Les lèvres mensongères font horreur à l'Éternel, tandis que ceux qui agissent avec fidélité lui sont agréables. Proverbes 12:22 «C'est ce qui sort de l'homme qui le rend impur. En effet, c'est de l’intérieur, c'est du cœur des hommes que sortent les mauvaises pensées, les adultères, l'immoralité sexuelle, les meurtres, les vols, la soif de posséder, les méchancetés, la fraude, la débauche, le regard envieux, la calomnie, l'orgueil, la folie. Toutes ces choses mauvaises sortent du dedans et rendent l'homme impur.» Marc 7:20-23 Un témoin fidèle ne ment pas, tandis qu’un faux témoin dit des mensonges. Proverbes 14:5 « Vous, vous avez pour père le diable et vous voulez accomplir les désirs de votre père. Il a été meurtrier dès le commencement et il ne s'est pas tenu dans la vérité parce qu'il n'y a pas de vérité en lui. Lorsqu'il profère le mensonge, il parle de son propre fond, car il est menteur et le père du mensonge. » Jean 8:44 Si les paroles distinguées ne conviennent pas à un fou, les paroles mensongères conviennent d’autant moins à un noble. Proverbes 17:7 « Écarte de ta bouche la fausseté, éloigne de tes lèvres les détours ! Proverbes 4:24 Craindre l'Éternel, c'est détester le mal. L'arrogance, l'orgueil, la voie du mal et la bouche perverse, voilà ce que je déteste. » Proverbes 8:13 « Pierre lui dit : «Ananias, pourquoi Satan a-t-il rempli ton cœur, au point que tu aies menti au Saint-Esprit et gardé une partie du prix du champ? […] Comment as-tu pu former dans ton cœur un projet pareil? Ce n'est pas à des hommes que tu as menti, mais à Dieu.»Actes 5:3-4Mais pour les lâches, les incrédules, les abominables, les meurtriers, les impudiques, les enchanteurs, les idolâtres, et tous les menteurs, leur part sera dans l'étang ardent de feu et de soufre, ce qui est la seconde mort.Apocalypse 21.8
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mardi 13 février 2018

La langue des offices et le problème de leur compréhension


Laurence dans son commentaire au message précédent qui présente la vidéo de l'entretien de Père Macaire avec Bernard Le Caro écrit :
Écouter les offices, en effet, mon problème actuel, c'est qu'ils sont en slavon, pour les Grecs le problème est le même, ils sont loin de tous comprendre le grec ancien. Les orthodoxes français ont la chance d'avoir des traductions fraîches dans leur langue actuelle qui leur permet de tout comprendre ! Ce fut pour moi, à Solan, une révélation.
J'avais commencé à écrire un autre commentaire en écho à son commentaire mais comme cela m'a entraîné dans l'écriture d'un texte trop long pour figurer dans la fenêtre "commentaire" je me suis décidé à en faire un article qui ne prétend pas au moindre magistère mais qui est simplement le témoignage de ma propre et modeste expérience d'orthodoxe ordinaire et c'est bien volontiers  que j'accueillerai toute correction fraternelle de la part d'éventuels lecteurs orthodoxes de cet article.



Oui les Grecs contemporains sont loin de tous comprendre le grec ancien. Mais je ne suis pas sûr que tous les Russophones comprennent parfaitement le slavon non plus et encore moins qu’ils sachent le lire dans l’écriture glagolitique.

Oui les Orthodoxes français ont la chance d'avoir des traductions fraîches dans leur langue actuelle mais j'ai un doute : est-ce que même en fréquentant un lieu de culte dont la langue nous est compréhensible cela suffit à être absolument attentif à toutes les paroles chantées lors des offices ?

Tout d’abord il est souvent plus aisé pour comprendre un texte de le voir écrit sous nos yeux que de l’entendre chanter – on peut en effet être captivé par la beauté de la mélodie en négligeant les paroles, par la qualité du chanteur ou ses défauts, perturbé par sa diction etc. et là, il est sans doute préférable d’avoir les textes à la maison (c’est à dire toute une bibliothèque !) et de les lire tranquillement avant l’office pour savoir de quoi il est question ensuite. Il faut tout de même pour ça savoir comment et de quoi ils sont composés. En fait, d’extraits de plusieurs livres choisis et ordonnés selon un typikon (un ordo) propre à l’Église à laquelle on appartient et la composition des offices orthodoxes est particulièrement complexe avec des parties fixes et des parties variables – les psaltes en savent quelque chose. On pourrait bien sûr rêver de les apporter à l’église… mais le Triode seulement, par exemple, ça risquerait d’être un peu encombrant. Il faudrait donc un pupitre pour chaque fidèle… Bref. Insensé.
Alors les livres étant réservés à la maison ou aux chœurs, il y a lieu de penser notre attente de la compréhension des textes autrement.

