Les lèvres mensongères font horreur à l'Éternel, tandis que ceux qui agissent avec fidélité lui sont agréables. Proverbes 12:22 «C'est ce qui sort de l'homme qui le rend impur. En effet, c'est de l’intérieur, c'est du cœur des hommes que sortent les mauvaises pensées, les adultères, l'immoralité sexuelle, les meurtres, les vols, la soif de posséder, les méchancetés, la fraude, la débauche, le regard envieux, la calomnie, l'orgueil, la folie. Toutes ces choses mauvaises sortent du dedans et rendent l'homme impur.» Marc 7:20-23 Un témoin fidèle ne ment pas, tandis qu’un faux témoin dit des mensonges. Proverbes 14:5 « Vous, vous avez pour père le diable et vous voulez accomplir les désirs de votre père. Il a été meurtrier dès le commencement et il ne s'est pas tenu dans la vérité parce qu'il n'y a pas de vérité en lui. Lorsqu'il profère le mensonge, il parle de son propre fond, car il est menteur et le père du mensonge. » Jean 8:44 Si les paroles distinguées ne conviennent pas à un fou, les paroles mensongères conviennent d’autant moins à un noble. Proverbes 17:7 « Écarte de ta bouche la fausseté, éloigne de tes lèvres les détours ! Proverbes 4:24 Craindre l'Éternel, c'est détester le mal. L'arrogance, l'orgueil, la voie du mal et la bouche perverse, voilà ce que je déteste. » Proverbes 8:13 « Pierre lui dit : «Ananias, pourquoi Satan a-t-il rempli ton cœur, au point que tu aies menti au Saint-Esprit et gardé une partie du prix du champ? […] Comment as-tu pu former dans ton cœur un projet pareil? Ce n'est pas à des hommes que tu as menti, mais à Dieu.»Actes 5:3-4Mais pour les lâches, les incrédules, les abominables, les meurtriers, les impudiques, les enchanteurs, les idolâtres, et tous les menteurs, leur part sera dans l'étang ardent de feu et de soufre, ce qui est la seconde mort.Apocalypse 21.8
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jeudi 27 février 2025

LES LOIS DU MONDE INVISIBLE, LE" KARMA"…

 La Loi Spirituelle

Dieu «change» lorsque les hommes changent. L'homme, par son repentir, peut modifier la décision de Dieu ! C'est une affaire sérieuse. ( source)

 

Les lois du monde invisible

Peu de gens en ont conscience, et pourtant toute notre vie est soumise à des lois spirituelles. Elles agissent presque aussi inéluctablement qu'une pierre lancée en l'air retombe inévitablement sur celui qui l'a imprudemment jetée au-dessus de sa tête. Et souvent, nous nous indignons et nous plaignons des épreuves et des difficultés qui nous accablent, nous semblant injustes, sans voir que ce sont précisément ces pierres que nous avons nous-mêmes lancées au fil de notre vie…

 

S’éloigner des commandements du Créateur – c'est-à-dire pécher – corrompt à la fois l’âme et le corps, et selon les lois de la nature spirituelle, le mal accompli revient à son auteur comme un « boomerang ». C’est ce que nous enseigne la Parole de Dieu, ce dont écrivent les saints Pères, et que nous relatent les recueils hagiographiques.

 

Cependant, cette rétribution n’est pas toujours inévitable. Les lois spirituelles ne sont pas immuables. Beaucoup dépend de nous-mêmes. Si, à travers nos épreuves, nous prenons conscience que nous récoltons les fruits amers de nos propres actes, alors, par le repentir, nous pouvons fléchir la loi du Créateur, qui peut en modifier les effets, voire les annuler entièrement. C’est pourquoi il est d’autant plus crucial pour nous de comprendre le fonctionnement de la loi spirituelle.

 

L'Écriture Sainte parle de la rétribution des âmes justes comme de celles qui pèchent :

« Détresse et angoisse pour toute âme humaine qui fait le mal… Au contraire, gloire, honneur et paix pour quiconque fait le bien » (Romains 2:9-10).

 

                   
   Le prophète David proclame la justice divine :

« Car des maux innombrables m'ont assailli, mes iniquités m'ont atteint… » (Psaume 39:13).  

« Tu châties l'homme pour son iniquité, et tu fais fondre son âme comme l’araignée » (Psaume 38:12).

