Les lèvres mensongères font horreur à l'Éternel, tandis que ceux qui agissent avec fidélité lui sont agréables. Proverbes 12:22 «C'est ce qui sort de l'homme qui le rend impur. En effet, c'est de l’intérieur, c'est du cœur des hommes que sortent les mauvaises pensées, les adultères, l'immoralité sexuelle, les meurtres, les vols, la soif de posséder, les méchancetés, la fraude, la débauche, le regard envieux, la calomnie, l'orgueil, la folie. Toutes ces choses mauvaises sortent du dedans et rendent l'homme impur.» Marc 7:20-23 Un témoin fidèle ne ment pas, tandis qu’un faux témoin dit des mensonges. Proverbes 14:5 « Vous, vous avez pour père le diable et vous voulez accomplir les désirs de votre père. Il a été meurtrier dès le commencement et il ne s'est pas tenu dans la vérité parce qu'il n'y a pas de vérité en lui. Lorsqu'il profère le mensonge, il parle de son propre fond, car il est menteur et le père du mensonge. » Jean 8:44 Si les paroles distinguées ne conviennent pas à un fou, les paroles mensongères conviennent d’autant moins à un noble. Proverbes 17:7 « Écarte de ta bouche la fausseté, éloigne de tes lèvres les détours ! Proverbes 4:24 Craindre l'Éternel, c'est détester le mal. L'arrogance, l'orgueil, la voie du mal et la bouche perverse, voilà ce que je déteste. » Proverbes 8:13 « Pierre lui dit : «Ananias, pourquoi Satan a-t-il rempli ton cœur, au point que tu aies menti au Saint-Esprit et gardé une partie du prix du champ? […] Comment as-tu pu former dans ton cœur un projet pareil? Ce n'est pas à des hommes que tu as menti, mais à Dieu.»Actes 5:3-4Mais pour les lâches, les incrédules, les abominables, les meurtriers, les impudiques, les enchanteurs, les idolâtres, et tous les menteurs, leur part sera dans l'étang ardent de feu et de soufre, ce qui est la seconde mort.Apocalypse 21.8
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mercredi 14 août 2024

LE WOKISME EST UN CHANTAGE MORAL par Béatrice Rosen


Béatrice Rosen, actrice et chroniqueuse franco-américaine commente l'actualité de la politique américaine, la cérémonie des JO et plus globalement la montée du wokisme dans les sociétés occidentales. Sans tabous.

dimanche 11 août 2024

LA LIBERTÉ D'ÊTRE SOI-MÊME par Christine Kelly



Après avoir présenté pendant deux ans « Face à l'Info » aux côtés d'Eric Zemmour, Christine Kelly est toujours sur CNews et continue à écrire. Dans son nouveau livre, « Libertés sans expression » (Cherche Midi), la journaliste s'interroge sur les attaques quotidiennes contre la liberté d'expression et raconte son parcours dans ce cadre professionnel complexe. Elle a une carrière riche et intense où, après dix-sept ans à la télévision, elle s'est devenue en 2009 la plus jeune membre au Conseil supérieur de l'audiovisuel avant de revenir sur les plateaux de télévision. Biographe de François Fillon, officier de l'ordre National du Mérite, présidente de l'association monoparentale « K d'urgences », cette femme de caractère raconte dans « Lumière intérieure » comment elle s'est construite : "L'important, ce n'est pas ce que l'on a fait de toi, mais ce que tu fais de toi", clame-t-elle.

vendredi 6 mai 2022

Flicage numérique en marche accélérée

 source : Hashtable

Avec Macron, le flicage numérique est « en marche » accélérée et cadencée

Il est maintenant clair, après cinq longues années d’un premier mandat d’Emmanuel Macron essentiellement placé sous le signe du moquage de visage olympique, que rien ne se passe jamais comme prévu, mais, malgré tout, s’il y a un domaine où la France est bien « En Marche », c’est celui du puçage de chaque petit composant de sa société, des objets jusqu’aux citoyens en passant par les entreprises… 

Et dans la longue marche pour atteindre l’objectif humidement désiré par la République Démocratique Française, la dernière élection présidentielle ne fut finalement qu’une péripétie qui n’a pas du tout gêné l’actuel gouvernement lorsqu’il s’est agi de mettre en place une nouvelle application d’identification numérique, citoyenne et festive, de chaque tête du cheptel contribuable français. 

Eh oui : l’identification numérique arrive et va bientôt être proposée à tous les Français qui se précipiteront sans nul doute pour l’avoir comme pour d’autres colifichets au bénéfice particulièrement douteux.

De quoi s’agit-il ? Essentiellement, cette identification numérique est une application déployable sur téléphone portable (France Identité) remplaçant dans une certaine mesure la carte d’identité et qui pourra être présentée pour différentes démarches auprès des administrations, notamment en ligne. 

L’hameçon est toujours le même, simple et particulièrement efficace : on propose un service évidemment en ligne nécessitant cette application, qu’on rend aussi attrayante et fonctionnelle que possible – dans la mesure des capacités des services de l’État à justement parvenir à ce genre de prouesse (ce qui veut dire que ce sera sûrement plein de bugs, de fuites et de choix ergonomiques consternants) – ce qui permet d’assurer une bonne pénétration de l’outil dans les classes les plus frétillantes de citoyens naïfs. 

La seconde étape consiste ensuite à obliger l’utilisation de cette application, au départ facultative, pour à la fois éliminer les démarches équivalentes dans le monde réel (ce qui permet de supprimer des guichets et éviter l’enquiquinante interaction des administrations avec leurs assujettis) et pour ostraciser un peu plus tous les citoyens qui auraient jusque là refusé de rentrer dans la danse numérique. 

La dernière étape consiste ensuite à relier cette application à toute une myriade de procédés typiquement étatiques (pistage, surveillance, recoupement de fichiers, analyse des données en temps réel pour établir des statistiques comportementales puis politiques puis, pourquoi pas, religieuses ou sexuelles) ce qui, couplé par exemple avec passeport et porte-monnaie électronique, permet d’aboutir à un esclavagisme numérique total et soyeux, sans protestation et sans capacité de retour en arrière. 

