Les lèvres mensongères font horreur à l'Éternel, tandis que ceux qui agissent avec fidélité lui sont agréables. Proverbes 12:22 «C'est ce qui sort de l'homme qui le rend impur. En effet, c'est de l’intérieur, c'est du cœur des hommes que sortent les mauvaises pensées, les adultères, l'immoralité sexuelle, les meurtres, les vols, la soif de posséder, les méchancetés, la fraude, la débauche, le regard envieux, la calomnie, l'orgueil, la folie. Toutes ces choses mauvaises sortent du dedans et rendent l'homme impur.» Marc 7:20-23 Un témoin fidèle ne ment pas, tandis qu’un faux témoin dit des mensonges. Proverbes 14:5 « Vous, vous avez pour père le diable et vous voulez accomplir les désirs de votre père. Il a été meurtrier dès le commencement et il ne s'est pas tenu dans la vérité parce qu'il n'y a pas de vérité en lui. Lorsqu'il profère le mensonge, il parle de son propre fond, car il est menteur et le père du mensonge. » Jean 8:44 Si les paroles distinguées ne conviennent pas à un fou, les paroles mensongères conviennent d’autant moins à un noble. Proverbes 17:7 « Écarte de ta bouche la fausseté, éloigne de tes lèvres les détours ! Proverbes 4:24 Craindre l'Éternel, c'est détester le mal. L'arrogance, l'orgueil, la voie du mal et la bouche perverse, voilà ce que je déteste. » Proverbes 8:13 « Pierre lui dit : «Ananias, pourquoi Satan a-t-il rempli ton cœur, au point que tu aies menti au Saint-Esprit et gardé une partie du prix du champ? […] Comment as-tu pu former dans ton cœur un projet pareil? Ce n'est pas à des hommes que tu as menti, mais à Dieu.»Actes 5:3-4Mais pour les lâches, les incrédules, les abominables, les meurtriers, les impudiques, les enchanteurs, les idolâtres, et tous les menteurs, leur part sera dans l'étang ardent de feu et de soufre, ce qui est la seconde mort.Apocalypse 21.8
Affichage des articles dont le libellé est l’Église. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est l’Église. Afficher tous les articles

vendredi 7 août 2015

Le chemin de l'unité, quelques scénarios possibles…par P. Andrew


Malheur aux pasteurs qui détruisent et dispersent le troupeau de mon pâturage! dit le Seigneur ... Et je rassemblerai le reste de mes brebis de tous les pays où je les ai chassés, et je les ramenerai dans leur pâturage et elles seront fécondes et multiplieront. (Jérémie 23, 1 et 3)

Le chemin de la désunion

Depuis 1917 et la chute organisée par l’Occident de l'Empire chrétien, la Troisième Rome, les forces de ce monde ont trouvé le moyen de diviser la Confédération des Eglises locales qui forme l'Église orthodoxe. Ce qu'elles ont fait en trois étapes.

Leur premier objectif était d'attaquer, paralyser, duper et ainsi diviser ceux qui appartenaient à l’Église essentielle, de loin la plus grande, la plus multinationale celle qui avait le plus l'esprit de mission, celle dont dépendaient largement les autres, l'Église orthodoxe russe. Si les extrémistes de tout poil, qu’ils soient modernistes, nationalistes ou sectaires, pouvaient être amenés à diviser cette Église – son  territoire étant un sixième de la planète – alors  son influence non seulement dans cette partie du monde mais partout même dans le monde pourrait être détruite. À cet effet, les forces de ce monde ont favorisé la naissance et l’expansion de modernistes rénovationistes d'esprit protestant, à la fois  à l'intérieur de la Russie (comme A. I. Vvedensky soutenu par les communistes et ceux qui étaient avec lui, y compris les actuels néo-rénovationistes) et hors de Russie (le schisme  de l’YMCA de Paris soutenu par les Protestants), les groupes nationalistes (Ukrainiens de Galicie - autocéphalistes et les actuels carriéristes Philarétistes, les Biélorusses - autocephalistes, les Américains Carpatho-russes induits en erreur) et de minuscules sectes d'extrême-droite (Suzdalites, Agathangelites, Tikhonites (de Tikhon Paseka), Diomidites etc). Peu importait quel « isme » était utilisé pour attaquer, paralyser, duper et ainsi diviser, que ce soit le communisme marxiste, le fascisme hitlérien ou le capitalisme libéral-consumériste. Plus directement ils ont également utilisé d'autres « ismes », comme le catholicisme et le protestantisme, avec l'envoi dans les années 1920 de catholiques (d'Herbigny) et dans les années 1990, de davantage d’Uniates et de sectaires protestants américains pour tenter de diviser l'Église russe.

Bien que la lutte continue, contre tout ce que les forces de ce monde ont planifié, l'Église orthodoxe russe et ainsi la Russie orthodoxe sont peu à peu restaurées. Les forces de ce monde ont largement échoué et échoueront, aussi longtemps que le sang et les semences des Nouveaux Martyrs et les larmes et la sueur des confesseurs qui reconstruisent l'Église russe s'opposeront à elles.

