Les lèvres mensongères font horreur à l'Éternel, tandis que ceux qui agissent avec fidélité lui sont agréables. Proverbes 12:22 «C'est ce qui sort de l'homme qui le rend impur. En effet, c'est de l’intérieur, c'est du cœur des hommes que sortent les mauvaises pensées, les adultères, l'immoralité sexuelle, les meurtres, les vols, la soif de posséder, les méchancetés, la fraude, la débauche, le regard envieux, la calomnie, l'orgueil, la folie. Toutes ces choses mauvaises sortent du dedans et rendent l'homme impur.» Marc 7:20-23 Un témoin fidèle ne ment pas, tandis qu’un faux témoin dit des mensonges. Proverbes 14:5 « Vous, vous avez pour père le diable et vous voulez accomplir les désirs de votre père. Il a été meurtrier dès le commencement et il ne s'est pas tenu dans la vérité parce qu'il n'y a pas de vérité en lui. Lorsqu'il profère le mensonge, il parle de son propre fond, car il est menteur et le père du mensonge. » Jean 8:44 Si les paroles distinguées ne conviennent pas à un fou, les paroles mensongères conviennent d’autant moins à un noble. Proverbes 17:7 « Écarte de ta bouche la fausseté, éloigne de tes lèvres les détours ! Proverbes 4:24 Craindre l'Éternel, c'est détester le mal. L'arrogance, l'orgueil, la voie du mal et la bouche perverse, voilà ce que je déteste. » Proverbes 8:13 « Pierre lui dit : «Ananias, pourquoi Satan a-t-il rempli ton cœur, au point que tu aies menti au Saint-Esprit et gardé une partie du prix du champ? […] Comment as-tu pu former dans ton cœur un projet pareil? Ce n'est pas à des hommes que tu as menti, mais à Dieu.»Actes 5:3-4Mais pour les lâches, les incrédules, les abominables, les meurtriers, les impudiques, les enchanteurs, les idolâtres, et tous les menteurs, leur part sera dans l'étang ardent de feu et de soufre, ce qui est la seconde mort.Apocalypse 21.8

mardi 15 février 2011

Père ANDREW PHILLIPS : La puissance de la prière et du repentir

P.Andrew Phillips
Un entretien de Père André Phillips (prêtre de la paroisse de St John the Wonderworker dans sa ville natale de Colchester dans l' Essex et rédacteur des très riches et incontournables sites http://www.orthodoxengland.btinternet.co.uk et http://www.orthodoxengland.org.uk) fait en 2009 par le Roumain Mihail Bacauanu et retranscrit sur son blog http://sceptik.wordpress.com qui donne l'occasion au Prêtre anglais de ne pas mâcher ses mots une fois de plus pour l'édification de tous.


Bacauanu Mihail - Que Dieu vous bénisse, Père, je vous remercie de m'avoir permis de vous interviewer. La première question serait celle que tout le monde serait tenté de poser à quelqu'un comme vous. Comment êtes-vous devenu orthodoxe ? Je pense que chacun de nous a une «histoire» qui les a fait venir à l’Église. Certains étaient des athées et commencé à croire, d'autres viennent du catholicisme ou du protestantisme. Mais dans votre cas, comme celle de Seraphim Rose également, la "conversion" est d’autant plus surprenante, que cela s'est produit dans un lieu ignorant l'Orthodoxie. Ai-je raison? Je comprends qu’à douze ans vous avez commencé à vous poser des questions sur la vie et qu’un peu plus tard vous êtes parti à la recherche de Dieu dans d’autres confessions chrétiennes, qui se trouvaient près de chez vous. Avez-vous une idée de ce qui vous a fait commencer ce cheminement, cette recherche, et pourquoi l'avez-vous poursuivi ? Pourquoi n'avez-vous pas recherché Dieu à travers la science ou la philosophie?

Père André - Il est vrai qu'il n'y avait pour moi aucune raison logique de rejoindre l’Église Orthodoxe. Je n'ai pas été élevé dans quelque confession chrétienne que ce soit et mon père n'a pas été baptisé du tout. Cependant, quand j'étais enfant, j’étais sensible au monde qui m’entourait et je sentais qu'il y avait un autre monde près de celui-ci. Ce monde était juste au-delà du monde visible, un monde invisible, mais parallèle, qui était plein de bonnes présences et qui était en fait le monde réel, car le monde visible n'était qu'une illusion. En grandissant, j'ai voulu comprendre ce qu’était ce monde et quel rapport il avait à la vie et la mort, d'où je venais et où j’allais Alors j'ai commencé à lire des ouvrages sur toutes sortes d'idéologies, y compris le communisme, mais aussi sur les religions. C’est ainsi que j'ai découvert les Évangiles, que j'ai lus pour la première fois quand j'avais treize ans. Quand j'avais quatorze ans, j'ai réalisé que j'étais chrétien et qu’inconsciemment je l’avais toujours été. Puis j'ai visité différentes églises autour de moi, protestante, anglicane, catholique romaine, mais je ne sentais pas la présence de cet autre monde en elles. Elles étaient toutes les mêmes. J'ai ensuite appris qu'il y avait une église où je n’étais pas allé, l'Orthodoxe. J’ai lu des livres à ce sujet et je me suis dit - c'est là que j'ai toujours été. Ce n'est que lorsque j’ai eu seize ans que j'ai réussi à visiter une église orthodoxe, loin de chez moi. J’ai su dès que je suis entré dans cette église que j’étais enfin à la maison, que c'est là que j'avais toujours été dans mon âme, et que tout mon avenir serait ici dans cette église.

BM - Au cours des derniers mois nous avons assisté à des campagnes athées, qui font la propagande de l'athéisme dans certains pays européens en collant des affiches et des  messages athées sur les autobus et les métros. Il y a des gens ici en Roumanie, qui veulent bannir les symboles religieux des lieux publics, tels que les écoles. Ils veulent aussi que la théorie de Darwin y soit enseignée. Je voudrais vous demander si vous pensez que Darwin avait tort et si vous pensez que ses disciples d'aujourd'hui se trompent ? Et quand je vous demande cela, j'ai à l'esprit que partout où qu’on aille sur terre, spécialement à l'Est, le mysticisme a eu une influence énorme sur la vie des gens, alors que l'athéisme n'a jamais créé quoi que ce soit! Pensez-vous que le Christianisme a apporté quelque chose d'utile pour le monde ou juste des guerres et des luttes pour le pouvoir ?

Athéisme et  Darwinisme

Père André - L'athéisme est aujourd'hui l'idéologie à la mode de ce monde, sous toutes ses formes différentes. Les paresseux ont fait du darwinisme une excuse pour ne pas aller à l’Église et ne pas chercher à se perfectionner. Le darwinisme est un conte de fées, un mythe moderne dans tout ce qu'il dit sur l'humanité. Ses vérités ne concernent que les mondes physique, des animaux, les insectes et de la botanique et de toute façon seulement de manière limitée, parce qu'elles sont théoriques. Dire que l'univers entier est un accident est plus difficile à croire qu'un conte de fées. Si vous pouvez croire cela, alors vous pouvez croire à un conte de fées. Comment quelque chose d'aussi complexe que le cerveau humain pourrait-il n’être que le résultat du hasard ? Comment la présence de milliers de milliards d'étoiles dans le ciel nocturne pourrait n’être que le résultat d'un simple hasard ? Le bon sens nous dit qu'il y a un Créateur. Comme je le disais, le darwinisme et ses théories ne sont qu’une excuse utilisée par des gens pour justifier leurs péchés. Et ils sont encouragés en cela par le diable qui ne veut pas que les gens obtiennent la guérison de leurs péchés en suivant un mode de vie orthodoxe, acquérant la grâce des sacrements, par la prière et le jeûne. Toute cette question du darwinisme est une illusion. Le darwinisme est une théorie qui ne peut avoir été développée que par des esprits qui ne croient pas en Dieu, par des intellectuels et des fantaisistes, qui n'ont pas une compréhension de la réalité de l'âme humaine parce qu'ils ont passé trop de temps avec les animaux. Alors ils ont commencé à penser qu'ils étaient aussi des animaux. Bien sûr, si vous ne croyez pas en l'existence de l'âme immortelle, et que n’avez ni expérience ni vie spirituelles, alors les êtres humains sont des animaux. Il n'est pas surprenant que le darwinisme ait été utilisé par les fascistes et les communistes. Si seuls les plus forts survivent, alors, ils ont dit : nous avons le droit de tuer les plus faibles ou les «races inférieures» - comme Hitler, ou les «ennemis de classe», comme l’ont fait les communistes. Cependant, notre rejet des théories illogiques et irrationnelles du darwinisme ne veut pas dire que nous acceptons les idées étranges des sectaires protestants, qui, ne connaissant pas la Tradition, interprètent la Bible de manière littérale et ne comprennent ni ne connaissent les interprétations de l'Ecriture par les saints Pères de l'Eglise. Pour comprendre les Écritures, vous devez avoir une certaine compréhension de l'auteur de l'Ecriture. C'est l'Esprit Saint, et le Saint-Esprit vit à l’ l’intérieur de l’Église. C'est pourquoi en dehors de l’Église, vous ne pouvez pas comprendre les Saintes Écritures. Le Christ a sauvé le monde. Il est la Vie et la Résurrection. Le fait que certaines personnes mauvaises utilisent notre foi chrétienne pour justifier les guerres et le mal qu’ils font ne veut pas dire que le christianisme est mauvais. Cela signifie que le diable, et ceux qu'il inspire, essayeront toujours de discréditer le Christianisme. Simplement ils utilisent abusivement notre foi chrétienne dans le but de camoufler leurs propres péchés. Si le Christianisme n'avait aucune valeur, ils ne le feraient pas. Le diable, toujours, attaque ce qui est le meilleur et tente de le détruire. Si le Christianisme n'avait aucune valeur, s’il était faux, le diable n'aurait pas pris la peine d'essayer de le corrompre. Le diable n’attaque pas ceux qui ne se repentent pas - ils sont déjà ses amis. Il n'attaque que ceux qui essaient de se repentir - par conséquent, son plus grand ennemi est l'Orthodoxie.

BM - Certains affirment que l'Orthodoxie est un obstacle au progrès et qu’en général, le Christianisme est une religion inquisitoriale, oppressive et xénophobe. A en juger en remontant le temps et jusqu'à l'époque moderne, pensez-vous que l'Orthodoxie ait été un facteur rétrograde?

Progrès matériel et progrès spirituel

P.A - L'Orthodoxie est un progrès - mais du point de vue spirituel. Ceux que le monde appelle «progressistes» sont en fait rétrogrades – régressifs du point de vue spirituel. Ceci est paradoxal parce que nous, chrétiens orthodoxes, avons un système de valeurs radicalement différent de celui du monde, qui « réside dans le péché » (comme dit saint Jean). Nous avons une vision de la vie comme éternelle et immortelle – ils voient la vie comme temporelle et mortelle. Leur idéologie est toute l'idéologie de la mort. Ils disent «vivez dans le confort, profitez de cette vie tant que vous pouvez, vivre de manière aussi égoïste que vous voulez, parce que devant vous il n’y a que la mort». Mais comment pouvez-vous vivre pour le confort, quand la mort plane au-dessus de vous? Nous n'aimons pas la mort, comme ils le font, nous aimons la Résurrection. Nous ne sommes pas spirituellement primitifs, nous sommes spirituellement avancés - ils sont spirituellement primitifs, parce qu'ils croient en la mort.