Ce qui est vrai pour le petit moutontribuable l’est évidemment aussi pour les entreprises, et depuis longtemps : correctement enregistrées, pistées, suivies et ponctionnées, ces vaches à lait républicaines n’ont jamais cessé d’être l’objet de toutes les convoitises étatiques. 

Cependant, ce serait dommage de s’arrêter à ce qui existe déjà ; là encore, la République du Pistage Total (et totalitaire) est En Marche et c’est sans surprise qu’on découvre qu’une nouvelle mesure d’intermédiation étatique est en train de se mettre en place dans le silence compact des médias grand public qui ne veulent pas effaroucher le gibier citoyen. 

En effet, le projet de dématérialisation des factures européennes avance à grand pas. En substance, il s’agit d’imposer la numérisation des factures de toutes les entreprises européennes, et d’obliger la saisie numérique de ces factures dans un progiciel de l’État qui devient alors intermédiaire obligé et central d’absolument toutes les transactions professionnelles. Chaque facture envoyée à un client, quel et où qu’il soit, devra faire l’objet d’une saisie dans l’usine à gaz numérique qui se met en place sous les applaudissements fiscaux. 

Il reste encore quelques années (l’obligation sera active au premier juillet 2024 pour les grandes entreprises, un an plus tard pour celles de taille intermédiaire et un an de plus pour les petites) mais la marche semble inexorable : chaque facture devra impérativement être saisie dans le bastringue étatique – ne vous inquiétez pas, m’ame Michu, tout se passera aussi bien que d’habitude – au format prédéfini (qui n’est évidemment pas PDF mais bien « la norme EN16931 »). 

Le pompon étant que tout ceci sera évidemment présenté comme une absolue nécessité européenne, alors que la seule obligation au niveau communautaire est celle d’une interopérabilité des systèmes, pas de l’existence d’un système centralisateur étatique. La France, égale à elle-même lorsqu’il s’agit d’asservir son peuple (et d’emmerder les récalcitrants) n’accordera donc aucune liberté et, via un « gold plating » pratique, imposera donc que l’État vienne fourrer son groin absolument partout afin de parfaire son enfer fiscal.

Au passage, on ne s’étonnera pas que ces mesures n’emmerderont pas ces Français qui dirigent les grosses entreprises et celles qui sont dans la connivence avec l’État français, mais surtout « ceux qui ne sont rien », ces Français petits patrons de cette myriade d’entreprises qui forment le vrai tissus industriel du pays, ainsi que les Français lambdas qui, eux aussi, finiront par être confrontés à ces nouveautés électroniques d’asservissement fiscal ultime. 

Pistage numérique des citoyens, pistage numérique des entreprises, intermédiation de l’État dans absolument toutes les transactions commerciales possibles, avec en ligne de mire un prélèvement inévitable de taxes et, surtout, la possibilité pour ce même État d’interdire purement et simplement l’existance numérique et physique (puisqu’économique) de toute entreprise ou de tout citoyen qui lui déplaît… Voilà un tableau appétissant. 

Quand on se souvient en outre des attaques actuelles contre la liberté d’expression (l’épisode Musk & Twitter en est une parfaite illustration), on voit se dessiner un bien sombre avenir. 

Les pires tyrannies ont toujours procédé de la sorte : d’abord l’élimination de la liberté d’expression, puis la mise en place de Ministères de la Vérité (tant en France qu’aux États-Unis), puis le pistage aussi fin que possible de toutes les activités des individus, … et enfin, l’élimination (sociétale puis physique) des opposants. 

Décidément, la France du « Monde d’Après » est vraiment réjouissante. 

Flicage numérique en marche accélérée

 source : Hashtable

Avec Macron, le flicage numérique est « en marche » accélérée et cadencée

Il est maintenant clair, après cinq longues années d’un premier mandat d’Emmanuel Macron essentiellement placé sous le signe du moquage de visage olympique, que rien ne se passe jamais comme prévu, mais, malgré tout, s’il y a un domaine où la France est bien « En Marche », c’est celui du puçage de chaque petit composant de sa société, des objets jusqu’aux citoyens en passant par les entreprises… 

Et dans la longue marche pour atteindre l’objectif humidement désiré par la République Démocratique Française, la dernière élection présidentielle ne fut finalement qu’une péripétie qui n’a pas du tout gêné l’actuel gouvernement lorsqu’il s’est agi de mettre en place une nouvelle application d’identification numérique, citoyenne et festive, de chaque tête du cheptel contribuable français. 

Eh oui : l’identification numérique arrive et va bientôt être proposée à tous les Français qui se précipiteront sans nul doute pour l’avoir comme pour d’autres colifichets au bénéfice particulièrement douteux.

De quoi s’agit-il ? Essentiellement, cette identification numérique est une application déployable sur téléphone portable (France Identité) remplaçant dans une certaine mesure la carte d’identité et qui pourra être présentée pour différentes démarches auprès des administrations, notamment en ligne. 

L’hameçon est toujours le même, simple et particulièrement efficace : on propose un service évidemment en ligne nécessitant cette application, qu’on rend aussi attrayante et fonctionnelle que possible – dans la mesure des capacités des services de l’État à justement parvenir à ce genre de prouesse (ce qui veut dire que ce sera sûrement plein de bugs, de fuites et de choix ergonomiques consternants) – ce qui permet d’assurer une bonne pénétration de l’outil dans les classes les plus frétillantes de citoyens naïfs. 

La seconde étape consiste ensuite à obliger l’utilisation de cette application, au départ facultative, pour à la fois éliminer les démarches équivalentes dans le monde réel (ce qui permet de supprimer des guichets et éviter l’enquiquinante interaction des administrations avec leurs assujettis) et pour ostraciser un peu plus tous les citoyens qui auraient jusque là refusé de rentrer dans la danse numérique. 

La dernière étape consiste ensuite à relier cette application à toute une myriade de procédés typiquement étatiques (pistage, surveillance, recoupement de fichiers, analyse des données en temps réel pour établir des statistiques comportementales puis politiques puis, pourquoi pas, religieuses ou sexuelles) ce qui, couplé par exemple avec passeport et porte-monnaie électronique, permet d’aboutir à un esclavagisme numérique total et soyeux, sans protestation et sans capacité de retour en arrière. 

Ce qui est vrai pour le petit moutontribuable l’est évidemment aussi pour les entreprises, et depuis longtemps : correctement enregistrées, pistées, suivies et ponctionnées, ces vaches à lait républicaines n’ont jamais cessé d’être l’objet de toutes les convoitises étatiques. 

