Les lèvres mensongères font horreur à l'Éternel, tandis que ceux qui agissent avec fidélité lui sont agréables. Proverbes 12:22 «C'est ce qui sort de l'homme qui le rend impur. En effet, c'est de l’intérieur, c'est du cœur des hommes que sortent les mauvaises pensées, les adultères, l'immoralité sexuelle, les meurtres, les vols, la soif de posséder, les méchancetés, la fraude, la débauche, le regard envieux, la calomnie, l'orgueil, la folie. Toutes ces choses mauvaises sortent du dedans et rendent l'homme impur.» Marc 7:20-23 Un témoin fidèle ne ment pas, tandis qu’un faux témoin dit des mensonges. Proverbes 14:5 « Vous, vous avez pour père le diable et vous voulez accomplir les désirs de votre père. Il a été meurtrier dès le commencement et il ne s'est pas tenu dans la vérité parce qu'il n'y a pas de vérité en lui. Lorsqu'il profère le mensonge, il parle de son propre fond, car il est menteur et le père du mensonge. » Jean 8:44 Si les paroles distinguées ne conviennent pas à un fou, les paroles mensongères conviennent d’autant moins à un noble. Proverbes 17:7 « Écarte de ta bouche la fausseté, éloigne de tes lèvres les détours ! Proverbes 4:24 Craindre l'Éternel, c'est détester le mal. L'arrogance, l'orgueil, la voie du mal et la bouche perverse, voilà ce que je déteste. » Proverbes 8:13 « Pierre lui dit : «Ananias, pourquoi Satan a-t-il rempli ton cœur, au point que tu aies menti au Saint-Esprit et gardé une partie du prix du champ? […] Comment as-tu pu former dans ton cœur un projet pareil? Ce n'est pas à des hommes que tu as menti, mais à Dieu.»Actes 5:3-4Mais pour les lâches, les incrédules, les abominables, les meurtriers, les impudiques, les enchanteurs, les idolâtres, et tous les menteurs, leur part sera dans l'étang ardent de feu et de soufre, ce qui est la seconde mort.Apocalypse 21.8
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samedi 22 juin 2019

VIVE LA FRANCE CHRÉTIENNE !

"Il n’est pas possible, pour un chrétien, de vivre comme un non chrétien…" 

par P. Placide Deseille
de bienheureuse mémoire

Homélie au Monastère Saint-Antoine-le-Grand,
 en la fête de Tous les Saints de France, le dimanche 13 juin 2010

« Nous célébrons aujourd’hui, toujours dans le rayonnement de la fête de la Pentecôte, tous les saints de France. C’est une fête qui nous remplit de joie, et en même temps a comme un arrière-goût, dirai-je, d’amertume, lorsqu’on voit quelle est la situation actuelle de la France.
Pendant un millénaire, la France a été en pleine communion, en pleine union avec tout le reste du monde chrétien. Et à cette époque, la France a été un réservoir extraordinaire de sainteté, en particulier pendant les trois siècles de l’époque mérovingienne, époque où la France gravitait encore autour de Constantinople, comme tous ces autres états européens qui faisaient partie de ce qu’on a appelé « le Commonwealth byzantin ».

Oui, pendant cette époque, la France a été un réservoir extraordinaire de saints, si l’on peut ainsi s’exprimer. C’est au point que l’on a qualifié le régime politique de l’époque mérovingienne d’« hagiocratie », c’est-à-dire de gouvernement des saints. Certes, tous les rois mérovingiens n’ont pas été exemplaires dans leur vie personnelle, dans leur vie privée, mais nombre d’entre eux s’entouraient de saints, qu’ils prenaient comme ministres et conseillers.

C’est une époque où les saints étaient partout présents en France, si l’on peut dire. Et le peuple en était tellement conscient qu’un peu plus tard, au cours de l’époque carolingienne, les gens, paraît-il, se posaient cette question : « Pourquoi n’y a-t-il plus de saints ? Pourquoi, alors qu’il y avait tellement de saints dans les siècles précédents, y en a-t-il si peu maintenant ? » Il y en avait tout de même, il y en eut encore pendant des siècles, sans aucun doute.

