"Dans le cas plus particulier de la Manif pour tous, ce qui a fait sa force, c’est qu’elle a su rassembler des personnes aux appartenances partisanes diverses qui ont mis leurs différences de côté pour, ensemble, défendre une cause et agir sur l’ensemble de la classe politique. Sa force politique (autre que sa capacité à réunir des foules) ne se réalisera concrètement que si elle refuse tout compromis avec l’ensemble des partis politiques. Elle ne doit se rallier à aucun d’eux car elle aurait tort de croire qu’elle peut attendre autre chose d’un parti qu’une volonté de canaliser électoralement ses sympathisants (par exemple, en offrant des postes à ses « anciens » cadres). Croire qu’elle pourra faire de l’entrisme, obtenir la reconnaissance de ses revendications en « plaçant » certains de ses membres dans un parti, c’est ne pas connaître le fonctionnement (cynique) de la vie politique. Hors mis le cas de personnalités (nationales ou locales), un candidat a besoin, pour être élu, d’une étiquette. Des cadres de la Manif pour tous l’obtiendront sans grandes difficultés, en particulier s’il s’agit d’un scrutin de liste (chaque parti devant avoir des représentants des différents créneaux électoraux). Le « piège » se refermera alors sur eux. Car, pour être réélus, il leur faudra l’investiture du parti qu’ils n’obtiendront, cette fois, qu’en acceptant de mettre leurs idées trop « clivantes » dans leur poche. Pour faire grandir son influence, la Manif pour tous devra se transformer en un authentique lobby n’ayant strictement aucun état d’âme partisan : elle doit prendre tous les partis sans exclusive comme des interlocuteurs mais aussi comme des cibles. Elle trouvera, toujours, sans qu’elle ait besoin de compromis, des parlementaires (convaincus ou en mal de notoriété) prêts à reprendre une proposition de loi fournie, discrètement, clef en main. Puisqu’elle a mis en place une charte pro-famille à destination des candidats aux élections, la Manif pour tous pourrait, par exemple, se focaliser sur la mise en place d’un réseau ayant pour but de contribuer à faire élire ceux qui l’ont signée et battre ceux qui l’ont refusée et ce, quels que soit les partis concernés."
mardi 4 février 2014
CE QUE PEUT DEVENIR LA MANIF POUR TOUS... par Guillaume Bernard
lundi 3 février 2014
Théorie du Genre etc. ou le rôle d'une avant-garde dans un processus révolutionnaire
L'Etat contre son peuple
La Théorie révolutionnaire (si chère à Marx et Lénine) de la lutte des classes, s'est élargie depuis les années soixante à toute catégorie de la population se sentant méprisée, exclue, opprimée ou exploitée et se considérant par conséquent comme un nouveau prolétariat, voire jusqu'à se substituer au prolétariat originel (ouvriers et paysans) considéré désormais comme en voie de disparition et à tout le moins réactionnaire donc douteux. Le modèle de la lutte marxiste s'est donc imposé à tous et autant de mouvements de libération se sont constitués pour parvenir à la Lutte finale. Il s'est agi donc d'utiliser toutes les armes idéologiques et traditionnelles du militantisme et de la lutte révolutionnaire.
Le Léninisme qui considère que les masses aliénées par l'idéologie bourgeoise dominante ne sont bonnes au mieux qu'à se révolter mais sont incapables de mener à bien la Révolution doivent être fermement et sans état d'âme éduquées (et rééduquées) sans relâche, encadrées et disciplinées par une avant-garde formée, éclairée et hiérarchisée qui doit penser et parler à leur place et donner des mots d'ordre auxquels les malheureux aliénés doivent obéir "pour leur bien", d'autant qu'ils ne savent pas, ne sont pas conscients de ce qui est bon pour eux. Le modèle robespierriste certes a bien servi à tous ces révolutionnaires...
Le Trotskisme complète par sa stratégie "entriste" la lutte révolutionnaire et permet la propagation insidieuse des idées révolutionnaires sur tous les terrains idéologiques.
C'est ainsi que sont nés tous ces mouvements et qu'ils perdurent sous diverses formes et étiquettes, militent, luttent, investissent tous les médias pour assurer leur propagande.
Évidemment il était logique et cohérent que tout cela soit repris et soutenu par tout un chacun qui se déclare "de gauche" fût-il même considéré comme "jaune" ou "social traître"comme nos dirigeants actuels. Mais le rôle de l'avant-garde est bien de faire bouger et d'utiliser même les "mous" quitte à les condamner et les exécuter ensuite car la fin justifie tous les moyens : "classe" contre "classe" ! Une tactique comme une autre dans la stratégie révolutionnaire.
Voilà ce qui se passe à l'heure actuelle et il ne faut pas oublier quels sont les fondements et les présupposés de toutes ces tentatives ouvertes ou insidieuses obstinément répétées d'imposer ces "idées révolutionnaires" prétendues justes parce que "scientifiques" et non "idéologiques" comme celles de l'ennemi multiséculaire...
On a pourtant bien vu et revu à quel point les fondements prétendus "scientifiques" du destin prophétisé comme inéluctable du prolétariat étaient assez douteux vu les résultats réels du "socialisme" mis en pratique... De l'URSS au Cambodge, en passant par la Chine et la Corée du Nord, la terreur rouge a fait près de 85 millions de morts.
Il y aurait beaucoup à écrire bien sûr, mais comme je ne suis même pas sûr d'être lu par beaucoup, je passe la main :
Voici un extrait d'un article du philosophe et critique littéraire, Damien Le Guay fort pertinent et surtout particulièrement honnête intellectuellement, paru sur le site Atlantico sous le titre
Pourquoi le combat du gouvernement contre "les stéréotypes de genres" dépasse largement le simple enseignement de l'égalité homme/femme
Dimanche 2 janvier, c'était jour de manifestation pour défendre la famille et s'en prendre à la théorie du genre. Ses promoteurs disent qu'elle n'en est pas une (pour ne pas trop effrayer) mais elle y ressemble par sa cohérence et ses présupposés.