Cependant, ce serait dommage de s’arrêter à ce qui existe déjà ; là encore, la République du Pistage Total (et totalitaire) est En Marche et c’est sans surprise qu’on découvre qu’une nouvelle mesure d’intermédiation étatique est en train de se mettre en place dans le silence compact des médias grand public qui ne veulent pas effaroucher le gibier citoyen. 

En effet, le projet de dématérialisation des factures européennes avance à grand pas. En substance, il s’agit d’imposer la numérisation des factures de toutes les entreprises européennes, et d’obliger la saisie numérique de ces factures dans un progiciel de l’État qui devient alors intermédiaire obligé et central d’absolument toutes les transactions professionnelles. Chaque facture envoyée à un client, quel et où qu’il soit, devra faire l’objet d’une saisie dans l’usine à gaz numérique qui se met en place sous les applaudissements fiscaux. 

Il reste encore quelques années (l’obligation sera active au premier juillet 2024 pour les grandes entreprises, un an plus tard pour celles de taille intermédiaire et un an de plus pour les petites) mais la marche semble inexorable : chaque facture devra impérativement être saisie dans le bastringue étatique – ne vous inquiétez pas, m’ame Michu, tout se passera aussi bien que d’habitude – au format prédéfini (qui n’est évidemment pas PDF mais bien « la norme EN16931 »). 

Le pompon étant que tout ceci sera évidemment présenté comme une absolue nécessité européenne, alors que la seule obligation au niveau communautaire est celle d’une interopérabilité des systèmes, pas de l’existence d’un système centralisateur étatique. La France, égale à elle-même lorsqu’il s’agit d’asservir son peuple (et d’emmerder les récalcitrants) n’accordera donc aucune liberté et, via un « gold plating » pratique, imposera donc que l’État vienne fourrer son groin absolument partout afin de parfaire son enfer fiscal.

Au passage, on ne s’étonnera pas que ces mesures n’emmerderont pas ces Français qui dirigent les grosses entreprises et celles qui sont dans la connivence avec l’État français, mais surtout « ceux qui ne sont rien », ces Français petits patrons de cette myriade d’entreprises qui forment le vrai tissus industriel du pays, ainsi que les Français lambdas qui, eux aussi, finiront par être confrontés à ces nouveautés électroniques d’asservissement fiscal ultime. 

Pistage numérique des citoyens, pistage numérique des entreprises, intermédiation de l’État dans absolument toutes les transactions commerciales possibles, avec en ligne de mire un prélèvement inévitable de taxes et, surtout, la possibilité pour ce même État d’interdire purement et simplement l’existance numérique et physique (puisqu’économique) de toute entreprise ou de tout citoyen qui lui déplaît… Voilà un tableau appétissant. 

Quand on se souvient en outre des attaques actuelles contre la liberté d’expression (l’épisode Musk & Twitter en est une parfaite illustration), on voit se dessiner un bien sombre avenir. 

Les pires tyrannies ont toujours procédé de la sorte : d’abord l’élimination de la liberté d’expression, puis la mise en place de Ministères de la Vérité (tant en France qu’aux États-Unis), puis le pistage aussi fin que possible de toutes les activités des individus, … et enfin, l’élimination (sociétale puis physique) des opposants. 

Décidément, la France du « Monde d’Après » est vraiment réjouissante. 

lundi 8 mars 2021

"NOUS AUTRES" Anti-utopie prophétique (1920) "мы" d'Evgeny Zamiatin

Dans une société assujettie au bonheur infaillible et obligatoire, alors que la "dernière" de toutes les révolutions possibles a eu lieu, les hommes, sous une cité de verre dans laquelle chaque geste est contrôlé, sont devenus des "Numéros". Ceux-ci paient de leur vie le moindre écart à l'ordre établi contre lequel, malgré tout, une poignée de dissidents va s'insurger. D-503 y tient un journal à la gloire de ce monde aseptisé et y consigne les débuts d'une insurrection qui va peu à peu le transformer. Anti-utopie prophétique qui anticipe toutes les glaciations du XXe siècle, Nous est considéré comme le premier chef-d'oeuvre de science-fiction, celui qui inspirera 1984 de George Orwell et Le Meilleur des mondes d'Aldous Huxley. Cette nouvelle traduction vise à faire entendre, dans les mots, cet appel tragique : on a toujours raison de se révolter (source)



extraits


 […] J'ai eu l'occasion de lire et d'entendre beaucoup d'histoires incroyables sur les temps où les hommes vivaient encore en liberté, c'est-à-dire dans un état inorganisé et sauvage. Ce qui m'a toujours paru le plus invraisemblable est ceci : comment le gouvernement d'alors, tout primitif qu'il ait été, a-t-il pu permettre aux gens de vivre sans une règle analogue à nos Tables, sans promenades obligatoires, sans avoir fixé d'heures exactes pour le repos ! On se levait et on se couchait quand l'envie nous en prenait, et quelques historiens prétendent même que les rues étaient éclairées toute la nuit et que toute la nuit on y circulait.
C'est une chose que je ne puis comprendre.
 […]


Aujourd’hui, par exemple, à seize heures dix exactement, je me trouvais devant le mur de verre étincelant. Au-dessus de moi, les lettres d’or : « Bureau des Gardiens » brillaient comme un soleil. À travers les murs, je voyais une longue file d’unifs gris-bleu. Les visages luisaient comme des lampes dans une ancienne église. Ils étaient venus pour accomplir une action sublime : pour trahir et sacrifier sur l’autel de l’État Unique, leurs parents aimés, leurs amis, eux-mêmes. J’aurais voulu me précipiter vers eux, mais je ne pus, mes pieds étaient comme soudés aux dalles de verre. Je restai là, les yeux fixes. […]

 

