Les lèvres mensongères font horreur à l'Éternel, tandis que ceux qui agissent avec fidélité lui sont agréables. Proverbes 12:22 «C'est ce qui sort de l'homme qui le rend impur. En effet, c'est de l’intérieur, c'est du cœur des hommes que sortent les mauvaises pensées, les adultères, l'immoralité sexuelle, les meurtres, les vols, la soif de posséder, les méchancetés, la fraude, la débauche, le regard envieux, la calomnie, l'orgueil, la folie. Toutes ces choses mauvaises sortent du dedans et rendent l'homme impur.» Marc 7:20-23 Un témoin fidèle ne ment pas, tandis qu’un faux témoin dit des mensonges. Proverbes 14:5 « Vous, vous avez pour père le diable et vous voulez accomplir les désirs de votre père. Il a été meurtrier dès le commencement et il ne s'est pas tenu dans la vérité parce qu'il n'y a pas de vérité en lui. Lorsqu'il profère le mensonge, il parle de son propre fond, car il est menteur et le père du mensonge. » Jean 8:44 Si les paroles distinguées ne conviennent pas à un fou, les paroles mensongères conviennent d’autant moins à un noble. Proverbes 17:7 « Écarte de ta bouche la fausseté, éloigne de tes lèvres les détours ! Proverbes 4:24 Craindre l'Éternel, c'est détester le mal. L'arrogance, l'orgueil, la voie du mal et la bouche perverse, voilà ce que je déteste. » Proverbes 8:13 « Pierre lui dit : «Ananias, pourquoi Satan a-t-il rempli ton cœur, au point que tu aies menti au Saint-Esprit et gardé une partie du prix du champ? […] Comment as-tu pu former dans ton cœur un projet pareil? Ce n'est pas à des hommes que tu as menti, mais à Dieu.»Actes 5:3-4Mais pour les lâches, les incrédules, les abominables, les meurtriers, les impudiques, les enchanteurs, les idolâtres, et tous les menteurs, leur part sera dans l'étang ardent de feu et de soufre, ce qui est la seconde mort.Apocalypse 21.8

mercredi 5 septembre 2012

L'"Immaculée Conception" selon l'Orthodoxie par Vladimir LOSSKY



"Quelques orthodoxes, animés d'un zèle très compré­hensible pour la vérité, se croient obligés de nier l'authenti­cité de l'apparition de la Mère de Dieu à Bernadette et refusent de reconnaître les manifestations de la grâce à Lourdes, sous prétexte que ces phénomènes spirituels ser­vent à confirmer le dogme mariologique étranger à la tradi­tion chrétienne. Cette attitude, croyons-nous, n'a pas de justification, car elle provient d'un manque de discerne­ment entre un fait d'ordre religieux et son utilisation doctri­nale par l'Église romaine. Avant de porter un jugement négatif sur l'Apparition de Notre Dame à Lourdes, en courant le risque de commettre un péché contre la grâce illimi­tée de l'Esprit Saint, il aurait été plus prudent (et plus juste) d'examiner avec la sobriété d'esprit et l'attention religieuse les paroles entendues par la jeune Bernadette et les circons­tances dans lesquelles ces paroles lui ont été adressées. 

Pendant toute la période de ses quinze apparitions à Lour­des, la Sainte Vierge a parlé une seule fois pour se nommer. Elle dit :   "Je suis l'Immaculée Conception".  Or, ces paroles ont été prononcées le 25 mars 1858, à la fête de l'Annoncia­tion. Leur sens direct reste clair à ceux qui ne sont pas obligés de les interpréter en dépit de la saine théologie et des règles de la grammaire : la conception immaculée du Fils de Dieu est le suprême titre de gloire de la Vierge sans tache.

 Les auteurs catholiques-romains insistent souvent sur le fait que la doctrine de l'immaculée Conception de la Sainte Vierge a été reconnue, explicitement ou implicitement, par plusieurs théologiens orthodoxes, surtout aux XVIIe et XVIIIe siècles. Les listes impressionnantes des manuels de théologie rédigés à cette époque, pour la plupart dans la Russie du sud, témoignent en effet jusqu'à quel point l'enseignement théologique à l'Académie de Kiev et dans d'autres Écoles d'Ukraine, de Galicie, de Lithuanie ou de Biélo-Russie a été affecté par les thèmes doctrinaux et dévotiοnnels propres à l'Église de Rome. Tout en défen­dant héroïquement leur foi, les orthodoxes de ces régions limitrophes subissaient inévitablement l'influence de leurs adversaires catholiques-romains, car ils appartenaient au même monde de civilisation baroque, avec ses formes parti­culières de piété.

On sait que la théologie latinisée des Ukrainiens a provoqué un scandale dogmatique à Moscou, vers la fin du XVIΙe siècle, au sujet de l'épiclèse. Le thème de l'Immacu­lée Conception était d'autant plus assimilable qu'il s'expri­mait dans la dévotion plutôt que dans une doctrine théolo­gique définie. C'est sous cette forme déνοtionnelle qu'on trouve quelques traces de mariologie romaine dans les écrits de saint Dimitri de Rostov, prélat russe d'origine et d'éducation ukrainienne. C'est le seul nom important parmi les autorités théologiques que l'on cite habituellement pour montrer que le dogme de l'Immaculée Conception de Marie est acceptable pour les orthodoxes. 

