Les lèvres mensongères font horreur à l'Éternel, tandis que ceux qui agissent avec fidélité lui sont agréables. Proverbes 12:22 «C'est ce qui sort de l'homme qui le rend impur. En effet, c'est de l’intérieur, c'est du cœur des hommes que sortent les mauvaises pensées, les adultères, l'immoralité sexuelle, les meurtres, les vols, la soif de posséder, les méchancetés, la fraude, la débauche, le regard envieux, la calomnie, l'orgueil, la folie. Toutes ces choses mauvaises sortent du dedans et rendent l'homme impur.» Marc 7:20-23 Un témoin fidèle ne ment pas, tandis qu’un faux témoin dit des mensonges. Proverbes 14:5 « Vous, vous avez pour père le diable et vous voulez accomplir les désirs de votre père. Il a été meurtrier dès le commencement et il ne s'est pas tenu dans la vérité parce qu'il n'y a pas de vérité en lui. Lorsqu'il profère le mensonge, il parle de son propre fond, car il est menteur et le père du mensonge. » Jean 8:44 Si les paroles distinguées ne conviennent pas à un fou, les paroles mensongères conviennent d’autant moins à un noble. Proverbes 17:7 « Écarte de ta bouche la fausseté, éloigne de tes lèvres les détours ! Proverbes 4:24 Craindre l'Éternel, c'est détester le mal. L'arrogance, l'orgueil, la voie du mal et la bouche perverse, voilà ce que je déteste. » Proverbes 8:13 « Pierre lui dit : «Ananias, pourquoi Satan a-t-il rempli ton cœur, au point que tu aies menti au Saint-Esprit et gardé une partie du prix du champ? […] Comment as-tu pu former dans ton cœur un projet pareil? Ce n'est pas à des hommes que tu as menti, mais à Dieu.»Actes 5:3-4Mais pour les lâches, les incrédules, les abominables, les meurtriers, les impudiques, les enchanteurs, les idolâtres, et tous les menteurs, leur part sera dans l'étang ardent de feu et de soufre, ce qui est la seconde mort.Apocalypse 21.8
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samedi 21 septembre 2024

COMMENTAIRE BIBLIQUE DE MATTHIEU 16.18 GREC : « TU ES PETROS… » en finir avec un mythe.


« tu es Petros (masculin), un roc : et sur cette petra (féminin), sur ce roc, je bâtirai… »

