Les lèvres mensongères font horreur à l'Éternel, tandis que ceux qui agissent avec fidélité lui sont agréables. Proverbes 12:22 «C'est ce qui sort de l'homme qui le rend impur. En effet, c'est de l’intérieur, c'est du cœur des hommes que sortent les mauvaises pensées, les adultères, l'immoralité sexuelle, les meurtres, les vols, la soif de posséder, les méchancetés, la fraude, la débauche, le regard envieux, la calomnie, l'orgueil, la folie. Toutes ces choses mauvaises sortent du dedans et rendent l'homme impur.» Marc 7:20-23 Un témoin fidèle ne ment pas, tandis qu’un faux témoin dit des mensonges. Proverbes 14:5 « Vous, vous avez pour père le diable et vous voulez accomplir les désirs de votre père. Il a été meurtrier dès le commencement et il ne s'est pas tenu dans la vérité parce qu'il n'y a pas de vérité en lui. Lorsqu'il profère le mensonge, il parle de son propre fond, car il est menteur et le père du mensonge. » Jean 8:44 Si les paroles distinguées ne conviennent pas à un fou, les paroles mensongères conviennent d’autant moins à un noble. Proverbes 17:7 « Écarte de ta bouche la fausseté, éloigne de tes lèvres les détours ! Proverbes 4:24 Craindre l'Éternel, c'est détester le mal. L'arrogance, l'orgueil, la voie du mal et la bouche perverse, voilà ce que je déteste. » Proverbes 8:13 « Pierre lui dit : «Ananias, pourquoi Satan a-t-il rempli ton cœur, au point que tu aies menti au Saint-Esprit et gardé une partie du prix du champ? […] Comment as-tu pu former dans ton cœur un projet pareil? Ce n'est pas à des hommes que tu as menti, mais à Dieu.»Actes 5:3-4Mais pour les lâches, les incrédules, les abominables, les meurtriers, les impudiques, les enchanteurs, les idolâtres, et tous les menteurs, leur part sera dans l'étang ardent de feu et de soufre, ce qui est la seconde mort.Apocalypse 21.8
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lundi 3 février 2025

SAINT MAXIME LE CONFESSEUR ( 3fév./21 janv.)


Vénérable père Saint  Maxime le Confesseur
prie Dieu pour moi !

Il naquit dans une famille noble à Constantinople en 580. (Mais, selon un récit récemment découvert, il est peut-être né en Palestine.) Il fit preuve d’une piété et d’une profondeur de compréhension théologique hors du commun dès son plus jeune âge, et écrivit certains des ouvrages théologiques les plus profonds de l’Église. Il devint le secrétaire en chef de l’empereur Héraclius et de son petit-fils Constant. Mais lorsque l’hérésie monothélite s’empara de la cour royale, Maxime ne put supporter d’être entouré par cette erreur et partit pour le monastère de Chrysopolis, dont il devint plus tard abbé. Du monastère, il combattit le monothélitisme dans des homélies et des traités qui exercèrent une influence considérable, à tel point que l’empereur Constant lui ordonna soit d’accepter la croyance monothélite, soit de garder le silence. Maxime refusa de faire l’un ou l’autre, et il fut arrêté. Sa langue fut arrachée, sa main droite coupée et il fut condamné à l’exil. Il mourut de ses blessures et de ses tourments alors qu’il était encore en prison, en attendant sa déportation, à l’âge de 82 ans, en l’an 662. Le Grand Horologion commente qu’« à cette époque, lui et ses quelques disciples étaient les seuls orthodoxes d’Orient ». Néanmoins, sa position solitaire et coûteuse, dont il n’a pas vu les fruits de son vivant, a préservé la foi orthodoxe lorsque les empereurs et les patriarches se sont tous éloignés.
La main droite de saint Maxime est vénérée aujourd’hui au monastère de Saint-Paul sur le mont Athos.

et aussi Saints orthodoxes d'Europe occidentale :
  • ste Agnès, vierge et martyre à Rome ;
  • st Patrocle, martyr à Troyes ;
  • st Avit de Clermont ;
  • st Fructueux de Tarragone ;
  • st Aptat de Metz 

mardi 29 novembre 2022

Précisions sur LES BÉATITUDES par St Maxime Le Confesseur


 "Il y a dans les monde beaucoup de pauvres en esprit, mais non comme il faudrait. Il y a beaucoup d'affligés mais pas parce qu'ils n'ont plus d'argent ou qu'ils ont perdu leurs enfants. Il y a beaucoup de doux mais pour s'adonner aux passions impures. Il y a beaucoup d'affamés et d'assoiffés mais pour prendre ce qu'ont les autres et profiter injustement.Il y a beaucoup de compatissants mais pour satisfaire le corps et les choses du corps. Il y a beaucoup de cœurs purs mais par vanité. Il y a beaucoup de pacifiques mais parce qu'ils soumettent l'esprit à la chair. Il y a beaucoup de persécutés mais parce qu'ils se livrent au désordre. Beaucoup enfin sont outragés mais par les péchés infâmes. Seuls sont bienheureux ceux qui font et endurent tout cela pour le Christ. Pourquoi ? Parce que le Royaume des Cieux est à eux, qu'ils verront Dieu, etc.(Jean 14,11). Ce n'est donc pas parce qu'il font et endurent tout cela qu'ils sont bienheureux — car ceux dont parlions le font aussi — mais parce qu'ils le font et l'endurent pour le Christ." (46)

