Les lèvres mensongères font horreur à l'Éternel, tandis que ceux qui agissent avec fidélité lui sont agréables. Proverbes 12:22 «C'est ce qui sort de l'homme qui le rend impur. En effet, c'est de l’intérieur, c'est du cœur des hommes que sortent les mauvaises pensées, les adultères, l'immoralité sexuelle, les meurtres, les vols, la soif de posséder, les méchancetés, la fraude, la débauche, le regard envieux, la calomnie, l'orgueil, la folie. Toutes ces choses mauvaises sortent du dedans et rendent l'homme impur.» Marc 7:20-23 Un témoin fidèle ne ment pas, tandis qu’un faux témoin dit des mensonges. Proverbes 14:5 « Vous, vous avez pour père le diable et vous voulez accomplir les désirs de votre père. Il a été meurtrier dès le commencement et il ne s'est pas tenu dans la vérité parce qu'il n'y a pas de vérité en lui. Lorsqu'il profère le mensonge, il parle de son propre fond, car il est menteur et le père du mensonge. » Jean 8:44 Si les paroles distinguées ne conviennent pas à un fou, les paroles mensongères conviennent d’autant moins à un noble. Proverbes 17:7 « Écarte de ta bouche la fausseté, éloigne de tes lèvres les détours ! Proverbes 4:24 Craindre l'Éternel, c'est détester le mal. L'arrogance, l'orgueil, la voie du mal et la bouche perverse, voilà ce que je déteste. » Proverbes 8:13 « Pierre lui dit : «Ananias, pourquoi Satan a-t-il rempli ton cœur, au point que tu aies menti au Saint-Esprit et gardé une partie du prix du champ? […] Comment as-tu pu former dans ton cœur un projet pareil? Ce n'est pas à des hommes que tu as menti, mais à Dieu.»Actes 5:3-4Mais pour les lâches, les incrédules, les abominables, les meurtriers, les impudiques, les enchanteurs, les idolâtres, et tous les menteurs, leur part sera dans l'étang ardent de feu et de soufre, ce qui est la seconde mort.Apocalypse 21.8

mercredi 13 avril 2011

Saint Martin le Confesseur, pape de Rome,


Saint Martin le Confesseur, pape de Rome, était originaire de la région de Toscane en Italie. Il reçut une éducation raffinée et entra dans le clergé de l'Église romaine. Après la mort du pape Théodore I (642-649), Martin fut choisi pour lui succéder.
A cette époque la paix de l’Église était troublée par l'hérésie monothélite (la fausse doctrine selon laquelle dans le Christ il n'y a qu'une seule volonté à la fois divine et humaine). Les disputes sans fin des Monothélites avec les Orthodoxes eut lieu à tous les niveaux de la population. Même l'empereur Constant (641-668) et le patriarche Paul de Constantinople (641-654) excommunié pour hérésie par le Pape Théodore furent des adeptes de l'hérésie monothélite. L'empereur Constant II (641-668), en réaction contre cette intervention du pape et craignant qu'une rupture ouverte avec Rome n'aggravât la situation politique, devenue plus que jamais précaire à la suite de la conquête de l'Egypte par les Arabes, publia un Credo hérétique par édit (τυπος) en 648, et le rendit obligatoire pour toute la population avec interdiction de débattre davantage des deux natures et des deux volontés du Christ sous peine de châtiment sévère.
On commença alors à poursuivre et à persécuter les Orthodoxes, surtout les moines et les amis de Saint Maxime Le très saint confesseur de la vraie foi.
A l’annonce de ce Credo hérétique à Rome en l'an 649, St Martin, ferme soutien de l'Orthodoxie, inspiré par Saint Maxime le Confesseur venu lui rendre visite, convoqua le concile de Latran à Rome pour condamner l'hérésie monothélite.
Dans le même temps Saint-Martin envoya une lettre au patriarche Paul, le persuadant de revenir à la confession de la foi orthodoxe. L'empereur furieux ordonna au commandant militaire Olympius de traduire St Martin en justice. Mais Olympien craignait le clergé et le peuple de Rome, venu pour le Concile, et il envoya un soldat pour assassiner le saint Hiérarque. Lorsque l'assassin s’approcha de St Martin, il fut aveuglé. Olympius terrifié s'enfuit en Sicile, et fut bientôt tué dans une bataille.
En 654 l'empereur envoya un autre chef militaire, Théodore, à Rome. Il accusa St Martin d'être en correspondance secrète avec les ennemis de l'Empire, les Sarrasins, et de blasphémer envers la Très Sainte Mère de Dieu, et d’occuper le trône de pape de Rome de manière non canonique.
Malgré les preuves apportées par le clergé et les laïcs romains de l'innocence de Saint Martin, le commandant militaire Théodore avec un détachement de soldats s’empara de St Martin de nuit et l’emmena à Naxos, l'une des îles des Cyclades en mer Égée. St Martin passa une année entière sur cette île très peu peuplée, souffrant de privation et d'abus de la part des gardes. Puis ils envoyèrent le confesseur épuisé à Constantinople pour le procès.

Ils furent contraints de transporter le malade sur une civière, mais les juges sans pitié lui ordonnèrent de se lever pour répondre à leurs questions. Les soldats durent soutenir le saint affaibli par la maladie. De faux témoins s'avancèrent à la barre pour calomnier le saint, l'accusant de trahison dans ses relations avec les Sarrasins. Les juges partiaux ne prirent même pas la peine d'entendre la défense du Saint qui, dans la douleur, déclara : «Le Seigneur sait de quelle grande bonté vous feriez preuve en me faisant mourir rapidement."
Après ce procès, on fit sortir le saint en haillons devant une foule qui le conspuait en hurlant «Anathème sur le Pape Martin!" Mais ceux qui savaient bien qu’on infligeait injustement ces souffrances à ce saint Pape se retirèrent en larmes. Enfin, la sentence fut proclamée : St Martin devait être déchu de son rang et exécuté. Ils enchaînèrent le saint à moitié nu et le traînèrent en prison, où on l’enferma avec les voleurs qui furent plus miséricordieux envers le saint que les hérétiques.
Au milieu de tout cela l'empereur alla visiter le Patriarche Paul à l’agonie et lui fit part du procès de St Martin. Le hiérarque se détourna de l'empereur et lui dit: «Malheur à moi! Voilà une autre raison de mon jugement » et il demanda qu’on arrêtât les tourments de St Martin. L'empereur envoya un nouveau magistrat et d'autres personnes pour interroger le saint en prison. Le saint répondit: «Même si on m’estropiait, je n’aurais pas de relations avec l'Eglise de Constantinople tant qu'elle demeure dans ses fausses doctrines." Les tortionnaires furent étonnés de l'audace du confesseur, et ils commuèrent sa condamnation à mort en exil à Chersonèse en Crimée.

Le saint mourut, épuisé par la maladie, la faim et les privations le 16 Septembre 655. Il fut enterré en dehors de la ville dans l'église des Blachernes de la Toute Sainte Déipare, et plus tard les reliques du saint confesseur Martin furent transférées à Rome.
L'hérésie monothélite a été condamnée au sixième Concile Œcuménique en 680.
Quant à Saint Maxime, il fut arrêté, un peu avant Martin, avec son fidèle disciple Anastase et un autre Anastase, apocrisaire (légat) du pape et l’on sait comment le grand confesseur et martyre fut également emprisonné, persécuté, torturé et mutilé pour la défense de la vraie foi.


Tu as renforcé l’Église par la vraie doctrine, sage hiérarque Martin. Tu as proclamé les deux natures du Christ, et blâmé l'hérésie. Supplie le Seigneur de nous accorder sa grande miséricorde.

Kondakion - Ton 8

Grand Prêtre et maître des mystères, tu as fait couler des flots de sainte doctrine. Tu as défendu la vraie doctrine des deux natures et volontés de Christ. Intercède pour ceux qui t'implorent : "Réjouis-toi, bienheureux Père Martin"

samedi 9 avril 2011

Consumérisme, auto-complaisance, auto-flatterie, amour de soi. Entretien avec P.Andrew Phillips [4]


Le péché est devenu presque institutionnalisé dans notre vie quotidienne

BM - Comment comprenez-vous, « Je ne dirai pas le secret à tes ennemis ni te donnerai le baiser de Judas », de la prière avant la communion à la liturgie?

P.A - «Dire le secret à ses ennemis», c'est trahir le Christ au lieu de le confesser. Et le baiser de Judas est le baiser de l'hypocrite. Ces mots sont l’expression de la sincérité de nous tous, parce qu'à notre époque tout péché fait de nous un traître et un hypocrite. Et le péché est devenu presque institutionnalisé dans notre vie quotidienne. C'est très triste. Nous devons prendre ces paroles comme un avertissement pour nous. Sommes-nous prêts à être fidèles au Christ, à témoigner de Lui ? Sommes-nous prêts à subir le martyre pour Lui ? Si non, alors franchement, nous devrions avoir honte de nous appeler chrétiens orthodoxes et nous ne devrions pas aller communier.

