Les lèvres mensongères font horreur à l'Éternel, tandis que ceux qui agissent avec fidélité lui sont agréables. Proverbes 12:22 «C'est ce qui sort de l'homme qui le rend impur. En effet, c'est de l’intérieur, c'est du cœur des hommes que sortent les mauvaises pensées, les adultères, l'immoralité sexuelle, les meurtres, les vols, la soif de posséder, les méchancetés, la fraude, la débauche, le regard envieux, la calomnie, l'orgueil, la folie. Toutes ces choses mauvaises sortent du dedans et rendent l'homme impur.» Marc 7:20-23 Un témoin fidèle ne ment pas, tandis qu’un faux témoin dit des mensonges. Proverbes 14:5 « Vous, vous avez pour père le diable et vous voulez accomplir les désirs de votre père. Il a été meurtrier dès le commencement et il ne s'est pas tenu dans la vérité parce qu'il n'y a pas de vérité en lui. Lorsqu'il profère le mensonge, il parle de son propre fond, car il est menteur et le père du mensonge. » Jean 8:44 Si les paroles distinguées ne conviennent pas à un fou, les paroles mensongères conviennent d’autant moins à un noble. Proverbes 17:7 « Écarte de ta bouche la fausseté, éloigne de tes lèvres les détours ! Proverbes 4:24 Craindre l'Éternel, c'est détester le mal. L'arrogance, l'orgueil, la voie du mal et la bouche perverse, voilà ce que je déteste. » Proverbes 8:13 « Pierre lui dit : «Ananias, pourquoi Satan a-t-il rempli ton cœur, au point que tu aies menti au Saint-Esprit et gardé une partie du prix du champ? […] Comment as-tu pu former dans ton cœur un projet pareil? Ce n'est pas à des hommes que tu as menti, mais à Dieu.»Actes 5:3-4Mais pour les lâches, les incrédules, les abominables, les meurtriers, les impudiques, les enchanteurs, les idolâtres, et tous les menteurs, leur part sera dans l'étang ardent de feu et de soufre, ce qui est la seconde mort.Apocalypse 21.8

vendredi 25 août 2017

La vraie foi orthodoxe [1]



Certes  il n'y a pas lieu de juger une Église au  nombre de pécheurs qui la composent ni à la gravité des péchés qui y sont commis… pourtant on dit aussi qu'on connaît l'arbre à ses fruits… et alors là je dois dire que les derniers scandales qui se sont produits au coeur même du principal centre spirituel et du lieu de pélerinage le plus prisé et le plus sacré de millions de catholiques devraient en inviter au moins quelques uns  de plus à s'interroger sur l'origine de tels maux. Je lisais il y a peu que certains catholiques étaient désormais confrontés à la "tentation" de passer à l'Orthodoxie, mais je ne suis pas sûr que le mot "tentation" soit le bon mot, ni en même temps que l'indignation légitime provoquée par un tel scandale moral soit suffisante à fonder solidement une conversion réelle.

Mais passons à des choses plus sérieuses… Voilà des décennies que l'on traite plus mal les zélotes orthodoxes que les hétérodoxes (du même mouvement d'ailleurs, étrangement, qu'au Vatican l'on traite  plus mal les Uniates que les Orthodoxes) allez comprendre les motivations des hiérarques : en haut lieu on a des raisons que la raison du coeur des peuples de fidèles ne connaît point. Les choses étant ce qu'elles sont aujourd'hui - c'est à dire de dégénérescence avancée de la foi chrétienne - il est peut être temps d'écouter davantage les zélotes, non pas en tant que schismatiques intransigeants qui alimentent la division (provoquée d'ailleurs par les oecuménistes confusionnistes bienveillants eux-mêmes), mais en tant que fidèles transmetteurs de la foi orthodoxe tout simplement.

Voici donc, pour un rappel à temps et à contre temps (2 Timothée 4:2), des extraits, en quelques parutions, de l'ouvrage Le nouveau catéchisme contre la foi des Pères  paru en 1993  dans la collection La Lumière du Thabor des éditions L'Âge d'homme en réponse au nouveau Catéchisme de l'Église catholique promulgué et publié solennellement par le Vatican en 1992.

En ce sens la prière qui figure dans ce texte orthodoxe est reproduite ici :

"Que Notre Dieu très bon qui veut que toute âme arrive à la connaissance de la Vérité éclaire tous ceux de nos lecteurs qui nous liront avec désir spirituel. Par les prières de nos Pères saints, Seigneur Jésus-Christ Notre Dieu, aie pitié de nous !" 





Il ne saurait y avoir de concession en matière de foi.

Saint Marc d’Éphèse

Pour ma part, je n’ai jamais polémiqué, que je sache, ni avec les Grecs ni avec personne. Je ne crois pas, en effet, que les hommes de bien aient rien de mieux à souhaiter que de pouvoir, autant qu’ils le peuvent, et connaître et exposer la vérité en soi dans son authentique réalité. Dès le moment que cette vérité, quelle qu’elle soit, est démontrée avec rectitude et sans erreur, dès lors qu’elle est clairement établie, par là même toute affirmation étrangère, prît-elle le masque de la vérité, sera réputée étrangère à la vérité telle qu’elle se présente en soi, dissemblable, spécieuse plutôt qu’authentique.

Saint Denys l’Aréopagite, Lettre à Polycarpe

INTRODUCTION

Le critère de la vérité permettant de distinguer, dans l’Église, la vérité de l’hérésie a été énoncé au Ve siècle par saint Vincent de Lérins : « Dans l’Église catholique elle-même, il faut veiller à s’en tenir à ce qui a été cru partout, toujours et par tous » (Commonitorium, 2). Et le Synodicon de l’Orthodoxie, résumant l’œuvre du saint septième Concile œcuménique, a énoncé une fois pour toutes la norme de la foi orthodoxe, quand il a dit : « Comme les Prophètes ont vu, comme les Apôtres ont prêché, comme les Pères ont dogmatisé, comme l’Église a reçu, nous aussi, nous croyons, nous prêchons, nous enseignons ».

Le Credo de Nicée-Constantinople résume le contenu de la foi chrétienne :

Je crois en un seul Dieu, le Père tout-puissant,
Créateur du ciel et de la terre
et de toutes les choses visibles et invisibles.
Et en un seul Seigneur, Jésus-Christ, Fils unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles,
Lumière de Lumière, vrai Dieu de vrai Dieu, engendré, non créé, consubstantiel au Père, par qui tout a été fait.
Qui, pour nous hommes, et pour notre salut, est descendu des cieux,
s’est incarné du Saint Esprit et de Marie la Vierge, et s’est fait homme.
Il a été crucifié pour nous, sous Ponce Pilate,
a souffert et a été enseveli
et Il est ressuscité le troisième jour selon les Écritures. Et Il est monté au ciel et siège à la droite du Père,
d’où Il reviendra en gloire juger les vivants et les morts et Son règne n’aura point de fin.
Et en l’Esprit Saint, Seigneur qui donne la vie,
qui procède du Père,
qui est adoré et glorifié avec le Père et le Fils,
qui a parlé par les prophètes.
En l’Église Une, Sainte, Catholique et Apostolique. Je confesse un seul baptême en rémission des péchés. J’attends la résurrection des morts
et la vie du siècle à venir. Amen.

Ce Credo a été composé par les Pères réunis en Concile à Nicée (325) puis à Constantinople (381), et accepté par la conscience de l’Église. Les Conciles œcuméniques suivants – Éphèse (431), Chalcédoine (451), Constantinople (553), Constantinople (680) – l’ont confirmé et ont interdit de faire la moin- dre modification matérielle à son texte, pour éviter toute tentative hérétique. Le Septième Concile Œcuménique, réuni à Nicée en 787, a déclaré : « À tous les hérétiques, anathème » et « Si quelqu’un rejette une tradition, quelle qu’elle soit, de l’Église, écrite ou non-écrite, qu’il soit anathème », car les Apôtres ont enseigné par leurs écrits, leurs paroles et leurs actes (II Th. 2, 15). Enfin le saint Concile de 879, à Constantinople, qui a réuni, en personne ou par leurs légats, les cinq Patriarcats de l’Église – Rome, Constantinople, Alexandrie, Antioche et Jérusalem – a condamné solennellement, sous peine de déposition et d’anathème, ceux qui oseraient faire la moindre addition, suppression ou modification au Credo, dans lequel il a « fondé et érigé la base du salut ».

L’auteur d’une innovation qui contredit, si peu que ce soit, la foi reçue, accuse, par là-même, cette foi des Apôtres d’être imparfaite ou insuffisante. Or, le jour de la Pentecôte, les Apôtres ont été conduits « dans toute la vérité ». Ils n’ont pas reçu un catalogue de dogmes, mais la grâce de la glorification, de la déification. La dogmatique orthodoxe n’a d’autre but que de protéger cette expérience, de la garder possible.

Au Credo, à tout le dépôt de la foi1 transmis par le Christ à son Église, défini par les Conciles et conservé par les canons de l’Église, et à toute la tradition, l’Église orthodoxe adhère in- défectiblement. Si ces vérités et ces traditions étaient des choses humaines, le temps les aurait fait perdre. Et quand nous di- sons l’Église, nous entendons la communion de tous, car comme le rappelait l’Encyclique des Patriarches Orthodoxes, c’est à la communion d’amour de tout le corps du Christ qu’a été donné l’infaillible proclamation de la vérité : « Chez nous, ni les Patriarches, ni les Synodes n’ont jamais pu introduire de nouveau- tés, parce que le défenseur de la religion, c’est le corps même de l’Église, ou le peuple lui-même, qui veut que son culte demeure éternellement inchangé et identique à celui de ses Pères 2... »

Il est vrai que, de nos jours, certains ne cessent de flétrir ceux qui se tiennent à la solidité de la foi orthodoxe comme s’ils étaient des retardataires, attachés à des formes surannées. Toutefois, les vrais orthodoxes savent que Jésus-Christ est le même hier, et aujourd’hui, et éternellement (Hébr. 13, 8). Ils connaissent par expérience que « quiconque s’est uni à la Vérité, sait bien qu’il marche sur la voie droite, même si la foule le rappelle à l’ordre... Pour sa part, il a pleine conscience de ne pas être le fou que prétendent les autres et il sait que la possession de la vérité simple, perpétuelle, immuable l’a délivré tout au contraire de la fluctuation instable et mobile à travers les multiples variations de l’erreur 3 ».