En tout ce que nous faisons, comme il a été souvent dit, Dieu recherche quel est notre but : si nous agissons pour Lui ou quelque chose d'autre. Si donc nous voulons faire le bien, ayons pour but, non de plaire aux hommes, mais d'aller à Dieu. Ainsi, les yeux toujours tournés vers Lui, faisons tout pour Lui, afin que, endurant la peine, nous ne perdions pas la récompense. (48)

Saint Maxime le Confesseur 

Centurie III sur l'Amour 


 


Précisions sur LES BÉATITUDES par St Maxime Le Confesseur


 "Il y a dans les monde beaucoup de pauvres en esprit, mais non comme il faudrait. Il y a beaucoup d'affligés mais pas parce qu'ils n'ont plus d'argent ou qu'ils ont perdu leurs enfants. Il y a beaucoup de doux mais pour s'adonner aux passions impures. Il y a beaucoup d'affamés et d'assoiffés mais pour prendre ce qu'ont les autres et profiter injustement.Il y a beaucoup de compatissants mais pour satisfaire le corps et les choses du corps. Il y a beaucoup de cœurs purs mais par vanité. Il y a beaucoup de pacifiques mais parce qu'ils soumettent l'esprit à la chair. Il y a beaucoup de persécutés mais parce qu'ils se livrent au désordre. Beaucoup enfin sont outragés mais par les péchés infâmes. Seuls sont bienheureux ceux qui font et endurent tout cela pour le Christ. Pourquoi ? Parce que le Royaume des Cieux est à eux, qu'ils verront Dieu, etc.(Jean 14,11). Ce n'est donc pas parce qu'il font et endurent tout cela qu'ils sont bienheureux — car ceux dont parlions le font aussi — mais parce qu'ils le font et l'endurent pour le Christ." (46)

En tout ce que nous faisons, comme il a été souvent dit, Dieu recherche quel est notre but : si nous agissons pour Lui ou quelque chose d'autre. Si donc nous voulons faire le bien, ayons pour but, non de plaire aux hommes, mais d'aller à Dieu. Ainsi, les yeux toujours tournés vers Lui, faisons tout pour Lui, afin que, endurant la peine, nous ne perdions pas la récompense. (48)

Saint Maxime le Confesseur 

Centurie III sur l'Amour 


 


mercredi 6 mars 2019

PRÉLIMINAIRES AU GRAND CARÊME


Sur le site orthodoxe roumain APOSTOLIA

Publication de la Métropole Orthodoxe Roumaine d'Europe Occidentale et Méridionale

Résumé et extraits d’une conférence du Métropolite Hiérotheos de Nafpaktos au 23ème congrès de médecine des forces armées à Thessalonique. (4 -7 novembre 2010).

La relation de dualité1 de la jouissance et de la souffrance (source)

Dans un livre qui s’intitule : « La douleur, un cadeau dont personne ne veut », un médecin anglais, Paul Brand (né aux Indes en 1914 où il combattit la lèpre et le diabète) a présenté la valeur de la douleur dans la vie de l’homme. Ses travaux le conduisirent à la conclusion qu’il ne faut pas systématiquement calmer la douleur car elle constitue un important moyen de communication du corps. Il décrit dans son livre le jumelage existant entre la jouissance et la douleur, évoquant un croquis du peintre Léonard de Vinci pour illustrer le résultat de ses recherches sur la relation duelle entre ces deux sensations. Il s’agit d’une silhouette d’homme qui se sépare en deux environ à la hauteur du ventre, avec deux troncs, deux têtes barbues et quatre bras, comme des jumeaux siamois unis par le milieu. Léonard de Vinci intitula ce dessin: « Allégorie de la Jouissance et de la Souffrance » avec ce commentaire: « La jouissance et la souffrance sont comme des sœurs jumelles, liées ensemble et jamais une des deux sensations n’existe sans l’autre. Elles ont leurs dos tordus l’un vers l’autre car elles sont opposées mais il semble qu’elles poussent sur le même tronc et qu’elles ont une seule et même racine ».
Ceci apparaît par exemple dans la prise d’alcool et de stupéfiants.
Paul Brand écrit: « l’abus des drogues aboutit à une fausse sensation de volupté car les essences génératrices d’effets de dépendance ont un accès chimique immédiat dans l’encéphale. Il n’est pas du tout étonnant que la jouissance de courte durée crée alors des années de malheur et de douleur. »
Il cite également un médecin qui a utilisé différentes substances, non pour se griser, mais pour essayer d’éteindre la douleur avec des produits de synthèse chimique. Ces substances finalement, augmentent le vide qu’ils s’efforcent de combler. Ainsi, il faut de plus en plus de drogue et ceci d’autant plus que nous essayons de la supprimer.
Cette relation de dualité de la jouissance et de la douleur est connue des Pères de notre Église. Elle est la base de la vie ascétique orthodoxe.


