Les lèvres mensongères font horreur à l'Éternel, tandis que ceux qui agissent avec fidélité lui sont agréables. Proverbes 12:22 «C'est ce qui sort de l'homme qui le rend impur. En effet, c'est de l’intérieur, c'est du cœur des hommes que sortent les mauvaises pensées, les adultères, l'immoralité sexuelle, les meurtres, les vols, la soif de posséder, les méchancetés, la fraude, la débauche, le regard envieux, la calomnie, l'orgueil, la folie. Toutes ces choses mauvaises sortent du dedans et rendent l'homme impur.» Marc 7:20-23 Un témoin fidèle ne ment pas, tandis qu’un faux témoin dit des mensonges. Proverbes 14:5 « Vous, vous avez pour père le diable et vous voulez accomplir les désirs de votre père. Il a été meurtrier dès le commencement et il ne s'est pas tenu dans la vérité parce qu'il n'y a pas de vérité en lui. Lorsqu'il profère le mensonge, il parle de son propre fond, car il est menteur et le père du mensonge. » Jean 8:44 Si les paroles distinguées ne conviennent pas à un fou, les paroles mensongères conviennent d’autant moins à un noble. Proverbes 17:7 « Écarte de ta bouche la fausseté, éloigne de tes lèvres les détours ! Proverbes 4:24 Craindre l'Éternel, c'est détester le mal. L'arrogance, l'orgueil, la voie du mal et la bouche perverse, voilà ce que je déteste. » Proverbes 8:13 « Pierre lui dit : «Ananias, pourquoi Satan a-t-il rempli ton cœur, au point que tu aies menti au Saint-Esprit et gardé une partie du prix du champ? […] Comment as-tu pu former dans ton cœur un projet pareil? Ce n'est pas à des hommes que tu as menti, mais à Dieu.»Actes 5:3-4Mais pour les lâches, les incrédules, les abominables, les meurtriers, les impudiques, les enchanteurs, les idolâtres, et tous les menteurs, leur part sera dans l'étang ardent de feu et de soufre, ce qui est la seconde mort.Apocalypse 21.8
Affichage des articles dont le libellé est Vladimir Poutine. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Vladimir Poutine. Afficher tous les articles

dimanche 18 mars 2018

Un monde sans Poutine… par Slobodan Despot

sur le site https://medium.com/antipresse

Un monde sans Poutine

Ce dimanche 18 mars, les Russiens [1] se rendent aux urnes. Ils s’apprêtent à réélire Vladimir Poutine à une écrasante majorité. Mais s’ils se ravisaient? Si une soudaine révolution colorée venait balayer le maître incontesté du Kremlin? S’il s’empoisonnait lui-même par accident? Qu’adviendrait-il de la Russie? Qu’adviendrait-il de nous? Et d’abord, de moi-même?




Je me posais cette question voici quelques jours en arpentant les rues d’une capitale est-européenne en proie elle aussi à la fièvre électorale. En regard de l’enjeu russe, pourtant, cette élection était presque futile. Plus exactement, elle y était subordonnée. Si la Russie changeait de main, les pouvoirs seraient rebrassés dans le monde entier, même sur un plan interne. Même au niveau municipal, comme ici.

Projection

A quoi ressemblerait un monde sans Poutine? Commençons par la Russie. Le départ de l’homme du KGB signifierait sans faute l’arrivée d’un homme de la CIA, tenu par une laisse plus ou moins visible, plus ou moins longue. La Russie retomberait dans le chaos et le pillage des années Perestroïka, où des directeurs de théâtre s’improvisaient exportateurs de cuivre ou de nickel en gros. Selon le cinéaste Stanislav Govoroukhine, qui avait réalisé une enquête sidérante (et confisquée) sur la Grande Révolution criminelle des années 1990, le bradage frénétique des ressources russes en ces temps-là avait contribué au redressement des économies occidentales après le krach de 1988.
Les médias et le système éducatif seraient immédiatement reprogrammés. Le patriotisme et la relative liberté d’expression feraient place à une dérussisation sans failles. Nul Navalny, nul Kasparov — mais de l’autre bord — ne serait plus autorisé à défier le nouveau pouvoir démocratique dans la rue. (Lorsque la Douma nationaliste s’opposa à Eltsine en 1993, Eltsine la fit démolir au canon, tuant mille insurgés, députés et autres civils de passage dans le silence approbateur des médias d’Occident.)
Le défilé du Régiment immortel du 9 mai, avec ses petites pancartes ringardes à l’effigie des ancêtres morts pour la patrie, serait remplacé par une tonitruante gay pride où des femen équipées de godemichés géants sodomiseraient en cadence le patriarche Cyrille — ou du moins son effigie. Les crimes du nazisme eux-mêmes — du moins sur le front de l’Est — seraient minimisés en regard des horreurs du poutinat. Une reprogrammation qui s’arrête aux confins du vraisemblable et du raisonnable n’est pas une reprogrammation. La «sixième colonne» russe — cette élite loyale au pouvoir quel qu’il soit — se chargerait de présenter aux reprogrammeurs des gages de parfaite réceptivité au sein de la masse populaire.
Ce peuple aussi criminel que veule ne saurait, bien évidemment, rester assis sur le sixième des terres émergées et les trésors qu’elles recèlent. Le plan de partition du territoire esquissé par «Zbig» Brzezinski serait rapidement mis en place, d’autant plus rapidement que l’économie du bassin atlantique marque le pas. La Crimée serait livrée à l’Ukraine sans aucune consultation de ses habitants et la rébellion du Donbass matée avec l’aide du Kremlin lui-même. Comme tout cela susciterait quand même quelques tensions, le nouveau gouvernement fédéral accueillerait avec soulagement des «soldats de la paix» dont le bivouac se transformerait aussitôt en bases permanentes de l’OTAN au cœur du monde. Comme aujourd’hui au Kosovo et dans les Balkans, la gestion politique de ces nouveaux États-croupions serait déléguée aux mafias locales et exercée de fait par des préfets occidentaux. Comme au Kosovo, les ministres, secrétaires d’État, barbouzes, chefs militaires (voir l’exemplaire cas Petræus) des forces de libération se transformeraient du jour au lendemain en investisseurs et magnats des hydrocarbures, des diamants ou des médias.
Dès lors, les bastions de résistance au capitalisme du désastre s’effondreraient comme châteaux de cartes, à commencer par le nœud pétrolier crucial de la Syrie. L’Iran serait attaqué dans la foulée avec l’aide de la Turquie soudain réalignée et qui n’en serait pas à son premier retournement de veste. En guise de récompense, Erdogan serait autorisé à régler durablement la question kurde et à dégazerquelques millions de réfugiés en direction de l’Europe. Car tout ce remue-ménage se solderait par un exode autrement plus massif que ceux qu’on a connus jusqu’ici, sans compter les masses africaines pas directement concernées qui profiteraient du brouhaha pour s’engouffrer dans le sillage.
Sur le Vieux Continent, les quelques États d’Europe centrale tacitement adossés à la Russie pour défendre leur souveraineté et refuser le saupoudrage migratoire seraient mis au pas et gratifiés de quotas punitifs de réfugiés pour mieux savourer la «chance» dont ils s’étaient privés jusqu’alors. Pris en tenailles entre le flux humain et les grognements croissants de leur population, les satrapes de l’UE s’empresseraient, en échange d’un relâchement de la pression, de signer avec les USA les contrats de libre-échange léonins qui officialiseraient la transformation de l’Europe en marché de dumping américain. Dès lors, tout en achetant massivement appartements et placements outre-Atlantique, ils renforceraient les programmes d’éducation-à-l’acceptation-de-l’Autre à l’égard des indigènes. Les Botho Strauss [2] et autres Renaud Camus auraient enfin de bonnes raisons de ne plus reconnaître leur propre pays en sortant de chez eux.
Ils auraient d’encore meilleures raisons de ne plus s’en plaindre, puisqu’à la suite des lois sur les «fake news» françaises et allemandes et de la transformation de la paranoïa Russiagate en programme de censure officiel, l’Euroland adopterait des dispositifs assimilant toute résistance à la tiers-mondisation du continent à du nationalisme d’inspiration poutinienne.
C’est ainsi que l’auteur de ces lignes, sitôt qu’il remettrait les pieds en France, ou dans la préfecture otanienne qui en tiendrait lieu, serait convoqué pour entretien à cause du présent article, et plus encore de son virulent Syndrome Tolstoïevsky qui commençait par:
«Le problème, avec l’approche occidentale de la Russie, n’est pas tant dans le manque de volonté de comprendre que dans l’excès de volonté de ne rien savoir.»