Débattre à l’infini pour savoir s’il s’agit ou non d’une « théorie » n’a pas d’intérêt. Dire, comme le répète Vincent Peillon, qu’il n’est question que de promouvoir l’égalité homme/femme, est un peu court. Voir, comme le fait Caroline Fourest, derrière tous ceux qui s’interrogent sur elle des fascistes homophobes, est malhonnête. Le « droit d’inventaire » est nécessaire. Le « sens critique » indispensable. Mais le débat, malheureusement, est étouffé. Étouffé, soit sous les bons sentiments, soit sous l’idée d’une avancée irrésistible de l’égalité – et ceux qui s’y opposent sont des réactionnaires. Ces deux raisons permettent de discréditer les oppositions et de tout faire passer – le nécessaire, le discutable et le franchement inquiétant. Et plutôt que de parler en général, allons regarder, sur le site «ABCD de l’égalité», les outils (vidéo, supports papiers, entretiens) mis à disposition des enseignants pour qu’ils puissent transmettre un message auprès des petits enfants.
Un discours domine : « combattre les stéréotypes de genre » - titre de la conférence de Geneviève Guilpain, philosophe. Véronique Rouyer, psychologue, développe. Un « stéréotype de sexe » est, dit-elle « véhiculé par la famille » mais aussi les médias. « Ce sont des normes liés au masculin et féminin ». Mais (et c’est là où l’idée de combat apparait) ces stéréotypes « ne reflètent pas la réalité des évolutions... de la société de ces trente dernières années ». Il faut donc « travailler sur ces stéréotypes » ou « automatismes de pensées » qui « limitent les possibilités des individus » et « empêchent les filles d’avoir accès à tous les possibles ». Ainsi s’est-elle étonnée que dans les écoles maternelles, les enseignants puissent véhiculer des « appartenances à un groupe de sexe » en établissant des « porte-manteaux pour les filles et d’autres pour les garçons ». Ce sont là, ajoute-t-elle doctement, « des schémas de genre qui fonctionnent comme des stéréotypes de sexes ». Astride de la Motte prend un autre exemple : quand on demande à de jeunes enfants de dessiner une fille et un garçon « ils représentent les filles avec des jupes et les garçons avec des jeans ». Et ajoute-elle, « ce sont des stéréotypes qui justifient le travail de lutte contre les stéréotypes de genre ». Catherine Hugonet, « déléguée à Toulouse aux droits des femmes et à l’égalité » (ministère de Najat Valaud-Belkacem), insiste sur la nécessité d’un travail chez des enfants du primaire car « les préjugés, les stéréotypes ou les identités fortement marquées entre les genres, filles et garçon, se construisent dans la toute petite enfance ». LIRE LA SUITE ICI
Crédit REUTERS/Benoit Tessier
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Dimanche 2 janvier, c'était
jour de manifestation pour défendre la famille et s'en prendre à la
théorie du genre. Ses promoteurs disent qu'elle n'en est pas une (pour
ne pas trop effrayer) mais elle y ressemble par sa cohérence et ses
présupposés.
Débattre à l’infini pour savoir s’il
s’agit ou non d’une « théorie » n’a pas d’intérêt. Dire, comme le répète
Vincent Peillon, qu’il n’est question que de promouvoir l’égalité
homme/femme, est un peu court. Voir, comme le fait Caroline Fourest,
derrière tous ceux qui s’interrogent sur elle des fascistes homophobes,
est malhonnête. Le « droit d’inventaire » est nécessaire. Le « sens critique » indispensable.
Mais le débat, malheureusement, est étouffé. Étouffé, soit sous les
bons sentiments, soit sous l’idée d’une avancée irrésistible de
l’égalité – et ceux qui s’y opposent sont des réactionnaires. Ces deux
raisons permettent de discréditer les oppositions et de tout faire
passer – le nécessaire, le discutable et le franchement inquiétant. Et
plutôt que de parler en général, allons regarder, sur le site «ABCD de
l’égalité », les outils (vidéo, supports papiers, entretiens) mis à
disposition des enseignants pour qu’ils puissent transmettre un message
auprès des petits enfants.
Un discours domine : « combattre les stéréotypes de genre »
- titre de la conférence de Geneviève Guilpain, philosophe. Véronique
Rouyer, psychologue, développe. Un « stéréotype de sexe » est, dit-elle
« véhiculé par la famille » mais aussi les médias. « Ce sont des normes liés au masculin et féminin ». Mais (et c’est là où l’idée de combat apparait) ces stéréotypes « ne reflètent pas la réalité des évolutions... de la société de ces trente dernières années ». Il faut donc « travailler sur ces stéréotypes » ou « automatismes de pensées » qui « limitent les possibilités des individus » et « empêchent les filles d’avoir accès à tous les possibles ». Ainsi s’est-elle étonnée que dans les écoles maternelles, les enseignants puissent véhiculer des « appartenances à un groupe de sexe » en établissant des « porte-manteaux pour les filles et d’autres pour les garçons ». Ce sont là, ajoute-t-elle doctement, « des schémas de genre qui fonctionnent comme des stéréotypes de sexes ». Astride de la Motte prend un autre exemple : quand on demande à de jeunes enfants de dessiner une fille et un garçon « ils représentent les filles avec des jupes et les garçons avec des jeans ». Et ajoute-elle, « ce sont des stéréotypes qui justifient le travail de lutte contre les stéréotypes de genre ». Catherine Hugonet, « déléguée à Toulouse aux droits des femmes et à l’égalité » (ministère de Najat Valaud-Belkacem), insiste sur la nécessité d’un travail chez des enfants du primaire car « les
préjugés, les stéréotypes ou les identités fortement marquées entre les
genres, filles et garçon, se construisent dans la toute petite enfance ».