 
On voit que l’évangéliste a employé en grec ces deux synonymes de manière à ce que l’un soit un nom propre, l’autre un nom commun. Le français comme le grec rend ce jeu de mots : « Tu es Pierre et sur cette pierre… » Mais Jésus parlait araméen et répéta identiquement le même terme : « Tu es Kèphas (roc) et sur ce Kèphas… » (Jean 1.43). On a trouvé une contradiction entre ce dernier passage et notre récit : d’après Jean, Pierre aurait reçu ce nom dès le commencement. Mais ici Jésus ne lui donne pas ce nom, il le lui confirme : tu es Pierre. Quel est le sens des paroles si longuement controversées : sur ce roc je bâtirai mon Église ? Et d’abord, qu’est-ce ici que l’Église, mot qui ne se trouve nulle part dans nos évangiles, sauf dans notre passage et dans Matthieu 18.17 ? Le terme français Église est grec par son étymologie (ecclèsia) et dans la langue originale, il signifie toute assemblée ou plutôt convocation même en dehors d’un but religieux (Actes 19.39-40). Jésus se servit sûrement du mot hébreu kahal, qui désignait les convocations solennelles du Peuple israélite. Par ce terme, il n’entendait pas désigner une Église particulière, mais l’ensemble de ceux qui croiraient en lui (il en est autrement au Matthieu 18.17). Enfin, il considère l’Église, suivant une figure de langage qu’emploiera fréquemment l’apôtre Paul, comme un édifice qu’il s’agit de bâtir. La critique négative, n’admettant pas que Jésus pût ainsi parler de son Église avant qu’elle existât, révoque en doute l’authenticité de ces paroles, qui, selon elle, appartiennent à un ordre de faits postérieurs. Comment alors Jésus pourrait-il parler si souvent de son royaume (verset 19), en décrire tous les caractères et tous les développements, jusqu’à la perfection ? La notion d’une telle société spirituelle était d’ailleurs donnée par la communion des âmes pieuses du milieu du peuple d’Israël, qui formaient déjà une Église. Et même le petit nombre de croyants réunis autour du Sauveur n’étaient-ils pas déjà son Église ? Et Jésus n’aurait pu en prévoir tous les développements futurs ! Il faut s’y résigner : retrancher du Nouveau Testament la prescience et la divinité de Jésus-Christ, c’est se condamner à n’y plus trouver qu’une longue suite d’énigmes. Maintenant, quelle prérogative le Seigneur confère-t-il à Pierre par ces paroles ? Il faut d’abord en écarter toutes les interprétations contraires à une saine exégèse. Ainsi l’idée d’Augustin que Jésus, en disant : sur ce roc, se désignait lui-même du geste. Ainsi encore celle de plusieurs Pères et de la plupart des interprètes protestants que ce roc, c’est la confession de Pierre, ou sa foi considérée dans un sens abstrait. Sans doute, c’est à cause de cette foi que le Seigneur le proclame le roc sur lequel il fondera son Église et l’instant d’après quand Pierre ne comprendra point les choses divines, il l’appellera Satan (verset 23). Mais il faut bien reconnaître que Jésus en lui disant : Tu es Pierre,…sur cette pierre, je bâtirai,…désigne bien la personne de l’apôtre. C’est sur sa personne, pour autant du moins qu’il se montrera, par l’obéissance et la foi, un rocher, c’est sur son action personnelle, que reposera l’édifice de l’Église. L’événement a confirmé la prophétie. Les premiers chapitres du livre des Actes nous présentent Pierre comme le fondateur de l’Église, parmi les Juifs, Actes 2.1ss parmi les Samaritains (Actes 8.14 et suivants) et parmi les païens (Actes 10). Dans tous les catalogues des apôtres, Pierre est nommé le premier (Matthieu 10.2 ; Marc 3.16 ; Luc 6.14 ; Actes 1.13). Il a donc bien occupé aux yeux de l’Église primitive le rang que le Maître lui avait assigné. Qu’y a-t-il dans ce fait qui puisse donner le moindre prétexte aux inventions absurdes et impies de l’Église de Rome ? Un apôtre n’a point de successeurs, Pierre n’a point fondé l’Église de Rome et n’en fut jamais l’évêque (voir l’introduction à l’épître aux Romains) ; mais l’eut-il été, la prétention des papes à hériter de son rang et de beaucoup plus encore, constitue une impiété. Paul sans doute ne craint pas de montrer l’Église bâtie « sur le fondement des apôtres », mais il a soin d’ajouter que Jésus-Christ en reste « la pierre angulaire » (Éphésiens 2.20 ; comparez Matthieu 21.42), le seul fondement divin qu’on puisse poser (1 Corinthiens 3.11 ; 1 Pierre 2.6). Quant à Pierre s’il joua un rôle prépondérant tant qu’il s’agit de jeter les premiers fondements de l’Église, d’autres apôtres, Paul par son action, Jean par ses écrits, y sont, dans la suite, devenus plus grands que lui. Et lui-même n’eut jamais d’autre sentiment (1 Pierre 5.1 ; comparez Matthieu 19.28 ; Apocalypse 21.14). En outre, dans tout le Nouveau Testament, on ne trouve pas trace d’une suprématie exercée par Pierre dans le gouvernement de l’Église. C’est l’Église qui élit les diacres (Actes 6). Quand il s’agit de baptiser les premiers païens, Pierre consulte les disciples (Actes 10.47), puis il se justifie humblement devant l’Église (Actes 11.2 et suivants) ; dans le concile de Jérusalem, il prend une part décisive à la discussion mais c’est Jacques qui propose et fait adopter la résolution (Actes 15) ; enfin cet apôtre accepte la répréhension de Paul (Galates 2). Ajoutons que tout ce discours de Jésus a Pierre est omis dans le récit de Marc, son « interprète » et dans celui de Luc, preuve que ces prérogatives temporaires avaient peu d’importance dans la tradition apostolique (voir sur ce passage R. Stier, Discours du Seigneur, tome II, p. 204 et suivants). Le séjour des morts (grec hadès, le lieu invisible, comparez Matthieu 11.23, note) est considéré comme une forteresse ayant des portes si fermes, que nul n’en peut ressortir (comparer Job 38.17 ; Ésaïe 38.10 ; Psaumes 9.14). Or, Jésus affirme que l’édifice de son Église sera plus ferme encore et qu’elle ne périra jamais. Toutes les interprétations qui supposent ici un combat de la puissance des ténèbres contre l’Église faussent l’image ; des portes n’attaquent pas, mais ces portes de la mort s’ouvrent pour engloutir des victimes et elles n’engloutiront jamais l’Église : celle-ci ne mourra point. De plus, il ne faut pas, comme nos versions ordinaires, confondre le hadès, séjours des morts, avec l’enfer.