 


Saint Jean de Kronstadt écrit sur l’action des lois spirituelles :

« Le tranchant de la souffrance que tu enfonces sans raison dans le cœur d’un autre pénétrera aussi dans ton propre cœur, selon la loi stricte de la rétribution : “De la mesure dont vous mesurez, on vous mesurera” (Matthieu 7:2). Si tu ne veux pas souffrir, ne fais pas souffrir autrui. »

 

« Le monde est régi sans cesse par la loi morale de Dieu : toute bonne action est intérieurement récompensée, et toute mauvaise action est punie ; le mal est accompagné d’angoisse et d’oppression du cœur, tandis que le bien engendre la paix, la joie et l’expansion de l’âme. Cette loi est immuable : elle est celle du Dieu Immuable, Très-Saint, Juste, Sage et Éternel. Ceux qui accomplissent cette loi morale ou évangélique (qui est une loi morale parfaite) recevront sans aucun doute la vie éternelle, tandis que ceux qui la transgressent et ne se repentent pas seront punis par le tourment éternel. »

 


Saint Jean Climaque enseigne :

« Écoutez-moi, écoutez-moi, juges sévères des actions d’autrui : si cette parole est vraie – et elle l’est véritablement – “du jugement dont vous jugez, vous serez jugés” (Matthieu 7:2), alors, assurément, les péchés pour lesquels nous condamnons notre prochain, qu’ils soient corporels ou spirituels, nous y tomberons nous-mêmes. Il n’en va pas autrement. »

 


Saint Antoine le Grand met en garde :

« Si tu vois ton frère tomber dans le péché, ne sois pas scandalisé, ne le méprise pas et ne le condamne pas ; sinon, tu tomberas dans les mains de tes ennemis. »

 


Saint Isaac le Syrien parle des rétributions spirituelles :

« Les dons de Dieu attirent à l’homme un cœur éveillé à une action de grâces incessante. L’épreuve, quant à elle, fait naître en l’âme des pensées de murmure qui s’y activent continuellement… La bouche qui rend sans cesse grâces reçoit la bénédiction de Dieu ; et si le cœur demeure dans la gratitude, la grâce descend en lui. L’humilité précède la grâce ; et l’orgueil précède le châtiment. Celui qui s’enorgueillit est abandonné à la calomnie ; celui qui se vante de ses bonnes actions est livré à la fornication ; et celui qui se glorifie de sa sagesse tombe dans les ténèbres de l’ignorance. »

mardi 25 février 2025

L’âme aussi a des aliments qui lui nuisent par St Jean Cassien


Ne croyons pas que la seule abstinence des choses matérielles puisse suffire à la perfection du coeur et à la pureté du corps, si nous n’y joignons pas l’abstinence de l’âme. L’âme aussi a des aliments qui lui nuisent, et quand elle en est trop chargée, elle n’a pas besoin d’autre nourriture pour tomber d’elle-même dans l’impureté. La médisance est un de ces aliments qui la tente. La colère en est un autre, et ce n’est pas le moins lourd. Elle s’en nourrit d’abord avec plaisir; mais elle trouve dans sa douceur un poison mortel. L’envie est un aliment qui corrompt l’âme par l’âcreté de son jus, et la rend misérable en lui montrant sans cesse le bonheur d’autrui. La vaine gloire est un aliment qui lui plaît et la flatte quelque temps, mais qui bientôt l’appauvrit et la dépouille de toute vertu, la rend stérile et incapable de porter aucun fruit spirituel, tellement que non-seulement elle perd tous les mérites de ses anciens efforts, mais qu’elle s’expose encore aux plus grands malheurs. Tout désir déréglé, tout égarement du coeur, est un aliment pour l’âme, et lorsqu’elle s’en nourrit, elle se dégoûte bien vite du pain céleste et de la bonne nourriture. Lorsque nous nous abstenons de ces aliments dangereux, comme la vertu nous en fait un devoir, nous pouvons profiter du jeûne de notre corps. Car la souffrance de la chair, jointe à la contrition du coeur, est un sacrifice agréable à Dieu , et elle lui prépare en nous un sanctuaire et une demeure très-pure. Mais si notre corps jeûne et si notre âme se laisse aller à de coupables convoitises, nos privations corporelles ne nous serviront à rien, puisque nous serons souillés dans la partie la plus précieuse de nous-même, dans notre âme, par laquelle nous devenons le temple du Saint-Esprit; car ce n’est pas une chair corruptible, mais c’est un coeur pur qui devient la demeure de Dieu et le temple du Saint-Esprit. Pendant que l’homme extérieur jeûne, il faut que l’homme intérieur s’abstienne aussi des aliments qui peuvent lui nuire; c’est lui surtout qui doit être pur pour se rendre digne de recevoir le Christ comme le recommande l’Apôtre : «C’est dans l’homme intérieur que le Christ doit habiter par la foi de vos coeurs. » (Éph., III, 17.)