D’après les documents parvenus jusqu’à nous, les anciens éprouvaient des sentiments semblables lors de leurs « services religieux ». Mais eux, ils servaient un Dieu inconnu et absurde, tandis que nous, nous servons un Dieu sensé et parfaitement connu. Leur Dieu ne leur donnait rien, si ce n’est des inquiétudes éternelles, tandis que le nôtre nous a donné la vérité absolue : il nous a délivrés de toute inquiétude. Leur Dieu n’avait rien trouvé de mieux que de s’offrir lui-même en sacrifice, on ne sait pourquoi, tandis que nous apportons au nôtre, à l’État Unique, un sacrifice paisible, réfléchi et raisonnable. Certes, c’était bien une liturgie triomphale à la gloire de l’État Unique que cette commémoration de la Guerre de Deux Cents ans, de la victoire grandiose remportée par tous sur un seul, par le total sur l’unité…

 

[…]« la vieille légende du paradis, c’est nous, c’est tout à fait actuel. Vous allez voir. Les deux habitants du paradis se virent proposer le choix : le bonheur sans liberté ou la liberté sans bonheur, pas d’autre solution. Ces idiots-là ont choisi la liberté et, naturellement, ils ont soupiré après des chaînes pendant des siècles. Voilà en quoi consistait la misère humaine : on aspirait aux chaînes. Nous venons de trouver la façon de rendre le bonheur au monde… Vous allez voir. Le vieux Dieu et nous, nous sommes à la même table, côte à côte. Oui, nous avons aidé Dieu à vaincre définitivement le diable ; c’est le diable qui avait poussé les hommes à violer la défense divine et à goûter à cette liberté maudite ; c’est lui, le serpent rusé. Mais nous l’avons écrasé d’un petit coup de talon : “crac”. Et le paradis est revenu, nous sommes redevenus simples et innocents comme Adam et Ève. Toute cette complication autour du bien et du mal a disparu ; tout est très simple, paradisiaque, enfantin. Le Bienfaiteur, le Cube, la Machine, la Cloche Pneumatique, les Gardiens, tout est bon, tout est grandiose, magnifique, noble, élevé, d’une pureté de cristal. Car cela protège notre contrainte, c’est-à-dire notre bonheur. Les anciens, à notre place, se mettraient à raisonner, à comparer et à se casser la tête : “Est-ce moral, est-ce immoral… ?”




 Evgeni Zamiatine,

 Nous Autres

1920


  

"NOUS AUTRES" Anti-utopie prophétique (1920) "мы" d'Evgeny Zamiatin

Dans une société assujettie au bonheur infaillible et obligatoire, alors que la "dernière" de toutes les révolutions possibles a eu lieu, les hommes, sous une cité de verre dans laquelle chaque geste est contrôlé, sont devenus des "Numéros". Ceux-ci paient de leur vie le moindre écart à l'ordre établi contre lequel, malgré tout, une poignée de dissidents va s'insurger. D-503 y tient un journal à la gloire de ce monde aseptisé et y consigne les débuts d'une insurrection qui va peu à peu le transformer. Anti-utopie prophétique qui anticipe toutes les glaciations du XXe siècle, Nous est considéré comme le premier chef-d'oeuvre de science-fiction, celui qui inspirera 1984 de George Orwell et Le Meilleur des mondes d'Aldous Huxley. Cette nouvelle traduction vise à faire entendre, dans les mots, cet appel tragique : on a toujours raison de se révolter (source)



extraits


 […] J'ai eu l'occasion de lire et d'entendre beaucoup d'histoires incroyables sur les temps où les hommes vivaient encore en liberté, c'est-à-dire dans un état inorganisé et sauvage. Ce qui m'a toujours paru le plus invraisemblable est ceci : comment le gouvernement d'alors, tout primitif qu'il ait été, a-t-il pu permettre aux gens de vivre sans une règle analogue à nos Tables, sans promenades obligatoires, sans avoir fixé d'heures exactes pour le repos ! On se levait et on se couchait quand l'envie nous en prenait, et quelques historiens prétendent même que les rues étaient éclairées toute la nuit et que toute la nuit on y circulait.
C'est une chose que je ne puis comprendre.
 […]


Aujourd’hui, par exemple, à seize heures dix exactement, je me trouvais devant le mur de verre étincelant. Au-dessus de moi, les lettres d’or : « Bureau des Gardiens » brillaient comme un soleil. À travers les murs, je voyais une longue file d’unifs gris-bleu. Les visages luisaient comme des lampes dans une ancienne église. Ils étaient venus pour accomplir une action sublime : pour trahir et sacrifier sur l’autel de l’État Unique, leurs parents aimés, leurs amis, eux-mêmes. J’aurais voulu me précipiter vers eux, mais je ne pus, mes pieds étaient comme soudés aux dalles de verre. Je restai là, les yeux fixes. […]

 

D’après les documents parvenus jusqu’à nous, les anciens éprouvaient des sentiments semblables lors de leurs « services religieux ». Mais eux, ils servaient un Dieu inconnu et absurde, tandis que nous, nous servons un Dieu sensé et parfaitement connu. Leur Dieu ne leur donnait rien, si ce n’est des inquiétudes éternelles, tandis que le nôtre nous a donné la vérité absolue : il nous a délivrés de toute inquiétude. Leur Dieu n’avait rien trouvé de mieux que de s’offrir lui-même en sacrifice, on ne sait pourquoi, tandis que nous apportons au nôtre, à l’État Unique, un sacrifice paisible, réfléchi et raisonnable. Certes, c’était bien une liturgie triomphale à la gloire de l’État Unique que cette commémoration de la Guerre de Deux Cents ans, de la victoire grandiose remportée par tous sur un seul, par le total sur l’unité…

 

[…]« la vieille légende du paradis, c’est nous, c’est tout à fait actuel. Vous allez voir. Les deux habitants du paradis se virent proposer le choix : le bonheur sans liberté ou la liberté sans bonheur, pas d’autre solution. Ces idiots-là ont choisi la liberté et, naturellement, ils ont soupiré après des chaînes pendant des siècles. Voilà en quoi consistait la misère humaine : on aspirait aux chaînes. Nous venons de trouver la façon de rendre le bonheur au monde… Vous allez voir. Le vieux Dieu et nous, nous sommes à la même table, côte à côte. Oui, nous avons aidé Dieu à vaincre définitivement le diable ; c’est le diable qui avait poussé les hommes à violer la défense divine et à goûter à cette liberté maudite ; c’est lui, le serpent rusé. Mais nous l’avons écrasé d’un petit coup de talon : “crac”. Et le paradis est revenu, nous sommes redevenus simples et innocents comme Adam et Ève. Toute cette complication autour du bien et du mal a disparu ; tout est très simple, paradisiaque, enfantin. Le Bienfaiteur, le Cube, la Machine, la Cloche Pneumatique, les Gardiens, tout est bon, tout est grandiose, magnifique, noble, élevé, d’une pureté de cristal. Car cela protège notre contrainte, c’est-à-dire notre bonheur. Les anciens, à notre place, se mettraient à raisonner, à comparer et à se casser la tête : “Est-ce moral, est-ce immoral… ?”