dimanche 26 janvier 2020

UNE IMAGE VAUT MILLE MOTS. Alors plusieurs…

EN MARCHE ACCÉLÉRÉE vers LA RELIGION GLOBALE

Lors d'une cérémonie dans les jardins du Vatican, en présence de monseigneurs et de natifs d'Amazonie, le pape François a participé à un rite appelé "Consécration du Synode de l'Amazone à Saint François". La divination a commencé par une danse autour d'une couverture, étendue sur la pelouse, qui symbolisait la Terre Mère. Au milieu de la couverture, il y avait deux statues représentant un homme et une femme déshabillés, symbolisant la fertilité. Une chamane, avec des plumes sur la tête, leva les mains pour une invocation (mais personne ne le comprit), tandis que seize "concélébrants" s'agenouillaient et s'inclinaient autour de la couverture sacrée. Francis, qui est resté à proximité, entouré de cardinaux et d'évêques, a fermé les yeux. La chamane a pris un hochet, s'est dirigée vers le pape, elle a dessiné des signes sur ses mains et a ensuite fait une croix hâtive et maladroite. Finalement, le pape a planté un arbre.






  





  EN 2015 DÉJÀ…

Une cérémonie païenne du même type a déjà eu lieu a eu lieu au cours d'une « ordination » le 17 Janvier  La cérémonie a été présidée par l'archevêque cardinal Ricardo Ezzati et concélébrée par l'évêque Ivo Bachelor, Nonce apostolique au Chili, et l'archevêque de Antofagasta, Mgr Pablo Lopez Riquelme.

Le nouvel évêque ordonné était Moisés Contreras SdM et Atisha, avant la messe, a été appelé le « curé du village, » un « prêtre » yatiri, pour sa nomination ... propitiate aux dieux Inca ( v . Les Photos et quelques commentaires). Laissant de côté les différents abus liturgiques qui ont été commis lors de la commande (par exemple., L'imposition des mains sur la kippa!), Dans ce cas, en substance, dans le syncrétisme religieux et le paganisme, devant l'Eglise catholique, les évêques ont célébré un rite, ainsi que le « prêtre » Inca, qui a invoqué le dieu du soleil, le dieu Tata Inti, la déesse mère, Pachamama et le panthéon inca. Ils ont non seulement participé activement aux bénédictions panthéistes - tous étaient dans des vêtements liturgiques! - mais les nouveaux élus se sont mis à genoux pour recevoir les « bénédictions » du dieu Inca Tata Inti, le dieu du soleil .... « Inti » est le nom du dieu du soleil de toute l'Amérique latine, dont on trouve le symbole sur le drapeau de L'Argentine et sur celui du Paraguay,
Le Mexique en a abandonné le culte après l'arrivée du christianisme, principalement en raison de la dévotion populaire traditionnelle à la Vierge de Guadalupe, qui a remplacé le polythéisme associé à d'autres divinités liées aux planètes, la terre et les eaux ....






Que me racontez-vous là avec votre filioque ? C'est tout ?









dimanche 16 décembre 2018

Un article bien "fraternel"… pour la paix entre chrétiens


Dans La Croix, un article bien "fraternel" d'un poumon de l'Église… à peine revanchard :
Citation de l'article :
"L’Église orthodoxe ukrainienne, indépendante de la tutelle religieuse de Moscou, après 332 ans d’ascendant spirituel, est née. " et plus loin « Qu’est-ce que cette Église ?[…] C’est une Église sans Poutine », a renchéri M. Porochenko. […]"

Je n'ai pas été frustré de ne pouvoir lire la suite (il faut être abonné) mais cela suffit à montrer l'hypocrisie des faux-frères. En peu de lignes, une vision de l'Église orthodoxe caricaturale,  dans une conception purement institutionnelle typiquement romaine de l'Église, dans une optique centraliste impérialiste de toujours, catholique moderne mais toujours aussi arrogante, politiquement engagée dans un antirussisme et un antipoutinisme* primaires à la mode qui saisira toutes les occasions de médire, de calomnier, de juger et condamner à l'emporte-pièce sans savoir de quoi il retourne exactement… trop fatigant sûrement intellectuellement d'essayer de comprendre et d'acquérir quelque connaissance correcte. Bref des journalistes ordinaires dont l'étiquette n'a de chrétien que le nom.
Hopeless !