Mais la France a eu, dans la suite, un sort que je comparerai volontiers à celui de l’Asie Mineure. L’Asie Mineure a été, dans les premiers siècles du christianisme, et à la grande époque des Pères de l’Église, aux IVeet Ve siècles, le foyer le plus ardent de vie chrétienne de tout le monde chrétien. C’est là que les plus grands parmi les Pères de l’Église ont presque tous vécu. Mais peu à peu, au cours des siècles, progressivement, une croyance non-chrétienne a commencé à s’y introduire, tantôt par la voie du commerce et de l’immigration, tantôt par les armes. A partir du XIIIe siècle, l’Islam s’est ainsi infiltré, a gagné une partie de la population, si bien qu’au XVe siècle, Constantinople est tombée sous ce nouveau pouvoir, et l’Asie Mineure est devenue ce que nous appelons maintenant la Turquie, un pays où, certes, subsistent encore des chrétiens, mais avec beaucoup de difficultés et en très petit nombre.

Eh bien, en France, il s’est produit quelque chose de comparable. Non pas à cause de l’Islam, mais à cause du ralliement d’une partie cultivée de la population à un rationalisme antichrétien et militant, totalement étranger à l’esprit de l’ancienne France. Petit à petit, à partir du XVIe siècle, des tendances hostiles à l’Église, hostiles parfois simplement au christianisme, se sont fait jour. Pendant longtemps, cela n’a pas semblé tellement dangereux, car le christianisme authentique restait profondément vivant. Il y a eu en France au XVIIe siècle des hommes spirituels tout à fait remarquables. Mais au XVIIIe siècle, la lutte contre le christianisme est devenue virulente, conduite par un pseudo-prophète qui s’appelait Voltaire, possédé par la haine du christianisme, et menée de concert avec lui par un certain nombre de philosophes qui voulaient détruire le christianisme en France, qui voulait y établir une irréligion qui s’imposerait à toute la population. La Révolution a déployé pour arriver à ce but les violences les plus extrêmes, jusqu’à vouloir exterminer des populations entières, fidèles à leur foi. Et au cours des trois derniers siècles, cette lutte a été ardente. 

Il ne faut pas se dissimuler que nous vivons, aujourd’hui, dans un climat de persécution, non pas de persécution sanglante, mais de persécution insidieuse : les attaques contre la foi chrétienne se sont multipliées et, aujourd’hui, sont partout présentes, dans les média et la vie publique. Oui, nous sommes dans une situation comparable, différente mais comparable, à celle des chrétiens d’Asie Mineure, des chrétiens de Turquie. Il faut en être bien conscient.
Il ne faut pas croire que l’on peut facilement transiger avec une pareille situation. Il faut se faire une âme de témoin, une âme de martyre, dirai-je. Non pas, encore une fois, que nous soyons menacés d’un martyre sanglant, pour l’instant au moins, mais nous devons avoir cet attachement profond à notre foi chrétienne, cet amour du Christ qui l’emporte sur tout autre amour, sur tout autre attachement, oui !

Il n’est pas possible, pour un chrétien, de vivre comme un non chrétien. Or tout nous y incite. On parle d’évolution des mœurs, d’évolution de la civilisation, à laquelle il faudrait bien se conformer, si l’on ne veut pas être ridiculisé, être traité de rétrograde et de réactionnaire. Mais si la civilisation a changé, c’est parce que cette civilisation n’est plus chrétienne. Ce n’est pas un progrès ! Dans la mesure où nous voulons rester chrétiens, où nous avons la certitude que là est la vérité, dans cette même mesure, nous ne pouvons pas accepter de transiger avec les mœurs ambiantes, avec ce qui est devenu pratique courante dans notre société : licence sexuelle, divorce endémique, union libre, avortement banalisé, tendance à satisfaire toutes ses envies, recherche sans limite du profit. Y céder, ce ne serait pas seulement violer des règles établies par l’ Église ; ce serait se fermer à la joie véritable, aux pures joies de l’âme, pour sombrer dans la morosité qui assombrit tant de nos contemporains.

