Après avoir présenté pendant deux ans « Face à l'Info » aux côtés d'Eric Zemmour, Christine Kelly est toujours sur CNews et continue à écrire. Dans son nouveau livre, « Libertés sans expression » (Cherche Midi), la journaliste s'interroge sur les attaques quotidiennes contre la liberté d'expression et raconte son parcours dans ce cadre professionnel complexe. Elle a une carrière riche et intense où, après dix-sept ans à la télévision, elle s'est devenue en 2009 la plus jeune membre au Conseil supérieur de l'audiovisuel avant de revenir sur les plateaux de télévision. Biographe de François Fillon, officier de l'ordre National du Mérite, présidente de l'association monoparentale « K d'urgences », cette femme de caractère raconte dans « Lumière intérieure » comment elle s'est construite : "L'important, ce n'est pas ce que l'on a fait de toi, mais ce que tu fais de toi", clame-t-elle.
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dimanche 11 août 2024
mercredi 27 mai 2020
vendredi 12 avril 2019
"Devoir d'ingérence" à géométrie variable
Les autorités de Londres ont arrêté le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, suite à un mandat d’extradition pour le compte des autorités américaines.
Ben Wizner, le directeur de l’American Civil Liberties Union’s Speech, Privacy, and Technology Project, a fait la déclaration suivante à ce propos :
"Toute poursuite intentée par les États-Unis contre M. Assange pour les activités de publication de Wikileaks serait sans précédent et inconstitutionnelle" (source)
Julian Assange a été extrait de force, par les autorités britanniques, de l’ambassade équatorienne à Londres où il a passé ses sept ans d’asile.
Ben Wizner, le directeur de l’American Civil Liberties Union’s Speech, Privacy, and Technology Project, a fait la déclaration suivante à ce propos :
"Toute poursuite intentée par les États-Unis contre M. Assange pour les activités de publication de Wikileaks serait sans précédent et inconstitutionnelle" (source)

Julian Assange a été extrait de force, par les autorités britanniques, de l’ambassade équatorienne à Londres où il a passé ses sept ans d’asile.
J.A pénétrant dans la Westminster Magistrate’s Court pour y être traduit en justice
LIRE AUSSI : Qui se soucie aujourd’hui du sort de Chelsea Elizabeth Manning, née Bradley Edward Manning ?
extraits :
extraits :
" […] Pour rappel, cette activiste et lanceuse d’alertes transgenre avait été condamnée en 2013 par une cour martiale à 35 ans de réclusion pour avoir transmis en 2010 à WikiLeaks plus de 700 000 documents confidentiels, dont plus de 250 000 câbles diplomatiques relatifs aux guerres d’Irak et d’Afghanistan. Il est vrai que faire ce que dicte sa conscience et porter des crimes de guerre à la connaissance du monde, à savoir les morts de civils sous les bombardements américains en Irak et en Afghanistan se paye au prix fort !Pour avoir fait ce que lui dictait sa conscience, ne pas cautionner l’innommable, parce qu’elle savait, Chelsea Manning a passé sept ans de sa vie en prison, dont trois de détention provisoire. […]En 2017 à trois jours de son départ de la Maison Blanche, Barack Obama avait annoncé une nouvelle vague de grâces et de réductions de peines. Chelsea Manning figurait sur la liste des 273 condamnés auxquels le président avait souhaité accorder une « seconde chance », selon les mots de la Maison Blanche. […] Le 8 mars 2019, un juge fédéral a de nouveau placé la lanceuse d’alerte Chelsea Manning en détention jusqu’à ce qu’elle accepte de témoigner dans une enquête visant WikiLeaks. Ayant quelques jours auparavant refusé de témoigner devant un grand jury dans le cadre d’une enquête sur Julian Assange, s’attendait à cette issue. […] "
samedi 6 avril 2019
INTERNET SOUS TUTELLE
Sur le site GeekMeRight
Grâce à internet, vous croyiez avoir regagné en liberté d’expression ? Il était donc grand temps d’y mettre fin !