*comme si nous avions des leçons de démocratie à donner par les temps qui courent…

mardi 29 août 2017

L'Église catholique aura tout tenté…


extrait de l'article de Pierre Lellouche dans le Figaro Vox à la suite  de la déclaration du Pape au sujet des migrants
"[…] Le Pape fait mine, […]  - et ceci ne laisse pas d'interroger car n'est-il pas d'abord un chef religieux? - d'ignorer que l'immense majorité de ces migrants sont musulmans (Afrique du Nord, de l'Ouest et de l'Est, Afghanistan), et ce au moment même où l'Islam est traversé par de très puissantes forces de violence et de conquête, entre Musulmans eux-mêmes (Chiites, Sunnites, comme on le voit chaque jour en Syrie, en Irak et au Yémen), mais aussi contre l'Occident impie, le tout sur un arrière fond terriblement dangereux de décomposition des frontières et des Etats dans le Proche-Orient.
Voilà donc l'arrière-plan des milliers d'attentats islamiques commis chaque année dans le monde. La fable du «rien à voirisme» très en vogue ces jours-ci: «l'Islam n'a rien à voir avec le terrorisme, qui n'est qu'une affaire de déséquilibrés voire de fous» ; «les migrants n'ont rien à voir avec les auteurs d'attentats» ; cette rengaine vient d‘être puissamment relayée par cette sorte de sanctification papale."[…]
A se demander si ce Pape argentin veut sauver l'Eglise en Afrique ou en Amérique du Sud, en étant le fossoyeur de l'Europe[…] " Pierre Lellouche

Après avoir tenté de redonner du souffle à l'église catholique en déclin avec les "prêtres ouvriers", pour finir par effacer toute distinction entre un militant syndicaliste (bien dans son rôle) et un prêtre (ridiculement déplacé et s'agitant inutilement pour prendre une place qui efface volontairement non seulement son apparence mais sa fonction sacerdotale essentielle) sans aucun effet d'évangélisation notable…

Après avoir protestantisé la liturgie catholique traditionnelle pour plaire aux amateurs de "simplicité" et de "sobriété", avec pour effet désastreux de vider les temples et les couvents en les privant de tout caractère sacré…

Après avoir introduit la psychanalyse dans son accompagnement spirituel jusqu'à dénaturer le sacrement de confession et le rendre "léger" en comparaison, voire superflu… à quoi bon en effet s'adresser à un psy amateur plutôt qu'à un professionnel ? De la même façon que, socialement, adhérer à un syndicat a pu paraître plus efficace que d'écouter les prêches du curé le dimanche…

Après avoir introduit des groupes de rock de tous styles, des chorégraphies de toutes sortes en substituant aux offices des spectacles plutôt cheap et pas assez professionnels pour être crédibles…un vrai concert étant plus attirant qu'une messe "animée"…

Après avoir penché pour la "chaleur humaine" pentecôtiste pour "animer" les "célébrations" et donner l'illusion d'une fraternité communautaire — souvent plus codée et répétitive qu'inspirée, avec des résultats souvent éphémères voire sectaires…

Après avoir flirté avec toutes les "spiritualités orientales"  pour combler tous les dégâts spirituels d'une théologie rationaliste desséchante et d'une ascèse doloriste, en contribuant à une décrédibilisation de toute spiritualité et discipline spirituelle chrétienne au profit des disciplines extrême-orientales…

Après avoir pillé le "magasin" orthodoxe, en puisant sans vergogne dans les trésors de l'Orthodoxie, (d’une certaine manière cela n’a pas cessé depuis « la prise » de Constantinople pendant la 4ème croisade) de manière insidieuse, sans le dire jamais, ou presque, ou alors comme une chose "naturelle" – tellement l’ «emprunt » qui confine au vol éhonté et qui dénature tout, est devenu habitude  sans le moindre discernement, mais avec la bonne conscience offerte par les uniates (illusion spectaculaire d'une Église indivise) … et cependant sans pour cela augmenter réellement le nombre de fidèles qui seraient séduits par l'exotisme des liturgies à l'apparence orthodoxe…

Après avoir inventé cette théorie des "deux poumons de l'Église" pour faire nombre, et multiplié les simulacres de communion avec tous les hiérarques orthodoxes en représentation, éblouis et aveuglés par les ors de la pompe vaticane masquant la perte de crédibilité de la hiérarchie et la misère de la vie des paroisses réelles, mais sans obtenir que les peuples orthodoxes peu dupes veuillent bien se ranger à l'union dans l'obéissance …

Voilà maintenant que l'Église catholique avec "le bon Pape François" se range urbi et orbi "aux côtés des “philosophes” de la Silicon Valley, de l’activisme de George Soros, des grands coeurs riches et libéraux d'Hollywood, de la presseSystème US telle qu’elle se déchaîne actuellement dans l'hystérie haineuse, de la bien pensance de toutes les grandes entreprises multinationales qui savent valser d'un pays l'autre pour s'adapter aux salaires et des moralistes sans fin des bureaucraties sans fin des institutions européennes ; sans parler, – mais enfin parlons-en, de la gauche-néo-caviar/nouvelle cuisine"(dde.org)

 Pense-t-on une fois de plus que cela permette vraiment au "public" de ce nouveau type de spectacle de faire réémerger l'Église romaine de l'abîme dans lequel elle plonge lentement mais inéluctablement, avec la part de l'Église orthodoxe qui voudra bien suivre ?