Saint Maxime le Confesseur, dans différents chapitres au sujet de l’économie, de la vertu et du mal2 parle de cette relation de jumelage entre la jouissance et la douleur. Les écrits des Pères de l’Église sont également très contemporains sur ce sujet, parce qu’ils abordent les problèmes existentiels de l’homme à travers son histoire.
« Dieu, lorsqu’il créa la nature humaine n’a établi en elle ni la jouissance ni la souffrance perçues par les sens. Mais Il a mis en l’homme une énergie noétiquedirigée vers le plaisir et la Jouissance, avec laquelle il pouvait jouir de Dieu de façon ineffable ». Il s’agit « d’un désir naturel du noûs4 pour Dieu ».
Or, l’homme, par sa désobéissance, suivit l’élan inverse : ce mouvement naturel du noûs vers Dieu, il le retourna vers une quête de sensations corporelles, et de jouissance du seul monde sensible. Il acquit ainsi la première perception « de la jouissance qui agit contre nature à travers les sens ». Alors Dieu, « qui a souci de notre salut, dans sa prévoyance, a établi à côté de la jouissance des sens, la souffrance comme une puissance correctrice ». C’est-à-dire qu’Il « enracina dans la nature du corps, la loi de mort pour mettre une limite à l’élan déraisonnable et contre nature du désir-élan du noûs vers la seule jouissance des créatures sensibles ». Ainsi, la jouissance et la souffrance n’ont pas été créées ensemble, avec la nature de la chair. Mais la transgression du commandement divin (« tu ne mangeras pas ») engendra la jouissance du noûs à travers les sens pour corrompre et pervertir sa disposition naturelle. Tandis que l’homme rejetait la souffrance comme une condamnation. Ainsi, cette jouissance-là provoque la mort volontaire de l’âme, le péché et la souffrance, et la dissolution de l’âme provoque la décomposition de la chair »5.
Cela signifie qu’ « après la jouissance déraisonnable, la souffrance raisonnable arriva à travers beaucoup d’épreuves dans lesquelles et à partir desquelles la mort survint pour retrancher la jouissance contre nature ». Ainsi « l’invention des maux volontaires – qui est en fait la vie ascétique – ou l’épreuve des maux involontaires – que sont la maladie et la mort –, retranchent la jouissance déchue ». Mais sans faire disparaître « cette énergie gravée comme loi dans la nature humaine et qui crée la jouissance ».
Et à chaque jouissance qui est « contre-nature » succède la « douleur naturelle » qui est le signal d’alarme donné par le corps au noûs pour lui montrer son égarement et sa dispersion.
Ceci, nous le voyons déjà dans la façon selon laquelle l’homme vient au monde puisque la jouissance précède et que la souffrance suit.
« Après la transgression de la volonté divine, tous les hommes eurent d’abord la jouissance des sens. Ceci naturellement de par leur mode d’engendrement. Personne n’existait naturellement exempt de la passion de l’engendrement voluptueux. Tous aussi, comme s’ils payaient une dette naturelle, endurèrent les maux et la mort à cause d’elle ».
« Après la transgression d’Adam, la nature humaine a eu le principe de son engendrement dans la conception voluptueuse de la naissance, à travers la semence du père, et a terminé sa vie dans la mort avec douleur et décomposition ».
L’homme ne pouvait pas être libéré de la tyrannie de dépendance entre la jouissance et la souffrance et sa peine était intense.
Le Christ réalisa cette guérison par le mode de sa naissance comme homme et par celui de sa mort.
Le Christ « a condescendu à la conception qui n’avait pas son principe dans la volupté (elle eut lieu sans la semence et l’intervention d’un père charnel) pour libérer la nature humaine de la conception qui provenait de la condamnation ».
« La souffrance provoquée par la jouissance et qui constitue la finalité de la nature déchue, le Christ l’assuma volontairement par philanthropie, souffrant injustement sur la Croix, intentionnellent, par économie.
Avec l’incarnation du Christ, toutes les données ont changé. « Car de même que la vie voluptueuse d’Adam devint mère de la mort et de la corruption, ainsi la mort du Christ pour Adam, avec tout ce qui est libéré et exempt du péché-jouissance d’Adam, engendre la vie éternelle ».
Nous tous, par notre naissance, avons en nous le côté passible et la mortalité de la nature. C’est pourquoi dans notre nature humaine nous sommes liés à la souffrance et à la jouissance. « Parce qu’il est clair que dans le côté passible de la nature (lié aux passions) existe l’énergie de la jouissance et de la souffrance. C’est-à-dire que lorsque la douleur naturelle (puissance correctrice) est aggravée par la souffrance, alors nous prenons soin de réconforter d’une certaine façon la nature avec la jouissance. Parce que, voulant éviter la souffrance, nous avons recours à la jouissance, essayant de réconforter la nature incommodée par cette souffrance ».
Ceci apparaît avec l’exemple d’une blessure. La douleur de la blessure nous pousse à la gratter, chose qui nous fait du bien mais augmente en fait la douleur.
Et encore plus avec la prise de boissons et de stupéfiants. Nous buvons pour nous libérer de la souffrance, mais cette nouvelle jouissance provoque une nouvelle souffrance.
« Pour atténuer par la jouissance les mouvements de la souffrance, nous augmentons en fait notre dépendance puisque nous ne pouvons pas avoir la jouissance détachée et libérée de la souffrance et de la douleur.
Parce que le Christ est né sans la jouissance de la conception et a assumé volontairement la souffrance pour la vaincre par la Croix, il a donné aussi la force aux hommes de vaincre à la fois la jouissance et la souffrance ».