Read more at http://www.atlantico.fr/decryptage/pourquoi-combat-gouvernement-contre-stereotypes-genres-depasse-largement-simple-enseignement-egalite-hommefemme-damien-guay-970604.html#WIGZJYV4LKuBf2ya.99
Pourquoi le combat du gouvernement contre “les stéréotypes de genres” dépasse largement le simple enseignement de l’égalité homme/femme
Le collectif de la Manif pour tous
a manifesté une nouvelle fois dimanche 2 février, réunissant selon la
préfecture 80 000 personnes, pour protester contre "la théorie du genre"
à l'école. L'occasion de décortiquer les différents niveaux de celle-ci
dans ses objectifs.
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Pourquoi le combat du gouvernement contre “les stéréotypes de genres” dépasse largement le simple enseignement de l’égalité homme/femme
Le collectif de la Manif pour tous
a manifesté une nouvelle fois dimanche 2 février, réunissant selon la
préfecture 80 000 personnes, pour protester contre "la théorie du genre"
à l'école. L'occasion de décortiquer les différents niveaux de celle-ci
dans ses objectifs.
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dimanche 2 février 2014
FIN DE (la lutte pour) LA FAMILLE ? pas sûr...
Si vous n'avez pu suivre la nouvelle Manif Pour Tous,
cliquez ICI pour le compte rendu de ce qui s'est passé.
Et pour la suite :
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Et pour la suite :
L'ORTHODOXIE, CETTE INCONNUE [4c] par Père André BORRELY : l'amour humain comme mystére.
3-3. Qυ'est-ce qu'un cœur compatissant ?
L'Orthodoxie a conservé l'antique tradition d'une double prêtrise dans le mariage et dans le célibat monastique. En Occident, ce n'est qu'au 11 ème siècle que le célibat fait partie explicite de la règle de vie du prêtre séculier. Dans un pays orthodoxe comme la Grèce, il y a environ 8 fois plus de prêtres mariés que de hiérοmοines. L'Orthodoxie est d'accord avec l'Église romaine pour refuser l'autorisation de célébrer à un prêtre qui s'est engagé définitivement dans le célibat et que par ailleurs l'Église acceptera de marier. Mais l'Orthodoxie se réjouirait que l'Église latine ordonne prêtres des diacres mariés. Lorsque nous célébrons un mariage, le verset 24 du deuxième chapitre du livre de la Genèse est cité une fois dans chacune des deux premières prières dites par le célébrant, et une fois au verset 31 du chapitre 5 de l'épître aux Éphésiens : (...) l'homme laisse son père et sa mère pour s'attacher à sa femme et ils deviennent une seule chair. La Septante a traduit: προσκολληθήσεται or, le verbe πpοσκολλαω signifie exactement coller à, fixer solidement à. André Chouraqui est, à ma connaissance, le seul à avoir osé traduire :(... ) il collera à sa femme. Et la fin du verset est limpide : et ils deviennent une seule chair : Et si la dernière des trois prières ne cite pas Gn 2, 24, elle ne dit pas moins la même chose, avec le même réalisme lorsqu'elle dit des époux : unis-les en une chair unique. Dans la deuxième prière du couronnement on prie pour que soit accordée aux époux 1' Ομόνοια, c'est-à-dire l'union, la concorde ψυχών και σωμάτων, non seulement des âmes mais aussi des corps. Je ne sais ce que vous en pensez, mais je trouve extraordinaire que les auteurs de nos textes liturgiques aient songé à l'entente des corps, des dizaines de siècles avant qu'un neurologue autrichien ne découvre l'inconscient et le Complexe d'Œdipe. Se préoccuper à cette époque de l'entente des corps, c'était avoir l'intuition que la sexualité humaine peut être une source de souffrance et pas seulement de volupté.
| Prêtre orthodoxe, son épouse, sa famille |
Quant à l'épître aux Éphésiens dont, à l'Office du Couronnement, on lit toujours les versets 20 à 33 du cinquième chapitre, parce que l'Auteur parle de l'époux comme étant le chef de la femme et affirme que la femme doit être soumise à son mari, il m'est arrivé deux fois que de jeunes femmes refusent de lire le texte ou tentent de négocier : ne pourrait-on pas choisir un autre texte ou le traduire autrement ? Mais il y a quelque quatre millénaires que l'on donne en exemple la foi d'Abraham sans pour autant avoir jamais cherché à restaurer les sacrifices humains ni s'être jamais offusqué qu'Abraham en Égypte, craignant pour sa vie, ait fait passer pour sa sœur la jeune Sarah que le Pharaon voulait mettre dans son lit. La Bible nous décrit l'humanité telle que Dieu voudrait qu'elle soit et en même temps telle qu'elle est par la libre volonté des hommes pécheurs. L'épître aux Éphésiens nous renseigne sur ce qu'était la condition de la femme dans la société hellénistique. Mais ce qui est prodigieux c'est que nonobstant ce conditionnement social, l'apôtre Paul nous présente l'amour humain comme un mystère. (à suivre)
vendredi 31 janvier 2014
Sur le blog de Claude : la pseudo tolérance... DE QUI POUR QUI ?
Les grandes réunion mondaines et le mépris des frères chrétiens persécutés...
Jean-Paul II embrasse le Coran
le 14 mai 1999 au Vatican
LIRE LA SUITE ICI
jeudi 30 janvier 2014
L'ORTHODOXIE, CETTE INCONNUE [4b] par Père André BORRELY
3-2. Qυ'est-ce qu'un cœur compatissant ?
De cet amour démesurément compatissant de I'Eglise je donnerai deux exemples. Le premier concerne la sollicitude maternelle de l'Église à l'égard de l'homme et de la femme qui s'aiment. Ouvrons dans la Bible le Cantique des cantiques. C'est un texte insolite: alors que tous les autres livres bibliques prononcent le nom de Dieu presque à chaque verset, dans le Cantique le nom de IAHVE n'apparaît qu'une fois et sous une forme abrégée.
