- Au reste, fortifiez-vous dans le Seigneur, et par sa force toute-puissante.
- Revêtez-vous de toutes les armes de Dieu, afin de pouvoir tenir ferme contre les ruses du diable.
- Car nous n'avons pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre les dominations, contre les autorités, contre les princes de ce monde de ténèbres, contre les esprits méchants dans les lieux célestes.
- C'est pourquoi, prenez toutes les armes de Dieu, afin de pouvoir résister dans le mauvais jour, et tenir ferme après avoir tout surmonté.
- Tenez donc ferme: ayez à vos reins la vérité pour ceinture;
- revêtez la cuirasse de la justice;
- mettez pour chaussure à vos pieds le zèle que donne l'Evangile de paix;
- prenez par-dessus tout cela le bouclier de la foi, avec lequel vous pourrez éteindre tous les traits enflammés du malin;
- prenez aussi le casque du salut, et
- l'épée de l'Esprit, qui est la parole de Dieu.
- Faites en tout temps par l'Esprit toutes sortes de prières et de supplications. Veillez à cela avec une entière persévérance, et priez pour tous les saints.St Paul(Éphésiens 6)
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mercredi 4 mars 2020
ARMÉS pour le CARÊME par St Paul
mardi 3 mars 2020
LIVRE DE CHEVET POUR LE CARÊME: "Tactique du diable" de C.S. Lewis
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Lettres d'un vétéran de la tentation à un novice |
Présentation de l'éditeur
Par le jeu d'une mise en scène originale, C S Lewis donne la parole à un vieux démon tentateur qui fait part de son expérience à une nouvelle recrue. Screwtape, le démon expérimenté propose à Wormwood, le jeune démon une véritable stratégie de sabordage afin de mettre en péril la foi d'un jeune chrétien. Ainsi, grâce aux multiples pièges qu'il lui tend, il tente d'entraîner sa victime sur la mauvaise pente. Et pour que la leçon soit complète, Screwtape lui fait part de sa parfaite connaissance des détours secrets de l'âme humaine: combien fragiles sont les bonnes résolutions! Que de défauts intimes se cachent derrière les apparentes qualités! Mais Screwtape doit bien avouer que tous les démons de l'enfer sont démunis face à l'amour inconditionnel de Dieu et à son inépuisable capacité à pardonner. Aussi sa tentative pour soustraire sa victime à la protection divine sera finalement mise en échec. L'approche humoristique de C S Lewis n'enlève rien à la finesse et à la pertinence de sa réflexion et nous nous reconnaissons sans peine dans le miroir qu'il nous tend. 1a lecture de ce chef d'oeuvre de C S Lewis nous révèle - derrière la façade qui la cache - notre véritable identité et - derrière les caricatures qui le masquent - le vrai visage du Malin. La définition de l'enfer comme incompréhension radicale de l'amour est une des idées majeures de lactique du diable, un livre qui n'a pas fini de nous donner à penser. Irène Fernandez.
Biographie de l'auteur
C. S. Lewis est né à Belfast en 1898. Il fut professeur de littérature du Moyen Age et de la Renaissance à Oxford, où il fréquenta J. R. Tolkien. Doué d'un esprit exceptionnellement brillant, servi par une redoutable logique et un style sobre et concis, il connut une très grande popularité dans les milieux anglophones. Ses œœuvres de fiction, notamment Les chroniques de Narnia, jouissent d'un immense succès.
C.S. Lewis connaît bien la nature humaine ! Sous une forme ludique, et par le jeu d'une mise en scène originale, il donne la parole à un vieux démon tentateur qui fait part de son expérience à une nouvelle recrue. Wormwood, le jeune démon, a mission d'entrainer sa victime sur la mauvaise pente. Screwtape, le démon expérimenté lui propose une véritable stratégie de sabotage de la foi d'un jeune chrétien grâce aux multiples pièges qu'il lui tend. Et pour que la leçon soit complète, Screwtape lui fait part de sa parfaite connaissance des détours secrets de l'âme humaine : combien fragiles sont les bonnes résolutions ! Que de défauts intimes se cachent derrière nos apparentes qualités ! Mais Screwtape avoue aussi, bien malgré lui, que tous les démons de l'enfer sont démunis face à l'amour inconditionnel de Dieu et son inépuisable capacité à pardonner l'homme qui reconnaît sa défaillance. Et sa tentative pour soustraire sa victime à la protection divine sera finalement mise en échec.
L'approche humoristique de C.S. Lewis n'enlève rien à la finesse et à la pertinence de sa réflexion. Nous nous reconnaissons sans peine dans le miroir qu'il nous tend. La lecture de ce chef d'oeuvre de C. S. Lewis nous révèle - derrière la façade qui le cache - notre vrai Moi et - derrière les caricatures qui le masquent - le vrai visage du Malin. Il nous aidera à vivre dans la confiance et la sérénité.
jeudi 1 février 2018
Pour le GRAND CARÊME à venir… Bon courage !
Vous pensiez vous en tirer avec les sept péchés capitaux pour le Grand Carême à venir…Voici une "petite" liste de passions néfastes établie
par Saint Pierre de Damas
la fourberie,
la malice,
la perversité,
l'inconséquence,
la licence,
la tentation,
l'esprit borné,
l'absence de compréhension,
l'oisiveté,
la mollesse,
le manque de jugement,
la flatterie,
la fatuité,
l'inconséquence,
la démence,
le dérèglement,
la grossièreté,
l'irréflexion,
la lâcheté,
la léthargie,
l'absence de bonnes actions,
les fautes morales,
l'avidité,
la sur-frugalité,
la manque d'éducation,
l'extravagance,
les connaissances fausses,
l'oubli,
le manque de discernement
l'entêtement,
l'injustice,
la malveillance,
l'excès de scrupule,
la paresse,
le vain bavardage,
le manque de foi,
les méfaits,
l'immoralité,
le mépris de la loi,
l'esprit criminel,
la passion,
la séduction,
le consentement au mal,
les associations inconsidérées,
la provocation démoniaque,
le goût de la badinerie,
la recherche du confort corporel au-delà de ce qui est nécessaire,
le vice,
les faux-pas,
l'infestation de l'âme,
l'affaiblissement,
la faiblesse de l'intellect,
la négligence,
la paresse,
un découragement déplorable,
le dédain de Dieu,
l'aberration,
la transgression,
l'incroyance,
le manque de foi,
les mauvaises croyances,
la pauvreté de la foi,
l'hérésie,
l'association à l'hérésie,
le polythéisme,
l'idolâtrie,
l'ignorance de Dieu,
l'impiété,
la magie,
l'astrologie,
la divination,
le spiritisme,
le déni de Dieu,
l'amour des idoles,
la dissipation,
la débauche,
la volubilité,
l'indolence,
l'amour de soi,
l'inattention,
le manque de progrès,
la tromperie,
l'illusion,
la témérité,
la sorcellerie,
la profanation,