BM - Peut-on considérer le péché comme un acte de trahison en face de Dieu?

P.A - Oui, le péché est un acte d'infidélité, de trahison envers le royaume de Dieu. Mais nous ne devrions pas désespérer, la repentance est toujours possible. Dieu nous reçoit toujours.

La culture moderne est égoïste

BM - Il semble que les gens ne sont intéressés que par la façon de consommer et de posséder davantage,. Le monde est égoïste. Même dans cette terre bénie nous pouvons observer une baisse de l'intérêt pour la religion. Les gens, quand ils ont des problèmes, ont tendance à maudire Dieu, plutôt que de revenir à Lui, comme jadis. Qu'est ce qui détermine ce cœur de pierre? Serait-ce parce que Dieu ne répond pas à nos revendications égoïstes?

P.A - L'ensemble du système moderne de consommation occidental est fondé sur l'égoïsme: «Je m'aime». Cela crée des cœurs de pierre, seulement capables de s’aimer eux-mêmes. Le système occidental, dans lequel la Roumanie est maintenant absorbée, est fondé sur le moi. Qu’est-ce que le consumérisme? C’est l’auto-complaisance, l'auto-flatterie, l'amour de soi. Parce que la culture moderne est égoïste, elle est destructrice de tout collectif, de la famille, de la nation et bien sûr de la plus grande communauté de toutes, l'Église, qui s'oppose à l'individualisme. Comme les pays occidentaux, la Roumanie est maintenant sur la voie de l'auto-destruction, du et du suicide spirituel et également culturel.

BM - Vous savez ce que je pense? Ce bien-être apporté par la technologie vous rend heureux en quelque sorte, mais de façon non naturelle, car elle vous pousse à l'égoïsme. En vous battant pour votre propre intérêt, vous oubliez les autres, alors que les ennuis vous conservent votre vigilance. Lorsque vous vous sentez mal, vous pouvez voir quand les autres se sentent mal également, mais quand vous allez bien, vous ne les voyez plus. L'homme court après le plaisir, mais tout cela est illusion. À un moment donné vous vous lassez de tout ce dont vous disposez et vous désirez quelque chose d’autre (une autre chose qui vous fasse plaisir). Pourquoi ne nous sentons pas satisfaits par ce que nous trouvons dans ces choses qui nous procurent du plaisir ?

P.A - Oui, je suis d'accord. Le consumérisme est pur égoïsme. Tout a commencé avec le concept américain de ‘self-service’. Mais alors qu'advient-il du service des autres?

Aujourd'hui, je vois des jeunes qui vivent dans un monde anti-social qui leur appartient, avec leur lecteur de MP3, leurs ordinateurs portables, avec leur Facebook, leur MySpace avec leur ceci, leur cela. Ils sont coupés des autres, de la réalité, ils sont dans un monde virtuel (qu’il faudrait plutôt appeler auto-centré). Mon, Ma, Mes, Moi, Moi, Moi.

Cette insatisfaction existe parce que ces choses plaisantes ne donnent du plaisir que pour un temps. Le plaisir à court terme satisfait pour un court laps de temps le corps, les émotions et l'esprit, mais il ne peut rien faire pour l'âme, qui seule est éternelle. La société moderne en son entier est fondée sur la fourniture de ces plaisirs éphémères car elle est sans âme, non éternelle.


Un mouvement chrétien écologique parlerait de s'occuper de ‘la création de Dieu’, pas de 'l’environnement de l'homme’

BM - Je pense que c'est très intéressant, fascinant même, de voir combien de choses on pourrait apprendre en interagissant avec les animaux et la nature. Lorsque vous plantez une graine à laquelle vous prodiguez de soins pour son développement, lorsque vous nourrissez les animaux et recevez leur gentillesse, les fleurs, les oiseaux, c'est comme si "quelqu'un" était en train de dire, de nous apprendre quelque chose. N’est-ce pas ce que vous voulez dire? Cependant, d'une certaine manière une société technologique refuse cet enseignement.

P.A - Qui a planté le jardin d'Eden ‘à l'Est’ ? Dieu. Nous nous rappelons que Dieu marchait dans le jardin dans la fraîcheur de la journée. C’est ainsi que tout soin pour la création de Dieu est en fait une imitation de Dieu le père aimant. L'homme ferait mieux de se penser lui-même comme un jardinier que comme technicien. La technologie est une imitation de Dieu, mais elle est toujours défectueuse, elle défaille tout le temps, elle a toujours un inconvénient, un effet secondaire. Pourquoi? Tout simplement parce que Dieu est bon, mais l'homme est pécheur. Son péché s’étend à tout ce qu'il fait, crée, touche.

Je me souviens quand les Américains sont allés sur la lune, ils ont eu tout de suite un projet visant à mettre des bombes sur la lune. Pourquoi ? La même chose avec l'espace, les Américains comme les Soviétiques avaient des projets de ‘satellites tueurs’ en prévision de la guerre des étoiles. Dès que l'homme va quelque part, il pose des problèmes, et tellement inutilement.

Aujourd'hui, les gens commencent à revenir à l'idée de «protection de l'environnement» en partant de leur propre technologie. Mais à bien y regarder, c’est aussi nuisible, car ils essaient de protéger l'environnement par encore plus de technologie. Par exemple, on m'a dit que les voitures électriques sont très dangereuses parce qu’évidemment elles doivent se procurer leur électricité quelque part, mais aussi parce qu’elles ne peuvent pas être recyclées et que les batteries qu'elles utilisent sont très anti-environnement.

En général, cet écologisme est juste un culte néo-païen de la nature déchue. ‘Environnement’. Ce mot est complètement faux, anti-chrétien, parce qu'il est centré sur l'homme, parce qu'il ne parle que de ce qui est ‘autour de l'homme’. Un mouvement chrétien écologique parlerait de s'occuper de ‘la création de Dieu’, pas de 'l’environnement de l'homme’. Et nous revenons à l'idée de l'homme en tant que jardinier dans le jardin de Dieu. Tant que nous ne reviendrons pas à cela, Dieu ne sera "marchera" plus jamais parmi nous.


Nous craignons la mort, parce qu'elle ne nous est pas naturelle

BM - Un grand théologien roumain (P. Dumitru Staniloae) dit que l'homme est poussé vers les passions par crainte de la mort, mais, paradoxalement, dans l'état qui suit le plaisir du péché ou la vanité, l'homme rencontre alors l'odeur de la mort, de la mort spirituelle bien sûr.

P.A - Nous craignons la mort, parce qu'elle ne nous est pas naturelle. Dieu ne nous a créés pour la mort, mais pour la vie. Dieu est appelé le Créateur, le Donateur de la vie. La mort est venue dans le monde avec le péché d'Adam et, comme dit l'Apôtre, «le salaire du péché c'est la mort » (Romains 6, 23). Toutefois, tant que nous ne reconnaissons pas la réalité de notre déchéance, notre état de péché, nous ne pouvons pas trouver la repentance. Et sans repentance, il n’y a pas d’échappatoire à la mort. Nous fuyons la mort par l'affirmation de notre chair de péché, mais nous nous rendons compte que la chair est mortelle. Nous devenons matériellement riches mais nous n’y trouvons pas le bonheur et nous regrettons vraiment le passé, quand nous n'étions pas riches."(à suivre)
(version française et sous-titres par Maxime le minime
 de la quatrième partie d'une interview parue sur le blog http://sceptik.wordpress.com)

BM - Le fait que nous ne pouvons pas dormir à cause des soucis terrestres est du moins intéressant, mais le fait que nous ne serons pas sauvés ne nous trouble pas tant que ça. Je me souviens de quelques dialogues des Pères du Désert: « – Pourquoi es-tu contrarié, Abba? – J'ai encore besoin de manger.
– Pourquoi es-tu contrarié, Abba? – J'ai encore besoin de dormir. » Mais maintenant, peu importe la prospérité, l'homme veut tout simplement plus et encore plus ... "Car où est ton trésor, là aussi sera ton cœur »(Lc 12, 34)?

Tout péché est un cercle vicieux, comme une drogue, une addiction

P.A - Comme tout mensonge, tout péché est un cercle vicieux, comme une drogue, une addiction. Une fois que nous avons commencé, nous voulons continuer. Nous ne pouvons sortir de l'habitude du péché que par la repentance, une vie nouvelle, la rupture dans la terre du ciel. Le mot grec pour le repentir est «metanoia», qui signifie en réalité «un changement d'esprit». Et c'est ce que nous devons faire - pour changer notre esprit, tourner le dos au péché et revenir à la Maison du Père.(à suivre)
(version française et sous-titres par Maxime le minime
de la quatrième partie d'une interview parue sur le blog http://sceptik.wordpress.com)

vendredi 8 avril 2011

ΡΟΔΟΝ ΤΟ ΑΜΑΡΑΝΤΟΝ La Rose qui ne se flétrit pas

C'est une des deux grandes icônes de la Toute Sainte de notre foyer avec Notre Souveraine Joie de tous les affligés et c'est une grâce de pouvoir la célébrer aujourd'hui. 'Et en plus' la nôtre qui est une copie de celle qui a été 'écrite" à la Sainte Montagne est vraiment très belle dans le plus pur style byzantin.
Toute Sainte sauve-nous !