Dès la première ligne, les puritains, ont de quoi être scandalisés: — Qu'il me baise des baisers de sa bouche. On peut traduire aussi : Qu'il m'embrasse à pleine bouche! Plus loin, la Σηουλαμιτ dit du Bien-Aimé : Il passe la nuit entre mes seins. Avons-nous donc affaire à un livre érotique ? Or, si vous lisez ce livre dans sa version grecque, vous découvrez qu'à aucun moment le traducteur n'a utilisé le mot qui désigne le désir sexuel. Au lieu de ερως, il a préféré le mot αγάπη . Ce substantif se rattache probablement à une racine archaïque qui a donné naissance également au verbe latin gaudere, qui signifie se réjouir intérieurement, éprouver une joie intime, et dont, en grec, procèdent un certain nombre de mots qui tous expriment un intense sentiment d'admiration, d'illumination, d'émerveillement réæciproque, de joie exultante, devant l'éblouissante révélation de l'altérité de l'autre qu'on aime.
L'αγάπη est la qualité de jubilation la plus foncière, la plus pure aussi, la plus rare de l'amour, ce qu'il comporte de fraîcheur et de générosité natives lorsqu'il jaillit du fond de la personne. Il y a dans ce mot une nuance de joie intense éprouvée à contempler la beauté rayonnante de celui ou de celle qu'on aime en excluant l'égocentrisme de l'érôs. Or c'est ce même mot αγάπη qui est utilisé deux fois par la
première épître de St Jean pour dire que Dieu est amour, non point depuis seulement qu'il a créé l'homme, mais de toute éternité, étant un seul Dieu qui n'est pas solitaire mais pluriel, capable de conjuguer le verbe aimer aux trois personnes du singulier et du pluriel. L'Orthodoxie refuse radicalement tout dualisme, séparation ou incompatibilité entre !'ερως et l'αγάπη, l'esprit et le corps, le divin et l'humain.
Elle pense ces réalités comme une union sans confusion. Et l'auteur de la première épître de Jean lui vient en aide en employant, pour parler du Dieu tri-unique, le même mot que la version grecque du Cantique évoquant l'amour humain. (à suivre)
L'αγάπη est la qualité de jubilation la plus foncière, la plus pure aussi, la plus rare de l'amour, ce qu'il comporte de fraîcheur et de générosité natives lorsqu'il jaillit du fond de la personne. Il y a dans ce mot une nuance de joie intense éprouvée à contempler la beauté rayonnante de celui ou de celle qu'on aime en excluant l'égocentrisme de l'érôs. Or c'est ce même mot αγάπη qui est utilisé deux fois par la
première épître de St Jean pour dire que Dieu est amour, non point depuis seulement qu'il a créé l'homme, mais de toute éternité, étant un seul Dieu qui n'est pas solitaire mais pluriel, capable de conjuguer le verbe aimer aux trois personnes du singulier et du pluriel. L'Orthodoxie refuse radicalement tout dualisme, séparation ou incompatibilité entre !'ερως et l'αγάπη, l'esprit et le corps, le divin et l'humain.
Elle pense ces réalités comme une union sans confusion. Et l'auteur de la première épître de Jean lui vient en aide en employant, pour parler du Dieu tri-unique, le même mot que la version grecque du Cantique évoquant l'amour humain. (à suivre)
mercredi 29 janvier 2014
La lumière de VALAAM et l'émssion "Sept à Huit" : désir et approche de l'Orthodoxie...
Voilà trois vidéos qui m’ont été transmises par mail: l’une est le tournage d’un voyage jusqu’aux portes d’un monastère en deux parties, l’autre est un repartage fait par des journalistes d’un émission de télévision « Sept à Huit ». Je remercie beaucoup ceux qui mes les ont confiées pour que je les fasse paraître sur mon blog. Ces vidéos sont issues d'une vision "occidentale" de l'Orthodoxie, chacune est une approche sincère et plutôt philorthodoxe, avec, pour la première une réelle reconnaissance et une attirance pour la « spiritualité chrétienne orthodoxe », l’autre avec une curiosité et Cependant, elles me donnent l'occasion de faire quelques remarques sur leur forme comme sur leur contenu.
lundi 27 janvier 2014
L'ORTHODOXIE, CETTE INCONNUE [4] par Père André BORRELY
3. Qυ'est-ce qu'un cœur compatissant ?
Pour effectuer cette évocation je vous propose de méditer deux textes de St Isaac et un de Bossuet. Dans le premier texte Isaac demande :
Qu'est-ce qu'un cœur compatissant? ... c'est un cœur qui brûle pour toute la création, pour les hommes, pour les oiseaux, pour les bêtes, pour les démons, pour toute créature. Lorsqu'il pense à eux, et lorsqu'il les voit, ses yeux versent des larmes. Si forte et si violente est sa compassion, et si grande est sa constance, que son coeur se serre et qu'il ne peut supporter d'entendre ou de voir le moindre mal ou la moindre tristesse au sein de la création. C'est pourquoi il prie en larmes à toute heure pour les animaux sans raison, pour les ennemis de la vérité et tous ceux qui lui nuisent, afin qu'ils soient gardés, et qu'ils soient pardonnés. Dans l'immense compassion qui se lève en son cœur, sans mesure, à l'image de Dieu, il prie même pour les serpents.
De ce texte admirable je retiens l'idée que rien ne peut être exorbité de l'amour sans que le christianisme perde sa logique interne, devienne incompréhensible et fade voire haïssable. Il n'est de vérité que pour une liberté. Au jeune homme riche, le Christ dit: si tu veux et non pas tu dois ou il faut. Car si la vérité est imposée à ma liberté, elle cesse d'être la vérité pour moi. La liberté, c'est ce que le livre de la Genèse appelle la création de l'homme à l'image de Dieu, une présence du divin dans le non-divin, un sans-fond indiquant que l'homme est divinisable. C'est pourquoi les chrétiens n'ont pas le pouvoir de rendre le christianisme nécessairement crédible. Par contre, il est de leur devoir de le rendre respectable. Agnosce, o christiane, dignitatem tuam, disait au peuple de Rome le pape saint Léon le Grand au cours d'une liturgie de Noël : Chrétien prends conscience de ta dignité.
