POUR COMMANDER CLIQUEZ > ICI
Affichage des articles dont le libellé est Ancien Aemilianos. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Ancien Aemilianos. Afficher tous les articles
vendredi 19 décembre 2014
lundi 19 juillet 2010
LE MIRACLE QUI A SAUVÉ SŒUR AEMILIANE
![]() |
Geronda Aemilianos |
Voici une interview de 1999 d'une américaine qui est désormais une moniale orthodoxe en Grèce* et qui a failli être tuée dans un accident de sinistre mémoire. Voici l'extrait de son entrevue qui explore les événements mystiques entourant le secours qu'elle a reçu.
T : L'été 1981, deux passerelles se sont effondrées à l'Hôtel Hyatt Regency, à Kansas City, tuant 114 personnes et en blessant beaucoup d'autres. Vous avez été grièvement blessée lorsque vous vous êtes retrouvée piégée par la chute des poutres et des décombres. En fait j'étais à Boston cet été-là (avant d’emménager dans la région) et je me souviens d'avoir été en train de prier pour quelqu'un appelée Mélanie [sœur Aemiliane]. Je ne pensais pas que je pourrais jamais vous rencontrer en personne.
Voudriez-vous nous parler de cette expérience et de votre guérison qui a suivi?
SA : J'ai eu un écrasement de la troisième vertèbre lombaire. Ma moelle épinière a subi une grave torsion et a été écrasée de telle sorte que des morceaux d'os s’y sont enfoncés. Les premiers rayons X ont fait tomber à la renverse les radiologues d’étonnement quand ils ont vu que je conservais de la sensibilité, car les rayons X montraient un énorme morceau d'os en plein milieu de la moelle épinière, ce qui indiquait que ma moelle épinière avait été, presque sans aucun doute, tranchée. Ce n'était pas le cas, mais j'étais paralysée de la taille aux pieds. J’avais un tas de côtes cassées, une fracture de la cheville, un affaissement d’un poumon...
T : Et pourtant, vous êtes ici aujourd'hui.
SA : La première partie de mon rétablissement a été d’être extraite des décombres. Beaucoup de gens sont morts qui n’étaient pas en aussi mauvais état que moi, parce qu'ils n’ont pu être extraits à temps. Il était impossible pour les autres d’arriver jusqu’à moi. Et il était impossible pour moi d'être extraite dans les temps pour survivre.
T : Vous rappelez-vous cela ?
S.A.: Oui, je le peux - en détail. Je me souviens que j’étais écrasée – courbée, le visage entre mes genoux. Je ne pouvais pas bouger autre chose que ma main droite légèrement d’un côté et de l'autre. Il n'y avait même pas assez d’espace pour respirer - il y avait soixante tonnes au-dessus de moi. Mes genoux m’avaient cassé les côtes. À un certain moment ma sœur a tiré sur ma main droite, mais elle ne pouvait pas me bouger. Alors, à un moment donné, j'ai parlé à mon ange gardien: «Où es-tu ?» ai-je dit. J’ai senti qu’on attrapait ma main droite, sans tirer, et puis je me suis retrouvée dehors. J'étais allongée sur le dos, totalement libérée des décombres. Quelqu'un que je ne reconnaissais pas me tenait et m’a dit que tout irait bien pour moi. Personne ne se souvient avoir vu cette personne.
T.: Cette expérience doit avoir une incidence sur votre vie à bien des égards. Comment a-t-elle affecté votre vie spirituelle?
SA : Le fait de la naissance virginale du Christ, sorti de l'utérus sans détruire la virginité, sans douleur. Le fait de sa Résurrection, lors de laquelle Il s’est relevé du tombeau sans bouger le rocher. Il avait été scellé jusqu'à ce que l'ange l’écarte. Le fait de l'expérience des disciples quand ils étaient dans la salle du haut et que les portes étaient fermées, alors que le Christ est entré - non pas comme un esprit ou une métaphore ou un fantôme, mais dans sa chair. Il a mangé et Il a bu. Les disciples ont mis leurs doigts dans ses plaies. Tout cela est devenu très réel pour moi. Ce n'est pas parce que je suis quelque chose de spécial. C'est grâce à la prière des saintes personnes qui ont purifié leur cœur par un engagement incroyable, qui se sont accusés elles-mêmes de leurs péchés avec une honnêteté sans concession devant leur confesseur et Dieu, s’humiliant elles-mêmes à l'extrême et devenant semblables au Christ - remplis du Christ. Rien ne peut témoigner davantage de la puissance de la prière, de la puissance de l'amour de Dieu, qui est la résurrection et la vie. C'est la réalité de la résurrection.
T.: Comment avez-vous décidé de vous engager dans la vie monastique ?