Nous n'allons pas dresser, à notre tour, une liste (combien plus impo­sante !) de théologiens de l'Église de Rome, dont la pensée mariologique s'oppose résolument à la doctrine transfor­mée en article de la foi, il y a un siècle. Il suffira de citer un seul nom, celui de saint Thomas d'Aquin, pour constater que le dogme de 1854 va à l'encontre de tout ce qu'il y a de plus sain dans la tradition théologique de l'Occident séparé. Que l'on relise les passages du Commentaireaux Sentences (I, III, d.3, q.I, art. 1 et 2; q.4, a. I) et de la Somme théologique (IIIa, q.27), ainsi que d'autres écrits où le Docteur angélique traite la question de l'Immaculée Conception de la Vierge : on y trouvera l'exemple d'un jugement théologique sobre et précis, d'une pensée clair­voyante, sachant utiliser les textes des Pères occidentaux (saint Augustin) et orientaux (saint Jean Damascène) pour montrer le vrai titre de gloire de la très Sainte Vierge et Mère de notre Dieu. Depuis cent ans, ces pages mariologi­ques de saint Thomas d'Aquin sont scellées pour les théolo­giens catholiques-romains, obligés de se conformer à la ligne générale mais elles ne cesseront pas d'être un témoignage de la tradition commune pour ceux des ortho­doxes qui savent apprécier le trésor théologique de leurs frères séparés."
En la fête de la Conception de la très Sainte Vierge Marie
Vladimir LOSSKY
Note adjointe à l'article publié
 dans « Le Messager » n° 20, décembre 1954
que vous pourrez lire intégralement en cliquant ICI

samedi 1 septembre 2012

Tchernobyl et la miséricorde divine ?

La puissance divine créatrice de vie  est comme la miséricorde de Dieu :
 incommensurable, mystérieuse, inconcevable, infinie mais observable...

 Le reportage d'Arte est une mine de réflexion pour nous chrétiens orthodoxes.

Le pitoyable orgueil de l'homme déchu a beau s'acharner à faire le mal de toutes les manières en massacrant cruellement des peuples et en détruisant sans remords la nature, quoi qu'il fasse, non seulement son acharnement diabolique à faire le plus de mal possible restera sous le  pied du Christ qui a vaincu le monde ( Jean 16-33), le diable et la mort (Hébreux 2-14) non seulement son péché n'est qu'une goutte d'eau dans l'immense océan de la miséricorde divine, mais également son entreprise insensée et égoïste de destruction de la vie de la nature n'empêche apparemment pas que la vie s'immisce à nouveau au milieu des champs de ruines et de la multitude des cadavres de tous les êtres vivants, selon des voies qui échappent totalement à l'homme et qu'il découvre abasourdi.

L’orgueil de l'homme qui lui donne l'illusion qu'il peut tout explorer, tout découvrir, tout comprendre jusqu’à désormais avoir la conviction qu'il peut lui-même créer la vie est proportionnel à l'orgueil qui lui fait croire qu'il peut supprimer toute vie de la planète. Il peut certes faire quelques progrès techniques dans différents domaines comme il peut provoquer des dégâts considérables et irréparables dans d'autres mais abolir la vie de cette planète jamais il ne le pourra.

Est-ce qu'à dire que parce que la miséricorde de Dieu est sans bornes, alors l'homme peut pécher sans souci des conséquences ici et maintenant et à l'heure du Jugement, je ne pense pas que quiconque puisse se fonder sur quelque chose de semblable ni dans les Saintes Écritures ni dans la Sainte Tradition. C'est sans cesse que l'homme est plus qu'invité à ne plus pécher et averti des risques qu'il prend pour sa vie à venir.

Certes on pourrait aller jusqu’à dire que ce n'est pas Dieu qui n'aime pas Hitler, mais que c'est Hitler qui n'aime pas Dieu, mais devait-on pour cela laisser cet abominable esprit pervers et tordu continuer son oeuvre de ténèbres ? Non il fallait l'arrêter et l'empêcher de nuire plus longtemps, cela n'avait que trop duré.

De même ce n'est pas parce que la vie soufflera toujours malgré les dégâts causés par l'homme à la nature, que l'on  doit laisser se poursuivre les nuisances qui ne manqueront pas de s'en suivre comme lors de la terrifiante catastrophe de Tchernobyl.
Maxime le minime
Regardez la vidéo ci-dessous