 Evgeni Zamiatine,

 Nous Autres

1920


  

jeudi 12 novembre 2020

Le film "Hold-Up", enfin disponible !

Hold-Up le documentaire from Tprod on Vimeo.

Il est sorti hier 11/11 à 11h. Facebook censure la campagne de communication.

Hold-Up film documentaire sur la crise actuelle et sa gestion est sorti ce mercredi 11 novembre 2020 à 11h sur diverses plateformes

Financé par plus de 5000 citoyens français, il dure 2h40 et retrace les divers évenements au travers de témoignages de personalités incluant des prix Nobel, ancien ministre, chercheurs, médecins, analystes. 

Et déjà ce film documentaire dérange puisque Facebook a censuré la campagne de communication de l'équipe du film.

Christophe Cossé nous dit : 

« Il s'agit de comprendre ma destination, de voir ce que Dieu veut proprement que je fasse. Il s'agit de trouver une vérité qui soit vérité pour moi, de trouver l'idée pour laquelle je veux vivre et mourir».

Avec cette singulière crise politique qui remet en cause bien des principes de notre humanité, et que maquille la préoccupation sanitaire, nous sommes parvenus à l’heure des choix. Dès lors, avec nos connaissances et notre conscience, à quoi sommes-nous prêts à renoncer ? Devons-nous céder à la peur, au besoin de sécurité, ou préférer embrasser la vie et la liberté ? Ma démarche, notre démarche commune tant avec mes coproducteurs qu’avec toutes celles et ceux venus témoigner, c’est avant tout d’avertir sinon d’alerter, d’interpeller, d’informer le plus grand nombre.

L’épidémie et son traitement ont tout d’une intrigue dramatique. Cet évènement épidémique révèle en définitive une crise profonde, révélatrice de l’état actuel de notre société, de ses institutions et de sa culture. On y découvre non seulement le pouvoir de la presse, désormais inféodée au pouvoir par le jeu des actionnaires qui la détiennent, mais aussi la puissance des réseaux sociaux qui véhiculent tant le relais de cette dernière, qu’un contre-pouvoir raillé par la censure, mais ô combien salvateur pour la connaissance et la liberté d’expression ou d’information.

L’issue de cette épidémie, somme toute habituelle et saisonnière, présente donc en quelque sorte les deux genres aristotéliciens: la tragédie de l’humanisme ou l’épopée d’un renouveau. Gageons qu’elle débouche sur le renouveau. D’autres y voient une dimension biblique.

C’est donc une question de choix, d’élan instinctif, d’appel ce qui m’a poussé dans ce film. Et aussi parce que le scénario qui se déroule sous nos yeux mérite un témoignage. Sans prétention aucune, je me réfère à Alexis de Tocqueville : « ce qu’il y a souvent de plus difficile à apprécier et à comprendre, c’est ce qui se passe sous nos yeux.»

C’est la base du film, nous évertuer à comprendre : les mensonges, la manipulation, l’ingénierie sociale, la corruption. Il faut bien se figurer que la privation de nos droits, de nos libertés, de nos choix est un hold-up. Nous aurions pu l’intituler « Coup d’Etat ».

Retrouvez le film documentaire de Pierre Barnérias et Christophe Cossé :

➡️  ICI

Retrouvez aussi la tribune et le debriefing de Christophe Cossé

ndlr : Xavier Azalbert le directeur de la publication de FranceSoir a été interviewé dans ce documentaire

SOURCE : FRANCE SOIR

lundi 28 septembre 2020

LA LIBERTÉ D'EXPRESSION fondement de la LIBERTÉ

Albert Camus sur la liberté de la presse



Cet article devait paraître le 25 novembre 1939 dans  » Le Soir républicain « . Camus dénonce ici la désinformation qui gangrène déjà la France en 1939. Son manifeste va plus loin. Il est une réflexion sur le journalisme en temps de guerre. Et, plus largement, sur le choix de chacun, plus que celui de la collectivité, de se construire en homme libre

Les passages en italique contextuels sont mis en italique car ce serait abusivement réduire à la période historique de 1939 un manifeste qui malheureusement est toujours d'actualité

" […] Un des bons préceptes d’une philosophie digne de ce nom est de ne jamais se répandre en lamentations inutiles en face d’un état de fait qui ne peut plus être évité. La question en France n’est plus aujourd’hui de savoir comment préserver les libertés de la presse. Elle est de chercher comment, en face de la suppression de ces libertés, un journaliste peut rester libre. Le problème n’intéresse plus la collectivité. Il concerne l’individu. 

Et justement ce qu’il nous plairait de définir ici, ce sont les conditions et les moyens par lesquels, au sein même de la guerre et de ses servitudes, la liberté peut être, non seulement préservée, mais encore manifestée. Ces moyens sont au nombre de quatre : la lucidité, le refus, l’ironie et l’obstination. La lucidité suppose la résistance aux entraînements de la haine et au culte de la fatalité. Dans le monde de notre expérience, il est certain que tout peut être évité. La guerre elle-même, qui est un phénomène humain, peut être à tous les moments évitée ou arrêtée par des moyens humains. Il suffit de connaître l’histoire des dernières années de la politique européenne pour être certains que la guerre, quelle qu’elle soit, a des causes évidentes. Cette vue claire des choses exclut la haine aveugle et le désespoir qui laisse faire. Un journaliste libreen 1939, ne désespère pas et lutte pour ce qu’il croit vrai comme si son action pouvait influer sur le cours des événements. Il ne publie rien qui puisse exciter à la haine ou provoquer le désespoir. Tout cela est en son pouvoir.