Le Catéchisme de L’Église Catholique repose sur deux idées : d’une part, le catéchisme se donne pour la transmission du « dépôt de la foi » et cette foi est unique (§§ 172-175) ; d’autre part, le dogme catholique est un « développement » de la foi originelle, celle du premier millénaire chrétien, à laquelle l’Église orthodoxe est restée fidèle – nul ne le conteste 4. C’est dire que, à partir des grandes invasions, la foi chrétienne se serait épanouie dans des cadres historiques et culturels différents, en Orient, celui de l’Église grecque, et en Occident, celui de l’Église latine. Cette différenciation progressive aurait pour conséquence que ces mondes religieux auraient fini par ne plus se comprendre, et par se séparer 5. C’est ce qu’on appelle l’estrangement, ou éloignement culturel progressif 6, aboutissant au schisme de 1054. Or, pour deux raisons essentielles, cette conception ne peut être acceptée :

- Il est inexact de parler d’estrangement.
- La dogmatique catholique n’est pas un développement de la doctrine des Apôtres et des Pères, mais elle est en contradiction avec elle sur des points fondamentaux.
Le présent livre a pour but de démontrer le second de ces deux points. Sur le premier, nous ferons deux remarques.

1) Le dialogue n’a jamais cessé entre les deux parties de l’ancien Empire romain. Il n’est pas juste de dire qu’il renaît aujourd’hui après des siècles de silence.

2) Le « catholicisme » est le résultat d’un conflit qui a duré en Occident pendant plusieurs siècles, du VIIe au XIe à peu près. Ce conflit s’est déroulé non pas entre l’Orient et l’Occident, mais à l’intérieur de l’Occident. Après la rupture de communion entre l’Orient et l’Occident, les Pères de l’Église sont apparus comme une source continuelle de difficultés et d’opposition à la théologie occidentale.

Notes :
1. I Tim. 6, 20 et II Tim. 1,14.
2. Encyclique de 1848, § 17. Texte grec dans Jean Karmiris, Monuments dogmatiques et symboliques de l’Église catholique orthodoxe (Ta Dogmatika kai Symbolika Mnemeia tês orthodoxou katholikes Ekklesias), t. 2, Athènes, 1953, p. 920. Texte français : Encycliques des Patriarches Orthodoxes de 1848 et 1895, Paris, 1988, p. 40.
3. Saint Denys l’Aréopagite, Les Noms Divins, 7, 4.
4. « Pour l’intercommunion avec les orthodoxes, dit le cardinal Ratzinger, l’Église catholique ne doit pas insister nécessairement sur l’acceptation des dogmes du second millénaire » (Irénikon, 56, 1983, p. 235). En effet, c’est à peu près à partir de l’an mil que les catholiques ont commencé d’introduire dans le dogme les innovations que refusent les orthodoxes.
5. « Pendant plusieurs siècles, les Églises d’Orient et d’Occident suivirent chacune leur propre voie, unies cependant par la communion fraternelle dans la foi et la vie sacramentelle. » (Décret sur l’œcuménisme, Unitatis Redintegratio de 1964, chapitre 3).
6. Voir Y. Congar, Neuf Cents Ans Après, Notes sur le « Schisme oriental » , extrait de l’ouvrage 1054-1954 L’Église et les Églises, Chevetogne, 1954, p. 7-8, 94-95.

À SUIVRE

vendredi 18 août 2017

Le transhumanisme, religion maçonnique mondialiste (Père Jean Boboc, JM Vernochet)


Jean-Michel Vernochet reçoit aujourd'hui le Père Jean Boboc, prêtre économe stavrophore de la cathédrale orthodoxe roumaine de Paris et docteur en médecine de la faculté de Paris, docteur en théologie. Ils parlent du livre que le Père Boboc vient de publier: "Le transhumanisme décrypté", préfacé par le Professeur Pierre Magnard.




Le transhumanisme vise essentiellement à l'amélioration des performances humaines, tant physiques, psychiques que mentales et cela au-delà de ce que la médecine classique proposait jusqu'à présent. La médecine change elle-même de paradigme, de purement thérapeutique, elle se met au service de l'amélioration. L'idéologie de l'amélioration qui inclut les possibilités de modifications génétiques et l'atteinte au patrimoine de l'humanité s'avère une révolution anthropologique majeure mettant en péril l'Homme tel que nous le connaissons encore. Le transhumanisme est un déni de notre histoire génétique.

lundi 14 août 2017

de NOTRE TOUTE SAINTE SOUVERAINE


 sur le Blog LA LORGNETTE DE TSARGRAD




Que la Mère de Dieu ait été sans péché personnel, c’est une chose que les orthodoxes confessent. Par contre, ils ne la disent pas préservée du péché originel, mais victorieuse du péché. La place unique de Marie ne tient pas à une exemption miraculeuse, mais à sa victoire hors du commun. Le pélagien annule, au nom de la liberté individuelle, la solidarité des hommes dans la nature héritée d’Adam. L’augustinien annule, au nom de cette solidarité naturelle, la liberté de décision personnelle. L’Ortho- doxie maintient les deux principes : et solidarité et liberté. Dès lors, la Mère de Dieu n’est plus sauvée du péché commun par un deus ex machina, le dogme spécial de l’Immaculée Conception. Alors que le péché avait proliféré, et que la solidarité de tous les hommes dans la nature déchue d’Adam rendait la victoire presqu’impossible, la liberté de chacun subsistait, et les potentialités de la nature humaine étaient restées intactes. C’est en faisant, de ces potentialités, un usage agréable à Dieu, que la Mère de Dieu a triomphé du péché. Voici comment Nicolas Cabasilas, récapitulant ce que les Pères ont dit, explique l’inexplicable miracle : « Il faut bien admettre que le pouvoir de lutter contre le péché a été déposé dans la nature humaine... Mais personne n’a mis en œuvre le pouvoir de lutter contre le péché... et la maladie inaugurée par le premier des hommes et partagée par tous régna sur tous... Mais la Vierge très-pure, sans avoir le Ciel pour cité – car elle ne provenait pas des corps célestes mais de la terre, de la manière qui nous est commune à tous en cette race déchue oublieuse de sa propre nature – seule parmi les hommes a tenu, du début jusqu’à la fin, contre toute méchanceté. Seule elle a rendu à Dieu intacte la beauté qu’Il nous avait donnée, seule elle a usé de toute la puissance et de toutes les armes qu’Il nous avait remises... D’où la Vierge tint-elle donc sa victoire?... Dieu ne l’avait pas préparée particulièrement pour cette sagesse, pas plus qu’en lui offrant autant qu’aux autres il ne l’avait jugée digne d’une assistance plus grande ; c’est seulement en usant d’elle-même et des moyens communs donnés à tous pour la vertu qu’elle a remporté cette victoire inouïe et au-dessus de la nature »
 in Le nouveau catéchisme contre la foi des Pères

Istanbul, capitale turque ou capitale grecque?



Beaucoup de Français imaginent qu'Istanbul est un mot turc qui désigne une mégapole moderne aux confins de l'Asie et de l'Europe. En réalité, il s'agit simplement de la déformation turque du grec "is tén polin", "dans la ville", comme disaient les héritiers d'un monde où Constantinople avait survécu pendant 1.000 ans, comme capitale de l'empire romain, à l'autre "ville", l'urbs, qui était Rome.




La vacuité des programmes d'histoire inoculés par l'Éducation Nationale en France explique très largement l'incompréhension des Français pour les questions grecques et méditerranéennes.

Pour le Français ordinaire qui a tété le lait allégé de l'école publique, l'Empire romain s'est effondré au cinquième siècle sous les coups de boutoir infligés par des Barbares. S'est alors ouvert une ère obscure qui a duré environ dix siècles. Vers 1500, la Renaissance commence et l'Europe redécouvre la Grèce, c'est-à-dire Platon, Aristote et quelques autres. Entretemps, la Grèce est devenue un désert finalement occupé par les Ottomans. 

Istanbul vue par les Grecs
Pour les Européens d'Orient, dont les Grecs, l'histoire s'est déroulée un peu différemment. Eux se souviennent en effet de la pression migratoire exercée par les "barbares", les tribus germaniques, dès le IIIè siècle après Jésus-Christ. Ils savent aussi la marginalisation progressive de Rome dans les circuits économiques de l'Empire. La noblesse romaine sclérose la ville, et peu à peu les affaires, la prospérité, la croissance dirait-on aujourd'hui, se fait en dehors de l'Italie.

Au début du IVè siècle, Constantin décide de créer une nouvelle Rome pour régénérer l'Empire et pour mieux tenir compte de l'évolution des flux économiques. Pour ce faire, il choisit un lieu stratégique, à la frontière entre l'Europe et l'Asie. En quelques années, il transforme Byzance en une nouvelle Rome: Constantinople.

Pendant plus de 1.100 années, Constantinople va rayonner. Lorsque Rome s'effondre, Constantinople résiste. L'empereur romain "d'Orient" reprend même une partie de l'Italie aux Barbares au VIè siècle. On doit à cette période les mosaïques de Ravenne (où s'établit un exarchat grec) et quelques autres traces encore visibles, comme le nom de Basilicate attribué au sud de l'Italie.

Pour les Grecs, l'empire romain ne disparaît pas au "haut Moyen-Âge" comme le suggère notre absurde découpage historique. En réalité, il ne disparaît qu'en 1453, avec la chute de Constantinople entre les mains des Ottomans. Les petits Français ont appris que l'empire romain avait duré environ 500 ans. Les petits Grecs apprennent qu'il a duré mille ans de plus, et que sa capitale était... Constantinople rebaptisée Istanbul en 1930.