lundi 28 août 2017

[4] La doctrine augustinienne du péché originel et de la prédestination


b) Le péché originel et la prédestination


St Augustin


La doctrine augustinienne du péché originel et de la prédestination a été, elle aussi, la source d’innombrables conflits ou plutôt d’un conflit récurrent au cours de l’histoire de la théologie occidentale.

Pour résumer cette querelle, disons simplement que, face à Pélage qui affirmait que l’homme se sauve par son propre effort, Augustin en est venu à dire que Dieu seul sauve l’homme, et que l’homme ne peut pas vraiment collaborer à son salut en le voulant, parce que c’est Dieu même qui meut de l’intérieur la volonté humaine et lui fait désirer le salut. Depuis qu’Adam est tombé par le péché, tous les hommes naissent dans le péché originel, et méritent justement l’enfer. Dieu, dans sa bonté, en sauve quelques-uns, sans mérite de leur part : les prédestinés. Bref, la liberté de l’homme disparaît, ou reste inopérante.

La doctrine d’Augustin a été perçue par les chrétiens fidèles à la tradition apostolique comme une hérésie inverse de celle de Pélage, mais aussi dangereuse pour la foi et pour la vie. Pour les Pères en effet, le salut est le don gratuit de Dieu, mais l’homme créé libre et responsable de ses actes, peut et doit collaborer avec Dieu dans l’œuvre du salut. C’est la doctrine de la synergie, de la coopération entre deux libertés, celle du Dieu créateur et celle de l’homme créé à Son image.


Au ve siècle, les moines de Provence, saint Jean Cassien, saint Vincent de Lérins, saint Fauste de Riez, ont lutté à la fois contre Pélage et contre Augustin et ses partisans. Au IXe siècle, la querelle se ralluma avec plus de vigueur entre Hincmar de Reims et Godescalc d’Orbais, et tous les théologiens de Gaule y participèrent.


Ce qui rendait, dès cette époque, le débat insoluble, c’est que plus personne ne soutenait la vraie doctrine des Apôtres et des Pères dans sa totalité. « En résumé, l’épisode du IXe siècle contient en germe tous les débats ultérieurs. Deux conceptions étaient aux prises, elles le restent encore aujourd’hui, exprimant chacune à sa manière quelque chose de l’incompréhensible mystère 14 ». Ces lignes de Garrigou-Lagrange, que sont-elles, sinon un aveu clair et sans phrase de la permanence de cette « guerre civile dans la théologie occidentale » ?

Sur les prolongements de cette polémique au Moyen-Âge, on peut citer le même auteur, qui explique comment tous les grands scolastiques – Anselme, Pierre Lombard, Bonaventure, Albert le Grand, Thomas d’Aquin, Duns Scot – se sont donné pour tâche de concilier « les deux aspects extrêmes du mystère », c’est-à- dire la doctrine des Pères dont saint Jean Damascène offrait la meilleure formulation, et la doctrine augustinienne de la prédestination15. Au XVIe, puis au XVIIe siècle, la connaissance plus approfondie des Pères a fait resurgir la guerre. D’où, en particulier, la crise janséniste, qui n’est qu’un épisode des débats sur la grâce, interminables, et parfois peu gracieux16.

Les auteurs des siècles suivants n’ont jamais trouvé la solution qui aurait échappé aux classiques. Cette querelle portait dans son sein le déisme17, l’athéisme et finalement le renoncement à tout dogmatisme qui caractérise notre époque18.

Notes

14. Op. cit., colonne 2933.
15. R. Garrigou-Lagrange, article Prédestination dans le Dictionnaire de Théologie Catholique (Paris, 1903-1950), col. 2935-2936.
16. Bossuet fit fermer par le Chancelier Le Tellier le séminaire de son ancien professeur, Jean de Launoy, parce que celui-ci enseignait la coopération de la grâce et du libre-arbitre à la manière des Pères de Provence qui étaient, selon lui, orthodoxes, et selon Bossuet, semi-pélagiens, donc hérétiques. Bossuet fit aussi brûler les œuvres de l’anti-augustinien Richard Simon.