le fait de manger de la nourriture impure,
la mollesse,
une vie dissolue,
la voracité,
l'absence de chasteté,
l'avarice,
la colère,
l'abattement,
l'apathie,
l'amour propre,
l'orgueil,
la présomption,
l'auto-exaltation,
la vantardise,
l'excès d'enthousiasme,
la grossièreté,
la recherche de la satiété
le dol,
la torpeur,
la voracité,
la gloutonnerie,
la goinfrerie,
l'insatiabilité,
manger à l'insu des autres,
l'indifférence,
l'inconstance,
la volonté propre,
la légèreté,
l'auto-satisfaction,
l'amour de la popularité,
l'ignorance de la beauté,
la vulgarité,
le simplisme,
le manque de prévenance,
la grossièreté,
l'impolitesse,
l'esprit de polémique,
le goût de la querelle,
l'insulte,
les cris,
l'esprit bagarreur,
la violence physique,
la rage,
le désir insensé,
l'impudence,
l'exaspération,
l'offense,
l'hostilité,
la méchanceté,
la chicanerie,
la brusquerie,
la diffamation,
la censure,
la calomnie,
la condamnation,
l'accusation,
la haine,
la plainte incessante,
l'insolence,
déshonorer quelqu'un,
la férocité,
la frénésie,
la dureté,
l'agressivité,
se parjurer,
l'offense,
le manque de compassion,
la haine de ses frères,
la partialité,
le parricide,
le matricide,
la rupture des jeûnes,
le laxisme,
l'acceptation de pots-de-vin,
le vol,
la rapine,
la jalousie,
le conflit,
l'envie,
l'indécence,
la plaisanterie,
la diffamation,
la moquerie,
la dérision,
l'exploitation,
l'oppression,
le dédain de son prochain,
la fustigation,
la pendaison,
l'étranglement,
sans coeur,
l'implacabilité,
la rupture de contrat,
l'ensorcellement,
la dureté,
l'impudence,
le sans-gêne,
obscurcissement des pensées,
aveuglement mental,
le goût dee qui est éphémère,
la passion,
la frivolité,
la désobéissance,
la préoccupation des choses sans intérêt,
la somnolence de l'âme,
le sommeil excessif,
les fantasmes,
la consommation abusive d'alcool,
l'ivresse,
l'incompétence,
la négligence,
le plaisir insouciant,
l'auto-indulgence,
l'obsession sexuelle,
l'utilisation d'un langage grossier,
l'efféminement,
le désir effréné,
le désir brûlant,
la masturbation,
le proxénétisme,
l'adultère,
la sodomie,
la bestialité,
la souillure,
le libertinage,
l'inceste,
la malpropreté,
la pollution,
la saleté,
l'affection feinte,
le rire,
les blagues,
la danse érotique,
les applaudissements,
les chansons inappropriées,
la licence de langue,
l'amour excessif de l'ordre,
l'insubordination,
le désordre,
la conspiration,
la guerre,
le meurtre,
le brigandage,
le sacrilège,
les gains illicites,
l'usure,
la ruse,
le vol de tombes,
la dureté du coeur,
l'opprobre,
la plainte,
le blasphème,
le reproche
l'ingratitude,
la malveillance,
le mépris,
la mesquinerie,
le désordre,
le mensonge,
les mots vides,
la joie stupide,
la rêvasserie,
l'amitié insensée,
les mauvaises habitudes,
l'absurdité,
les conversations idiotes,
la loquacité,
la dépravation,
l'intolérance,
l'irritabilité,
richesse,
la rancune,
le mauvais caractère,
l'ostentation,
affectation,
la pusillanimité,
l'amour satanique,
la curiosité,
l'absence de crainte de Dieu,
l'inaccessibilité,
la prétention,
l'auto-inflation,
le mépris pour le prochain,
le jugement impitoyable,
l'insensibilité,
désespoir,
paralysie spirituelle,
la haine de Dieu,
le désespoir,
le suicide,
[…]
Voilà donc les passions que j'ai trouvées nommées dans les Saintes Ecritures. Je les ai inscrites sur une seule liste, comme je l'ai fait au début de mon discours avec les différents livres que j'ai utilisés. Je n'ai pas essayé et je n'aurais pas pu les organiser tous dans l'ordre; cela aurait été au-dessus de mes forces, pour la raison donnée par saint Jean Climaque : «Si vous cherchez la compréhension chez les méchants, vous ne la trouverez pas. En effet, tout ce que les démons produisent est désordonné. En commun avec les impies et les injustes, les démons n'ont qu'un but: détruire les âmes de ceux qui acceptent leurs mauvais conseils. Pourtant, parfois, ils aident réellement les hommes à atteindre la sainteté. Dans de tels cas, ils sont vaincus par la patience et la foi de ceux qui placent leur confiance dans le Seigneur et qui, par leurs bonnes actions et leur résistance aux mauvaises pensées, s'opposent aux démons et leur font tomber des malédictions.
in La Philocalie compilée par St Nicodème l'Hagiorite et St Macaire de Corinthe,
(traduction partielle et parfois approximative de la source par Maxime le minime)
dimanche 10 décembre 2017
Lettre de l’Apôtre Paul aux Éphésiens (VI 10-17) les armes du combat spirituel
Frères, fortifiez-vous dans le Seigneur et dans la puissance de sa force. Revêtez l’armure de Dieu, afin de pouvoir résister aux maneuvres du Diable ; car ce n’est pas contre des adversaires de chair et de sang que nous avons à lutter, mais contre les principautés, les puissances, les princes de ce monde de ténèbres, les esprits du mal répandus dans les airs. C’est pour cela qu’il vous faut endosser l’armure de Dieu, afin de pouvoir résister au jour de malheur et tenir ferme après avoir tout surmonté. Tenez donc ferme, ayant pour ceinture la vérité, pour cuirasse la justice, pour chaussures le zèle à propager l’Évangile de paix ; par-dessus tout, prenant le bouclier de la foi, grâce auquel vous pourrez éteindre tous les traits enflammés du Mauvais ; prenez enfin le casque du salut et le glaive de l’Esprit, c’est-à-dire la parole de Dieu.

lundi 4 décembre 2017
Saint Geronda Iakovos Tsalikis, L'Ancien de l'amour, du pardon et du discernement [2/2]
Geronda Iakovos Tsalikis (5/11/1920—21/11/1991)
par Alexandros Christodoulou
[2ème partie]
En tant qu'higoumène, il se comportait envers les pères et les visiteurs du monastère avec un excès d'amour, de compréhension et de discernement. Son hospitalité était proverbiale. Le discernement avec lequel il approchait les gens était une ses caractéristiques propres. Il voyait chaque personne comme une image du Christ et avait toujours un bon mot à leur dire. Ses paroles réconfortantes, qui allaient droit au cœur de ses auditeurs, sont devenues le point de départ de leur repentance et de leur vie spirituelle dans l'Église. L'Ancien avait le don, qu'il dissimulait, de perspicacité et de clairvoyance. Il reconnaissait le problème ou le péché de chaque personne et les corrigeait avec discrétion. Illuminé par le Saint-Esprit, il disait à chacun, en quelques mots, exactement ce dont il avait besoin. Saint Porphyre disait du précédent ancien Iakovos : «Gravez mes paroles. Il est l'une des personnes les plus clairvoyantes de notre temps, mais il le cache pour ne pas être loué ».