Si l'on n'a pas cette différence de perception historique entre Grecs et Occidentaux à l'esprit, on ne peut évidemment rien comprendre à l'Europe vue depuis la Grèce. 

Les Européens ont-ils lutté pour affaiblir Constantinople?

En France, l'histoire de Constantinople est une obscure inconnue. Au mieux relève-t-elle d'une forme d'exotisme qui peut divertir. Il n'en a pas toujours été ainsi.

Ainsi, après la chute de Rome et dans la foulée des invasions barbares, les Européens d'Occident ne tarderont pas à nouer des relations complexes avec Constantinople, souvent faites de jalousie et de fourberie. D'une part, les candidats ne manqueront pas pour reconstituer un empire d'Occident. C'est le cas de Charlemagne dès le VIIIè siècle. Il sera suivi par bien d'autres, comme Frédéric Barberousse, qui rêve d'un Saint-Empire romain germanique. D'autre part, les Occidentaux ne manqueront pas une occasion de se tourner vers l'Orient.

Ainsi, alors que, décennies après décennies, la pression migratoire venue de l'Est pèse sur les frontières byzantines, les Chrétiens d'Occident n'hésitent pas à en profiter. En 1204, les Croisés, manipulés par les Vénitiens, mettent Constantinople à sac. Baudouin de Flandre, qui conduit les Croisés, se fait couronner empereur latin dans la basilique Sainte-Sophie.

Cette expérience éphémère fondée sur l'exploitation des faiblesses grecques par les Européens d'Occidentaux structure largement la compréhension de l'Europe par les Grecs. Pour beaucoup de Grecs d'aujourd'hui, l'Occident est encore un partenaire cynique, qui demande de l'aide lorsqu'il en a besoin et qui n'a aucun scrupule à ne pas rendre ce qu'il a reçu. L'affaire de la dette allemande l'a montré.

L'Europe est-elle fondée sur un abaissement structurel de la Grèce?
Qu'on le veuille ou non, l'Europe a des marottes qui parcourent l'histoire et les générations, qui transcendent les esprits pour devenir une constante collective.

Par exemple, tous les projets européens qui ont, depuis l'an 800, choisi Bruxelles pour capitale (c'était la même chose sous Charles Quint), voire choisi des villes plus septentrionales (comme Berlin en 1939), se sont fondés sur un abaissement systémique de la France. Il existe un rapport inversement proportionnel entre le développement de l'Europe et la prospérité française.

Il en va de même pour la Grèce. Après la chute de l'exarchat de Ravenne, au IXè siècle, l'Occident se construit très largement sur l'ambition d'un affaiblissement systémique de Constantinople. À partir des années 1820, le mouvement de libération nationale grecque sera à nouveau repris en main par les Occidentaux et jugulé pour faire taire les ambitions constantinopolitaines des Grecs.

Pour les Grecs, la vraie capitale du pays est Constantinople. Pour les Occidentaux, c'est Athènes. Ce ne sont pas seulement deux visions du monde qui s'affrontent, ce sont deux identités européennes, deux compréhensions de l'histoire qui se déchirent. 

Le rêve de la Grande Grèce face à l'Europe
Dès le dix-neuvième siècle se noue une histoire indispensable à connaître pour comprendre la crise grecque des années 2010.

En 1821, la Grèce proclame son indépendance sous l'égide de l'église orthodoxe, garante de l'identité grecque. L'Autriche craint que l'équilibre du Congrès de Vienne (celui-là même qui se fonde sur l'affaiblissement de la France...) ne soit remis en cause. Les puissances, comme on dit alors, ne reconnaîtront l'État grec qu'en 1830, sous l'expresse condition que la Grèce soit dirigée par un prince allemand. La même règle sera appliquée à la Belgique au même moment.

C'est donc un Bavarois qui devient roi de Grèce. Sa mission est simple: empêcher la réalisation de la "Grande Idée", c'est-à-dire la reconstitution d'un empire grec dont Constantinople serait la capitale.

Ainsi, durant la guerre de Crimée (1854-1856), les Anglais et les Français occupent le Pirée pour empêcher une offensive grecque contre les Turcs. En 1881, le Congrès de Berlin attribue à la Grèce l'Épire et la Thessalie.

Les Grecs ont-ils les moyens de leurs ambitions? La Grande Idée relève d'une sorte de mythologie contemporaine qui semble hors de portée pour un État qui peine à se moderniser. Elle structure néanmoins une ambition collective qui explique qu'encore aujourd'hui la défense constitue un poste de dépense important pour les Grecs. 

Les calamiteuses guerres grecques contre la Turquie

Entre la guerre de Crimée et la Grande Catastrophe de 1922, on compte en tout cas pas moins de cinq offensives militaires grecques contre les Turcs.

En 1877, la Grèce s'associe diplomatiquement à la Russie dans la guerre russo-turque. En 1897, la guerre des Trente jours se solde par une déculottée grecque en Crète. En 1912-1913, les guerres balkaniques permettent à la Grèce de reconquérir plusieurs îles. En 1917, la Grèce déclare la guerre à la Turquie, aux côtés de la Triple Entente, ce qui permet à la Grèce de récupérer, au moins sur le papier, Smyrne aux termes du Traité de Sèvres.

Dès 1919, les Grecs occupent Smyrne. Ils mettent donc les pieds, pour la première fois depuis des siècles, sur le sol historique de l'Asie Mineurs. C'est le début de la Grande Catastrophe, appelée du côté turc la guerre d'indépendance. Mustapha Kemal défait militairement la Grèce et reprend le contrôle de l'actuelle Turquie. Il installe sa capitale à Ankara au lieu de Constantinople.

Par le traité de Lausanne de 1924, les Grecs perdent tout. Les 1,3 millions d'orthodoxes grecs, qu'ils soient à Constantinople, dans le Pont-Euxin ou en Asie Mineure, sont massivement expulsés vers la Grèce, pendant que les 300.000 Musulmans de Grèce sont expulsés vers la Turquie. 

La crise grecque, un épilogue?

Ceux qui méconnaissent la Grande Idée, c'est-à-dire la reconstitution de l'empire byzantin par les Grecs, ne peuvent évidemment rien comprendre à la problématique grecque contemporaine. Il ne faut pas oublier que l'église orthodoxe grecque utilise encore et toujours la bannière de l'empire byzantin comme signe de reconnaissance.

Toute la crise grecque des années 2010 est bien résumée ici. Les Occidentaux ont toujours pu compter sur les Grecs au siècle dernier. Alors que la France s'est effondrée en quelques semaines en 1940, les Grecs ont défait Mussolini en 1941, obligeant l'armée allemande à retarder l'opération Barbarossa de quelques précieuses semaines pour récupérer une situation qui dérapait dangereusement. Sans l'opiniâtreté grecque, une victoire totale allemande en 1941 aurait pu se produire.

En 1948, les Grecs ont fait face seuls à une guerre civile pour éviter un régime communiste. Là encore, peu de pays en Europe ont donné autant sans aide extérieure. Quelques années plus tard, ils ont consenti à l'effacement de la dette allemande, alors même que l'occupation avait été sans pitié.

Qu'ont-ils recueilli en échange? Du ressentiment, sans aucun doute, et une mise sous tutelle de leurs ambitions politiques. Pour avoir trop oublié sans doute que l'Europe à laquelle ils appartiennent n'est pas la Grande Europe de Constantinople.

article de  Eric Verhaeghe
sur le site  

vendredi 11 août 2017

Un pays en guerre n'aurait pas à rembourser sa dette…

LA DETTE ABSOLUE DE CHAQUE AMERICAIN EST DE.... 

Elle est de 330.000 dollars par foyer, très précisément de 329.961 dollars et 34 cents. Chiffre de toute manière qui ne sera plus valable dès que vous aurez fini de lire cette ligne !!! LoL
 La dette totale des Etats Unis est de 41 trilliards de dollars ou 41.000 milliards, ce qui veut dire que le mur est déjà atteint depuis longtemps, puisque cette dette est IRREMBOURSABLE. Vous imaginez chaque foyer avec une dette de 330.000 euros ?????? 


Le détroit d’Ormuz

 Donc, les USA ont besoin d'une guerre puisque avec leur monnaie de singe ils n'ont pas voulu obtenir d'hyper-inflation, et du coup ils ont les intérêts négatifs avec des taux directeurs 0%... Vous n'avez pas remarqué que les US se sont mis à "couteaux tirés" avec 1) La Chine, 2) La Russie et 3) L'Iran, avec d'innombrables incidents dans le Détroit d'Ormuz, dont le plus récent date d'il y a juste 4 jours... 
"US Navy ship fired warning shots at an Iranian boat in the Persian Gulf", voir la video ici sur CNN. Un de ces jours, un missile américain va partir et ce sera la guerre tant voulue par le Shadow State qui a entrepris de destituer Donald Trump le plus rapidement possible. Lire ici The Economic Collapse.. PS: cela fait depuis des années que j'explique que le Détroit d'Ormuz est LE lieu d'où la 3e guerre risque de démarrer. Un pays en guerre n'a pas à rembourser sa dette. 
in Revue de Presse par Pierre Jovanovic © www.jovanovic.com 2008-2017

jeudi 10 août 2017

St Pierre n'était pas évêque de Rome de 41 à 66 !



La preuve que Pierre n'est pas allé à Rome de l’an 41 à 66, époque pendant laquelle les théologiens occidentaux disent qu'il fut évêque pendant 25 ans.

par Saint Nectaire d'Égin

Les théologiens romains situent le voyage à Rome par l'apôtre Pierre aux environs de l'année 41 après le Christ, ce qui signifie dans la deuxième année du règne de Claude, en prétendant qu'il est resté à Rome pendant 25 ans, jusqu'en 66, quand il a souffert le martyre sous Néron.