Dans une telle situation, nous devons, avant tout, prier. Le fer de lance de la résistance dans laquelle nous devons entrer à l’égard des multiples courants qui veulent nous éloigner du Christ, nous éloigner de l’Evangile, nous éloigner de la foi, c’est avant tout la prière. Nous ne pouvons pas, par nos propres forces, résister. Nous ne pouvons pas, par nos propres forces, rester fidèles à l’Évangile, rester fidèles à l’Église. Mais, si nous prions, alors oui, la force du Christ vient à notre aide. Et nous aurons comme intercesseurs, nous aurons comme protecteurs tous ces saints, innombrables, dont les noms, grâce à Dieu, sont encore conservés par tant de nos villages de France, de nos bourgades et même de nos villes. Prier, mais aussi résister, refuser toute concession à des comportements contraires à l’enseignement du Christ : union libre, avortement, drogues même dites « douces », avidité pour le profit, attitudes individualistes, égoïstes, indifférentes aux autres dans tous les domaines, économique, financier, et dans la vie quotidienne.

Oui, quand on regarde simplement la carte de France, on voit combien notre pays était imprégné de christianisme, combien les saints y étaient présents, et non seulement des saints d’origine française, des saints qui ont vécu sur notre territoire, mais d’autres saints, des saints de Palestine, des saints d’Égypte, des saints de Grèce et de tout le monde chrétien. Tous ces saints ont été, on peut dire, spirituellement présents avec une grande force dans notre pays. Eh bien, là encore, c’est un trésor auquel nous devons être attachés. Et y être attaché, cela veut dire concrètement, s’appliquer à les connaître, les aimer, les prier ; cela veut dire leur demander d’intercéder pour nous auprès du Christ, pour que notre foi reste vive, pour que le Seigneur fortifie notre foi dans ce combat quotidien que nous avons à mener, qu’il nous aide à résister vaillamment aux forces destructrices de la foi, aux influences destructrices des mœurs chrétiennes, auxquelles il faut tout autant savoir résister, car les deux choses sont inséparables.

Eh bien ! Que tous ces saints, que nous fêtons aujourd’hui, que cette nuée de témoins qui nous environne, soient pour nous une source de courage, de force, d’inspiration, pour que nous restions, nous, la France chrétienne. Que la Trinité sainte nous y aide, le Père, le Fils et le Saint-Esprit, à qui soit la gloire dans les siècles des siècles. Amen.»




Saint Père Placide, 
Père de L'Église de notre temps,
prie Dieu pour nous et pour notre pays !
Mémoire éternelle !

mardi 28 avril 2015

Conversation avec le Métropolite Athanasios de Limasol à propos de son livre, Le cœur ouvert de l'Église [3/5]

ENDURANCE, PATIENCE, PERSÉVÉRANCE…

Dans votre livre, vous parlez aussi de Saint Arsène de Cappadoce, et et vous dîtes des paroles pénétrantes comme celle-ci : « Il a surmonté la tourmente des saints» Et, à propos de l'Ancien Joseph, vous parlez de la façon dont il a enduré pendant huit années une guerre démoniaque des plus cruelles. « Donnez du sang et recevez l'Esprit. » Que signifie «Donnez du sang » pour un chrétien contemporain ? Comment peut-il mettre cela en pratique ? 

 Quand Père Païssios est revenu d'Australie – il y était allé à l'invitation d'un archevêque australien – Je lui ai demandé quel genre de personnes vivait en Australie, comment ils luttaient pour leur salut, et s'ils aimaient Dieu.  