C’est pourquoi les forces de ce monde ont entamé la seconde partie de leur campagne. Cela a consisté à attaquer, paralyser, duper et ainsi diviser ceux qui appartenaient à d'autres Églises locales, plus petites, en introduisant le modernisme et son symbole, le calendrier catholique-protestant. Ils ont commencé par le maillon faible de la chaîne, Constantinople occupée par la Turquie, et ont commencé à remplacer ses Patriarches par des marionnettes occidentales. Évidemment cela a créé un schisme. Les forces de ce monde ont développé leurs activités, en intervenant dans les quatre autres églises grecques (l' Église de Grèce, son rejeton autocéphale en Albanie grecque, l'Église de Chypre et le Patriarcat d'Alexandrie) ainsi que dans l'Église latine (la Roumanie, où ils se sont encore récemment immiscé dans la nomination d'un patriarche), dans la plus faible des Églises slaves (Bulgarie) et dans le Patriarcat d'Antioche arabe (où ils ont créé une guerre terroriste), ainsi qu’en essayant de subjuguer les Églises tchécoslovaque et polonaise. Partout ils ont essayé d'introduire le calendrier catholique-protestant et d'autres pratiques modernistes. Ainsi, au total 20% de l'Église a été contaminé.
 Ils ont réussi en partie seulement et seulement temporairement.

La contamination des 20% par le modernisme n’a pas touché les 80% restants de l'Église, dans les terres de Russie, de Serbie, de Géorgie et de Jérusalem,   non contaminés. Comme elles ne pouvaient se permettre  d’en rester là, les forces de ce monde ont procédé à la troisième et la plus récente partie de leur campagne. Elles ont attaqué l'Église serbe (divisant son territoire, en en mettant une partie sous contrôle catholique, une autre sous contrôle musulman, une autre sous contrôle nationaliste schismatique macédonien et monténégrin, essayant ensuite de diviser son épiscopat), l'Église géorgienne (en soutenant un coup d'État pro-moderniste et anti-patriotique, l'appelant «changement de régime» et en essayant d'introduire la sodomie consumériste), le Patriarcat de Jérusalem (où le patriarche précédent languit étrangement en prison et où un schisme a été établi par l'ancien ambassadeur américain au Qatar, qui a permis l’utilisation de locaux américains pour les offices à l'extérieur du territoire canonique de Jérusalem sur celui du Patriarcat d'Antioche) et à nouveau en Russie (un coup d'état par les nationalistes catholiques soutenus par l'Occident de Galicie qui ont commencé à massacrer la population orthodoxe ukrainienne. Partout ils ont également utilisé le minuscule  Patriarcat de Constantinople sous contrôle américain pour semer la discorde et la division contre l'Église de Russie, que ce soit en Finlande et en Estonie (territoires séculaires de l'Église russe), en utilisant les dissidents dans l'émigration russe en France, en Amérique du Nord et en Angleterre, ou plus récemment en Tchécoslovaquie (refusant de reconnaître son autocéphalie et divisant son épiscopat) et l'Ukraine (où les maîtres américains du Patriarcat le poussent à reconnaître les schismatiques non canoniques soutenus politiquement, comme ils l'ont déjà fait en Estonie).

Ici aussi, dans cette troisième partie en cours de leur campagne, ce que les forces de ce monde ont oublié c’est que, bien qu'ils proposent, c’est Dieu qui dispose. Car seul Il vit dans l'éternité et montre son amour et sa Providence dans son omniscience, tandis qu'ils vivent dans leur spirale infernale de haine sans vision aucune du futur, qu’ils essaient d'établir en tant que royaume terrestre.

Le chemin de l'unité ?

Nous ne connaissons pas l'avenir, ni comment Dieu en disposera. C’est dans ses mains. Mais nous pouvons déjà voir où les forces de ce monde peuvent se perdre  :

En Syrie, à la suite de la guerre fomentée par l’Amérique, contrairement à ce qui était prévu, le Patriarcat d'Antioche a reconnu qui étaient ses amis. Reconnaissant qu'il n'avait aucun soutien de Constantinople, qui est dans les mains des Turcs pro-américain, anti-syriens, le Patriarcat d'Antioche tourne maintenant son regard vers l'Église russe.

En Afrique, le Patriarcat d'Alexandrie et de toute l'Afrique, lancé comme département colonial  du ministère grec des Affaires étrangères, est désormais trop pauvre pour davantage d’expansion. Il a besoin de l'aide russe et une telle aide serait inévitablement anti-phylétiste. Dans un tel cas, le Patriarcat pourrait être repris, ce qui ne serait que justice, par les évêques africains indigènes, tout comme la colonie grecque d'Antioche a été reprise par les évêques arabes indigènes avec l’aide de la Russie anti-phylétiste.

Dans une autre colonie grecque, Jérusalem, (comme également dans Constantinople), la plupart des fidèles sont maintenant russes. Et à Jérusalem les Russes, comme cela est juste, soutiennent la candidature à l’épiscopat des arabes indigènes.

Dans les Églises de Grèce (et donc aussi dans l'Église grecque de l'Albanie) et à Chypre (ici les Turcs soutenus par les États Unis ont été autorisés à envahir et occuper l'île, ce qui a encore renforcé un sentiment anti-américain), les économies s’étant effondrées, et leurs peuples s’étant appauvris en  rejoignant l'UE, vassal néo-féodal des États-Unis, nombreux sont ceux qui cherchent maintenant de l'aide auprès de la Russie

L'Église de Serbie a toujours le regard tourné vers la Russie et adhère au calendrier orthodoxe, malgré l'ingérence politique de l'UE dans ses affaires intérieures et ses médias, aujourd'hui à capitaux américains.

Les églises de  Roumanie et de Bulgarie, en difficulté car la vieille génération des Starets a disparu et les membres de la génération intermédiaire pro-uniate et spirituellement appauvrie, qui a grandi dans la période communiste simoniaque, sont parvenus au pouvoir, ont cependant encore un pouvoir spirituel dans les monastères et parmi la plus jeune génération.

L'Église de Géorgie a encore d'excellentes relations avec l'Église russe, malgré les tentatives américaines pour les détruire en encourageant l'invasion géorgienne de la Russie en 2008 par son gouvernement fantoche.