"Tchernobyl, une histoire naturelle ? sur ARTE. Quelle explication donner à l’apparente recolonisation par la Nature à Tchernobyl ? Dans cette zone d’exclusion, toujours interdite aux humains, dans ce monde étrange où la radioactivité se déplace en fonction des saisons, les zoologues et radioécologues font de surprenantes découvertes. Comment la nature reprend ses droits dans la zone interdite entourant la centrale. Une passionnante enquête sur une énigme scientifique. Vingt-quatre ans après l'explosion du réacteur n° 4, le 26 avril 1986, la "zone interdite" instaurée dans un rayon d'une trentaine de kilomètres autour de la centrale nucléaire offre la vision idyllique et paradoxale d'une nature préservée des ravages de la civilisation. Ce territoire où les radionucléides se sont dispersés irrégulièrement, avec l'explosion et l'incendie qui a suivi, est aussi devenu un vaste laboratoire à ciel ouvert, où les scientifiques étudient sur le long terme, en situation réelle, les effets de la radioactivité de faible dose sur les organismes vivants. Pourquoi certains oiseaux meurent-ils prématurément, pourquoi la croissance des pins est-elle perturbée, alors que mulots ou peupliers semblent en pleine santé ? Les espèces ne sont apparemment pas égales devant ces radiations : les résultats des recherches sont contrastés, troublants, révélant la complexité du monde vivant. Splendeurs radioactives Aujourd'hui, seulement moins de 3 % de la radioactivité initiale subsiste à Tchernobyl. Mais il faudra plus de deux siècles pour que le césium et le strontium rejetés lors de l'explosion et de l'incendie aient perdu toute leur charge radioactive. Selon l'hypothèse d'un laboratoire américain de génétique, les souris (la quarantième génération depuis la catastrophe) ne seraient pas affectées par ces radionucléides absorbés quotidiennement en doses colossales, parce qu'elles auraient su développer des résistances naturelles sophistiquées. Aucun des chercheurs interrogés ici ne se risque pourtant à tirer des conclusions générales sur cette énigme écologique. Partageant avec le spectateur leurs expériences et leurs questions, mais aussi leur émerveillement devant la nature, ces scientifiques nous ouvrent les chemins d'un territoire unique au monde. D'un printemps luxuriant jusqu'au coeur de l'hiver, les images splendides de Luc Riolon, tournées sur une année, en proclament le passionnant mystère." (source)

samedi 25 août 2012

LE LATIN LANGUE LITURGIQUE ORTHODOXE ?


Voici reproduit ici un extrait d'un message que l'on peut lire sur un blog catholique traditionaliste.
Ce message ne peut  laisser indifférent à plusieurs titres qui seront exposés après la citation...
"[...] Divisée dans ses rites et dans ses langues, l’Église n’est plus "une". Quelle force avait-elle lorsque tout chrétien, de New York à Pékin, pouvait assister à la messe avec son missel habituel et en partager le mystère avec une assistance inconnue dont il ne partageait pas même la langue ! Là l’idée de communion avait tout son sens : le partage du sacrifice de tous, entre tous, réunis ensemble par et pour l’Évangile, par delà les différences linguistiques, géographiques et civilisationnelles, unis dans une même foi… Travaillant en Afrique Noire dans les années 80, j’ai noté là avec surprise l’importante proportion des traditionalistes africains. Un de mes amis, alors ministre, m’en expliqua un jour la raison – ce qui aurait laissé rêveur n’importe quel prélat du concile : « Ils sont fous à Rome ! Les gens ici ne comprennent plus rien : avant on avait une langue pour la prière, une langue sacrée qui ne servait pas pour tous les jours, une langue faite pour ne s’adresser qu’à Dieu, et c’était la même langue pour nous tous. Ils ne savent pas, à Rome, que dans ce pays nous comptons quarante ethnies ? Alors quand tu te déplaces de quarante kilomètres un dimanche dans un village voisin, tu ne comprends plus rien à la messe ! Et on ne peut plus prier avec un prêtre de la tribu d’à côté. C’est les fétichistes qui rigolent bien : eux ils gardent la langue des fétiches ![...] » 

Ce texte en son entier est particulièrement émouvant parce qu'il exprime le désarroi d'un fidèle et sincère serviteur d'une  Église en perdition.  À de nombreuses reprises il a été question dans ce blog, des périls qu'il y aurait à trop se rapprocher d'un corps malade sans prendre les précautions sanitaires propres à une saine ecclésiologie et une saine théologie, ce n'est donc pas dans ce sens qu'ira le commentaire de ce texte.

Ce qui nous importera ici c'est le problème de la langue liturgique.

Et là il faut bien remettre en question le principe défendu par les représentants d'une Église orthodoxe locale en le confrontant à la réalité du terrain. 
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vendredi 24 août 2012

PUNK’S NOT DEAD BUT IT SMELLS FUNNY...Pussy Riot

             WHAT'NEW ABOUT THE PUSSY   ?
J’ai lu des articles et des forums et des discussions laxistes ou vengeresses, conflictuelles en veux-tu en voilà. Les medias n’ont cessé d’en faire leurs choux gras. 

Comme d’habitude l’anticléricalisme de base, peu regardant à ce qui ressemble à quelque chose de chrétien, s’est déchaîné, l’anti-poutinisme primaire y est allé bon train se substituant étrangement non à l’ « anticommunisme primaire » de naguère mais au présumé néo-tsarisme de Poutine étiqueté en même temps ex-KGB à vie… comprenne qui pourra la contradiction et la confusion. La menace de la tyrannie de la crosse et du goupillon, toujours à l’esprit des esprits pseudo révolutionnaires, bien qu'en réalité fashion victims du mode de pensée dominant, qui n’est que la pensée à la mode, donc de la non-pensée, donc conformistes à 100%. Quel mélimélo !