Dans une lettre adressée au saint monastère de Saint-David, le patriarche œcuménique Bartholomée a écrit : «En ce qui concerne le défunt aîné, avec sa personnalité, on peut dire de lui ce que saint Jean Chrysostome a écrit à propos de saint Mélèce d'Antioche : il a certes enseigné ou éclairé les esprits par la parole, mais le voir seulement était suffisant pour que les âmes de ceux qui le regardaient soient pénétrées de tout son enseignement de la vertu ».
Il a vécu pour la Divine Liturgie, qu'il célébra tous les jours, avec crainte et tremblement, avec dévotion et, littéralement, élévation. En effet les jeunes enfants et ceux qui avaient le cœur pur l'ont vu se déplacer au-dessus du sol ou être assisté par de saints anges. Comme il l'a lui-même dit à très peu de personnes, il a célébré avec les chérubins, les séraphins et les saints. Pendant la proscomédie, il a vu des anges du Seigneur prendre les portions de ceux dont on faisait mémoire et les placer devant le trône du Christ, comme des prières. Quand, à cause de problèmes de santé, il se sentait faible, il priait avant le début de la Divine Liturgie avec ces paroles "Seigneur, avec mes faibles forces d'homme je n'y parviendrai pas, alors aide-moi à célébrer". Après cela, disait-il, il célébrait «comme s'il avait des ailes».
L'un des aspects caractéristiques de sa vie était sa relation avec les saints. Il a vécu avec eux, leur a parlé et les a vus. Il avait une confiance impressionnante envers eux, particulièrement Saint David et Saint Jean le Russe, qu'il considérait littéralement comme ses amis. "Je murmure quelque chose à l'oreille du Saint et il me donne une ligne directe vers le Seigneur" disait-il. Alors qu'il était sur le point de subir une opération à l'hôpital de Halkida, il pria avec foi: «Saint David, n'irez-vous pas à Prokopi chercher Saint Jean, ainsi vous pourrez venir ici et me soutenir pour l'opération? Je ressens le besoin de votre présence et de votre soutien ». Dix minutes plus tard, les saints apparurent et, quand il les vit, l'Ancien se dressa sur son lit et leur dit: «Merci d'avoir répondu à ma demande et de venir ici pour me trouver».
L'une de ses vertus les plus connues était la charité. À maintes reprises, il a donné à tout le monde, selon leurs besoins. Il pouvait dire lesquels des visiteurs du monastère étaient en difficultés financières. Il demandait à leur parler en privé, leur donnait de l'argent et leur demandait de ne le dire à personne. Il n'a jamais voulu que ses actes charitables soient connus.
Un autre don qu'il avait était que, par les prières de Saint David, il était capable d'expulser les démons. Il lisait les prières de l'Église, faisait le signe de la Croix avec le précieux crâne du saint sur les personnes qui souffraient et celles-ci étaient souvent purifiées.
C'était un guide spirituel merveilleux, et grâce à ses conseils, des milliers de personnes sont retournées sur le chemin du Christ. Il aimait ses enfants plus que lui-même. C'est pendant la confession que que l'on pouvait particulièrement apprécier sa sainteté. Il n'a jamais offensé ou attristé personne. Il était justement connu comme "Geronda Iakovos tel Doux".
Il a souffert d'un certain nombre de maladies douloureuses. Une de ses paroles était : «Lucifer a reçu la permission de tourmenter mon corps». Et Dieu a donné son consentement pour ma chair, que j'ai portée pendant soixante-dix ans, à être tourmenté pour une seule raison : que je devienne humble. La dernière des épreuves concernant sa santé a été une crise cardiaque qui était le résultat d'une tentation qu'il avait subie.
Il a toujours eu le souvenir de la mort et du jugement à venir. En effet, il avait prédit sa mort. Il demanda à un hiérodiacre athonite qu'il avait confessé le matin du 21 novembre, dernier jour de sa vie terrestre, de rester au monastère jusqu'à l'après-midi pour l'habiller. Pendant qu'il confessait, il se leva et eut cet échange avec le hiérodiacre : «Lève-toi, fils. La Mère de Dieu, Saint David, Saint Jean le Russe et Saint Iakovos viennent d'entrer dans la cellule. — Pourquoi sont-ils ici, Geronda ? — Prends-moi, mon fils». À ce moment même, ses genoux ont cédé et il s'est effondré. Comme il l'avait prédit, il partit «comme un petit oiseau». Avec un souffle semblable à celui d'un oiseau, il a quitté ce monde le jour de l'Entrée au Temple de la Mère de Dieu. Il a fait sa propre entrée dans le royaume de Dieu. Il était 4h17 dans l'après-midi.
Son corps est demeuré souple et chaud, et le cri qui s'échappa des lèvres de milliers de personnes fut : «Un Saint! Tu es un Saint », témoignant des sentiments des fidèles pour le défunt Iakovos. Maintenant, après sa mort bénie, il intercède pour tout le monde auprès du trône de Dieu, avec une confiance spéciale et exceptionnelle. Des centaines de fidèles peuvent confirmer qu'il a été un bienfaiteur pour eux.
Alexandros Christodoulos
(version française par Maxime le minime de la source)
mercredi 29 novembre 2017
Saint Geronda Iakovos Tsalikis, L'Ancien de l'amour, du pardon et du discernement [1/2]
Geronda Iakovos Tsalikis (5/11/1920—21/11/1991)
par Alexandros Christodoulou
[1ère partie]
Notre époque et la culture
d'aujourd'hui se sont malheureusement éloignées de la vision et de la recherche
de la sainteté. La foi orthodoxe est fondée sur la présence des saints. Sans
cela, notre Église est sur la voie de la sécularisation. Naturellement, comme
nous le savons de l'Écriture, Dieu seul est saint, et la sainteté dérive de
notre relation avec Lui, et par conséquent la sainteté est théocentrique plutôt
qu'anthropocentrique. Notre sainteté dépend de la gloire et de la grâce de Dieu
et de notre union avec Lui, pas de nos vertus. La sanctification suppose le
libre arbitre de la personne sanctifiée. Comme le dit saint Maxime le
Confesseur, tout ce que nous apportons, ce sont nos intentions. Sans celles-ci,
Dieu n'agit pas. Et Saint Jean Damascène répète que nous honorons les saints «pour
s'être unis librement avec Dieu et de l'avoir fait habiter en eux et que cette
participation soit devenue par grâce ce qu'Il est par nature». Les saints n'ont
pas cherché à être glorifiés, mais à glorifier Dieu, parce que la sainteté
signifie la participation et la communion avec la sainteté de Dieu.
La source de la sainteté dans
l'Église orthodoxe est l'Eucharistie divine. En prenant part au Seul Saint,
Jésus-Christ, nous devenons saints. Les «choses saintes», le Corps et le Sang
du Christ, sont données comme communion «aux saints», les membres de l'Église.