Les églises de Pologne et de Tchécoslovaquie sont alliées à la Russie, et ceci d'autant plus après la récente ingérence grecque soutenue par les États Unis.

L'Église de Constantinople semble de  plus en plus faible, le reste du monde commence à reconnaître qu'elle porte quasiment   depuis 1453, les nouveaux  habits de l'empereur, et que le véritable leader du monde orthodoxe est le Patriarche russe et que l’on a à s’adresser à lui si l’on veut parler de problèmes importants. De plus en plus de membres du Patriarcat de Constantinople, et non seulement sur le mont Athos, peuvent le constater eux-mêmes. L'illusion de l'interprétation américaine, absurde mais flattant la vanité, du Canon 28 de Chalcédoine est claire pour presque tous. Même aux États-Unis certains se demandent si cela vaut la peine de dépenser plus d'argent qu'ils ne disposent à Istanbul afin de maintenir cette vaine illusion.

Dans la diaspora, l'Église russe, se relevant de la paralysie, a commencé à prendre ses responsabilités et à travailler pour l'unité. Et en Ukraine elle-même, où les forces de ce monde pensaient qu'ils pourraient détruire l'Église russe, leurs projets ont fait long feu. La plupart parlent maintenant de désintégration et de dissolution de l’«État» ukrainien, en vérité  purement artificiel, simple création d’un conglomérat par quatre tyrannies impérialistes, celle des Habsbourg, celle de Lénine, de Staline et celle de Washington. Son effondrement est pour beaucoup maintenant juste une question de temps (selon certains des mois, alors que d'autres estiment quelques années). 84% de la population ukrainienne demandent maintenant publiquement  que leur pays   soit dirigé par le président Poutine – ce qui leur paraît de beaucoup préférable plutôt que de continuer à s’appauvrir sous la tyrannie de la junte de marionnettes corrompues et non représentatives de Kiev. Situation totalement tributaire des subventions américaines pour leur survie, à grands frais pour l'UE, dont les membres souffrent amèrement de ses sanctions, anti-russes, ou plutôt anti-européennes.

Quelques 55% de l'Ukraine, l'est et le sud, avec la Transnistrie, pourraient bien revenir, après près de 95 années, à la Russie (une partie, la Crimée, l’a déjà fait par référendum démocratique). 25%  autour de Kiev, peut redevenir une fois de plus l'ancienne Malorossiya, une variante sud du Bélarus. La seule partie, environ 15%, qui est vraiment ukrainienne et où sont parlés les différents dialectes de l'ukrainien, est la région frontalière (sens du mot «Ukraine») galicienne majoritairement catholique et elle peut  très bien revenir à la Pologne. C’est de là que provient l’indéfectible haine bien compréhensible de ses habitants pour le tyran géorgien Staline qui déchira le pays en 1939. Des deux petites parties restantes de l’actuelle Ukraine, environ 5%, peuvent revenir à la Roumanie (le calendrier orthodoxe, intact, pouvant aider au retour de l'Église roumaine à la Tradition) et la Hongrie. La partie qui pourrait revenir à la Hongrie, est ce que les bureaucrates de Kiev appellent encore «Transcarpatie», même s''ils sont les seuls Transcarpatiens, car ils sont ceux qui vivent dans les Carpates, pourrait devenir le noyau d'une quinzième Église locale, une Église orthodoxe hongroise.

Compte tenu des excellentes relations entre la Hongrie, qui a un gouvernement anti-UE démocratiquement élu, et la Fédération de Russie, qui soutient tous les mouvements de résistance nationale et souverainiste contre la tyrannie de l'UE, cela pourrait se produire. Il y a seulement quelques années, l'Église russe a remporté sa bataille juridique pour le contrôle de la cathédrale orthodoxe de Budapest - tout est en place pour une nouvelle Église locale à naître. Ainsi, les 500 paroisses des «Transcarpatiens », c’est à dire Carpato-Russes (ou Ruthènes = latins pour les Russes), seraient au cœur d'une autre Église locale. Car ce sont eux qui sont au cœur de l'Église des terres tchèques et de Slovaquie, ceux qui ont contribué à l'Église polonaise, dont l'un des peuples constitutifs est les Lemkos (nord-ouest carpato-Russes), et ce sont eux qui grâce à leur fils noble et illustre de Presov Rus, Le Métropolite Lavr (Skhkurla), a contribué à l’unité de la diaspora entre l'Église russe et l'un de ses éléments constitutifs, l’Église Hors-frontières (ERHF). La grande majorité dans cette dernière attendait depuis longtemps la liberté au cœur  de l'Église pour se réconcilier avec elle.

Bien sûr, rien n’est certain; ce sont ci-dessus tous les scénarios possibles, dont une partie seulement peut effectivement se produire. Néanmoins, ils sont possibles, alors qu'il y a seulement quelques décennies, quand nous vivions opprimés et isolés par toutes les forces de ce monde, ils semblaient impossibles. Les sans-vision qui pensaient à court terme, contrairement à St Jean de Shanghai et ceux qui, comme lui, dont la vision du monde qu'ils essayaient de vivre au lieu de faire des études de philosophie, n'ont pas réussi à voir que le monde allait changer. Aujourd'hui, nous vivons dans un monde différent du passé. Maintenant, une petite minorité de pays qui ont cessé d'être chrétiens, sont coincés dans une faillite de moins d'un milliard, une union d’Eurosodome et de Gomorrhica. Et les trois plus grands pays chrétiens, le Brésil, la Russie et la Chine, sont liés ensemble dans une union avec les autres, couvrant la moitié de la population mondiale.