BM – En lisant des textes sur vous et sur votre paroisse le mot diversité m’est venu à l'esprit : un Anglais trouve Dieu dans l’Eglise russe, prêche l'Orthodoxie en Europe occidentale (où se trouvent surtout des catholiques et des protestants), visite la Russie et la Grèce, a dans sa paroisse des Anglais, des Russes et des Roumains, célèbre de nombreux offices religieux dans d'autres langues que l'anglais, et l'un des principaux protecteurs de la paroisse est Saint Jean (Maximovitch) de Shanghai, un Ukrainien, d’origine. Comment se fait-il Père, que partout où vous allez (dans des lieux, des pays orthodoxes) vous vous sentez chez vous, alors que l'Orthodoxie, est en quelque sorte différente et pourtant toujours la même? Qu’est-ce donc qui pourrait bien nous garder unis, en étant si différents. Est-ce la résurrection du Christ ou c'est seulement notre fierté (religieuse) ?


Unité et diversité - idéologies

P.A - Nous Orthodoxes avons tous la même maison - du Christ, qui peut nous amener à notre maison dans le ciel. Nous partageons le même esprit. Des choses comme la nationalité, nos passeports, notre langue maternelle, sont toutes secondaires, car elles appartiennent à ce monde. Les choses importantes sont universelles. Notre passeport spirituel, la seule qui peut nous emmener au ciel, dit que notre nationalité est ORTHODOXE. Lorsque vous voyez une vieille grand-mère orthodoxe ou un bébé sourire après la communion – c’est international – c’est la langue de l'Orthodoxie. Tout le reste est secondaire.


BM - Beaucoup d’orthodoxes orientaux, qui n'ont pas beaucoup d'information sur l'Orthodoxie, quand ils entendent parler d’Orthodoxie aux États-Unis, en Chine, en Afrique ou même en Europe occidentale, trouvent ça bizarre. Je pense que nous sommes tous curieux d’en savoir plus sur l'Orthodoxie en Angleterre. Comment les offices divins sonnent en anglais et comment l'Orthodoxie s’harmonise avec la mentalité anglaise ?

P.A - L'important n'est pas la langue, l'important c'est l'esprit. Si nous gardons la Tradition de l'Eglise, tout sonne bien. Regardez les Roumains. Une des plus grandes réalisations de l'Orthodoxie roumaine au 19ème siècle a été la traduction [des textes liturgiques] en roumain. Avant les Roumains ne disposaient que d’offices en langue grecque ou slave. Quelqu'un veut-il revenir à la situation d'avant? Lorsque personne ne comprenait ? Bien sûr que non! Si nous sommes fidèles à Dieu à travers son Église , nous pouvons utiliser n'importe quel langage. En Angleterre, cela signifie utiliser l'anglais, la meilleure forme de l'anglais, l'anglais liturgique, qui est une belle langue, pas la langue de la rue. Nous donnons toujours le meilleur de notre culture humaine à Dieu. Mais nous utilisons d'autres langues à selon qui est présent. De cette manière, chacun peut se sentir à la maison et inclus. La seule autre différence dans nos églises, c'est que nous vénérons les saints locaux, ceux qui étaient ici en Occident avant ceux que le catholicisme romain fût inventé et avant le schisme d'Occident de 1054, lors duquel l'Occident a finalement rompu avec l’Église orthodoxe et a inventé tous ces ismes – le catholicisme, plus tard le protestantisme, le baptisme etc. Ce sont d’ailleurs les origines des autres ismes, les politiques, comme le capitalisme, le communisme, le fascisme, maintenant le mondialisme. L’Eglise n'a jamais été divisée, simplement certains groupes et certains individus se sont détachés de l'Eglise. Les Anglais et les autres occidentaux doivent accepter l'Eglise Orthodoxe comme elle est. l'Eglise ne s'adapte pas au monde, le monde doit s'adapter à l'Eglise. Nous servons tous les offices dans les langues locales occidentales. Nous les célébrons. Ensuite, les gens viennent, peut-être seulement quelques-uns, mais notre tâche est d'amener les âmes dernières âmes libres de l'Occident à la lumière de l'Orthodoxie avant la fin. Si nous plaçons à la première place, alors une mentalité anglaise (et pas n'importe laquelle) se fondra en elle.

BM - Père, il y a quelques centaines d'années, l'Europe chrétienne s’est unie et s’est battue contre les musulmans et le monde arabe. Aujourd'hui, l'Europe chrétienne soutient la construction de mosquées et fait bon accueil à l'islam. Ne trouvez-vous pas cela bizarre? Ne pensez-vous pas que l'Europe a perdu son identité chrétienne, comme le disait Saint Nicolas Velimirovich il y a quelques décennies? L'Europe peut-elle être confrontée à un effondrement non seulement démographique mais aussi spirituel, ou non?

L'effondrement de l'Europe

P.A - L'effondrement de l'Europe est un effondrement spirituel. Toutes les autres catastrophes en Europe proviennent de cet effondrement spirituel - la perte totale de la foi. Si l'Europe avait la foi, elle continuerait de croire en soi. Cela voudrait dire aux Arabes : nous ne sommes pas racistes, venez pour travailler et vivre ici, si vous le souhaitez. Mais il y a une condition : Vous devez d'abord être baptisés. Mais parce que l'Europe n'a plus de foi, elle est «tolérante» vis-à-vis de l'islam. Que veut dire «tolérant» ? Cela signifie indifférent, incrédule. Ceci est dangereux. C'est ce qui rend les gens tolérants vis-à-vis du diable également. Qu'importe ce que vous croyez - nous devons être «tolérants» - sataniste ou chrétien, c'est tout pareil pour des âmes mortes. L'effondrement démographique de l'Europe est du même ordre. L'Europe ne croit pas en la vie, parce qu'elle a perdu la foi en Dieu, la source de toute vie, le Créateur de la vie. Par conséquent, elle croit à la mort - l'avortement, l'euthanasie, tout cela c’est l'industrie de la mort et l'Europe est amoureuse de cette industrie de la mort. Si l'Europe croyait en la résurrection, elle n’avorterait jamais son avenir. L'origine de cela est dans l’obsession catholique romaine et protestante de la crucifixion du Christ, au lieu de la Résurrection.

BM - En parlant de l'Europe, les Roumains sont en plein scandale concernant l’implémentation de puces RFID ( identification par Radio Fréquence) dans les passeports, les cartes d'identité et le permis de conduire. Même si ce n'est pas le signe prédit dans l'Apocalypse, chapitre 13, beaucoup considère cela comme l'étape juste avant, tandis que d'autres sont fortement en désaccord, et se sentent offensés en quelque sorte par nos protestations. Je voudrais vous demander: que pensez-vous des puces RFID et comment voyez-vous cela dans l'avenir ? Pensez-vous qu’un état policier (Big Brother) est en train de naître? Vivons-nous maintenant au début de l'Apocalypse, ou pas encore ? Devrions-nous même nous préoccuper de cela ?

Puces RFID et Apocalypse

P.A - Il y a des choses qui sont de première importance, pour lesquelles nous devons être prêts à mourir. Les dogmes de l’Eglise, la Sainte-Trinité, la divinité du Christ, le Homme-Dieu. Nous devons être prêts à souffrir le martyre pour ces vérités. Il y a d'autres choses que nous regrettons, mais elles n'ont pas la même importance. Par exemple, je pense que les Orthodoxe pourraient s’accorder sur le fait que le monde serait meilleur sans la télévision moderne. Mais allons-nous mourir pour cela? Non. Il en est de même avec ces puces. Il serait préférable de les éviter, mais si l'Etat insiste, alors nous les accepterons. Bien sûr, elles sont finalement en train d’ouvrir la voie à l'Apocalypse, mais les deux guerres mondiales ont ouvert la voie à l'Apocalypse beaucoup plus rapidement. Et elles ont eu lieu. Nous ne pouvons pas changer cela. «Rendez à César ce qui appartient à César». Soyons clairs tout de même. Je n'aime pas ces puces, que l’EU veut nous imposer, mais parce qu'elles ne me feront pas renier le Christ, je vais les accepter à contrecoeur, s'il n'y a pas d'alternative. Je crains que certaines personnes très simples, très pieuses, avec «un zèle sans mesure avec le savoir », fassent de ce problème quelque énorme tentation et de cette manière risquent de s'éloigner de l’Eglise. Dans ce cas, je considérerais ces puces comme un «moindre mal». C'est la même chose avec le calendrier. En Russie on appelle le nouveau calendrier le « calendrier communiste », parce que ce sont les communistes qui l’ont introduit. Ici, en Europe de l'Ouest, nous l'appelons le calendrier catholique - parce que c'est ce qu'il est. Le nouveau calendrier est une erreur. Mais il y a un mal plus grand que ce nouveau calendrier, c’est de commencer un schisme à ce sujet, comme vous l'avez avec certains zélotes en Roumanie, et de se détacher de l'Eglise à cause de cela. Nous faisons s'approcher l'Apocalypse à travers notre âme. Tant qu’il y aura même seulement quelques âmes qui lutteront par leur ascèse contre leurs péchés personnels, l'Apocalypse ne n’adviendra pas. L’Antechrist ne peut venir que quand il n'y aura plus de grâce dans le monde. Appartenons à ces quelques âmes qui luttent par l’ascése et la prière - c'est ainsi que nous retarderons l'Apocalypse. C’est beaucoup plus important que de se battre d'une manière laïque contre les puces électroniques. Nous devons prier contre eux.

BM - Sur le même sujet, certains évêques ont dit que nous ne devons pas avoir peur de la RFID et les politiciens rejettent avec arrogance l'idée que l'État pourrait influencer d'une manière ou d'une autre, notre rédemption. Comment voyez-vous la relation entre l’Église et l'État? Les prêtres roumains sont payés par l'État.

L’Église et l'État 

P.A - La relation entre l’Église et l'État a toujours été sujet à tensions - et elle le sera toujours. L’Église est « dans le monde, mais pas du monde», l'État est de ce monde. Quand le clergé est payé par l'État, il doit être particulièrement prudent pour ne pas devenir des marionnettes ou des outils de l'État. Nous devons parler par l'Esprit Saint, non pas avec l'esprit laïque des politiciens et des bureaucrates.

BM - L'Eglise orthodoxe roumaine a fait des compromis avec les communistes. Il est vrai que certains évêques ont été tués par les communistes et que des milliers de prêtres ont été emprisonnés. Toutefois, l’opinion qui prévaut est celle du compromis. La justification en était le «salut» de l’Église. Est-ce que l’Église orthodoxe roumaine a pris la bonne décision? Aujourd'hui, il semble l'histoire se répète. Est-ce digne cette sorte de compromis?