Voyons d'abord si les choses sont comme ils le disent et si ce qu'ils affirment est conforme aux faits rapportés par l'Écriture sainte. Pour prouver la vérité, nous aurons recours au récit historique de Luc l'évangéliste sur les voyages missionnaires de l'apôtre Paul par lesquels nous connaissons les deux apôtres et leurs épîtres. Ces épîtres révèlent le moment où les deux apôtres se sont rencontrés, les lieux où ont eu lieu leurs réunions et permettent de savoir si Pierre est allé à Rome ou pas pendant cette période.

L'apôtre Paul est revenu au Christ vers 37, après trois ans (Galates 1, 18), il est allé à Jérusalem pour rencontrer Pierre et il est resté là 15 jours; ainsi, leur première réunion a eu lieu à Jérusalem en 39. L'apôtre Paul entreprend un deuxième voyage à Jérusalem en laissant Antioche avec Barnabas pour apporter l'aumône des chrétiens donnée aux pauvres de Judée. Les disciples, autant que chacun d'entre eux le pouvait, ont décidé de fournir de l'aide pour les frères et sœurs vivant en Judée. Ce qu’ils ont fait, en envoyant leur obole aux anciens par Barnabas et Saül (Actes 11, 30; 12, 25).

Cette période coïncide avec la famine qui a lieu pendant le règne de Claude au temps des gouverneurs de Judée, Cuios Fados et Tibère Alexandre, vers 44-45. Plus loin dans Les actes sont relatés les faits suivants (12, 1-3) :

«C'est à cette époque que le roi Hérode a arrêté certains de ceux qui appartenaient à l'Église, avec l'intention de les persécuter. Il tenait Jacques, le frère de Jean, qu’il fit exécuter par l'épée. Quand il a vu que cela rencontrait l'approbation chez les Juifs, il a également arrêté Pierre. Cela s'est produit pendant la Fête des Azymes.  »

Donc vers l'année 45, Pierre était encore en Judée. Paul dit dans son Épître aux Galates (2, 1-2) :

« 1 Quatorze ans après, je montai de nouveau à Jérusalem avec Barnabas, ayant aussi pris Tite avec moi ; 2 et ce fut d'après une révélation que j'y montai. Je leur exposai l'Évangile que je prêche parmi les païens, je l'exposai en particulier à ceux qui sont les plus considérés, afin de ne pas courir ou avoir couru en vain. »

Dans les Actes est relaté ce voyage entrepris par Paul à Jérusalem, compte-rendu où est mentionnée sa deuxième raison: la question de recevoir les nouveaux adeptes après avoir été circoncis

« Une grande discussion s'étant engagée, Pierre se leva, et leur dit: Hommes frères, vous savez que dès longtemps Dieu a fait un choix parmi vous, afin que, par ma bouche, les païens entendissent la parole de l'Évangile et qu'ils crussent. Et Dieu, qui connaît les cœurs, leur a rendu témoignage, en leur donnant le Saint Esprit comme à nous; il n'a fait aucune différence entre nous et eux, ayant purifié leurs cœurs par la foi. Maintenant donc, pourquoi tentez-vous Dieu, en mettant sur le cou des disciples un joug que ni nos pères ni nous n'avons pu porter ? Mais c'est par la grâce du Seigneur Jésus que nous croyons être sauvés, de la même manière qu'eux. » (15, 7-21)

Donc, Pierre était en Judée, même 14 ans après son premier rendez-vous avec Paul, quand Paul resta chez lui pendant 15 jours. Puis il vint à Antioche où il a été réprimandé par Paul. Selon ce qui est relaté dans les Actes (chapitres 18-21), Paul est retourné à Jérusalem et a embrassé l'Église, cependant n'est mentionné aucun apôtre qu'il aurait pu rencontrer, mais il est relaté qu'il a rencontré l'Église en son entier. Et dès lors des exégètes très réputés identifient le voyage mentionné dans Galates (2, 1) au voyage des Actes (18, 21), et comme dans l'épître aux Galates 2,9 il est écrit :

«Jacques, dis-je, Céphas, et Jean (qui sont estimés être les Colonnes) ayant reconnu la grâce que j'avais reçue, me donnèrent, à moi et à Barnabas, la main d'association, afin que nous allassions vers les Gentils, et qu'ils allassent eux vers ceux de la Circoncision.»

Il en résulte que Pierre était à Jérusalem après les 14 ans de sa première rencontre avec Paul. Ainsi, selon le premier et le deuxième récit, Pierre était à Jérusalem vers l'année 53.
En outre, par la deuxième variante de leur précédente réunion des Actes 11, 30 ; 12, 25, on témoigne que Pierre est resté définitivement à Jérusalem et dans la région de Judée.

En 58, il est écrit l'Épître aux Romains, où Pierre n'est pas mentionné, ce qui pourrait être inacceptable si on suppose que Pierre était à Rome. Mais il a déjà prouvé qu'il n'y était pas. Dans l'année 60, Paul est allé à Jérusalem pour la dernière fois, il était là à la Pentecôte et y est resté jusqu'au printemps de la troisième année 62-63. Voici ce que Luc écrit à propos de cela dans les Actes:

«Quand nous sommes arrivés à Jérusalem, les frères et sœurs nous ont accueillis chaleureusement. 18 Le lendemain, Paul et le reste de nous sommes allés voir Jacques, et tous les anciens étaient présents.» (Actes 21, 17-18).

Ici, il n'est pas relaté s'il y avait un autre apôtre présent à Jérusalem à côté de Jacques. Deux hypothèses peuvent être faites : soit les apôtres étaient en diaspora, soit ils n'étaient pas mentionnés car il n'y avait aucune raison importante de le faire. Troisième hypothèse, la probabilité que Pierre soit allé à Rome n'est pas fondée sur quoi que ce soit, le voyage à Rome étant rejeté par les Actes (28, 20-31), donc Pierre n'était pas à Rome même vers 60.

Vers 61-63, pendant que Paul était en prison, il a écrit son épître aux Éphésiens (j'ai précisé auparavant que cette épître aux Ephésiens avait été écrite à Rome, parce qu'à l’évidence elle a été écrite en prison cependant que Paul était en contact avec la Judée. Mais si nous considérons que Rome était l'endroit où elle a été écrite, la datation en est plus éloignée.

La première épître de Pierre adressée aux Juifs de la Diaspora du Pont, de la Galatie, de la Cappadoce, de l'Asie et de la Bithynie a été écrite après l'épître de Paul aux Éphésiens, comme l'indiquent les nombreuses similitudes et identités lexicales entre elles, ce qui montre que Pierre l'a connue et qu’elle a été reçue par tous.

L'épître de Pierre indique que Babylone est le lieu de son écriture, ce qui prouve que Pierre était à Babylone quand Paul était en prison. Les théologiens occidentaux voulant unir les divisés et annuler les distances entre Rome et Babylone ont interprété Babylone comme étant Rome et, par un changement novateur, ils ont parlé de Rome au lieu de Babylone. C'est une grande réussite et une habile fabrication, mais en même temps une futile dépense d’intelligence car les discordances découlant du texte de l'épître rivalisent avec les difficultés impliquées par l'annulation des distances entre les deux endroits.

Il est vrai qu'Eusèbe se réfère à une certaine variante modifiée du nom de Babylone et cela est dû au fait qu'il a pris en compte les références de certains théologiens orientaux. Mais c’est en sa qualité de chroniqueur et non d'interprète des Écritures que nous sollicitons Eusèbe, comme rapporteur des traditions. Babylone est Babylone et non Rome et cela est prouvé par le contenu de l'épître elle-même. L'apôtre qui écrit aux Juifs de la Diaspora dit en fin de compte qu'il embrasse les Églises : l'exquise Église de Babylone et Marc son fils. Et Marc était évêque de l'Église d'Egypte. Mais même s'il n'avait pas été alors évêque d'Egypte, ce fait ne justifie pas le remplacement de Babylone par Rome. Ainsi, en 63, Pierre était à Babylone. Et le fait que Babylone était Babylone et non Rome, comme certains le disent est attesté dans la deuxième épître de Paul à Timothée, où il écrit à Timothée en disant :

 « Prends Marc, et amène-le avec toi, car il m'est utile pour le ministère » (4, 11).

Cette épître a été écrite à Rome – si nous acceptons que Babylone est Rome et que Pierre était à Rome, alors Marc aurait été avec lui. Mais alors pourquoi Paul écrit-t-il à Timothée de lui amener Marc avec lui ?

Ainsi, aussi longtemps que Marc était au même endroit avec Pierre, il s'ensuit que Pierre n'était pas à Rome mais à Babylone. Il n'est pas étonnant que Marc ait été invité par Paul puisque les évêques n'étaient pas des évêques d'une certaine ville et cette épître a été écrite autour de 66 quand il était impossible à Marc de quitter Babylone et d'aller vers Timothée même si nous considérons Babylone comme la grande. Donc, Pierre n'était pas à Rome, même pas en 66. Ainsi, les 25 dernières années se sont passées et Pierre n'est pas allé à Rome pendant cette période. 

Si les saintes reliques du saint apôtre Pierre ont été transportées à Rome ou s’il a été amené et martyrisé à Rome, nous ne le savons pas, parce que l'histoire est silencieuse là-dessus et, de l'extrait écrit par Clément, il ne résulte pas qu'il ait été martyrisé à Rome. Mais même s'il y avait été martyrisé, il fut amené là-bas pour être martyrisé et n'y allait pas pour prêcher la Parole divine ni fonder l'Église de Rome.

Extrait du livre de saint Nectaire - Pourquoi le pape et ses disciples se sont séparés de l'Église du Christ, Evanghelismos, 2011.

En relation :
Témoignages historiques
Eusèbe écrit: "Et Paul prêchant à ceux des peuples étrangers qui étaient à Jérusalem et aux alentours jusqu'en Illyrie ont jeté les bases des Églises, ceci étant démontré par les témoignages que les églises peuvent donner et qui ont été mentionnées par Luc dans les Actes de la Apôtres; mais…"

 In "Saint Nektarios of Pentapolis from Aegina" 
(version française M.M.de la source)

dimanche 6 août 2017

" Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j'ai mis toute mon affection : écoutez-le !