Ce que les forces de ce monde proposaient il y a seulement trois ou quatre décennies, et qui a fait le désespoir de ceux qui n’avaient pas foi dans le Saint-Esprit, semble aujourd'hui de moins en moins probable. Ensuite, ceux qui se sont compromis avec l’Establishment, qui ont choisi la voie facile dans leur jeunesse – celle   qui avait l’agrément de l’Establishment – et   ont refusé de prendre la croix de l'Église russe, qui se moquaient de nous, nous dénonçaient et nous méprisaient, ceux-là sont maintenant plus âgés, ils ont seulement à prendre la croix et ils marcheront aussi. Contrairement aux donatistes et néo-donatistes, nous allons les accueillir à bras ouverts, comme le Père aimant le fit avec  le fils prodigue jadis.    


Malheur aux pasteurs qui détruisent et dispersent le troupeau de mon pâturage! dit le Seigneur ... Et je rassemblerai le reste de mes brebis de tous les pays où je les ai chassés, et de les ramener dans leur pâturage et elles seront fécondes et multiplieront. (Jérémie 23, 1 et 3)


Le chemin de la désunion


Depuis 1917 et la chute organisée par l’Occident de l'Empire chrétien, la Troisième Rome, les forces de ce monde ont trouvé le moyen de diviser la Confédération des Eglises locales qui forme l'Eglise orthodoxe. Ce qu'ils ont fait en trois étapes.

Leur premier objectif était d'attaquer, paralyser, duper et ainsi de diviser ceux qui appartenaient à l’Église essentielle, de loin la plus grande, la plus multinationale celle qui avait le plus l'esprit de mission, celle dont dépendaient largement les autres, l'Église orthodoxe russe. Si les extrémistes de tout poil, qu’ils soient modernistes, nationalistes ou sectaires, pouvaient être amenés à diviser cette Église – son territoire étant un sixième de la planète – alors son influence non seulement dans cette partie du monde mais partout même dans le monde pourrait être détruite. À cet effet, les forces de ce monde ont favorisé la naissance et l’expansion de modernistes rénovationistes d'esprit protestant, à la fois à l'intérieur de la Russie (comme A. I. Vvedensky soutenu par les communistes et ceux qui étaient avec lui, y compris les actuels néo-rénovationistes) et hors de Russie (le schisme de l’YMCA de Paris soutenu par les Protestants), les groupes nationalistes (Ukrainiens de Galicie - autocéphalistes et les actuels carriéristes Philarétistes, les Biélorusses - autocephalistes, les Américains Carpatho-russes induits en erreur) et de minuscules sectes d'extrême-droite (Suzdalites, Agathangelites, Tikhonites (de Tikhon Paseka), Diomidites etc). Peu importait quel « isme » était utilisé pour attaquer, paralyser, duper et ainsi diviser, que ce soit le communisme marxiste, le fascisme hitlérien ou capitalisme libéral-consumériste. Plus directement ils ont également utilisé d'autres « ismes », comme le catholicisme et le protestantisme, avec l'envoi dans les années 1920 de catholiques (d'Herbigny) et dans les années 1990, de davantage d’Uniates et de sectaires protestants américains pour tenter de diviser l'Église russe.

Bien que la lutte continue, contre tout ce que les forces de ce monde ont planifié, l'Église orthodoxe russe et ainsi la Russie orthodoxe sont peu à peu restaurées. Les forces de ce monde ont largement échoué et échoueront, aussi longtemps que le sang et les semences des Nouveaux Martyrs et les larmes et la sueur des confesseurs qui reconstruisent l'Église russe s'opposeront à elles.

C’est pourquoi les forces de ce monde ont entamé la seconde partie de leur campagne. Cela a consisté à attaquer, paralyser, duper et ainsi diviser ceux qui appartenaient à autres Églises locales, plus petites en introduisant le modernisme et son symbole, le calendrier catholique-protestant. Ils ont commencé par le maillon faible de la chaîne, Constantinople occupée par la Turquie, et ont commencé à remplacer ses Patriarches par des marionnettes occidentales. Évidemment cela a créé un schisme. Les forces de ce monde ont développé leurs activités, en intervenant dans les quatre autres églises grecques (l' Église de Grèce, son rejeton autocéphale en Albanie grecque, l'Église de Chypre et le Patriarcat d'Alexandrie) ainsi que dans l'Église latine (la Roumanie, où ils se sont encore récemment immiscé dans la nomination d'un patriarche), dans la plus faible des Églises slaves (Bulgarie) et dans le Patriarcat d'Antioche arabe (où ils ont créé une guerre terroriste), ainsi qu’en essayant de subjuguer les Églises tchécoslovaque et polonaise. Partout ils ont essayé d'introduire le calendrier catholique-protestant et d'autres pratiques modernistes. Ainsi, au total 20% de l'Église a été contaminé.
Ils ont réussi en partie seulement et seulement temporairement.

La contamination des 20% par le modernisme n’a pas touché les 80% restants de l'Église, dans les terres de Russie, de Serbie, de Géorgie et de Jérusalem, non contaminés. Comme elles ne pouvaient se permettre d’en rester là, les forces de ce monde ont procédé à la troisième et la plus récente partie de leur campagne. Elles ont attaqué l'Église serbe (divisant son territoire, en en mettant une partie sous contrôle catholique, une autre sous contrôle musulman, une autre sous contrôle nationaliste schismatique macédonien et monténégrin, essayant ensuite de diviser son épiscopat), l'Église géorgienne (en soutenant un coup d'État pro-moderniste et anti-patriotique, l'appelant «changement de régime» et en essayant d'introduire la sodomie consumériste), le Patriarcat de Jérusalem (où le patriarche précédent languit étrangement en prison et où un schisme a été établi par l'ancien ambassadeur américain au Qatar, qui a permis l’utilisation de locaux américains pour les offices à l'extérieur du territoire canonique de Jérusalem sur celui du Patriarcat d'Antioche) et à nouveau en Russie (un coup d'état par les nationalistes catholiques soutenus par l'Occident de Galicie qui ont commencé à massacrer la population orthodoxe ukrainienne. Partout ils ont également utilisé le minuscule Patriarcat de Constantinople sous contrôle américain pour semer la discorde et la division contre l'Église de Russie, que ce soit en Finlande et en Estonie (territoires séculaires de l'Église russe), en utilisant les dissidents dans l'émigration russe en France, en Amérique du Nord et en Angleterre, ou plus récemment en Tchécoslovaquie (refusant de reconnaître son autocéphalie et divisant son épiscopat) et l'Ukraine (où les maîtres américains du Patriarcat le poussent à reconnaître les schismatiques non canoniques soutenus politiquement, comme ils l'ont déjà fait en Estonie).