P.A - L’Église ne fait jamais de compromis. L’Église est le Corps du Christ. Les vrais représentants de l’Église orthodoxe roumaine ont été ces centaines de milliers de personnes qui ont souffert sous le régime communiste – ce dont beaucoup sont morts. Bien sûr, il y avait des personnes qui ont fait des compromis, et certains d'entre eux ont été des évêques et des prêtres. Priez pour eux parce que leurs âmes sont tourmentées, car ils n’ont pas été fidèles à l’Église, mais ils ont nagé avec la marée. Je pense que nous devons être très prudents en la matière. Certaines personnes aiment à condamner les évêques et les prêtres de leurs erreurs. Mais qu'auraient-ils fait s'ils avaient été dans leur position sous le joug communiste? Peut-être auraient-ils commis des erreurs encore pires. Sur ce sujet, je tiens à vous dire quelque chose de terrible mais vrai. À ceux qui condamnent les évêques et les prêtres de l'Eglise compromis, je répondrai ceci: «Nous obtenons les évêques et les prêtres que nous méritons. »

BM - Le mois dernier, à Iasi, après une conférence sur les prisons communistes et les martyrs qui sont morts à cette époque, un miracle s'est produit. Des os de ces martyrs s’est écoulée de la myrrhe. Je comprends qu'en Russie ils aient déclaré ces martyrs saints. En Roumanie, les évêques ne veulent pas faire la même chose. Pensez-vous qu'ils sont saints? Avez-vous un message pour les Roumains et de ces évêques qui en doutent ?

Vénération des nouveaux martyrs

P.A - Au peuple roumain, je dirais: Vénérez ces nouveaux martyrs. Ce sont les saints qui peuvent sauver la Roumanie d'aujourd'hui. En Russie, les nouveaux martyrs glorifiés l’ont été seulement à cause de la vénération populaire. Si vous faites pression sur les évêques, ils vont canoniser les nouveaux saints de la Roumanie. Il doit d’abord y avoir une vénération populaire généralisée. Peignez leurs icônes, célébrez des offices nouveaux pour eux, allez en pèlerinage, écrivez des livres sur leur vie, avec tous les faits et les détails. C'est la chose la plus importante, la plus vitale, que vous pouvez faire dans l’Église roumaine d'aujourd'hui. Glorifiez vos saints! A la fin, les évêques roumains se réuniront en Synode et les canoniseront. Dans l’Église russe, il n’y a une grande renaissance seulement maintenant qu’à cause de ces nouveaux martyrs et de leur glorification populaire. Les évêques suivront les gens dans cette affaire. N'attendez pas que les évêques vous conduisent à ce sujet. Les gens doivent commencer en créant la pression pour leur canonisation. C'est ce qui s'est passé en Russie - par les prières des nouveaux martyrs. Le diable et le monde détestent les saints. Les vrais Orthodoxes les aiment.

Concile pan-orthodoxe

BM - A la fin de cette année un grand Concile pan-orthodoxe est prévu. Certains sceptiques disent que c’est l'hérésie qu'il enseignera. Mais quoi qu’il en soit du résultat, une chose est sûre: il ya beaucoup de problèmes à résoudre. Quel est votre avis? En particulier, si nous devons réfléchir à ce qui a été signé à Ravenne, le mouvement œcuménique sera le sujet principal.

P.A - Ce conseil n'aura pas lieu si tôt. Il y a de nombreux obstacles. Même s'il a lieu, il n'y a aucune raison de penser qu'il soit obligatoirement mauvais. Il peut résoudre certains problèmes. Quant à Ravenne, il n'était pas canonique, il n'a pas été signé par toutes les Eglises orthodoxes. Dans tous les cas, il ne peut y avoir quelque chose comme un concile qu'après que ses décisions ont été reçues par le peuple orthodoxe. Si les décisions ne sont pas reçues par le peuple, alors ce n'est pas un concile, c'est juste une réunion d'intellectuels et de politiciens, de bureaucrates de l’Église, de laïcs dans des vêtements cléricaux, des agents du gouvernement. Il s'agit d'un concile de brigands, rien à voir avec nous.

"Occidentaux" et "orientaux"

BM – Pour revenir à des choses plus importantes, dites-nous quelque chose de vos missions à travers l'Europe. Vous devez avoir quelque chose à dire! Quels ont été les bonnes et les mauvaises choses que vous avez recontrées ? Quels sont les endroits que vous voulez visiter à nouveau et où voulez-vous aller, où vous n'avez jamais été ? Comment sont les gens originaires d'Europe occidentale, par rapport à ceux de l'Est? La tendance est de diaboliser les premiers.

P.A - Je ne peux pas quitter mon église, mais si je le pouvais, je voyagerai dans toutes les parties du monde orthodoxe, où je ne suis pas allé. Je suis particulièrement attiré par la Bucovine et la Moldavie. Et je voudrais revenir à l’Athos, puis aller à Diveevo et Optina en Russie. Mais Dieu va me donner cette occasion seulement quand j’en serai digne. Et puis je ne suis jamais allé à Jérusalem et à la mer de Galilée. Mais c’est comme Dieu le veut. Les gens de l'Ouest sont plus rationalistes que les Européens de l'Est. Les Européens de l'Est sont plus spontanés, ils ont plus d'âme. Si leurs âmes sont bonnes et orthodoxes, alors vous vous sentez aussitôt chez vous. Les Occidentaux sont toujours en train de penser, toujours en train de calculer, ils sont moins spontanés, leurs âmes ne sont pas aussi visibles. C'est à cause des déformations de la culture occidentale, qui se sont produites depuis 1054. Cela peut être très ennuyeux. Les Orthodoxes ont le feu dans leur âme, ils sont spirituellement vivants. D'autre part, de nombreux Européens de l'Est ont abandonné Dieu et ainsi leurs âmes sont devenues pleines de passions. Et qui peut être très mauvais, comme nous l'avons vu sous le communisme.

BM - Quels sont les principaux péchés qui affectent le monde aujourd'hui? Ce que nous devrions abandonner et gagner afin de sauver nos âmes? Sommes-nous seuls rachetés seuls, ou en tant que nation? Peut-on encore parler de nations aujourd'hui ?

Survie des nations

P.A - Les péchés capitaux sont les mêmes que toujours. Il n'y a rien de nouveau sous le soleil. Ce sont seulement les excuses pour les péchés qui changent. Maintenant, nous rejetons la faute sur l'Internet, la télévision ou autre chose. Nous devons revenir à l'Eglise, et même dans de nombreux cas découvrir l'Église pour la première fois. Nous trouvons le salut en tant que personne, mais une âme qui trouve le salut peut en sauver des milliers d'autres autour d’elle. Les nations sont en train de s'effondrer aujourd'hui. Elles ne peuvent survivre que s'il s’y trouve suffisamment d’âmes fortement ascétiques pour conserver leur identité nationale et garder leurs peuples ensemble.

BM - Tout le monde parle d'une crise : financière, énergétique, spirituelle ... Certains des Anciens et des saints Pères pensent que la crise signifie le jugement de Dieu pour les péchés du monde. Mais pour ces athées et ces philosophes qui rejettent cette explication, est-ce que le rationnement de l'eau, et l'interdiction d'avoir plus d'un enfant, peuvent être de véritables solutions?

La crise

P.A - Le mot «crise» est grec. Il signifie le jugement. Si l'humanité se repent, tout est possible. Les mesures humaniste, athées retardent seulement la crise mais ne la résolvent pas. La crise est toujours là et ne s’en va pas. Cette crise sera permanente, s'il n'y a pas de repentance.

BM - La science cherche essentiellement à améliorer les plaisirs de la vie et à se débarrasser de la douleur. Ils ont trouvé des «remèdes» à la peur, à l’inhibition, et ainsi de suite. Alvin Toffler, dans son livre Future Shock, écrit que tout ce mécanisme est contre nous, et les conséquences, comme il l'écrit, en sont aujourd'hui reconnues, dans le monde entier. Avons-nous fait de la science un Dieu, comme le dit Saint Justin Popovitch? Sommes-nous esclaves des découvertes techniques ? De quelle manière cet "esclavage" peut-il affecter nos vies, notre rédemption? Peut-on maintenir la télévision en ruinant la vie des jeunes? Peut-on atteindre un but dans la vie grâce à la technologie?

La technologie

P.A - La science est tout simplement l'idolâtrie moderne. La science est la connaissance de la création. L’antique idolâtrie concernait le culte de la création. L'idolâtrie moderne concerne le culte de la connaissance de la création, de la science. Cela est tout aussi primitif que l'idolâtrie de ceux qui adoraient le soleil, la lune, les montagnes, les pierres, les mers et les rivières. Les idolâtres antiques étaient esclaves de leurs idoles, leur offrant des sacrifices humains - ainsi nous sommes des esclaves modernes, nous faisons des sacrifices humains à la science de Tchernobyl ou de la technologie embryonnaire. Cette idiolatrie signifie que nous ne sommes plus libres d'adorer Dieu, le Créateur. Nous ne pouvons pas adorer la fois la création et le Créateur. Cela est évident. Nous ne devrions pas rejeter la faute de notre corruption sur la télévision. Nous cherchons toujours à nous défausser sur les autres! Nous nous sommes corrompus par notre propre attachement aux choses comme la télévision. Nous avons à être libres. Le Christ a dit: Voici, je te libère. La télévision n'est pas mauvaise en soi - nous l’avons rendue mauvaise. La même chose s'est produite pour chaque invention de l'homme, du simple couteau à l'arme à feu, du téléphone mobile à l'ordinateur. Nous les rendons tous mauvais. Regardez l'espace. Les premiers satellites ont été lancés il ya cinquante ans. Maintenant, qu'est-ce qu'ils en font, ils militarisent l'espace, ils ont des «satellites tueurs». Si les êtres humains vont vivre sur la lune, qu’est-ce qui va arriver ? Ils vont commencer à s'y entre-tuer, comme sur la terre. Un but dans la vie grâce à la technologie ? Cela voudrait dire que notre objectif dans la vie, c'est l'esclavage.

BM - Père, tout arrive si vite autour de nous, comme si nous n'avions pas assez de temps. Le stress est le maître mot pour chacun de nous. Cela affecte même l'Église. Ce sera peut-être une question stupide, mais comment peut-on se débarrasser du stress? De plus en plus de personnes sont dépressives. Surtout en occident, avec cette crise financière ... Nous voyons dans les médias, télévision, journaux, de nombreux jeunes qui sont en colère contre la vie et qui choisissent de tuer d'autres personnes sur leur chemin. Ils prennent un fusil et tirent tout simplement sur tous ceux qu'ils rencontrent, puis se suicident. Comment cela se produit-il ? Se pourrait-il que la plupart d'entre eux, la quasi-totalité d'entre eux, soient traités pour dépression? Qui est à blâmer? L'éducation? Les amis ? La télévision ?

Les démons

P.A - Le manque de prière est à blâmer. Sans la communion avec Dieu, l'être humain devient fou, parce que là où il n'y a pas de prière, les démons envahissent. Ces jeunes qui perdent la tête et tirent sur dix ou vingt personnes, sont possédés par des démons. Les démons tuent. Les démons n'ont pas de corps, ils ont besoin de corps pour opérer à travers eux. C'est pourquoi ils possèdent les gens. Il est très facile de faire cela maintenant, parce que tant de gens, surtout parmi la jeune génération, ne sont pas baptisés. Le monde moderne attire tous les démons de l'enfer. Bientôt, si cela continue, à Dieu ne plaise, l'enfer sera vide, car tous les démons seront sur la terre.

BM – Est-ce que les Saints Pères conviennent à notre époque ? De quelle manière peuvent-ils donner des réponses à nos problèmes? Les Ecritures ne sont-elles pas vieilles et poussiéreuses ? La science dirait que oui ...

Saintes Écritures et Saints Pères

P.A - Les Saintes Écritures expliquent qui est Dieu, combien Il nous aime et comment nous pouvons communiquer avec lui. Les Saints Pères nous aident à comprendre les Saintes Écritures. La science explique, ou tente d'expliquer très faiblement, comment Dieu crée. Les deux choses sont totalement différentes. Les Écritures ne sont poussiéreuses que si nous nous comportons comme les athées et les laissons traîner sur une étagère. Mes Écritures ne sont pas poussiéreuses.