Réfutation

Implacable, non? Or je ne veux pas croire à ce scénario. Il ne me convainc pas et je n’ai pas envie d’y penser. Ceci pour deux raisons. La première est générale, la seconde personnelle.
La raison générale, c’est que ce pronostic est tendancieux. A chaque embranchement, il fait le choix du pire. Il ne convainc que ceux qui ont envie de malheur. D’autre part, on n’est plus en 1993. L’Empire atlantique n’est plus seul maître du monde. Bien au contraire, il est dressé sur ses pattes arrière, les babines retroussées, face à deux challengers qui se tiennent les coudes. En 2018, les États-Unis cherchent à refermer les marchés quand la Chine ne demande qu’à les ouvrir. Les États-Unis connaissent une guerre civile virtuelle entre leur présidence et leurs élites quand la Chine octroie sans un pli le pouvoir à vie à son Xi, redevenant de fait une monarchie impériale. Les États-Unis s’enlisent dans des opérations de police globale ruineuses et sans but défini quand la Russie fait la démonstration d’une efficacité sidérante avec quelques dizaines d’avions et quelques milliers d’hommes en Syrie, coordonnés par des missions rigoureusement délimitées. Les États-Unis engloutissent des budgets faramineux — au prix de leur sacro-saint niveau de vie — dans des projets d’armes ésotériques dont le but réel n’est que d’assurer la survie de quelques corporations boulimiques, tandis que la Russie officialise des drones nucléaires sous-marins qui mettent à nu l’Amérique côtière — autrement dit toute l’Amérique.
Par conséquent, il n’y a pas que la CIA qui pourrait convoiter le trône du Kremlin. Les camarades beaucoup plus discrets du Guoanbu pourraient être déjà assis dessus avant que le premier agent U. S. n’entre dans la salle.
De plus, les Yankees et leurs moucherons se sont intoxiqués avec leurs propres affabulations. Attribuer la responsabilité de ces renversements historiques à l’action d’un seul homme, et croire que son élimination permettrait de ramener le monde vingt ans en arrière, est une tournure rhétorique qui certes permet de simplifier efficacement la story à l’adresse du grand public, mais qui fait oublier qu’on a affaire non à des chefs de bandes, mais à des systèmes évolués.
La Russie, une fois rentrée dans son assiette historique et administrative, est un système stable, centralisé, qui peut compter sur une obéissance sans faille de ses sujets, sur une abnégation d’un autre temps et sur un patriotisme élevé au rang de religion. C’est ce consentement à la destinée commune que les Occidentaux appellent une dictature, eux-mêmes préférant gouverner leurs masses par la diversion et le simulacre.
Malgré l’immensité du territoire, les différences dialectales à l’intérieur de la langue russe sont anecdotiques — bien moindres qu’en Italie ou dans l’aire germanique — et les villes sont organisées selon une même charte de Kaliningrad à Vladivostok, charte édictée par la grande Catherine en personne. Par-dessus tout, l’ordre y est assuré depuis des siècles par des forces de sécurité redoutables qui assurent, avec l’Église orthodoxe, la survie de l’organisme dans les conditions les plus extrêmes.
L’irruption out of nowhere du jeune officier Poutine au tournant de l’an 2000 ne signifiait rien d’autre que le retour aux affaires de ces forces-là après une déstabilisation en profondeur qui avait failli faire imploser le pays. Le blondinet a accompli son mandat sans faille et, vu son esprit méthodique, il aura assuré sa succession de longue date. Il faudrait bien plus d’imagination qu’on n’en a aujourd’hui, et bien d’autres rapports de force, pour répéter le piège de la Perestroïka. Et il faut avoir étudié la fracture des destinées individuelles, le marasme démographique, la terrainvaguisation du paysage urbain et rural et l’ensauvagement apocalyptique d’une génération perdue pour entrevoir l’ampleur de ce cataclysme si superficiellement évoqué chez nous. Les Russes ne veulent plus revivre ça, à aucun prix. Mais que savons-nous de ce que veulent les Russes? Et qu’est-ce que cela nous fait?