C'est dans l'Acathiste que l'on trouve ce nom de 'Rose qui ne fane pas' parmi de nombreuses appellations de notre Toute Sainte Souveraine bien aimée.

mercredi 6 avril 2011

Si notre prière est sincère, l'action suit toujours - Entretien avec P.Andrew Phillips [3]


"Il est vrai que selon les époques, le diable utilise contre nous différentes sortes de gens, de groupes de personnes et d’idéologies. Par exemple, à un moment donné, cela a été les communistes qu’il a manipulé pour les utiliser contre nous, aujourd'hui, le diable n'a pas de temps à perdre avec le communisme. Il est indifférent à sa cause. Il a des aides bien plus efficaces aujourd'hui. Malheureusement, beaucoup acceptent ces nouveaux ennemis dans leurs cœurs et leurs foyers, alors qu'is n'auraient jamais accepté le communisme. Tous nos ennemis sont en fait victimes du diable, ils ont abandonné leur liberté accordée par Dieu pour devenir des esclaves du diable. Tous ces gens sophistiqués, «instruits», qui pensent qu'ils savent tout et qu’ils vont sauver l'humanité grâce à leur technologie sont tous des victimes du diable faibles et manipulées. 

Confession et communion

BM - Père, il y a quelque chose que j’étais curieux de savoir mais j'avais oublié de vous le demander : combien de fois selon vous faut-il se confesser et selon quelle fréquence faut-il communier ?

PA - J'encourage les gens à venir se confesser et communier fréquemment. Je recommande une fois par mois, mais, les gens viennent probablement moins souvent que cela en moyenne. Quand vous vivez dans un pays de tradition orthodoxe, peut-être vous ne communiez pas si souvent, mais dans les pays occidentaux, qui sont des déserts spirituels, vous devez prendre une part active dans la vie de l'Église pour survivre spirituellement. D'autre part, je crois aussi à la nécessité d’une préparation minutieuse avant la communion. Nous devons respecter les jeûnes, dire nos prières, lire les Évangiles et les Épîtres, lire les Vies des Saints. Notre vie orthodoxe est un cercle vertueux: nous avons besoin de la grâce de Dieu obtenue par les saints mystères, mais nous devons aussi faire de grands efforts de repentance pour pouvoir prendre part aux mystères régulièrement. Ce qui en retour nous donne le zèle du repentir et le désir de prendre la communion encore plus régulièrement. 

Pour être encore plus clair, permettez-moi d'ajouter ces mots : 

La foi orthodoxe est active et non passive
 
La prière n'est pas suffisante. Si notre prière est sincère, l'action suit toujours. Comme l'apôtre Jacques le dit, la foi sans les œuvres est morte (Jacques 2, 17). Une âme qui est vivante fait des choses. Elle prie d'abord, puis il agit. Une âme qui est morte n'a ni foi, ni œuvres. Une âme qui se meurt, sans être encore morte, peut facilement tomber dans un piétisme passif, une sorte de fatalisme, un quiétisme. Ce n'est pas orthodoxe. Par exemple, un trop grand nombre se contente de confesser que Dieu est miséricordieux. Bien sûr, cela est vrai, mais Dieu est aussi un juste juge. Les Pères disent tous que lorsque nous pensons aux péchés des autres, nous devrions penser à la miséricorde de Dieu. Mais quand nous pensons au sujet de nous-mêmes, nous devons penser Dieu comme le Juste Juge - et trembler. Comment pouvons-nous obtenir le salut? La prière et la communion, mais l'action suit toujours. Lisez Matthieu chapitre 25, [il nous est dit] comment nous devons vêtir ceux qui sont nus, loger les étrangers, nourrir les affamés, visiter les malades et ceux qui sont en prison. [Cependant c'est] à la fois littéralement et au sens spirituel [qu'il faut l'entendre], je veux dire [qu'il s'agit aussi de] ceux qui sont spirituellement nus, qui ont faim spirituellement, qui sont des étrangers spirituels, qui sont spirituellement malades et captifs également dans ce sens. Et il y a certainement même davantage de ces derniers.
Une âme qui est vivante va et fait des choses. Regardez St Jean de Cronstadt. Il a créé une maison pour les salariés, il a aidé des alcooliques, il a pris des prostituées de la rue et leur a donné un travail et ainsi un revenu sains. Saint Nicolas a fait de même, ainsi que St Basile le Grand. La foi orthodoxe est active et non passive. Je pense que beaucoup des problèmes dans certaines parties d'Europe orientale viennent du fait que les communistes ont interdit à l'Église toute activité sociale. Et maintenant, cette passivité est devenue normale. Certes, nous ne sommes pas des Protestants, nous ne devons pas tomber dans l'extrême opposé de l'activisme social. Beaucoup d'actions et aucune prière. 

L'Orthodoxie n'est pas une idéologie

Quiétisme. Activisme. Tous les ismes sont mauvais. Et l'Orthodoxie n'est pas un isme. Être socialement actif n'est pas une idéologie pour nous, ce n'est pas un but, c’est simplement le fruit de notre foi vivante, de l'obéissance aux commandements : aime Dieu et aime ton prochain." (à suivre)
(version française et sous-titres par Maxime le minime
de la troisième partie d'une interview parue sur le blog http://sceptik.wordpress.com)

mardi 5 avril 2011

Exposition d’icônes du Mont Athos au Luxembourg

 

Elie Du 2 au 17 avril 2011 aura lieu, au Luxembourg (à 10 km de la ville de Luxembourg) une exposition inédite dans le monde francophone d’icônes byzantines contemporaines des moines du Mont Athos, exposition intitulée : Le visage de l'Absolu. Au cours de cette exposition (dont l’entrée libre est libre et gratuite), seront présentées pour la première fois au sein du monde francophone quelques-unes des plus belles et plus riches icônes réalisées par les moines du Mont Athos. Deux moines du Mont Athos, père Nikodimos (moine du monastère Saint Paul – ou « Aghiou Pavlou) et père Paisios (moine de la « Nouvelle skite » - ou « Nea Skiti »), s’étant déplacés spécialement du Mont Athos pour l’occasion, présenteront les icônes aux visiteurs, en en expliquant la dimension religieuse et spirituelle. Le peintre d’icône, Jakobos Aghigraphos, organisateur de l’exposition, répond aux questions en présentant le travail de réalisation des icônes d’un point de vue spirituel, mais aussi et surtout d’un point de vue artistique et technique.

Il s’agit d’une occasion rare à ne pas manquer pour découvrir une partie des trésors que recèle la spiritualité orthodoxe, et surtout pour échanger directement avec des représentants de la tradition vivante du Mont Athos. Un service de traduction est assuré, lequel permettra aux visiteurs de dialoguer et d’échanger dans plusieurs langues : français, anglais, grec, russe, ukrainien, italien, hollandais, allemand, roumain et flamand.

Saint-nicolas Date et lieu de l’exposition “Le visage de l’Absolu”
2 - 17 avril 2011
Salle paroissiale de l'église orthodoxe Saint-Nicolas
1A, rue du Schlammesté
L-5770 Weiler-la Tour
Luxembourg
Vernissage : samedi 2 avril à 16h00
Exposition ouverte tous les jours de 11h00 à 19h00.
Entrée libre et gratuite

Pour plus d'informations:
Téléphone: +352.621310286
Téléphone : +352.26670427
Site internet : http://www.montathosicones.com
Comment accéder à l’exposition ?
L’exposition se déroule dans la salle paroissiale de l'église orthodoxe Saint-Nicolas (la salle paroissiale se situe sous l’église) de Weiler-La-Tour.
Attention ! : L’exposition n’étant pas très visible depuis la rue, il faut, pour vous y rendre, parcourir la voie asphaltée (perpendiculaire à la rue) qui descend vers l’église hellénique Saint-Nicolas (au 1 A, rue du Schlammesté). L’entrée de la salle d’exposition se trouve sous l’église et en bas de la pente de la voie asphaltée menant vers l’église.
Parking : Les visiteurs qui viennent en voiture peuvent se garer dans le parking de l’église : ils n’ont alors qu’à accéder en voiture sur la voie asphaltée qui mène, depuis la rue, vers l’église. Le parking se trouve au bout de cette voie asphaltée.
La réitération de ce type d’initiative hors de Grèce dépendra du nombre de visiteurs présents à cette exposition.

lundi 4 avril 2011

UNIVERSELLE COMPASSION...

