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" Ces hommes-là sont de faux apôtres , des ouvriers trompeurs, déguisés en apôtres du Christ. Et cela n'est pas étonnant, ...

samedi 26 août 2017

[2] "Estrangement culturel" ou divergences théologiques ?

1. Les rapports entre l’Orient et l’Occident 


Est-il exact de dire qu’il y a eu une coupure entre l’Orient et l’Occident et que cette coupure a fait diverger les théologies ?


En fait, les rapports n’ont jamais cessé entre les deux parties de l’Empire Romain, même après qu’elles ont été séparées politiquement à cause des invasions barbares. D’autre part, même si ces régions avaient été séparées bien plus gravement, était- ce une raison pour se mettre à avoir des théologies différentes ? L’histoire de la Géorgie prouve que non. Elle a été complètement coupée du reste de l’orthodoxie et est restée orthodoxe. Ni les différences linguistiques, ni les différences culturelles n’imposent les innovations dogmatiques.

Plusieurs des textes dogmatiques importants de l’Église orthodoxe sont nés à l’occasion de rencontres dont chaque siècle a fourni sa moisson.
 Saint Photios, dans sa Mystagogie du Saint Esprit, répond aux arguments des carolingiens. Aux traités Contre les erreurs des Grecs, font pendant, durant le Moyen-Âge, les traités Contre les latins

Le Concile de Lyon (1274) est pour les moines de l’Athos l’occasion de grandes lettres dogmatiques. 

Au XIVe siècle, Grégoire Palamas dialogue avec le calabrais Barlaam et provoque la convocation de trois conciles qui rejettent la scolastique augustinisante de Barlaam.

 Thomas d’Aquin est traduit en grec et Callixte Angélicoudès le réfute 7

Lors du Concile de Florence (1439) les meilleurs théologiens des deux partis disputent du Purgatoire et du Filioque, avec des arguments subtils.

 En 1573, Jérémie II patriarche de Constantinople, noue avec les luthériens de Tübingen une correspondance restée célèbre. 

À partir du XVIIe siècle, les voyages et les contacts se multiplient. Catholiques et protestants essayaient de tirer chacun à soi les orthodoxes, victimes d’une situation politique des plus difficiles, la turcocratie, qui entravait les études théologiques. Aux confessions de foi non-orthodoxes de Cyrille Loukaris et de Pierre Moghila ont répondu divers Conciles, tenus à Jérusalem ou à Constantinople. La querelle de l’eucharistie, qui divisait protestants et catholiques, et où s’illustrèrent surtout le pasteur Claude et le janséniste Nicole, fut arbitrée par le patriarche Dosithée et le Concile de Jérusalem en 1672. Ce concile eut plusieurs éditions à Paris, La Haye, Londres, etc. Citons enfin la réponse des Patriarches Orientaux aux Anglicans non-jureurs (1716-25), les Conciles de 1691, 1722, 1727, 1838, qui sont des réponses à la propagande uniate et aux principales questions soulevées par la théologie latine. 
Avec la réponse de Grégoire VI à Pie IX qui l’invitait au Concile de Vatican I (1868) et l’Encyclique des Patriarches Orientaux répondant aux propositions de Léon XIII, en 1895, le dialogue s’établit très directement.

Bref, il est abusif de parler d’estrangement culturel.

Nous ne voulons pas nier les différences de mentalité qui affectent l’Orient et l’Occident ; mais suggérer que ces différences sont plutôt le résultat que la cause d’une divergence qui est, dans son principe, théologique.

Notes
7. Contre Thomas d’Aquin, voir La Lumière du Thabor, n° 25 Paris, 1990, p. 32-46 et no 26, p. 33-46.

(in Le nouveau catéchisme contre la foi des Pères)
À SUIVRE

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