Nous voyons ceci dans la vie des saints qui sont liés au Christ. « Ceux-ci n’ont plus la jouissance de la naissance qui provient d’Adam, mais seulement la souffrance d’Adam, la mort, non comme une dette à cause du péché, mais contre le péché. Parce que lorsque la mort n’a pas comme mère la jouissance, elle engendre à la vie éternelle.
Et comme la vie hédoniste d’Adam est devenue mère de la mort et de la corruption, de même la mort volontaire du Seigneur pour sauver Adam, engendre la vie éternelle ».
De toute manière, après sa chute, l’homme avance à l’intérieur de ces deux réalités : la jouissance et la souffrance. La jouissance provoque l’éloignement de Dieu (le péché), suivi des remords, de la culpabilité, quelquefois aussi des maladies somatiques. Et l’homme, afin d’échapper au cycle jouissance-souffrance goûte à nouveau la jouissance, mais cette nouvelle jouissance crée une douleur insupportable qui pour être affrontée exige une nouvelle jouissance dans un véritable cercle vicieux. Le Christ par son incarnation nous a donné la capacité de nous libérer de ce cercle vicieux. Car Il est né hors du lien de la jouissance de la conception héritée d’Adam et Il a accepté volontairement la souffrance dans sa Passion.
Il a assumé le corps passible et mortel, sans le péché-jouissance pour guérir à la fois et la jouissance et la souffrance. La tradition de l’Église établit le dépassement de cette relation de dépendance et de jumelage entre la jouissance et la souffrance dans la nature humaine, par la vie ascétique.
Il ne s’agit pas d’une privation de l’homme par des règles d’interdiction mais de sa libération de l’empire de « ces sœurs jumelles siamoises ». Et selon la tradition patristique qu’exprime Saint Maxime le Confesseur, c’est la purification du cœur qui est le dépassement de la dualité jouissance-souffrance. Dans un de ses passages, il écrit que celui qui a libéré sa chair de la jouissance et de la souffrance a réalisé la vertu véritable. Que celui qui a fait disparaître de son âme l’ignorance et l’oubli de Dieu est passé dans la vision naturelle des êtres et des choses.
Et que celui qui a libéré son noûs des nombreuses représentations, c’est-à-dire des images conceptuelles et des imaginations, a acquis la véritable initiation théologique (mystagogie). Le cœur purifié peut alors jouir de sa communion avec Dieu.
Dans l’Église nous avons la possibilité, avec la théologie, les sacrements (la confession des péchés, le sacrement du Pardon couronné par la sainte Communion) et la vie ascétique, de rompre la dépendance entre la jouissance et la souffrance. Nous avons la capacité de guérir par la grâce du Saint-Esprit, le désir de jouissance déraisonnable, de supporter la douleur, les maladies et la peur de la mort, et de parvenir à des états spirituels qui délivrent l’homme de toutes les chaînes et le rendent libre pour jouir de son union avec Dieu.
Saint Maxime le Confesseur faisant l’exégèse de la prière du « Notre Père » et spécialement de la demande « et ne nous laisse pas succomber à la tentation » dit qu’il existe deux sortes de tentations, la voluptueuse et la douloureuse.
La première tentation, c’est-à-dire la tentation de jouissance est volontaire. Elle arrive selon notre propre disposition avec notre liberté c’est-à-dire qu’elle est volontaire puisque nous-mêmes voulons en tirer du plaisir.
Tandis que l’autre tentation, celle qui relève de la douleur, liée aux maladies et à la mort est involontaire parce que nous-mêmes, nous ne la désirons pas mais qu’elle survient dans notre vie. Elle apparaît comme une épreuve.
La tentation de la jouissance engendre le péché si nous y succombons, tandis que la tentation de la souffrance, lorsque nous la supportons avec patience, nous guérit de la maladie et du péché.
L’aide de Dieu nous est accordée si nous résistons à la tentation de la jouissance illégitime et si nous acceptons avec patience la tentation, l’épreuve de la souffrance.
« Toutes ces tentations-épreuves vous sont en fait profitables: supprimez la tentation, personne ne sera sauvé » dit Saint Antoine le Grand.
La douleur corporelle, psychique et existentielle peut devenir « un cadeau » de Dieu à l’homme. C’est un don de Dieu dans la situation d’après la chute dans laquelle nous nous trouvons.
Elle est reliée avec les tuniques de peau et agit avec le caractère d’une substance double, ce qui signifie que c’est d’abord un état d’après la chute ; mais cet état déchu est aussi béni par Dieu : grâce à Son aide, nous pouvons le surmonter et fortifier notre âme.
Chaque effort ascétique (ascèse signifie : exercice, effort) éloigne la souffrance injuste et rapproche l’âme de la jouissance originelle dans les Dons du Saint-Esprit.
De même que la femme souffre lors de la naissance d’un enfant, mais que cette souffrance prend fin avec l’apparition d’une nouvelle vie, de même chaque souffrance conduit à une nouvelle naissance, si nous parvenons à la mettre en valeur correctement.
C’est de cette façon que nous devons comprendre le passage classique de Dostoïevski « je souffre donc j’existe » qui peut être rapproché du passage de Saint Silouane « J’aime donc j’existe » et qui tous deux affrontent la pensée de Descartes: « Je pense donc je suis ».
L’existence de l’homme ne s’identifie pas de façon absolue avec la raison !
Mais elle est exprimée par le dépassement de la souffrance et par l’expérience vécue de l’amour.