SA : Bien que je n'y aie pas songé à l'époque rationnellement, toute ma vie était aussi brisée que mon dos. Toute ma vie était aussi paralysée que mon corps. 114 personnes avaient été tuées. Alors qu’est-ce donc qui importe après cela ? Qu'est-ce qui pourrait avoir autant de sens ? Qu'est-ce qu’il y aurait d’aussi important à exprimer ou penser que de créer un lien à jamais avec tous ces gens, toutes ces âmes ? Seulement vivre pour eux et pour tout le monde. À ce moment-là, mes études ont perdu tout le sens qu'elles avaient. Je le sentais bien. Je pouvais faire n’importe quoi - me marier, avoir une carrière. Un an après l'accident, si vous veniez de me voir, vous n'auriez pas été capable de dire que j’avais été blessée si gravement. Les médecins sont encore totalement mystifiés à ce sujet et ils l'admettent ouvertement. Ils avaient dit à mes parents que je ne pourrais pas vivre, mais que si je vivais, je ne marcherais plus jamais. Et puis j'ai reçu la Sainte Communion le huitième jour [après l'accident], et j'ai bougé mon pied gauche, entièrement. Alors ils ont dit, "Nous ne savons pas, peut-être qu'elle va marcher, mais cela prendra une année à l'hôpital avec des béquilles et des cannes." J'ai quitté l’hôpital trois mois après - avec des prothèses, mais sans appareillage orthopédique sur mes jambes, et avec deux cannes. Si bien que mon médecin de Kansas City a dit et dit encore: "Nous n’avons jamais pu expliquer votre cas, nous ne pouvons pas et c'est tout." Ainsi, je pouvais faire n’importe quoi , mais je ne me souciais pas suffisamment de ma carrière pour m’y consacrer. Rien dans la vie laïque n’avait assez de sens pour moi. A ce moment, aucun médecin, aucun scientifique, aucun travailleur social, aucun psychologue, aucun membre de ma famille, aucun être cher, aucun ami - rien – ne pouvait m'aider; toute la technologie du monde n’aurait pas suffi à m’avoir sauvée. Et les autres étaient morts.
Neuf mois plus tard, j'étais toujours en grand besoin après tout ce qui s'était passé, et avec tout ce noir devant moi. Je suis venu à Sainte-Croix [le Séminaire à Brookline, Massachusetts] pour me confesser avec un hiéromoine de la Sainte Montagne, le Père Dionysios (Il avait été invité au séminaire par l'archevêque Iakovos pendant tout le Grand Carême pour offrir ses conseils aux étudiants et professeurs). Je mange encore le pain spirituel qu’il m'a donné à ce moment-là. Quelques mois plus tard, il m'a envoyé une photo de son Ancien, l'archimandrite Aemilianos, abbé du monastère Simonos Petras, du Mont Athos. J’ai été totalement bouleversée. Je le reconnaissais, il ressemblait à celui qui m'avait sorti de sous les tonnes de décombres après l'accident. Alors j’ai su. Ce qui m’avait sauvée, c’était la prière de l'Ancien Aemilianos - quelqu'un qui était de l'autre côté du monde dans son monastère, sans avoir jamais mis les pieds en Amérique, physiquement. Il n'y avait aucune raison pour laquelle il aurait du ou aurait pu me le faire savoir. J'avais entendu parler de lui et de son fils spirituel, mon Ancien, Dionysios, mais je n'avais aucune idée de comment je pourrais jamais le rencontrer. Après cela, j'ai découvert que le jour de l'accident était son jour de fête – le 18 Juillet, jour de la fête de Saint-Aemilianos le martyr. Donc, il est devenu clair pour moi dans mon sang et mes os brisés mêmes, sans que cela soit du tout, jamais, une pensée analytique, que la prière d'un cœur pur - purifié ! - est la chose la plus puissante dans le cosmos.
Ceci dit, dans l'ancien calendrier, sur la Sainte Montagne, c’était le 5 Juillet, qui est la fête de Saint Athanase l'Athonite, le père du monachisme cénobitique au Mont Athos, au Xe siècle. Nous faisons une agrypnie toute la nuit du 5 Juillet pour célébrer cette fête. Au début on commence la lecture de la vie de Saint-Athanase. Chaque année, nous ne faisons qu’une partie de l’office. En ce moment cette partie se termine à l’Orthros, ou (si nous le lisons pendant le repas) quand le repas est fini. Je n'avais jamais lu la fin... La «fin» de l'histoire, c'est que Saint Athanase l'Athonite a été tué par l'effondrement d'un nouveau bâtiment.
J’ai vu alors l'icône de l'ange gardien (ici, à Boston, au monastère de la Sainte Transfiguration), sur laquelle est écrite une prière de Complies qui dit: «Prends-moi par ma main tendue et misérable...."
Lorsque la structure des choses est erronée ou de plus en plus inadéquate, le seul espoir est de tout casser et tout mettre à l’écart et alors cela peut être restructuré - une nouvelle création. Geronda [Ancien ] Aemilianos m’a dit une fois beaucoup plus tard que Dieu prépare et fournit dans la vie de chaque personne un «Hyatt» qui est un pont pour la vie nouvelle.