Confession

Ceci m’amène à ma raison personnelle. Je n’ai plus envie de combattre les moulins à vent de la propagande officielle. Je l’ai fait voici bientôt trente ans, excédé par la bêtise ignare et raciste qui tenait lieu d’information au sujet du conflit qui dévasta mon pays natal, la Yougoslavie. Cela m’a détourné de mes études, coupé de mes intérêts réels, et m’a poussé vers un univers dont je n’eusse jamais songé à me rapprocher: la politique.
Les rapports sociaux sont régis par la loi de l’osmose. Qui se ressemble s’assemble, certes — mais l’inverse est aussi valable: qui s’assemble se ressemble. A force de ferrailler contre la simplification, on se simplifie. A force de pourfendre les a prioripolitiques, on se politise. A force de s’opposer à un parti, on crée le sien. Quiconque s’immisce dans le débat public s’expose à fédérer des «partisans» dont les motivations n’ont pas grand-chose à voir avec les siennes propres. On vous attire — ou l’on vous pousse — dans des cénacles «amis» avec qui vous n’avez souvent en commun que des rejets. Dans le même temps, certains milieux où vous attireraient vos affinités se referment. Bref, vous êtes «marqué», comme un bovin d’élevage. On vous identifiera désormais par votre étiquette.
C’est ainsi. Je ne suis pas l’éditeur de dizaines d’auteurs originaux, ni l’auteur de romans primés publiés par Gallimard. Je suis en premier lieu le souverainiste prorusse, proserbe et antiatlantiste de service. A ce titre, je suis sûr de ne prêcher que les convaincus, alors qu’en tant qu’éditeur ou romancier je touche un public aussi inclassable qu’inattendu.
Le plus élémentaire bon sens, hormis l’intérêt de carrière, me commande de ne plus me laisser enfermer dans ce rôle. Mais ce n’est pas qu’une affaire de stratégie de communication. Cela touche aussi à la qualité et à la substance de ce que je peux comprendre et exprimer.

Extension

La réflexion politique, qu’elle aille dans le sens du poil ou à rebours, ne fait qu’effleurer la surface des choses. Or elle tend à occuper toute la place, au détriment de l’observation et du témoignage saisi au ras du sol. Revenons quelques instants au début de ce texte et dans cette capitale étrangère où j’avais entamé ma réflexion. Je remontais une vieille rue artisanale en direction du centre. La plupart des vitrines semblaient destinées à illustrer les effets conjugués du soleil et du temps qui passe sur des marchandises passées auxquelles leurs producteurs eux-mêmes ne croyaient plus. Je me suis arrêté devant une boutique de sellier-maroquinier qui m’avait toujours attendri. Le vieil homme, moustache poivre-et-sel, était debout derrière son comptoir, en bleu de travail, l’air éternellement désœuvré. Qui aurait acheté ces ceintures inusables en cuir rigide ou ces sacs bandoulière anguleux à fermeture dorée tout droit sortis d’une pub Dunhill de 1975 (avec le mannequin à favoris et costume rayé et la Jensen Interceptor à l’arrière-plan)? A notre époque, entre la camelote industrielle et le luxe onirique, il n’y a plus beaucoup de place pour les objets réels. C’est la marque qui justifie le prix, et après elle le design. La qualité des matières, le soin de l’exécution ou la durabilité n’entrent pratiquement plus en jeu — encore moins la «patte» du fabricant. Les produits de cette boutique étaient faits pour une clientèle et une société qui n’existent plus. Son patron était lui-même une relique. Ni son habileté, ni son imagination, ni même un sens aigu du commerce n’y changeraient rien.
Trois cents mètres plus haut, la rue artisanale s’embranche sur une artère marchande du centre ville. Soudain, les loyers explosent, la foule se densifie, l’éclairage triple d’intensité. Plus question de mouches mortes ni de plantes en pot dans les vitrines. Une marque de sport bien connue vend des chaussures de course hypertechniques aux joggeurs du dimanche. Et elles s’arrachent, comme les montres de plongée parmi les cols blancs. Un euro de matière plastique, moulé et thermocollé par des robots, pour 200 euros affichés, soit le tiers du salaire moyen local. Ce qui justifie ces 20’000 % d’écart entre le prix de revient et le prix de vente? Le rêve, autrement dit le marketing, autrement dit la pensée magique. Pour le prix de cette chimie éphémère et malodorante, ou à peine davantage, j’achète auprès d’une petite usine française des chaussures de sport en cuir et semelles de gomme que je change toutes les années bissextiles… quand je ne les fais pas ressemeler. Et l’on me dit que j’ai «des goûts de luxe». Tandis que les ados qui ruinent leurs parents pour les pouponnières à bactéries griffées qu’ils portent aux pieds, eux, ont des goûts normaux.
Je ne suis pas du côté des selliers et des cordonniers parce que je suis réac et souverainiste. Je suis réac et souverainiste parce que je suis du côté des selliers et des cordonniers. Entre la boutique vermoulue de la rue pavée et le flagship store de l’artère commerciale, c’est une bataille titanesque qui se livre, bien plus féroce que toutes les guerres du pétrole. Elle oppose les mammifères vivant de et sur la terre, ou ce qu’il en reste, à des androïdes vivant dans les branchages de la réalité virtuelle, sans contact avec le sol, telle une population de perruches dans les forêts d’Amazon.
M. Poutine aimerait peut-être bien, lui aussi, jucher son vaste pays dans ces frondaisons chatoyantes. Le hic est qu’on ne le lui permet pas — ou seulement sans drapeau, à l’échelle des particuliers, comme aux derniers JO d’hiver. Il reste donc — lui, son sosie ou son successeur préparé par les Services — un semblant de recours des mammifères enracinés face à la volière psychédélique qu’est en train de devenir le monde régi par le capitalisme du désastre.
Je me joins donc au chœur de ceux qui voudraient dépoutiniser le monde. Mais peut-être pas pour la même raison. J’aimerais qu’on cesse de réduire des peuples à des Poutine, des Trump, des Macron® et des Xi, et qu’on commence à éprouver et méditer les réalités humaines qui se cachent derrière ces ombres chinoises.
PS — D’aucuns m’ont suggéré de commenter l’épisode de l’empoisonnement britannique. Je n’ai rien à dire là-dessus. L’affaire est trop claire. Il va de soi que M. Poutine n’a rien de plus pressé que de liquider un espion au rebut, sur le sol du pays qui jappe le plus contre lui, avec un produit qui le «signe», et ce à la veille de ses élections et de son Mondial de foot. Il aurait tout aussi bien pu laisser sa carte d’identité sur les lieux du crime. C’est à la mode, parmi les débiles mentaux.