 Pour reprendre mon titre je ne sais pas comment on peut être punk en Russie aujourd’hui. Je ne sais pas ce qu’a à voir ce contexte avec celui de l’Europe occidentale de la fin des années 70. D’ailleurs je ne sais pas non plus si ce qu’on a appelé punks en France (qui étaient plutôt de l’ordre de nomades à chien de rue adeptes de la crête colorée et des premiers piercings) ou en Allemagne voire aux USA (quel rapport avec les Ramones ou les Dead Kennedys ?) avaient vraiment quelque chose de commun avec les Sex Pistols. Ce dont je suis sûr c’est que les Punks de l’époque cracheraient sur Madonna sans problème tellement sa soupe hollywoodienne à grand spectacle est antinomique avec les préoccupations rocks minimalistes des Pistols de l’époque, comme ils n’auraient rien à faire de la solidarité bien écolo-bien-pensante de Sting (qui n’en demeure pas moins un excellent musicien) eux qui ne se préoccupaient pas plus de leur santé que de celle du monde auquel ils ne voyaient aucun avenir en éclusant le plus possible de bière, avec le plus profond mépris pour les Hippies Peace and Love et leur trips psychédéliques… Bon alors qu’est-ce que les Pussy ont à voir avec le Punk ? Ah Ouais ! dans le domaine de ce style de musique comme dans tant d’autres il n'y a tellement rien de nouveau sous le soleil ( trompeur ou pas) qu’on se vautre à qui mieux mieux dans le rétro, faute d’être capable de créer quelque chose d’étonnant. Bref pas grand-chose ! 

NOUVEAU BLOG : VIE DES SAINTS DE GÉORGIE

Biographies des héros spirituels de la terre de Géorgie, moniales, moines, ascètes, martyrs, clercs ou laïcs qui ont fait briller sur elle la Lumière du Christ!
 pour faire connaître une magnifique facette de l’Église Orthodoxe, l'ÉGLISE GÉORGIENNE 

les Géorgiens ont comme d'autres peuples orthodoxes de magnifiques artisans,  artistes, leurs chants sont splendides et leurs églises très belles et ils ne manquent pas de saints... comme vous le verrez sur le blog de Claude.


En outre l'on dit souvent que la Géorgie et le pays basque (qui est une partie non négligeable de mon patrimoine génétique - je le revendique) ont étrangement beaucoup de points communs... ils nous sont donc proches. Quand je vois le style des fresques peintes dans leurs église je ne peux m'empêcher d'y voir une air de famille avec ce qui reste de nos fresques romanes. Qu'en pensez-vous ?

Lisez cet article extrait du Journal du Pays Basque 

Géorgie et Pays Basque, une culture commune?


"Géorgiens et Basques décidément main dans la main. L’université d’Etat d’Ilia, située à Tbilissi en Géorgie, vient de publier une traduction en géorgien de l’Histoire de la littérature basque de Jon Kortazar, professeur à l’université du Pays Basque (publiée seulement en euskara et en espagnol). Une histoire de la littérature basque ainsi qu’une biographie du poète Gabriel Aresti devraient donner un aperçu aux lecteurs géorgiens des diverses facettes de la littérature basque. Quel lien peut-il y avoir entre le Pays Basque et la Géorgie ? Certaines études, parfois contestées, tendent à démontrer que la langue et la culture des deux pays pourraient avoir des liens. Selon certains linguistes, des similitudes linguistiques existent entre les langues basque et géorgienne.
L’intérêt de l’éditeur géorgien, Vladimer Luarsabishvili, pour la littérature basque va bien au-delà de cette publication. A partir de cette idée, les littératures des deux pays pourraient également entrer en corrélation. L’éditeur travaille également sur la traduction de la biographie du poète basque Gabriel Aresti (1933-1975), également signée par Kortazar. Il espère pouvoir continuer à publier des textes basques ou traitant eux-mêmes de la littérature basque, pour permettre aux Géorgiens de découvrir cette littérature peut-être pas si éloignée de la leur.
Cette année (2011), la Géorgie avait déjà fait une apparition en Pays Basque par le biais du groupe de chanteurs géorgien Urmuli, sans oublier les échanges entre la Géorgie et le Pays Basque Nord promus par l’Institut culturel basque et recueillis sur le blog georgia.eke.org."


jeudi 23 août 2012

Le papisme, protestantisme le plus radical !

L'infaillibilité pour tous

"Dans l'Occident européen, le christianisme s'est transformé graduellement en humanisme. Longtemps et avec persévérance, les occidentaux ont amoindri le Dieu-Homme, puis ils l'ont rabaissé au niveau de l'homme: au niveau de l'homme infaillible de Rome, et du non moins infaillible homme de Berlin. C'est ainsi qu'est apparu d'un côté le maximalisme christiano-humaniste occidental (papisme), qui retranche tout du Christ, et de l'autre côté, le minimalisme christiano-humaniste occidental (protestantisme), qui attend le moins possible du Christ - et souvent rien. Et les deux ont placé l'homme comme valeur suprême et comme critère ultime à la place du Dieu-Homme. Ainsi s'accomplit l'effroyable tâche qui consiste à corriger le Dieu-Homme, son œuvre et son enseignement !

Avec persévérance et constance, le papisme s'est efforcé de remplacer le Dieu-Homme par l'homme, jusqu'à ce que dans le dogme de l'infaillibilité humaine, le Dieu-Homme soit remplacé en tout par l'homme infaillible. Car par ce dogme, l'homme (le pape) a été proclamé clairement et définitivement comme quelque chose de plus grand, non seulement que l'homme, mais que les saints Apôtres et les saints Pères et les conciles œcuméniques. En apostasiant ainsi le Dieu-Homme, et l'Église catholique-œcuménique, le maximalisme papiste a dépassé même Luther, le créateur du minimalisme protestant. Et en fait, la première "protestation" contre l'Église Une, Sainte, Catholique et Apostolique, doit être recherchée dans le papisme, et non dans le protestantisme. Et c'est dans cette protestation que réside l'origine du Protestantisme.

