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lundi 28 août 2017

[4] La doctrine augustinienne du péché originel et de la prédestination


b) Le péché originel et la prédestination


St Augustin


La doctrine augustinienne du péché originel et de la prédestination a été, elle aussi, la source d’innombrables conflits ou plutôt d’un conflit récurrent au cours de l’histoire de la théologie occidentale.

Pour résumer cette querelle, disons simplement que, face à Pélage qui affirmait que l’homme se sauve par son propre effort, Augustin en est venu à dire que Dieu seul sauve l’homme, et que l’homme ne peut pas vraiment collaborer à son salut en le voulant, parce que c’est Dieu même qui meut de l’intérieur la volonté humaine et lui fait désirer le salut. Depuis qu’Adam est tombé par le péché, tous les hommes naissent dans le péché originel, et méritent justement l’enfer. Dieu, dans sa bonté, en sauve quelques-uns, sans mérite de leur part : les prédestinés. Bref, la liberté de l’homme disparaît, ou reste inopérante.

La doctrine d’Augustin a été perçue par les chrétiens fidèles à la tradition apostolique comme une hérésie inverse de celle de Pélage, mais aussi dangereuse pour la foi et pour la vie. Pour les Pères en effet, le salut est le don gratuit de Dieu, mais l’homme créé libre et responsable de ses actes, peut et doit collaborer avec Dieu dans l’œuvre du salut. C’est la doctrine de la synergie, de la coopération entre deux libertés, celle du Dieu créateur et celle de l’homme créé à Son image.


Au ve siècle, les moines de Provence, saint Jean Cassien, saint Vincent de Lérins, saint Fauste de Riez, ont lutté à la fois contre Pélage et contre Augustin et ses partisans. Au IXe siècle, la querelle se ralluma avec plus de vigueur entre Hincmar de Reims et Godescalc d’Orbais, et tous les théologiens de Gaule y participèrent.


Ce qui rendait, dès cette époque, le débat insoluble, c’est que plus personne ne soutenait la vraie doctrine des Apôtres et des Pères dans sa totalité. « En résumé, l’épisode du IXe siècle contient en germe tous les débats ultérieurs. Deux conceptions étaient aux prises, elles le restent encore aujourd’hui, exprimant chacune à sa manière quelque chose de l’incompréhensible mystère 14 ». Ces lignes de Garrigou-Lagrange, que sont-elles, sinon un aveu clair et sans phrase de la permanence de cette « guerre civile dans la théologie occidentale » ?

Sur les prolongements de cette polémique au Moyen-Âge, on peut citer le même auteur, qui explique comment tous les grands scolastiques – Anselme, Pierre Lombard, Bonaventure, Albert le Grand, Thomas d’Aquin, Duns Scot – se sont donné pour tâche de concilier « les deux aspects extrêmes du mystère », c’est-à- dire la doctrine des Pères dont saint Jean Damascène offrait la meilleure formulation, et la doctrine augustinienne de la prédestination15. Au XVIe, puis au XVIIe siècle, la connaissance plus approfondie des Pères a fait resurgir la guerre. D’où, en particulier, la crise janséniste, qui n’est qu’un épisode des débats sur la grâce, interminables, et parfois peu gracieux16.

Les auteurs des siècles suivants n’ont jamais trouvé la solution qui aurait échappé aux classiques. Cette querelle portait dans son sein le déisme17, l’athéisme et finalement le renoncement à tout dogmatisme qui caractérise notre époque18.

Notes

14. Op. cit., colonne 2933.
15. R. Garrigou-Lagrange, article Prédestination dans le Dictionnaire de Théologie Catholique (Paris, 1903-1950), col. 2935-2936.
16. Bossuet fit fermer par le Chancelier Le Tellier le séminaire de son ancien professeur, Jean de Launoy, parce que celui-ci enseignait la coopération de la grâce et du libre-arbitre à la manière des Pères de Provence qui étaient, selon lui, orthodoxes, et selon Bossuet, semi-pélagiens, donc hérétiques. Bossuet fit aussi brûler les œuvres de l’anti-augustinien Richard Simon.

(in Le nouveau catéchisme contre la foi des Pères)
À SUIVRE

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