 

En face de la marée montante de la bêtise, il est nécessaire également d’opposer quelques refus. Toutes les contraintes du monde ne feront pas qu’un esprit un peu propre accepte d’être malhonnête. Or, et pour peu qu’on connaisse le mécanisme des informations, il est facile de s’assurer de l’authenticité d’une nouvelle. C’est à cela qu’un journaliste libre doit donner toute son attention. Car, s’il ne peut dire tout ce qu’il pense, il lui est possible de ne pas dire ce qu’il ne pense pas ou qu’il croit faux. Et c’est ainsi qu’un journal libre se mesure autant à ce qu’il dit qu’à ce qu’il ne dit pas. Cette liberté toute négative est, de loin, la plus importante de toutes, si l’on sait la maintenir. Car elle prépare l’avènement de la vraie liberté. En conséquence, un journal indépendant donne l’origine de ses informations, aide le public à les évaluer, répudie le bourrage de crâne, supprime les invectives, pallie par des commentaires l’uniformisation des informations et, en bref, sert la vérité dans la mesure humaine de ses forces. Cette mesure, si relative qu’elle soit, lui permet du moins de refuser ce qu’aucune force au monde ne pourrait lui faire accepter : servir le mensonge.

 

Nous en venons ainsi à l’ironie. On peut poser en principe qu’un esprit qui a le goût et les moyens d’imposer la contrainte est imperméable à l’ironie. On ne voit pas Hitler, pour ne prendre qu’un exemple parmi d’autres, utiliser l’ironie socratique. Il reste donc que l’ironie demeure une arme sans précédent contre les trop puissants. Elle complète le refus en ce sens qu’elle permet, non plus de rejeter ce qui est faux, mais de dire souvent ce qui est vrai. Un journaliste libreen 1939, ne se fait pas trop d’illusions sur l’intelligence de ceux qui l’oppriment. Il est pessimiste en ce qui regarde l’homme. Une vérité énoncée sur un ton dogmatique est censurée neuf fois sur dix. La même vérité dite plaisamment ne l’est que cinq fois sur dix. Cette disposition figure assez exactement les possibilités de l’intelligence humaine. Elle explique également que des journaux français comme Le Merleou Le Canard enchaîné puissent publier régulièrement les courageux articles que l’on sait. Un journaliste libre, en 1939, est donc nécessairement ironique, encore que ce soit souvent à son corps défendant. Mais la vérité et la liberté sont des maîtresses exigeantes puisqu’elles ont peu d’amants.

 

Cette attitude d’esprit brièvement définie, il est évident qu’elle ne saurait se soutenir efficacement sans un minimum d’obstination. Bien des obstacles sont mis à la liberté d’expression. Ce ne sont pas les plus sévères qui peuvent décourager un esprit. Car les menaces, les suspensions, les poursuites obtiennent généralement en France l’effet contraire à celui qu’on se propose. Mais il faut convenir qu’il est des obstacles décourageants : la constance dans la sottise, la veulerie organisée, l’inintelligence agressive, et nous en passons. Là est le grand obstacle dont il faut triompher. L’obstination est ici vertu cardinale. Par un paradoxe curieux mais évident, elle se met alors au service de l’objectivité et de la tolérance.

 

Voici donc un ensemble de règles pour préserver la liberté jusqu’au sein de la servitude. Et après ?, dira-t-on. Après ? Ne soyons pas trop pressés. Si seulement chaque Français voulait bien maintenir dans sa sphère tout ce qu’il croit vrai et juste, s’il voulait aider pour sa faible part au maintien de la liberté, résister à l’abandon et faire connaître sa volonté, alors et alors seulement cette guerre serait gagnée, au sens profond du mot.[…] "

mardi 4 août 2020

Covid-19 : La généticienne Alexandra Henrion-Caude vous dit tout

Depuis que le Covid-19 est entré dans nos vies, on ne parle plus que de ça. Pour autant, beaucoup de questions restent aujourd’hui sans réponse. Parfois même, certaines ne peuvent être posées. Ancienne directrice de recherche à l’Inserm, Alexandra Henrion-Caude parle librement. Le virus vient-il d’un animal ou d’une manipulation humaine d’un laboratoire ? Que faut-il penser de la vaccination expérimentée de plus en plus aux quatre coins du globe ? Les conflits d’intérêt ont-ils ôté la liberté de la science ? Avec une humanité qui transparaît à chaque mot, Alexandra Henrion-Caude tranche avec la langue de bois des pseudos spécialistes du comité scientifique et livre sans détour les certitudes et les questionnements qui ressortent de cette crise inédite.

mardi 9 juillet 2019

Une autorité morale ne peut être opérée par l’État

sur le site CONTREPOINTS

Loi Avia : l’assaut de Macron contre la liberté d’expression continue

9 juillet 2019
Par Olivier Maurice.



Senator Rand Paul
✔@RandPaul

The sad irony of France leading efforts to curb free speech is powerful. Once the bastion of liberty, France has now become one of the greatest international threats to free speech.”
https://thehill.com/opinion/civil-rights/451813-france-has-turned-into-one-of-the-worldwide-threats-to-free-speech …
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3:44 PM - Jul 7, 2019
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France has turned into one of the worldwide threats to free speech

The bastion of liberty has unleashed a government crackdown on various forms of expression.thehill.com

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Platon a écrit l’allégorie de la caverne il y a plus de 25 siècles. Et malgré le nombre impressionnant d’intelligences remarquables qui se sont penchées depuis sur le savoir, la sagesse, la connaissance, la morale… les gens continuent à croire que la vérité est une évidence et qu’une fois qu’elle a été décrétée, elle doit être admise par tout le monde, par la force ou par l’enseignement : que l’on peut et même que l’on doit transformer tous les idiots en savants à coup de bâton et en leur tendant des carottes, que l’éducation, le comportement et les opinions ne sont qu’une question de moyens et d’autorité.

On a même perverti un mot pour décrire ce dogme : l’altruisme, la profonde conviction qu’il faut aider les autres malgré eux. Cette mission sacrée a surtout l’avantage d’opposer et de neutraliser deux sentiments contradictoires : la culpabilité d’être supérieur aux autres et de savoir ce qui est vrai et bon alors que les autres ne le savent pas et la certitude d’être le seul au monde à posséder un pouvoir de décision sur les actions que l’on entreprend alors que tous les autres êtres humains en sont dépourvus.

La croisade contre la bêtise a en fait un but très clair : faire reconnaître à tous que l’on est supérieur aux autres.