L’Ancien a répondu qu'il avait rencontré des gens formidables en Australie, car là-bas, les gens sont sauvés par la douleur, par l'humilité, la patience et la prière

 Je pense que cela se rapporte à toutes les personnes qui vivent dans le monde contemporain. 
La douleur est présente dans la vie de chaque personne, dans notre vie personnelle, dans la vie de notre famille, dans la vie de notre pays, dans le monde entier, dans toute la société.
Partout où vous regardez, partout il y a la douleur, la guerre, la mort, et des problèmes. Il suffit d'écouter un bulletin de nouvelles et votre cœur est déjà rempli de douleur. Maintenant, nous avons la capacité d'obtenir de l'information du monde entier. Et nous devons prier et faire preuve d’endurance dans toute cette situation. C’est le chemin qui nous conduira dans le Royaume des Cieux. Ce n’est pas pour rien que le Seigneur Jésus-Christ nous dit: « C’est par votre patience que vous sauverez vos vies» [Luc 21,19] Il ne nous dit pas que c’est par le jeûne ou la prière – Il dit que c’est grâce à la persévérance. L’endurance qui supporte est le fruit de la foi, et elle est nourrie par la prière. Et tout cela se passe dans l'Église. 

 « Personne ne peut nuire à Jean, sauf Jean lui-même » 

 Comme nous avons déjà commencé à parler de patience, je vais vous poser des questions sur la famille – un bon nombre de pages lui sont consacrées dans votre livre. Ici [en Russie], beaucoup de gens appartiennent à la génération de ceux qui vont à l’église pour la première fois, et ils n’ont pas l'expérience d'une famille chrétienne – mères, pères, grands-parents. Où peuvent-ils en apprendre davantage sur la compréhension chrétienne de la famille ? 

 La vie chrétienne n’est pas compliquée et pas difficile. La vie chrétienne est simple. Le Seigneur ne nous a pas enseigné des choses qui sont difficiles à mettre en pratique. Nous devons répondre aux commandements de Dieu avec simplicité, vivre avec les Mystères [sacrements] de l'Église, enseigner à nos enfants la Parole de Dieu et ne pas nous faire de souci, ne pas nous inquiéter à propos de quoi demain sera fait. 
Le Seigneur nous a dit qu’avant tout, nous devons chercher le Royaume de Dieu, et Il nous accordera tout le reste. Prenons les premiers chrétiens, ils n’avaient même pas un Évangile qu'ils pouvaient lire, car il n’avait pas encore été écrit. Mais le Christ était pour eux leur guide et leur maître. Nous les Chypriotes avons été réduits en esclavage pendant 800 ans environ – 400 sous les Francs et 400 sous les Turcs. Ils ne permettaient pas aux Grecs de bénéficier d’une éducation – tous les Grecs étaient sans instruction. Les prêtres avaient appris la Divine Liturgie par cœur. Ma grand-mère ne savait même pas comment écrire son nom. Néanmoins, au cours de ces 800 ans, les gens ont conservé la foi orthodoxe, et conservé leurs familles, parce qu'ils vivaient dans l'Église.

Et au cours de ces 70 années qu’est-ce qui a préservé la Russie ? C’est la Divine Liturgie qui a conservé la Russie et le monde entier.  Absolument. Et ce peu de levain fut suffisant pour l'ensemble de la Russie. [à suivre]
(version française par Maxime le minime de la source

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Notre langue française est riche en significations (et porte en elle encore une empreinte chrétienne indélébile) et il n'est pas inutile à la suite des saintes paroles de ce merveilleux guide des âmes (comme nous aimerions en avoir auprès de nous) qu'est le saint Métropolite Athanasios de Limasol de rappeler tout ce que signifie le verbe supporter 
Voici donc un extrait du Littré qui donne les différentes utilisations du mot