Quelle évangélisation peut-on attendre de tels discours du  prétendu "chef de la Chrétienté", allié objectif de l'islamisation de l'Europe ?
Maxime Martinez



addendum important : voir article plus loin



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lundi 1 décembre 2014

ORTHODOXIE, CATHOLICITÉ, DOGMES, HÉRÉSIES, ÉGLISE, PERSONNE, INDIVIDU… par Christos YANNARAS


Un philosophe et théologien orthodoxe grec déconstruit les poncifs occidentaux sur le Christianisme

"Depuis le schisme entre l'orient et l'occident, en 1054, les deux parties de la chrétienté ont choisi un nom : La première partie s'appelle « Église catholique romaine », et l'autre partie « Église catholique orthodoxe ».
Cela signifie que le problème se trouve exactement à la compréhension du terme catholique : catholicité.
Nous avons deux conceptions : une conception romaine, et une conception orthodoxe.

Le terme orthodoxe ne disait pas beaucoup de choses à l’époque du schisme. C’est par la suite qu’on a utilisé ce terme pour préciser que l'Église orthodoxe est celle qui continue la même tradition que les apôtres et les pères de l'Église ont créée.

Depuis, de nos jours le terme a pris d’autres sens différents voire plutôt péjoratifs. Nous parlons d’orthodoxie freudienne, d’orthodoxie marxiste. Dans ce sens il s’agit de rester fidèles à la lettre d'une doctrine, à la doctrine de Marx, à la doctrine de Freud. Dans le sens péjoratif que le terme a pris, orthodoxe peut connoter une posture de fidélité au modèle plutôt servile et donc dénuée du courage de dépasser l’original, un conservatisme stérile et dépassé.

À l’époque donc pour préciser la différence par rapport à l'hérésie, on utilisait le mot « catholique », « catholicité » ; pour distinguer l'Église réelle des hérésies, c'est-à-dire des imitations de l'Église, on disait l'église « catholique » à laquelle on opposait le terme d’hérésie. Hérésie, αίρεσης en grec signifie : le « choix », je fais un choix. Je prends un morceau [ c’est le sens premier du mot secte qui vient du latin sectum, participe passé du verbe secare qui signifie couper NDR] et je donne à ce morceau les dimensions et la valeur du tout.  Le partiel devient le tout. Ça c'est l’airesis (αίρεσης ). Tandis que la catholicité représente une autre réalité.

Dans l'Église des premiers siècles la catholicité signifiait la « plénitude de la réalisation de la vérité de l'église ». C'est pourquoi on appelait « Église catholique » chaque Église locale, chaque réunion eucharistique, chaque communauté eucharistique.

C’est-à-dire que la communauté eucharistique, la communauté qui se rassemble pour offrir l'eucharistie, c’est l'Église catholique c'est à dire l'Église en plénitude. C'est l'Église entière. Cette compréhension du terme catholique, on la trouve déjà chez Aristote ; pour la tradition hellénique, la catholicité signifiait être « complet », être « entier ».

Pour comprendre cette notion de catholicité de chaque église locale comme actualisation de l’Église en plénitude on peut prendre les exemples qui suivent.
Ainsi pour connaître ce qu'est l'amour maternel, par exemple, il n’est pas besoin de rassembler toutes les mères de l'univers et d’étudier tous les cas de mères qui pratiquent l'amour maternel, l’amour d’une seule mère contient tout l’amour maternel en soi, et chaque mère l’actualise chaque fois qu’elle l’exerce.

De même pour savoir ce que signifie l’éros, il n’est pas nécessaire de rassembler tous les couples amoureux du monde. Non. Il suffit d’ « un seul » couple de vrais amoureux pour avoir toute la vérité de l’éros, comme il suffit d’une vraie mère pour comprendre, pour voir, pour palper la totalité, la plénitude de l'amour maternel.

Il faut ici confronter langage et histoire pour comprendre le nouveau sens qu’a pris le terme de catholique.
Dans la période de la fin de l’empire romain d’occident, du IV° au VI °siècle, les populations en occident ont changé radicalement : de nouvelles races, de nouvelles nations sont entrées en Europe occidentale, elles ont démoli l'empire romain, elles ont créé une nouvelle situation historique, politique, sociale, etc... elles ont été baptisées, certes, mais parce qu'à l’époque, devenir chrétien, c'était un présupposé, une condition pour intégrer la civilisation.

De là a commencé leur progression, très lente, vers la civilisation et la culture.