BM - Vous avez écrit des livres. Pouvez-vous nous en dire plus?

P.A - J'ai écrit six livres en anglais. Ils sont faits pour aider les Anglais ou les anglophones à venir à l'Eglise, en expliquant ce qu’est l'Orthodoxie culturellement et pourquoi ils n’ont pas de raisons rationnelles de rejeter l'Église orthodoxe.

BM - Sont-ils disponibles sur Internet ? De combien de temps date votre dernière publication ?

P.A – J’ai un livre électronique en ligne sur Internet. Je n'ai pas écrit un livre depuis 2000. Tout ce que j'écris maintenant, c'est directement sur Internet.

BM - Nous sommes près de la fin de cette interview et je tiens à vous poser quelques questions. Comment voyez-vous l'avenir du monde, et si vous aviez le pouvoir de faire quelque chose (disons roi pour un jour), que feriez-vous? Souhaiteriez-vous parler aux gens? Souhaiteriez -vous faire adopter une loi ?

Le pouvoir du repentir

P.A - Le monde évolue rapidement vers sa fin, mais cette «avancée» peut aussi ralentir. La fin peut-être encore loin. Ce ralentissement ne peut venir que par le repentir. C’est le seul pouvoir que je voudrais, car il n'y a qu'un seul pouvoir qui peut vraiment changer quoi que ce soit. Et c'est la puissance de la prière. Malheureusement, ma prière est très, très faible. Être roi pour un jour ou adopter des lois est inutile. Les politiciens sont eux-mêmes manipulés. Seule la prière, la force qui ne dépend pas de ce monde, peut changer quelque chose en lui. Seule la prière constitue un exemple. Les mots sont faibles. Avec la prière, vous pouvez renvoyer les démons en enfer, auquel ils appartiennent. Sans la prière, cela est impossible et les démons errent sur toute la planète, entraînant la destruction, le suicide, la misère.

BM - Un dernier message pour les Roumains qui lisent cette interview. Comment voyez-vous la Roumanie de loin (mais aussi spirituellement, politiquement). J’ai compris que vous aviez Roumains dans votre paroisse ...

Les Roumains

P.A - je rencontre deux sortes de Roumains ici. L’une est admirable, c’est un exemple pour tous les occidentaux. Ce sont les Roumains qui vivent leur foi. L'autre sorte de Roumains est orthodoxe, mais orthodoxe par folklore. Par exemple, il y a deux semaines, j'ai eu une Roumaine qui est venue à moi pour se marier. Elle avait déjà organisé la cérémonie laïque, les vols de Roumanie pour les parents, la réception, la nourriture, les boissons, la musique de danse, tout. Mais alors elle avait pensé à l’église, comme une sorte d'extra. Malheureusement, elle avait prévu de se marier un samedi. J'ai dit que je ne pouvais pas faire cela parce que l'Eglise interdit les mariages le jour où l’on commémore les défunts et où nous devons nous préparer à recevoir la communion le dimanche, le jour de la Résurrection. Nous célébrons les mariages le dimanche. Elle était très triste. Tout cela est arrivé parce qu'elle n'avait pas pensé à la chose la plus importante, l'Église, en premier lieu. Elle a dit qu'elle irait trouver un autre prêtre qui la marierait un samedi, si elle le payait. Politiquement, la Roumanie est aujourd'hui confrontée à un choix. Un choix est de prendre la route qui mène à l'Europe occidentale, la laïcité de l'Union Européenne. Si vous prenez cette route, alors dans quelques années vous aurez de jeunes roumains qui tireronyt sur leurs copains d'école, des mosquées partout en Roumanie, des hommes politiques roumains qui voteront pour l'euthanasie, qui rendront l'avortement et la contraception disponibles gratuitement pour les filles à treize ans, tout comme en Angleterre, en France, en Allemagne, en Finlande ou aux Etats-Unis ou tout autre pays occidental. Puis vous cesserez d’être Roumains. Vous devrez faire partie de Babylone. L'autre choix est difficile. C'est la route de l'histoire spirituelle de la Roumanie, la route de votre identité spirituelle, la route de vos saints roumains, y compris les nouveaux saints du XXe siècle. La première route est la route de la mort, à la fois le suicide physique et spirituel. La deuxième route est la route de la Résurrection, la route de la vie. C'est le choix du peuple roumain historique. En tant que membre d'une nation qui a tragiquement choisi la première voie, je vous mets en garde contre cette première voie.

BM - Merci pour votre temps que vous m’avez accordé, je sais qu’il est très précieux, ainsi que pour votre gentillesse d’avoir accepté cette interview. Que Dieu vous bénisse, et que Dieu nous aide tous. Bonnes Pâques !"
(version française et sous-titres de Maxime le minime)

samedi 12 février 2011

L'aide miraculeuse de Père Païssios à un plombier

"Je suis plombier de profession. Un jour de juillet 1997, j’avais terminé mon travail et je rassemblais mes outils pour les mettre dans la voiture. C’était déjà la fin du jour et je ne voyais pas très bien. Il y avait un câble avec deux crochets aux extrémités où l’on accroche habituellement les vêtements – là il n’y en avait plus. Je finissais de ramasser les outils, et c’est alors qu’en me relevant pour aller à la voiture j’ai heurté un des crochets, qu’il est rentré dans mon œil et je suis resté immobile, comme un poisson pris à l’hameçon.
J’ai alors hurlé à l’aide de toutes mes forces.
Le propriétaire de la maison est accouru, m’a vu et m’a dit d’enlever le crochet. Mais je lui ai dit que non car je ne voulais pas risquer de devenir aveugle. Je lui demandé d’aller chercher dans ma voiture une paire de pinces et mon couteau pour couper le câble et un manuel de secours pour me faire les premiers soins sur place.
J’étais désespéré et je pleurais parce que j’avais trois enfants à charge et je ne voulais pas qu’ils aient un père aveugle.
A ce moment est apparu devant moi un homme mince avec une robe noire. A la vue de cet homme avec une croix j’ai eu un frisson et j’ai senti sa main sur ma joue qui m’a poussé la tête vers le haut et qui a fait sortir le crochet de mon œil.
Quand est venu l’homme avec la pince nous sommes allés aux urgences. Pendant l’examen, j’ai raconté aux médecins ce qui s’était passé mais ils ne voulaient pas me croire. [...] ils m’ont donné une pommade et pendant trois ou quatre jours j’ai du garder une compresse de gaze sur mon œil.

Le jour suivant en entrant dans une boutique j’ai aperçu sur le mur la photo de l’homme qui m’était apparu. J’ai demandé à la dame qui tenait le magasin qui c’était. Elle m'a dit que c’était un moine très connu appelé Païssios. Je devais obtenir cette photo parce qu’elle avait une valeur inestimable pour moi. Je lui ai dit que je voulais l’acheter à tout prix. Elle m’a donné un livre écrit par le Père Païssios. Je l’ai lu le jour même et depuis je le garde dans ma voiture comme protection."
Ceci est le témoignage de Nicolas Xinaras de Paphos à Chypre
(version française de Maxime le minime

mercredi 9 février 2011

"Vous serez comme des dieux"" : l'idéologie du "gender" et la guerre des sexes


Il  n' y a  pas de limite à la mégalomanie de l'homme déchu...
Il est peu étonnant que le vous de « vous serez comme des dieux » devienne tu seras comme un dieu… et au diable tous les autres. Une guerre sans fin de chaque individu contre tous. Et le diviseur de se frotter les mains en contemplant son oeuvre.

Un des sens de la vie paradisiaque, qu'elle ait duré dans le temps mais peu de temps et qu'elle soit à restaurer, ou tout simplement qu'elle soit le potentiel de l'homme à réaliser dans cette vie ici et maintenant, n’est-il pas celui de cette harmonie entre l’homme et tout son environnement, entre l’homme et la femme, entre l’homme et la nature entre l’homme et son être propre ; identité et altérité, à l’image trinitaire de l’union sans confusion ni changement, sans division ni séparation, non seulement dans la prise de conscience, l’acceptation et le respect mais dans l’amour de la différence et dans l'amour tout court.

Encore une fois, loin que le prétendu judéo-christianisme porte préjudice à l’harmonie universelle, en ayant - dit-on désormais dans le moindre salonnet - introduit et justifié les abus de pouvoir, les guerres et l’exploitation universelle, il a au contraire à être revisité de toute urgence si l’on ne veut pas multiplier les carnages de toutes sortes justifiés par de paradoxales en apparence, mais en fait trompeuses, idéologies de libération qui n’ont pas cessé d’être présentées à toute occasion, dans une succession sans fin, depuis les années soixante…




Lisez l’article d'Elisabeth Monfort la subversion de l'identité  dans Valeurs actuelles dont voici un extrait :
"Après avoir déconstruit la différence sexuelle, il est nécessaire de déconstruire le couple, la famille et la reproduction. Pour les gender feminists, le couple doit être choisi. La famille fondée sur le mariage monogamique, comme survivance de la domination de l’hétérosexualité, devient polymorphe (bi, pluri, homo, monoparentalité…). La filiation se décline : filiation biologique, intentionnelle, juridique, sociale. L’individu fait son choix dans ce grand marché libertaire. Et enfin, la reproduction doit évoluer. Les techniques permettent une reproduction asexuée (AMP, mères porteuses, utérus artificiel…) et les révisions des lois de bioéthique sont une opportunité pour obtenir satisfaction. Dans ce grand bouleversement, la loi enregistre les revendications individuelles et crée de nouveaux droits arbitraires et déconnectés du bien commun et de la stabilité de notre communauté humaine.Il est urgent de réagir. C’est la mission que s’est donnée l’Alliance pour un nouveau féminisme européen : analyser et informer pour construire une société pacifiée, fondée sur le respect et la coopération plutôt que sur la rivalité et la compétition. Il s’agit bien de nouveaux rapports entre les hommes et les femmes, égaux en droits et d’une égale dignité."

mardi 8 février 2011

L'Orthodoxie plaît aux enfants


 Lire le très beau témoignage de

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Inutile d’étudier longtemps et beaucoup d’ouvrages de savants théologiens, d’historiens compétents, de polémistes chevronnés, de zélotes enflammés pour expliquer et comprendre ce qui différencie et sépare l’approche de Dieu de l’Occident de celle de l’Orient, l’Orthodoxie. Lisez ce beau témoignage dont la lucidité aiguë, la sensibilité profonde, la sincérité sans détour, l'humour discret, dans une belle et émouvante écriture expose l’expérimentation concrète d’une âme en quête de Dieu qui se confronte au pays réel du Christianisme, et en quelques phrases fait bien comprendre  « la théologie ( celle des orants, vrais théologiens) de l’Eglise d’Orient », condensant d'une manière foudroyante l'histoire de l'Eglise d’Occident. Point de déclarations fracassantes anathémisant l’hérésie, il suffit de lire comment une âme sincère est guidée pas à pas ou quelquefois par surprise par Dieu vers la Vérité, le Chemin et la Vie.
(Merci à Laurence pour sa fraternelle permission de publier texte et photo parus sur le blog "Parlons d'Orthodoxie" et sur son Blog "Un peu de tout dans un grand verre" )

lundi 7 février 2011

LE SEIGNEUR SOUS LES TRAITS D'UNE FEMME par St Nicolas de Jitcha [2] : les trois mesures de farine


"Et une fois de plus, Jésus dit : « A quoi comparerai-je  le Royaume de Dieu ? Il est semblable à du levain qu'une femme a pris et mis dans trois mesures de farine jusqu'à ce que la pâte soit toute levée » (Luc 13,20-21).