Mais cette prise de conscience suppose que le chrétien soit capable de présenter le christianisme d'une manière qui le rende respectable même pour celui dont Aragon disait qu'il ne croyait pas au ciel. L'Office byzantin ne cesse de s'adresser au Dieu tri‑unique en le qualifiant d'Αγαθός και φιλάνθρωπος bon et ami de l'homme. L'Abbé Isaac ne célébrait pas l'Office byzantin et j'ignore le syriaque, mais je pense qu'on pourrait raisonner de la même manière à partir des textes liturgiques qu'il utilisait. Penser, sentir, agir afin que l'homme apparaisse en ce monde comme l'icône du Dieu tri-unique, cela suppose que l'homme soit démesurément compatissant à l'égard de tout ce qui a été créé par l'amour de ce Dieu-là.(à suivre)
jeudi 23 janvier 2014
Moines des grottes de Kiev s'interposant entre manifestants et forces de l'ordre
`
puissent leurs prières avoir quelques effets sur les violences...
peut-être avec l'aide Dieu..
mais pas sûr
La famille où l’homme et la femme vivent harmonieusement, comme un seul corps, une chair, une âme,
Extrait du Message patriarcal
diffusé à l’occasion de Noël
(...) Le Seigneur a établi l’homme et la femme comme conjoints dans la famille bénie. Cette institution de la famille chrétienne constitue la cellule de la vie et la couveuse du développement sain psychique et corporel des enfants. Dès lors, tant l’Église que les dirigeants de chaque nation ont l’obligation et le devoir de renforcer de diverses manières l’institution de la famille.
Le développement sain et normal d’un enfant requiert une famille où l’homme et la femme vivent harmonieusement, comme un seul corps, une chair, une âme, se soumettant l’un à l’autre.
Nous sommes certains que les dirigeants spirituels et ecclésiastiques, à l’instar des bergers vigilants, mais aussi les décideurs des affaires du monde connaissent et acceptent cette réalité et cette vérité divine, qu’à l’occasion de Noël nous proclamons cette année aussi de la part de notre Patriarcat œcuménique. Nous devons tous encourager la création et le fonctionnement des familles normales pour procréer des citoyens psychiquement sains et heureux, se sentant en pleine sécurité, soutenus par le sentiment d’être protégés et défendus par la force du père, l’affection et l’amour de la mère. Des familles dans lesquelles Dieu se reposera. Nous invitons et exhortons le plérôme de notre sainte Église orthodoxe, œuvrant de façon digne de l’appel reçu, à faire tout ce qui est possible pour soutenir l’institution de la famille.
Frères et enfants bien-aimés, « la nuit est avancée, le jour est tout proche » (Rm 13, 12). Déjà, les bergers cheminent vers Bethléem proclamant le prodige et nous invitent à les suivre, à l’instar des « mages observateurs des étoiles remplis de joie (tropaire 4 de l’ode des Matines de Noël). Ils Lui présentent des dons très précieux : « comme au Roi des siècles, de l’or, de l’encens, comme au Dieu de l’univers, et de la myrrhe à l’Immortel » (Vêpres de Noël, Apostiches). C’est-à-dire les dons de l’amour, de notre foi et de notre probation en tant que chrétiens, notamment chrétiens orthodoxes, dans l’ethos et la tradition familiale, patristique, ecclésiastique, qui agit toujours avec justesse à travers les siècles et qui, jusqu’à nos jours, assure la cohésion de notre société bénie, dont une cellule de la vie et du développement selon Dieu est, répétons-le, la famille.
† BARTHOLOMAIOS PAR LA GRÂCE DE DIEU ARCHEVÊQUE DE CONSTANTINOPLE, NOUVELLE ROME ET PATRIARCHE ŒCUMÉNIQUE, À TOUT LE PLÉRÔME DE L’ÉGLISE GRÂCE, MISÉRICORDE ET PAIX DU CHRIST SAUVEUR NÉ À BETHLÉEM * * *
† BARTHOLOMAIOS PAR LA GRÂCE DE DIEU ARCHEVÊQUE DE CONSTANTINOPLE, NOUVELLE ROME ET PATRIARCHE ŒCUMÉNIQUE, À TOUT LE PLÉRÔME DE L’ÉGLISE GRÂCE, MISÉRICORDE ET PAIX DU CHRIST SAUVEUR NÉ À BETHLÉEM * * *
mardi 21 janvier 2014
dimanche 19 janvier 2014
L'ORTHODOXIE, CETTE INCONNUE [3] par Père André BORRELY
Qu'est-ce donc que l'Orthodoxie?
La première partie du mot se retrouve dans orthographe, orthophoniste, orthopédie. En grec, ορθος est un adjectif indiquant une idée de rectitude, de correction.
Quant à la seconde partie, il s'agit du grec δοξα qui a le double sens d'opinion et de réputation qui est la somme des opinions que les gens ont de vous et s'ils sont très nombreux à avoir de vous une excellente opinion, vous entrez dans la gloire. L'Orthodoxie, c'est donc le fait d'avoir sur Dieu des opinions droites, exactes et d'autre part de rendre gloire à Dieu comme il convient. C'est la Lex credendi, la Règle de foi, et la Lex orandi, la Règle de prière des Latins.