Au vrai, essayer de suivre précisément tout ce qui se dit ou plus exactement ce qui se chante lors des offices – des grandes fêtes particulièrement – c’est présumer abusivement de nos possibilités. Cela requiert une attitude mentale qui risque fort d’être caractérisée par une tension, conséquence d’un projet essentiellement intellectuel, et donc une crispation mentale peu propice à la participation aux offices telle qu’elle est requise par la tradition spirituelle orthodoxe. L’Esprit Saint, Dieu, sait ce dont nous avons besoin, et ce qui peut nourrir notre âme, à quel moment, dans quelles circonstances et nous n’avons pas besoin (sauf celui d’une satisfaction intellectuelle) de tout comprendre. En revanche il vaut sans doute mieux que notre posture mentale soit caractérisée par l’abandon et la réceptivité. Le meilleur modèle de l’écoute optimale requise est sans doute celle du psychanalyste qui « écoute » son patient : il ne s’agit pas pour lui de tout saisir – ce qui entraînerait un effort pénible et pas forcément opératoire – mais de cueillir seulement au passage ce qui lui paraît pertinent pour être relevé et renvoyé au patient dans un processus curatif. Pour nous qui participons aux offices, c’est en quelque sorte l’Esprit Saint en nous le thérapeute, qui attire notre attention sur un mot, une expression, une phrase des textes liturgiques récités ou chantés qui nous concerne tout personnellement, et l’écho résonne en nous de sorte que cela devient notre propre parole et c’est ainsi que notre esprit s’éclaire et que notre âme entame un processus de guérison… ce qui justifie notre présence à l’office essentiellement.

 Cela ne peut donc se produire que dans la réceptivité, non pas dans le processus volontaire de comprendre. Et dans la foi, cette prière du Centurion dont s’inspire la prière avant la communion des fidèles catholiques « Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir, mais dis une seulement une parole et je serai guéri » devient efficiente…

Bien sûr il faut tout de même comprendre la langue utilisée pour les offices là où on se trouve. Si ce n’est pas le cas, il m’a bien semblé lire chez quelques pères spirituels qu’on pouvait alors se consacrer à la prière de Jésus. Et ensuite il faut lire les textes à la maison.
Père Macaire conseille de lire particulièrement les stichères idiomèles des Vêpres et des Matines. Il faut pour cela avoir le texte entier des offices à la maison et chercher les fameux versets concernant notre ascèse propre.

Cependant le fidèle orthodoxe croit fermement non seulement en la valeur et l’efficience du « mystère » en soi et de ses rites et de ses symboles, mais également en la valeur et l’efficience de la prière silencieuse communautaire, de la prière du prêtre qui est à certains moments secrète et inaudible donc, pas seulement de la prière relancée à haute et intelligible voix par le diacre et complétée par le chœur, mais aussi des prières personnelles que chacun fait discrètement dans son cœur et que les autres ignorent. Et puis le fidèle orthodoxe n’accorde pas moins d’importance au caractère sacré du lieu de culte, et à la présence invisible, et incompréhensible par notre intellect, des saints par leurs icônes et leurs reliques et enfin à la présence des anges qui se trouvent non pas à des hauteurs inaccessibles mais dans le Royaume qui est proche et qui s’ouvre à nous invisiblement par les Portes Royales.

Ainsi nous pouvons tout de même justifier notre humble présence ignorante à l’église en reprenant simplement les paroles du psalmiste, sans posséder tous les textes des offices, et sans tout comprendre :

«Me voici, je viens ;
C’est de moi qu’il est écrit en tête du livre ;
J’ai voulu accomplir ta volonté, ô mon Dieu,
Et ta loi est au milieu de mon cœur. » (psaume 39)

Car  « L'Orthodoxe dans la liturgie est comme un enfant dans le ventre de sa mère : il ne fait rien et cependant, par le fait de se trouver dans l’église, il croît sans cesse, jusqu’à l’heure de l'accouchement. » (Hig. Basile)


*Certains tropaires et stichères ont leur mélodie propre : on les appelle des automèles; ces mélodies-modèles attribuées à certain hymnes précis sont souvent réutilisés pour d'autres hymnes liturgiques construits sur les mêmes modèles de phrases, ces hymnes, dont la mélodie est reprise d'un texte automéle, sont appelés idiomèles.
Maxime le minime

dimanche 15 décembre 2013

TEMOIGNAGE ET MARTYRE

 
« Vous êtes témoins de ces choses »
« Vous (les disciples), vous êtes les témoins dignes de foi qui prêcherez et affirmerez tout ce que vous avez vu et entendu venant de moi. »
C’est le 48ème verset du 24ème chapitre de l’Évangile selon Luc 