Par Dern et h16
Hic Sunt les censeurs
Voilà, c’est fait : la directive sur le droit d’auteur a été adoptée au Parlement Européen.
La bataille a fait rage, et les lobbys n’y sont pas allés de main morte : tribunes d’artistes dans Le Monde, millions d’euros dépensés par Edima, le lobby des plateformes numériques à Bruxelles…
Mais ce n’est pas la première fois que nos
tuteurs dirigeants, motivés par notre plus grand bonheur et une méconnaissance redoutable des technologies modernes, essayent de nous censurer. On se souviendra de la créativité administrative impressionnante de la HADOPI, mais aussi des plus récents (et plus inquiétants) PIPA, SIPA, ACTA, TPP, NDAA… Ces accords internationaux sont passés à la trappe, plus par méconnaissance des enjeux et méfiance que par désir de maintenir la liberté individuelle.
Avec l’adoption de la directive droits d’auteur, on entre dans le flou le plus absolu aux conséquences difficiles à prévoir.
Cette directive instaure en effet un système dans lequel les intermédiaires techniques (réseaux sociaux et plateformes en ligne) contrôleront l’application du droit d’auteur. Les optimistes (benêts ?) diront qu’il s’agit de leur responsabilité et de leur rôle. Les pessimistes (réalistes ?), eux, noteront que nos tuteurs vont avoir un mal de chien à s’empêcher d’élargir leur champ d’action, pour, par exemple, appliquer des méthodes similaires aux élections européennes… D’autant que Les GAFAM n’ont pas attendu la décision pour se préparer à l’appliquer. De base ils auraient préféré que cette réglementation n’existe pas, mais à défaut, ils feront en sorte d’en tirer le meilleur parti d’autant plus qu’ils ont anticipé cette loi et ont déjà commencé à l’intégrer.
Le Content ID
C’est ici que le Content ID de Youtube entre en jeu. C’est une intelligence artificielle (IA) qui va vérifier dans chaque nouvelle vidéo que vous téléversez que le contenu posté n’existe pas déjà sur la plateforme, assurant ainsi que les images et les sons que vous utilisez vous appartiennent vraiment.
Si ce n’est pas le cas, les revenus générés par la vidéo seront reversés à leur propriétaire.
Prenons un exemple : je me sens l’envie irrépressible de réaliser un best-of des discours de Jean-Vincent Placé, et prends donc des morceaux choisis de LCP, La Chaîne Parlementaire, pour son traitement de l’image vivant et pétillant. Je mets ma compilation en ligne, jouant Placé pour gagner. Las. Grâce au Content ID de Youtube, ma vidéo sera bien monétisée mais l’ensemble des revenus iront à LCP.
Le Monstre des Data
Eh oui, cette IA monstrueuse est plus artificielle qu’intelligente : elle ne sait pas détecter la parodie ou la citation.
Pourtant, si le texte de la directive européenne prévoit le respect de la parodie ou la citation, la réalité est tout autre. Quand on a dix mille fichiers à traiter en une heure, aucun humain ne tient le rythme et la machine qui le remplace est incapable de différencier un best of de Jean-Vincent Placé d’une vidéo satirique avec citations rigolotes.

Les critiques de jeux-vidéo ? Ça tombe. Les commentaires de bouquins ? Ça tombe. Les cover de mozinor ? Ça tombe.
Les risques de faux-positifs sont plus qu’énormes : ils sont inévitables (pour ceux qui aiment la technique, c’est ici).
Avec un tel pouvoir, des chaînes comme le Joueur du Grenier n’auraient jamais pu entrer dans le Youtube Game. Au revoir la concurrence, bonjour le statu quo : les grosses chaînes pourront négocier directement avec Youtube, les autres n’auront pas cette chance.