supporter
vt (su-por-té)
  1. Porter, en étant dessous. Un seul pilier supporte toute la voûte. La première [pièce de bois] qui pesait 188 livres, a supporté, pendant 46 minutes, une charge de 11 475 livres. [Buffon, Histoire naturelle générale et particulière]
  2. Fig. Souffrir, endurer. Ceux qui sont échappés du naufrage disent un éternel adieu à la mer ; et, comme disait un ancien, ils n'en peuvent même supporter la vue. [Bossuet, Oraisons funèbres]
  3. Avoir de la patience pour une personne ou une chose. Il y a de la charité à supporter les défauts de son prochain. Je suis un homme simple, dépourvu de science et plein de faiblesse comme les autres ; c'est beaucoup si vous me supportez. [Voltaire, Socr. I, 3]Absolument. Comment il faut supporter d'autrui. [Corneille, L'imitation de Jésus-Christ]Se faire supporter, obtenir d'être supporté. Lucile aime mieux user sa vie à se faire supporter de quelques grands, que d'être réduit à vivre familièrement avec ses égaux. [La Bruyère, IX.]
  4. Ne pas trouver trop mauvais. Il y a des situations d'esprit favorables à la lecture des ouvrages qui n'ont point d'ordre : quelquefois, par exemple, je lis Montaigne avec beaucoup de plaisir ; d'autres fois, j'avoue que je ne puis le supporter. [Condillac, Conn. hum. II, II, 4]
  5. Ne pas supporter, avec que et le subjonctif, s'irriter de ce que. Neptune, quoique favorable aux Phéniciens, ne pouvait supporter plus longtemps que Télémaque eût échappé à la tempête qui l'avait jeté contre les rochers de l'île de Calypso. [Fénelon, Télémaque]
  6. Fig. Être assez fort pour s'accommoder à. Après cela, faut-il s'étonner si Archestrate disait que la Grèce entière n'était pas assez puissante pour supporter deux Alcibiades ? [Fénelon, Dialogues des morts]
  7. Prendre le parti de, soutenir. Nous ne sommes pas gens à la supporter dans de mauvaises actions. [Molière, George Dandin]
  8. Résister à. Ce navire ne supporterait pas la mer. Les hommes, les animaux et les plantes peuvent supporter pendant quelque temps la rigueur de ce froid extrême, qui est de 60 degrés au-dessous de la congélation ; pourraient-ils également supporter une chaleur qui serait de 60 degrés au-dessus ?[Buffon, Théorie de la terre]
  9. Être assujetti à. Le gouvernement a voulu rester l'arbitre des frais de douane que les soieries et les cafés destinés pur l'État seraient obligés de supporter. [Raynal, Histoire philosophique et politiques des établissements et du commerce des Européens dans les deux Indes]
  10. Se supporter, v pron Se souffrir patiemment les uns les autres. Les hommes doivent se supporter les uns les autres.
  11. Avoir pour soi-même de l'indulgence. Comment nous pouvons-nous supporter nous-mêmes, en croyant de si grands mystères et les déshonorant tout ensemble par un mépris si outrageux ! [Bossuet, Panégyrique]
  12. Supporter quelque chose de quelqu'un, ne pas s'en irriter. C'est une patience qui ne se trouve qu'en un homme de bien de supporter si longtemps que... [Malherbe, Lexique, éd. L. Lalanne.]



jeudi 29 décembre 2011

Emprisonner un moine pour pouvoir enfin jouir sans entraves ?




 Il est clair que l'Anti Christ est sur tous les fronts maintenant et que le chasseur hypocrite et menteur lance au grand jour ses filets en tout lieu désormais quand il ne peut assassiner directement partout où c'est possible, ceux qui le gênent par leur présence même, par leur seule existence et dont le témoignage lui devient de plus en plus insupportable. 

Qu'est-ce qu'un antichrétien de base militant ? 

C'est un être qui a la naïveté de penser qu'il peut "jouir sans entraves", qui craint qu'on le gêne et se sent menacé dans ses projets qui pourraient être jugés comme immoraux, voire criminels et à tout le moins égoïstes. Le simple exemple d'une autre vie communautaire qui met en relief la prétention, l'inanité, la vanité et les effets négatifs de tels projets lui est insupportable. 
La joie, la paix et la beauté qui rayonnent d'un mode vie qui prône l'auto-examen et la responsabilisation maximale de soi - dans la conscience de la réalité incontournable d'une interdépendance universelle - , l'auto-limitation de tous les instants et un cheminement ardu dans un autre monde où l'on œuvre à l’avènement de l’amour sans limite et où la poésie, l'art, et la culture de ce qui est le plus beau et le meilleur de l'homme remplissent les corps, les têtes et les cœurs ... tout cela est insupportable à l'antichrétien.