 
 
Un soir, alors qu'elle se dirigeait de sa chambre vers des toilettes en extérieur, Hena, 14 ans, s'est fait battre et violer par un de ses cousins, bien plus âgé qu'elle, au Bangladesh. La femme de l'agresseur les a alors surpris, et a commencé à rouer de coups la jeune fille. Rapidement, un imam a lancé une fatwa contre Hena. Elle avait selon lui commis un acte d'adultère, en ayant un rapport avec un homme marié.
La punition: 101 coups de fouets. Mais il n'en a fallu que 70 pour que la jeune fille s'évanouisse et doive être emmenée à l'hôpital. Elle est morte une semaine plus tard, le 31 janvier, d'hemorragie interne et d'une perte de sang excessive, raconte un blog du New York Times...





samedi 2 avril 2011

L'Apocalypse : rien n'est inévitable, cela dépend de nous. Entretien avec P. Andrew Phillips [2]

fresque de l'Apocalypse du monastère st Antoine Le grand
de Yaroslav Dobrynine
"BM - Puisque nous avons mentionné les Écritures, partagez avec nous trois passages de l'Écriture que vous aimez particulièrement. Par exemple, j’ai encore en mémoire ce qui advenu à Notre Seigneur, après qu'il a été tenté lors de son séjour de quarante jours au désert, et que le diable est parti : l'endroit était rempli d'anges (Mt 4, 11). Ou quand les apôtres étaient sur le chemin d'Emmaüs, et qu’ils ne l'ont pas reconnu (Lc, 24, 13-32). Certes, ce que le saint apôtre et évangéliste Jean a écrit est vraiment surprenant, et ce sont probablement les plus beaux versets de l'ensemble des Écritures. Mais n'en citez que quelques-uns, ceux que vous aimez le plus.

P. A - C’est évidemment une tâche impossible! Tout ce que je peux faire avec une telle question est de me référer aux trois premières parties de l'Écriture qui me viennent à l'esprit.
Tout d'abord, j'aime particulièrement l'Évangile de Saint Jean. Je veux l'apprendre par cœur. Donc, ma première citation est le verset d'ouverture que nous avons lu la nuit de Pâques, la Nuit de la Résurrection: «Au commencement était le Verbe et le Verbe était avec Dieu, et le Verbe était Dieu». Ceci est très important pour moi.
Deuxièmement, il y a le verset de Saint Matthieu 6, 33: «Cherchez d'abord le royaume de Dieu, et Sa justice, et toutes ces choses vous seront accordées par surcroît».
Enfin, il y a les mots de l'Apôtre Paul dans la première épître aux Corinthiens 1, 25: «La folie de Dieu est plus sage que les hommes, et la faiblesse de Dieu est plus forte que les hommes». Mais en fait, c’est le chapitre entier qui est très cher à mon cœur, particulièrement les versets 22 et 23: «Les Juifs demandent des miracles et les Grecs cherchent la sagesse: nous, nous prêchons le Christ crucifié ..."

BM - En effet, c’est une question difficile, Père, je vous remercie de votre réponse, je suis content qu'il y ait quelqu'un d'autre qui aime les paroles de Saint Jean, plus que d'autres ... Je crois que quelque soit la question, j’obtiendrai une réponse profonde . Je n'allais pas vous le demander, mais puisque vous en avez parlé, dites quelque chose au sujet de la (force de) la parole. Dieu créa le monde simplement par la pensée, Adam nomma le nom des animaux et la nature et ils lui ont obéi et ont répondu à son appel. Le Christ a guéri seulement par la parole, et ainsi de suite ... Combien la parole est puissance…

P.A – Le Christ, la deuxième Personne de la Sainte Trinité, est la Parole et la Sagesse de Dieu, «par qui toutes choses ont été faites», comme nous le confessons dans le Credo.
Or, l'homme est fait à l'image et à la ressemblance de Dieu. Bien que nous ayons un corps d'animal, une chose nous distingue des animaux, nous avons une âme immortelle, puisque Dieu a soufflé sur nous. Ce souffle ou esprit de Dieu nous a donné une âme immortelle et donc la faculté de parler. Aucun animal ne peut parler, les animaux les plus avancées peuvent seulement imiter l'homme, comme par exemple les chimpanzés, qui peuvent "singer" les êtres humains, ou les perroquets qui peuvent répéter le discours humain, ou les chiens qui ressemblent physiquement à leurs propriétaires et même leur donnent l’affection. Mais ce n'est qu’imitation, ce n'est pas de l'intelligence, qui est une faculté de l'âme.
La parole est donc le signe que nous sommes semblables à Dieu et la parole de l'homme est très puissante. Vous avez déjà entendu le dicton, «la plume est plus puissante que l'épée» - de sorte que même le discours écrit est puissant, semblable à Dieu. D’un autre côté, avec la parole, l'homme peut détruire. « Notre pire ennemi est notre langue », disent les Pères. Et pourtant, nous avons St Jean Chrysostome - bouche d'or - et St Nicolas Velimirovich, le Chrysostome serbe. Il est vrai que les paroles des hommes mauvais peuvent blesser et causer du mal, mais avec le temps on les oublie, cependant les paroles des personnes bonnes, hommes et femmes, font le tour du monde, sont traduits et sont répétées depuis des millénaires. C'est parce que la parole humaine est un reflet de la Parole de Dieu. Bien sûr, le plus grand exemple de ceci ce sont les paroles du Fils de Dieu devenu homme, qui ont été traduites dans plus de 2.000 langues depuis plus de 2.000 ans.

BM - Les Saintes Ecritures fournissent des conseils pour tout : la famille, la société, la foi, et ainsi de suite. Mais pour être cynique, je dirais que de nombreuses chutes spirituelles se sont produites précisément dans cet espace chrétien. Où se dirige notre société, Père ? Le rythme est de plus en plus difficile à tenir. La musique est infectée par des vers sataniques et immoraux, la télévision met sans cesse en avant tous les maux, à l'école on apprend le sexe et la drogue ... Que peut faire un vrai chrétien dans ces circonstances pour se tenir à l’abri de toute ces ordures ?

«Dis-moi à qui tu parles et je te dirai qui tu es»

P.A - Le monde retourne au paganisme des trois premiers siècles, combattu par les Pères apostoliques. Que pouvons-nous faire? Priez ! Prier, c'est parler avec Dieu, c'est un acte surnaturel. Chaque seconde que nous prions est une seconde de plus que nous consacrons à l'éternité et non pas à ce monde, à ce qui est au-delà de la nature et n’appartient pas à la nature déchue. On dit : «Dis-moi ce que tu lis et je te dirai qui tu es». Je dis: «Dis-moi à qui tu parles et je te dirai qui tu es». Parlons-nous au Christ, à la Mère de Dieu, aux saints et aux anges - ou parlons-nous à la télévision ?

BM - En Roumanie, on dit : «Dis-moi qui sont tes amis, je te dirai qui tu es». C’est un peu différent, mais c’est valable dans les deux sens. Alors devenir amis avec Dieu et ses saints, c'est un bon conseil ...

P.A - Et ne désespérez pas. À certains moments dans l'histoire l'Apocalypse a été très proche, à d'autres périodes elle a reculé. À l'heure actuelle nous sommes dans un temps d'accélération. Cela ne devrait pas durer. Nous ne pouvons revenir en arrière. Certes, nous sommes tous dans un train qui se dirige rapidement jusqu'au terminus, vers la fin du monde. Mais, vous savez, les trains peuvent tomber en panne, ils peuvent s’arrêter et ils peuvent même revenir en arrière, faire marche arrière. Rien n'est inévitable avec ce train. Cela dépend de nous.

Dieu seul peut faire advenir le bien à partir du mal.

Ayez confiance en la Providence de Dieu. Lui seul peut faire advenir le bien à partir du mal. Donc n’accordez pas de crédit aux prophéties noires et au cynisme de ceux qui ont perdu leur foi. Parce qu'ils ont perdu leur foi, ils ont aussi perdu leur espoir. et parce qu'ils ont perdu leur espoir, ils ont perdu leur amour.

BM - A propos de notre société, faut-il s’en satisfaire et justifier notre manque de résistance avec l'idée qu'il n'y a rien que nous puissions changer, faut-il cesser d'être l'esprit du monde ?