NOTES
  1. Les Russiens désigne tous les citoyens de Russie, groupe bien plus nombreux que les Russes ethniques.
  2. Voir Botho Strauss, «Le dernier des Allemands», Antipresse N° 14, 6.3.2016.

jeudi 29 juin 2017

POUTINE par OLIVER STONE : recadrage

CONVERSATIONS avec POUTINE (I)

Pendant deux ans, le réalisateur Oliver Stone a eu l'occasion de s'entretenir avec Vladimir Poutine. Bénéficiant d'un accès sans précédent à l'intimité du président russe, il l'a accompagné au Kremlin ou lors de ses déplacements. A cette occasion, il a pu s'entretenir avec lui et le questionner librement sur les sujets les plus divers, comme ses relations avec les Etats-Unis ou l'histoire récente de la Russie.


mardi 13 juin 2017

CHRONIQUES FRANCO-RUSSES… pas du gâteau

Deux extraits du Blog de Laurence : Chroniques de Pereslav

Le petit Vladik, privé de ses parents au Donbass,
 et luttant lui-même contre la mort dans un hôpital de Donetsk


[…] Je raconte à Yana ce qui se passe en France. Elle me répond que je lui décris exactement ce qu'elle et son mari observent chez eux, la destruction du patrimoine, de l'éducation, le mépris de la culture indigène, l'importation forcée d'étrangers musulmans, De tout cela, ils rendent le gouvernement responsable. Le malheur, c'est que chez les fonctionnaires, et dans les médias, on trouve à l'oeuvre les mêmes pourris que chez nous, et ils servent les mêmes commanditaires. Ils dirigent la rancœur provoquée par leurs agissements sur leurs adversaires politiques. Je suis persuadée que Poutine et son équipe proche font à peu près ce qu'ils peuvent, mais qu'ils sont loin de tout pouvoir, et que la gangrène des années Elstine, et même de l’appareil soviétique antérieur sous forme mutante, continue à nuire. Cela dit, Yana a tort, son pays n'en est pas au point où nous en sommes. Il est plus pauvre par bien des aspects, mais il ne me semble pas aussi profondément malade, aussi menacé de disparition prochaine. Elle était sidérée d'apprendre par exemple que l'éducation sexuelle commencerait dès la maternelle,.. Elle avait lu Houellebecq. "Eh bien voyez, lui ai-je dit, nous y sommes!"
Je pense que si des Russes traduisaient des infos françaises, comme certains d'entre nous traduisent parfois des articles russes, cela donnerait à davantage de gens une vue d'ensemble. Car ils ne faut pas compter sur la presse pour le faire à notre place: elle est pourrie de fond en comble... […]  (in Echanges de vues politiques)


[…]


Je suis consternée par ce qui se passe en France, mais très inquiète des menées de Navalny, le Macron russe, et de l’enrôlement dans ses combines des petits ados gâtés moscovites qui « en ont assez de la pauvreté », et rêvent de l’Europe, elle-même au seuil de l’abîme, grâce aux mêmes oligarques et mafieux internationaux qui financent leur idole et ont plongé leur pays dans la merde par deux fois, en 17, en 90 et rêveraient d’achever le travail pour fêter l’anniversaire du viol et de la défiguration acharnée de la sainte Russie. Navalny a le même profil que Macron : un bellâtre qui peut faire illusion sur les insensés, avec une expression fausse et prédatrice de traître de mélodrame, à qui on ne confierait pas son enfant pour aller faire une course, quand on est encore dans son bon sens. Une marionnette prête à tous les coups bas, aux ordres de Soros et de la CIA qui ne s’en cachent même pas. Je regarde ces petits ados tout farauds, qui jouent au cow-boys avec une police bien gentille. Et je regarde le petit Vladik, privé de ses parents au Donbass, et luttant lui-même contre la mort dans un hôpital de Donetsk. Les petits merdeux de Moscou sont du côté de ses bourreaux et ont de grandes chances de subir son sort, si les commanditaires des bataillons punitifs ukrainiens comme de Navalny parviennent à leurs fins. Naturellement, devant le petit Vladik, il y a toujours des imbéciles, en Europe, mais aussi, plus grave, en Russie, pour glapir que c’est la faute aux « troupes russes » fantômes qui soit-disant occupent le Donbass depuis trois ans sans avoir été fichues, contre une armée aussi lamentable que l’armée ukrainienne, d’arriver jusqu’à Kiev pour renverser ce régime de laquais sanglants et d’oligarques rapaces. J’ai même lu l’émoi d’une jeune femme que je connais, libérale, devant ces affreuses brutes de policiers russes qui « tordent les bras » de ces gentils petits ados. Et je propose, ces ados, de les envoyer à Donestk, dans un de ces villages pilonnés par les démocrates, et de leur faire passer leurs vacances scolaires dans une des caves où leurs frères russophones passent leur vie sans eau ni chauffage, ni pouvoir aller normalement à l’école, comme ils ont la chance de le faire.
J’ai peur, Poutine n’étant pas éternel, et la pieuvre s’efforçant de lui faire la peau, que le bordel tant rêvé par les malfaisants qui détruisent l’Europe avec le Moyen Orient, ne finisse par s’installer, porté, comme d’habitude, par cette frange de parasites qu’on appelle l’intelligentsia et qui, sous tous les cieux depuis deux cents ans, méprise et méconnaît son peuple et couche avec ses bourreaux., 
Les raisons d’être mécontent en Russie, malheureusement, ne manquent pas, et les Russes, comme tout le monde, ne voient pas plus loin que le bout de leur cour d’immeuble. Pas tous, mais en partie, c’est humain. Les fonctionnaires pourris, les juges iniques, la destruction du patrimoine au nom du profit débridé, sans frein, sans scrupules. La destruction de la culture et des valeurs ancestrales, tournées en dérision, comme chez nous, l’adoption de modèles occidentaux qui ont fait chez nous les preuves de leur nocivité, à croire que certains fonctionnaires prennent leurs ordres à Bruxelles ou Washington, et non au Kremlin. Aussi, c’est malheureux à dire, pour une partie d’entre eux, seul l’écroulement de l’Europe, en marche irrévocable confirmée par la victoire de Macron en France, pourra constituer un désenchantement susceptible de leur ouvrir les yeux. Si Poutine gagne du temps, c’est peut-être aussi là-dessus qu’il compte. Car bien entendu, nous savons, nous, quand nous ne sommes pas hypnotisés par notre téléviseur ou nos journaux, que le paradis des petites culottes en dentelles en a pris un bon coup dans l’aile, que la pauvreté, la précarité, la corruption vont croissant, et les libertés civiques en diminuant, qu’actuellement, nous en avons moins que les Russes, que notre presse est beaucoup plus unanimement aux ordres, et que nous n’avons plus de gouvernement national, mais une équipe de compradores qui font ce que les banquiers et la CIA leur disent.
Si la Russie ne tient pas, alors ce sera l’épouvante générale…[…] (in Le dernier bateau)

lundi 6 juin 2016

POUTINE À LA SAINTE MONTAGNE



"My understanding is that Russia has been resurrected as a Christian, morally principally country, perhaps the only one on earth. " Paul Craig Roberts

mardi 5 janvier 2016

L'Empire chrétien vs le nationalisme et l'impérialisme ? par P. Andrew

Procession des reliques et de l'icône de la sainte famille impériale martyre du communisme

Défilé du dernier empereur chrétien accompagné de sa famille et précédé par le clergé orthodoxe


L’Empire contre-attaque :  L’Empire chrétien renaissant et la Syrie

Qu’est-ce que la civilisation orthodoxe russe à laquelle appartient plus de soixante nationalités? C’est la civilisation de l'Empire chrétien, renaissant depuis la chute de l'idéologie athée en Russie. Dans l'histoire cet empire a été connu comme la «Troisième Rome» et la «Sainte Rus ». L'Empire Chrétien n’est pas une idéologie nationaliste étroite, mais un empire multinational. Bien que son centre se trouve en Russie, certains Russes ne lui appartiennent pas. 