Alors toutes les armes sont bonnes à éliminer ce qui fait obstacle à cette course aveugle à la jouissance immédiate sur tous les plans.
Les premières sont évidemment le dénigrement et l'acharnement à montrer la fausseté et l'irréalité de cette vie chrétienne la plus exigeante. Et donc de multiplier les calomnies orales et la propagande écrite et audiovisuelle, afin de salir ce qui se présente comme insupportablement pur." Voyez, disent-ils en substance, comment sont réellement ces gens en habit que vous avez la stupidité de penser parfaits : ils ne valent pas plus que nous et ils sont même pires car ils ont la prétention de ne pas vouloir patauger dans la fange comme nous." Et si la calomnie fondée sur l'aveuglement ou la mauvaise foi - voire sur des faiblesses réelles quelquefois -  ne suffit pas, on utilise la voie judiciaire ; et si le procès ne suffit pas, on prend des mesures exceptionnelles et spectaculaires comme celle de cette arrestation et l'emprisonnement  pour montrer la gravité de ce qui est reproché officiellement de façon à nuire davantage.

Mais où est le problème réellement ?

Le problème, c'est que tous ces gens qui prétendent jouir sans entrave - (et notamment sans les entraves que sont à leurs yeux les témoins d'une autre vie possible avec leurs discours, leurs livres saints, leur pratique rituelle et leur ascèse)et donc jouir entre autres des bienfaits, des agréments et de l'apparente "libération" des mœurs de la modernité, se bouchent les yeux sur les limites réelles de leurs possibilités. 
Car ceux qui voudraient, par tous les moyens (propagande, actions juridiques, meurtres voire massacres) montrer et démontrer sans cesse la prétention, le mensonge, l'illusion et  l'irréalité du mode de vie authentiquement chrétien ne perçoivent à quel point leur choix contraire est lui-même prétentieux, menteur, illusoire et irréel.
En effet, comment ne voient-ils pas que leurs capacités physiques limitées entre autres par la nature, la maladie, les accidents, le vieillissement, les aléas de leur situation financière et surtout les prétentions concurrentielles égales et de même nature des autres sont autant de limites à leur propre prétention à se libérer de toute entrave. Quelle pitié de voir le spectacle  aussi vain de tels agités obsessionnels de la libre jouissance ! 
Où est la liberté de telles prétentions si restreintes par autant de limites ?
Où est la liberté de l’obsession qui colle à la peau et dont on ne peut se défaire où que l'on aille, quoi que l'on fasse, quoi que l'on entende, quoi que l'on regarde ? Où est la la liberté de tous les comportements compulsifs et qui ne permettent jamais la satiété ?
La vérité est que là est la servitude, là sont les entraves, là est le scandale.

Pourtant le peuple grec qui repousse ce qui l'a fait survivre - mais point n'est besoin d'être atteint de la maladie d'Alzheimer pour avoir une mémoire défaillante - pourrait prendre acte de ses erreurs, des limites de ses prétentions, de l’irresponsabilité de ses actions et se tourner vers  ce qui est profondément, authentiquement et tout spécialement préservé sur la Sainte Montagne depuis des siècles, malgré les faiblesses humaines, les invasions, les persécutions et l'usure naturelle de toute chose sur cette terre.

L' amour de la sagesse

Comment les meilleurs des néo-païens et tous ceux qui tournent le dos au Christianisme  en se bouchant le nez, tout en revendiquant le très lointain et mythique passé de l'Antiquité païenne, ne perçoivent-ils pas  que leurs plus importantes philosophies antiques - dont l'Histoire a fait don au monde entier depuis des siècles à leur grande et légitime fierté - que ce soit, le stoïcisme, le cynisme ou l'épicurisme, prônaient toutes l'auto-limitation et que l'amour de la sagesse visé par ces illustres penseurs  est le même que celui des ascètes chrétiens contemporains de la Sainte Montagne de l'Athos.