C'est une autre des paraboles mystérieuses du Christ que beaucoup trouvent difficile à comprendre. Le thème réel pris dans la vie quotidienne est simple et clair. Depuis les temps les plus anciens les femmes au foyer ont été boulangers, elles prennent de la farine, la mettent dans un bol, préparent le levain, pétrissent la pâte et la font cuire. Cela a été la tâche quotidienne d’une femme au foyer à l'Est comme à l'Ouest pendant des milliers d'années. Mais personne n’avait eu l’idée de considérer cette simple tâche comme une figure ou un symbole du Royaume de Dieu. Seul le Seigneur Jésus-Christ, pour qui rien n'était trop simple ou sans importance, a pris cette corvée familière et l'a utilisée pour expliquer quelque chose de magnifique et d’extraordinaire. Il pouvait se représenter à lui-même sa propre mère au travail.

Je poserai les questions suivantes au lecteur de l'Evangile : Pourquoi le Christ a-t-Il pris la femme comme Son modèle, au lieu de l'homme, quand les hommes ont été boulangers à travers les siècles? Et pourquoi le pain au levain, quand le pain sans levain était aussi souvent utilisé ? Et pourquoi la femme a-t-elle pris trois mesures, et non pas une, deux ou quatre? Enfin, quel rapport ou similitude y a-t-il entre le règne de Dieu et le travail de la cuisine d'une femme au foyer?

Si ces questions ne trouvent pas de réponse, comment pouvons-nous comprendre la parabole? Cependant y répondre sans un déchiffrement spirituel ne ferait qu'entraîner de nouvelles difficultés. Toutes les paraboles traitent de choses insignifiantes, mais leur signification réelle se situe en profondeur. Ils font appel à l'œil et semblent assez évidentes, mais elles concernent l'esprit et le spirituel.

Cette parabole a une double interprétation spirituelle.
La première a à voir avec les trois principales races de l'humanité, la seconde avec les trois principales facultés ou pouvoirs de l'âme humaine. En bref, ce qui est remarquable et inhabituel dans cette parabole est le processus historique et personnel du salut de l'homme.
Après le Déluge, du fils de Noé - Sem, Cham et Japhet - sont advenues trois races d'humanité, les Sémites, Chamites et Japhetites. Ce sont les trois mesures de farine dans lesquelles le Christ met son céleste levain - le Saint-Esprit. Cela signifie qu’Il est venu comme Messie et Sauveur pour toutes les races et les nations de l'humanité sans exception. Tout comme avec du levain une femme peut transformer de la farine naturelle en pain, ainsi le Christ, par l'Esprit Saint, transforme les hommes naturels en enfants de Dieu, en habitants immortels du Royaume céleste. C'est pourquoi, selon l'enseignement orthodoxe, les saints hommes sont appelés anges terrestres ou hommes célestes, parce que’atant « levés » par l'Esprit Saint, ils ne sont de la farine ordinaire ou des galettes sans levain étalées sur la terre, mais ils sont du pain au levain qui a levé. Selon la Bible, le pain sans levain était le pain des esclaves quand le pain au levain était pour les hommes libres, les enfants de Dieu. C’est donc pour cette raison que l'Eglise orthodoxe utilise du pain au levain à la Sainte Communion. Le processus de levage a commencé le premier dimanche de la Trinité ou Pentecôte, quand l'Esprit Saint est descendu du ciel sur les Apôtres. Dès ce jour, ce processus s'est poursuivi jusqu'à nos jours, et il continuera jusqu'à la fin des temps où tout sera levé. Voici donc l'interprétation historique de la parabole énigmatique de la femme qui pétrit. La deuxième interprétation est d'ordre psychologique et personnel, et concerne les trois principales facultés ou pouvoirs de l'âme humaine : l'intellect, le cœur et la volonté, ou, en d'autres termes, le pouvoir de penser, le pouvoir de sentir et le pouvoir d'agir. Ce sont les trois mesures invisibles de l'âme de l'homme intérieur. Ces trois pouvoirs soit restent totalement sans levain, comme le pain des esclaves, ou bien ils sont pétris avec un levain de malice et d'hypocrisie. C’est pourquoi le Christ dit à ses disciples de se méfier du levain des pharisiens, qui est l'hypocrisie, parce que c'est le levain du monde et l'homme, qui affaiblit les pouvoirs de l'âme, l’entrave et la rend malade. Mais le Christ, le Sauveur a apporté sur la terre un nouveau levain pour faire croître les pouvoirs de l'âme. Ceux qui reçoivent ce nouveau levain céleste, par le baptême au nom de la Sainte Trinité sont appelés fils et filles de Dieu, héritiers du Royaume éternel. Ils ne mourront pas, car même quand ils quitteront leur corps, ils seront encore en vie et vivront à jamais. Ce levain céleste les remplit avec la lumière de la raison, la chaleur de l'amour divin et la gloire de bonnes œuvres. Les trois pouvoirs de l'âme croissent ensemble en harmonie, et montent au ciel, à la perfection. Comme le Seigneur l'a dit, Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait.

La femme a été prise comme parangon et pas l'homme, et le Christ s’est comparé Lui-même à une femme boulangère, parce que la femme en tant qu'épouse et mère prépare le pain pour la famille d'une manière aimante, alors que l'homme boulanger fait du pain pour la vente et le gain. Tout ce que le Christ a fait pour l'humanité a été fait par pur amour, et Il se compare donc à une femme boulangère. Voilà donc la deuxième interprétation, mais les deux interprétations de cette parabole sont correctes. La signification historique et psychologique découlant de cette simple parabole est comme les ramifications d’un chêne qui se développent à partir d'un gland, car elle est vraiment majestueuse dans son dimension historique et profonde dans sa dimension psychologique."
(extrait et traduit de Orthodox Life, 1951, Nos. 5 and 6 par Maxime Le Minime)

St Nicolas de Jitcha 


samedi 5 février 2011

LE SEIGNEUR SOUS LES TRAITS D'UNE FEMME par St Nicolas de Jitcha [1] Les dix drachmes


Pouvez-vous croire que le Christ le Sauveur se soit représenté Lui-même sous les traits d'une femme dans deux de ses paraboles? L’une est celle de la femme qui a pris trois mesures de farine « Le royaume des cieux est semblable à du levain qu'une femme a pris et mis dans trois mesures de farine, jusqu'à ce que la pâte soit toute levée. » Matthieu 13:33. Mais d'abord, parlons de l'autre où le Seigneur nous parle de la femme qui avait dix drachmes et en avait perdu une. Ce sont les plus mystérieuses de toutes les paraboles du Sauveur. Comme la parabole de la drachme perdue est courte, nous la citerons en entier.
« Ou quelle femme, si elle a dix drachmes, et qu'elle en perde une, n'allume une lampe, ne balaie la maison, et ne cherche avec soin, jusqu'à ce qu'elle la retrouve? Lorsqu'elle l'a retrouvée, elle appelle ses amies et ses voisines, et dit: Réjouissez-vous avec moi, car j'ai retrouvé la drachme que j'avais perdue. »
(Luc 15:8-9).

À première vue, cette parabole semble si simple, voire naïve, qu’elle n’impressionne pas le lecteur de l'Evangile. En fait, cependant, c’est le mystère de l'univers qui se révèle dans cette parabole simple.

Si nous la prenons à la lettre, elle laisse perplexe. La femme a perdu une seule drachme. Même dix drachmes ne représentent pas une grosse somme ; en fait, une femme qui n'a que dix drachmes doit être très pauvre. Supposons, tout d'abord, que retrouver la drachme perdue représente un grand gain pour elle. Pourtant, cela présente encore un paradoxe, car comment se fait-il que si cette femme est si pauvre, elle allume des lampes, balaie la maison et demande à tous ses amis et voisins de venir partager sa joie. Et tout cela pour une drachme! Une telle perte de temps -allumer des lampes et mettre en ordre la maison en tout premier lieu ! En outre, si elle invite ses voisins, elle est tenue, selon la coutume orientale, de leur offrir quelque chose à manger et à boire, ce qui n’est pas une dépense négligeable pour une femme pauvre. Ne pas le faire reviendrait à tenir pour rien une coutume immuable.

Un autre point important à noter, c'est qu'elle n'a pas invité uniquement une seule femme à qui elle aurait pu offrir quelques douceurs, ce qui n'aurait pas occasionné une grosse dépense. Mais elle a invité de nombreux amis et voisins, et même si elle les recevait avec modestie les frais dépasseraient de loin la valeur de la drachme qu'elle avait trouvée. Pourquoi alors devrait-elle chercher la drachme avec tant de soin et se réjouir de la trouver, simplement pour la reperdre d'une autre manière? Si nous essayons de comprendre cette parabole dans son sens littéral, elle ne rentre pas dans le cadre de la vie quotidienne, mais donne l'impression de quelque chose d’exagéré et d’incompréhensible. Essayons donc de découvrir sa signification mystique ou cachée. Qui est cette femme? Et pourquoi est-ce une femme et non un homme, alors qu’un homme est plus susceptible de perdre de l'argent dans la routine ordinaire de la vie ? De qui est cette maison qu'elle balaie et illumine ? Qui sont ses amis et ses voisins? Si nous cherchons sa signification spirituelle au lieu de prendre la parabole à la lettre, nous trouverons les réponses à ces questions. Le Seigneur a dit : Cherchez et vous trouverez.

La femme représente Jésus-Christ, le Fils de Dieu Lui-même. Les dix drachmes sont les siennes. C'est Lui qui a perdu l'une d'entre elles et part à sa recherche. Les drachmes ne sont pas des pièces d'or ou d'argent. Selon les théologiens orthodoxes, le nombre dix représente la plénitude. Les neuf drachmes non perdues sont les neuf ordres des anges. Le nombre des anges est au-delà de la portée des mortels, car elle excède nos possibilités de calcul. La drachme perdue représente l'humanité dans son ensemble. C'est pourquoi le Christ, le Sauveur est descendu du ciel sur la terre, à sa maison, et allumé une lampe, la lumière de la connaissance de Lui-même. Il a nettoyé la maison, c'est-à-dire qu’Il a purifié le monde de l'impureté diabolique et a retrouvé la drachme perdue, l'humanité égarée et perdue. Puis il a appelé ses amis et voisins (après sa glorieuse Résurrection et l'Ascension), c'est-à-dire, tous les invités innombrables, chérubins et séraphins, anges et archanges, et leur a révélé sa grande joie. Réjouissez-vous avec moi. J'ai trouvé la drachme perdue! Cela veut dire: j'ai trouvé des hommes pour combler le vide dans le Royaume des Cieux, causé par la chute des anges orgueilleux qui ont apostasié de Dieu. À la fin des temps le nombre de ces âmes retrouvées et sauvées aura atteint des milliards, ou, dans le langage de l'Écriture, seront innombrables comme les étoiles dans le ciel et le sable sur le rivage.