(in Le nouveau catéchisme contre la foi des Pères)
À SUIVRE

dimanche 5 février 2012

"Ne restons pas à la surface des Écritures" : De la nécessité de la "fidélité littérale"

La valeur de la pratique littérale selon Maurice Blondel
par P. André Borrely

"Pour intituler ce paragraphe, j'aurais pu emprunter à saint Isaac le Syrien une très belle formule : Ne restons pas à la surface des Écritures. Il y a, dans L'Action de 1893, une notion que l' œcuménisme gagnerait grandement à redécouvrir et à placer au centre même de ses préoccupations si du moins celles-ci visent non pas l'union des Églises, mais l'unité de l’Église. C'est ce que Blondel appelle une fidélité littérale (p.405). Il parle également, et pour le donner en exemple, du fidèle de la lettre (p.409). La grande tentation, la grande faiblesse de l'homme d'aujourd'hui est sans doute de croire qu'il doit purifier l'esprit de la lettre tenue pour inévitablement assujettissante. Mais la lettre, c'est ce que je lis dans le Nouveau Testament, ce sont les tropaires de l'Office byzantin que chante cette chaire de théologie qu'est la chorale de l'église. Et ce que Blondel appelle la pratique littérale consiste notamment à ne pas essayer de contourner la lettre, de l'interpréter de telle manière qu'on finit par la vider de sa substance. Celui que Blondel appelle le fidèle de la lettre, c'est le chrétien qui refuse de ne voir dans la lettre qu'hyperbole poétique ou orientale, c'est celui qui renonce à énerver le texte, au sens étymologique de ce verbe, c'est-à-dire à lui enlever son nerf, sa force, en cherchant à donner au texte une signification prétendument spirituelle consistant notamment à désincarner l'esprit, ce qui est le moyen par excellence de tourner le dos à la mentalité sapientielle des hommes de la Bible. Pour ne prendre qu'un exemple, je n'ai jamais compris comment le protestantisme peut concilier la théologie de la Sola Scriptura dont, sauf erreur de ma part, fait partie intégrante l'épître aux Éphésiens, et nier que le mariage chrétien soit un mystère sacramentel. Loin de nous aliéner, la lettre, parfois choquante, brutale, surprenante, nous permet pourtant d'accéder à la liberté véritable, si peu que nous nous y soumettions en voyant en elle la condition nécessaire de notre divinisation. Concrétisons ces affirmations à partir de quelques textes d'abord néotestamentaires, ensuite extraits de l'Office byzantin.


 Texte n°1 : Jn. 1, 12-13
A tous ceux qui l'ont accueillie, elle leur a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, aux croyants en son Nom, elle qui fut engendrée non point des sangs*, ni d'un vouloir de chair, ni d'un vouloir d'homme, mais de Dieu.

Il s'agit de la Parole. Les plus anciens témoins du texte du Prologue ne sont que quatre, mais deux d'entre eux datent du 2ème siècle (Tertullien et saint Irénée de Lyon), un troisième est un manuscrit latin du 4ème siècle, et un quatrième est une version syriaque. Ces quatre témoins ont le singulier et non pas le pluriel. On a de bonnes raisons de penser que le singulier est le texte véritable dans la mesure où il est le plus antique. D'autre part, nous savons qu'Irénée, à travers Polycarpe de Smyrne - ville qui n'est pas loin d’Éphèse, où saint Jean a achevé sa vie - se situait dans la filiation spirituelle remontant à l'Apôtre préféré du Seigneur.

Le prologue du quatrième évangile nous dit ici que si l'homme consent à recevoir par la foi le Fils de Dieu consubstantiel et coéternel au Père et au saint Esprit, et cependant devenu l'un de nous, il reçoit du Fils une participation à la génération éternelle du Fils par le Père. Seule est intelligible la lecture littérale de l'expression devenir enfants de Dieu, dès lors que le texte relie étroitement cette expression à l'affirmation que la Parole incarnée est engendrée de Dieu de toute éternité. Le mot enfant doit être pris au pied de la lettre, c'est-à-dire qu'il doit être compris comme une participation divinisante à la génération éternelle du Fils par le Père.