Nous ne devons pas nous leurrer : le maximalisme christiano-humaniste occidental, le papisme, est exactement le protestantisme le plus radical, parce qu'il a remplacé, comme fondement du Christianisme, le Dieu-Homme éternel par l'homme éphémère, et l'a proclamé comme dogme principal, comme vérité principale, comme valeur principale, comme mesure et critère principaux. Les protestants ne font rien d'autre que de recevoir ce dogme en substance, et de le développer dans d'effroyables proportions et dans tous les détails. En fait, le protestantisme n'est qu'un papisme appliqué à tous, dont le principe fondamental -l'infaillibilité de l'homme- est appliqué à la vie de chaque homme en particulier. A l'exemple de l'homme infaillible de Rome, chaque protestant devient infaillible, car il revendique sa propre infaillibilité sur les points de foi. De ce point de vue, on peut dire que le protestantisme est un papisme laïcisé, mais privé de dimensions "mystiques", d'autorité et de puissance." St Justin de Tchélié
(in L'homme et le Dieu-homme" traduit du serbe par Jean-Louis Palierne-Edition de l'Âge d'homme - Collection La Lumière du Thabor)

lundi 20 août 2012

Un NOUVEAU BLOG ORTHODOXE c'est reparti !

                                 Après un faux départ, nous revoilà repartis ! Ce devrait être le bon...
Mon blog premier (Lexique) insiste sur le caractère personnel du vécu d'un Orthodoxe, ordinaire mais engagé de tout son être dans l'amour de l’Église, non pas pour gonfler vainement un ego dans une philautie coupable, pas plus pour interpréter de façon personnelle ( et donc au bout du compte hérétique) les canons sacrés de notre Tradition mais bien plutôt au contraire pour faire connaître, défendre et partager cette Tradition au milieu des courants d'eaux mêlées, indifférenciées et troubles de notre époque dans lesquelles je craignais – et crains toujours – que notre source pure, et seule à même d'étancher la soif spirituelle des hommes, ne se perde.

Ce blog (Journal) s'engage plus dans la vie de ce monde, dans les problèmes auxquels se confronte un citoyen de France dans l'Europe, dans le monde, avec sa sensibilité orthodoxe, c'est à dire en donnant au monde que ce qu'il mérite, et pas plus, autant que possible...
J'ai eu bien du mal à me  décider pour faire du neuf par rapport à ce que j'avais fait jusqu’à présent - j'étais sûr que j'étais un peu las mais plusieurs tentatives de lancement ont avorté...  ce nouveau blog va-t-il se substituer à celui-ci ? Je n'en suis pas sûr... En tout cas pas pour l'instant...  nous verrons bien, à la grâce de Dieu !

Le nouveau blog donc sera plus ancré dans le monde, se laissant davantage solliciter, à la fois plus critique peut-être mais aussi plus émerveillé sur ce qui se passe autour de moi, même si cela n'a pas de rapport direct avec l'Orthodoxie, donc plus éclectique, mais toujours avec ma sensibilité orthodoxe. 
Merci de votre fidélité !
A bientôt sur 

dimanche 19 août 2012

"CERTITUDE DE L'INVISIBLE" par l'Archimandrite Placide Deseille

ISBN 979-10-90385-01-6 12 €
 Nouvelle édition révisée du livre paru en 2002 aux éditions Presses Saint Serge

 ÉLÉMENTS DE DOCTRINE CHRÉTIENNE
 SELON LA TRADITION DE L’ÉGLISE ORTHODOXE

On peut lire en page de garde :

"L'auteur de Ι'Épitre aux Hébreux nous donne ici une belle définition de la foi : "La foi est la possession de ce que l'on espère, la certitude de ce que l'on ne voit pas" (Hébr. 11, 1). Et, faisant l'éloge de la loi de Moïse, il dit : « Comme s'il voyait l'invisible, il tint ferme ». Le croyant est certain de ce à quoi il adhère, non point parce que ses yeux de chair le voient, non point parce que sa raison lui en démontre l'exactitude, mais parce que la Parole de Dieu la lui garantit, en même temps qu'un instinct intérieur, éveillé dans son cœur par l'Esprit-Saint, l'incline à y consentir. Le mystère de Dieu, ainsi que son dessein d'amour et de salut sur l'homme, sont inaccessibles à nos facultés humaines seules. Nous ne pouvons en avoir connaissance que si Dieu nous les révèle. Mais alors, cette divine révélation nous procure, sur son objet, une certitude qui transcende toute assurance humaine. 

Ce sont divers aspects de ce message qui font le sujet de ce livre. Il rassemble des conférences et des entretiens dont la plupart ont été donnés d'abord, entre 1978 et 1998, au Centre spirituel orthodoxe de Montgeron. Plusieurs de ces textes ont été repris ensuite, sous forme d'articles, dans des revues. D'autres proviennent de la catéchèse pour adultes donnée aux parents qui accompagnent leurs enfants au Monastère de Solan à l'occasion du Camp Saint-Nicolas. Destinés à des non spécialistes, leur seul propos est de           «dispenser fidèlement la parole de vérité » (2 Tir., 2, 16), telle qu'elle nous a été transmise et expliquée par les saints et les Pères de l’Église, ces théologiens authentiques dont l'enseignement jaillissait de l'abondance d'un cœur illuminé par l'Esprit-Saint."