Notre Seigneur se décrit Lui-même comme une femme parce que les femmes sont plus avisées que les hommes pour s'occuper des biens quand elles gardent la maison en ordre et reçoivent des invités. Si cette brève parabole, qui se compose de seulement deux phrases, est expliqué de cette manière, quel cœur n’en tremblera-t-il pas ? car elle contient toute la tragédie du monde, visible et invisible. Elle explique pourquoi le Fils de Dieu est venu sur la terre. Elle projette un rayon lumineux sur l'histoire de l'humanité et la tragédie de l'existence de chaque individu. Elle nous confronte à une décision urgente - parce que notre vie passe rapidement - une décision quant à savoir si nous voulons être la drachme perdue et retrouvée par le Christ ou non. Le Christ est à notre recherche. Allons-nous cacher de Lui, ou nous laisser trouver par Lui, avant que la mort nous cache de Lui, du monde et de la vie?

C’est est une question vitale et elle se trouve dans notre volonté de L’accepter ou de Le rejeter. Après la mort elle cessera d'être une question ouverte, et personne alors n'attendra à une réponse de notre part. " (à suivre)
(extrait et traduit de Orthodox Life, 1951, Nos. 5 and 6 par Maxime Le Minime)

Sainte Wilgeforte (église St Guidon)

jeudi 20 janvier 2011

L'altérité orthodoxe [5] suite

  le mariage, la confession...par Père André Borrely

S'agissant du mariage, certains chrétiens considèrent que ce n'est pas un mystère sacramentel, nonobstant ce qu'en dit saint Paul dans l'épître aux Ephésiens. D'autres soulignent l'importance du fait que le mariage est un contrat en justice officialisé par la présence d'un ministre qui n'est pas nécessairement le président de la célébration eucharistique mais peut être un diacre. Et d'autres chrétiens encore célèbrent le mariage selon le même rite que celui des ordinations, mettant ainsi l'accent sur l'invocation ecclésiale du saint Esprit afin qu'il viepne diviniser l'amour humain.
Un autre exemple nous est fourni par la confession. Ce qui caractérise l'approche orthodoxe de l'éthique, c'est, me semble-t-il le refus de concevoir le péché essentiellement comme une transgression de la loi divine, ecclésiastique ou civile, mais plutôt de le comprendre comme un échec existentiel, une perte de la vraie vie, une maladie. En grec chrétien, le péché se dit ἁμαρτία. Or, le verbe ἁμαρτανο, auquel correspond le substantif ἁμαρτία, a pour premier sens celui de manquer le but. Pour l'Orthodoxie, le péché ne relève pas d'abord de l'éthique, encore moins de l'ordre juridique ou de la sphère d'existence sociale, mais,. de l'ontologie. Les catégories majeures ne sont pas le licite et l'illicite, ce qui est permis et ce qui est interdit, mais la vérité de l'existence humaine, la réalité existentielle de l'homme, de l'identité de son être d'homme. L'éthique orthodoxe comprend le péché comme un comportement qui fissure l'être de l'homme dans la mesure où, alors qu'il a pour destinée d'être divinisé, d'exister selon le mode d'existence du Dieu tri-personnel, l'homme expérimente l'échec des épousailles divines. A la différence de l'Occident, l'Orient chrétien n'a pas connu l'hypertrophie du sentiment de culpabilité, la maladie du scrupule, la hantise de la damnation, la peur de soi et de Dieu. Ce qui est en question, c'est de savoir si l’homme réussit ou au contraire renie et rate sa vérité et son authenticité existentielle. Un Orthodoxe pense assez spontanément que le contraire du péché n'est pas la vertu mais la foi. On peut être très vertueux mais en ne possédant qu'une vertu sans amour. Il y a une manière d'être pur qui rend l'homme dur. Le péché est un comportement qui confère au néant une paradoxale consistance. C'est une aliénation et une altération de l'existence humaine, de l'être de l'homme en tant que convié à la déification. L'éthique orthodoxe expérimente le péché comme un évènement existentiel, une tragique aventure en laquelle est engagée l'intégrité de la vie de l'homme véritablement humain. La lecture que les orthodoxes font de l’Évangile, par exemple du passage du quatrième évangile sur la femme adultère, suppose que ce qui est constitutif de l'être même de Dieu, ce n'est pas la justice mais l'amour. La confession sacramentelle est considérée comme une démarche de guérison et non point comme une comparution devant le tribunal de la pénitence. Dans la liturgie de saint Jean Chrysostome, le prêtre qualifie le Christ de Médecin de nos âmes et de nos corps. Un autre texte liturgique appelle la Vierge, la Mère du Médecin. Et lorsqu'il accueille un pénitent, le prêtre orthodoxe lui dit: « Courage, ne me cache rien, tu doublerais tes péchés, tu es venu vers le Médecin, crains de repartir non guéri. » Le Christ n'est pas un juge mais un médecin, et le confesseur n'est' qu'un infirmier ou un aide-soignant, nullement un auxiliaire de justice. On peut se demander si la déchristianisation de l'Occident ne doit pas être recherchée dans un certain christianisme qui en était arrivé à dramatiser le péché et à hypertrophier le sentiment de culpabilité, la mauvaise conscience, au point d'accorder au pessimisme et à l'angoisse bien plus de place qu'au pardon.


Pour ceux qui ne voudraient pas attendre la parution des extraits les uns après les autres  vous pouvez Lire ici directement la suite de : L'altérité orthodoxe.

mardi 18 janvier 2011

Le pouvoir ne peut pas être christianisé, comme la mort ne peut non plus être christianisée


P. Grigorios Papathomas

Il parait sur Internet des textes qu'on lit à leur parution et puis qu'on oublie et qu'il faut donc relire. Voici donc quelques extraits du texte si important Sécularisation et Ecclésialité de l'Archimandrite Grigorios Papathomas, digne pasteur des âmes, publié sur le site Orthodoxie.com qu'il n'est pas inutile de rappeler.

"Pour aborder le phénomène, le problème de la sécularisation dans sa cause principale, il faudrait considérer celle-ci comme une sorte de tentation permanente de l’Église, qui est au fond la troisième tentation du Christ : la tentation à laquelle le Seigneur est soumis au début de son parcours sur terre.
[...]
D’un autre côté, considérant qu’elle peut apporter au monde un système politico-social idéal, l’Église se sécularise massivement ne serait-ce qu’à travers le combat de substituer, acquérir et maintenir le pouvoir séculier. À propos de cela, nous ignorons quelque chose d’extrêmement important : le pouvoir peut se hisser au-dessus des citoyens, mais ne peut jamais se hisser au-dessus du monde et de la sécularisation. Même sa suprématie envers les citoyens, exprime sa tendance vers l’absolutisation ; car il fait, lui aussi, parti du créé.
 
Le pouvoir ne peut pas être christianisé, comme la mort ne peut non plus être christianisée.
Lorsque l’Église est entraînée dans cette direction, ses visions eschatologiques perdent leur centre de gravité ; une version sécularisée de l’Église est alors présentée aux hommes, qui ne correspond ni à sa nature ni au contenu de la réponse donnée par le Christ à la troisième tentation. Elle oublie son identité et se transforme en une simple institution de ce monde, en devenant purement éonistique. Elle ressent alors le besoin de se justifier au niveau séculier et absolutise son oeuvre sociale et philanthropique. Bref, l’Église ne peut pas s’identifier au pouvoir politique, sans être en contradiction avec son identité, sa nature et sa mission, parce que justement l’Église ne peut être limitée à la forme  de ce monde.
[...]
Par ailleurs, il est vrai que la sécularisation a toujours été pour l’Église une grande tentation : chercher à imiter ou bien chercher à concerter avec les forces de ce monde, qui prétendent s’attacher à des questions telles que la destination de l’homme ou le but de l’Histoire. Plus précisément, les Églises établies localement se fixent comme ambition de devenir des Églises nationales séculières ou des religions utilitaires, flirtant avec l’historicisme séculier et adoptant l’esprit du monde déchu.

Il est certes vrai qu’une Église sécularisée devient, par définition, une idéologie religieuse, parce que c’est justement alors qu’elle descend au niveau des données médiocres et débiles d’un monde déchu et aboli. "

jeudi 13 janvier 2011

L'altérité orthodoxe [4] suite : le juridisme par Père André Borrely

Voici la suite de la conférence de Père André sur ce qui différencie l'Orthodoxie du Christianisme occidental. Lisez attentivement (quand tout aura été transcrit, j'en ferai un fichier *.pdf qui figurera en bonne place sur le blog des conversions devenir-orthodoxe.blogspot.com) .  Je découpe cette conférence en plusieurs messages en attendant, pour ne pas décourager le lecteur qui ne passe pas plus de 3' en moyenne sur le site. 
Oui, il faut avoir la patience de lire ce texte  l'on comprendra alors qu'il ne s'agit pas seulement de séquelles historiques de la 4ème croisade, ou de concurrence juridictionnelle, ou de querelles byzantines dépassées ou de vieux ressentiments qu'il faut abandonner pour pardonner, il s'agit encore moins de querelles de vieux couple. Non c'est bien plus que cela il s'agit de fondements de la pensée et de mise en oeuvre de cette pensée jusqu'au plus intime de la vie psychique, physique et spirituelle de l'être humain devant Dieu et devant les hommes. Foin des billevesées bien pensantes. Là, la formation philosophique est bien au service de la foi et on voit bien l'avantage de tels outils intellectuels. Grâces soient rendues au prêtre André Borrely !

    "L'intelligence humaine doit se retourner, se repentir devenir μετάνοια, afin de convertir les structures que les chrétiens ont introduites dans leur existence au cours des siècles, les concepts qu'ils ont laissé pénétrer dans leur pensée bien que ces concepts soient étrangers à l'essence véritable de l'Eglise, les facteurs empiriques qu'on a fini par confondre avec cette essence. Nous devons notamment nous interroger sur la place démesurée que le droit a prise dans la vie ecclésiale, dans la conception du mariage chrétien, du sacerdoce ministériel, de la rédemption, dans la représentation que les chrétiens se sont faite du mérite, du péché, du purgatoire et de l'enfer, du mystère sacramentel de la confession, de l'autorité et de la primauté dans l'Eglise.