La sainteté accompagne la sainte communion. Les luttes ascétiques des saints ne
sont pas un but mais un moyen qui mène au but, qui est la communion
eucharistique, l'union la plus parfaite et la plus complète avec le Seul Saint.
Dans la prière du Seigneur, le «Notre Père», nous voyons que la sanctification
est associée au Royaume de Dieu. Nous demandons que Son Royaume vienne dans le
monde afin que chacun puisse Le louer et puisse partager sa sainteté et sa
gloire, c’est ce que nous appelons la «déification».
Le Royaume de Dieu et la
déification sont une extension éternelle de la Divine Liturgie dans l'espace et
dans le temps, comme l'écrit saint Maxime le Confesseur. En prenant part à
l'Eucharistie divine, les saints deviennent des dieux par grâce, mais ils sont
conscients qu'ils « ont le trésor dans des vases d'argile » et qu'ils voient « à
travers des lunettes de soleil ». Ils attendent et espèrent le moment où la
porte du ciel s'ouvrira et où ils verront Dieu « tel qu'il est ». Leur lutte
contre les passions et les démons est continue et ils croient que tout le monde
ira au paradis, sauf eux. Ils connaissent leur insignifiance et leur indignité,
ils ne croient pas à leur supériorité morale et à leur dignité et, avec
l'humilité qu'ils ressentent, ils voient les autres comme des saints, surtout
quand ces gens leur rendent des honneurs. Cela est dû à l'amour, qui est la
seule chose qui restera dans le Royaume de Dieu.
Un exemple de leur amour pour
Dieu est leur lutte personnelle pour observer ses commandements. La soumission
à la volonté de Dieu purifie les gens de leurs passions et prépare la place
pour que la grâce y établisse sa demeure. Tous les saints sont caractérisés par
une attitude d'ascèse et de sacrifice de soi. Selon saint Isaac, la vie
ascétique est la mère de la sanctification « d'où naît le premier goût du sens
des mystères du Christ». Ou, comme le dit saint Maxime le Confesseur : « Par
leur mortification volontaire, refusant tous les maux et toutes les passions
... ils se sont faits pèlerins et étrangers à la vie, combattant hardiment
contre les rébellions du monde et du corps ... et ont conservé l'honneur de
leur âme ».
C’était un tel vase de la
grâce et de la demeure du Saint-Esprit qu’était l'Ancien Iakovos Tsalikis,
l'une des plus importantes et saintes personnalités de notre époque, un grand
et saint Ancien, un véritable ami de Dieu.
Il était une incarnation
vivante de l'Évangile, et sa visée était la sanctification. Dès la petite
enfance, il aimait prier et allait dans différentes chapelles, allumait les
lampes à icônes et priait les saints. Dans une chapelle de son village, c’est
souvent qu’il pouvait parler à Sainte Parascève. Il s'est soumis à l'appel de
Dieu, qui lui est venu quand il était encore un petit enfant, s'est renié et a
pris la Croix du Christ jusqu'à son dernier souffle. En 1951, il s’est rendu au
monastère de Saint David l'Ancien, où il fut reçu de manière miraculeuse par le
saint lui-même.
Il fut tonsuré en novembre
1952. Moine il se soumit sans plainte et ne fit rien sans la bénédiction de
l'higoumène. Il marchait souvent de quatre à cinq heures pour aller visiter son Ancien,
dont l'obédience était celle de prêtre de paroisse dans la petite ville de
Limni. La violence qu'il se faisait à lui-même était sa principale
caractéristique. Ce n’est pas aisément qu’il se permettait quelque relâchement.
Il a vécu des épreuves et des tentations incroyables. La grande pauvreté du
monastère, sa cellule gelée avec des volets cassés, le vent froid et la neige
qui entrait par les interstices, le manque du strict nécessaire, même de
vêtements et de chaussures d'hiver, faisaient frissonner tout son corps et il
était souvent malade. Il supportait le poids de la guerre spirituelle,
invisible en même que perceptible menée par Satan, qui fut vaincu par
l'obéissance, la prière, la douceur et l'humilité d'Iakovos. Il a combattu ses
ennemis avec les armes que nous a données notre sainte Église : le jeûne, les veilles
et la prière.
Son ascétisme était étonnant.
Il mangeait comme un oiseau, selon son biographe. Il dormait par terre pendant
deux heures sur vingt-quatre. Toute la nuit était consacrée à la prière. En ce
qui concerne son combat, il disait : « Je ne fais rien. Quoi que je fasse,
c'est Dieu qui le fait. Saint David m'apporte son soutien pour y parvenir. »
Son humilité, légendaire et
inspirante, était ce qui le caractérisait le mieux. Les démons qui étaient chez
les personnes possédées venues au monastère le maudissaient et disaient : « Nous
voulons te détruire, te neutraliser, t’annihiler, mais nous n’y parvenons pas à
cause de ton humilité ». Il insistait toujours sur son manque d'éducation,
ses insuffisances et son humilité. C'était typique de lui que, quand il parlait,
de temps en temps il disait : « Pardonne-moi. ». Il demandait toujours
le pardon des gens, ce qui était un signe de son attitude humble. Un jour qu’il
avait été invité à visiter le monastère de Saint George Armas, où l'ancien higoumène
était le p. Georges Kapsanis, il répondit
: « Pères, je suis un chien mort. Que ferai-je si je viens vous voir ?
Polluer l'air ? » Il avait toujours le sentiment qu'il n'était rien.
Et quand il est devenu higoumène,
il disait toujours qu'il n'était pas digne de la responsabilité du monastère
: « C’est Saint David qui est l'higoumène ici », soutenait-il. Quand il célébrait
avec d'autres prêtres, il allait dans un coin du sanctuaire, les laissant conduire
l’office. On lui disait : « Ce n'est pas bien, tu es l’higoumène de ce
monastère », il répondait alors : « Fils, c’est Saint David qui est l’higoumène
ici. »
Bien qu'il n'en ait pas brigué la
charge, il accepta d'être ordonné diacre par Grigorios, l'évêque de Halkida, le
18 décembre 1952. Le lendemain, il devint prêtre. Dans son discours après
l'ordination, l'évêque dit : « Et toi, fils, tu seras sanctifié. Continue,
avec la puissance de Dieu, et l'Église te déclarera [saint] ». Ses paroles
étaient prophétiques. Il a été consacré higoumène le 27 juin 1975 par le
métropolite Chrysostome de Halkida, fonction qu’il a remplie jusqu'à sa mort.
(Version française par Maxime le minime de la source)
mercredi 24 mai 2017
Chemin vers la découverte du Royaume intérieur, un beau texte de P. SIMEON
« Celui qui a acquis l’amour a Dieu en lui
et son esprit est toujours en Dieu »
Saint Jean Cassien
Le Christ est ressuscité !
À travers ce Te Deum nous ouvrons avec une certaine timidité la dixième édition de notre Pèlerinage autour des reliques de Saint Jean Cassien. Le Pèlerinage de cette année est, sans doute, l'accomplissement des neuf éditions antérieures, un couronnement de tous nos efforts au cours de cette période, depuis le premier Pèlerinage (celui-ci s'étant déroulé en 2008).