Être russe et parler russe n’offre aucune garantie d'identité avec l'Empire chrétien. Précisément en 1917 de nombreux Russes l’ont rejetée. Et pourtant, des dizaines de millions hors de Russie, en Ukraine, en Biélorussie, en Moldavie, au Kazakhstan et bien d'autres dans de nombreux pays à travers le monde lui appartiennent. Ceux qui appartiennent à l'Empire chrétien lui appartiennent spirituellement et culturellement par la confession de ses valeurs chrétiennes, le rejet du chauvinisme étroit et du racisme balkanisé, qui met une race et une langue particulières au-dessus de l'Église de Dieu. Ceux qui appartiennent à l'Empire chrétien mettent également la défense de l'Empire chrétien et de tous les chrétiens au-dessus des invasions agressives et de l’exploitation impitoyable, du viol des ressources naturelles, comme cela est malheureusement tellement banal dans l'idéologie occidentale. Catholiques et Protestants ne font pas partie de l'Empire chrétien, car leurs dirigeants ont désormais rejeté le christianisme bimillénaire sur lequel l'Empire a été fondé il y a un millénaire, le remplaçant par les idéologies du Catholicisme romain et ensuite du Protestantisme. 

 Toutefois, cela n’est pas la faute des catholiques et protestants ordinaires, qui ont été trompés et aveuglés par leurs élites, et nous ne portons pas de jugement à leur égard. Peut-être maintenant est-il venu le temps où beaucoup d'entre eux se joindront à nous, retournant à la foi chrétienne orthodoxe de leurs lointains ancêtres. Cependant, l'Empire chrétien est celui pour lequel nous devons être prêts à mourir et peu nombreux sont ceux qui sont prêts à faire ce sacrifice. Que les oppresseurs fussent des païens romains, des intellectuels hellénistes, des empereurs corrompus, des musulmans, des athées, des Ottomans d'inspiration occidentale ou des consuméristes idolâtres, nous avons toujours eu à payer notre foi de nos vies. Mais cela a aussi été une joie pour nous. Ainsi les athées d’inspiration occidentale, appelés marxistes, nous ont massacrés par millions pour nos péchés, mais nous avons été sauvés par l'invasion d'autres athées occidentaux, les nazis, et 27 millions ont donné leur vie pour que la restauration de l'Empire chrétien puisse éventuellement commencer cinquante ans plus tard.

 Ils éloignent Dieu de nous, mais ils ne peuvent nous éloigner de Dieu, qui habite dans les cœurs de ceux qui restent fidèles, en ignorant les tentations qui nous encerclent. Pour l'instant, le gouverneur de notre Empire est la Mère de Dieu dans son Icône Souveraine, qui est apparue en 1917, lorsque le gouvernement légitime de l'Empire chrétien a été renversé à la fois par les traîtres apostats occidentaux et russes. L'Empire chrétien se résume dans les mots de saint Séraphim de Sarov: «Le Christ est ressuscité, ma joie». L'Empire chrétien c’est tous ceux qui n'ont pas compromis ni trahi la foi orthodoxe, quelle que soit leur nationalité, et n'ont pas été intimidés par les puissances de ce monde. L'Empire orthodoxe est dans nos lieux de sainteté et nos sanctuaires, dans nos églises et nos monastères, dans nos icônes miraculeuses, dans les mystères (sacrements) miraculeux et dans notre vie quotidienne grâce à nos valeurs culturelles, sociales, économiques et politiques et dans notre quête de la paix, de l'honnêteté, de la justice et de la responsabilité. 

 L'Empire chrétien exprime la civilisation du Christ. Ceux qui le rejettent, consciemment et souvent inconsciemment, se laissent étreindre par l'Antéchrist. En tant que seul protecteur de tous les chrétiens du monde, l'Empire chrétien renaissant a eu à intervenir entre les juifs fanatiques (sionistes) et les fanatiques musulmans (islamistes), comme il l’a fait avant 1917. Après cette année les élites britanniques et françaises, qui avaient depuis longtemps conspiré pour faire tomber l'Empire chrétien, ensemble avec d'autres, ont dépecé l'Empire ottoman. Ils ont créé des pays comme le Liban, la Syrie, la Jordanie et l'Irak, états si artificiels qu'ils seraient toujours divisés et donc en guerre et particulièrement faciles à exploiter par des étrangers. Cependant, en 1917, l'histoire a été interrompue, l'équilibre a été perdu et les extrêmes sont apparus, que ce soit le marxisme, le nazisme, le sionisme ou l'islamisme. 

 Aujourd'hui l’agression anti-chrétienne occidentale est en train d’être mise en échec par l'Empire chrétien renaissant après une période de 25 ans durant laquelle il a ravagé sans entraves le monde, de l'Amérique latine à la Yougoslavie, du Caucase au Moyen-Orient, d'Afrique du Nord à l'Ukraine. Le gouvernement syrien, subissant l’invasion de terroristes aidés par l'Occident et financés par les alliés occidentaux, la Turquie, l'Arabie saoudite et le Qatar, a appelé l'Empire chrétien renaissant à l'aide. Maintenant, l'Irak et l'Afghanistan, également anéantis par l'ingérence occidentale, ont appelé à l'aide. Seul l'Empire chrétien peut libérer le Moyen-Orient et sauver les chrétiens du monde. En conséquence, les Patriarcats d'Antioche et de Jérusalem se rapprochent toujours plus de l'Église russe.  