L’Inquisition de l’Empereur-Europe
Et c’est là que tout se joue : le Content ID transforme la plateforme en juridiction suprême du droit de la vidéo en ligne, en inversant la charge de la preuve : les ayant droits n’ont plus à prouver que tel extrait leur appartient, c’est à vous de réclamer et prouver qu’il s’agit bien de parodie ou de citation. Le content ID détecte a priori, l’ayant droit supposé obtient les droits par défaut et le youtubeur peut ensuite tenter de réclamer.
Le Content ID a instauré Youtube en nouveau juge, créant un droit à l’image parallèle, plus restreint et plus opaque que le droit officiel : certaines vidéos gardent sons et images originaux mais restent en ligne, d’autres affichent des faux positifs et sont supprimées, d’autres sont démonétisées pour le Youtubeur et les droits vont aux « ayant droits » d’un extrait… Impossible de savoir comment le tri est fait, ni de savoir pourquoi certaines passent systématiquement sous le radar du Content ID.

Or, ce Content ID constitue le meilleur et probablement le seul prototype de ce que seront les réseaux sociaux après l’application de la directive droits d’auteur.
Je suis Monsieur Lambda, que se passe-t-il ?
Si vous postez une vidéo sur Youtube, tournée avec votre mobile et un budget rikiki, vous êtes soumis aux mêmes contraintes que les grosses chaînes de production comme Palmashow ou Vevo.
Pour obtenir une autorisation d’un ayant droit, la procédure Youtube prend entre 3 à 6 mois et même si cela reste plus rapide qu’une administration française, cela veut dire que votre vidéo critique de Captain Marvel ne sera pas mise en ligne en temps utile.
Vous prenez une photo de la Tour Eiffel trop similaire à celle d’Anne Hidalgo et vous souhaitez la partager en ligne ? Que nenni : elle ne passera même pas l’étape de publication et ne sera pas mise sur votre fil Facebook / Instagram/ Twitter.

Fini les émissions de review avec incrustation d’images ou de sons pas libre de droits. Pour ces dernières, on devra en passer par les critiques officiels approuvés par le producteur d’une œuvre et donc bien entendu rigoureusement impartiaux et fiables.
Bref, c’est la déroute. Mais si ni GAFAM ni internautes ne voulaient de cette directive, comment a-t-elle été adoptée ? Qui avantage-t-elle ?
Gouvernemaman Is Back
Surprise ! En premier lieu, elle avantage nos tuteurs légaux, à savoir la gauche régressive de la Team Progrès.
Jusqu’à présent en échec sur l’idée de la fin de l’anonymat sur Internet pourtant si pratique pour censurer les idées déviantes individuellement pour notre Bien, le gourvernemaman tient désormais sa revanche avec cette directive.
En outre, ils y gagnent sur un créneau plus politique : la culture mémétique, irrévérencieuse, virale et plutôt de droite, a participé aux élections de partis qui leurs déplaisent en Italie, au Royaume-Uni, aux Etats-Unis… Avec cette directive, les GAFAM, eux aussi membres de la Team Progrès, pourront censurer ce qui leur déplaît sous prétexte de droits d’auteurs. Pratique, et les politiques conservent les mains propres.

Le Zuck gagne un niveau
Et puis, malgré leur opposition initiale, cela arrange aussi les GAFAM.
L’article 11, définissant la « taxe hyperlien », était la pierre d’achoppement et le motif de leur opposition de base, ainsi que les coûts de mise en place des outils de surveillance.
Certes, reproduire l’équivalent du Content ID sur les autres plateformes que Youtube va coûter cher. Certes, il faudra lâcher un pourboire aux médias traditionnels lorsqu’ils agrègent leurs actualités. Certes. Mais comme lot de consolation ils gagnent :
– Le pouvoir juridique de censurer ce qui leur déplait
– La possibilité de se constituer en arbitre incontournable de ce qui est dicible ou non sur leurs réseaux (les recours seront déposés devant eux et pas devant un juge)
– Un moyen d’écraser la concurrence avant qu’elle n’arrive : vu les moyens juridiques et techniques imposés pour garantir la conformité des contenus, impossible qu’une alternative émerge. Dans l’Union Européenne, le marché va se figer.