P.A - Chaque prière, chaque jeûne, chaque fois que nous allons à l'église, chaque confession, chaque communion est un acte de résistance au monde et à toutes ses pyramides de valeurs inversées. Nous combattrons jusqu’à la fin. Tout est dans les mains de Dieu. Je suis opposé à ceux qui accusent d'autres races ou groupes de conspiration. Il n'y en a qu'un qui conspire contre nous et c'est le diable."(à suivre)
(version française et sous-titres par Maxime le minime
 de la deuxième partie d'une interview parue sur le blog http://sceptik.wordpress.com)

jeudi 31 mars 2011

"L'Église, seul véritable Mouvement de Résistance dans le monde" Entretien avec P. Andrew Phillips [1]

L'interview qui suit a été faite en automne 2010 et publiée dans le numéro de mars du magazine ROST (2011). À partir de l'année de 2011, Père  Andrew a accepté d'être correspondant du magazine ROST et selon le temps dont il dispose, il enverra des articles, de temps à autre, pour qu'ils soient publiés.

Intro : 
Cher Père, nous allons poursuivre l'entretien que nous avons eu au printemps dernier. Mais cette fois, nous allons limiter les sujets et parler de choses concrètes. Plus que toute autre religion, le christianisme parle d'une nouvelle vie éternelle et la résurrection à venir.
BM – Où en sont les Chrétiens d'aujourd'hui sur le fait qu'ils appartiennent à un «autre monde» (comme vous l'avez dit dans la première interview)? Pourquoi ne pas «résister jusqu'au sang, en luttant contre le péché» (Hébreux 12, 4)?

La "crise"

P.A - Nous sommes dans le monde, mais «pas du monde» (Jn 15, 19). Il y a là une contradiction, une tension, mais la tension peut toujours être créative. La crise actuelle, et le mot «crise» signifie «jugement» en grec, vient du fait que les gens ne reconnaissent plus que nous ne sommes pas du monde, la plupart n’est même pas vaguement au courant, ils voient seulement un destin terrestre pour l’humanité. Pour eux, notre destin est de devenir du compost, car un destin terrestre se termine toujours par la mort. Ils trouvent que cette illusion diabolique d'imaginer que nous sommes du monde leur rend la vie plus facile, car cela signifie qu'ils n'ont pas de responsabilités devant la face de l'éternité, devant Dieu. C'est se bercer.

L'unique et véritable Front de Salut National est l'Église orthodoxe

Résister, lutter contre le péché est difficile, car le Royaume des Cieux est pris par la force, seulement avec beaucoup d'effort (voir Matt. 11, 12). Et qu’est-ce que l'Église, après tout ? C’est le seul véritable Mouvement de Résistance dans le monde, le seul vrai "Front de libération". Je me souviens de la révolution en Roumanie en 1989, lorsque vous avez eu un "Front de Salut National" avec Petre Roman. Nous savions que cela n'aboutirait pas, et que vous passeriez d'une tyrannie, la communiste, à l'autre, celle de Mammon, car ce n'était pas le vrai Front de Salut National. Votre unique et véritable Front de Salut National est l'Église orthodoxe roumaine. Mais la résistance est difficile, car nous sommes paresseux. Il est bien plus facile de se laisser porter par le courant, de suivre le monde que de lui résister avec toutes ses tentations et ses vanités. Mais attention, cette solution est une auto-destruction spirituelle. En Occident, cela est évident.

BM - Avant de passer à la prochaine question, il nous faut mettre au clair quelque chose. Tout d'abord, quel est le lien entre la crise financière et le jugement de Dieu ? Qu’en est-il si la « crise » implique un « jugement » comme vous dites? Et deuxièmement, je suis sûr que vous n'avez pas rencontré personnellement M. Petre Roman, ni quelqu'un d'autre du FSN. Aujourd'hui, il s'avère que vous aviez raison, mais comment se peut-il que vous en ayez eu connaissance alors ?

P.A - Tous les ennuis de l'homme découlent de son péché. S'il n'y avait pas de péché, nous serions encore dans l'Eden. Nous pouvons utiliser des locutions à rallonge comme «difficultés financières», mais en fait, cela veut dire «cupidité» - un mot beaucoup plus simple. Le fait est que tout ce que nous faisons a des conséquences. Nous pouvons vivre dans l'illusion pendant des années, nous pouvons nous endetter pendant des années, mais tôt ou tard, la réalité va intervenir. Toutes les actions humaines ont des conséquences. Si les actions proviennent d'intentions pécheresses, les conséquences en seront toujours pécheresses. En vérité, très souvent, les conséquences sont bien pires que les actions. Par exemple, une jeune fille irresponsable tombe enceinte par un homme irresponsable, et les conséquences vont durer toute une vie, pour des générations, « jusqu'à la troisième génération» comme dit le Livre de l'Exode. Et les conséquences du péché sont appelées «jugement». «Nous avons une crise financière», disent les politiciens. Ce que cela signifie réellement, même si la plupart des politiciens sont trop malhonnêtes pour l'admettre, est ce qui suit : «Nous sommes jugés par les conséquences de nos péchés».
Certes, je n'ai jamais rencontré M. Petre Roman, mais c’est très simple. Celui qui promet qu'il peut vous sauver est soit un menteur, ou bien il s’auto-illusionne. Seul le Christ, le Sauveur peut sauver. Toute conscience chrétienne orthodoxe le sait.

Le péché

BM - Quelle doit être l'attitude du croyant envers le péché, et après tout, comment pouvons-nous définir le péché, car beaucoup ne considèrent vraiment comme péchés que l’assassinat, le viol et le vol ?

P.A - Le péché est tout ce qui nous sépare, nous fait prendre des distances et nous éloigne de Dieu et de notre destin inévitable, parce qu’il nous faudra comparaître devant Lui au jour du Jugement Dernier. Pourquoi nier l'inévitable et refuser de s'y préparer? Se préparer au Jugement c’est de lutter contre le péché dès maintenant. Si nous ne le faisons pas, au moment où nous nous tiendrons devant Lui, nous ferons l'expérience de la présence du Dieu Eternel comme un feu brûlant, et non comme une chaleur amoureuse.

L'indifférence

BM - Est-ce que l'indifférence (sous tous ses aspects) est un péché?

Fr.A - L'indifférence est une maladie de l'âme, la maladie de l'Eglise de Laodicée, qui advient quand nos âmes commencent à mourir. Une fois que l'indifférence a contaminé nos âmes, il n'y a qu'un pas de cet état qui nous sépare de l'hostilité envers Dieu. Pourquoi ? Parce que l'indifférence signifie le vide, un désert et Satan remplit toujours les déserts. Ce n'est pas possible qu'il y ait un vide spirituel, il se remplit toujours, soit par une énergie négative soit spirituelle. C’est à nous de choisir.

BM - Quelle est, en termes simples, la première mesure qui réfrène le péché? Est-ce peur de la mort, la peur de Dieu, la connaissance de l'Ecriture?

P.A - La première mesure qui réfrène le péché est plutôt une conscience que Dieu est, qu'Il existe. Jusqu'à il y ait une prise de conscience de l'existence de Dieu, comme une petite flamme qui brûle dans nos âmes, il ne peut y avoir aucune conscience de l'âme immortelle et de sa destinée. De là naît la conscience du péché, de la souillure spirituelle, de la nécessité de la prière et du repentir, de la mort, du destin de l'homme, du jugement et de la rétribution. Ce n'est que lorsque nous avons une conscience de Dieu qu’il peut y avoir en nous la crainte de Dieu, la crainte du jugement et le désir de vivre une vie ecclésiale et de connaître et de comprendre les Ecritures et les Pères.

BM - Père, quelle est l'essence du christianisme? Après tout, pourquoi devrions-nous croire, de toute façon? Dans la Roumanie d'aujourd'hui, de nombreuses voix clament que l'Eglise a un rôle trop important dans la communauté, qu'il y a beaucoup trop d’églises par rapport aux hôpitaux et aux écoles, que vous n'avez pas besoin de la religion, ni doctrine (de quelque nature) pour nous préserver du meurtre et de l'immoralité. Que devrions-nous leur dire?

La réalité de Dieu s'expérimente

P.A - Nous croyons parce que Dieu est la réalité qui sous-tend l'univers. Nous ne croyons pas qu'Il existe, nous savons qu'Il existe, Il est notre expérience quotidienne. L'essence du christianisme est de se rapprocher de Lui.

L' "occidentalisation" de la Roumanie

À l'heure actuelle, la Roumanie connaît une vague d'occidentalisation. Cela a commencé avec la chute du communisme, puis s'est accéléré avec l'entrée de la Roumanie dans l'UE. Il y a maintenant un effort concerté et conscient, organisé et financé à partir de Bruxelles, qui elle-même est une colonie de Washington, pour occidentaliser la Roumanie. Et qu'est-ce que "occidentaliser" signifie dans le contexte actuel ? Cela signifie simplement rendre captif spirituellement, séculariser. Et cela signifie détruire la vie spirituelle, toute conscience de la réalité spirituelle, de l'autre monde, tout concept d'Eglise et de salut éternel. Par conséquent, ils créent l'illusion parmi les laïcs insensés, qui sont manipulés par l'Occident, que nous n'avons pas besoin de l'Eglise, que c'est un gaspillage d'argent, que vous avez besoin d'hôpitaux, d’écoles, de sécurité sociale, de nouvelles routes, et de tout pour la vie du corps et de l'esprit sans Dieu.