Traduction: P. Pierre Deschamps,

résumé et adaptation : Marie Deschamps, Grand Carême 2011


Notes :

1. Dualité : coexistence de deux éléments différents. Caractère de ce qui est double en soi.

2. Saint Maxime le Confesseur, Questions à Thalassios.
3. Adjectif se rapportant au Noûs, voir ci-dessous :
4. Mot grec théologique très employé par les Pères. Le noûs : correspond à l’image du Père dans l’âme humaine. Le Noûs est l’œil de l’âme qui voit la lumière divine lorsqu’il est en bonne santé, c’est-à-dire vit en conformité avec les lois de sa nature crées par Dieu.
5. Questions à Thalassios, 61.


dimanche 17 janvier 2016

PIERRES VIVANTES


Glass Beach, MacKerricher State Park, près de Fort Bragg, en Californie

5. Vous aussi, comme pierres vivantes, entrez dans la construction de la demeure spirituelle, pour devenir le sacerdoce saint et présenter des sacrifices spirituels, agréables à Dieu, par Jésus Christ.

9. Mais vous, vous êtes une descendance choisie, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple destiné au salut, pour que vous annonciez les merveilles de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière.
(1Pierre 1,1)

mardi 12 août 2014

ANTHROPOLOGIE CHRÉTIENNE par Vladimir LOSSKY

Saint Maxime le Confesseur a décrit avec une puissance et une ampleur incomparables la mission dévolue à 1’homme.
Aux divisions successives qui constituent la création devaient correspondre des unions ou synthèses accomplies par l’homme, grâce à la «synergie » de la liberté et de la grâce.

La division fondamentale où s’enracine la réalité même de l’être créé est celle de Dieu et de l’ensemble des créatures, du créé et de l'incréé.
La nature créée se divise ensuite en céleste et terrestre, en intelligible et sensible. 
Dans l'univers sensible le ciel est séparé de la terre.
A la surface de celle-ci le Paradis est mis à part.
Enfin, l'habitant du Paradis, l’hommeest lui-même divisé en deux sexes, le masculin et le féminin

Adam devait surmonter ces divisions par une action consciente, pour réunir en lui l'ensemble du cosmos créé et se déifier avec lui.
Il fallait d’abord qu’il dépassât la séparation sexuelle par une vie chaste, par une union plus totale que l’union extérieure des sexes, par une «intégrité » qui fût intégration.
Dans une deuxième étape, il devait réunir le Paradis au reste du cosmos terrestre, par un amour pour Dieu qui à la fois le détachât de tout et lui permît de tout embraser : portant toujours le Paradis en lui-même, il eût transformé la terre entière en Paradis.
En troisième lieu, son esprit et son corps lui-même auraient triomphé de l’espace en unifiant l’ensemble du monde sensible, la terre et son firmament.
A l’étape suivante, il devait pénétrer dans le cosmos céleste, vivre la vie des anges, assimiler leur intelligence et réunir en lui le monde intelligible au monde sensible.
Enfin, l’Adam cosmique, en se donnant sans retour à Dieu, lui aurait remis toute sa création, et aurait reçu de lui, par la réciprocité de l’amour, c’est-à-dire par grâce, tout ce que Dieu possède par nature : ainsi dans le dépassement de la séparation primordiale du créé et de l'incréé, se serait accomplie la déification de l’homme et, par lui, de tout l’univers.