`
LA TRANSFIGURATION par ST MAXIME LE CONFESSEUR : 
« Ainsi quelques-uns des disciples du Christ, auxquels il arriva de monter et d'être élevés avec Lui sur la montagne de sa manifestation par la diligence de la vertu, Le voyant transfiguré et inaccessible par la lumière du visage, frappés de stupeur par la splendeur des vêtements, et Le sachant devenu plus auguste, par l'honneur d'avoir avec Lui de chaque côté Moïse et Élie, passèrent de la chair à l'esprit avant de déposer la vie de la chair, par l'altération des opérations sensibles qu'opéra en eux l'Esprit , arrachant les voiles des passions de leur faculté intellectuelle ; par lequel, ayant été purifiés dans les sens de l'âme et du corps, ils furent instruits des raisons spirituelles des mystères qui leur avaient été manifestés. Ils apprirent mystiquement que l'éclat tout heureux jaillissant en brillant du visage à la manière d'un rayon visible, est, comme triomphant de toute opération des yeux, le symbole de sa divinité au-dessus de l'intelligence, du sens, de l'essence et de la connaissance - cela, du fait qu'Il n'avait ni figure ni beauté - et à connaître le Logos devenu chair par sa beauté au-dessus des fils des hommes. Il dit aussi : « Il a été donc dit plus haut que par la splendeur, semblable à la lumière, du visage du Seigneur, les trois fois bienheureux apôtres ont été conduits mystiquement, d'une manière inexprimable et inconnaissable, vers la puissance et la gloire de Dieu, absolument insaisissable à tous les êtres ; et ils ont appris que la lumière qui parut à leurs sens est le symbole de ce qui est caché et invisible. Car de même qu'ici le rayon de lumière qui eut lieu triomphe de l'opération des yeux, leur demeurant insaisissable, de même là Dieu dépasse toute puissance et opération d'intelligence, ne laissant aucune trace, en étant pensé, dans celui qui tente de Le penser . »

Tu t'es transfiguré sur la montagne
ô Christ notre Dieu
montrant à tes disciples ta Gloire
autant qu'ils pouvaient l'assumer
Fais aussi briller sur nous les pécheurs 
ta Lumière éternelle
par les prières de la Déipare
Donateur de Lumière Gloire à Toi !


Troparul Schimbării la Faţă a Domnului nostru Iisus Hristos, glasul al 7-lea:
Schimbatu-Te-ai la Faţă în munte, Hristoase Dumnezeule, arătându-le ucenicilor Tăi slava Ta, pe cât li se putea. Străluceşte şi nouă, păcătoşilor, lumina Ta cea pururea fiitoare, pentru rugăciunile Născătoarei de Dumnezeu, Dătătorule de lumină, slavă Ţie.




samedi 5 août 2017

Sur le blog de Claude : des citations de St PAÏSSIOS bien éclairantes

EXTRAITS



Saint Père Païssios: Le Chrétien dans la cité

[…] Après tout, nous ne devons pas être pris pour des imbéciles, nous ne devons pas devenir des victimes. "Une autre personne reste indifférente et ne parle pas. "Je ne parle pas", dit-il, "afin de ne pas être mentionné dans les journaux". 
En d'autres termes, la plupart des gens sont complètement indifférents. Pendant longtemps, personne n'écrivait rien, mais maintenant, on fait un petit effort. Il y a des années, j'avais grondé quelqu'un sur la Montagne Sainte. "Tu es trop patriotique", avait-il rétorqué. […]

L'harmonie divine se cache dans la diversité des personnalités
[…]Certains hommes me disent: "Je ne vois pas les choses avec les mêmes yeux que ma femme; Nous avons des personnalités opposées. Elle a un tempérament, j'en ai un autre! Comment Dieu peut-il faire des choses si étranges? Ne pouvait-Il pas avoir arrangé quelque chose pour que les couples se correspondent, et qu'ils puissent vivre plus spirituellement? "Je leur dis:" Ne comprenez-vous pas que l'harmonie de Dieu est cachée dans une diversité de personnalités? Des tempéraments différents créent l'harmonie.[…]

La vie facile et le christianisme ne vont pas ensemble
[…] Malgré les apparences et l'indignité des moines et du clergé, l'Eglise est une source inépuisable de miracles. Elle prend de l'eau et rend de l'eau bénite; elle prend le pain et le vin et fait l'Eucharistie; elle prend l'homme fait de boue et fait de lui un dieu! Mais beaucoup de gens ne voient pas les miracles. Parce que s'ils les voyaient, ils ne mépriseraient pas ou ne haïraient pas l'Église du Christ, mais ils l'aimeraient et l'honoreraient et ils ne parleraient pas d'elle avec mépris comme ils le font.[…]

vendredi 4 août 2017

Les temps changent… pas toujours dans le bons sens tout de même.


"La République à l'époque payait mal ses parlementaires et ses ministres, lesquels menaient des trains de vie modestes, sans commune mesure avec ce à quoi les récentes décennies nous ont habitués. Au surplus il n'y avait pas grand chose dans les assiettes,  pas plus pour les gens au pouvoir que pour les gens ordinaires, mais cela n'avait guère d'importance." 
Simone Veil in Une vie (Stock)

mercredi 2 août 2017

L'esprit mondain dans le monachisme




  •  Père, beaucoup de gens nous disent: ici, vous vivez comme au paradis.

Priez pour ne pas perdre l'autre ciel. J'aurais préféré voir les laïques impressionnés par votre progrès spirituel, sans que vous en soyez conscientes vous-même et sans en faire un objectif - cela étant atteint de soi-même, naturellement, intérieurement. Essayez de ne pas vous perdre dans des choses inutiles afin que vous ne perdiez pas le Christ. Essayez autant que possible d’obtenir une conscience monastique. Vivez spirituellement comme de vraies moniales et n'oubliez pas le Christ de sorte qu'il se souvienne aussi de vous. Mon but n'est pas de vous inquiéter, mais de vous aider, de vous soutenir, essayez de discerner l'esprit mondain - lorsque cela imprègne le monachisme, cela dérange le Christ lui-même - et débarrassez vous en comme d’un esprit étranger.

 Malheureusement, l'esprit mondain s'est glissé dans de nombreux monastères parce que certains pères spirituels de notre époque conduisent le monachisme dans un chemin mondain et ne guident pas les âmes dans l'esprit patristique de la Grâce. Je vois qu’un esprit anti-patristique prévaut aujourd'hui dans les monastères. Ils ne reçoivent pas le bien, le patristique, ils ne vivent pas de manière patristique, mais nivellent les hauteurs spirituelles au nom de l'obéissance, de la suppression de la volonté propre et de leurs désirs profanes qu'ils cultivent. De cette façon, ils ne progressent pas, parce qu'ils ont fait leur la tentation, l'esprit profane. Nous n'avons pas le droit d'expliquer les commandements de Dieu comme cela nous plaît, et nous n'avons pas le droit de présenter le monachisme selon notre bon vouloir. Il y a autre chose lorsque nous confessons nos faiblesses et demandons humblement la miséricorde de Dieu.

Le plus grave, à mon avis, est le fait que certains considèrent cet esprit profane comme une sorte de progrès. Alors qu'ils devraient le percevoir comme une chute et le cracher au dehors afin qu'ils puissent se purifier spirituellement et laisser le Saint-Esprit entrer rapidement. Le Saint-Esprit est celui qui sanctifie, annonce et soutient les âmes.

 Certains disent : Nous devons montrer notre civilisation. Quelle civilisation montrons-nous ? La profane ? Nous, les moines, devons montrer notre civilisation spirituelle, notre progrès spirituel. Mais où est notre progrès spirituel ? Nous ne devrions pas dépasser les laïcs dans le développement de ce qui est profane. Ce progrès mondain tourmente les laïcs et il ne le ferait pas encore plus pour les moines ? Nous devrions tellement progresser spirituellement que les laïcs aient envie d’en faire autant eux-mêmes. Si nous faisons ce que fait un laïc spirituel, cela ne nous aide pas non plus, parce que c’est l'exemple d'un laïc spirituel que nous avons. Le moine n'a pas pour objectif de faire preuve d’une évolution mondaine. C'est contradictoire avec le monachisme. Le moine qui pense de manière mondaine montre à l'évidence qu'il n'a pas trouvé le bon chemin. Bien qu'il ait commencé par se diriger vers le Christ, son âme se dirige maintenant vers le monde. L'évolution mondaine lorsqu'elle est considérée comme un progrès conduit le monachisme à la corruption spirituelle.

 Combien de choses se perdent dans le monachisme pour s’être perdues dans le monde : l'honnêteté, le respect sont en recul. C'est pourquoi ça me fait mal et j'ai l'impression d'étouffer. J'ai envie de partir dans les montagnes. Quelqu'un qui n'a jamais vécu quelque chose de plus élevé n'est pas tellement contrarié par la vie spirituelle qu'il vit à sa manière. Mais pour un autre qui est forcé de vivre de cette façon, savez-vous ce qu'il y a de tourment ?

 Si le Christ m'avait jugé digne de vivre monastiquement comme je l'avais souhaité et que j'étais mort jeune, j'aurais considéré que je serais mort en première ligne. Il est préférable de mourir maintenant, de se confesser, de faire un sacrifice, plutôt que de blasphémer les Saints Pères.

 Ne pensons-nous pas un peu aux Saints Pères que nous lisons tout le temps, où ils vivaient et comment ils vivaient ? Dieu a dit que les renards avaient des tanières, alors que le Fils de l'homme n'avait aucun endroit où poser sa tête. Terrible ! Et voyez comment certains ont essayé d'imiter le Christ dans les grottes. Ils ont ressenti la joie du Christ parce qu'ils l'ont suivi en tout. Tout leur désir était là. Les saints pères ont fait du désert un délice spirituel, mais aujourd'hui c’est une fête profane que nous faisons. L'église du Christ va dans le désert pour trouver le salut et nous faisons du désert une fête profane si bien que les gens sont induits en erreur et n’en tirent aucun profit et n’en conservent rien. C'est le grand danger que je vois dans ces temps difficiles que nous vivons. Et bien que pour cette raison, nous devrions vivre maintenant avec plus d’austérité pour bénéficier des énergies divines, malheureusement, nous changeons à cause de l'esprit mondain et nous nous affaiblissons. En ce sens, nous recherchons l'esprit et il ne reste que la charogne.