– Le rôle de gendarme d’internet de facto, alors qu’ils ne sont qu’un intermédiaire technique (si vous doutez de son pouvoir d’action, regardez sur combien de sites vous vous créez un compte avec vos identifiants Google ou Facebook)

Ce n’est pas juste la fin des mèmes rigolos et la mort des petits chats. C’est une attaque massive et un coup très dur porté au dernier bastion de la liberté d’expression.
Pire : ne croyez pas qu’ils s’arrêteront au droit d’auteur, ne croyez pas qu’ils s’arrêteront à l’Europe.
vendredi 17 août 2018
Assange - "La vérité vous rendra libres"…Jean 8.31
![]() |
Pilger et Assange à Londres en 2011 |
[…] Depuis qu’il a été arrêté en 2010, Assange n’a été accusé d’aucun crime. Ce qu’il subit est une persécution absolument sans précédent. Julian pourrait quitter l’ambassade si le gouvernement de son propre pays, l’Australie, appliquait une pression diplomatique normale et légitime en faveur de son ressortissant. […]Julian est un individu à principes. Le fondement moral de Wikileaks est quelque chose de très important pour lui. Quand il a mis sur pied Wikileaks, il a écrit que toute l’idée de transparence, de faire honneur au droit de savoir des gens, était le but central du site. Il ressent cela très profondément. Toute tentative de faire un marché avec Julian pour fermer Wikileaks se heurtera sans aucun doute à sa résistanceRien […] n’a égalé l’apparition de Wikileaks et son impact extraordinaire sur le journalisme. C’est probablement le seul organe de presse qui détienne un record de 100% d’authenticité et d’exactitude. Toutes les révélations de Wikileaks se sont avérées authentiques. […][…] Liberté d’expression mise à part, la persécution que subit cet homme est quelque chose qui devrait saisir d’horreur tous ceux qui pensent par eux-mêmes. Si cela ne nous emplit pas d’horreur, c’est que nous avons capitulé sur quelque chose d’infiniment précieux. […]
dimanche 8 juillet 2018
Deep Web, Dark Web, Darknet… Où est le danger réel?
Darknet : faut-il démanteler la revente illégale de la liberté de s’exprimer et de s’informer ?
SOURCEPar Yannick Chatelain
(Enseignant Chercheur. Head of Development. Digital I IT, Grenoble École de Management (GEM)
![]() |
Hivint/Flickr, CC BY |
« Quand un seul chien se met à aboyer à une ombre, dix mille chiens en font une réalité. » (proverbe chinois)
En matière de terrorisme islamique, sitôt un attentat commis, le responsable de la radicalisation, le coupable du passage à l’acte émerge rapidement. En France tout du moins, la chanson est toujours la même : le complice le plus impliqué c’est Internet.
Étrangement, pas un seul instant les médias de masse ne se remettent en question dans leur mode de traitement outrancier d’actes odieux. Nous-mêmes en tant qu’usagers nous interrogeons-nous sur le relais que nous faisons sur les réseaux sociaux des actes les plus abjectes ?
« Pardonnez-moi une question dérangeante : Quel groupuscule terroriste pourrait rêver d’attachés de presse plus forcenés répondant aussi promptement à leurs attentes : essaimer l’horreur absolue ».
Dans les situations auxquelles je me réfère, le coupable étant tout désigné, les solutions du « politique “experts” » pleuvent comme un jour de mousson : c’est à qui inventera dans l’urgence de nouvelles solutions miracles. Contraindre un peu plus Internet étant l’une des premières options. Depuis le sinistre onze septembre, à la courte paille du simplisme, vous aurez constaté que c’est toujours Internet qui gagne.