À cette époque-là, chaque roi, ou chaque prince, ou chaque baron, qui avait un pouvoir dans la société féodale, qui régnait sur un domaine, et sur les hommes qui y vivaient, avait également la volonté de régner sur la religion dans son domaine, de la surveiller, de la contrôler et donc de prescrire ce qui était la norme en matière de christianisme. Il s’en est suivi que ce n’était plus l'Église qui avait la prérogative pour prendre les dispositions convenables de façon à ce que tous participent à la même réalité, au même mode d’existence.

De façon peut-être un peu schématique on pourrait faire le raccourci suivant : l'évêque de Rome, confronté à ce problème, l’a résolu en fondant une autre conception de la catholicité. Ce ne fut plus une conception « qualitative » ; la catholicité ne représentait plus, dans diverses circonstances concrètes, une actualisation de la vérité pleine et entière, mais on en eut une conception quantitative, et l’universalité de la vérité, la « catholicité », prit un sens géographique.

Les conséquences de ce choix sont décisives, car selon cette nouvelle conception, l'Église n'était alors plus précisée, définie par l'expérience, par la participation à l'événement ecclésial, à l'événement eucharistique, mais, par des critères objectifs : par exemple la fidélité à la doctrine, le respect de la « morale chrétienne ». Et quelqu’un, devait surveiller et contrôler cela, de sorte que les fidèles [en différents lieux] suivent vraiment les ordres d’un centre devenu nécessaire. Ce centre créé, il lui fallait une autorité, et pour asseoir cette autorité il fallait être « infaillible » on connait la suite…

Ainsi on a perdu, en occident, la conception de la catholicité de chaque église locale, le christianisme progressivement a glissé dans des conceptions « idéologiques », c'est pourquoi on insiste tellement (trop) sur la fidélité aux « dogmes », comme on dit. 

Mais qu'est-ce que c'était le dogme originellement ?

L'Église ne connaissait pas ce mot. Le mot « dogme » à l'époque de l'Évangile, on le trouve chez Luc qui écrit que le Caesar Auguste a produit un dogme. Que signifiait à l'époque « dogme » ?
Le mot provient du verbe δοκέω, c’est à dire « c'est mon avis », « je pense », « c’est mon opinion.
Cependant l'empereur de l'empire romain, utilisait cette formule en introduction à ses ordres, ses décrets (διάταγμα). Il disait par exemple : « Mon dogme...c'est mon dogme que je veux vous couper la tête », par exemple... « Voilà mon avis, il faut faire ça ! », mais ce qui peut sembler se présenter comme l’expression d’une simple opinion, était un décret impératif, une décision applicable obligatoirement pour tous. Ainsi, progressivement le terme dogme a pris un caractère d'obligation, et désormais on est obligé d'accepter ce que dit celui qui a l’autorité. Pourtant pendant huit siècles, sans conteste, l’Église n'a jamais utilisé le terme de « dogme ». Les décisions des conciles oecuméniques s'appelaient τερμίνη : ce qui signifie « extrémités », « frontières ». Frontière de quoi ? De l'expérience ecclésiale.

L'Église n'a pas une théorie à part, l'Église n'a rien à faire avec des idéologies. L'Église est tout d'abord et seulement une expérience : comment on peut participer à un mode de vie, à un mode de l'existence.
Cependant il a été nécessaire de trouver une formulation à cette expérience du moment que quelqu'un avait menacé cette expérience ; du moment que quelqu'un voudrait altérer cette expérience.
Voici encore un exemple parlant même s’il peut paraître naïf :
Tous, nous connaissons par expérience l'amour maternel. On ne devrait jamais avoir besoin de définir ce qu'est l'amour maternel.
Nous le connaissons tous ! Normalement tous ceux qui ont eu une mère, connaissent très bien ce que signifie l’amour maternel. Mais si la porte de notre maison s’ouvre, que quelqu’un entre et nous dit :
« Écoutez, l’amour maternel signifie ou suppose que la mère doit battre, battre son enfant dix fois par jour »… à ce moment là quelle sera votre réaction? Certainement vous répondrez « Non, ce que tu dis n'a rien à faire avec notre expérience, Notre expérience de l'amour maternel, n'a rien à faire avec ce que tu dis toi ! »
C'est exactement la même chose avec l’hérésie.

Quand les premières hérésies ont commencé de contester l'expérience ecclésiale, l’Église a été menacée. Qu'est-ce que c'est l'Église ? Pas l'institution, pas l'idéologie comme nous le comprenons aujourd’hui.
L'expérience ecclésiale était menacée et les chrétiens avaient besoin de protéger leur expérience, alors on a convoqué des conciles, et les conciles ont donné des définitions, des termini (τερμίνη), c'est-à-dire qu’ils ont dit que, par exemple pour revenir à mon exemple naïf : l’amour maternel c'est la tendresse etc... de la part de sa mère... Mais quelqu'un qui a perdu sa mère quand il était très petit, bébé, il n'a jamais connu l'amour maternel ; celui-ci, il peut comprendre la définition que nous donnons sur l'amour maternel, mais il ne connait pas l'amour maternel. Ça, c'est très essentiel. On peut très bien savoir - même un athée - que le Dieu de l'Église est un Dieu Trinitaire, sans connaitre vraiment le Dieu trinitaire, sans savoir ce que l'Église vit à travers cette foi-confiance en un Dieu trinitaire, et pas en une Puissance suprême, etc... etc…

Pour revenir à la catholicité.