La chute a rendu l’homme inférieur à sa vocation.
Mais le plan divin n’a pas changé.
La mission du premier Adam sera donc remplie par l’Adam céleste, le Christ ; non qu’il se substitue à l’homme, car l’amour infini de Dieu ne saurait remplacer l'adhésion de la liberté humaine, mais pour rendre à l’homme la possibilité d’accomplir son œuvre, pour lui ouvrir à nouveau la voie de la déification, cette suprême synthèse, à travers l’homme, de Dieu et du cosmos créé, qui reste le sens de toute anthropologie chrétienne.
Ainsi, à cause du péché, pour que l’homme puisse devenir Dieu, il a fallu que Dieu se fasse homme, et que le second Adam inaugure la « nouvelle création » en surmontant toutes les divisions de l’ancienne.
Par sa naissance virginale, en effet, le Christ dépasse la division des sexes et ouvre à la rédemption de « l’éros » deux voies, unies, seulement dans ma êrsonne de Marie, à la fois vierge et mère : celle du mariage chrétien et celle du monachisme.
Sur la croix le Christ réunit l'ensemble du cosmos terrestre au Paradis: car lorsqu’il laisse entrer la mort en lui pour la consumer au contact de sa divinité, le lieu le plus sombre de la terre devient rayonnant, il n’y a plus de lieu maudit. 
Après la Résurrection, le corps même du Christ se joue des limitations spatiales, et, dans une intégration de tout le sensible, unifie la terre et le ciel. 
Par l’Ascension, le Christ réunit les mondes céleste et terrestre, les chœurs angélique au genre humain. 
Enfin, la session à la droite du Père introduit l’humanité, au-dessus des ordres angéliques, dans la Trinité elle-même, et ce sont les prémices de la déification cosmique. 

Ainsi nous ne pouvons retrouver la plénitude de la nature adamique que dans le Christ, second Adam. Mais pour mieux comprendre cette nature, nous devons poser deux difficiles problèmes, d’ailleurs connexes: celui du sexe et celui de la mort.

La condition biologique où nous nous trouvons aujourd’hui était-elle celle de l’homme avant la chute ? Cette condition, liée à la dialectique tragique de l’amour et de la mort, s’enracine-t-elle dans l’état paradisiaque? Ici la pensée des Pères, justement parce qu’elle ne peut évoquer la terre—paradis qu’à travers la terre maudite, risque de devenir partielle, et par là de s’ouvrir à des influences non chrétiennes qui la feront partiale. Un dilemme se dessine : ou bien une sexualité biologique existe au Paradis, comme le laisse entendre l’ordre divin de multiplication. Mais n’est-ce pas alors, dans la condition première de l’homme, comme un affaiblissement de l'image divine par la présence d’une animalité impliquant à la fois la multiplicité et la mort ? Ou bien la condition paradisiaque est pure de toute animalité, mais alors le péché consiste dans le fait même de notre vie biologique, et nous tombons dans une sorte de manichéisme. Certes, les Pères ont rejeté, avec l’origénisme, cette seconde solution. Mais ils ont difficilement réussi à élucider la première. Partant de l'irrécusable liaison, dans le monde déchu, du sexe et de la mort, de l’animalité et de la mortalité, ils se demandent si la création de la femme, suscitant une condition biologique liée à la finitude, n’aurait pas menacé dès le Paradis l’immortalité potentielle de l’homme. Ce côté négatif de la division des sexes introduisant une certaine faillibilité, la nature humaine serait désormais vulnérable, la chute inévitable... 

Grégoire de Nysse, repris sur ce point par Maxime le Confesseur, a récusé cet enchaînement nécessaire de la division des sexes et de la chute. Pour lui, la sexualité aurait été créée par Dieu en prévision du péché, pour préserver l’humanité après la chute, mais simplement comme une possibilité. La polarisation sexuelle dotait la nature humaine d’une sauvegarde qui n’impliquait 
nulle contrainte; tel le passager qui se voit attribuer une ceinture de sauvetage, mais n’est nullement incité pour autant à se jeter à la mer. Cette possibilité ne pourra s’actualiser qu’au moment où, par le péché qui n’a rien à voir avec le sexe, la nature humaine s’effondrera et se fermera à la grâce. C’est seulement dans cet état déchu, où la mort est le salaire du péché, que la possibilité deviendra nécessité. Ici intervient l’exégèse, qui date de Philon, des «tuniques de peaux >> dont Dieu revêtit l’homme après la chute: ces tuniques représenteraient notre nature actuelle, notre état biologique grossier, bien différent de la corporalité transparente du Paradis. Un cosmos nouveau se forme, qui se défend contre la finitude par le sexe, instaurant ainsi la loi des naissances et des morts. Dans ce contexte le sexe apparaît non comme la cause de la mortalité, mais comme son relatif andidote. 

On ne peut suivre cependant Grégoire lorsque, arguant de ce caractère « préventif » de la sexualité, il affirme que la division en mâle et femelle est << surajoutée » à Pimage. Ce n’est pas elle seule en effet, mais toutes les divisions du créé qui ont acquis, par suite du péché, un caractère de séparation et de mort. Et l’amour humain, la passion d’absolu des amants, n’a jamais cessé de receler, dans la fatalité même de son échec, une nostalgie paradisiaque où Phéroïsme et l’art s’enracinent. La sexualité paradisiaque, toute d’intériorité consubstantielle et dont la merveilleuse multiplication, qui devait tout remplir, n’aurait certainement exigé ni la multiplicité ni la mort, nous est presque entière-ment inconnue; car le péché objectivant les corps («ils virent qu’ils étaient nus »), fit des deux
premières personnes humaines deux natures séparées, deux êtres individuels, ayant entre eux des rapports extérieurs. Mais la nouvelle création en Christ, second Adam, nous permet d’entrevoir le sens profond d’une division qui certes n’eut rien de « surajouté » : la mariologie, l’amour du Christ et de l’Eglise et le sacre-ment de mariage mettent en lumière une plénitude qui s’origine dans la création de la femme. Plénitude seulement entrevue cependant, sinon dans l’unique personne de la Vierge, car notre condition déchue subsiste toujours, exigeant, pour l’accomplissement de notre vocation humaine, non seulement la chasteté intégrante du mariage, mais aussi et peut-être d’abord, la chasteté sublimante du monachisme. 