Vivre en moine c'est toujours chercher à "vivre en philosophes", en amoureux de la Sagesse, au détail près que la Sagesse a désormais un nom et que depuis l'avènement du Christianisme que les fidèles  (ceux qui restent fidèles) fêtent en cette période (calendrier grégorien et julien), c'est la Sagesse de Dieu, incarnée dans sa perfection dans le Christ que les amoureux recherchent. Vivre en philosophe s'appelle désormais "Vivre en Christ". Puisse notre Dieu fort, saint et immortel protéger ce lieu précieux et protéger ses habitants pour que notre vie ordinaire soumise à toutes les illusions bénéficie de leurs saintes prières pour les siècles des siècles.
* lire l'article du site orthodoxie.com

jeudi 29 septembre 2011

Le temps est venu de renouer avec l'histoire, la Tradition et sa continuité...

Antidote à la douleur psychologique
par le Moine Moïse l'Athonite

"En même temps que notre époque se caractérise par l'abondance et la surconsommation (bien que la crise économique ait mis un sérieux frein à cela), la haute technologie, les progrès scientifiques, les conforts et les plaisirs matériels en grand quantité, elle rencontre également une grave exacerbation de problèmes psychologiques qui se reflètent sur nombre de visages, préoccupés, sombres, inquiets, nerveux, effrayés, tristes et bouleversés.

Même les jeunes souffrent de problèmes aigus et de conflits internes, et se trouvent dans une impasse avec de sombres pensées devant un vide insupportable.

De jeunes gens beaux, instruits et riches, ont pourtant perdu le rire, sont abattus et pessimistes. Nous sommes à une époque de convictions, de révélations, de bénéfices et de succès, mais notre peuple se sent désespéré, dépourvu de santé mentale, sans paix ni joie. Souvent d'ailleurs, les chansons à succès de nos jeunes appartiennent à des genres de musique caractérisés par la dépression, la dureté, la frénésie et la souffrance. On pourrait même penser quelquefois qu'ils se plaisent à augmenter la tristesse et le pessimisme. Au lieu de musiques qui réjouissent l'âme et lui redonnent la vie, ce sont des musiques qui la clouent à un pessimisme amer. Les visages tristes sont à la mode.

Les modes provocantes des jeunes, les fêtes violentes qui durent toute la nuit, la séduction envers le terrible fléau de la drogue, la consommation élevée d'alcool, la dépendance malsaine à Internet des heures durant, et beaucoup d'autres choses semblables n’aident en aucune façon et aggravent plutôt le problème. C'est comme si l’on s’acharnait de toutes les manières possibles à détruire leur santé, à raccourcir leur vie, et à leur faire perdre tout intérêt pour l'avenir. Les statistiques sont très tristes. Dans le monde 340 millions de personnes souffrent actuellement de graves problèmes de santé mentale. En Europe et en Amérique, l'Organisation mondiale de la Santé rapporte que près de la moitié de la population souffre de dépression, de mélancolie et à tout le moins de mauvaise humeur.

Aujourd’hui on ne peut - honnêtement et avec tristesse - que constater que ni la jeunesse, ni la beauté, ni la gloire de la réussite et de la croissance, ni beaucoup d’argent ni des vêtements coûteux, ne donnent à tout coup la joie attendue et tout le bonheur qu’on attend. Au milieu de tout cela, la propagation et la culture de cette morosité omniprésente ne cherche-t-elle pas à favoriser l’enrichissement des industries de psychotropes
 Le découragement excessif, disent les Saints Pères de notre Église, est l’esprit mauvais de l’affliction qui mène à la dépression et la mélancolie. Il est bien connu désormais que l’on peut parfois se complaire dans l’amertume et que cela finit par être une sorte de confort morbide, une forme bénigne de sadomasochisme. Cette façon de faire de la société moderne reflète et exprime notre grande frustration qui s’origine dans l'individualisme et notre manque de valeurs.

N'importe qui peut, s’il lutte et le veut vraiment, ôter immédiatement de sa vie ce qui ne lui donne ni véritable optimisme, ni joie ni plaisir. De cette façon, l'humanité peut obtenir paix, calme et sérénité. La conscience trouvera le repos, la vie le calme, et même le sommeil sera doux. Le poète T.S. Eliot a dit : «Faire quelque chose d'utile, dire quelque chose de vrai, regarder quelque chose de vraiment beau, tout cela suffit à enrichir votre vie." Dostoïevski a dit: «La beauté sauvera le monde." Le fait est que le mal, la ruse, et l'obscénité leurrent et séduisent, mais le bien, la bonté, la sainteté et le beau resteront toujours ce qui séduit vraiment et émeut une personne profondément.