S’en suivent usuellement des interventions anxiogènes sur le « Deep web », le « dark web », le « darknet »… dans un mélange des genres invariablement orientés mauvais genre. Reconnaissons que le terme darknet sonne très « force obscure » aux oreilles de l’opinion publique.
L’évoquer est une chose, cependant, lorsqu’il est mis en avant dans ces contextes dramatiques, c’est de façon réductrice, pour ne pas dire totalement dévoyée. Que cela soit intentionnel ou pas, je vous en laisse juge. Il s’agit toutefois de mettre en avant la face sombre de la bête. Cela se traduit par un défilé d’orateurs alarmistes décrivant un espace qui est pourtant bien éloigné de la réalité qu’ils décrivent.
De la différence entre deep web, dark web et le darknet
Le deep web, ou web profond, par opposition au Web de surface, est constitué de ressources non référencées par des moteurs de recherches. Notons à ce sujet, qu’il s’agisse de Google ou d’autres moteurs, que n’importe quel Webmaster peut choisir d’empêcher l’indexation de contenu.
Le dark web, lui, est une partie réduite du deep web. C’est le contenu du web qui existe sur les « darknets » pris dans un sens plus large que le sens originel du terme. À l’origine le terme darknet (inventé dans les années 1970) désignait des réseaux qui étaient isolés d’Arpanet – l’ancêtre d’Internet – pour des raisons de sécurité.
La disqualification systématisée du « darknet »
Dans le contexte d’attentats que j’évoque, les discours les plus abracadabrants sur le sujet ne manquent pas, et ce, jusques au plus haut sommet de l’état. Feindre d’avoir identifié le problème c’est déjà rassurer la population. Cependant si le problème est mal posé… je vous laisse le soin d’imaginer l’efficacité de la solution.Certains n’hésiteront pas à mettre le darknet sur le banc des accusés, des assertions aussi surprenantes qu’invérifiables comme le fera Bernard Cazeneuve, alors ministre de l’intérieur, le 22 mars 2016 – immédiatement après l’attentat ayant frappé le l’aéroport et une rame de métro de Bruxelles – d’abord à l’Assemblée nationale, pour surenchérir le lendemain au Sénat :
« Ceux qui nous frappent utilisent le darknet et des messages chiffrés. »
Que dire, face à ce type de déclaration à l’emporte-pièce ? Nous pouvons ajouter qu’ils utilisent vraisemblablement des voitures, des téléphones portables et ont même parfois – croyez-le ou non – une télévision… et rajouter, pour être taquin, qu’il fut un temps où Ben Laden et ses comparses étaient les rois de la cryptographie.
Ce type de discours de diabolisation sert à légitimer et enchaîner des lois qui restreignent nos libertés, en favorisant l’acceptation sociale d’absurdités. Le sulfureux darknet de Monsieur Cazeneuve, est en cela un levier puissant, régulièrement de sortie. Le traitement médiatique de ce dernier est naturellement concentré sur les usages criminels possibles comme nous avons pu l’observer encore récemment avec le démantèlement de BlackHand, un forum qui proposait à la vente depuis plus de deux ans de nombreux produits et services illicites : stupéfiants, armes, faux papiers, données bancaires volées…
Au-delà du terrorisme, le darknet est ainsi brandi à toutes occasions par ses détracteurs. Rien de très étonnant, vous conviendrez que de par son nom même, c’est celui qui peut générer le plus de fantasmes et rendre légitime un contrôle – pour votre bien et le mien – de plus en plus exagéré. Tout est donc mis en œuvre pour ancrer dans les esprits le darknet comme un repère infesté de crapules sans foi ni loi. Les gouvernances, quels que soient les régimes, utilisent le sempiternel même argument réducteur – la cybercriminalité – pour rendre acceptable leur volonté de destruction de toute possibilité d’anonymat des citoyens.