Comme chaque année, j’ai essayé de préparer un sermon basé sur l'héritage spirituel laissé par Saint Jean Cassien, que nous célébrons particulièrement ces jours-ci.
Je voudrais commencer en vous rappelant le conseil donné par le Saint Apôtre Paul dans sa première épître aux Corinthiens, qui pourrait nous paraître surprenant et énigmatique, mais je suis convaincu que nous allons le redécouvrir comme profondément révélateur, nous qui essayons de suivre le Christ avec foi : « ceux qui pleurent soient comme s’ils ne pleuraient pas, ceux qui se réjouissent comme s’ils ne se réjouissaient pas, ceux qui achètent comme s’ils ne possédaient pas, ceux qui tirent profit de ce monde comme s’ils n’en profitaient pas vraiment»[1]. Nous observons que l’Apôtre nous demande avec insistance non pas d’être hypocrites – comme on pourrait l’interpréter à première vue – mais plutôt d’être comme si ..., à chaque fois que nous pourrions éprouver la tentation d'accepter d'avoir au détriment d'être. En d’autres termes, l’Apôtre nous dit que notre ascension spirituelle et notre édification intérieure ne devraient pas être entravées par notre attachement pour ce qui est matériel et passager, et que notre regard devrait toujours être dirigé vers le Christ, notre Sauveur. L’Apôtre nous fait comprendre que ceci est la condition authentique de chaque chrétien : celle d’assimiler toujours le fait d’être comme si ..., dans une parfaite harmonie avec sa volonté, tout au long de sa vie.
Le paradoxe de la bonne éducation, comme frein à l’édification intérieure
Mais comment accomplir cela ? Nous sommes habitués dès l’enfance, et parfois même éduqués, à vouloir chercher et détenir un maximum de biens, à faire des efforts pour acquérir (amasser) de petites fortunes, à avoir !... et ne plus jamais manquer de rien. Mais toutes ces habitudes peuvent devenir très nuisibles pour l'âme, car elles grandissent au fil du temps avec nous et, en nous dominant, elles étouffent notre vie spirituelle[2]. Et pour quelle autre raison sont-elles dangereuses ? Parce que personne dans notre vie ne nous enseignera à les laisser de côté, sauf si nous approfondissons l'enseignement chrétien. Le Christ, notre Seigneur, nous avertit que « ce n’est pas du fait qu’un homme est riche qu’il a sa vie garantie par ses biens »[3] et qu’il est très dangereux pour nos âmes de nous raccrocher aux biens matériels, et de mettre notre confiance en ces biens plus qu’en Dieu, qui est la source de toute grâce. C’est pour cela que le conseil de l’Apôtre ne laisse aucune équivoque : on doit chercher toujours à être, et non pas à avoir, car autrement nous risquons de perdre non seulement cette vie terrestre, mais surtout la vie éternelle. Les Saints Pères nous révèlent, comme aide pour notre réussite, que la souffrance et les privations, si elles sont autorisées par Dieu et si nous les assumons, sont pour nous de grands maîtres, tout au long de notre vie, et l’on se doit de ne pas les ignorer.
Dans son Épître aux Galates, l’Apôtre Paul rajoute un autre conseil à celui que je viens de citer : « marchez sous l’impulsion de l’Esprit et vous n’accomplirez plus ce que la chair désire. Car la chair, en ses désirs, s’oppose à l’Esprit – et l’Esprit à la chair ; entre eux, c’est l’antagonisme – pour que, ce que vous voulez faire, vous ne le fassiez pas »[4]. Par conséquent, la liberté que Dieu nous a accordée, on doit l’utiliser avec beaucoup de responsabilité, sachant bien que nous sommes dans une guerre permanente, que souvent (de la manière la plus naturelle possible), nous choisissons les choses matérielles à la place des choses spirituelles, et que ces choix deviennent des obstacles pour notre édification spirituelle. Et le même Apôtre nous révèle ailleurs : « Ne vous faites pas d’illusions : Dieu ne se laisse pas narguer ; car ce que l’homme sème, il le récoltera. Celui qui sème pour sa propre chair récoltera ce que produit la chair : la corruption. Celui qui sème pour l’Esprit récoltera ce que produit l’Esprit : la vie éternelle »[5].
C’est sur cet enseignement, accentué également par Saint Jean Cassien à plusieurs reprises, que je voudrais m’attarder dans ce qui suit.
L’ascèse assumée ou la nécessité du bon choix
La condition de l’homme après la chute dans le péché ancestral est marquée d’impuissances dont la plus évidente est celle de la difficulté avec laquelle l’homme arrive à subordonner sa propre volonté, comme le témoigne l’Apôtre Paul : « le bien que je veux, je ne le fais pas et le mal que je ne veux pas, je le fais »[6]. Saint Jean Cassien nous dit que l’homme « désire obtenir la chasteté du corps, sans le secours de la mortification ; acquérir la pureté du cœur, sans la fatigue des veilles ; devenir riche en vertu, sans efforts pénibles ; posséder le trésor de la patience, sans passer par les injures ; pratiquer l'humilité chrétienne, sans renoncer aux honneurs du monde ; concilier le renoncement de l'Évangile avec l'ambition du siècle ; servir Notre-Seigneur, sans se priver de la louange des hommes ; prêcher la vérité, sans blesser jamais personne ; elle voudrait enfin acquérir les biens futurs, sans perdre toutefois les biens présents »[7]. En d’autres mots, l’homme désire naturellement le confort matériel, il cherche toujours la plénitude sans être disposé à faire des offrandes, ou à renoncer aux choses matérielles pour avoir les choses spirituelles. Et alors que pouvons-nous faire ? Comment faire pour que les choses matérielles ne nous dominent pas ?
Le conseil le plus profond est d’essayer de ressembler le plus possible au Christ, Celui qui, malgré le fait qu’Il pouvait tout avoir, en tant que vrai Dieu et Maître de toute la création, a accepté la condition de ne posséder aucun bien, et a assumé cela afin de nous montrer que ceci est l’unique chemin pour Le suivre. « Si quelqu’un veut venir à Ma suite – nous dit le Christ- qu’il se renie lui-même (...) quel avantage l’homme a-t-il à gagner le monde entier, s’il se perd ou se ruine lui-même ? »[8]. Et lorsque quelques-uns des disciples ont désiré Le suivre, le Christ leur a dit de prendre garde car « les renards ont des terriers et les oiseaux du ciel des nids ; le Fils de l’homme, Lui, n’a pas où reposer la tête »[9] et leur a conseillé plus tard lorsqu’Il les a envoyé prêcher : « ne prenez rien pour la route, ni bâton, ni sac, ni pain, ni argent ; n’ayez pas chacun deux tuniques »[10], pour que tout ceci ne devienne pas un obstacle pour le travail auquel ils ont été appelés et qu’ils ont accepté avec foi. Le Seigneur nous avertit donc que la vraie condition de celui qui veut Le suivre ne peut être que d’avoir une grande modération par rapport aux choses matérielles et de se remettre avec confiance entre les mains de Dieu, sans aucune hésitation.