Ces paroles ont été adressées par Notre Seigneur Jésus Christ à ses disciples lors de sa dernière apparition en leur présence après sa résurrection et peu de temps avant son ascension aux cieux.
Le Christ a demandé à ses disciples d’être ses témoins, de rendre témoignage du Christ dans le monde.
De même par extension, dans Mat. 10,32, Il demande à tout homme qui croit en Lui, la même chose : « quiconque se déclarera publiquement pour moi, je me déclarerai moi aussi pour lui, devant mon Père qui est dans les cieux. »
Mais quelle est la manière par laquelle le croyant rend témoignage du Christ dans le monde ?
En premier lieu, le témoignage est rendu par la vie du croyant. Le Christ lui-même a mis l’accent sur cette vérité lorsqu’Il disait à ses disciples dans Jean 13,35 « À ceci tous connaîtront et croiront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres »
D’un autre côté sermonnant ceux qui se disent chrétiens et le sont seulement « de nom », dont la vie est tout sauf le témoignage du Christ, Il dit avec sévérité dans Rm 2,24 « A cause de vous le nom de Dieu est blasphémé dans toutes les nations »
La meilleure manière par laquelle nous rendons témoignage au Christ c’est donc notre vie de sainteté. Et ici nous pouvons citer la parole évangélique suivante qui se trouve dans Jacques 2:17 : « la foi sans les œuvres est une foi morte » car si l’homme ne vit pas en accord avec sa foi, quelle valeur peut avoir une telle foi, et à quel point peut-elle influencer ?
Outre cette vie de sainteté, le témoignage du Christ peut se donner par la parole. Ce qui est important bien sûr, c’est que notre parole soit une parole incarnée, c'est-à-dire non pas une parole qui sort uniquement de la bouche mais qui vient du cœur. A ce moment-là le témoignage devient une nécessité. Nous le voyons chez l’Apôtre Paul qui dit de façon caractéristique dans 1Cor. 9,16 : « Malheur à moi si je ne prêche pas l’Évangile ! » Nous le voyons chez l’Évangéliste Jean qui devant les menaces du Sanhédrin qui interdisait de prêcher le Christ, donne la réponse suivante dans 1 Jn 1, 1 « Avec ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons entendu de nos oreilles, ce que nous avons palpé de nos mains, ce n’est pas possible que nous ne parlions pas de Lui »
Bien sûr, ce témoignage par la parole n’est pas un vain bavardage. C’est un témoignage de notre espérance intérieure et de notre foi qui est donné avec tenue, sans provocation, sans aucune disposition à vaincre l’autre, quelles que soient les circonstances.
Cependant, afin que puisse exister un vrai témoignage du Christ il y a un présupposé fondamental. Ce présupposé c’est l’expérience.
Ne peut parler celui qui n’a pas connu le Christ, celui qui n’a pas l’expérience de la présence du Christ dans sa vie. Par connaissance de Dieu nous n’entendons pas une information extérieure au Christ, mais la relation vivante avec Lui par le moyen des Saints Mystères.
La réelle expérience du Christ n’est pas un sentimentalisme malsain, elle s’acquiert par la participation du croyant à l’Église et par la purification de l’âme des passions qui l’encombrent.
Lorsque l’expérience du Christ est absente de notre vie, lorsque manque également le repentir, alors, au lieu de témoignage, l’on voit certaines personnes narcissiques pleines de feinte empathie qui utilisent la foi comme une idéologie, qui blâment toujours les autres, sans aimer qui que ce soit, mais qui , de ce fait, portent une énorme responsabilité dans cette repoussante représentation de la foi. Le Christ n’a pas besoin de défenseurs, Il a besoin de témoins.
Le témoignage du Christ est toujours lié au martyre. Il y a deux sortes de martyre.
Le martyre de la conscience que nous vivons au quotidien et le martyre du sang lorsque Dieu le permet.
Le martyre de la conscience c’est la croix que chaque croyant est appelé à porter pour suivre le Christ. A cet effet l’Apôtre Paul conseille à Timothée de « souffrir avec lui pour l’Évangile » Le martyr de la conscience est la coupure de notre volonté personnelle, la nécrose du moi, l’extirpation des passions, le combat spirituel continuel en Christ. C’est également l’acceptation de la tristesse conséquente au mépris des hommes pour notre foi.
Parfois le martyre de la conscience est scellé avec le martyre du sang, comme cela s’est produit pour des millions de martyrs de notre Église qui ont arrosé avec leur sang l’arbre de l’Église chrétienne et sont sacrifiés sur l’autel de la foi pour le Christ.
Peut-être le martyr du sang est-il réservé à certains mais le martyre de la conscience concerne tous les croyants et demeure le présupposé fondamental d’un authentique témoignage du Christ. Amen.
(version en français par Maxime le minime d'une homélie de P. Παναγιωτης Β.)
Άγιος Ελευθέριος ο Ιερομάρτυρας