L'élite de l'Ouest a montré son vrai visage en condamnant notre protection des chrétiens et en soutenant des terroristes fantômes «modérés» (!). La propagande de l’OTAN, de la Turquie et de l’Arabie saoudienne soutient le terrorisme musulman et, après tout, Al-Qaida a été fondé, formé et armé par la CIA. Sans surprise, l'action militaire de l'Empire chrétien, supplié par le gouvernement syrien, a atteint plus de cibles en quelques jours en Syrie que les bombardements occasionnels et sélectifs américains en un an. Voici un endroit où l'État russe protège l'Église, ce ne fut pas toujours le cas en Russie post-soviétique, qui ressemblait parfois à la Russie soviétique. En d'autres termes, la Russie devient véritablement l'Empire chrétien renaissant. Aujourd'hui, Jérusalem est protégée par cet empire et, bien que le Mont du Temple soit toujours bloqué temporairement, les sionistes ont échoué encore une fois dans leur tentative de reconstruire le Temple. Ainsi un peu plus de temps a été accordé au monde pour se tourner vers la repentance. Fr Andrew
(version française de Maxime le minime de la source)



Le président Poutine a reçu Gennady Khazanov pour le 70e anniversaire de l'humoriste et comme il est diplômé d'une école culinaire, il lui a remis un livre de cuisine. À son tour, Khazanov a sorti une réplique de la couronne impériale russe qu'il a apportée en cadeau pour Poutine. Poutine a pris la couronne et l'a alors posée sur la tête de Khazanov  en disant "Comme vous êtes le héros de la journée d'aujourd'hui, ce n'est pas à moi  mais à vous qu'elle devrait convenir." (source)

Dans une interview avec Charlie Rose, le président russe Vladimir Poutine a d'ailleurs déclaré à «60 Minutes» de CBS   jeudi : "Ce qui est important c'est ce que vous faites pour votre pays, pas les titres dont vous êtes affublé " indiquant par là que la dénomination de  "tsar" ne lui convenait pas. (source)

samedi 18 avril 2015

Non, les Russes ne viennent pas ! par Reese Schonfeld journaliste et cofondateur de CNN


L'Occident essaie de présenter le président russe comme "incarnation du mal", ce qui n'est pas le cas. Vladimir Poutine ne fait que défendre et faire valoir les intérêts de son peuple, affirme Reese Schonfeld, journaliste et cofondateur de CNN.
Le président russe Vladimir Poutine n'est pas du tout aussi inexplicable, imprévisible et agressif que le présente la presse américaine, et surtout la presse républicaine aux Etats-Unis, écrit dans le Huffington Post le cofondateur et premier président de la chaîne CNN. 
"La Russie aurait pu, par exemple, user de son droit de veto au Conseil de sécurité des Nations unies et empêcher l'instauration des sanctions contre l'Iran. A l'époque, Téhéran a violemment critiqué Moscou pour son adhésion au régime des sanctions. Quoi qu'il en soit, la Russie avait soutenu les Etats-Unis malgré ses relations d'amitié avec l'Iran, car elle se guidait sur les intérêts de ses propres citoyens", rappelle le journaliste.
Et d'admettre que l'actuel chef de l'Etat russe ne plaisait pas à tout le monde.
"Poutine agit comme n'importe quel dirigeant politique le devrait, en essayant de conserver et protéger son pays. Il peut ne pas être un homme gentil, mais il n'est certainement pas le diable auquel nous l'identifions"
"Il agit toutefois selon les intérêts de son peuple, comme il les comprend. Quand Washington a profité d'un changement de pouvoir en Ukraine pour briser définitivement l'alliance entre Kiev et Moscou, la Russie ne pouvait tout simplement pas ne pas soutenir cette partie de la population ukrainienne qui se tournait vers elle, ce qui a amené au conflit qui fait toujours rage entre le Donbass et Kiev", indique M.Schonfeld.

Selon ce dernier, les Russes ont toujours été très critiques au sujet de la décision de Nikita Khrouchtchev d'"offrir" la Crimée à l'Ukraine, et, en rattachant la péninsule à la Russie, Vladimir Poutine n'a fait que répondre aux attentes du peuple de son pays.

"L'Otan ne cesse d'armer les pays d'Europe de l'Est et va organiser dans les semaines qui viennent des manœuvres d'envergure en Roumanie, en Pologne et en mer Noire. L'Occident s'applique de nouveau à diviser la Russie et ses voisins. Et Poutine agit comme tout autre dirigeant agirait à sa place pour protéger son pays et sécuriser ses frontières", relève l'auteur.
Et d'ajouter que les Russes n'avaient pas oublié la perte de millions de leurs compatriotes dans la guerre contre l'Allemagne nazie.

"Et la volonté du président russe de protéger les frontières de son pays à l'ouest sans agresser qui que ce soit est facile à comprendre", conclut le journaliste américain. 

(source : Huffington Post via Sputnik)
Reese Schonfeld

lundi 24 novembre 2014

Kiev peut devenir un but de guerre Russie ? Point de vue de Jean-François Bouthors, éditeur et écrivain

sur le site Ouest France


Jean-François Bouthors 

Jusqu'où Vladimir Poutine est-il disposé à aller ? La question a hanté le dernier sommet du G20 de Brisbane, en Australie. Tous les participants de ce sommet ont affiché, à son égard, une grande fermeté, si bien que le président russe a choisi de claquer la porte en repartant prématurément pour montrer à ses interlocuteurs le peu de cas qu'il faisait d'eux.

 Sur le terrain, les accords de Minsk, qui prévoyaient l'application d'un cessez-le-feu, sont restés lettre morte. Peu avant le G20, on a constaté l'arrivée massive de convois d'armes lourdes et de soldats « non-identifiés », en provenance de Russie. Prélude à une nouvelle offensive « pro-russe » limitée, destinée à conquérir une part de territoire suffisante pour établir la continuité territoriale entre la Russie et la Crimée, via le port de Marioupol ? 

 Cette lecture prépare un abandon d'une partie du territoire de l'Ukraine de l'Est. Les diplomaties occidentales pourraient rechercher un accord avec Moscou en troquant cet abandon contre la « perte symbolique » du reste de l'Ukraine par la Russie. Le Kremlin accepterait, en contrepartie, de voir Kiev s'ancrer durablement dans le camp occidental, dans une forme de participation à imaginer avec l'Union européenne. Cette « sortie par le haut » éviterait de basculer dans un affrontement guerrier de plus grande ampleur aux conséquences incalculables. 

 Cette vision pèche par excès d'optimisme. Moscou pourrait alors ambitionner d'aller plus loin pour établir, via la grande ville d'Odessa, à l'ouest de la Crimée, une autre « continuité territoriale » avec la Transnistrie, région rebelle pro-russe de la petite république de Moldavie. Ce serait un signal fort inquiétant pour les républiques baltes qui comptent sur leur territoire de fortes minorités russes... La « sortie par le haut » deviendrait alors une nouvelle version de la « stratégie du salami », chère à Staline dans l'après-guerre : une reconquête, tranche par tranche, de l'ancien espace soviétique. 

 « La Russie poussée dans une fuite en avant » 

 De plus, si les résultats des législatives ukrainiennes semblent montrer qu'en gagnant la Crimée et le Donbass, Poutine a perdu le reste de l'Ukraine, rien n'indique que les Russes en aient fait le deuil. Kiev reste, dans le roman national, le « berceau de la Russie ». 

 Pour une large part de l'opinion publique et la quasi-totalité de la classe politique russes, l'opinion des Ukrainiens ne change rien à cette « vérité historique » qu'il tarde de rétablir. Les diplomates devraient donc prendre garde à ne pas minorer les intentions russes dans les perspectives de règlement de la crise ukrainienne. 

