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vendredi 27 octobre 2017

Pâques catholique et Pâques orthodoxe en Grèce vues par l'écrivain Hans Christian Andersen

Hans Christian Andersen (1805-1875) fut un auteur et poète danois prolifique, qui «introduisit l'idée de la fantasy dans les histoires pour enfants, préparant le terrain pour Lewis Carroll dans les années 1860. Et créant un monde distinct de jouets et d'animaux qui parlent pour enfants, il a eu un effet profond sur les classiques de l'enfance, tels que «Le vent dans les saules» et «Winnie l'ourson». (Hans Christian Andersen: La vie d'un conteur)


Voici un extrait des mémoires de voyage de Hans Christian Andersen, A Poet's Bazaar: A Journey to Greece, Turkey and Up the Danube, sur les festivités de Pâques en Grèce au XIXe siècle, plus précisément au début des années 1840.

La Pâque des catholiques en Italie, et particulièrement à Rome, est grandiose, fascinante; c'est un spectacle élevé de voir cette masse immense d'êtres tomber à genoux dans la Place Saint-Pierre, et recevoir une bénédiction. La fête de Pâques en Grèce ne peut pas montrer une telle magnificence, ses ressources sont trop petites; mais après avoir vu les deux, on arrive à la conviction qu'à Rome c'est une fête qui, dans sa gloire et sa splendeur, sort de l'Église pour le peuple ; mais en Grèce c'est une fête qui coule du cœur et des pensées du peuple, de leur vie même ; l'Église n'est qu'un maillon de la chaîne. Avant Pâques, il y a un jeûne long et rigoureux, religieusement observé, les paysans vivant presque entièrement de pain, d'oignon et d'eau.

Le journal athénien est apparu le vendredi saint avec une bordure noire, en souvenir de la mort du Christ : le titre de la vignette était un sarcophage avec un saule pleureur, et au-dessus il y avait un poème sur la Passion de Lutzos. La fête elle-même a commencé ce soir-là. Je suis allé à l'église principale ; elle était splendidement illuminée et complètement pleine: devant l'autel se tenait un cercueil de verre, attaché avec des plaques d'argent. Le cercueil contenait des roses fraîches destinées à représenter le Sauveur mort. Un étrange bourdonnement de voix de la communauté priante a sonné à travers la maison de Dieu! Des prêtres, vêtus de couleurs vives, et des évêques, allaient et venaient devant l'autel où ils lisaient les prières. A neuf heures du soir, la musique sacrée a commencé, et la procession est partie de l'église par la rue principale, jusqu'au palais. De ma fenêtre j'ai pu voir commodément la procession se déplaçant lentement ; c'était l'une des plus solennelles que j'aie jamais vues. C'était une nuit étoilée scintillante, si douce et si calme! Chaque spectateur aux balcons et fenêtres ouvertes se tenait avec une bougie allumée dans sa main. La musique nous montait de la rue, l'odeur de l'encens emplissait l'air. La musique funèbre provenait des groupes militaires comme si le peuple portait son roi dans sa tombe. Le cercueil contenant des roses rouges fraîches était entouré de prêtres ; au-dessus était accroché un long voile rouge de deuil tenu par les chefs d'état et les officiers supérieurs du royaume. Une foule de ces officiers, et puis la grande masse des gens, tous, comme je l'ai dit, avec des bougies allumées, fermaient la procession. Il y avait un calme, une tristesse ou une dévotion visible, qui agissaient sur tous les esprits. L'évêque a fait un court discours devant le palais où se tenaient le roi et la reine, puis le roi a embrassé le saint Évangile. Pendant toute la cérémonie, il y eut une sonnerie monotone de cloches, toujours deux coups, puis une courte pause.

Jour et nuit, l'église fut remplie de monde. Le roi, la reine et toute la cour étaient là à minuit avant le jour de Pâques: les prêtres priaient et pleuraient autour du cercueil fleuri; toute la communauté a prié en silence. L'horloge a sonné les douze heures et alors l'évêque avancé et a proclamé  : "Le Christ est ressuscité!"

"Le Christ est ressuscité!" a éclaté dans toutes les langues. Les tambours et les trompettes se sont fait entendre fortissimo ; la musique a joué les danses les plus animées! Tout le monde s'est jeté au cou, s'est embrassé et s'est écrié joyeusement: "Le Christ est ressuscité!" On a entendu ensuite des coups de feu à l'extérieur; des fusées s'élançaient dans l'air, des torches étaient allumées, des hommes et des jeunes gens, chacun avec une chandelle à la main, dansaient en une longue file à travers la ville. Les femmes ont allumé des feux, ont préparé des agneaux et les ont rôtis dans les rues. Les petits enfants, qui avaient tous de nouveaux fez et de nouvelles chaussures rouges, dansaient dans leurs chemises autour des feux, s'embrassaient, et s'exclamaient comme leurs parents: «Le Christ est ressuscité!» J'aurais pu accueillir chacun de ces enfants vers mon coeur et exulter avec eux. "Le Christ est ressuscité!" C'était touchant, beau et élevait l'âme.

On peut dire que tout était cérémonie; et on peut ajouter, certainement avec une certaine vérité, que les réjouissances exprimaient certes la satisfaction du peuple que le jeûne rigoureux soit terminé, et que maintenant ils puissent manger leur agneau et boire leur vin mais j'ose dire qu'il y avait quelque chose de plus ; c'était un véritable et sincère jubilé religieux. Le Christ était dans leurs pensées, comme sur leurs lèvres. « Le Christ est ressuscité! » C'était une assurance mutuelle d'un fait qui n'était pas vécu comm un événement du passé. Non, c'était comme s'il avait eu lieu cette nuit-là, et dans ce pays, c'était comme s'ils en avaient eu l'assurance par leur oreilles à ce moment-là, et pour la première fois.
Il y avait de la musique et de la danse partout dans la capitale, et dans chaque petite ville dans tout le royaume. Tout travail était suspendu, tout le monde ne pensait qu'au plaisir; il n'y avait que danse et joie, près du temple de Thésée et sous les colonnes de marbre de Zeus. La mandoline tintait, et les anciens se joignaient aux chants ; et dans la joie générale on entendait les mêmes paroles de bienvenue et d'adieu: « Le Christ est ressuscité! »
(version française de la source par Maxime le minime )

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