La propension du droit est de nous donner ce que Leibniz a appelé un pouvoir moral. Il nous habilite à revendiquer, à exiger, au besoin par la contrainte, ce qui nous est dû. Avoir un droit, c'est détenir un pouvoir. Le droit constitue une barrière s'opposant aux empiètements d'autrui sur notre individualité. Il délimite la sphère en laquelle nous pouvons agir librement sans que notre activité puisse être entravée par autrui. En outre, le droit est essentiellement rationnel. Il se fonde sur l'esprit humain en tant que faculté d'ordre et puissance normative, comme raison qui légitime notre action et rend ses conditions moralement et socialement exigibles. La mentalité juridique nous accoutume inévitablement à une objectivation des situations existentielles, elle développe en nous la propension à substituer à l'indétermination dynamique de la vie, à l'unicité de l’évènement survenu dans la vie personnelle, des modèles de vie définitifs et impersonnels se référant à l'objectivité du cas général : cette femme de 22 ans qui, en quelques heures seulement, découvre avec horreur qu'elle a épousé un monstre, et qui veut continuer à être à part entière une fille de l'Eglise, ne va-t-on lui offrir que le célibat comme unique perspective de vie ? Plus une théologie est juridique, plus elle tend à rationaliser le mystère, moins elle est capable de réconcilier la pensée et la vie, la science et la sagesse, la connaissance et l'amour, et, plus généralement, toutes les réalités que divise la mentalité dualiste. Les Byzantins furent toujours étrangers au présupposé occidental selon lequel l'Eglise est une institution divine dont l'existence interne pourrait être définie de façon appropriée en des termes juridiques. Les concepts juridiques ne sauraient épuiser la réalité la plus profonde de l'Eglise. " (à suivre)

mercredi 12 janvier 2011

Les couples mariés, pas moins que les moines... par Mgr Kallistos

« La foi orthodoxe n'est pas abstraite, mais personnelle. Elle se préoccupe, non pas de principes généraux ni d’un code de moralité théorique, mais du salut de personnes uniques et notamment créées à l'image divine. […]
Jean Chrysostome appelle le mariage "le sacrement de l'amour." En tant que tel, le mariage exprime quelque chose de tout à fait fondamental de notre personnalité humaine. Car nous, les humains nous sommes créés à l'image de Dieu, et c'est d'abord et avant tout à l'image de Dieu la Sainte Trinité. «Dieu est amour» (1 Jean 4:8): pas l'amour de soi, mais l'amour partagé, pas l’amour d’une seule personne qui s'aime elle-même seule, mais une communion ou koinonia de trois personnes s’aimant les uns les autres. Dieu n'est pas seulement personnel, mais interpersonnel, pas seulement une unité, mais une union. Dieu est solidarité, échange, réponse, réciprocité. Si tout cela est vrai de Dieu, alors cela doit être vrai aussi de la personne humaine formée à l'image de Dieu. Si Dieu est amour, alors la personne humaine est aussi amour - non pas l'amour-propre, mais un amour partagé. La personne humaine est aussi solidarité, échange, réponse, réciprocité. Nous, les humains, comme les trois personnes divines, nous nous réalisons en vivant en communion ou koinonia: «Bien-aimés, aimons-nous les uns les autres, car l'amour est de Dieu» (1 Jean 4:7). Les couples mariés, pas moins que les moines, peuvent atteindre la plénitude de la theosis ou "déification" dans le Christ. Le but suprême du mariage est que le mari et la femme doivent chacun aider l'autre à entrer dans le royaume céleste. Grâce à leur amour mutuel et leur vie commune, tous les deux - avec leurs enfants, si Dieu leur a donné une progéniture - sont appelés à se rendre l’un l’autre plus proche du Christ. Comme une union éternelle entre deux personnalités uniques et éternelles, le sacrement du mariage n'a d'autre fin que celle-ci. »

dimanche 9 janvier 2011

L'altérité orthodoxe [3] VS dualisme et juridisme par Père André Borrely

P.André Borrelly
"Dans la lettre qu'ils adressèrent au pape Pie IX en 1848, les Patriarches orientaux écrivaient : «Chez nous, des innovations n'ont pu être introduites ni par les patriarches ni par les conciles, car le protecteur de la religion consiste dans le corps entier de l'Eglise, c'est-à-dire dans le peuple lui-même qui veut conserver intacte sa foi.» Les patriarches voulaient dire que tout laïc a reçu, à son baptême, le sacerdoce royal et prophétique, l'onction chrismale de l'Esprit, et donc que tout laïc est le gardien responsable du dépôt de la foi, de l'expression de la vérité de l'Eglise. Si les évêques ont pour mission de proclamer la vérité ecclésiale, les laïcs, eux, ont pour vocation de recevoir dans une démarche de liberté cette Vérité qui n'est pas quelque chose mais quelqu'un, à savoir le Ressuscité, lequel ne saurait demeurer pour les chrétiens une réalité extérieure qui leur serait assénée par le Magistère. Dans la proclamation épiscopale de la vérité de l'Eglise, tout fidèle doit pouvoir reconnaître la vérité existentielle dont il vit, pétri de grandes expériences.
Nous pouvons indéfiniment nous opposer sur la question de savoir si l'on peut recourir aux concepts de la philosophie aristotélicienne pour expliquer grâce à la théorie de la transsubstantiation le mystère eucharistique, ou bien si, à la fin de la sainte Cène, ce qui reste de pain peut être jeté à la basse-cour. Mais on peut adopter l'attitude de la théologie comprise comme l'envers silencieux de la raison raisonnante, comme intériorisation ascétique, orante et contemplative de l'expérience liturgique. On sera alors amené à faire ce que j'ai fait dans mon église : j'ai placé sur l'autel un carton sur lequel j'ai recopié cette phrase de saint Syméon le Nouveau Théologien: « Frère, ne communie jamais sans verser des larmes. »
Un prêtre de l'émigration russe à Paris, le P. Cyprien Kern avait eu la formule suivante : « La chorale de l'église est une chaire de théologie. » Dans 1'hymnographie liturgique de l'office byzantin, il y a une cohésion organique, mais ce n'est pas un système rationnel. Si, par exemple, vous voulez connaître la doctrine orthodoxe concernant la Mère de Dieu, plutôt que de vous plonger dans des manuels, allez donc à l'église chaque vendredi soir du Grand Carême et suivez l'office dit de l'Acathiste. Dans ses Chapitres sur la prière, Évagre le Pontique écrit : « Si tu es théologien, tu prieras vraiment, et si tu pries vraiment, tu es théologien. » Durant quatre siècles, sous la domination ottomane, les chrétiens étaient mis à mort s'ils étaient soupçonnés d'avoir joué un rôle dans la conversion d'un musulman au Christ : on suréleva donc les fenêtres de sorte que rien ne fût visible ni audible de l'extérieur. Il en fut de même en URSS. En 1996, j'ai entendu le Recteur de l'église de la Dormition, à Kassimov, évoquer la douce mémoire de son père, prêtre mort au Goulag, et comment on célébrait en ce temps-là la nuit de Pâques à voix basse pour ne pas attirer l'attention de la police. C'était l'époque où il était interdit de catéchiser les enfants, alors que l'Etat enseignait dogmatiquement l'athéisme. Et bien, que ce soit dans l'empire ottoman ou en URSS, c'est par la puissance festive et résurrectionnelle de la liturgie, c'est par la chaire de théologie de la chorale paroissiale, que la foi orthodoxe a survécu.
Vladimir Lossky a qualifié la théologie orthodoxe de théologie mystique. C'est exactement le sens du mot théologien quand on appelle saint Syméon le Nouveau Théologien ; c'est comme si on disait : le Nouveau Mystique. Mais ici encore les mots sont piégés. De même qu'il ne faut pas penser à science en parlant de théologie, mais plutôt à prière, célébration liturgique, sagesse, amour de la beauté divine et de la Lumière incréée, de même, mystique ne signifie pas ici un état d'oraison déterminé selon la classification de Thérèse d'Avila. La théologie mystique dont il s'agit est le bouillonnement et le jaillissement de l'expérience que l'Eglise ne cesse de faire du Mystère chrétien. C'est une théologie vécue et vivifiante. La pensée qui la constitue est une pensée en fusion et dynamique, une connaissance vitale, expérimentée et cherchant à se communiquer par le symbole qui évoque, l’icône qui nous parle d'une humanité déifiée et transfigurée, la poésie qui ne conceptualise pas mais évoque, suggère, le chant qui unit le beau et le vrai en une synthèse qui s'adresse à l'homme pris dans son intégralité et non point comme s'il n'était qu'intellect pur ou pure affectivité. Cette théologie est mystique dans la mesure où elle est expérience du Mystère.
Elle exclut deux comportements hélas fort répandus : le dualisme et le juridisme. Le dualisme est responsable d'une multitude de déchirures que l'œcuménisme est jusqu'ici impuissant à raccommoder. Si les chrétiens sont désunis, c'est bien parce qu'ils ont introduit la division entre la sainte Écriture et la Tradition, entre la parole et les rites sacramentels, entre les clercs et les laïcs, entre l'autorité et la liberté, entre la foi et les œuvres, entre le corps et l'âme, entre la pensée et la vie, entre la connaissance et l'amour, entre la foi et la raison, entre la philosophie et la théologie, entre les réalités spirituelles et les choses sensibles, entre la contemplation et l'action, entre la nature et la personne, entre la nature et la grâce, ou entre la nature et le surnaturel. Et ce dualisme paraît s'être prolongé dans la société déchristianisée avec la théorie marxiste de la lutte des bourgeois et des prolétaires. Je me demande même parfois s'il n'y a pas quelque chose de cela dans un certain féminisme." (à suivre)

samedi 8 janvier 2011

CARTES DE VOEUX [2°] pour 2011

R.P. Placide Deseille
"Ce qui importe avant tout, c'est d'avoir le sens et l'amour de l'unité de l'Église. Entre Orthodoxes, il est inévitable, et il est même sain, qu'il y ait des divergences d'opinions et de tendances. Mais dès lors que les divergences ne portent que sur des points secondaires et ne mettent en cause ni la foi, ni la discipline fondamentale de l'Église, elles ne doivent jamais entraîner des inimitiés, des exclusions, encore moins des ruptures de communion."
 Geronda Placide

in  "L'Athos hors de l'Athos"
(ed. du Monastère Saint Antoine Le Grand 26190 Saint-Laurent-en-Royan)


    Il est bon et juste d'avoir cette conscience "globale" ou transnationale du Christianisme et de manifester notre solidarité avec ceux qui subissent les persécutions même loin de nos frontières et qui viennent se réfugier à l'intérieur de nos murs accueillants...
      Il appartient sans doute à la Charité de favoriser le dialogue avec les Chrétiens qui étaient naguère considérés schismatiques voire hérétiques...
    Il est peut-être défendable pour certains de nos hiérarques de tenter de favoriser la paix et de protéger leurs ouailles des méfaits de fanatiques aveugles en offrant "diplomatiquement" à des dignitaires et responsables religieux étrangers à notre propre foi leurs propres livres religieux en signe de reconnaissance que Dieu aime toutes ses créatures sans exclusion, et de respect... de leur puissance terrestre présumée... 
     Il est bon de préparer par toutes sortes de rencontres hiérarchiques le tant attendu (et mythique) concile "panorthodoxe" à venir...
       Il est digne et juste de contribuer à l'édification de l'Église locale...

     Il serait bon aussi qu'au moins, ici et maintenant, dans les limites (larges mais précises) de notre pays, de notre continent, de notre langue, nous communiquions, nous manifestions concrètement quelque sentiment de solidarité et de fraternité entre Orthodoxes, sans souci de carrière, sans projet de prédominance pour que l'on puisse témoigner réellement de la foi orthodoxe et faire dire à ceux qui ne nous ne connaissent pas : "Voyez comme ils s'aiment !"

Tels sont aussi mes Vœux pour l'année 2011
et
JOYEUX NOËL !