Le jeûne et la prière soutiennent la vie en Christ
Concernant la lutte permanente de l’âme avec le corps et, parfois, pour les plus ardents, la lutte de leur corps avec l’âme, celle-ci est surmontée de la même façon que rappelé précédemment, c’est-à-dire uniquement par la modération (ayant comme méthode le jeûne proposé par l’Église) et par l’entière confiance en Dieu (cette dernière étant mise en œuvre concrètement par la prière). « Car le jeûne, dit St. Syméon le Nouveau Théologien, ce médecin de nos âmes, chez l’un apaise les inflammations et les mouvements de la chair, chez l’autre calme l’irascibilité, chez un autre encore chasse la torpeur, chez celui-ci il excite l’ardeur, chez celui-là il redonne à l’intelligence sa pureté et la rend libre de mauvaises pensées (…) le jeûne dissipe peu à peu l’obscurité et le voile que le pêché étend sur l’âme, et il chasse comme le soleil la brume »[11]. « Luttons pour nourrir et accroître en nous-même par la pratique des commandements le feu divin grâce auquel la lumière divine prend toujours plus d’éclat et de force »[12], et par la prière « fais de Dieu un ami et tu n’auras pas besoin de l’aide des hommes »[13], nous dit le même Père Syméon, et nous allons voir « Dieu demeurant en nous en tant que lumière »[14].
Mais alors, le corps apaisé laissera-t-il automatiquement l’âme s’élever ? Comment être en même temps pondéré pour les choses matérielles et ardent pour les choses spirituelles ; être toujours mesuré pour les choses de la chair, mais plein de passion pour les choses spirituelles ; sage et pondéré dans le corps, mais enthousiaste dans l’âme ; posé et équilibré pour le corps, mais brûlant dans l’âme ? Eh bien, tous ces aspects restent des questions auxquelles tout chrétien cherche des réponses jour après jour, pas à pas, et je répète le conseil de l’Apôtre : de se réjouir comme si on ne se réjouissait pas, de pleurer comme si on ne pleurait pas. Pour tous ces aspects, mais aussi pour bien d’autres, le chemin reste le même : la pratique de la prière et du jeûne.
En ce qui concerne le contrôle de notre volonté et relativement à cet antagonisme entre les choses de la chair et celles de l’esprit, Saint Jean Cassien nous révèle lui aussi l’étonnante sagesse de Dieu, qui a fait en sorte que cette impuissance – née en nous suite à la désobéissance des premiers hommes dans l’Éden – devienne finalement très utile pour l’homme. Ainsi, sur le plan pratique, Saint Jean Cassien dit que « le combat de l'esprit et de la chair nous est utile en faisant naître des retards, des entraves salutaires. La pesanteur du corps retient l'esprit qui s'égare dans ses pensées, et lui donne, en mettant un obstacle à leur exécution, le temps de se reconnaître et de se repentir (...) nous voyons que le combat intérieur de l'esprit et de la chair, non-seulement ne nous est pas nuisible; mais qu'il nous procure même de véritables avantages »[15].
Retenons en conclusion le fait que la faiblesse du corps cache fréquemment à l’intérieur une âme forte, et que souvent les choses ordinaires se montrent du point de vue spirituel dans une autre lumière, comme nous l’enseigne aussi l’Apôtre Paul : « même si, en nous, l’homme extérieur va vers sa ruine, l’homme intérieur se renouvelle de jour en jour (...) notre objectif n’est pas ce qui se voit, mais ce qui ne se voit pas ; ce qui se voit est provisoire, mais ce qui ne se voit pas est éternel »[16].
Ayons confiance en Dieu, Celui qui nous connaît mieux que personne et qui est prêt à nous aider par tous les moyens possibles, pourvu qu’on Lui en donne l’occasion. Tel le père de la parabole du fils prodigue, Il est infatigable, guettant pour nous apercevoir et venir en premier à notre rencontre, et ceci uniquement car Il nous aime. N’oublions pas non plus que le Royaume intérieur de chacun de nous est l’entrée dans le Royaume Céleste, dans lequel nous invite avec beaucoup d’amour Jésus Christ notre Sauveur, et que Lui seulement est la porte d’entrée. Gardons courage et réjouissons-nous, en pensant que chacun d’entre nous est un petit fragment d’un trésor d’inexprimable joie céleste et que dans chaque fragment on retrouve le mystère de la totalité, le signe de cette vérité étant la Résurrection du Christ.
Le Christ est ressuscité !
[1] 1 Corinthiens 7, 29-31.
[2] Cf. Matthieu 13, 22.
[3] Luc 12, 15.
[4] Galates 5, 16-17.
[5] Galates 6, 7-8.
[6] Romans 7, 19.
[7] St. Jean Cassien, Conférences, IV-12, Traduction du latin par Prof. David Popescu, Ed. IBM de BOR, Bucarest, 2004, p. 98.
[8] Luc 9, 23; 25.
[9] Luc 9, 58.
[10] Luc 9, 3.
[11] St. Syméon le Nouveau Théologien, Catéchèses, Œuvres II, Ed. Deisis, Sibiu, 1999, p. 159.
[12] Ibidem, p. 35.
[13] Ibidem, p. 113.
[14] Ibidem, p. 116.
[15] St. Jean Cassien, Conférences, IV-13-14, ..., p. 100-101.
[16] 2 Corinthiens 4, 16-18.
Je voudrais commencer en vous rappelant le conseil donné par le Saint Apôtre Paul dans sa première épître aux Corinthiens, qui pourrait nous paraître surprenant et énigmatique, mais je suis convaincu que nous allons le redécouvrir comme profondément révélateur, nous qui essayons de suivre le Christ avec foi : « ceux qui pleurent soient comme s’ils ne pleuraient pas, ceux qui se réjouissent comme s’ils ne se réjouissaient pas, ceux qui achètent comme s’ils ne possédaient pas, ceux qui tirent profit de ce monde comme s’ils n’en profitaient pas vraiment»[1]. Nous observons que l’Apôtre nous demande avec insistance non pas d’être hypocrites – comme on pourrait l’interpréter à première vue – mais plutôt d’être comme si ..., à chaque fois que nous pourrions éprouver la tentation d'accepter d'avoir au détriment d'être. En d’autres termes, l’Apôtre nous dit que notre ascension spirituelle et notre édification intérieure ne devraient pas être entravées par notre attachement pour ce qui est matériel et passager, et que notre regard devrait toujours être dirigé vers le Christ, notre Sauveur. L’Apôtre nous fait comprendre que ceci est la condition authentique de chaque chrétien : celle d’assimiler toujours le fait d’être comme si ..., dans une parfaite harmonie avec sa volonté, tout au long de sa vie.