La Parole divine venue ici-bas épouser notre humanité n'est pas engendrée par la chair et le sang, mais directement par Dieu le Père dès avant les siècles. Et les hommes qui consentent à croire en elle ont deux générations : une génération charnelle, au sens biblique de cet adjectif, c'est-à-dire coupée de Dieu, et une génération divinisatrice qui les délivre de la chair et du sang. Engendré de toute éternité par le Père, le Fils, lorsqu'il naît ici-bas, ne saurait être engendré par un père terrestre, humain.. C'est bien ce qu'indique d'une autre manière Matthieu lorsqu'il achève ce que j'aime appeler le livret de famille de Jésus en disant : ...Jacob engendra Joseph, époux de Marie, de laquelle naquit Jésus appelé le Christ (Mt 1,16). Engendré de toute éternité par le Père, le Λόγος devenu l'un de nous ne peut être ici-bas le fils que de Marie et Joseph l'époux de celle que l'hymne acathiste appelle 1' épouse inépousée : Νύμφη Ανύμφευτε."

Note :
*Le langage de l'auteur du Prologue johannique exprime les croyances des hommes de l'Antiquité qui pensaient que la conception de l'homme s'effectuait par le mélange du sang paternel avec celui de la mère.

dimanche 4 juillet 2010

ANCIEN DIONYSIOS : "L'ennemi intérieur,l'Ego" (3) Présentation-suite

(suite de la présentation de l'interview de Geronda Dionysios)

"Bien que le mot «ego» lui-même n'apparaisse que dans des traductions et des commentaires plus contemporains, même à travers les textes orthodoxes les plus anciens, il y a d'innombrables références aux aléas de l'amour-propre, de l'estime de soi et le plus "sinistre des démons", l'orgueil. Considéré par les chrétiens comme le péché qui non seulement a fait chuter Lucifer, l'ange de Dieu, mais qui a également conduit Adam et Eve à être exilés du paradis sur terre, l'orgueil est considéré à des degrés divers comme «la mère de tous les maux" et "la descendance du diable." Il est aussi universellement considéré comme le plus destructeur et le plus puissant adversaire sur le chemin spirituel. Comme saint Jean Cassien l’écrit : «Tout comme un fléau mortel détruit non seulement un membre du corps, mais l'ensemble de celui-ci, ainsi l'orgueil corrompt l'âme tout entière,et pas seulement une partie de celle-ci.... Lorsque le vice de l'orgueil est devenu le maître de notre âme misérable, il agit comme un tyran implacable qui a pris le contrôle d'une grande ville, et il la détruit complètement, la rasant jusqu’à ses fondements. "

Pour lutter contre l'insidieux ego si déterminé à porter atteinte à notre progrès spirituel de l'intérieur, les moines et les religieuses de l'Orthodoxie chrétienne suivent une règle stricte de discipline spirituelle, comprenant la prière contemplative silencieuse, l'étude spirituelle, les offices en groupe et des ascèses qui peuvent être extrêmes. Dans la conviction qu’une vie d’auto-limitation et d’accueil de la souffrance est idéale, ces célibataires en robe noire se privent régulièrement de nourriture, de boisson et de sommeil pendant de longues périodes, afin de se purifier des «passions du monde» et se rapprocher de Dieu.


Dans le calendrier orthodoxe, nous apprendrons que la moitié des jours de l'année sont des jours de jeûne ! Et à la lecture de la description du rigoureux programme monastique quotidien, toujours largement suivi dans les monastères orthodoxes, j'ai été stupéfait d'apprendre l’habitude des moines de la prière solitaire, du travail et des offices qui commencent à minuit et  n'ont souvent pas de fin jusqu'à dix ou onze heures le lendemain soir. Comme j'ai continué à examiner le calendrier pour essayer de comprendre quand ils dormaient, j'ai été informé par un père qu'il n'est, en effet, pas rare que les moines ne dorment jamais plus d'une ou deux heures par nuit.

Et puis il ya les « vrais »ascètes. . . .