Le phare du monde libre


Sous l’impulsion de Jean-Jacques Rousseau, la France a depuis deux cent ans décrété unilatéralement être le champion du monde de l’arrogance et du narcissisme appliqué en politique. Elle est d’ailleurs passée depuis sous l’impulsion de cette certitude, du rang de première puissance mondiale à celui où elle est actuellement.

Le gouvernement actuel entend donc bien démontrer une fois pour toutes son magistère moral en reprenant la tête du volontarisme progressiste que l’on croyait pour l’instant être l’apanage de l’élite Old Money de Cap Cod. Il faut dire que la place est à prendre depuis que Donald Trump a renvoyé dans leurs certitudes les maîtres à penser juste et bien d’outre-Atlantique.

Un nouvel épisode de cette guerre des sachants contre la boue se déroule en ce moment dans les travées de l’Assemblée nationale avec l’adoption de la loi anti-haine, lieu où les députés de la majorité luttent avec courage et abnégation contre une opposition totalement inexistante et secrètement envieuse d’une telle audace liberticide (voire même en étant très excités à l’idée de participer activement au concours d’interdictions, de sanctions et de brimades).





Eric Ciotti
✔@ECiotti


Face au défouloir de haine qui sévit sur les réseaux sociaux il est temps de mettre un terme à la naïveté et d’y bannir la violence et les propos haineux.

Je voterai la #PPLCyberHaine qui mérite néanmoins d’être améliorée notamment en interdisant l’anonymat.
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4:07 PM - Jul 3, 2019
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Censure, égalité, impôts

Laëtitia Avia, icône de la diversité de la nouvelle assemblée et « résultat d’un modèle de politique publique » a été propulsée pour l’occasion en orbite par Emmanuel Macron pour défendre un projet de loi qui s’inscrit dans la droite ligne des actions pour l’égalité des droits et des chances dont elle est une fervente partisane. Elle aura réussi en quelques discours à faire ce que tous les dictateurs en herbe avait toujours rêvé sans jamais avoir osé le faire : dynamiter la liberté d’expression, interdire officiellement la contradiction et par la même fracturer encore plus la société française en mettant hors-la-loi la différence d’opinion.

Il faut dire qu’il était temps d’agir. On n’était pas passé très loin de la catastrophe avec le mouvement des Gilets jaunes. Il fallait absolument réduire au silence cet abomination anti-démocratique (entendez par là, qui ne suit pas les règles de la démocratie officielle) que sont les réseaux sociaux. Car il est clair que la désapprobation populaire qui a agité le pays pendant six mois ne pouvait venir que d’une seule et unique cause : la haine.

Sentiments interdits

Car c’est la haine qui est à l’origine du ras-le-bol fiscal : si on est altruiste, on paie ses impôts avec joie et bonheur.
C’est la haine qui est à l’origine de la dénonciation de l’excuse taxe carbone : si on est altruiste, on retourne à l’Âge des cavernes pour éviter à la planète de griller par notre faute.
C’est la haine qui est à l’origine de la dénonciation de l’obésité étatique : si on est altruiste, on est pour un État qui fait tout pour les gens à leur place, ceux-ci étant incapables de s’en sortir par eux-mêmes.
C’est la haine qui fait que les provinciaux prennent leur voiture pour aller faire leurs courses au supermarché : quand on est altruiste, on roule en vélo, on mange local, bio, végan et équitable.
C’est la haine qui est à la source de l’extrême droite, de l’extrême gauche, de l’ancien monde, des traditions, des opinions, des habitudes, des valeurs, bref c’est la haine qui est à l’origine de notre société.
Éliminons la haine et nous éliminerons cet enfer : les autres.

Bêtise interdite

Au passage, profitons-en donc aussi pour pratiquer un peu de clientélisme pour pas cher, pour faire le tour de toutes les minorités opprimées et stigmatisées par des propos haineux.

Parce qu’en plus de la haine égoïste, il y a la haine raciste. Les seules personnes qui ont le droit d’insulter les membres d’une communauté sont les membres de cette communauté. Une personne de couleur a parfaitement le droit d’appeler une autre personne de couleur gros nez, c’est un sobriquet familier. Mais ce privilège est réservé à ceux de la même couleur… voire de la même nationalité, de la même ethnie, du même quartier, de la même famille… sinon c’est aussi de la haine !





LCP
✔@LCP


La mise en garde de @LaetitiaAvia : "Chers trolls, haters, têtes d’œuf anonymes, qui vous croyez seuls cachés derrière vos écrans, qui êtes petits et lâches, sachez que nous nous battrons pour vous mettre face à vos responsabilités (...) c’est la fin de l’impunité !" #DirectAN
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3:48 PM - Jul 3, 2019
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La haine contre la haine est donc déclarée, à grand renfort de haine affichée contre les égoïstes diaboliques. Éliminons la bêtise et nous éliminerons cette plaie : la haine. Envoyons au goulag les têtes d’œufs (qui n’est absolument pas un mot raciste ou haineux, mais un sobriquet familier) et le monde sera sauvé.

La foire à tout

Dans le sillage de Laëtitia Avia et de ses torrents d’éloquence réglementaire, voyant la boîte de Pandore grande ouverte et voulant saisir l’opportunité de se faire remarquer, les députés se sont aussitôt pressés au perchoir pour défendre chacun son petit amendement et protéger ainsi sa minorité chérie contre cette haine raciste, espérant ainsi s’attirer les bonne grâce des 1 % ou 2 % de voix qui feront la différence aux prochaines élections.

Donc plus question de parler de crétin des Alpes (raciste envers les montagnards alpins), plus question de parler de cul-terreux (raciste envers les agriculteurs), plus question de ne plus être d’accord avec quelqu’un en surpoids, de petite taille, de grande taille, plus question de contredire une femme quand on est un homme, un homme quand on est une femme, plus question de ne pas être d’accord avec le sionisme si on n’est pas juif, etc.

Il faut bien reconnaître à Laëtitia Avia son avant-gardisme dans le domaine, la député ayant déposé le 18 octobre 2018 un projet de loi visant à réprimer la glottophobie (le racisme envers ceux qui parlent avec un accent), sujet hautement important un mois avant que la France des provinces (celle de ceux qui parlent avec un accent) ne vienne démontrer la justesse de ses propos en bloquant des ronds-points : parce que si les gens ont soudainement trouvé l’essence trop taxée, c’est évidemment à cause de la glottophobie ambiante.