Le paradoxe de la bonne éducation, comme frein à l’édification intérieure
Mais comment accomplir cela ? Nous sommes habitués dès l’enfance, et parfois même éduqués, à vouloir chercher et détenir un maximum de biens, à faire des efforts pour acquérir (amasser) de petites fortunes, à avoir !... et ne plus jamais manquer de rien. Mais toutes ces habitudes peuvent devenir très nuisibles pour l'âme, car elles grandissent au fil du temps avec nous et, en nous dominant, elles étouffent notre vie spirituelle[2]. Et pour quelle autre raison sont-elles dangereuses ? Parce que personne dans notre vie ne nous enseignera à les laisser de côté, sauf si nous approfondissons l'enseignement chrétien. Le Christ, notre Seigneur, nous avertit que « ce n’est pas du fait qu’un homme est riche qu’il a sa vie garantie par ses biens »[3] et qu’il est très dangereux pour nos âmes de nous raccrocher aux biens matériels, et de mettre notre confiance en ces biens plus qu’en Dieu, qui est la source de toute grâce. C’est pour cela que le conseil de l’Apôtre ne laisse aucune équivoque : on doit chercher toujours à être, et non pas à avoir, car autrement nous risquons de perdre non seulement cette vie terrestre, mais surtout la vie éternelle. Les Saints Pères nous révèlent, comme aide pour notre réussite, que la souffrance et les privations, si elles sont autorisées par Dieu et si nous les assumons, sont pour nous de grands maîtres, tout au long de notre vie, et l’on se doit de ne pas les ignorer.
Dans son Épître aux Galates, l’Apôtre Paul rajoute un autre conseil à celui que je viens de citer : « marchez sous l’impulsion de l’Esprit et vous n’accomplirez plus ce que la chair désire. Car la chair, en ses désirs, s’oppose à l’Esprit – et l’Esprit à la chair ; entre eux, c’est l’antagonisme – pour que, ce que vous voulez faire, vous ne le fassiez pas »[4]. Par conséquent, la liberté que Dieu nous a accordée, on doit l’utiliser avec beaucoup de responsabilité, sachant bien que nous sommes dans une guerre permanente, que souvent (de la manière la plus naturelle possible), nous choisissons les choses matérielles à la place des choses spirituelles, et que ces choix deviennent des obstacles pour notre édification spirituelle. Et le même Apôtre nous révèle ailleurs : « Ne vous faites pas d’illusions : Dieu ne se laisse pas narguer ; car ce que l’homme sème, il le récoltera. Celui qui sème pour sa propre chair récoltera ce que produit la chair : la corruption. Celui qui sème pour l’Esprit récoltera ce que produit l’Esprit : la vie éternelle »[5].
C’est sur cet enseignement, accentué également par Saint Jean Cassien à plusieurs reprises, que je voudrais m’attarder dans ce qui suit.
L’ascèse assumée ou la nécessité du bon choix
La condition de l’homme après la chute dans le péché ancestral est marquée d’impuissances dont la plus évidente est celle de la difficulté avec laquelle l’homme arrive à subordonner sa propre volonté, comme le témoigne l’Apôtre Paul : « le bien que je veux, je ne le fais pas et le mal que je ne veux pas, je le fais »[6]. Saint Jean Cassien nous dit que l’homme « désire obtenir la chasteté du corps, sans le secours de la mortification ; acquérir la pureté du cœur, sans la fatigue des veilles ; devenir riche en vertu, sans efforts pénibles ; posséder le trésor de la patience, sans passer par les injures ; pratiquer l'humilité chrétienne, sans renoncer aux honneurs du monde ; concilier le renoncement de l'Évangile avec l'ambition du siècle ; servir Notre-Seigneur, sans se priver de la louange des hommes ; prêcher la vérité, sans blesser jamais personne ; elle voudrait enfin acquérir les biens futurs, sans perdre toutefois les biens présents »[7]. En d’autres mots, l’homme désire naturellement le confort matériel, il cherche toujours la plénitude sans être disposé à faire des offrandes, ou à renoncer aux choses matérielles pour avoir les choses spirituelles. Et alors que pouvons-nous faire ? Comment faire pour que les choses matérielles ne nous dominent pas ?
Le conseil le plus profond est d’essayer de ressembler le plus possible au Christ, Celui qui, malgré le fait qu’Il pouvait tout avoir, en tant que vrai Dieu et Maître de toute la création, a accepté la condition de ne posséder aucun bien, et a assumé cela afin de nous montrer que ceci est l’unique chemin pour Le suivre. « Si quelqu’un veut venir à Ma suite – nous dit le Christ- qu’il se renie lui-même (...) quel avantage l’homme a-t-il à gagner le monde entier, s’il se perd ou se ruine lui-même ? »[8]. Et lorsque quelques-uns des disciples ont désiré Le suivre, le Christ leur a dit de prendre garde car « les renards ont des terriers et les oiseaux du ciel des nids ; le Fils de l’homme, Lui, n’a pas où reposer la tête »[9] et leur a conseillé plus tard lorsqu’Il les a envoyé prêcher : « ne prenez rien pour la route, ni bâton, ni sac, ni pain, ni argent ; n’ayez pas chacun deux tuniques »[10], pour que tout ceci ne devienne pas un obstacle pour le travail auquel ils ont été appelés et qu’ils ont accepté avec foi. Le Seigneur nous avertit donc que la vraie condition de celui qui veut Le suivre ne peut être que d’avoir une grande modération par rapport aux choses matérielles et de se remettre avec confiance entre les mains de Dieu, sans aucune hésitation.
Le jeûne et la prière soutiennent la vie en Christ
Concernant la lutte permanente de l’âme avec le corps et, parfois, pour les plus ardents, la lutte de leur corps avec l’âme, celle-ci est surmontée de la même façon que rappelé précédemment, c’est-à-dire uniquement par la modération (ayant comme méthode le jeûne proposé par l’Église) et par l’entière confiance en Dieu (cette dernière étant mise en œuvre concrètement par la prière). « Car le jeûne, dit St. Syméon le Nouveau Théologien, ce médecin de nos âmes, chez l’un apaise les inflammations et les mouvements de la chair, chez l’autre calme l’irascibilité, chez un autre encore chasse la torpeur, chez celui-ci il excite l’ardeur, chez celui-là il redonne à l’intelligence sa pureté et la rend libre de mauvaises pensées (…) le jeûne dissipe peu à peu l’obscurité et le voile que le pêché étend sur l’âme, et il chasse comme le soleil la brume »[11]. « Luttons pour nourrir et accroître en nous-même par la pratique des commandements le feu divin grâce auquel la lumière divine prend toujours plus d’éclat et de force »[12], et par la prière « fais de Dieu un ami et tu n’auras pas besoin de l’aide des hommes »[13], nous dit le même Père Syméon, et nous allons voir « Dieu demeurant en nous en tant que lumière »[14].