Si cette théologie est plus proche de la sagesse et de la prière liturgique que de la science, si elle prise fort l'intelligence sans jamais la confondre avec l'intellectualité, qui est souvent d'autant moins intelligente qu'elle est intellectuelle, si Dieu dans sa sagesse fit un berceau pour son Fils, c'est parce que l'on peut dire de la théologie telle que l'expérimente l'Orthodoxie ce que Shelley a écrit de l'expérience artistique : A thing of beauty is a joy for ever. Or, si la théologie orthodoxe sapientielle et liturgique est une source éternelle de joie, c'est parce que la totalité de la foi orthodoxe peut être résumée dans la formule célèbre de saint Athanase: Dieu est devenu homme afin que l'homme devienne Dieu. Tout le Christianisme est concentré dans l'événement de la divino-humanité. En la personne du Fils, le Dieu tri-unique expérimente la totalité de ce qui est humain, hormis le péché qui déshumanise l'homme. Mais si Dieu a pénétré l'humanité à une telle profondeur, comment ne pas se souvenir du récit de la création, dans le livre de la Genèse – Dieu vit que cela était rudement bon, fameux –, comment ne pas convenir que le corps ne saurait être tenu pour un tombeau, une prison, un appendice encombrant, que la matière ne saurait être mauvaise en soi dès lors que Dieu en fit un berceau pour son Fils. Je pense que de toutes les formes qu'a prises le Christianisme dans l'histoire, l'Orthodoxie est celle qui est allée le plus loin dans l'interprétation de la divino-humanité : son refus du moralisme, du juridisme et du pessimisme, la puissance festive et résurrectionnelle de ses célébrations liturgiques, sa familiarité avec l'événement de la mort, tout cela vient de la foi orthodoxe en la divino-humanité. Si l'Orthodoxie a quelque chose à offrir humblement mais résolument pour le partage œcuménique, c'est bien, me semble-t-il, la certitude que lorsque chacun d'entre nous – dans un mois, dans un an – frappera en tremblant aux portes du Royaume, on ne lui demandera pas s'il a été généreux mais vrai, on ne cherchera pas à savoir s'il aura été pur mais dur. Si convaincu que je sois de la véracité des paroles que prononce le prêtre orthodoxe au décours de chaque liturgie : το πλήρωμα της εκκλησίας σου φύλαξον, Κύριε, Seigneur, garde la plénitude de ton Église, je suis pareillement convaincu que l'Esprit souffle où il veut, c'est-à-dire au-delà des frontières visibles et conceptualisables de l'Orthodoxie. Aussi, permettez-moi d'évoquer un souvenir. Je venais de célébrer un enterrement et je me dirigeais avec mon épouse vers la sortie du cimetière. Nous entendîmes alors les pas de quelqu'un qui se hâtait de nous rejoindre.
C'était un ami du défunt qui voulait me dire ceci : « Je tenais à vous remercier pour cette célébration et votre homélie. Je n'ai pas la foi, mais si je l'avais, c'est de cette manière que je voudrais l'avoir. » Cet agnostique avait senti qu'il y a dans l'Orthodoxie quelque chose de sui generis, de spécifique, que je voudrais tenter, non point de démontrer, de prouver, mais plutôt de suggérer, de balbutier, d'évoquer. (à suivre)
samedi 18 janvier 2014
L'ORTHODOXIE, CETTE INCONNUE [2] par Père André BORRELY
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| Paroisse grecque-orthodoxe de la Dormition de la Mère de Dieu à Marseille |
"Un matin, je me trouvais avec quelques personnes devant notre église. Nous attendions une paroissienne dont je m'apprêtais à célébrer l'office des funérailles. Une jeune dame vint vers moi et désignant de la main notre église, elle me demanda : "Quelle différence y a-t-il entre cette église et une église normale ?" Les corbillards marseillais étant plus ponctuels que les trains de la SNCF, celui que nous attendions arriva au moment où j'allais tenter de répondre. Or, la question ne m'avait pas été posée dans quelque hameau de Haute-Savoie, mais à Massalia, Massiliae Graecorum, Marseille-la-Grecque où il y a des lieux de culte anormaux depuis le début du 19ème siècle et qui possède, au 23, rue de la Grande Armée, l'église anormale la plus ancienne de France. Je serais bien incapable de dire combien de fois le bon peuple marseillais m'a fait passer le test suivant : "Vous êtes prêtre ? Et vous êtes marié ? Comment doit-on vous appeler ?" "Monsieur le Pasteur" ?" Une fois on m'a demandé si "Monsieur le Rabbin" me convenait. Et la question à 1000 euros est invariablement : "Vous croyez à la Vierge?" La connaissance de ce qui différencie l'Orthodoxie du Christianisme occidental est la chose du monde la plus mal partagée, pour parler comme Descartes."
[à suivre]
vendredi 17 janvier 2014
LA MEMOIRE COURTE : Alliés d'un jour ennemis d'un autre...
Le bombardement, qualifié d’agression par le gouvernement de la
République fédérale de Yougoslavie et par de nombreux experts juridiques
de Serbie et du monde, a suivi après des négociations échouées sur le
règlement de la crise au Kosovo, qui ont eu lieu à Rambouillet et à
Paris, en février et en mars 1999. Lors des négociations avec la
délégation des Albanais du Kosovo, en France, en présence des
médiateurs, les autorités serbes ont refusé d’accepter l’annexe
militaire au contrat qui signifierait, selon les interprétations,
l’occupation du pays. Le Parlement serbe a adopté le 24 mars 1999 la
décision sur la non-acceptation des troupes étrangères, et le même soir,
à 19 heures 45, les forces de l’OTAN ont entamé le bombardement, sur
l’ordre du secrétaire général de l’OTAN de l’époque, Javier Solana. Le
gouvernement yougoslave a proclamé la même nuit l’état de guerre. Un
conflit de la police et des éléments de l’Armée libératrice du Kosovo
terroriste dans le village Racak, le 15 janvier 1999, a servie de motif
immédiat pour l’attaque de l’OTAN. Le chef de la mission d’observateurs
de l’OSCE, William Walker a proclamé la mort de 45 Albanais de massacre
de civils innocents, avant l’ouverture d’une enquête officielle. Les
représentants officiels de la Serbie affirmaient cependant qu’à Racak
avait eu lieu un conflit entre la police et les terroristes albanais.