 Aujourd'hui, il y a des moines qui vivent le monachisme uniquement de façon extérieure. Ils ne fument pas, ils vivent simplement, lisent la Philocalie, et citent les Saints Pères. Comme ceux du monde qui ne disent pas de mensonges, font leur signe de croix, vont à l'église et, lorsqu'ils vieillissent, prennent garde à la morale de leur mode de vie et pensent que c'est tout ce qui se passe dans certains monastères et les laïcs y sont attirés. Quand ils vont à leur rencontre pour les connaître, ils voient qu'ils ne diffèrent pas des laïcs parce qu'ils conservent un esprit profane. S'ils avaient fumé, s'ils avaient lu les journaux, s’ils avaient parlé politique, ils les auraient évités comme étant des laïcs et le monachisme n'aurait pas été endommagé.

 Lorsque le monachisme s'affaiblit spirituellement alors, quel en sera le profit pour le laïc ? L'alcool, si on laisse la bouteille sans bouchon perd sa force. Il ne tue même pas les microbes ni ne nourrit les flammes. Et si vous le mettez dans la lampe, la mèche brûle [et n'éclaire pas]. De la même manière, le moine, s'il n’y prend garde, ne se rend pas compte qu'il exclut la grâce divine et que ce qui lui reste n'est que l’habit. Il est comme l'alcool qui a perdu sa force. Il ne peut plus brûler le diable. La lumière des moines vient des anges et la lumière des laïcs vient des moines. Après cela, il n'y a plus de lumière.

Savez-vous combien de dégâts entraîne la manière profane de penser ? Si la spiritualité qui s’origine dans le monachisme est perdue, il ne reste plus rien. Parce que si le sel est altéré, il ne sera même pas bon comme engrais. Les ordures sont bonnes comme engrais, tandis que le sel ne l'est pas. Si vous le mettez à la racine d'une plante, il la brûlera. Aujourd'hui, nous sommes dans une époque où le monachisme doit briller. Dans cette pourriture, il y a besoin de sel. Si les monastères n'ont pas une manière de penser profane, mais vivent dans un environnement spirituel, alors ce sera leur offrande à la société. Ils n'auront besoin de ni parler ni de faire quelque chose d’autre parce leur propre vie parlera à leur place. C'est ce dont le monde a besoin.

Avez-vous vu jusqu’où sont allés les catholiques ? Je me souviens qu'il y a quelques années quand j'étais au monastère de Stomiu à Konitsa, quelqu'un m'a apporté une feuille de journaux où il était écrit: « Trois cents religieuses ont protesté : pourquoi ne pas aller voir un film au cinéma ? Pourquoi ne pas avoir leurs robes jusqu'aux genoux plutôt que jusqu'à leurs orteils ? J'ai été tellement affecté quand j'ai lu cela que j'ai dit - Pourquoi devenir moniales alors ? Et puis ils ont écrit que toutes les religieuses avaient abandonné leur habit. Mais en vérité avec la manière dont elles pensaient, elles les avaient abandonnés depuis longtemps avant. Une fois j'ai vu une religieuse catholique qui ne différait pas d'une femme laïque. Elle faisait apparemment un travail missionnaire et elle ne différait en rien d’une de ces jeunes filles les plus modernes. Nous ne devons pas permettre cet esprit européen de nous pousser à cet état limite.


  • Père, il me semble difficile de renoncer à la manière générale de penser. 

 Ce n'est pas si difficile, il y faut de la vigilance. Pensez à ce qu’Arsène le Grand a dit : « Pourquoi vous êtes-vous retiré ? » Nous oublions pourquoi nous sommes venus au monastère. Nous commençons tous plus ou moins bien mais nous ne finissons pas bien parce que nous oublions pourquoi nous sommes venus au monastère.


  • Père, vous avez dit que l'esprit mondain infiltre le monachisme et que le zèle spirituel se perd. Le véritable esprit du monachisme sera-t-il préservé? 

Il y a une tempête. Mais Dieu ne le permettra pas.

  • Père, je m'interroge : existe-t-il encore des communautés de vie monacale où l’on puisse faire un cheminement spirituel?

 Ce serait le comble que l’on n’en trouve plus ! La Theotokos nous enverrait tous en prison. Il y a des moines qui vivent une vie très spirituelle, très tranquillement.
 Il y a des âmes vertueuses dans n'importe quel monastère, dans n'importe quelle église métropolitaine. Ce sont ceux qui intercèdent auprès de Dieu et grâce à eux, Il nous supporte toujours.


P. Paisie
(traduction de l'anglais par M.M.)

mardi 1 août 2017

Des "RUSSES VÉRITABLES" par LAURENCE

https://www.facebook.com/notes/laurence-guillon/le-bien-en-marche/10153884730443867/


En allant en Russie, je me suis mise en conformité avec moi-même, avec le chemin de ma vie, et en effet, j'y ai beaucoup plus de perspectives, je chante à nouveau, je fréquente à nouveau des ethnomusiciens, je fréquente des artistes et des intellectuels vrais et profonds, j'ai de sérieuses chances de publier et de toucher des gens que concernent ce que j'écris. Je pense aussi réaliser un témoignage, par mon choix, devant les Français qui me lisent, mais aussi devant les Russes qu'un tel choix sidère. Une artiste peintre m'a déclaré: "Vous m'avez donné l'occasion de voir qu'une véritable idéaliste peut exister en chair et en os." 
Mais j'ai eu l'impression de repartir au combat alors que je n'aspirais qu"au repos, et c'est bien de cela qu'il s'agit. D'un point de vue matériel et administratif, les choses vont peu à peu se résoudre, naturellement, et ma maison est plus agréable à habiter que celle que j'avais dans le Gard, plus claire, plus grande, mieux chauffée, paradoxalement moins humide (peut-être le bois à la place de la pierre), alors que je vis dans un marécage, une sorte de Camargue froide pleine de roseaux. Je pense que je m'en sortirai mieux sur un plan financier, mais l'aventure me coûte quand même cher, tout changement me fait perdre des plumes, car je gère tout cela très mal. Je suis extrêmement fatiguée par les travaux, les démarches, les allées et venues, le climat, les émotions diverses. Cela va se tasser plus ou moins. 
Mais je me rends compte que le combat se situera bientôt ailleurs: je deviens peu à peu là bas un phénomène, si mon livre est publié, je le deviendrai encore plus et je serai attaquée par les libéraux qui sont scandalisés de m'avoir vu choisir "ce pays", "cette populace" et "cette religion" (rétrograde qui pue la sainte Russie). Je serai également attaquée de l'autre côté par les néocommunistes et négationnistes staliniens par mon refus de participer à cela et de cracher, pour justifier leur idéologie sur les tombes des nombreuses victimes innocentes qu'elle a laissée derrière elle. Pourtant, j'avais fini par faire la paix avec les communistes qui au moins, partageaient avec moi le respect des valeurs humaines établies telle que la famille et la patrie, du moins en ce qui concerne ceux d'aujourd'hui, pas les bolcheviques, évidemment. Et le capitalisme libéral me dégoute tellement, me parait tellement corrupteur et de plus en plus totalitaire, que je me ficherais complètement de voir le pays revenir à une sorte de communisme non idéologique, où les ressources et les organismes d'intérêt général seraient nationalisés, où nulle fortune hypertrophiée et tentaculaire ne serait plus pêrmise et où tout le monde vivrait modestement. Mais c'est que ces gens là viennent systématiquement aboyer dans mes commentaires quand j'évoque Nicolas II ou la collectivisation, colporter d'ignobles calomnies sur tous ces morts et j'en ai même un qui a osé me dire que l'URSS était l'apothéose de l'histoire russe! Mon refus de me laisser embrigader là dedans (si je ne suis pas libérale, alors il me faut être stalinienne) les déçoit et les indigne! Ma position est tout à fait simple: je suis orthodoxe et tsariste, je suis slavophile et médiévale. Tout le reste vient pour moi du démon. Il y a des gens comme moi en Russie, il y en a même pas mal, et je dirais que ce sont les Russes véritables, entre les mondialistes qui n'ont plus ni culture ni patrie et les mutants post-soviétiques. Mais l'existence des deux mouvements issus du progressisme matérialiste et du rationnalisme dont nous crevons tous compromet le mouvement précédent qui allait dans le sens du repentir, de la réconciliation et du retour aux sources. Dans le désastre eltsinien, on n'entendait plus glapir les nostalgiques du goulag et des éxécutions de masse, on entendait seulement les libéraux, cela ne fait pas beaucoup de monde, même s'ils tiennent le moitié des médias. Cependant, les uns nourrissent les autres, et se justifient mutuellement: l'existence de traîtres caractérisés justifie a posteriori la politique de répression stalinienne aux yeux de beaucoup de gens simples exaspérés. Fort heureusement, à l'intérieur de ces deux groupes égarés, il y a des nuances individuelles, qui permettent une osmose par capillarité. Des communistes et même des néostaliniens qui regrettent l'immonde assassinat de la famille impériale ou les diverses purges, et n'ont pas d'antipahie pour l'Eglise Orthodoxe. Des libéraux qui ne renient pas complètement leur patrie mais se laissent embarquer par leur milieu, l'indignation suscitée par la conduite souvent extrêmement répréhensibles des fonctionnaires et qui ne voient pas plus loin que ce qui se passe sour leur nez. Mais partout où se développe la confusion fleurit le mensonge et la haine. Certains commentaires antireligieux délirent positivement de haine: Eglise Orthodoxe = sainte Russie = tout ce qui nous fait honte, alors que nous devrions en être fiers. Cela nous fait honte, parce que nous voudrions être des Américains ou des Allemands (grand Dieu pourquoi?) ou cela nous fait honte, parce que nous avons laissé assassiner tout cela par des aventuriers pour un résultat sinistre et médiocre qui a débouché sur un désastre.
(source :  extrait de Bilan épistolaire)

vendredi 28 juillet 2017

À feu et... ?