Donc la catholicité a pris un caractère géographique, idéologique ; toutes les idéologies ont besoin immédiatement d'une autorité, d’un mécanisme qui contrôle les convictions : la foi devient conviction, la foi n'a plus le sens de la confiance, de la particiption à une « expérience ». Qu'est-ce que nous faisons dans l'Église ? Et pourquoi nous sommes sauvés dans l'Église ? Parce qu'on se donne à l'Église, on a confiance, on aime et on est aimé ; et ce que nous espérons, c'est que.... l'Église, c'est-à-dire le Christ, sa mère, les saints, nous prennent dans leur amour et nous amènent à la vie « vraie », à la plénitude de nos possibilités existentielles, c'est ça le sens du terme « salut ».

Aujourd'hui, la plupart des chrétiens, si l’on se fie à ce que l’on entend dans les prédications et qu’on lit dans les livres, ont l'impression que le salut c'est un exploit individuel, et chaque chrétien essaie de devenir digne d'être sauvé. Mais qu'est-ce que signifie « être sauvé » comme individu ? Si moi je suis sauvé et mon enfant ne l’est pas… Quelle sorte de salut, est-ce là ?
Je n'ai pas besoin d'un salut individuel. J'ai besoin d'un corps qui incarne le salut, c'est à dire la vie libre de toute les conditions du créé, la vie comme image et réalisation de l'existence trinitaire.
Comme nous le disons en orient, la nova Roma, la nouvelle Rome qui a succédé à l'empire romain, quelques siècles après, ( le schisme a eu lieu au XI° siècle), a été soumise au XV° siècle sous l'occupation ottomane. Pratiquement, cela signifie qu'elle était exclue de l’histoire.

Toute la tradition hellénique, alexandrine, syriaque, etc... des premiers siècles, a été effacée et l'occident est resté seul ; et en même temps, pas simplement seul. L’occident a développé, progressivement, une culture, une civilisation avec une caractéristique qui reste jusqu'à aujourd'hui une énigme ; avec un dynamisme universel. Quelle en est la cause ?
Cela peut s’expliquer par le fait que l'occident a créé une civilisation fondée sur la primauté, la priorité absolue de l’individu.

À la suite du philosophe américain Thomas Kuhn qui a offert un schéma qui est assez utile pour systématiser la différence des civilisations, on a commencé de parler de paradigmes ; nous avons donc des paradigmes culturels. Qu'est-ce que signifie un paradigme culturel ?

Cela signifie un mode d'existence et de co-existence qui fonctionne comme modèle pour plusieurs sociétés, pour un certain temps.

Par exemple, nous avons eu le paradigme newtonien, comme nous disons, c'est-à-dire : Toute notre vie, l'organisation de notre vie, la compréhension des conditions de la vie avec pour point de départ, on peut le dire, la physique de Newton. C'est-à-dire une conception de l'univers comme la somme des entités particulières. Des monades arithmétiques.
Ensuite on est passé au paradigme de la modernité, en restant plus ou moins fidèles au modèle newtonien. Malgré le progrès de la physique moderne, on reste encore emprisonné dans une image de l'univers et de la société - qui prime encore maintenant - comme somme des individus particuliers.
En grec, pour signifier « individu », nous avons le terme : atomon.
Atomon signifie une réalité une monade qu'on ne peut plus diviser, insécable. Si on prend un morceau de fer, par exemple, et qu’on le coupe au milieu, puis au milieu, puis au milieu, ainsi de suite... on arrive finalement à une monade qui n'est plus sécable. Ça, c'est le sens exact du terme atomon.

Cependant que nous continuons d'avoir cette conception, la physique moderne ou les sciences modernes, en général, progressent vers une conception de l'unité et aussi de la société comme un événement de relation, un dynamisme de relation, la relation se trouve au sein du monde, de la conception de l’individu ; la relation représente un événement, un dynamisme, quelque chose qu'on crée, tandis qu'un individu se définit comme monade arithmétique. Aujourd'hui dans nos sociétés, pour définir l’altérité de chacun de nous, nous avons une carte d'identité, un passeport, avec un numéro... Ce qui nous différencie, c'est le numéro, ce n'est pas l'altérité de l'existence de chacun de nous.