 L'Archimandrite Placide Deseille (né en 1926), moine de Simonos-Petra au Mont Athos, est supérieur du monastère orthodoxe Saint Antoine-le-Grand (Drôme, France). Fondateur de la collection « Spiritualité orientale » publiêe par l'abbaye de Bellefontaine et ancien membre du secrétariat de direction de la collection « Sources Chrétiennes », il est l'auteur de divers ouvrages, en particulier : Nous avons vu la vraie lumière, L'Evangile au désert, La Spiritualitë orthodoxe et la Philocalie. Il a traduit en français L'Echelle sainte de saint Jean Climaque, les Homélies spirituelles de saint Macaire, les Discours ascétiques de saint Isaac le Syrien, et Le Psautier d'après la version grecque des Septante. 

jeudi 26 juillet 2012

L'Orthodoxie, célébration de la gloire de Dieu (Ephésiens 11-22)

"11 En lui nous avons été désignés comme héritiers, ayant été prédestinés suivant le plan de celui qui met tout en œuvre conformément aux décisions de sa volonté 12 pour servir à célébrer sa gloire, nous qui avons par avance espéré dans le Messie. 13 En lui vous aussi, après avoir entendu la parole de la vérité, l’Évangile qui vous sauve, en lui vous avez cru et vous avez été marqués de l’empreinte du Saint-Esprit qui avait été promis. 14 Il est le gage de notre héritage en attendant la libération de ceux que Dieu s’est acquis pour célébrer sa gloire. 17 Je prie que le Dieu de notre Seigneur Jésus-Christ, le Père de gloire, vous donne un esprit de sagesse et de révélation qui vous le fasse connaître. 18 Je prie qu’il illumine les yeux de votre cœur pour que vous sachiez quelle est l’espérance qui s’attache à son appel, quelle est la richesse de son glorieux héritage au milieu des saints 19 et quelle est l’infinie grandeur de sa puissance, qui se manifeste avec efficacité par le pouvoir de sa force envers nous qui croyons. 20 Cette puissance, il l’a déployée en Christ quand il l’a ressuscité et l’a fait asseoir à sa droite dans les lieux célestes, 21 au-dessus de toute domination, de toute autorité, de toute puissance, de toute souveraineté et de tout nom qui peut être nommé, non seulement dans le monde présent, mais encore dans le monde à venir. 22 Il a tout mis sous ses pieds et il l’a donné pour chef suprême à l’Église 23 qui est son corps, la plénitude de celui qui remplit tout en tous" 

mercredi 11 juillet 2012

Démocratie et Orthodoxie

"La démocratie est le pire des régimes, à l'exception de tous les autres" (W. Churchill)


"Nous, français, très souvent nous confondons démοcratie et réρublique.
 Les espagnols, les anglais, les belges, les hollandais les scandinaves n'ont pas de leçon de démocratie à recevoir de nous et pourtant le régime politique auquel ils adhèrent très majoritairement est un régime monarchique et non pas républicain. 
En Grande-Bretagne comme en Espagne et en Belgique, la monarchie est dite parlementaire en ce sens que le chef du gouvernement, nommé par la reine ou le roi, est responsable devant le Parlement. Élisabeth II, Juan Carlos, Albert II sont les représentants de l'État au titre de Chefs de l`État, ce sont des arbitres, et les garants de la continuité des institutions. La Grande Bretagne, la Belgique, l'Espagne sont des démocraties non républicaines, des monarchies démocratiques, et inversement il existe des républiques autoritaires, voire dictatoriales et corrompues à un point tel qu'on ne peut parler de démocratie à leur sujet. Le fait même qu'on puisse qualifier de bananières* certaines républiques prouve qu'il ne suffit nullement qu'un régime soit républicain pour que l'on ait affaire à une démocratie. 

Le Vocabulaire technique et critique de la philosophie d'Αndré Lalande définit le mot démοcratie : État politique dans lequel la souveraineté appartient â la ιοtalité des citoyens, sans distinction de naissance, de fortune ou de capacité. Le mot vient du grec δημοκρατία, (= souveraineté du peuple) qui lui-même est composé de δημος /dêmοs (= peuple) et κράτος / kratοs, pouvoir, souveraineté. Toutefois, le mot dêmos évoque la notion plus restrictive de citoyens (la citoyenneté n'étant pas fοrcément donnée à toute la population.