"Capsule spatio-temporelle
Le midi brûle, et les départs de feu sont si judicieusement répartis qu’on peut difficilement douter de leur préméditation. Nous avons laissé entrer le cheval de Troie et voici la suite. La France à feu avant de l’être à sang. Le midi, la côte, nos plus merveilleux endroits, ceux où maman et mes tantes passaient avant guerre des étés enchantés, où je communiais avec la mer et le vent..."

Palamas, Traités démonstratifs sur la procession du Saint-Esprit.

Recension par Jean Claude Larchet  sur orthodoxie.com

Palamas, Traités démonstratifs sur la procession du Saint-Esprit Traduction du grec et annotation par Yvan Koenig, introduction de Jean-Claude Larchet, collection « Patrimoines », Éditions du Cerf, Paris, 2017, 200 p.

Les deux Traités démonstratifs (encore connus sous le nom de Traités apodictiques) sur la procession du Saint-Esprit, figurent parmi les toutes premières œuvres de saint Grégoire Palamas (1296-1359), et sont en tout cas ses pre­miers écrits théologiques. Grégoire était alors âgé de trente-huit ans et résidait à l’ermitage de Saint-Sabbas au Mont-Athos.

Rédigés au cours du premier semestre de 1334, ils sont dirigés contre la doctrine latine du Filioque. En même temps qu’ils réfutent cette dernière, ils consti­tuent une apologie de la foi orthodoxe. Le titre complet du pre­mier est : Premier traité apodictique, démontrant que l’Esprit Saint ne procède pas du Fils, mais seulement du Père ; celui du second : Second traité sur la procession du Saint-Esprit, prouvant qu’Il ne provient pas du Fils, et contre les citations de la divine Écriture proposées aujourd’hui par les Latins pour se défendre.

Les circonstances de leur rédaction sont les suivantes. En 1333, deux théologiens domini­cains – l’italien François de Camerino, évêque de Chersonèse et l’anglais Richard, évêque du Bosphore – avaient été envoyés par le pape à Constantinople pour relancer les discussions théologiques sur la question de la procession du Saint-Esprit, dans le cadre d’une nou­velle tentative d’union des Églises dont le pape et l’empereur Andronic III avaient pris conjointement l’initiative. Le théologien Barlaam avait été missionné par le Grand Domestique Jean Cantacuzène et l’empereur Andronic III pour être le représentant des Orientaux dans les débats qui se tinrent à Constantinople de la fin de l’année de l’année 1333 jusqu’en juin 1335.
Grégoire Palamas fut informé par ses amis de Thessalonique du développement des discussions et aussi du contenu des traités antilatins que Barlaam avait rédigés au cours de celles-ci. Deux points lui parurent problématiques: premièrement l’interprétation donnée par Barlaam de l’expression de Grégoire de Nazianze « Principe issu du Principe » appliquée au Fils, qui lui paraissait favorable au Filioque ; deuxièmement, l’affirmation par Barlaam, sur la base d’une mauvaise compréhension de l’apophatisme de Denys l’Aréopagite, de l’impossibilité de recourir en théologie au raisonnement apodictique (démonstratif et probant), ce qui ramenait les discussions sur la procession du Saint-Esprit à la relativité du raisonnement dialectique et les rendait finalement vaines.

Ces deux conceptions erronées de Barlaam comportaient aux yeux de Palamas le risque de déboucher sur un compromis d’union avec les Latins qui se ferait en faveur de leurs positions sur le Filioque.
Ce n’est qu’indirectement (en faisant lui-même usage de la démonstration) que Grégoire Palamas s’oppose dans ses deux traité aux positions méthodologiques de Barlaam, et c’est sur la question dogmatique qu’il se concentre essentiellement.

L’idée du P. Jean Meyendorff – qui détermine une grande partie de son interprétation de l’œuvre de saint Grégoire Palamas – selon laquelle ce dernier se serait déjà ici opposé à l’humanisme byzantin ne concerne en réalité qu’un point secondaire.

Grégoire Palamas réexamine en fait de manière critique la plupart des arguments en faveur du Filioque qui ont été présentés au XIIIe et au XIVe siècle par les Latins et leurs partisans, lors de discussions qui visaient en particulier à faire reconnaître par les orthodoxes l’expression « par le Fils », utilisée par certains Pères, comme un équivalent de l’expression « et du Fils » (Filioque), ou du moins comme compatible avec celle-ci.
Ses critiques, s’adressent aux Latins mais aussi aux « latinophrones », c’est-à-dire aux théologiens byzantins « pensant à la manière latine » et disposés à faire un compromis avec les Latins.

Beaucoup d’arguments latinophrones (c’est-à-dire conforme à la pensée des Latins) visés par Palamas sont des arguments qui ont été développés dans les siècles précédents, notamment dans les deux traités sur la procession du Saint-Esprit – ĺ – de Nicéphore Blemmydès (1198-1269), et surtout dans les Titres de Jean Bekkos, patriarche de Constantinople de 1275 à 1282, dont Grégoire Palamas a élaboré une réfutation à la même époque qu’il a rédigé les Traités démonstratifs: Contre Jean Bekkos).

Après la triste expérience du concile d’union de Lyon en 1274, les or­thodoxes se montraient sans aucun doute extrêmement méfiants à l’égard des tenta­tives unionistes dont l’initiative était périodique­ment prise par le pouvoir pour des raisons essentiellement poli­tiques et où celui-ci semblait, pour aboutir, prêt à favoriser tous les compromis dogmatiques quitte à brader la foi orthodoxe. Une dé­marche (qui n’avait pu aboutir en raison de la guerre civile) venait d’être faite récemment (1323-1327) auprès du Pape Jean XXII par Andronic II qui s’inquiétait de l’avancée des Turcs en Asie Mi­neure et souhaitait s’assurer l’appui de l’Occident. Dans le même temps, les Latins exerçaient à Constantinople une influence de plus en plus marquée. C’est à l’initiative d’Andronic III qui venait, en 1332, de for­mer une ligue avec Venise et les Hospitaliers de Rhodes, qu’avaient été entreprises les dernières négociations de 1333-1335 destinées à établir l’union des Églises. La vigoureuse condamnation du patriarche Jean Bekkos et des latinophrones par le concile des Blachernes réuni en 1285 (soit seulement cinquante ans auparavant) par le patriarche Grégoire de Chypre, avait sans aucun doute rendu les orthodoxes vigilants et par­ticulièrement exigeants en ce qui concerne question de la procession du Saint-Esprit qui apparaissait comme le principal point de divergence entre les deux Églises.

Les Traités démonstratifs semblent donc avoir été écrits pour dé­fendre la foi orthodoxe et réfuter la doctrine latine du Filioque à un moment où l’on avait tout lieu de craindre que, pour mener à bien des visées poli­tiques, l’empereur et le théologien Barlaam qu’il avait missionné pour mener les discussions fassent des concessions aux positions latines et réalisent à la hâte une union où la foi orthodoxe se trouverait sacrifiée. Cette idée est partagée par un spécialiste catholique de Palamas, R. E. Sinkewicz : « il apparaît que Palamas a réagi aux nouvelles de discussions renouvelées avec les Latins et a écrit aussi­tôt un ex­posé de la foi orthodoxe sur le sujet, afin de repousser par avance toute possibilité de compromis doctrinal. »
Les Traités ont une forme polémique très mar­quée ; ils attaquent les Latins d’emblée, de front, et en permanence, et ils se présentent moins comme une proposition de dialogue que comme une vigoureuse réfutation de la doctrine la­tine du Filioque – aussi bien dans sa forme classique que dans ses développements récents – corrélative d’une ferme apologie de la foi ortho­doxe.

Pour saint Grégoire Palamas comme pour tous les Pères qui ont défendu la doctrine orthodoxe de la procession du Saint-Esprit, la doctrine latine du Filioque ne peut faire l’objet d’aucun com­promis et même d’aucune négociation : le Filioque est une ajout illicite au Credo, qui contredit la foi de l’Église et paraît définiti­vement incompatible avec les enseignements du Christ, des Apôtres, des Pères et des Conciles.
P
L’ardeur mise par saint Grégoire Palamas dans les deux Traités démonstratifs à réfuter la doctrine latine du Filioque jusque dans ses développements les plus subtils et à défendre corrélativement la foi orthodoxe sur la procession du Saint-Esprit tient à la particulière importance qu’il reconnaît à cette question.
Sa position ferme s’oppose à la position conciliante que mon­traient les représentants de la tendance latinophrone qui, voyant dans l’union des Églises une tâche urgente qui devait aboutir coûte que coûte, minimisait l’importance de cette divergence et allait même jusqu’au relativisme dogmatique. Barlaam témoigne d’une telle attitude dans le discours qu’il a tenu à Avignon en 1339, en tant qu’ambassadeur de l’empereur, devant le pape Benoît XII pour lui présenter un nouveau plan d’union : l’union des Églises, affirmait-il, pouvait être réalisée sur la base d’une foi commune en la Trinité, chacune des deux Églises pouvant, en ce qui concerne la procession du Saint-Esprit, conserver sa propre doctrine, les théo­logiens des deux bords pouvant, s’ils le souhaitaient, poursuivre leurs discussions. Mais l’importance du Filioque était minimisée par les Latins eux-mêmes qui traditionnel­lement attribuaient la sé­paration des Églises plus à des raisons ecclésiologiques (en parti­culier le re­fus de reconnaître l’autorité suprême du pape de Rome) qu’à des raisons dogmatiques et considéraient les Orientaux comme schis­matiques, mais point comme hérétiques. Saint Grégoire Palamas lui-même note dans son Prologue que les Latins affirment que leur pensée est la même quant au fond et ne diffère qu’en ce qui con­cerne l’expression.