 N'ayant pas le droit de reculer, sous peine de devoir céder sa place, Poutine ira aussi loin que possible. L'un des effets des sanctions et de l'affaiblissement économique de la Russie, en raison de la baisse du prix du pétrole, est de le pousser dans la fuite en avant. 

 Dans la mythologie post-soviétique, l'héroïsme des sièges de Leningrad et Stalingrad pèse beaucoup plus lourd que les réalités économiques. Ce qui peut sembler fou du point de vue occidental est une donnée psychologique à ne pas ignorer. En l'absence d'un vrai coup d'arrêt signifié par les Occidentaux - une solide démonstration de force - Kiev peut devenir, pour Moscou, un but de guerre potentiel. Par Jean-François Bouthors, éditeur et écrivain. 

vendredi 29 août 2014

NO FUTURE ? SOLIDARITÉ vs COMPLICITÉ



À TOUS CEUX 
  • qui ont la mémoire courte,
  • qui ont une culture historique et religieuse aussi étalée que leur unique tartine est mince,
  • qui font fi de la réalité préférant un monde virtuel désensibilisé, dématérialisé et déresponsabilisé,
  • qui n'ont aucune notion de ce qu'est un continent et de la géopolitique,
  • qui n'ont aucune idée de ce que sont les intérêts de la France et à fortiori de l'Europe,
  • qui pensent qu'ils  sont loin des massacres et qu'ils en seront toujours à l'abri,
  • qui ont du courage pour envoyer de loin les autres mourir pour défendre leurs opinions tranchées voire hargneuses et qui ne valent que le temps d'un feuilleton médiatique. Opinions dictées et matraquées sciemment par les médias aux ordres, qu'ils appellent des idées généreuses. Opinions soutenues avec autant de conviction sectaire qu'oubliées peu de temps après, sans s'occuper des conséquences désastreuses pour ceux qui en sont réellement victimes.
  • qui vivent égoïstement en s'auto-congratulant pour leurs opinions "progressistes" en prétendant favoriser l'indépendance de leurs enfants sans se préoccuper réellement de l'avenir qu'ils leur préparent…

À TOUS CEUX LÀ 
Voici quelques images rétro des années 50 en guise de bons-points pour leur bonne conduite

Mettez-les dans votre collection anti-russe
 pour montrer à quel point vous avez été du bon côté à  notre époque…
et puis glanez y quelques conseils, on ne sait jamais… ça peut servir.


Besoin d'une traduction ?

Besoin d'une traduction ?








et pour les anti-Russie les plus enthousiastes :


INCROYABLE NON ? QUI L'EUT DIT ? QUI L'EUT CRU ?






lundi 25 août 2014

Sur l'Ukraine par Francis Briquemont, Lieutenant Général et ancien commandant de la Force de protection de l'ONU en ex-Yougoslavie.

À lire sur le site http://www.les-crises.fr

Voici une très intéressante série de vues de Francis Briquemont, le général belge qui commanda la FORPRONU en Bosnie en 1993-1994 (qui a donc 79 ans actuellement…)

Pour les plus jeunes, vous trouverez ici son coup de gueule qu’il avait écrit en 1994 quand il avait été rappelé pour avoir critiqué l’ONU : Bosnie : le “j’accuse” d’un général humilié 
On y lira par exemple :
“Récemment, un sondage a révélé que 63% de la population belge était favorable à une intervention aérienne en Bosnie. La question était mal posée. Il aurait fallu demander aux familles: si vous aviez un fils de 20 ans, à Sarajevo, avec un casque bleu sur la tête, seriez-vous favorable à un raid aérien sur les batteries serbes ? Lorsque j’entends Bernard-Henri Lévy prétendre que quelques avions suffiraient à régler la situation, je deviens fou! C’est grave quand un intellectuel se prend pour un expert militaire. C’est encore plus grave lorsqu’il parade dans la ville assiégée, qu’il cite le général de Gaulle à tout va et que les habitants de Sarajevo le prennent pour le Messie. [...]
Il n’y a pas, d’un côté, les bons, de l’autre, les méchants. C’est une guerre à trois. Une guerre tournante. Les alliances se font et se défont en fonction des rapports de forces dans chaque région. Dès qu’un parti – serbe, croate ou musulman bosniaque – devient trop fort, les deux autres s’unissent contre lui. Il faut en finir avec l’antiserbisme primaire véhiculé par quelques intellos en goguette.”
La guerre, c’est toujours plus intéressant quand ceux qui la font en parlent…
En lien, ce papier de Daniel Salvatore Schiffer dans Marianne en 2009 : Serbie et Bosnie: et si le méchant n’était pas celui qu’on croit ?, où on lit :
“La Bosnie, tout d’abord, celle-là même que ne cessèrent d’encenser au prix de mensonges souvent éhontés, en voulant nous la présenter comme un modèle de société multiculturelle et pluriethnique, quelques-uns de nos intellectuels les plus médiatisés, au premier rang desquels émerge un imposteur de taille : Bernard-Henri Lévy. Je me souviens, en particulier, de la manière, aussi partisane qu’effrontée, dont ce grand mystificateur s’évertua, durant toutes ces années de guerre et contre le sens de la vérité elle-même, à glorifier les soi-disant mérites de son idole politique d’alors : Alija Izetbegovic, premier Président de la Bosnie indépendante, mais, surtout, fondamentaliste musulman dont la tristement célèbre « Déclaration Islamique », publiée à Sarajevo en 1970, affirme textuellement, niant là les valeurs de nos sociétés laïques, qu’ « il n’y a pas de paix ni de coexistence entre la religion islamique et les institutions sociales et politiques non islamiques ». ” [Lire ici cette édifiante déclaration]
Intéressant de voir la même propagande par les mêmes personnes 20 ans plus tard…

Qui est prêt à aller mourir pour l’Ukraine, un pays miné par la corruption ? Personne. Sans stratégie et portés par l’émotion, les dirigeants européens basculent dans le fanatisme antirusse.

La guerre est toujours la conséquence d’un manque de dialogue, de tolérance, d’intelligence et de créativité." Cette sage réflexion, émise par Elio Di Rupo à l’occasion des commémorations organisées pour le centenaire du début de la guerre 1914-1918, me paraît plus que jamais d’actualité au moment où certains reparlent de guerre froide ou de paix glaciale, en Europe, à propos de la crise ukrainienne. Une crise qui aurait pu être évitée si les principaux responsables politiques européens avaient aussi fait preuve d’un peu de bon sens stratégique.