C’est ce qui structure la réalité humaine, la philosophie et l'Église aussi... L'Église a adopté le langage de son époque, et utilise le terme prosopon (πρόσωπο), qui est essentiellement différent. L’atomon (ατόμων ), l'individu, je répète est une monade arithmétique, le prosopo c'est une réalité. Le terme πρόσωπο est une synthèse de la préposition pros : vers quelque chose, et ops, génitif opos , qui signifie le visage. Alors le terme prosopon signifie j'ai le visage [orienté] vers quelqu'un, vers quelque chose, je suis avec en réalité, je suis en relation avec quelque chose.
C'est pourquoi nous ne pouvons connaître une personne humaine que, seulement par rapport à, à travers la relation avec elle.
Nous disons : « Vous connaissez monsieur X ? » - Non, non, j'ai entendu parlé de lui. Non, ça ce n'est pas une connaissance. «Vous le connaissez ? vous l'avez rencontré ? Vous avez une relation avec lui ? », et si cette relation avance, et vous pouvez parvenir à commencer « d'aimer » l'autre, c'est-à-dire mettre de côté les exigences de l'ego individuel, tous ses élans, ses instincts pour utiliser l'autre, posséder l’autre. Si on se libère de tout cela, on arrivera à aimer l'autre et, dès ce moment commence une autre connaissance de l'autre, de la personne, on reconnaît vraiment son altérité.
Alors le paradigme qui a été formé en occident après le schisme, et surtout à travers le développement au Moyen-Âge de la société médiévale, fut un modèle essentiellement et par principe individualiste.
La foi signifia des convictions individuelles, la morale représenta l'effort de chacun pour être fidèle aux ordres d'une loi, d’une conception de ce qu'il faut et ce qu'il ne faut pas, le salut fut vraiment une affaire proprement et purement individuelle ; tandis que dans l'Église tout ce qui est individuel est la mort. Pourquoi ? Parce que la mort c'est la conséquence naturelle des êtres créés. Quelque chose qui est créé, c'est-à-dire qui a un début, un commencement, est obligatoirement mortel, et arrive à sa fin ; tandis que si on transforme l'individu en une personne, ce que l'Église fait, alors on arrive à vaincre les conditions du créé, c'est pourquoi nous chantons la nuit de Pâques que le Christ par sa mort, a vaincu la mort, Il nous a donné cette possibilité de se libérer de la mort, c'est-à-dire d'arriver à réaliser en tant qu’Église ce que réalise l'événement existentiel que la Sainte Trinité : une vie libre de tout conditionnement, parce que c'est une existence qui s'identifie avec l'amour. La seule définition de Dieu que nous avons dans l'Église, c'est que Dieu « est » amour. L'amour n'est pas une qualité morale de Dieu c'est son mode d'existence. Et le mode d'existence de l'Église est exactement le même : se libérer de l'individualité et arriver à la réalité de l'amour, à la liberté de l'amour."
Christos Yannaras
(Reprise, modifications et tentative d’explicitation assumés par Maxime le minime, de la transcription littérale de la conférence de Christos Yannaras à la Paroisse Saint Jean de San Francisco (8 avril 2011) par D. Lorans-Nény - source)

samedi 14 juin 2014

SAINT AMBROISE D’OPTINA SUR L'ÉGLISE CATHOLIQUE




SAINT AMBROISE D’OPTINA
 SUR L'ÉGLISE CATHOLIQUE

Rassemblez devant moi mes saints, ceux qui ont scellé leur alliance avec moi par le sacrifice (ps.49)


Cette lettre a été écrite par saint Ambroise d'Optina à un moment où les classes instruites en Russie lisaient davantage de textes sur la religion en français que dans leur langue natale natale. De ce fait les relations nouées avec les personnes d'autres confessions ont souvent été la cause que les gens se sont mis à douter de leur propre foi orthodoxe. La lettre est plus utile encore aujourd'hui pour ceux qui sont confrontés aux différences entre l'Église catholique romaine et l'Église orthodoxe orientale. C’est en vain que quelques chrétiens orthodoxes sont remplis d’étonnement à la propagande actuelle de l'Église catholique romaine et sa tentative de s'unir à l'Eglise orthodoxe orientale. On pourrait penser que tout ce qui s'est passé au cours des mille dernières années entre l'Orient grec et l'Occident latin peut être rapidement oublié et que l'unité sacramentelle peut être enfin atteinte. Cette opinion ne résiste pas à un examen rigoureux et se révèle fausse ; et l'activité latine énergique non seulement ne produit aucune surprise, mais, au contraire, suscite une profonde tristesse dans le cœur des gens qui exerçant leur sagacité comprennent la vérité.

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