La Tradition orthodoxe a la puissance, la force, le sens, la foi, la consolation et l'espoir. La tentative de certains de déraciner du cœur des gens cette riche et vivifiante Tradition ne fera qu’accroître le nombre de dépressifs, d'inconsolables, et de désespérés. Cette Tradition a donné naissance à d'excellents figures de saints et de héros. Le temps est venu pour une recherche qui ait du sens, de renouer avec l'histoire, la Tradition et sa continuité. Un temps qui est acceptable, approprié et nécessaire pour une nouvelle découverte de notre Tradition et la certitude qu'elle offre, pour lutter contre le désespoir, la tristesse, la dépression et la mélancolie. C'est l'antidote à la douleur psychologique de beaucoup de personnes de notre époque. Nous avons besoin de suivre rapidement un tel traitement. Assez d'insignifiance et d'obscurité dans notre vie ! N'est-ce pas ainsi que cela devrait être ? Suis-je exagéré et dépassé ?"
(version française par Maxime le Minime de l'article du site Mystagogy)

dimanche 8 mai 2011

« Par la mort Il a vaincu la mort » par Christos YANNARAS

"De plus en plus la vie chrétienne semble se limiter à une « manière de se comporter », à un code de bonne conduite. De plus en plus le christianisme s'aliène en prenant un caractère social adapté aux mesures des exigences humaines les moins dignes, aux mesures du conformisme, de la conservation stérile, de l'étroitesse du cœur et de l'absence d'audace, aux mesures du moralisme insignifiant qui cherche à embellir la lâcheté et la sécurité individuelle en les couvrant de la parure mortelle des convenances sociales. Les hommes qui ont réellement soif de vie, qui sont chaque jour sur la corde raide à la frontière de toutes les morts possibles, qui luttent désespérément pour distinguer quelque lumière dans le mystère hermétique de l'existence humaine, c'est-à-dire les hommes auxquels fondamentalement et par excellence s'adresse l’Évangile du salut, tous ces hommes, inéluctablement, demeurent loin de l'ordre rationnellement organisé, conventionnel, social, de la chrétienté établie.

Dans un tel climat aujourd'hui, pour un grand nombre d'hommes, de chrétiens, l'ascèse - fût-ce comme notion, ou comme mot - est pour ainsi dire incompréhensible. Si l'on parle du jeûne, de tempérance, de limitation volontaire des désirs individuels, il est sûr qu'on recevra en retour condescendance ou ironie. Ceci bien sûr n'empêche pas les hommes d'avoir leurs «convictions métaphysiques », de croire à quelque « être suprême» ou au « doux Jésus» qui a enseigné une Ethique admirable.

Mais la question est de savoir à quoi servent les « convictions métaphysiques» si elles ne donnent pas une réponse réelle (non pas idéaliste et abstraite) au problème de la mort, au scandale de la dissolution du corps dans la terre. Cette réponse ne se trouve que dans la connaissance que donne l'ascèse, l'étude de l'opposition de la mort dans notre corps même, le dépassement dynamique du dépérissement de l'homme. Et non pas n'importe quelle ascèse. Mais celle qui nous rend conformes à l'exemple du Christ, lequel a volontairement accepté la mort pour la détruire : « Par la mort Il a vaincu la mort ». Tout dépérissement volontaire de l'égocentricité «contre nature» est en puissance une abolition de la mort et un triomphe de la vie de la personne. Pour que l'homme parvienne enfin à remettre en toute confiance son corps - qui est l'ultime retranchement de la mort - dans les mains de Dieu, dans les bras de la « terre du Seigneur », dans l'accomplissement de la communion des saints."
Christos Yannaras 
extrait "La liberté de la morale" (Labor et Fides - Perspective orthodoxe)