Peut-on dire qu’Adam, dans sa condition paradisiaque, était vraiment immortel ? « Dieu n’a pas créé la mort», dit le livre de la Sagesse. Pour la théologie archaïque, saint Irénée par exemple, Adam n’était ni nécessairement mortel, ni nécessairement immortel : sa nature riche de possibilités, malléable, pouvait être constamment nourrie par la grâce et transformée par elle au point de surmonter tous les risques de vieillissement et de mort. Les possibilités de mortalité existaient mais pour être rendues impossibles. Telle était l’épreuve de la liberté d’Adam. L’arbre de vie au centre du Paradis et sa nourriture d’immortalité offraient donc une possibilité : ainsi, dans nos réalités christo-ecclésiastiques, 1’Eucharistie, qui nous guérit, nourrit et fortifie, spirituellement et corporellement. Il faut se nourrir de Dieu pour atteindre librement la déification. Et c’est dans cet effort personnel qu’Adam a failli. v Quant à 1’interdiction divine, elle pose un double problème : celui de la connaissance du bien et du mal, et celui de l’interdit lui-même. Ni la connaissance en soi, ni celle du bien et du mal ne sont mauvaises. Mais le recours à ce discernement implique une infériorité existentielle, un état déchu. Dans la condition de péché, il nous est certes nécessaire de connaître le bien et le mal pour faire l’un et éviter l’autre. Mais pour Adam au Paradis cette connaissance n’était pas utile. L’existence même du mal implique une séparation volontaire de Dieu, un refus de Dieu. Tant qu’Adam restait uni à Dieu, et accomplissait sa volonté, tant qu’il se nourrissait de sa présence, une telle distinction était inutile. 

C’est pourquoi 1’interdiction divine était moins de connaître le bien et le mal (puisque le mal n’existait pas, sinon comme un risque, celui de la transgression même d’Adam) qu’une épreuve voulue, destinée à rendre consciente la liberté du premier homme. Adam devait sortir d’une inconscience enfantine en acceptant par amour d’obéir à Dieu. Non que 1’interdit fût arbitraire : car l’amour pour Dieu, s’il était librement consenti par l'homme, devait l’envahir tout entier, et rendre par lui l’univers transparent à la grâce. Comment alors aurait-il pu désirer autre chose, isoler un aspect, un fruit, de cet univers transparent pour l’engluer dans un désir égocentrique et, d’un même mouvement le rendre opaque et se rendre opaque à la toute présence divine ? «Ne mange pas... », « Ne touche pas... » : c’est la possibilité même d’un amour vraiment conscient, d’un amour toujours grandissant qui enlèverait l’homme à la jouissance autonome non d’un arbre mais de tous les arbres, non d’un fruit mais de tout le sensible, pour l'embraser, et tout l’univers avec lui, de la seule jouissance de Dieu. Vladimir LOSSKY

samedi 8 juin 2013

La Bible et la Science par P. André Borrély [5-3] : Science et Prière : καλον καγαθών

ll y a de l'ordre, de la pensée, du logos, de l'intelligibilité dans le fait que, lorsqu'un organisme perd des cellules sanguines de façon exagérée — par exemple lors d'une lésion accidentelle — on constate une augmentation de la vitesse de formation de ces cellules. Il y a de l'intelligence à l'oeuνre dans le fait que sont suscités et structurés des facteurs de régulation qui agissent à distance au niveau des tissus qui fabriquent les cellules sanguines.


Il y a de l'intelligence dans le fait qu'en cas de troubles sanguins provoqués par l'irritation d'une partie de l'organisme au cours d'une radiothérapie, la diminution de la formation des globules rouges dans les zones irradiées est aussitôt et exactement équilibrée par une augmentation de l'activité dans les régions non irradiées. La matière est une chair féconde en laquelle s'incarne l'Esprit. La présence dans le sang, quelques minutes seulement après l'irradiation, d'un facteur stimulant à distance l'activité des cellules qui fabriquent les cellules sanguines, la présence également, à côté des facteurs stimulants, d'un inhibiteur, sont ces formes des choses visibles dont saint Maxime le Confesseur affirme qu'elles sont comme des vêtements et les idées selon lesquelles elles sont créées, comme la chair. Par ces facteurs stimulants et inhibiteurs, la matière vivante participe à l'ordre, à la beauté, à ce καλον καγαθών, à ce bel et bon en lequel se dit et se nomme le Dieu créateur. La lecture chrétienne de la Bible doit nous inciter à assimiler le savoir scientifique en adoptant la mentalité des psalmistes dont notre office des Laudes a retenu les textes. Les étoiles, le soleil, la lune, les océans chantent la gloire de Dieu, mais aussi, pour ne prendre que cet exemple, les facteurs stimulants — utilisés désormais dans le traitement des cancers —, les inhibiteurs protégeant la moelle saine tandis que les facteurs de croissance accélèrent sa régénération. Il s'agit de découvrir avec émerveillement que la matière étudiée par nos savants, s'imprégne du Bien, comme dit le Pseudo-Denys. Puisons dans la connaissance scientifique l'inspiration de notre prière, de notre glorification de la divine Trinité, de notre action de grâce. Tout ce qu'étudient nos savants est une épiphanie de l'invisible, un mystère palpable. Étudions les sciences en nous disant que notre foi chrétienne bien comprise ne sépare pas l'humain et le divin, le créé et l'incréé, le visible et l'invisible, la terre et le ciel. [à suivre]
 Père André Borrély