à tous ceux qui ont conservé le calendrier des origines
Maxime Le minime

vendredi 7 janvier 2011

L'altérité orthodoxe [2] par Père André Borrely

Voici la suite du beau texte de P. André qui montre comment on peut (pouvait) participer à une réunion oecuménique tout en témoignant d'une foi orthodoxe authentique :

"Un soir de janvier des années 90, dans un village près de Marseille, il y avait une réunion œcuménique organisée dans la semaine de prière pour l'unité des chrétiens. La soirée était achevée. Nous avions entrepris de consommer une boisson chaude. Soudain, un catholique monta sur une table pour donner lecture d'un accord qui venait d'être conclu entre l'Eglise romaine et les Luthériens sur la question de la foi et des œuvres. Je pris part à la joie commune que procurait cette réconciliation théologique. Pourtant, je me disais que, somme toute, ce n'était pas un scoop. En effet, je songeais à l'ouvrage d'un certain Marc l'Ascète, qui, au 5ème ou au 6ème siècle, écrivit un ouvrage intitulé : De ceux qui pensent être justifié par les œuvres. L'auteur y développe l'idée que l'ascèse ne saurait faire du Royaume le salaire des œuvres. Elle n'est que l'exercice continuel et gratuit de l'humilité et de l'amour. Je songeais aussi à la huitième prière qui depuis des siècles est récitée au lever dans les monastères orthodoxes. Plus encore que par la longueur du nez de Cléopâtre, la face du monde eût été changée si le pape Léon X et Luther avaient récité chaque jour cette prière : ... « Sauveur, sauve-moi par grâce, je t'en prie. Car si tu me sauvais pour mes œuvres, ce ne serait plus grâce ni don, mais plutôt chose due ... Si ... la foi en toi sauve ceux qui n'ont plus d'espérance, et je le crois, sauve-moi car tu es mon Dieu et mon Créateur. Que la foi me soit comptée à la place des œuvres, mon Dieu, car tu n'en trouves point qui puissent me justifier. Mais que ma foi les remplace toutes, qu'elle réponde pour moi, qu'elle me justifie. »
Je voudrais vous faire sentir l'altérité orthodoxe et qu'elle vous apparaisse moins comme une réalité confessionnelle que comme l'humble témoignage de l'Eglise indivise où s'enracinent toutes les confessions chrétiennes. Je commencerai par le mot théologie qui, dans l'Orthodoxie, n'évoque pas principalement une spécialité scientifique ayant l'ambition d'effectuer l'inventaire du dogme en l'enrichissant par la spéculation intellectuelle et en le prolongeant rationnellement. La théologie n'est pas une science si par ce terme on entend un effort intellectuel pour construire une synthèse rationnelle du dogme. Il est significatif que le plus grand théologien orthodoxe du Moyen Age byzantin, Saint Grégoire Palamas, n'ait pas cherché à forger un système théologique.
A Marseille, il y avait le patron d'une civette, maintenant décédé, qui avait toujours, sous son comptoir, une bible et une Philocalie. Ce dernier terme, Φιλοκαλία qui signifie étymologiquement l'amour de la beauté, désigne une anthologie, publiée à Venise en 1782, de textes provenant des monastères et ermitages du pourtour de la Méditerranée orientale. Dès que la clientèle lui en laissait le loisir, il s'empressait de se plonger dans la lecture de ses chers auteurs. Et si quelqu'un s'avisait de lui demander quel roman policier l'absorbait ainsi, il se faisait une joie de lui parler d'Évagre le Pontique ou de Maxime le Confesseur. Non seulement il n'avait aucun titre universitaire en théologie, mais sa scolarité avait dû être brève, la nécessité de gagner sa vie ayant été pressante très tôt, comme pour beaucoup de grecs de cette époque. Toute la paroisse tenait Georges Théodorou pour un théologien. Je me revois, diacre, passant dans la nef et encensant indistinctement icônes et fidèles.
En arrivant devant cette colonne de prière, j'avais conscience de me trouver en présence d'une icône vivante. Je n'ai jamais entendu cet homme dire du mal de qui que ce fût.
Jamais aucun concept n'a pu engendrer la vie, jamais un enchaînement d'idées ne pourra rencontrer le réel. C'est pourquoi la seule théologie qui puisse jaillir en vie éternelle est celle qui sort de la vie en Christ d'un homme ou d'une femme qui consent à la déification. C'est le propre de la vie de ne sortir que de la vie. Saint Grégoire Palamas a écrit cette phrase admirable : "Toute parole peut contester une autre parole, mais quelle est la parole qui peut contester la vie ?" Pour être vraie, la théologie doit être existentielle. De saint Isaac le Syrien le P. Basile Gondikakis a pu écrire magnifiquement : "Il ne dit rien qui n'ait passé en lui sans qu'il en ait souffert." Pour le théologien ainsi compris, connaître ne se sépare pas d'aimer, penser signifie nécessairement penser la vie en Christ avec son cœur au sens biblique de ce mot, qui ne désigne pas l'affectivité mais le fond très secret de l'homme où se jouent la fidélité et l'ouverture à Dieu, ou, au contraire, l'endurcissement à son égard. La théologie doit être fondée sur l'ascèse par laquelle l'homme parvient, tel un palmier, à faire monter son cœur dans sa tête. Le saint le moins doué intellectuellement est un authentique théologien si peu qu'il ait acquis l'intelligence de la divinisation de l'homme par le saint Esprit, ce qui ne signifie pas qu'il soit un intellectuel. La vraie théologie requiert beaucoup d'intelligence, mais très peu d'intellectualité." (à suivre)

jeudi 6 janvier 2011

SAINTE THÉOPHANIE


À ton baptême dans le Jourdain, Seigneur, 
s’est manifestée l’adoration due à la Trinité 
 car la voix du Père t'a rendu témoignage en te nommant Fils bien-aimé 
 et l’Esprit sous forme de colombe, a confirmé la certitude de cette parole. 
Christ Dieu, Tu es apparu et Tu as illuminé le monde, gloire à toi !



 vous pouvez lire :


  1. Signification de la fête
  2. Interprétation de l'icône de la fête
  3. Interprétation interactive (en anglais) de la fête


lundi 3 janvier 2011

L'altérité orthodoxe [1] par Père André Borrely

Bien souvent il m'est arrivé de m'interroger sur ce prêtre imberbe (pourquoi mon Dieu une telle singularité, me suis-je souvent demandé ?) , maintenant  retraité, à la santé désormais fragile, mais à l'esprit toujours vif, que j'ai souvent trouvé un peu trop oecuménisant à mon goût (bien sûr !), se référant un peu trop souvent également ( selon une préoccupation, personnelle mais bien partagée, de référence aux Saints Pères avant tout, pour transfigurer la pensée du vieil homme) à la philosophie, qui fut l'objet de son travail d'enseignant pendant longtemps, ceci expliquant cela. Pourtant il m'a suffi  d'un entretien avec lui pour que ma perspective change, que je devienne plus attentif à ses propos et que ma défiance s'estompe sensiblement au point que je lui ai demandé la permission de publier quelques uns de ses textes sur mon blog, ce qu'il a accepté volontiers. J'ai en effet la conviction que Père André a conservé cette ligne directrice originelle de la participation orthodoxe au dialogue 'oecuménique', celle d'un témoignage d'une irréductible différence et d'une fidélité aux origines du christianisme donc de l'Orthodoxie. Voilà donc un texte sur L'altérité orthodoxe qui a fait l'objet d'un cycle de trois conférences à une rencontre oecuménique dont on pourra lire ici la première partie :

"Il y a quelques années, un mariage entre un orthodoxe et une catholique devait être célébré dans l'église d'un petit village des Bouches-du-Rhône. Chacun des deux  conjoints souhaitait la présence d'un prêtre représentant l'Eglise de son baptême. On me demanda de célébrer le mariage orthodoxe. Mais lorsque je pris contact avec le vieux Curé de la paroisse, celui-ci fut pris de panique : il n'avait jamais rencontré de prêtre orthodoxe. Il me pria de lui remettre le texte de l'office que j'avais l'intention de célébrer pour qu'il l'envoie à l'archevêché et sache s'il avait le droit d'autoriser une telle célébration dans son église. Je me suis retrouvé peu après dans la même situation à Marseille. Un français peut passer toute sa vie sans jamais rencontrer un orthodoxe. Et que de fois m'a-t-on demandé: "Comment doit-on vous appeler : Monsieur le Pasteur?" "Vous êtes pope?" "Vous croyez à la Vierge ?" En France, l'Orthodoxie est encore un christianisme inconnu ou méconnu, inattendu. Les catholiques,. les musulmans, les protestants, les israélites et même les témoins de Jéhovah, sont plus nombreux que nous qui ne devons être guère plus de 240.000. Aussi ai-je pensé qu'il vous plairait peut-être d'entendre un son de Cloche nouveau, susceptible de vous surprendre, mais peut-être aussi de vous donner l'envie de me dire ce que m'avait dit un soir à Aix-en-Provence le futur cardinal Billé, à la fin d'une table ronde œcuménique: "Je ne l'aurais pas dit comme cela, mais je suis d'accord avec ce que vous avez dit."
Le schisme de la Réforme fut un phénomène interne à l'Eglise latine, en l'absence de l'Eglise d'Orient qui depuis 1453 était devenue une Eglise sous la Croix, entrée pour quatre siècles dans une période de tragique mutisme historique. Sous la domination ottomane d'abord, ensuite durant les soixante-dix ans du totalitarisme communiste, l'Eglise ortho­doxe a tissé une icône du Christ de la Passion en entremêlant les fils dorés des grands transfigurés que furent saint Marc d' Ephèse, saint Cosmas l'Etolien, saint Païssi Velitchkovskiy, saint Séraphim de Sarov, saint Jean de Cronstadt, saint Nectaire d'Egine, et les fils rouges des martyrs qui vécurent dans l'Archipel du Goulag, et dont Olivier Clément a pu écrire qu'ils auront été les grands moines et moniales du 20ème siècle. Or, la recomposition de l'unité chrétienne ne sera réalisable que si elle est à trois voix. Sur beaucoup de sujets, catholiques et protestants donnent des solutions encore inconciliables à des problèmes posés dans le contexte d'une même culture chrétienne. Les orthodoxes sentent les choses autrement. Pour ne prendre qu'un exemple, jamais l'Orient chrétien ne s'engagea dans la vive et longue polémique qui opposa saint Augustin à Pélage et à Julien d'Eclane, et plus tard, mutatis mutandis, Luther à Érasme." (à suivre)

dimanche 2 janvier 2011

CARTES DE VOEUX [1°] pour 2011


Puissent tous ceux qui m’ont encouragé à poursuivre mes blogs recevoir personnellement dans leur vie toutes les bénédictions et d’abord et avant tout :

Moinillon




dont les conseils, le soutien et les prières m’ont été et me sont toujours précieux. Mille grâces lui soient rendues et que le Seigneur le bénisse de toutes ses bénédictions ! Longues années à sa présence spirituelle, artistique, humoristique, enseignante (francophone et russophone) et critique sur le Net pour un témoignage orthodoxe unique !



dont l’amitié profonde et la fraternité spirituelle sont pour moi une source d’actions de grâce à Dieu quotidienne. Que La Toute Sainte l’entoure toujours de sa tendresse et que St Seraphim, St Jean de San Francisco et tous les Saints qu’il vénère le guident et le protègent ! Que les pages de ses précieux blogs illuminent fidèlement l’écran de l’ordinateur des Chrétiens Orthodoxes comme leur veilleuse allumée devant leurs icônes à la maison !
 


qui a la bonté de trouver mon travail « de grande qualité ». Av.Aleksander qui n’est nulle part où on voudrait l’attendre, qui est un miroir vivant de la multiplicité, la diversité et la complexité d’un être vraiment vivant devant Dieu. Puisse son témoignage courageux et confiant en la Providence divine faire que juif et orthodoxe ne se conjuguent pas toujours de la même façon ! Que le Seigneur qui a choisi de s’incarner, de mourir et de ressusciter dans la chair d’un juif l’assiste dans son œuvre et lui donne de nombreuses années pour voir un jour son œuvre porter des fruits !