Peut-être que la Roumanie a vraiment besoin de davantage de ces choses, mais ces choses ne vont pas sauver la Roumanie et les Roumains de la mort spirituelle. Seule l'Eglise peut faire cela. Il y a la Roumanie sur la terre, mais il y a aussi une Roumanie dans le ciel - tous ces Roumains, paysans et voïvodes (princes) qui ont plu à Dieu. C'est de la Roumanie qui a une signification éternelle, dont nous devons nous inspirer et à laquelle nous devons ressembler, et non pas une Roumanie sans personnalité, occidentalisée, qui ressemble et se comporte comme n'importe quel autre pays spirituellement captif, avec ses blocs de verre et de béton, sa culture spirituelle repoussante, vidée de toute beauté spirituelle et morale.

BM - Un autre aspect observé de manière évidente, c'est que notre foi a diminué et qu'elle continue à diminuer encore. Qu’est-ce qui a tué notre foi, Père ? Est-ce le progrès, la richesse, la propagande?

P.A – Ce qui est en train de tuer notre foi c’est l'importance toujours plus grande que nous attachons au monde. Et comme Saint Jean le Théologien le dit, le monde gît dans le mal et le prince du monde est satan. Partout où nous privilégions le monde, alors nous perdons notre foi." (à suivre)
(version française et sous-titres par Maxime le minime
 de la première partie d'une interview parue sur le blog http://sceptik.wordpress.com)

lundi 28 mars 2011

Carême orthodoxe, Jeûne et Recettes...

J'avais donné l'adresse d'un site franco-grec d'Athènes dans lequel la rédactrice française mariée à un grec et vivant la vie grecque donnait des recettes de Carême

Pour jeûner - Les recettes de Mary à Athènes


Certain commentateur zélote a trouvé qu'il y avait encore trop souvent de l'huile dans ces recettes à quoi je réponds qu'il n'y a qu'à la supprimer les jours prescrits, tout bonnement. Personnellement je m'adonne pas mal au riz complet, quant à d'autres ils deviennent tout simplement végétaliens... bref si vous ne savez pas quoi choisir, allez visiter le nouveau blog de Claude : TRAPEZA et vous saurez enfin quoi mettre sur votre table.


Oserais-je vous souhaiter Bon appétit ! voire Bon Carême !...




dimanche 27 mars 2011

Augustinisme et recomposition de l'Eglise Une, par P. André Borrely - De l'Augustinisme [fin]

       Conclusion :

" Il y avait dans l’œuvre d'Augustin une systématisation, durcie par la polémique antipélagienne, qui portait en germe les hérésies de la prédestination, de l'arbitraire divin, arrachant les élus à la massa damnata, à la massa perditionis. Des systèmes théologiques ont été édifiés, qui n'étaient plus de simples opinions théologiques n'engageant à l'époque que leurs auteurs parce que l'Eglise n'avait pas encore pris position, mais de véritables hérésies. Toute une présentation augustinienne du christianisme, a été sans doute pour beaucoup dans l'athéisme qui, désormais, imprègne en profondeur notre culture et notre civilisation. St Augustin embarrasse peut-être autant le Catholicisme que l'Orthodoxie. Car, si l'erreur de l'Église latine fut de se laisser imprégner par l'augustinisme, ce fut toujours son honneur d'en rejeter les formes hérétiques qu'il a prises après la mort de St Augustin : Luther, Calvin, Jansénius. C'est ce que nous aurons l'occasion d'approfondir dans les articles qu'avec l'aide de Dieu nous publierons encore sur la concupiscence de la chair, c'est- à-dire sur la sexualité et le corps, sur la nature et la grâce, sur la prédestination et la liberté humaine, sur le refus de l'apophatisme, bref, sur tous les thèmes augustiniens au sujet desquels les chrétiens engagés dans l' œcuménisme feraient bien de tenter de recomposer l'unité au lieu de perdre leur temps à dévoyer l'unité de l'Église en une union des Églises." 
(article paru dans la revue "Orthodoxes à Marseille" n°134 de déc.-janv. 2010-2011
 et retranscrit par Maxime le minime avec la permission de Père André Borrely)

jeudi 24 mars 2011

Sommes-nous dans la fin des temps ? Par P.Moïse de l'Athos

"Même si le ciel et la terre s'unissent, je n'aurai pas peur." Saint Silouane l'Athonite

P Moïse l'Athonite
"Certains voient Dieu comme une nécessité, d’autres comme un fauteuil, et d’autres comme un radeau. Habituellement, les gens trouvent ce qu'ils recherchent et ce qui les intéresse. Ils ne veulent pas trop se fatiguer ni faire beaucoup d’efforts. Ils se satisfont de solutions abruptes et faciles. De cette façon, il advient que le religieux les épuise avec ses obligations formelles sans avantages en retour. Parfois, ils sont attirés par des maîtres sans scrupules qui exploitent leur désir de divin, en leur offrant de la libération, de la joie, de la relaxation et du repos.
      Il y a dans cette recherche une importante dimension démonologique, antichristologique et eschatologique, qui est malheureusement fondée sur des bases fausses. L'extrémisme, fixant des dates pour la fin du monde, en rapport avec la naissance de l'Antéchrist et ainsi de suite, sème une peur voire une terreur dans l'âme des chrétiens, qui est impropre et indésirable. Certains en arrivent à parler plus de l'Antéchrist que du Christ. Leur occupation permanente est l'interprétation de l'époque. Beaucoup de gens qui sont pourtant sages et prudents sont préoccupés par ces importantes inquiétudes populaires. Chaque histoire nouvelle qui confirme leurs soupçons alimente leur souci permanent. Nous ne considérons pas cette réaction exagérée normale.
Les gens ont abandonné la guerre contre les passions contre nature et la culture des vertus naturelles pour occuper toute leur journée avec des fantasmes, des craintes, des superstitions et la possibilité d’agir sur elles par toutes sortes de magies, s’inquiétant en proportion de leur nombre. Ils ont oublié l'étude, la prière, les bonnes œuvres, le repentir et la vie sacramentelle de l'Eglise dans leur lutte avec des explications subjectives et des théories farfelues. Ces sujets éloignent de l'essence, des fondements, et de la joie de la vie spirituelle et amène les gens dans un ténébreux labyrinthe démoniaque.
En disant cela, nous ne voulons pas dire que rien ne se passe. Nous ne parlons pas avec une complaisance malsaine, ou par paresse, ou en étant induit en erreur, ou par indifférence. Il y a certainement lieu d'être vigilant, de se relever, de faire preuve de courage et de résister face à ce qui est impur, faux et malhonnête. La liberté de la personne humaine est très importante et devrait toujours et partout être défendue par tous les moyens. Toute notre attention doit se tourner vers ce qui est essentiel, vital et vrai en soi. Malheureusement beaucoup de gens ont peur d'embrasser la vérité, de voir leur nudité intérieure. C'est pourquoi ils veulent faire des arrangements avec ce qui leur apporte des avantages personnels. [...]
Nous sommes jugés par nos choix. Nous avons la responsabilité de nos choix. L'étude, la connaissance, l'expérience, la culture et les conseils sont choses nécessaires. Permettez-moi de le répéter. Nous avons tous besoin d'un repentir sincère, d'un changement salutaire, d'un changement d'esprit, d'un nouveau mode de vie, d'une nouvelle culture, d'une autre destination, d'un autre objectif, d'un but plus élevé, d'une vie pleine de sens. [...]
Si la carte de citoyenneté dont on débat beaucoup nous prive de nos libertés, bien sûr, on ne devrait pas la recevoir, suivant en cela les décisions de l'Eglise. Mais nous devrions bannir de notre vie la suspicion, les fantasmes, les exagérations, le fanatisme, l'extrémisme et les complots. La peur, la terreur, la panique et la réaction de rejet de tout, ce n'est pas la bonne façon de vivre une vie spirituelle.
Sommes-nous à la fin des temps? Est-ce que les signes des temps sont venus ?
 Est-ce que l'Antéchrist a mis son sceau ? Est-ce la  fin du monde ?
– Tout se fera selon la volonté de Dieu.


L'ancien Saint Silouane a déclaré: "Même si le ciel et la terre s'unissent, je n’aurai pas peur." Le Christ donne aux croyants le courage, le calme, l'espoir, l'optimisme et la joie. Le défaitisme, la tristesse, le pessimisme et le désordre ne conviennent en aucune façon aux chrétiens.

