religieux chrétiens en voie d'abandon qui pourraient héberger des liturgies orthodoxes...

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jeudi 1 mai 2008

DU CATHOLICISME À L'ORTHODOXIE. I

Ma conversion (suite)


Je ne suis pas resté catholique très longtemps, je n’ai pas pu : deux ans, mais bien remplis.

Au début c’était un bonheur indicible, j’étais comblé par la grâce et je ne pouvais entrer dans une église sans que les larmes ne me coulent toutes seules des yeux sans autre motif que l’action de grâce.
J’ai alors fait un stage de grégorien, pour louer Dieu avec, pour moi à l’époque, le plus beau et le plus adéquat des chants. Mais pas à Solesmes, avec Iegor Reznikov, je suis incapable de me rappeler comment ni pourquoi lui. Ce qui m’apprit qu’il n’y avait pas qu’une seule école avec l’objectif de rétablir le Grégorien dans son authenticité mais au moins trois écoles avec des approches différentes : Reznikov et Marcel Peres. Depuis j’en ai rencontré d’autres… Les préoccupations d’Iegor quant à l’importance du son produit (il enseignait alors également le chant diphonique), en résonance avec à la fois le corps et l’architecture sacrée, de l’antiquité du chant sacré local, de la transmission orale, de la tradition, tout cela me convenait à merveille et complétait bien le travail effectué chez Tomatis. Je me rappelle que le stage se déroulait près d’une rivière et que c’était pour moi comme un merveilleux renouvellement du baptême, chaque matin, quand au milieu de l’eau fraîche je récitais le Notre père avant d’aller suivre les cours. Et tout cela était pour moi d’un grand réconfort et plein de promesses après ma blessure de ne pas avoir reçu l’absolution.
J’adorais l’architecture romane et j’entraînai ma famille dans toutes les régions de France où l’on pouvait admirer toutes ces merveilles et avec une audace folle j’entonnais, dans chaque temple de Dieu, à pleine voix et avec toute ma foi nouvelle tous les chants que j’avais appris à mon stage devant les statues du Seigneur, de la Mère de Dieu et des saints.
Je prenais à cette époque le train de banlieue pour aller travailler et j’avais du mal à me retenir de chanter dans les voitures pour clamer à ma manière la Bonne Nouvelle. Je me contentais alors de réciter le chapelet silencieusement pour tout le wagon afin que Le Seigneur leur accorde comme à moi la grâce de la metanoia.
Et puis j’ai lu tous les jours les Ecritures et je me suis procuré l’incontournable missel grégorien Le Paroissien Romain N 800, ça n’a pas été facile de le trouver mais cet ouvrage comme ensuite les livres des opuscules des Pères et des œuvres des grands mystiques qui ont enrichi ma bibliothèque ainsi que mon cœur et mon intelligence étaient souvent bradés comme « vieilleries » par des curés et des couvents dans des kermesses ou bien on les trouvait avec ces vêtements et ornements sacerdotaux et autres objets du culte dans des brocantes ou marchés aux puces … Cela m’attristait et m’indignait que des religieux pensent devoir se débarrasser de tout cela mais en même temps j’étais bien aise de trouver tous ces livres pour les acquérir…J’ai donc travaillé les chants de chaque grande fête, en écoutant les microsillons des enregistrements des moines Solesmes…

Mais voilà ce qui s’est passé : la grâce s’est peu à peu retirée et je n’ai plus vu avec les yeux de l’amour ce qui se passait dans les paroisses ordinaires où je devais me rendre le dimanche...
Je n’ai plus vu que de lamentables sortes de mauvais spectacles participationnistes produits par des amateurs en jeans et baskets, avec du matériel rudimentaire ou défectueux, des chansons minables : rien de sacré, rien de pieux, rien qui puisse prendre le relais de la grâce, rien qui puisse désaltérer et nourrir mon âme… avec des homélies qui tenaient plus du discours syndical ou politique que du cheminement spirituel. En somme toujours les mêmes discours moralisateurs que dans mon enfance sauf qu’ils avaient changé de sphère politique : des discours de droite condamnant sans appel les faibles, on était passé à gauche avec des discours de culpabilisation à propos de toutes les injustices sociales comme si un chrétien était obligatoirement un privilégié…Toujours le même écrasement. Je ne comprenais pas du tout le besoin de se réunir au nom de Dieu dans ce qui ressemblait architecturalement à des lieux de culte pour du militantisme qui était à la fois peu efficace (bien mieux fait ailleurs), et de surcroit toujours soupçonné de ne pas être du bon bord (par ceux qui s’y étaient engagés totalement sans référence à une quelconque religion), donc toujours placé dans la position de celui qui doit faire ses preuves d’être du côté de la juste lutte des classes… Des offices en grégorien point, en tout cas près de chez moi, ou alors une confusion systématique avec un certain engagement politique qui ne me convenait pas forcément… même si ma conversion m’a fait remarquablement revoir toute ma vie dans tous ses domaines et tous mes positionnements, donc toutes mes idées, sur tout.