Le darknet une zone de non-droit ? Ah bon !
Paradoxe et non des moindres – n’en déplaise à ceux et celles qui souhaiteraient voir disparaître « le monstre » – évoquer une zone de non-droit peuplée de criminels est une absurdité. La preuve en est : puis-je me permettre de souligner que le « darknet », contrairement à ce qui est raconté – dans la partie mineure au service de la délinquance qu’il représente – n’est pas une zone de non-droit comme le démontre l’affaire « Black Hunt ». C’est un endroit permettant aux services de renseignement mondiaux l’infiltration, la mise en place de honey pots, le suivi au plus près de l’évolution de la criminalité, etc. !« Darknet » : le dernier refuge de la liberté d’informer et de s’informer
Il faut garder à l’esprit que cet « Internet de l’ombre » n’est pas un grand dédale où s’organisent les pires trafics : il est avant tout l’outil qui a permis et qui permet, lorsque la situation l’exige, de relayer des idées à l’abri de l’oppression, de faire savoir au monde la teneur d’une situation sans exposer sa vie pour avoir parlé.Allons faire un tour en « enfer » ! Suivez le guide !
Pour vous faire une idée par vous même : téléchargez Tor, puis lancez-le. Un navigateur va s’ouvrir. Dans un second temps, accédez alors à « hidden wiki » en copiant l’adresse suivante dans votre navigateur : http://zqktlwi4fecvo6ri.onion/wiki/ vous découvrirez une sorte de Wikipedia proposant de nombreuses ressources classées par thème.Expérimenter c’est connaître !
Vous constaterez par vous-même qu’une majorité de ressources présentes ne sont aucunement destinées à recruter des assassins, vendre des armes, de la drogue… mais peuvent servir à des personnes qui risquent leur vie en s’exprimant. Toutes les ressources traditionnelles du Web de surface sont disponibles pour : mettre en place des sites, des blogs, discuter en ligne, etc. en minimisant le risque d’être tracé.
(Attention : n’allez pas traîner là où il ne faut pas ! Il y a les bons là où rodent les méchants et la loi est la loi. L’expérimentation à ses limites en forme de barreaux de prison.)
Avec Internet, le citoyen-monde où qu’il se trouve, s’il y a accès, peut disposer d’outils lui permettant d’accéder à une information non contrainte et d’en diffuser sans risque. Quel individu assez fou et mégalomane pourrait encore avoir la prétention de faire taire une conscience humaine en train de se mondialiser et empêcher certains hommes d’informer et d’être informés ?
Voilà la raison même d’être du darknet. Lorsque la parole est brimée, il faut aux hommes un espace protégé pour qu’elle puisse s’exprimer. Je m’étonne d’ailleurs que les agences de presse n’y soient pas (sauf erreur de ma part) présentes, pour permettre un accès à l’information par-delà la censure exercée dans certains pays.
Que le « darknet » dérange de nombreux États est indéniable, mais est-ce bien pour la raison qu’ils invoquent ? Alors plutôt que de dire n’importe quoi à son sujet, Messieurs les censeurs de ce monde, laissez donc faire le renseignement pour ce qui concerne les délinquants avérés qui s’y promènent et laissez donc le darknet en paix au service de la liberté inaliénable d’informer et d’être informé.