Ici aussi, dans cette troisième partie en cours de leur campagne, ce que les forces de ce monde ont oublié c’est que, bien qu'ils proposent, c’est Dieu qui dispose. Car seul Il vit dans l'éternité et montre son amour et Providence dans son omniscience, tandis qu'ils vivent dans leur spirale infernale de haine sans vision aucune du futur, qu’ils essaient d'établir en tant que royaume terrestre.


Le chemin de l'unité ?


Nous ne connaissons pas l'avenir, ni comment Dieu en disposera. C’est dans ses mains. Mais nous pouvons déjà voir où les forces de ce monde peuvent se perdre :

En Syrie, à la suite de la guerre fomentée par l’Amérique, contrairement à ce qui était prévu, le Patriarcat d'Antioche a reconnu qui étaient ses amis. Reconnaissant qu'il n'avait aucun soutien de Constantinople, qui est dans les mains des Turcs pro-américain, anti-syriens, le Patriarcat d'Antioche tourne maintenant son regard vers l'Église russe.

En Afrique, le Patriarcat d'Alexandrie et de toute l'Afrique, lancé comme département colonial du ministère grec des Affaires étrangères, est désormais trop pauvre pour davantage d’expansion. Il a besoin de l'aide russe et une telle aide serait inévitablement anti-phylétiste. Dans un tel cas, le Patriarcat pourrait être repris, ce qui ne serait que justice, par les évêques africains indigènes, tout comme la colonie grecque d'Antioche a été reprise par les évêques arabes indigènes avec l’aide de la Russie anti-phylétiste.

Dans une autre colonie grecque, Jérusalem, (comme également dans Constantinople), la plupart des fidèles sont maintenant russes. Et à Jérusalem les Russes, comme cela est juste, soutiennent la candidature à l’épiscopat des arabes indigènes.

Dans les Églises de Grèce (et donc aussi dans l'Église grecque de l'Albanie) et à Chypre (ici les Turcs soutenus par les États Unis ont été autorisés à envahir et occuper l'île, ce qui a encore renforcé un sentiment anti-américain), les économies s’étant effondrées, et leurs peuples s’étant appauvris en rejoignant l'UE, vassal néo-féodal des États-Unis, nombreux sont ceux qui cherchent maintenant de l'aide auprès de la Russie 
L'Église de Serbie a toujours le regard tourné vers en Russie et adhère au calendrier orthodoxe, malgré l'ingérence politique de l'UE dans ses affaires intérieures et ses médias aujourd'hui à capitaux américains.
Les églises de Roumanie et de Bulgarie, en difficulté car la vieille génération des Starets a disparu et les membres de la génération intermédiaire pro-uniate et spirituellement appauvrie, qui a grandi dans la période communiste simoniaque, sont parvenus au pouvoir, ont cependant encore un pouvoir spirituel dans les monastères et parmi la plus jeune génération.
L'Église de Géorgie a encore d'excellentes relations avec l'Église russe, malgré les tentatives américaines pour les détruire en encourageant l'invasion géorgienne de la Russie en 2008 par son gouvernement fantoche.
Les églises de Pologne et de Tchécoslovaquie sont alliées à la Russie, et ceci d'autant plus après la récente ingérence grecque soutenue par les États Unis.
L'Église de Constantinople semble de plus en plus faible, le reste du monde commence à reconnaître qu'elle porte quasiment depuis 1453, les nouveaux habits de l'empereur, et que le véritable leader du monde orthodoxe est le Patriarche russe et que l’on a à s’adresser à lui si l’on veut parler de problèmes importants. De plus en plus de membres du Patriarcat de Constantinople, et non seulement sur le mont Athos, peuvent le constater eux-mêmes. L'illusion de l'interprétation américaine, absurde mais flattant la vanité, du Canon 28 de Chalcédoine est claire pour presque tous. Même aux États-Unis certains se demandent si cela vaut la peine de dépenser plus d'argent qu'ils ne disposent à Istanbul afin de maintenir cette vaine illusion.
Dans la diaspora, l'Église russe, se relevant de la paralysie, a commencé à prendre ses responsabilités et à travailler pour l'unité. Et en Ukraine elle-même, où les forces de ce monde pensaient qu'ils pourraient détruire l'Eglise russe, leurs projets ont fait long feu. La plupart parlent maintenant de désintégration et de dissolution de l’«État» ukrainien, en vérité purement artificiel, simple création d’un conglomérat par quatre tyrannies impérialistes, celle des Habsbourg, celle de Lénine, de Staline et celle de Washington. Son effondrement est pour beaucoup maintenant juste une question de temps (selon certains des mois, alors que d'autres estiment quelques années). 84% de la population ukrainienne demandent maintenant publiquement que leur pays soit dirigé par le président Poutine – ce qui leur paraît de beaucoup préférable plutôt que de continuer à s’appauvrir sous la tyrannie de la junte des marionnettes corrompues et non représentatives de Kiev. Situation totalement tributaire des subventions américaines pour leur survie, à grands frais pour l'UE, dont les membres souffrent amèrement de ses sanctions, anti-russes, ou plutôt anti-européennes.