(Version française par Maxime le minime d'après le site http://www.johnsanidopoulos.com/2011/01/are-we-living-in-end-times.html)

mardi 22 mars 2011

Le péché originel (4) De l’Immaculée conception par P. André Borrely - De l'Augustinisme [7]


"Sur la théologie augustinienne du péché originel, qui a amené l'Eglise catholique-romaine au dogme de l'Immaculée Conception, il ne faut pas chercher de réflexion critique dans l'œuvre de Maurice Blondel. Sur ce chapitre, le philosophe d'Aix s'est trouvé, mutatis mutandis, dans une situation précritique un peu comparable à celle de Kant reconnaissant que le scepticisme empiriste du philosophe anglais David Hume l'avait réveillé de (son) sommeil dogmatique. Né en 1861, c'est-à-dire 7 ans seulement après que le pape Pie IX eût défini le dogme de l'Immaculée conception, et mort en 1949, c'est-à-dire quelques mois avant que le pape Pie XII ne définisse le dogme de l'Assomption, Maurice Blondel ne s'est jamais réveillé de ce qu'en lisant Le Buisson ardent de Boulgakov, on est tenté d'appeler, à la suite de Kant, mutatis mutandis, son sommeil dogmatique. Je doute même fort qu'en ce temps-là, les deux hommes aient jamais entendu parler l'un de l'autre. Certes, Boulgakov a écrit Le Buisson ardent en août 1926, mais c'était en russe et Constantin Andronikof n'en a publié la traduction qu'en 1987. Dans La philosophie et l'esprit chrétien, le philosophe d'Aix se borne à reproduire la doctrine mariale classique de l'Eglise romaine, toujours proclamée par elle, notamment le dogme de 1854 sur l'Immaculée Conception, et qui se situe dans le contexte et la continuité de la théologie augustinienne du péché originel. Dans le premier tome de La philosophie et l'esprit chrétien publié après sa mort, en 1950, Blondel écrit, par exemple, au sujet de la Mère de Dieu: ... immaculée que n'a pas touchée le péché originel... co-rédemptrice (p. 98).Et, à la page suivante (p.99) Blondel appelle de ses vœux la définition doctrinale du dogme implicite de l'Assomption, sans se demander pourquoi les chrétiens d'Orient disent Dormition et non pas Assomption. Car les deux concepts sont loin d'être synonymes : le mot dormition indique qu'avant d'être glorifiée jusque dans son corps, la Mère de Dieu a expérimenté la mort à la suite du Christ, la servante n'étant pas plus grande que son divin Maître ; au contraire, le mot assomption, lui, reste muet quant à la question de savoir si la Mère de Dieu a connu ou non la mort, ou bien si l'Immaculée conception, telle que l'a affirmée la théologie mariale de l'Occident chrétien en 1854, a rendu inutile voire impensable la mort de celle qui, comme le rappelle Blondel, fut exempte du péché originel. De fait, la définition doctrinale formulée par Pie XII en 1950 est aussi muette que le mot Assomption.
Jusqu'à Vatican II, le Bréviaire romain, au deuxième Nocturne des matines, citait le pape Pie XII en ces terme : "Nous proclamons, nous annonçons officiellement et nous établissons comme un dogme révélé par Dieu que la Mère de Dieu immaculée, la toujours-vierge Marie, une fois accompli le cours de sa vie terrestre, a été élevée, corps et âme, à la gloire céleste" (Pronuntiamus, declaramus et definimus divinitus revelatum dogma esse. Immaculatam Deiparam semper virginem Mariam, expleto terrestris vitae cursu, fuisse corpore et anma ad caelestem gloriam assumptam.).
Le dimanche 12 décembre 2004, je me trouvais en Ukraine, à quelque 50 km de Lviv au monastère stoudite d'Ouniv, où le P. Lev Gillet, le "moine de l'Eglise d'Orient", renouvela ses vœux monastiques entre les mains du métropolite Sheptytskyi. Le dépliant francophone que je trouvai à la librairie du monastère désignait celui-ci de la façon suivante: "La vie des moines à la Laure de la St.Assomption d'Ouniv et la naissance d'autres monastères". Fallait-il entendre Dormition et ne situer la latinisation qu'au niveau de la traduction française ou bien l'expression ukrainienne correspondante signifiait-elle elle-même Assomption et non Dormition, ce qui signifierait que la latinisation est allée plus loin? Je posai la question à Halyna Korpalo, la très gentille étudiante qui m'avait amené dans sa voiture. Sa réponse me donna toute satisfaction. En effet, m'expliqua Halyna, les Gréco-catholiques ne parlent que très rarement de Nèbovzyattya, dont le sens étymologique est: assomption (vzyattya) au ciel (nèbo) Ils parlent plutôt, notamment pour la fête du 15 août, d'Ouspènnya ou d'Ouspinnya, dont le sens est très exactement celui de Dormition. La traduction du dépliant était donc erronée et la théologie mariale des Grecs-catholiques d'Ukraine est parfaitement orthodoxe. "(à suivre)

(article paru dans la revue "Orthodoxes à Marseille" n°134 de déc.-janv. 2010-2011
et retranscrit par Maxime le minime avec la permission de Père André Borrely)

dimanche 20 mars 2011

JAPON : Mujo, interdépendance, solidarité, patience et impassibilité


St Cyprien de Carthage

"Aussi longtemps que nous vivons ici-bas, nous sommes liés au genre humain par l'identité de notre corps ; c'est par l'esprit que nous nous en différencions. C'est pourquoi nous partageons avec tous les hommes les inconvénients de la chair, jusqu'à ce que "cet être corporel revête l'incorruptibilité, que cet être mortel revête l'immortalité" (1 Co 15,53). Lorsqu'une cité est envahie par l'ennemi, sa captivité touche tous ses habitants sans aucune distinction. Et quand le ciel serein élimine tout espoir de pluie, la sécheresse nous menace tous indifféremment. Quand enfin les rochers enserrent un navire de toutes parts, le naufrage devient le lot commun à tous les passagers, sans exception. Ainsi en est-il de toute douleur, qu'elle affecte nos yeux, nos membres, ou notre corps en général : elle est notre lot à tous, aussi longtemps que nous partageons la même chair en ce monde!"
St Cyprien de Carthage (Sur la mort,8)




St Maxime Le Confesseur

"Celui qui par la patience a aplani les passages rocailleux des épreuves involontaires, c'est à dire les modes de la douleur et les a transformés en chemins unis, celui-ci, à bon droit, verra le salut de Dieu" (Questions à Thalassios 47)  "Dans toutes les épreuves involontaires, par la patience et l'endurance, même si nous souffrons corporellement, nous gardons l'âme impassible et nous ne sommes ni vaincus ni abattus par les secousses." (Questions à Thalassios 61)
St Maxime Le Confesseur

Hommage au peuple japonais
Seigneur Jésus Christ, Fils de Dieu, aie pitié de nous et de ton monde

vendredi 18 mars 2011

Le péché originel (3) La finalité de la création de l'homme par Dieu, c'est sa divinisation par P. André Borrely - De l'Augustinisme [6]


"Nous devons présenter le péché originel aux hommes de ce temps non point comme un acte, mais comme un état pathologique: nous n'avons pas été créés pour être tels que nous le devenons par l'usage que nous faisons de notre liberté, c'est-à-dire de l'image de Dieu qui est en nous. C'est pourquoi, le baptême est conféré même aux enfants en deçà de l'âge de raison. En plusieurs endroits de l'Office des funérailles d'un enfant, l'Eglise parle des petits enfants qui n'ont rien fait de mal, de la beauté de leur pureté. Et pourtant, même pour eux, la rémission des péchés est nécessaire, c'est-à-dire la délivrance du péché originel. De là les exorcismes, que l'Eglise orthodoxe continue à pratiquer dans la première partie du baptême, celle dite du catéchuménat. Cela ne signifie pas que l'on impute la faute des ancêtres à leurs descendants, ni que l'être humain naîtrait dans une condition indue de péché par le fait que Dieu priverait l'homme de la grâce surnaturelle. 
Il y a dans l'humanité telle que nous l'expérimentons, un principe étranger à sa nature véritable, qui est le péché. La condition pécheresse et déchue est contre-nature, elle ne correspond pas à l'être authentique de l'homme. Le dessein éternel de Dieu sur l'homme est que celui-ci soit, écrit Boulgakov, empli de grâce par nature. L'homme a été créé par Dieu pour être réceptacle du saint Esprit. La finalité de la création de l'homme par Dieu, c'est sa divinisation. Et celle-ci n'est pas une action que Dieu exercerait sur l'homme, mais en l'homme, de l'intérieur même de l'homme. Boulgakov parle de notre participation personnelle au péché originel pour autant qu'il est un fait de notre liberté, et non pas seulement une nécessité. Il dit encore que le péché originel est, en chaque homme, le péché de la liberté de l’homme contre sa nature, une détermination métaphysique fautive et illégitime. Et il écrit aussi que le péché originel a pour premier effet l’infirmité de la nature, manifestée par la mortalité de l'homme. 