Nous devons relativiser le concept de démocratie en nous référant au fait que l'Église n'est pas une démocratie, non point parce qu'elle ne le serait pas encore et qu'elle serait appelée à le devenir. A l'instar de l'Église romaine et à la différence du Protestantisme, l'Orthodoxie a un sacerdoce hiérarchique et sacramentel qui n'est pas une délégation reçue des fidèles, mais l'autorité, issue de l'ordination, permettant au prêtre et à l'évêque de célébrer et d'assurer à la communauté la garantie du témoignage apostolique. L'Église n'est pas la simple congrégation d'hommes adhérant à l'Évangile, une communauté indifférenciée, de type charismatique. Loin de vouloir donner en exemple quelques cas exceptionnels, l'Église a parfois pris position contre une approche trop démocratique de l'élection au sacerdoce. C'est ainsi que le 13° canon du Synode de Laodicée a formulé l'interdiction suivante : "On ne doit pas laisser á la foule l'élection de ceux qui sont destinés au sacerdoce". Qu'il soit catholique-romain ou orthodoxe, un prêtre n'est pas un pasteur dans le sens que les protestants donnent à ce mot pour désigner leurs ministres. Un pasteur protestant en retraite est comparable à un douanier ou à un instituteur retraité. Un prêtre est sacerdos in aeternum."
*A l'origine il s'est agi de pays peu développés, dont l'industrie reposait sur la seule production de bananes, et étaient dirigés par une petite ploutocratie autoritaireP. André Borrely

mardi 3 juillet 2012

« De l’empire du moi-d’abord au royaume du don-de-soi ». Traduit du grec par les moniales de Solan




"Myrsine Viggopoulou, « De l’empire du moi-d’abord au royaume du don-de-soi ». Traduit  du grec par les moniales de Solan. Postface de mère Hypandia, higoumène du monastère de Solan, éditions Monte Cristo, 2012, 154 p.
Ce petit livre est destiné par sa forme et son contenu aux enfants et aux adolescents, mais peut être lu avec plaisir et profit par les adultes. Il s’agit d’un roman initiatique plein de fraîcheur et de profondeur spirituelle. Il est fondé, dit le sous-titre, sur les enseignements spirituels du Père Païssios l’Athonite, mais on y retrouve, l’enseignement classique des Pères concernant la vie spirituelle sous une forme symbolique et parabolique qui le rend à la fois accessible et attrayant même pour des non-initiés. Les personnages portent des noms de passions (Arrogant, Présomptueux, Orgueilleux, Vaniteuse, Vantarde…) et de vertus (Généreux, Patient, Discernement, Bonté, Humilité…). Les héros sont un petit garçon nommé Obstiné et une petite fille nommée Sereine. Ils habitent dans des villes-royaumes éloignées l’une de l’autre et qui n’ont  quasiment aucune relation entre elles : le premier à Moi-ville (en grec Egopolis) que gouverne la déesse Présomption et où l’on adore le Grand-Moi, et la seconde à Toi-ville (en grec Esipolis), discrètement dirigée par la reine Humilité, où l’on adore le vrai Dieu. Étant un jour sorti par curiosité hors des remparts de Moi-ville par une petite porte restée ouverte par mégarde, Obstiné rencontre Sereine qui s’était égarée. Celle-ci le quitte rapidement en l’invitant à lui rendre visite à Toi-ville. Commence alors tout une aventure initiatique qui conduit Obstiné, avec l’aide précieuse d’un Ancien rencontré en chemin, du royaume de l’égoïsme, au royaume de l’altruisme où les habitants ont des comportements inconnus de lui et obéissent à des lois qui lui sont totalement étrangères et qu’il doit découvrir peut à peu, non sans efforts mais avec l’aide généreuse de tous les habitants… Revenu à Moi-ville, Obstiné témoigne de sa découverte, mais la déesse Présomption, furieuse, le bannit. Obstiné convainc un groupe de Moi-politains à émigrer avec lui à Toi-ville où, libéré des maux engendrés par l’égoïsme, on trouve de la joie à vivre pour les autres et à aimer le vrai Dieu en se préparant à une vie heureuse dans l’éternité.

En introduction à sa belle postface, Mère Hypandia, higoumène du monastère de Solan écrit : « Peut-être avez-vous été surpris de découvrir Obstiné, Sereine et leur petit monde respectif avec un sentiment de déjà vu… De fait, notre univers intérieur n'est-il pas peuplé de ces présences familières à la fois insistantes et contradictoires? N’y a-t-il pas, en chacun de nous, un “Obstiné” qui nous dit de n’en faire qu'à notre tête, tandis qu’une Sereine nous invite à n’en faire que selon notre cœur, c’est-à-dire à agir par amour dans l’ouverture à la réalité des autres? Cette promenade aux allures de conte pour enfant à laquelle nous invite “Grand-mère Myrsine” ne décrit-elle pas, au fond, un parcours initiatique? Son récit nous emmène loin en nous-mêmes, à la découverte de vallées inconnues, de démarches inattendues, d'empires régis par des lois que nous connaissons bien. Le sombre empire du “Moi-d’abord” par exemple, dont nous sommes si souvent les esclaves, et qui manifeste les penchants les plus fâcheux de nos sociétés individualistes. Et le beau royaume du “Don-de-soi”, gouverné par l’humilité, qui nous apprend à estimer les autres supérieurs à soi, à ne pas rechercher chacun ses propres intérêts, mais plutôt à considérer le bien des autres (cf. Phil 2, 5). Cependant, ne cherchons pas à débusquer le mal ailleurs qu’en nous-mêmes. Car cette démarche qui nous permet de passer de Moi-ville à Toi-ville est le parcours de conversion par excellence, que chacun doit faire dans sa propre vie. Cette route nous permet de quitter le pusillanime “Moi-d’abord” pour découvrir les chemins de liberté de l’homme nouveau, qui sait ne pouvoir trouver sa vie qu'en la donnant, et la donnant par amour… ».
On souhaite que d’autres romans de Myrsine Viggopoulou, écrivain prolifique, soient traduits et publiés en français. Car la littérature pour enfants et adolescents reste trop rare dans le monde orthodoxe francophone."
Jean-Claude Larchet

mardi 26 juin 2012

À voir : Le Journal des arts orthodoxes. Magnifique projet !