Dans des grottes froides et nues, en haut des pentes du mont Athos (vaste péninsule accidentée entièrement consacrée à la vie monastique), des ermites, pendant des décennies dans la prière solitaire, ne subsistant souvent que d’"un peu de pain sec et d'eau." Dans cette antique tradition érémitique, datant des premiers Pères du désert qui, au troisième siècle ont abandonné le monde pour vivre la vie solitaire, les pratiques ascétiques sont parfois poussées à l'extrême rivalisant avec les yogis les plus austères de l'Inde [...]
Mais, comme il nous serait raconté encore et encore, l'ascèse pratiquée par les chrétiens orthodoxes n'est pas de l'ascétisme pour lui-même, à des fins de mortification et d’expiation des péchés, mais une ascèse (ασκήσεις =exercices en grec) en vue la poursuite d'une fin divine très précise, dont la réalisation est connue sous le nom de «divinisation». Contrairement au christianisme occidental, qui, en vertu de la doctrine du péché originel tend à souligner la fragilité inhérente à l'humanité et son imperfection coupable, les enseignements orthodoxes soutiennent que ce n'est pas seulement possible, mais essentiel pour l'être humain d’accéder à une parfaite métamorphose, rayonnante des énergies divines. Citant les paroles et l'exemple de Jésus-Christ qui a dit:

«Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait», les moines orthodoxes aspirent à se purifier de toute trace d'ego et, ce faisant, à devenir un réceptacle immaculé de la gloire et des grâces de Dieu dans ce monde. Pour preuve que cette réalisation est possible – une aspiration considérée comme le seul objectif de la vie humaine et la vie même de toute aspiration orthodoxe – une aspiration orthodoxe toujours égale à elle-même : leur héritage de deux mille ans de saints, une lignée de saints hommes et de femmes, ininterrompue depuis le temps des apôtres.


En effet, dans notre propre exploration de la mystique orthodoxe au sujet de cette question, ce qui avait attiré notre imaginaire collectif le plus puissamment a été la conviction que, parmi tant de ceux avec qui nous nous sommes entretenus, il y a en fait des hommes et des femmes vivant aujourd'hui une vie de la même envergure spirituelle que les maîtres « Théophores » (= porteurs de Dieu) de l’Antiquité dont la vie orne les Écritures. C’est avec enthousiasme que nous avons pu parler avec un tel maître, semblable à ceux qui avaient suscité notre recherche d’envergure pour les anciens orthodoxes illuminés, une recherche qui a fini par nous conduire à l'archimandrite Dionysios."
(à suivre)




(Version française de Maxime le minime
de L'Entretien réalisé par Craig Hamilton in "What is Enlightenment Magazine")

vendredi 2 juillet 2010

ANCIEN DIONYSIOS : "L'ennemi intérieur" (2) Présentation-suite

(suite de la présentation de l'interview de Geronda Dionysios)

"Depuis le début de nos recherches concernant ce problème, l'idée de parler avec un Ancien orthodoxe à propos de l'ego était quelque chose qui nous attirait tout en nous laissant perplexes. Car même si l'Orthodoxie est une tradition dans laquelle aucun de nous ne pouvait prétendre avoir la moindre compétence, nous avions la conviction que quand il s'agit de définir l'ennemi du cheminement spirituel, les chrétiens orthodoxes sont sans doute uniques en leur genre. Pour cette antique tradition mystique du christianisme, dont l'Eglise catholique romaine s’est séparée en 1054, la purification totale de la personnalité humaine de l'égotisme, de l'égoïsme et tout ce qui entrave sa capacité à réfléchir la Lumière de Dieu est et a toujours été le premier et l'ultime but de la vie spirituelle. Dans les livres saints tels que « L'échelle Sainte » de St Jean Climaque et la « Philocalie » (littéralement «l'amour du beau et du bon»), les Pères orthodoxes dès le troisième siècle écrivirent avec passion et précision sur le sanglant «combat spirituel», dans lequel doit désirer s'engager l’aspirant sincère si, il ou elle, veut avoir le moindre espoir de vaincre les «démons» au coeur de ce combat sans relâche, avec des tactiques de plus nouvelles et créatives. 


Dans l'un des innombrables passages de la Philocalie, le moine du désert du quatrième siècle Saint Jean Cassien écrit: «Il est difficile de lutter contre [L’ego], car il a de nombreuses formes et apparaît dans toutes nos activités... Quand il ne peut séduire un homme avec  des vêtements extravagants, il essaie de le tenter par des moyens minables. Quand il ne peut le flatter avec l’honneur, il le fait enfler en lui faisant supporter ce qui semble être le déshonneur. Quand il ne peut le persuader de se sentir fier de sa démonstration d'éloquence, il l’attire par le silence en lui donnant à penser qu'il a atteint la quiétude.... Bref, chaque tâche, chaque activité, donne à ce démon malicieux une occasion de lutte. "  (à suivre)
 (Version française de Maxime le minime