Quelques 55% de l'Ukraine, l'est et le sud, avec la Transnistrie, pourraient bien revenir, après près de 95 années, à la Russie (une partie, la Crimée, l’a déjà fait par référendum démocratique). 25% autour de Kiev, peut redevenir une fois de plus l'ancienne Malorossiya, une variante sud du Bélarus. La seule partie, environ 15%, qui est vraiment ukrainienne et où sont parlés les différents dialectes de l'ukrainien, est la région frontalière (sens du mot «Ukraine») galicine majoritairement catholique et elle peut très bien revenir à la Pologne. C’est de là que provient l’indéfectible haine bien compréhensible de ses habitants pour le tyran géorgien Staline qui déchira le pays en 1939. Des deux petites parties restantes de l’actuelle Ukraine, environ 5%, peuvent revenir à la Roumanie (le calendrier orthodoxe, intact, pouvant aider au retour de l'Église roumaine à la Tradition) et la Hongrie. La partie qui pourrait revenir à la Hongrie, est ce que les bureaucrates de Kiev appellent encore «Transcarpatie», même si ils sont les seuls Transcarpatiens, car ils sont ceux qui vivent dans les Carpates, pourrait devenir le noyau d'une quinzième Église locale, une Église orthodoxe hongroise.

Compte tenu des excellentes relations entre la Hongrie, qui a un gouvernement anti-UE démocratiquement élu, et la Fédération de Russie, qui soutient tous les mouvements de résistance nationale et souverainiste contre la tyrannie de l'UE, cela pourrait se produire. Il y a seulement quelques années, l'Église russe a remporté sa bataille juridique pour le contrôle de la cathédrale orthodoxe de Budapest - tout est en place pour une nouvelle Église locale à naître. Ainsi, les 500 paroisses des «Transcarpathiens », c’est à dire Carpato-Russes (ou Ruthènes = latins pour les Russes), seraient au cœur d'une autre Église locale. Car ce sont eux qui sont au cœur de l'Église des terres tchèques et de Slovaquie, ceux qui ont contribué à l'Église polonaise, dont l'un des peuples constitutifs est les Lemkos (nord-ouest carpato-Russes), et ce sont eux qui grâce à leur fils noble et illustre de Presov Rus, Le Métropolite Lavr (Skhkurla), a contribué à l’unité de la diaspora entre l'Église russe et l'un de ses éléments constitutifs, l’Église Hors-frontières (ERHF). La grande majorité dans cette dernière attendait depuis longtemps la liberté au cœur de l'Église pour se réconcilier avec elle.

Bien sûr, rien n’est certain; ce sont ci-dessus tous les scénarios possibles, dont une partie seulement peut effectivement se produire. Néanmoins, ils sont possibles, alors qu'il y a seulement quelques décennies, quand nous vivions opprimés et isolés par toutes les forces de ce monde, ils semblaient impossibles. Les sans-vision qui pensaient à court terme, contrairement à St Jean de Shanghai et ceux qui, comme lui, dont la vision du monde qu'ils essayaient de vivre au lieu de faire des études de philosophie, n'ont pas réussi à voir que le monde allait changer. Aujourd'hui, nous vivons dans un monde différent du passé. Maintenant, une petite minorité de pays qui ont cessé d'être chrétiens, sont coincés dans une faillite de moins d'un milliard, une union d’Eurosodome et de Gomorrhica. Et les trois plus grands pays chrétiens, le Brésil, la Russie et la Chine, sont liés ensemble dans une union avec les autres, couvrant la moitié de la population mondiale.

Ce que les forces de ce monde proposaient il y a seulement trois ou quatre décennies, et qui a fait le désespoir de ceux qui n’avaient pas la foi dans le Saint-Esprit, semble aujourd'hui de moins en moins probable. Ensuite, ceux qui se sont compromis avec l’Establishment, qui ont choisi la voie facile dans leur jeunesse – celle qui avait l’agrément de l’Establishment – et ont refusé de prendre la croix de l'Église russe, qui se moquaient de nous, nous dénonçaient et nous méprisaient, ceux-là sont maintenant plus âgés, ils ont seulement à prendre la croix et ils marcheront aussi. Contrairement aux donatistes et néo-donatistes, nous allons les accueillir à bras ouverts, comme le Père aimant le fit avec le fils prodigue jadis.  (version française par Maxime le minime de la source)

dimanche 4 janvier 2015

LA DIVINE MATERNITÉ [7 et fin] : La Mère du Cosmos, La réalité de l’Église

La Mère du Cosmos

Ce qui est remarquable dans l’icône de la Nativité, c’est le lien étroit entre la Mère de Dieu et la montagne, l'harmonie profonde entre ces deux figures, quel que soit le type de représentation. Il y a, de fait, une correspondance spirituelle entre l’attente et le devenir de la création exprimée par la montagne et la plénitude de la Mère de Dieu comme signe des réalités à venir. Du fait de la conception virginale du corps du Christ, le sein de la Vierge a préfiguré le retour de la création aux conditions d’avant la chute, mais aussi la plénitude du Royaume à venir, l’union entre le ciel et la terre dans la Jérusalem céleste.


