3ème Dimanche du grand Carême - Vénération de la Vénérable et Vivifiante Croix

TA CROIX Ô MAÎTRE, NOUS LA VÉNÉRONS 
ET TA SAINTE RÉSURRECTION NOUS LA GLORIFIONS !

Mes chers frères,


Le troisième Dimanche du Grand Carême est le Dimanche de la Vénération de la Sainte et vivifiante croix. Nous sommes à mi-chemin du Grand Carême et comme nous l'avons dit, le Grand Carême est un combat spirituel qui nous conduit aux jours saints de la Passion et de la Résurrection du Seigneur.

Il est normal que ceux qui vivent réellement le Carême puissent ressentir une certaine fatigue et de ce fait recherchent un peu de repos et de réconfort. C'est pourquoi aujourd'hui l'Église présente la Vénérable et Vivifiante Croix, afin que les fidèles se prosternent devant elle.


L'adoration de la Vénérable et Vivifiante Croix nous rappelle la Passion du Christ et ravive en nous l'espérance de la Résurrection.
Car comme le Christ, nous aussi nous passons de l'affliction de la croix à la joie de la Résurrection.


L'Évangile de ce jour , nous parle de la Croix du Christ et pour nous Chrétiens lorsque nous faisons référence à la croix du Seigneur, nous entendons par là tout ce qu'en d'autres termes nous appelons devoir, c'est à dire tout ce qu'il faut faire, tout ce que nous avons l'obligation de faire chaque fois que cela nous est demandé.


Or bien souvent la plupart d'entre nous n'est pas en accord avec cela et chacun pense à chaque occasion qu'il a autre chose à accomplir.


Les hommes, surtout à notre époque, ne pensent pas à leur devoir, et ne parlent que leurs droits. Le devoir consiste à donner, le droit prétend plutôt à recevoir.Un devoir ne peut pas être transgressé, un droit peut être abandonné.


Cependant aujourd'hui, comme nous l'avons dit plus haut, les hommes oublient leurs devoirs mais ils n'abandonnent pas leurs droits. C'est pourquoi le monde est sens dessus-dessous, et il risque de manquer dans notre vie le respect, l'obéissance, la discipline et l'ordre. Les enfants n'obéissent pas à leurs parents, les élèves ne respectent pas leurs professeurs, les femmes ne suivent pas leurs maris et les hommes ne respectent pas leurs femmes. Tout cela se passe ainsi parce que les gens, ne pensent plus à leurs devoirs. Personne ne s'empresse de porter sa croix, c'est à dire de se conformer à la volonté et aux commandements de Dieu. 


Les hommes certes portent beaucoup de "croix" aujourd'hui, mais ils ne portent pas la croix du Christ Ceux qui ne veulent pas se conformer au devoir que dicte la volonté de Dieu sont pourtant asservis par d'autres volontés et se soumettent à d'autres devoirs qui rabaissent et humilient plutôt l'homme.


La croix est devenue le trône royal du Christ et constitue l'échelle par laquelle les fidèles montent au Ciel. Ceux qui ne veulent pas porter la croix du Seigneur, se chargent de beaucoup d'autres croix de ce monde qui, en substance, sont autant de jougs qui asservissent et réduisent les hommes à l'esclavage.


Le Christ dit à propos de sa croix qu'elle est un joug de probité, c'est à dire un joug qui ne fait pas honte, mais qui honore plutôt les hommes. Et lorsqu'il invite les hommes à "porter sa croix", Il n'oblige personne "Celui qui veut venir vers moi, [...] qu'il me suive..." et "Venez à moi" nous dit-Il. "Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués du poids de l'existence et moi, j'allégerai votre fardeau et vous donnerai le repos..."


La croix du Seigneur est en vérité croix et devoir à la fois, mais elle est plus légère que toute les croix de ce monde. Cependant le monde trompe les gens en leur faisant croire qu'elle les privera lourdement de liberté.


Ainsi les hommes se laissant prendre à ce discours, rejettent la croix du Christ et sans s'en rendre compte se chargent non seulement d'autres croix qui sont très lourdes, mais qui de surcroît sont déshonorantes et honteuses.


Certes la Croix du Christ a aussi son poids, et le devoir et la vertu ne sont pas sans peine, mais la Croix du Christ est une croix vénérable.


Certes le devoir et la vertu fatiguent au début mais ils apportent par la suite le repos et la joie à l'âme.


Les croix de ce monde ne semblent pas lourdes et toutes les jouissances que la vie prétendue libre, légère et sans contraintes, promet aux hommes dans la négation, le refus ou l'indifférence du regard de Dieu, paraissent douces au début ; mais par la suite chacun peut se rendre compte du poids écrasant en vérité des croix de ce monde, en goûtant bien souvent le poison amer, inéluctablement inhérent ou conséquent aux limites, aux obstacles, aux frustrations voire à la réalisation seulement éphémère des jouissances de la vie sans Dieu…


La croix du Seigneur nous conduit à la Résurrection et à la Vie.


Les croix de ce monde nous conduisent à la destruction et la mort.


Et même si la croix du Seigneur s'avère lourde, chaque chrétien ne la porte pas tout seul : la grâce divine l'aide, le conforte et le fortifie.


Lorsque le Seigneur Lui-même montait vers le lieu de sa crucifixion et qu'il fléchissait sous le poids de la croix, il a reçu une aide. Et pour cette aide apportée par Simon, le Christ aide tous les fidèles. C'est pour cela que l'évangéliste Jean écrit que les commandements du Christ "ne sont pas lourds" Il ne veut pas dire qu'ils n'ont pas leur poids, ni que la vertu et la sainteté sont choses faciles, mais que c'est le Christ, c'est la grâce divine qui vient en aide à chaque fidèle qui combat pour la sainteté et pour son salut.


Ceux qui se laissent tromper et portent la croix du monde ne bénéficient d'aucune aide, ils n'ont pas la grâce divine ; seuls et isolés, ils se battent et voient en haut le Ciel fermé et la terre sèche et assoiffée. 



Mes chers frères !

La parole concernant la croix est importante et contient un sens profond. Tous ne peuvent la porter car tous ne sont ni disposés ni empressés à la porter. Mais nous, fidèles, avec la grâce de Dieu, non seulement nous portons la Croix du Seigneur mais nous recevons également la Parole de Dieu !


Nous nous prosternons aujourd'hui devant la vénarable croix et demandons dans notre combat spirituel du Grand Carême la force du Christ qui a porté sa croix et est mort sur celle-ci, pour arriver à la Résurrection.


Puissions-nous, nous aussi, parcourir la même route que le Christ pour parvenir au terme glorieux de la Résurrection
Amen.
Pater Panagiotis V.

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