La Mère de Dieu mourut de mort naturelle, donc par nécessité, tandis que son Fils, dans la mesure où il était Dieu, ne mourut que parce qu'il le voulut librement, conformément au Dessein de son Père sur lui, et afin de pénétrer de part en part de sa divinité notre humanité pécheresse et déchue. En tant qu'infirmité de l'être humain, en tant que mortalité, ce que nous appelons le péché originel est invincible et inéluctable pour n'importe quel être humain si saint soit-il. Dans le cas de la Vierge Marie, le péché originel est demeuré en elle sous la forme de la mortalité, de l'infirmité de l'humaine nature qui nous amène à mourir de mort naturelle, mais le saint Esprit qui, à l'Annonciation, l'avait couverte de son ombre, coopéra avec sa liberté pour réaliser en elle une libération personnelle des péchés, ou, dit Boulgakov, une impeccabilité personnelle. La Vierge Marie porte le poids du péché originel, et simultanément l'idée d'un quelconque péché personnel est inadmissible dans son cas. La fin de l'Incarnation est essentiellement de manifester, en la divino-humanité de Jésus-Christ, la nature véritable de l'homme et la plénitude de son humanité laquelle porte alors l'image intégrale de Dieu. Le fait que Dieu se soit fait homme ne saurait être considéré comme un phénomène contingent provoqué par la chute

Le talon d'Achille de l'Augustinisme a été de faire ressortir le caractère sur-naturel de la grâce divine par rapport à l'homme. Le risque est alors de sous-estimer la profondeur de la réalité vivante de l'image de Dieu en l'homme, image de Dieu qui concerne aussi le corps et non point l'âme seulement, le risque de méconnaître la préconstruction de l'être humain pour les épousailles divines, pour la déification, la capacité de la personne humaine à attirer l'Esprit saint. La condition de possibilité de l'Incarnation exigeait que la nature humaine fût théophore, c'est-à-dire porteuse de Dieu, capable de porter Dieu. Le péché, accompli dans la liberté, agit sur l'homme d'une manière immanente à sa nature : en ne se soumettant pas au Dessein de Dieu sur lui - c'est cela, essentiellement, le péché, l'homme provoque en lui-même une catastrophe ontologique, qui entraîne une nécessité contre sa nature véritable, celle qui est voulue pour lui par Dieu. Ce qui est naturel, pour l'homme, c'est l'état de justice originelle, c'est ce que l’homme doit être, et non point ce qu'il est de fait devenu dans sa condition pécheresse et déchue."(à suivre)

(article paru dans la revue "Orthodoxes à Marseille" n°134 de déc.-janv. 2010-2011
et retranscrit par Maxime le minime avec la permission de Père André Borrely)

mercredi 16 mars 2011

Le péché originel (2)- un contresens sur le texte grec ! De l'Augustinisme [5] par P. André Borrely


"Aux hommes de ce temps, nos frères, nous devons dire que nous concevons les relations de l'homme avec Dieu comme une communion avec ce qui dépasse la nature de la personne humaine dans la mesure où celle-ci, intelligente, libre, et capable d'aimer, est créée à l'image de Dieu et pour lui ressembler. Or, seule cette intelligence libre et personnelle peut commettre le péché. Lorsqu'elle se rebelle contre Dieu, la personne humaine, abusant de sa liberté, a le terrible pouvoir de déformer et de pervertir la nature elle-même de l'homme. Elle peut le faire dans la mesure où elle est douée par Dieu de liberté. Le péché est toujours un acte personnel, le résultat de l'usage que la personne humaine fait de sa volonté et de sa liberté, il n'est jamais celui de la nature. Le patriarche Photios va même jusqu'à penser que la croyance en un péché de nature est une hérésie. Il convient de rejeter l'idée de faute héréditaire. Cependant, on ne saurait nier l'unité de l'humanité: la passion d'un père pour l'alcool ou d'une femme enceinte pour le tabac ou les joints,prépare de fréquentes visites chez le médecin pour l'enfant engendré dans un tel contexte biologique. Notre nature humaine subit les conséquences du péché de nos ancêtres. Cependant, ni le péché originel ni le salut en Christ ne peuvent être réalisés dans la vie personnelle d'un homme ou d'une femme sans engager leur responsabilité personnelle et libre.

Mais un paradoxe saute alors aux yeux: devant certains textes bibliques, c'est la théologie orthodoxe qui convient le mieux, voire qui seule convient aux résultats de tout le travail scientifique des Occidentaux, notamment des exégètes protestants allemands, et, dans l'Eglise romaine, de cet homme admirable et vénérable que fut le P. Lagrange. Si retardataires qu'ils soient dans le domaine des études bibliques, parfois même rétrogrades et conservateurs, les Orthodoxes sont, en ce qui concerne la théologie du péché originel, selon le mot de Malebranche, des pygmées montés sur des épaules de géants (les Pères grecs, et le plus grand de tous: saint Isaac le Syrien) que l'homme d'aujourd'hui peut accepter ou, tout au moins, respecter.

Examinons d'un peu près le verset 12 du chapitre 5 de l'épître aux Romains, en partant du texte grec, le seul reconnu par toutes les confessions chrétiennes comme inspiré et normatif, et le seul que lisaient les chrétiens d'Orient. Je citerai ensuite le texte latin le seul que lisaient les chrétiens d'Occident qui ne comprenaient plus le grec depuis longtemps. Voici d'abord le texte grec : 

"Διὰ τοῦτο ὥσπερ δι’ ἑνὸς ἀνθρώπου ἡ ἁμαρτία εἰς τὸν κόσμον εἰσῆλθεν καὶ διὰ τῆς ἁμαρτίας ὁ θάνατος, καὶ οὕτως εἰς πάντας ἀνθρώπους ὁ θάνατος διῆλθεν, ἐφ’ ᾧ πάντες ἥμαρτον " 

Voici maintenant, le texte latin tel que saint Augustin le lisait à son époque : 

"Propterea, sicut per unum hominem peccatum in hune mundum intravit et per peccatum mors, et ita in omnes homines mors pertransiit, in quo omnes peccaverunt. "

Vous remarquerez que dans le texte grec comme dans le texte latin j'ai souligné les mots ἐφ’ ᾧ et in quo. C'est pour mettre en évidence quelque chose d'admirable mais aussi de surprenant, pour ne pas dire d'inquiétant. En effet, parce que ce sont d'excellents savants, les chrétiens d'Occident ont compris, depuis des décennies, que la Vetus latina, - c'est-à-dire l'une ou l'autre des versions antérieures à la révision du texte latin entreprise et réalisée par saint Jérôme -  qu'utilisait saint Augustin, avait fait un contresens sur les mots grecs que j'ai soulignés :
ἐφ’ ᾧ est une contraction entre επι et le pronom 
relatif  , et signifie ici : parce que, le   grec étant le pronom relatif au neutre tandis que le quo latin est le pronom relatif au masculin. L'Imprimatur de l’Épître aux Romains du P. Lagrange dans la collection Etudes bibliques, chez Lecoffre-Gabalda, date du 12 novembre 1915 avec la formule réglementaire d'autrefois dans l'Eglise romaine : Superiorum permissu, avec la permission de la hiérarchie. Or, commentant ce verset, le P. Lagrange écrivait - en 1915! - ἐφ’ ᾧ ne peut signifier « dans lequel », mais seulement «parce que ». Il est inutile d'insister sur ce point, reconnu par les exégètes catholiques les plus autorisés. (p. 106). La bonne traduction du texte grec, le seul normatif, est donc la suivante :

"Voilà pourquoi, de même que c'est par un seul homme que le péché a fait son entrée dans le monde et par le péché la mort, et qu'ainsi la mort a atteint tous les hommes..."

Dès 1915, un exégète de l'envergure de Lagrange avait reconnu que la Vetus latina utilisée par saint Augustin avait fait un contresens sur le texte grec, et pourtant on n'en a pas tiré, s'agissant de la théologie du péché originel, la conséquence qui eût consisté à tenir aux hommes de ce temps non plus un langage augustinien devenu pour eux désormais inintelligible, mais un tout autre message, à savoir que les descendants d'Adam ne sont pas pour autant tenus pour coupables, à moins que, comme Adam, ils ne commettent le péché. 
Même s'ils n'ont pas la foi, nos contemporains éprouveront du respect pour elle si nous leur disons qu'on ne naît pas coupable, mais qu'on le devient pour autant que l'on pèche volontairement et librement. Paraphrasant le célèbre adage latin: Nascuntur poetae, oratores fiunt, on naît poète, mais on devient orateur" on pourrait dire: Nascuntur innocentes, peccatores fiunt, on naît innocent, mais on devient pécheur.  "
(à suivre)

(article paru dans la revue "Orthodoxes à Marseille" n°134 de déc.-janv. 2010-2011
et retranscrit par Maxime le minime avec la permission de Père André Borrely)