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Laetitia Avia
✔@LaetitiaAvia


Parle-t-on moins français avec un accent ? Doit-on subir des humiliations si on a pas d'intonations standardisées ? Pcq nos accents sont notre identité, je dépose, avec des députés @LaREM_AN, une proposition de loi pour reconnaitre la glottophobie comme source de discrimination
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8:07 PM - Oct 18, 2018
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L’assemblée nationale n’a jamais mieux que ces derniers jours mérité le qualificatif de « libérale » que les docteurs auto-déclarés du libéralisme qui savent mieux que les libéraux ce qu’est le libéralisme donnent à la République En Marche et à Emmanuel Macron. Dans leur fièvre collectiviste, les députés se sont en effet trouvé tout d’un coup une passion débordante à défendre les intérêts particuliers au nom de l’intérêt général, une imagination prolifique à multiplier les cas individuels pour assurer l’égalité de tous devant la loi.

Au mieux : rien

Pour plein de raisons, cette loi fera flop. Comme a fait flop la loi Hadopi et comme ont fait flop avant elle toutes les tentatives de censure et de pensée unique. Soit elle fera flop tout de suite : l’inventivité humaine trouvera rapidement comment contourner l’interdit, si ce ne sont les GAFA eux-mêmes, ce seront des offres concurrentes (VPN, réseaux privés, applications de messagerie instantanées, messages cryptés etc.). Soit elle fera flop dans quelques temps quand la cocotte-minute explosera.

Combien faudra-t-il d’échecs pour que l’on comprenne un jour que la meilleure façon d’exacerber un comportement immoral consiste justement à l’interdire, que la transgression des règles est innée chez l’espèce humaine. Il n’y a pas de moteur plus puissant à la bêtise que celui qui consiste à obliger les gens à agir comme ils n’en ont pas envie. Ils ne croient que ce qu’ils ont envie de croire.

Combien faudra-t-il de lois contre-productives pour que l’on se rende compte que l’expression de la haine, sur Internet ou ailleurs, n’est en aucun cas une cause, mais une conséquence. Il faut bien plus que quelques mots pour décider du comportement humain.

Mais il est sans doute plus facile de taxer les GAFA que d’agir pour améliorer les causes qui génèrent cette haine : de diminuer la pression fiscale qui génère la haine de l’État, de transformer le système social qui génère la haine des étrangers, de modifier le système d’enseignement qui génère la haine des riches et la haine des pauvres, de permettre à nouveau la présence de réelles autorités morales et philosophiques en remplacement de cette religion d’État qui au lieu de superviser les religions a décidé de les réduire le plus possible puis de se substituer à elles pour imposer ses vues.

Mais sans doute le pire

Dès que l’on oblige par la force, par la loi ou par n’importe quel règlement un comportement moral, on infantilise les individus et on réduit leur capacité à juger de la gravité de leurs actes et à en répondre. Il ne reste alors que peu de choix : franchir le pas de l’illégalité, reporter leurs frustrations ailleurs, déprimer, chercher des boucs émissaires, bâtir des théories du complot, se monter le bourrichon jusqu’à ce que la marmite explose. À terme, on ne génère que du conflit.

C’est pour cela qu’une autorité morale ne peut être opérée par l’État ou par n’importe quel pouvoir : parce qu’elle ne peut être ni obligatoire, ni unique et qu’elle se doit avant tout d’être à l’écoute.

Obliger chacun à faire ce qu’il ne souhaite pas, ce qu’il ne comprend pas ou ce qu’il trouve ridicule, c’est détruire le sens des choses, pousser à l’extrémisme, donner le sentiment d’être un paria uniquement parce qu’on n’a pas le droit d’être comme on est.

Bien plus que la haine ou la bêtise, la censure et la pensée unique mènent toujours à la violence.

vendredi 12 avril 2019

"Devoir d'ingérence" à géométrie variable

 Les autorités de Londres ont arrêté le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, suite à un mandat d’extradition pour le compte des autorités américaines.
Ben Wizner, le directeur de l’American Civil Liberties Union’s Speech, Privacy, and Technology Project, a fait la déclaration suivante à ce propos :
"Toute poursuite intentée par les États-Unis contre M. Assange pour les activités de publication de Wikileaks serait sans précédent et inconstitutionnelle" (source)



Julian Assange a été extrait de force, par les autorités britanniques, de l’ambassade équatorienne à Londres où il a passé ses sept ans d’asile.



J.A pénétrant dans la Westminster Magistrate’s Court pour y être traduit en justice


LIRE AUSSI : Qui se soucie aujourd’hui du sort de Chelsea Elizabeth Manning, née Bradley Edward Manning ?

extraits :
" […] Pour rappel, cette activiste et lanceuse d’alertes transgenre avait été condamnée en 2013 par une cour martiale à 35 ans de réclusion pour avoir transmis en 2010 à WikiLeaks plus de 700 000 documents confidentiels, dont plus de 250 000 câbles diplomatiques relatifs aux guerres d’Irak et d’Afghanistan. Il est vrai que faire ce que dicte sa conscience et porter des crimes de guerre à la connaissance du monde, à savoir les morts de civils sous les bombardements américains en Irak et en Afghanistan se paye au prix fort !
Pour avoir fait ce que lui dictait sa conscience, ne pas cautionner l’innommable, parce qu’elle savait, Chelsea Manning a passé sept ans de sa vie en prison, dont trois de détention provisoire. […]
En 2017 à trois jours de son départ de la Maison Blanche, Barack Obama avait annoncé une nouvelle vague de grâces et de réductions de peines. Chelsea Manning figurait sur la liste des 273 condamnés auxquels le président avait souhaité accorder une « seconde chance », selon les mots de la Maison Blanche.  […] Le 8 mars 2019, un juge fédéral a de nouveau placé la lanceuse d’alerte Chelsea Manning en détention jusqu’à ce qu’elle accepte de témoigner dans une enquête visant WikiLeaks. Ayant quelques jours auparavant refusé de témoigner devant un grand jury dans le cadre d’une enquête sur Julian Assange, s’attendait à cette issue. […] "