(Version française de Maxime le minime d'après
* Sœur Aemiliane est d'ailleurs maintenant devenue Mère Aemiliane, puisque sous la paternité spirituelle de Geronda Dyonisios elle dirige la communauté de moniales de La Présentation de la Mère de Dieu au Temple, qui sont, après un séjour en Grèce, installées aujourd'hui aux États Unis, dans l'état de New York.
![]() |
Gerondissa Aemiliane |
jeudi 1 juillet 2010
ANCIEN DIONYSIOS : L'ennemi intérieur (1) Présentation
Il y a quelques années j'étais abonné à une revue américaine, "What is Enlightment", (dirigée par l'enseignant spirituel très actif et musicien de jazz Andrew Cohen) qui m'intéressait par sa recherche spirituelle (un écho de mes recherches antérieures) à laquelle je demeurais attentif malgré l'engagement de toutes les composantes de mon être dans l'Orthodoxie... et quelle ne fut pas ma surprise, mon heureuse surprise, d'y trouver cette interview d'un moine orthodoxe (!) Père Dionysios. C'est comme si le Ciel, une fois de plus, me signalait que mon cheminement antérieur - dont je conservais encore le souvenir vivant - était semé de cailloux lumineux, et que mon engagement dans l'Orthodoxie, loin de restreindre mon champ d'investigation de Petit Poucet cherchant à retrouver sa maison, était bien dans la cohérence, la richesse et la plénitude de mon désir spirituel quoi qu'aient pu en penser d'anciens compagnons de pélerinage... Je ne m'étais pas trompé ! J'avais traduit sur mes cahiers une partie de cette interview mais maintenant je me suis décidé à tout traduire en voici donc une première partie.
"Né en 1950 et ayant grandi dans une petite ville dans le nord de la Grèce, il était clair dès le début que Père Dionysios ne voulait pas élire domicile dans le monde. Issu d'une famille religieuse avec des ancêtres dans le sacerdoce, il a quitté la maison à dix-sept ans, pour poursuivre sa passion pour l'esprit au monastère historique de la Grande-Météore au sommet d'une falaise du centre de la Grèce. C'est là qu'il a rencontré son père spirituel, un Ancien grandement vénéré, l’archimandrite Aemilianos, et a reçu la tonsure dans la vie du renoncement. Lorsque plusieurs années plus tard, l'industrie du tourisme grec s’est imposée sur l'ensemble du complexe antique des Météores, l’Ancien Aemilianos et son groupe de jeunes moines s’est délocalisé pour un monastère perdu sur le Mont Athos et a commencé, avec une poignée d'autres nouvelles fraternités, à revivifier l’ancien havre monastique en déclin avec leur zèle pour la vie sainte.
Ma première rencontre avec l'archimandrite Dionysios est survenue, peut-être ironiquement, par e-mail. Ironique parce que, malgré les moyens résolument modernes de sa communication, dès sa réception, je me suis senti comme transporté un millier d'années en arrière à une époque où l'art épistolaire était une forme vénérée et étudiée du discours spirituel. «M. Hamilton, cher dans le Seigneur», ainsi a commencé la lettre, «Réjouissez-vous dans le Seigneur. Cela a été un grand honneur de recevoir votre e-mail du 11 Septembre, surtout après la recommandation de notre respecté, ami commun, dans mon cas depuis longtemps, le très sage Père Basile Pennington. S'il vous plaît pardonnez-moi, depuis le jour de réception de votre e-mail jusqu'à ce jour j'ai été absent... je serai en Grèce, au Saint Monastère de l'Exaltation de la Sainte-Croix... et vous y attendrai pour vous y offrir l'hospitalité pour aussi longtemps que vous le souhaitez, nous pourrons aussi y discuter de toutes les questions dont vous me parlez dans votre lettre. " Après avoir écrit au célèbre Ancien chrétien orthodoxe pour demander à la fois une interview pour notre magazine et des conseils sur notre prochain pèlerinage au Mont Athos, la légendaire «Sainte Montagne», cœur du monachisme orthodoxe, j'ai eu le plaisir de recevoir cette réponse chaleureuse et généreuse. Après une longue liste de suggestions pour mon voyage, l'Ancien a ajouté quelques mots gentils de respect et d'estime et a conclu par ce qui suit: «Mon âme frémit de crainte que vous ne receviez pas ma réponse à temps."
J'avais pu lire dans les textes orthodoxes l'humilité profonde qui émane de beaucoup de saints anciens - des hommes dont on dit que la vie de profonde prière, de contemplation et d'ascèse a retranché d'eux mêmes les plus petites graines de préoccupation de soi. Mais quoi qu'il en soit, avec toutes mes recherches dans les écrits, je ne m'attendais pas du tout à recevoir un tel e-mail. Lorsque j'ai commencé à taper ma réponse, j'ai eu sans aucun doute le sentiment, même à travers le pipeline de fibre optique, que l'homme que j'avais rencontré n'était pas un être humain ordinaire..."
(Version française de Maxime le minime)
(à suivre)
Inscription à :
Articles (Atom)