Le 9 avril dernier, on soulignait ici les erreurs manifestes commises par l’UE dans la gestion de la crise ukrainienne (1). Plutôt que répéter à satiété "c’est la faute à Poutine" comme on a dit jadis "c’est la faute à Voltaire", les dirigeants européens devraient admettre que leurs réactions lors de la révolte de Kiev ont illustré, une fois de plus, l’absence totale d’une stratégie cohérente au sein de l’UE, aggravée encore par l’ignorance des "réalités" et de l’histoire de cette région.

En Ukraine, l’instabilité politique est grande, la situation économique catastrophique, le pays miné par la corruption (un "cancer", dixit le vice-président américain Joe Biden), et bien plus grave encore, des soldats ukrainiens se battent, sur leur territoire, contre une partie de la population. Conséquence de ces combats, des dizaines de milliers d’Ukrainiens de l’Est se sont réfugiés à l’ouest du pays et, plus nombreux encore, les russophones ont fui en Russie ; des réfugiés dont on parle peu dans les médias d’ailleurs.

Comme personne en Europe ou aux Etats-Unis n’est prêt à aller mourir pour Kiev, même en cas d’agression russe - très peu probable - les Occidentaux, plutôt qu’essayer de trouver une solution acceptable pour tous au problème, se sont évertués à imaginer une panoplie de sanctions plus ou moins crédibles contre la Russie, le nouveau Satan. L’émotion en Occident, suscitée par le tragique accident de l’avion de la Malaysia Airlines a alors provoqué une prise de sanctions plus sévères qui ont entraîné une riposte de Moscou sous forme de "contre-sanctions" dont seuls les Etats de l’UE - signalons-le quand même - subiront les effets. Nous verrons bientôt si l’UE ne s’est pas tiré une balle dans le pied.

On en est là. Nombreux sont ceux qui doutent du bien-fondé et plus encore, de l’efficacité réelle de cette stratégie mais le problème maintenant est de sortir d’une crise qui menace la stabilité sur le continent européen.

Si, début de cette année, les dirigeants européens, avant de réagir en ordre dispersé aux actions des révolutionnaires et de se précipiter inconsidérément dans le chaudron de Kiev, avaient froidement analysé la situation sur le terrain, ils auraient conclu que : 1° si cette révolution était très pro-Europe, elle était antirusse à un point tel que, même si l’éviction du corrompu Ianoukovitch était compréhensible, il était difficile d’imaginer que la Russie regarderait les événements sans réagir et sans donner "son" avis sur la question, car l’Ukraine n’est pas située n’importe où sur l’échiquier européen ; 2° que les révoltés de Kiev se faisaient peut-être beaucoup d’illusions sur la signification réelle d’un pacte d’association avec l’UE.

Les dirigeants européens auraient pu se rappeler aussi que, depuis des siècles, et quel que soit le régime politique des pays concernés, les relations entre la Grande Russie (Moscou), la Petite Russie (Kiev), la Russie Blanche (Minsk) et la très instable Pologne n’ont jamais été "simples".

Et si, sur base de ces conclusions, le duo politique de l’UE Herman Van Rompuy et Catherine Ashton, dûment mandaté par un sommet européen, avait d’emblée rencontré, d’une part Vladimir Poutine pour analyser la situation et expliquer ce que pouvait être l’appui de l’UE au développement de l’Ukraine, et d’autre part les révolutionnaires de Kiev pour leur rappeler que leur pays était un Etat bicommunautaire et insister sur les conditions d’une bonne coopération avec l’UE, nous aurions peut-être assisté à un autre scénario, plus conforme en tout cas à la vision d’Elio Di Rupo concernant la résolution des tensions internationales.

Au lieu de cela, le fanatisme antirusse des dirigeants de Kiev a offert la Crimée sur un plateau d’argent à Vladimir Poutine et l’attitude des dirigeants occidentaux vis-à-vis de celui-ci - snobé à Sotchi, éjecté du G7/G8, rejeté par l’Otan, sanctionné et accusé des pires intentions vis-à-vis de l’Ukraine et même de l’Otan - a abouti à la situation d’aujourd’hui.

Je ne sais de quoi sera fait demain. L’optimiste pense qu’il serait peut-être plus intelligent d’aller vers une désescalade et de demander à quelques sages "créatifs" de "déminer" le terrain. Le pessimiste se demandera peut-être si certains ne souhaitent pas en revenir au temps de la guerre froide, d’une nouvelle confrontation Est-Ouest, et pourquoi pas, tant qu’on y est, à un nouveau rideau de fer à l’est des pays baltes et de la Pologne. Quand je pense qu’aujourd’hui, la désignation des remplaçants de Herman Van Rompuy ou de Catherine Ashton à la Commission européenne devrait pour certains dépendre de leur "attitude" plus ou moins ferme vis-à-vis de Moscou, c’est inquiétant pour la paix et la stabilité en Europe […].

En fait, plus on s’éloigne de la fin de la Seconde Guerre mondiale, plus les nationalismes ou régionalismes reprennent vigueur (voir crise ukrainienne), alimentés parfois par des idéologies qui rappellent le fascisme voire le nazisme de sinistre mémoire. L’égoïsme sacré des Etats "souverains" et des… individus d’ailleurs, l’emportent de plus en plus sur l’esprit de solidarité. L’UE peut-elle encore à l’avenir être autre chose qu’un rassemblement de petits pays gouvernés par des dirigeants médiocres et peuplés de citoyens repliés sur eux-mêmes ?

J’entends déjà les soi-disant "réalistes" (genre David Cameron et beaucoup d’autres), pour lesquels l’expression "Europe intégrée" est inadéquate si pas "un gros mot", se révolter contre cet européisme utopique et inacceptable. Et pourtant, que ces défenseurs acharnés de la souveraineté nationale se demandent combien d’Etats de l’UE feront encore partie du G7 ou G8 (voire du G20) dans dix ou quinze ans ? La réponse est simple : AUCUN, (sauf peut-être l’Allemagne). Souhaitons quand même que les futurs grands formats politiques européens soient de véritables européistes et que les états d’âme de David Cameron et de quelques autres ne soient un souci pour personne.

Mais, plus sérieusement, les Occidentaux ne devraient-ils pas faire le bilan de leur stratégie depuis le début de ce siècle, jalonné par l’Afghanistan, l’Irak, l’Afrique, la Libye, l’éternel conflit israélo-palestinien et tout cela pour quelques piètres résultats ? Priorité des priorités, ne devraient-ils pas se consacrer à la préparation de la conférence sur l’avenir de la planète qui se déroulera l’an prochain à Paris ? L’enjeu est tel pour l’avenir des Terriens et de "leur" maison que la récupération de la Crimée par la Russie apparaîtra demain comme un épisode anecdotique de la géopolitique mondiale.

(1) "La Libre" du 9 avril, "Crimée : les erreurs de l’UE".