Le corps de l’homme récapitule toute la création dont il est appelé à être le grand prêtre, vocation remise en question par la chute d’Adam, mais assumée en plénitude par le Christ. La mère en qui se forme ce corps a donc une place particuliere au sein de la création. D’une certaine manière, la mère est antérieure au monde, elle est celle en qui le mystère de la vie se forme, en qui la matière s’ordonne comme en un creuset pour donner cette perfection qu’est 1'être humain. De ce fait, elle est beaucoup plus proche de la création que l’homme. À elle seule il est donné de vivre dans son corps les cycles lunaires, à elle seule il est donné d’entrer dans 1’intimité du mystère de la création de la vie. La Mère de Dieu, accomplissant tout cela dans sa plus totale plénitude, est donc, d’une certaine manière, antérieure au cosmos. Elle qui s’est trouvée placée au-dessus des ordres angéliques, englobe dans son propre corps le mystère de la création déifiée. Elle en est le signe vivant, la personnalisation de la terre mère dégagée de toute corruption, comme l’étaient les eaux primordiales au premier jour de la création, au-dessus desquelles planaient le souffle de Dieu, l’Esprit Saint. Mais elle personnifie avant tout le mystère de la réalité ecclésiale où la matière devient le signe sacramentel de l'action de l’Esprit Saint dans le renouvellement de l’homme et du monde. Cette proximité avec la création lui donne de vivre en son cœur, dans toute sa sainteté personnelle, l’aspiration du monde créé à la plénitude de la gloire du Dernier Jour. Les gémissements qu’elle a connus ne furent point ceux du travail d’enfantement du corps de son Fils, mais ceux de l'enfantement de toute la création à la réalité nouvelle de l’Église, dans l'attente de la Jérusalem céleste.

La réalité de l’Église

On oublie trop à quel point le mystère de l’Église englobe la matière. L’Église n’est pas une réalité abstraite, «idéale», mais infiniment concrète, empirique. En elle, le ciel et la terre se rencontrent de manière mystérieuse, comme dans la montagne de l’icône de la Nativité. En elle, le visible et l’invisible s’unissent pour ne plus faire qu’une seule réalité. Or cette union appartient d’abord et avant tout aux sacrements ; l’Église est en elle-même le sacrement de la présence divine et de son amour déifiant offert à l'homme pour qu’il en vive librement. Dans un sacrement, la grâce divine s’unit au symbole matériel de manière mystérieuse pour agir sur l’homme, en tant que personne libre et dans la mesure de sa transparence à la grâce, en le faisant accéder à la réalité nouvelle du Royaume. Or cette action passe en premier lieu par le corps: ce n’est pas un pur esprit qui est trempé dans l’eau, qui est oint d’huile et nourri du pain et du vin, mais un être de chair, totalement incarné. La matière fait pleinement partie de notre vie spirituelle comme elle est une composante essentielle du mystère de l’Église, parce qu’elle a été totalement assumée par le Christ dans l’Incarnation.



Dans l’icône de la Nativité, ce sens ecclésial de la matière est exprimé par la montagne resplendissante de beauté et de lumière, mais il trouve sa plénitude dans la figure extraordinairement belle et rayonnante de la Mère de Dieu. Celle-ci récapitule en elle le mystère de l’Église. Nul mieux qu’elle ne pouvait exprimer ce sens de l’Église comme lieu où l’on renaît à la vie véritable, où l’on meurt à ce monde pour ressusciter dans l’Esprit Saint. Car il lui a été donné de vivre en elle toutes les réalités offertes à l’homme au sein de l’Église. Tout chrétien, en effet, est uni au Christ par le baptême dans une intimité totale et absolue, reçoit l'onction de l’Esprit Saint dans le saint chrême comme elle fut couverte par l’ombre de «la puissance du Très- Haut». Tout chrétien en arrive aussi à porter le Christ en son sein, par l'Eucharistie. De même, tous sont appelés à ressusciter au dernier jour dans la gloire de l’amour divin. Tout cela, la Mère de Dieu l’a vécu avant nous dans l’Annonciation, dans l'enfantement, dans la participation à la Pâque de son Fils et dans sa résurrection corporelle. Dans l’icône de la Nativité, cette plénitude s’exprime dans le hiératisme et la noblesse extraordinaires de la Vierge sur sa couche de Mère, posée au pied de la montagne comme sur un écrin, entourant de sa plénitude les ténèbres de la grotte où se tient son Fils. La royale majesté de sa maternité y dépasse le simple événement historique d’un acte miraculeux isolé dans le temps; elle y annonce tout le renouvellement de la création dans cette union mystérieuse entre Dieu et l’œuvre de ses mains.
étude de l'Archimandrite Gabriel
parue dans la revue Paix n°80


et publiée avec permission de son auteur

jeudi 9 mai 2013

Un orthodoxe se doit-il d'être optimiste ?


"Ne soyez pas pessimistes, nous disent les faux-pasteurs. «L'Orthodoxie est caractérisée par l'optimisme. Dieu n'abandonnera jamais son Église et les portes de l'enfer ne pourront rien contre elle». 

En effet, L'ORTHODOXIE est optimiste, mais seulement en ce qui regarde Dieu et en tout ce qui vient de Lui. Dieu est amour tout-puissant. Jamais Il ne nous abandonnera. C'est nous qui risquons de l'abandonner et c'est cela que nous devons craindre. C'est de la crainte de voir les hommes s'éloigner de leur Créateur, que vient le pessimisme chez tous ceux qui ne ferment pas, volontairement, les yeux devant la réalité. L’Église du Christ n'aura jamais rien à craindre, même si elle devait être réduite à deux ou trois membres sur la terre

Ce n'est pas l’Église qui est en danger, c'est nous qui sommes en danger. La question est de savoir combien d'entre nous resteront, à la fin, dans l’Église éternelle et immortelle du Christ, qui comme Lui-même, s'identifie à la Vérité. 