mardi 28 mai 2013

La Bible et la Science par P. André Borrély [5-2] : Science et Prière

L'unique vérité qui pourra ébranler l'homme, c'est la vérité qui sort de l'expérience intime et tend vers elle. La vérité qui conquiert ne peut être que celle qui est amour et vie. La vérité qui nourrit l'homme n'est pas science, mais gnose. Par ce dernier mot, il convient d'entendre une connaissance qui ne se sépare pas de l'action parce qu'elle ne fait qu'un avec l'amour

La seule vérité qu'il faut chercher dans la sainte Écriture, c'est l'évidence que le monde, le plaisir, la santé, la jeunesse, l'éblouissement amoureux devant une fille un garçon, que tout cela n'est réel, consistant, que tout cela n'est rudement bon, fameux, comme dit le livre de la Genèse (Gn 1, 31), que tout cela n'a de solidité que par son fondement divin, que tout cela n'existe que par l'acte créateur incessant de Dieu.


La vérité qui doit nous tenir en haleine dans notre lecture de la Bible, ce n'est pas le problème du choix scientifique entre 4000, des centaines de millions ou des milliards d'années, mais dans l'affirmation métaphysique non point que Dieu a fait surgir du néant quelques molécules de matière il y a des milliards d'années, et que depuis tout s'enchaîne selon les processus et les lois que nous enseignent les sciences, mais que toute la beauté du monde et des êtres, la joie d'escalader les parois des Alpes, le corps humain dans l'éclat de sa jeunesse et de sa beauté, la mer, la mer toujours recommencée, que tout cela retomberait instantanément dans le néant si Dieu, le Créateur, cessait un seul instant de porter sur tout cela son regard d'amour infini.


La seule vérité que veulent nous communiquer — laissant à la science tout son champ d'investigation légitime — les auteurs des textes bibliques, c'est la sagesse consistant à déceler la présence personnelle du Logos dans les lois de la nature, à contempler les secrets de la gloire de Dieu cachée dans les êtres. Dans les formes visibles, dans la structure du monde de mieux en mieux étudiée par nos savants, le Verbe divin se cache et se dit, se dévoile. En latin, sapere et sapientia, savoir et sagesse, c'est la capacité de goûter, le goût de déceler dans le visible une inscription de l'invisible. La matière est un fait d'ordre énergétique, non point seulement pour nos savants actuels, mais déjà pour les Pères grecs, pour saint Grégoire de Nysse, pour saint Maxime le Confesseur. C'est un logos mis en œuvre par le Créateur, une énergie créée personnellement par Dieu. La prière est une forme de la connaissance

Évagre le Pontique
Évagre le Pontique affirme que la prière ininterrompue est l'acte le plus élevé de l'esprit. Et le même auteur dit encore : La prière fait exercer à l'intelligence son activité propre. Il ne s'agit pas de rabâcher des formules qui nous demeureraient extérieures. On peut réciter la table de multiplication en retenant l'air plus encore que les paroles!

Il s'agit de découvrir que, par le moyen de la prière, Dieu est connu d'une manière expérientielle. Il ne faut pas séparer la science de la prière dans la mesure où tout ce que les savants nous disent du monde qu'ils étudient ne peut pas ne pas nous apparaître comme de la pensée. Et la prière consiste alors à faire remonter cette pensée qui ne se pense pas à la Pensée qui a mis cet ordre, cette intelligibilité, ce logos dans le monde en le créant. [à suivre]
 Père André Borrély
(choix des illustrations Maxime le minime)

lundi 4 juillet 2011

Entretien avec Jean-Claude Larchet sur saint Maxime le Confesseur [1]

L’émission de radio « Orthodoxie », sur France culture, du dimanche 3 juillet, avait pour thème Saint Maxime le Confesseur, à l’occasion de la parution du premier volume des « Questions à Thalassios » dans la collection « Sources chrétiennes ». Au cours d’un entretien avec Alexis Chryssostalis, Jean-Claude Larchet, spécialiste de St Maxime, auteur de l’introduction et des notes, a évoqué la vie et l’œuvre de saint Maxime le Confesseur et son engagement dans le combat contre les hérésies monoénergiste et monothélite.
L'émission peut être réécoutée sur cette page et téléchargée en podcast sur cette autre page.