Pendant l’opération ont eu lieu plus de 2 000 attaques aériennes. 45 ponts routiers et 28 ponts ferroviaires ont été démolis, de même que l’ambassade de Chine à Belgrade, environ 300 écoles, plusieurs dizaines d’hôpitaux et 176 monuments de culture serbes ont subi des dommages graves et légers. Selon les estimations d’experts, le dommage matériel causé par les bombardements est évalué à plus de 30 milliards de dollars. Presque tous les transmetteurs de Radio et télévision de Serbie ont été démolis, y compris la tour à Avala.
Suite à plusieurs initiatives diplomatiques, l’intervention militaire a été achevée par la signature de l’Accord technico-militaire le 9 juin 1999 à Kumanovo, et trois jours plus tard a commencé le retrait de l’Armée de Yougoslavie et de la police serbe du Kosovo-Metochie. Le secrétaire général de l’OTAN a issu l’ordre sur l’arrêt des bombardements le 10 juin, et le même jour le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté la Résolution 1244. Environ 37 000 soldats de 36 pays sont arrivés au Kosovo dans la composition de la Kfor. A l’entre-temps, le nombre d’effectifs est réduit à 10 000. Selon les données de l’UNHCR, environ 230 000 Serbes et autres non-albanais ont quitté le Kosovo depuis l’arrivée des forces de la paix, tandis que seulement environ 16 000 personnes déplacées sont revenues dans la Province.
Pendant l’opération ont eu lieu plus de 2 000 attaques aériennes. 45 ponts routiers et 28 ponts ferroviaires ont été démolis, de même que l’ambassade de Chine à Belgrade, environ 300 écoles, plusieurs dizaines d’hôpitaux et 176 monuments de culture serbes ont subi des dommages graves et légers. Selon les estimations d’experts, le dommage matériel causé par les bombardements est évalué à plus de 30 milliards de dollars. Presque tous les transmetteurs de Radio et télévision de Serbie ont été démolis, y compris la tour à Avala.
Suite à plusieurs initiatives diplomatiques, l’intervention militaire a été achevée par la signature de l’Accord technico-militaire le 9 juin 1999 à Kumanovo, et trois jours plus tard a commencé le retrait de l’Armée de Yougoslavie et de la police serbe du Kosovo-Metochie. Le secrétaire général de l’OTAN a issu l’ordre sur l’arrêt des bombardements le 10 juin, et le même jour le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté la Résolution 1244. Environ 37 000 soldats de 36 pays sont arrivés au Kosovo dans la composition de la Kfor. A l’entre-temps, le nombre d’effectifs est réduit à 10 000. Selon les données de l’UNHCR, environ 230 000 Serbes et autres non-albanais ont quitté le Kosovo depuis l’arrivée des forces de la paix, tandis que seulement environ 16 000 personnes déplacées sont revenues dans la Province.
Détails supplémentaires
Racak :Des questions troublantes ont pourtant vite vu le jour, mettant
le massacre en doute et évoquant la possibilité que l’incident ait été
manipulé pour pousser l’OTAN à la guerre, mais elles ont été
complètement ignorées par les médias américains de l’époque.
Des articles importants de correspondants chevronnés en Yougoslavie s’interrogeant sur la version de William Walker ont pourtant été publiés par des journaux français comme Le Figaro (“Nuages noirs sur un massacre”, 20/1/99), et Le Monde (“Les morts de Racak ont-ils réellement été massacrés de sang-froid ?”, 21/1/99). Le quotidien allemand Berliner Zeitung a rapporté, le 13/3/99, que plusieurs gouvernements, dont l’Allemagne et l’Italie, demandaient à l’OSCE de renvoyer William Walker, à la lumière d’informations reçues de contrôleurs de l’OSCE au Kosovo selon lesquelles les corps de Racak “n’étaient pas – comme le prétend Walker – des victimes d’un massacre serbe de civils” mais ceux de combattants de l’UCK tués au combat. (source Yahoo questions et réponses)
lire aussi entre autres :
Bombardement de la Serbie – L’anniversaire de la honte
Des articles importants de correspondants chevronnés en Yougoslavie s’interrogeant sur la version de William Walker ont pourtant été publiés par des journaux français comme Le Figaro (“Nuages noirs sur un massacre”, 20/1/99), et Le Monde (“Les morts de Racak ont-ils réellement été massacrés de sang-froid ?”, 21/1/99). Le quotidien allemand Berliner Zeitung a rapporté, le 13/3/99, que plusieurs gouvernements, dont l’Allemagne et l’Italie, demandaient à l’OSCE de renvoyer William Walker, à la lumière d’informations reçues de contrôleurs de l’OSCE au Kosovo selon lesquelles les corps de Racak “n’étaient pas – comme le prétend Walker – des victimes d’un massacre serbe de civils” mais ceux de combattants de l’UCK tués au combat. (source Yahoo questions et réponses)
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Bombardement de la Serbie – L’anniversaire de la honte
“Nous convions notre peuple infortuné, chers frères et sœurs, à n’emprunter que le chemin de la justice et de l’honnêteté, de la foi et des valeurs morales, de l’humanité et de la noblesse d’âme chrétienne, sans esprit de haine ni de vengeance à l’égard de quiconque, toujours à genoux devant Dieu et jamais devant les hommes ; alors, le Seigneur des armées, le Tout-puissant, le Seigneur de l’histoire, le Dieu d’amour et de miséricorde, mais Juge juste de l’univers, sera à nos côtés. Et s’Il est à nos côtés, de quoi aurions-nous peur ? Puissent les sons doux des cloches de nos églises et monastères porter la prière de l’Église orthodoxe dans nos cœurs et sur nos lèvres : « Seigneur de la puissance, sois à nos côtés, car nous n’avons pas de soutien autre que Toi ; Seigneur de la puissance, aie pitié de nous ! »”
— « Déclaration du patriarche Pavle de Serbie à propos des derniers actes de guere de l’OTAN », Pravoslavlje, 15 septembre 1995. (cité par moinillon)
jeudi 16 janvier 2014
L'ORTHODOXIE, CETTE INCONNUE [1] par Père André BORRELY
Introduction
Je ne suis qu'un pygmée juché sur les épaules d'un géant. Mes pauvres paroles ne mériteront votre attention que si elles sont en continuité ininterrompue á travers le temps avec un homme de feu, un père spirituel de premier ordre originaire du Qatar, qui vécut vers le milieu du 7ème siècle, sur la côte occidentale du Golfe Persique. Sacré évêque de Ninive, il renonça à l'épiscopat au bout de 5 mois, préférant aller expérimenter la folie de l'Évangile dans la solitude des montagnes, en plein silence, en plein amour. Ce géant de l'anachοrèse, c'est St Isaac le Syrien.