Maurice Clavel : « Messieurs les censeurs, bonsoir ! »
« Pourvu que je ne parle ni de l’autorité, ni de la politique, ni de la morale, ni des gens en place, ni de l’opéra, ni des autres spectacles, je puis tout imprimer librement, sous la direction, néanmoins, de deux ou trois censeurs. »
(Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais)
samedi 17 décembre 2016
Liberté de conscience, liberté de pensée, liberté d'expression…par P. Jean Boboc
La Déclaration universelle des droits de l'homme adoptée en 1948 par les Nations unies, définit la liberté de conscience et de religion dans son article 18 :
« Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu’en privé, par l’enseignement, les pratiques, le culte et l’accomplissement des rites. »
Liberté d’expression
Le délit d’entrave à l’IVG
![]() |
Petit être humain en devenir… |
Le gouvernement français a fait voter, le 1erdécembre, une loi interdisant la libre expression dans le domaine d’opinions relevant de l’éthique. Le débat a été faussé, et on a discuté de l’avortement, alors que la question était celle de la liberté d’expression. Quelle que soit la qualité des sites incriminés, quelle que soit la réalité de la désinformation dont on les accuse, il est hallucinant qu’on puisse légalement interdire, dans un pays comme le nôtre, une publication sous ce prétexte. Bien des sources de désinformation pourraient tomber sous le coup d’une telle loi… Du point de vue de la société civile, cela signale une crise de la démocratie. Du point de vue chrétien, cela ne change rien. En effet, les chrétiens ne sont tenus de respecter que les lois civiles qui sont cohérentes avec la loi de Dieu. Notre obéissance est toujours conditionnelle, par motif de conscience, dit saint Paul (1 Co 10), c’est tout. Et il existe une liberté de désobéir dont les saints martyrs donnent l’exemple.
L’interdit de tuer
Donc, rien n’est changé. Les chrétiens continueront, comme ils l’ont fait depuis 2000 ans, en conformité avec la tradition biblique, à dire haut et fort que l’avortement est un mal, un péché, qu’il contredit un des préceptes fondamentaux de la loi divine : « Tu ne tueras pas ! » Nous continuerons à dire – dût-on taxer notre discours de « culpabilisant » – qu’il s’agit d’un infanticide, d’un meurtre légal, parce que c’est la vérité – qu’il s’agisse d’avortement thérapeutique ou d’avortement de confort.
Une société rétrograde
C’est le moment de (re) lire à ce sujet « L’embryon au IIème siècle », de Philippe Caspar (L’Harmattan, Paris, 2002). On y découvre que la société dans laquelle nous vivons actuellement est tout simplement réactionnaire et rétrograde : elle défend un néo paganisme auquel les Juifs et les chrétiens furent confrontés dans la société païenne. Sous couleur de modernité, on défend du pré chrétien, le rêve de vivre en faisant ce que l’on veut de soi et des autres, comme si l’Évangile n’avait pas été annoncé.
Cf. sur ce site « l’embryon et les chrétiens des premiers siècles »
Défense de l’enfant
Ce livre montre que les Juifs et leurs héritiers les chrétiens ont défendu l’enfant menacé de mort et d’exploitation ; ils ont défendu la famille et sa stabilité ; ils ont donné l’exemple du sacrifice de soi des parents aux enfants par amour pour eux. Ils ont montré que l’embryon est un être humain à part entière. Et, dans la société païenne, les chrétiens assumaient leur liberté de pensée et d’expression dans toutes ses conséquences.
Prendre la liberté
Comment un chrétien réagit-il quand la liberté d’expression est supprimée ou, comme c’est le cas, limitée ? C’est très simple : en exerçant la liberté d’expression – en prenant la liberté de s’exprimer ! – Mais telle forme d’expression est interdite, maintenant ! – Pas de problème : nous continuerons à nous exprimer librement en assumant toutes les conséquences de la liberté qui nous appartient, comme nos frères des pays de l’Est, il n’y a pas si longtemps. L’Église ne se confond pas avec l’État ; elle ne se confond pas avec la société civile ; elle ne se confond pas avec le monde.
Une position courageuse
La bonne nouvelle est que rien ni aucune loi de ce monde ne nous privera de la liberté de conscience, de pensée, d’expression et de publication. Il faut ici rendre hommage aux évêques catholiques-romains qui ont courageusement, et de façon tout-à-fait normale de la part de chrétiens, pris position à l’annonce du projet de loi.
(A.p. Marc-Antoine Costa de Beauregard)
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