Les perspectives terrestres n'ont jamais été optimistes. Jamais les chrétiens n'ont mis leur espérance en une amélioration de leurs conditions de vie tant spirituelle que matérielle, dans ce monde périssable. Le cheminement de l'Histoire vers sa fin a été décrit par le Seigneur et par ses disciples avec les couleurs les plus sombres. Les chrétiens prévoyaient et attendaient la progression du péché et de la corruption qui devaient atteindre leur sommet avant le glorieux et lumineux Second Avènement du Seigneur. Les attentes millénaristes optimistes, d'un royaume terrestre, en ce monde de la corruption, ont été condamnées, dès leur apparition, dans les premiers siècles chrétiens. Le Royaume de Dieu que tout chrétien vit dans les profondeurs de son cœur, comme arrhes de l'Esprit, ne saurait dominer et briller dans sa gloire sur cette terre périssable. «On ne met pas le vin nouveau dans de vieilles outres». «Nous attendons de nouveaux cieux et une nouvelle terre où la justice habitera» (Mc 2,22. 2 P 3,13). 

Sans la résurrection des morts et le renouvèlement de toute chose, que le Seigneur accomplira lors de son Second Avènement, nous ne pouvons parier de perspectives optimistes; bien au contraire, «quand le Fils de l'Homme viendra sur la terre, trouvera-t-il encore la foi ?» (Lc 18,8)"
Alexandre Kalomiros
 (source)


vendredi 12 octobre 2012

« Le cléricalisme, voilà l'ennemi ! »

Un article de l'historien Jean Besse paru dans le dernier et très riche Messager orthodoxe aux Éditeurs réunis, concernant le cléricalisme fait trop écho à différents messages concernant le danger du pharisaïsme et les "liaisons dangereuses" entre l'Église-institution et l’État que j'ai postés ces temps-ci sur mon blog pour que je ne sois pas tenté de le retranscrire et vous inviter à acheter le n° de la revue si vous n'y êtes déjà abonné. Le voici :

Jean Besse
 "Cette exclamation vindicative de Gambetta, dans le dernier tiers du XIXe siècle, a laissé de profondes traces dans l'esprit et le comportement français. Peu fondée à l'époque οù elle a été prononcée, car confondant volontairement une apparente hostilité à l'influence du clergé catholique avec une réelle animosité antireligieuse, elle semble retrouver un nouveau sens dans la Russie d'aujourd'hui. L'article retentissant de Pierre Avril, correspondant à Moscou du quotidien Le Figaro, dans l'édition du jeudi 1er mars 2012 de ce dernier, en pleine page, sous le titre « L'Église orthodoxe affiche son soutien à Poutine», mérite quelques remarques. La partie la plus notable du texte, à la fois en sous-titre et dans la seconde colonne de la page 2, souligne la «désaffection de la pratique religieuse» révélant la « partie entamée de la légitimité de l'Église» par sa collusion avec le pouvoir post-soviétique. Le «renouveau » symbolisé par les coupoles redorées des sanctuaires serait donc moins éclatant et surtout moins durable qu'on ne le croyait. Si « le patriarche Cyrille tente de compenser» ce recul « par une proximité accrue avec le pouvoir, pas toujours bien comprise par les fidèles » (ibidem), ne faut-il pas en chercher les origines dans l'histoire moscovite des trois derniers siècles, à travers l'action politisante et peut-être purement politique des patriarches Philarète (Romanov), Nikon et Serge ?

 Kiev, jusqu'à l'invasion mongole, avait vécu de la « symphonie byzantine ». Elle était encore proche de son modèle et bénéficiait de son influence. Moscou, après la libération du XVe siècle, pouvait moins s'abreuver à la même source. Son éloignement géographique aux confins de l'Europe, la russité jalouse et méfiante qui en provint et finit par dévier en « vieille foi », l'asiatisme de sa cour, si proche de la Perse et des khanats tatars par tant de traits, développèrent une idéologie religieuse et égocentrique largement étrangère à l'universalisme romain qu'avait maintenu Byzance. Si le clergé remplace l'Église comme norme suprême, ainsi que dans, l'ex-Église hors frontières, la déviance tourne en esprit de chapelle et l'apostolat en chasse gardée.

 Dès lors, il n'est nul besoin de recourir aux cycles hégéliens pour deviner qu'après la tentative d'étouffement de la société civile par le clergé, un retournement violent se produira un jour contre l'Église tout entière, confondue avec ses évêques. Après Nikon, on eut Pierre le Grand et son Saint-Synode acéphale. Après-demain, quel Gambetta russe rassemblera les foules contre un patriarcat tenté par un « Guide Suprême » de la patrie sur le modèle iranien?

 L'Occident, en raison de l'idée papale, pourrait servir d'exemple à éviter. Boniface VIII, qui s'éteignit peu après le rude «attentat d'Anagni» (1303), avait porté à son zénith la théocratie pontificale. La bulle Unam Sanctam avait prétendu l'année précédente que « l'autorité temporelle doit être soumise au pouvoir spirituel ». Quelques années plus tôt, en 1296, il s'était fait le thuriféraire d'un cléricalisme exacerbé ; dans la bulle au titre provocateur Clericis Laïcos, véritable anticipation de l'actuel священноначалие russe (« principe sacerdotal »), il s'était exclamé : « Que les laïcs soient hostiles aux clercs, l'Antiquité nous l'apprend et l'expérience du temps présent l'atteste à l'évidence l » Il en mourut, mais l'Église continua sa route..." Jean Besse (in Le Messager orthodoxe n° 152. I-2012. Éditeurs réunis 91 rue Olivier de Serres75015 Paris)

Le professeur Jean Besse a fait paraître en 2011 un livre  sur la sainte higoumène Catherine de Lesna