Il me recommande : « Ne transmets à personne ce que tu n'as pas encore compris afin de n’être pas confondu : ton enseignement comparé à ta vie découvrirait ta fraude. » Pour Isaac, comprendre ne signifie pas saisir intellectuellement et demeurer à l'extérieur de ce que l'on prétend connaitre en jonglant avec les concepts comme avec autant de balles de tennis. Pour cet exercice, les vieux professeurs ne se défendent pas trop mal puisque ce fut leur métier d'enseigner á leurs élèves á disserter sur toutes choses, notamment sur celles dont ils sont encore loin d'avoir l'expérience. L'essentiel est que "ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement" (2). Au contraire, pour l'Abbé Isaac, connaître c'est aimer, c'est pénétrer grâce à l'amour.
P. Basile Gοndikakis(3) a pu écrire à son sujet : « Il ne dit rien qui n'ait passé en lui sans qu'il en ait souffert. » C'est le sens du verbe hébreu iada qui évoque les rapports conjugaux et l'idée de pénétration. Pour l'Abbé Isaac, comme pour toute la Tradition orthodoxe, il s'agit non de concevoir, de forger des concepts, mais de recevoir et de sentir. Évagre identifie la théologie et la prière. I1 écrit : « Si tu pries vraiment tu es théologien, et si tu es théologien tu pries vraiment. » De même, le P. Cyprien Kern aimait à définir la chorale de l'église comme une chaire de théologie. On ne cherche pas à démontrer more geometrico, à la manière des mathématiciens, car, dit St Grégoire Palamas : « Toute parole peut contester une autre parole, mais quelle parole peut contester la vie? »
Dans l'Orthodoxie, le mot théologie n'évoque pas principalement une
spécialité scientifique ayant l'ambition d'effectuer l'inventaire du
dogme en ayant la prétention de l'enrichir par la spéculation
intellectuelle et en le prolongeant rationnellement.
La théologie n'est pas une science, si l'on songe à un effort intellectuel pour construire une synthèse rationnelle du dogme. Le plus grand théologien du Moyen-Age byzantin, St Grégoire Palamas, n'a pas cherché à édifier un système théologique. Pour l'Abbé Isaac, tout le christianisme s'effondre si l'on cesse de mettre en relation avec l'amour n'importe quelle partie de la vision chrétienne de l'homme.
Si nombre de nos contemporains en sont arńvés à haïr le christianisme, si Gott ist tot comme dit Nietzsche, si Dieu est mort, c'est peut-être parce que tous ces gens dressent le constat que rien de ce dont les chrétiens ont la prétention de témoigner en fait d'expérience religieuse ne fait apparaître un Dieu qui diviniserait l'homme. Il n'y a peut-être pas d'athées mais seulement des agnostiques auxquels il est donné de ne côtoyer que l'incroyance de ceux qui se disent croyants, des croyants non divinisés, qui croient croire et ne manifestent que leur ïncapacité, par manque d'amour, à acquérir le saint Esprit. [à suivre]
La théologie n'est pas une science, si l'on songe à un effort intellectuel pour construire une synthèse rationnelle du dogme. Le plus grand théologien du Moyen-Age byzantin, St Grégoire Palamas, n'a pas cherché à édifier un système théologique. Pour l'Abbé Isaac, tout le christianisme s'effondre si l'on cesse de mettre en relation avec l'amour n'importe quelle partie de la vision chrétienne de l'homme.
Si nombre de nos contemporains en sont arńvés à haïr le christianisme, si Gott ist tot comme dit Nietzsche, si Dieu est mort, c'est peut-être parce que tous ces gens dressent le constat que rien de ce dont les chrétiens ont la prétention de témoigner en fait d'expérience religieuse ne fait apparaître un Dieu qui diviniserait l'homme. Il n'y a peut-être pas d'athées mais seulement des agnostiques auxquels il est donné de ne côtoyer que l'incroyance de ceux qui se disent croyants, des croyants non divinisés, qui croient croire et ne manifestent que leur ïncapacité, par manque d'amour, à acquérir le saint Esprit. [à suivre]
(Conférence [retranscrite dans le n°151 de la revue Orthodoxes à Marseille] de P André Borrély, le 15 novembre 2013, à la Médiathèque municipale de Sanary-sur-mer. 83110 (rue Robert Schumanπ). Le titre est évidemment une réminiscence du livre d'Alexis Carrcl, L'homme, cet inconnu, paru en 1935 dont je ne retiens que le titre, ne partageant nullement la vision de l'homme et du monde exposée par l'Auteur, notamment 1'eugénisme.)
1. Boileau; L'art poétique. Chant I.
2. Introduction aux Œuvres spirituelles d'Isaac le Syrien. Desclée de Brouwer, 1981.
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