Face à ces points de vue des Latins et des latinophrones, saint Grégoire Palamas fait remarquer que l’ajout du Filioque au Credo paraît produire un changement minime, mais « apporte en réalité les bases de grands maux et beaucoup de dan­gereuses absurdités et de choses étrangères à la piété », montrant que, « en ce qui concerne Dieu, même la moindre chose ne saurait être petite »: une nouveauté qui concerne le Principe de toutes choses ne peut en effet qu’entraîner de nombreuses erreurs au su­jet de tout ce qui en dépend.
Pour saint Grégoire Palamas, la différence des deux conceptions est loin de ne correspondre qu’à une différence d’expression et, comme on dirait aujourd’hui, de « sensibilité » : les deux doctrines sont bel et bien fondamentalement contradictoires et donc, selon le principe logique élémentaire de non-contradiction, ne peuvent être toutes les deux vraies; elles ne sont donc ni complémentaires ni compatibles, mais exclusives l’une de l’autre: si l’une est vraie, l’autre est nécessairement fausse.

Le Filioque est une hérésie comparable et semblable à toutes les hérésies du passé, comme celles des ariens, des apollinaristes, des eunoméens ou des macédoniens…

Sa gravité se manifeste non seulement sur le plan dog­ma­tique, mais encore sur les plans ecclésiologique et spirituel (les trois plans étant indissolublement liés): il implique une rupture de communion et empêche le rétablissement de celle-ci.

Confesser que le Saint-Esprit ne procède pas du Père seul, c’est, selon Grégoire, carrément s’exclure de Dieu et de la Sainte Trinité. On voit très clairement ici que Grégoire, loin de considérer la question du Filioque comme secondaire, y voit, plutôt que dans des raisons politiques ou autres, la principale source de la rupture de communion et de la séparation des Églises orthodoxes d’Orient et de l’Église de Rome et le princi­pal obstacle au rétablissement de cette communion et à la ré-union des Églises. « Jamais, dit-il aux Latins, nous ne vous accepterons en communion aussi longtemps que vous direz que l’Esprit est aussi du Fils (Filioque) ».
Selon Grégoire, la première étape de la démarche à suivre pour rétablir la communion et l’unité entre les Églises est que les Latins retirent le Filioque du Credo puisque celle formule y a manifeste­ment été ajoutée. Mais cela ne suffira pas : encore faut-il que la théologie latine s’accorde avec la foi orthodoxe dont témoigne « l’accord éclatant des Pères théophores ». Il propose donc que s’engagent des discussions théologiques en vue de retrouver un tel accord, et même de traiter de cette question au sein d’un concile, en prenant pour exemple les Pères qui, à propos d’autres questions controversées comme celle des deux natures, opérations et volontés du Christ, sont finalement retournés « à la paix com­mune dans la piété ». Grégoire rappelle avec émotion et nostalgie qu’il y avait autrefois un accord entre l’Église d’Orient et l’Église de Rome, et il considère que cet accord devrait pouvoir être retrouvé si cette dernière acceptait seulement de faire retour à l’ancienne foi commune définie par les grands conciles œcuméniques et par les Pères.

Les deux Traités démonstratifs de saint Grégoire Palamas avaient déjà été traduits en français par Emmanuel Ponsoye sous le titre Traités apodictiques sur la procession du Saint-Esprit (Éditions de l’Ancre, Paris-Suresnes, 1995). Yvan Koenig en propose ici une traduction nouvelle, nettement améliorée, et annotée par ses soins. L’introduction, qui occupe près de la moitié du volume, présente les circonstances et le contexte de la rédaction des traités et analyse ceux-ci dans le détail, étape par étape, pour en rendre la lecture plus aisée. Elle actualise et corrige sur certains points (en particulier la position de Palamas par rapport à Barlaam et à Grégoire de Chypre) l’introduction de la première édition.
Jean-Claude Larchet

jeudi 20 juillet 2017

AUTORITÉ, POUVOIR, RESPONSABILITÉ les risques du métier

Source : https://www.linkedin.com/pulse/je-suis-votre-chef-isabelle-barth

« Je suis votre chef ! »
ou la leçon de leadership à hauts risques de Monsieur Macron

Par Isabelle Barth
Professeur des Universités et chercheur en Management

Nous sommes nombreux à avoir vu et entendu l’allocution du président de la république Emmanuel Macron du 13 juillet 2017, adressée aux militaires de la nation. Il a été difficile d’échapper aux commentaires qui vont de « bourre-pif » à « recadrage », « avoinée » ou « acte d’autorité ».

Je rappelle le texte qui tourne en boucle sur les réseaux sociaux (1) :

 "Il ne m'a pas échappé que ces derniers jours ont été marqués par de nombreux débats sur le budget de la Défense. Je considère, pour ma part, qu'il n'est pas digne d'étaler certains débats sur la place publique. J'ai pris des engagements.Je suis votre chef. Les engagements que je prends devant nos concitoyens et devant les armées, je sais les tenir. Et je n'ai à cet égard besoin de nulle pression et de nul commentaire."

Le contexte de ce discours est bien particulier, tant du point de vue du vocabulaire puisque le président de la république est le « chef des armées », que l’armée est soumise à la hiérarchie, et qu’elle a aussi une tradition de discrétion comme l’illustre son surnom de « grande muette ».

Pourtant, nous pouvons y voir une leçon de leadership. Quelle qu’en soit l’issue, j’y vois une leçon à hauts risques. J'en identifie trois : 1/ la confusion entre pouvoir et autorité, 2/ la création d 'un point de non-retour, 3/ le déni du conflit de loyauté.

Il ne faut pas confondre autorité et pouvoir

Le vocabulaire employé est celui duleader incarné. Emmanuel Macron a investi le propos en disant « je ». Il aurait pu utiliser un détour par la troisième personne : « Le président de la république est le chef des armées », « En tant que président de la république, je suis le chef des armées ».

Non, ça a été « Je suis » qui marque uneincarnation forte de la fonction.

C’est ensuite l’intonation qui est intéressante? C'aurait pu être « Je suis votre chef », soulignant l’investissement dans la fonction de dirigeant et la proximité avec les troupes. Non, ça a été « Je suis votre chef », soulignant avec ce terme, le pouvoir sur les personnes présentes, la manifestation d’uneautorité descendante.

Or, si le pouvoir peut se décréter (il est fait du statut, des responsabilités, d’une légitimité extrinsèque comme le suffrage universel …), ce n’est pas le cas de l’autorité qui, elle, relève de la reconnaissance libre de la légitimité de la personne.

Décréter son pouvoir, c’est prendre le risque de fragiliser son autorité. Cette manifestation de passage en force peut être la démonstration, au contraire, d’un désarroi ou d’un manque de confiance en soi . Quand on assène cet argument massue devant une rébellion ou un refus manifeste d’obéir : « Je suis votre chef ! » on oublie juste que si cet argument est réfuté, il ne reste plus de cartouche, sauf peut être celle de l’abus de pouvoir.

Le risque de créer un point de non retour

On retrouve dans cette allocution unetactique classique en gestion de conflit ou de remise en cause de l’autorité : l’idée qu’il faut savoir marquer son territoire et « montrer qui commande ». Cette option prône qu’en cas de dérive de comportement comme celle attribuée au Général de Villiers,c’est au « chef » de recadrer en objectivant le dysfonctionnement et en énonçant clairement ce qui est reproché.

Emmanuel Macron l’a fait, mais il l’a fait en public, ajoutant à la réprimande justifiée à ses yeux, l’humiliation publique, ce qui éloigne de la notion si centrale de respect et peut détruire la confiance.

On rétorquera que c’est justement la publicité et le manque de discrétion des critiques qui été l’objet de la réprimande… Soit, mais est-ce suffisant ?

Les risques d’une telle posture sont grands : ceux de susciter le rejet (« Pour qui se prend-il ? »), la méfiance (« On ne le voyait pas comme cela »), le soupçon(« Que va-t-il dire ou faire la prochaine fois ? »), trois attitudes qui coupent un chef de ses troupes.

En rendant public le blâme, Emmanuel Macron crée un point de non retour, ne laissant pas d’autres issues que la soumission ou la défection.

Dénier le conflit de loyauté

Ce que semble avoir occulté Macron tout à son désir de marquer son pouvoir, c’est que le Général de Villiers vivait un conflit de loyauté. Or, le conflit de loyauté est très courant dans le monde du travail. Il s’agit de savoir à qui doit aller notre loyauté : au projet global (en l’occurrence les armées françaises) ? Ou bien au chef (de ses armées dans le cas présent) ? C’est une variante du « conflit du double patron » (qui, lui, oppose l’entreprise et le client) : « Dois-je être loyal à mon chef ? » lorsqu’il prend une décision qui me semble mauvaise pour le devenir de l’entreprise ou de la France ?

La clause de conscience qui existe dans certaines professions (comme les journalistes), le devoir d’interpellation, le « whistle-blowing » penchent clairement pour l’adoption d’une posture critique et d’opposition aux ordres donnés.

Une leçon de leadership à haut risque mais un management irresponsable

Cette tactique du « tout pouvoir » ne porte pas toujours ses fruits, elle peut même être contre-productive car, au lieu de rentrer dans le rang, le collaborateur pris ainsi à partie peut chercher à se venger, maintenant ou plus tard, suivi d'autres opposants restés silencieux.

On entretient très souvent la confusion entre leadership et management. Nous avons là une leçon de leadership à très haut risque mais elle ne sera critiquable ou critiquée que si elle échoue.

Dans le cas du management, ce choix de décréter son pouvoir, avec blâme public et déni de conflit de loyauté, serait tout simplement une pratique irresponsable.

vendredi 14 juillet 2017

La fabrication du consentement


Les 5 filtres des médias de masse Noam Chomsky

Quelques différences…

Un prêtre orthodoxe dans sa vie quotidienne, lors de discussions, de conversations avec les uns et les autres, dit un nombre incalculable de fois "Le Seigneur a dit…".
Quelle est la phrase qui revient souvent dans la bouche du prêtre catholique ?
- " Le Pape a dit…"