Mais alors, le corps apaisé laissera-t-il automatiquement l’âme s’élever ? Comment être en même temps pondéré pour les choses matérielles et ardent pour les choses spirituelles ; être toujours mesuré pour les choses de la chair, mais plein de passion pour les choses spirituelles ; sage et pondéré dans le corps, mais enthousiaste dans l’âme ; posé et équilibré pour le corps, mais brûlant dans l’âme ? Eh bien, tous ces aspects restent des questions auxquelles tout chrétien cherche des réponses jour après jour, pas à pas, et je répète le conseil de l’Apôtre : de se réjouir comme si on ne se réjouissait pas, de pleurer comme si on ne pleurait pas. Pour tous ces aspects, mais aussi pour bien d’autres, le chemin reste le même : la pratique de la prière et du jeûne.
En ce qui concerne le contrôle de notre volonté et relativement à cet antagonisme entre les choses de la chair et celles de l’esprit, Saint Jean Cassien nous révèle lui aussi l’étonnante sagesse de Dieu, qui a fait en sorte que cette impuissance – née en nous suite à la désobéissance des premiers hommes dans l’Éden – devienne finalement très utile pour l’homme. Ainsi, sur le plan pratique, Saint Jean Cassien dit que « le combat de l'esprit et de la chair nous est utile en faisant naître des retards, des entraves salutaires. La pesanteur du corps retient l'esprit qui s'égare dans ses pensées, et lui donne, en mettant un obstacle à leur exécution, le temps de se reconnaître et de se repentir (...) nous voyons que le combat intérieur de l'esprit et de la chair, non-seulement ne nous est pas nuisible; mais qu'il nous procure même de véritables avantages »[15].
Retenons en conclusion le fait que la faiblesse du corps cache fréquemment à l’intérieur une âme forte, et que souvent les choses ordinaires se montrent du point de vue spirituel dans une autre lumière, comme nous l’enseigne aussi l’Apôtre Paul : « même si, en nous, l’homme extérieur va vers sa ruine, l’homme intérieur se renouvelle de jour en jour (...) notre objectif n’est pas ce qui se voit, mais ce qui ne se voit pas ; ce qui se voit est provisoire, mais ce qui ne se voit pas est éternel »[16].
Ayons confiance en Dieu, Celui qui nous connaît mieux que personne et qui est prêt à nous aider par tous les moyens possibles, pourvu qu’on Lui en donne l’occasion. Tel le père de la parabole du fils prodigue, Il est infatigable, guettant pour nous apercevoir et venir en premier à notre rencontre, et ceci uniquement car Il nous aime. N’oublions pas non plus que le Royaume intérieur de chacun de nous est l’entrée dans le Royaume Céleste, dans lequel nous invite avec beaucoup d’amour Jésus Christ notre Sauveur, et que Lui seulement est la porte d’entrée. Gardons courage et réjouissons-nous, en pensant que chacun d’entre nous est un petit fragment d’un trésor d’inexprimable joie céleste et que dans chaque fragment on retrouve le mystère de la totalité, le signe de cette vérité étant la Résurrection du Christ.
Le Christ est ressuscité !
Pr Simeon Mureșan
[2] Cf. Matthieu 13, 22.
[3] Luc 12, 15.
[4] Galates 5, 16-17.
[5] Galates 6, 7-8.
[6] Romans 7, 19.
[7] St. Jean Cassien, Conférences, IV-12, Traduction du latin par Prof. David Popescu, Ed. IBM de BOR, Bucarest, 2004, p. 98.
[8] Luc 9, 23; 25.
[9] Luc 9, 58.
[10] Luc 9, 3.
[11] St. Syméon le Nouveau Théologien, Catéchèses, Œuvres II, Ed. Deisis, Sibiu, 1999, p. 159.
[12] Ibidem, p. 35.
[13] Ibidem, p. 113.
[14] Ibidem, p. 116.
[15] St. Jean Cassien, Conférences, IV-13-14, ..., p. 100-101.
[16] 2 Corinthiens 4, 16-18.
mardi 11 avril 2017
LE COMBAT SPIRITUEL DE CARÊME jusqu'au bout la Semaine Sainte
Le Carême on ne peut pas s’y tromper… car le diable met le paquet sur nos points faibles et nos failles pour les amplifier, favoriser les circonstances du développement de nos passions et nous tenter sans cesse soit dans l’un soit dans l’autre de nos côtés obscurs.
Et il nous faut tenir le
coup dans les maux physiques, dans les
frictions conjugales, les
conflits avec les enfants adolescents, le souci de la préservation de leur santé psychique, physique, spirituelle, les injustices sur les lieux de travail, les difficultés financières…
Et quand un foyer diminue un
autre s’allume, et si un foyer s’éteint par les larmes d’une prière plus instante,
un autre s’enflamme d’autant plus violemment. Le malin nous déteste encore plus
dans ces périodes de Carême car chacun, dans sa pauvreté de pécheur, y fait tout
de même de son mieux pour mener le bon combat et aussi modeste qu'il soit, c’est toujours trop pour le
malin. L’objectif récurrent est de nous décourager, de nous faire baisser les
bras, de nous enfoncer et nous paralyser dans la défaite, de nous maintenir à
terre dans nos chutes, dans la désespérance, de nous maintenir dans l’horreur
de nous-mêmes, dans la honte et de nous faire douter non seulement de notre motivation et de nos forces mais eu égard à cela de la possibilité du pardon de Dieu.
C’est comme ça que l'on peut comprendre la phrase du Seigneur à Saint Silouane « Tiens ton esprit en enfer et
ne désespère pas. » Ces épreuves imposées à nous lors du Carême ne sont
permises par Dieu que pour cela, pour qu’à la fois nous voyons clairement et lucidement
notre peu de forces personnelles (Sans la grâce de Dieu je ne peux pas grand-chose
ou pas longtemps) et qu’en même temps, comme Job, au milieu du feu de l’enfer
sur terre que sont ces épreuves qui se succèdent, se conjuguent, se multiplient
et s’amplifient (« mon nom est légion »), nous tenions le coup et
nous ne doutions jamais de l’Amour de Dieu, toujours là pour voir notre lutte,
notre faiblesse, notre détresse et pour
entendre nos prières.
Il ne faut pas s’y tromper :
plus on s’adonne à l’ascèse quelle qu’en soit l’intensité, quel qu’en soit le
domaine d’application et plus la ruse du malin cherche à nous en détourner ;
plus on s’adonne à la prière et plus violentes sont les attaques de l’ennemi
qui sait trouver au moment opportun les lieux de prédilection de nos passions. Saint
Antoine en sait quelque chose. Il n’y a pas lieu de baisser la garde ; même
à terre, il faut encore se défendre, en soulevant encore une fois la croix dont
nous sommes chargés, et nous relever pour marcher et avancer, pas à pas, sous le
poids et les meurtrissures, accompagnés - on ne peut en douter - des ricanements des
démons qui s’agrippent encore à la croix pour la rendre plus lourde, en tentant de
nous écraser complètement, et pour se réjouir de nous voir enfin ramper, face
contre terre, dénués de toute la dignité que Dieu a conférée à l'homme en le créant à son image et à sa ressemblance. Mais ils ne pourront rien contre les larmes de nos prières, notre
foi, notre regard intérieur confiant tourné vers le Royaume des Cieux et son
Roi, notre Seigneur compatissant envers notre repentir. Courage mes frères.
Maxime le minime
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