Le Journal des arts orthodoxes est une revue en ligne fondée par Andrew Gould fondateur des Studios byzantins du Nouveau Monde qui rassemble plusieurs des meilleurs artistes liturgiques orthodoxes, iconographes, musiciens, théologiens des États-Unis, du Canada et du Royaume-Uni. Contributeurs : Christabel Anderson, Fr. Stéphane Bigham, John Michael Boyer, Andrew Gould, Aidan Hart, Hierodeacon Herman, Nicholas Kotar, Macrina Lewis, Mary Lowell, Vladimir Morosan, Scott Patrick O’Rourke, Jonathan Pageau, Fr. Rade Radan, Benedict Sheehan.



Un beau, très intéressant et réjouissant texte d'introduction de Jonathan Pageau au site du Journal des Arts Orthodoxes, qui nourrit l'espérance d'une nouvelle Renaissance :

La Renaissance des Arts


« Nous vous souhaitons la bienvenue au Journal des Arts orthodoxes. Nous espérons que cet espace sera un hommage à un savoir-faire et une mise en forme qui révèle le Royaume de Dieu autour de nous. Nous espérons que ce sera un catalyseur pour la redécouverte et l'épanouissement des meilleurs exemples orthodoxes de tous les arts. Mais avant de commencer, nous devons admettre que «l'art» est une notion changeante, qui mérite un peu d'attention au départ. L’art en est venu à invoquer toutes sortes d'images mentales et à un débat sans fin de ce qu'il est ou n'est pas. Par le fait, la vision Romantique de l'art prévaut encore dans la perception populaire. L'art est considéré comme une expression émotionnelle et individuelle. Nous identifions souvent l'artiste à cette personne instable qui crée à partir d’une passion chaotique, comme un Van Gogh. L'art a également acquis des proportions idolâtres en devenant « une fin en soi ». La personne la plus cultivée croira sans broncher que l'art doit être fait «pour l'amour des arts», comme si l'art était l'Infini ou le Bien lui-même. Nous voudrions parcourir brièvement la notion d'art, sa genèse et le développement et la façon dont il peut se rapporter à l'Eglise. Nous reviendrons sur son incarnation moderne à la fin de notre texte. 

 L'origine du mot «art» est le mot latin se rapportant à une forme de connaissance appliquée, une compétence, un métier. Il s’agit de fabrication. De la même manière, son équivalent grec tekhnè ou technè, ( τέχνη) a des racines semblables. Technè est une forme de connaissance de principes qui est orientée vers le faire. Dans le monde antique, l'art et l'artisanat (ou les techniques) n'étaient pas séparés de la façon dont ils le sont maintenant, mais plutôt la technè était une notion plus globale qui était attribuée à toute forme de connaissance appliquée. En tant que tel, elle a été souvent opposée à épistémè, qui est «pure» connaissance. À certains égards, elle était méprisée par les philosophes comme une forme inférieure d'imitation, une sorte de « matière morte ». 

 Tout comme pour les Grecs de l'Antiquité, il y a dans la tradition biblique une suspicion similaire à l’égard de l’art (voire même de la fabrication de l’image). On ne doit pas ignorer que les "artisanats" ont été inventés par les fils de Caïn - la construction de villes, la manipulation d'instruments de musique, la métallurgie et l'art en général. Ceci provient d’encore plus loin dans les traditions extra-bibliques, comme dans les traditions Enochiennes où les anges déchus sont dits enseigner aux hommes toutes sortes de métiers, en particulier la nécromancie et toute l'ornementation du corps. La Technè en tant que sorte de modification de la nature est ainsi assimilée à la perversion de la nature. Son développement est considéré comme une accélération de la chute et ainsi la technè tient la mort par la main. Dans la tradition Enochienne, on pourrait même dire que la technè a eu sa part dans le déclenchement du déluge!

 Il ne faut pas oublier également que la construction du Temple de Salomon est très étroitement liée à des notions venant de l’étranger, avec toutes les connotations négatives que cela peut avoir dans la Bible. Le grand artisan qui a construit les objets liturgiques dans le premier temple était à moitié hébreu, car son père était originaire de Tyr. Tous les matériaux et de nombreux ouvriers de la construction du Temple étaient envoyés par Hiram, roi de Tyr. Le texte montre abondamment que tout le travail pour le temple a été accompli par des étrangers esclaves en Israël. En outre, collée au milieu des descriptions de tous les objets que Salomon a faits pour lui-même, se trouve l'histoire de la reine de Saba, suivie par la lamentation à propos de la façon dont Salomon épousa des femmes étrangères. Dans le texte de 1 Rois, il y a une allusion très forte à ce que nous sommes censés comprendre, parce que cet homme, ce splendide artisan demi-israélite de Tyr est appelé un " grand artisan ". Le mot utilisé pour artisan est le même que celui utilisé pour décrire Tubal-Caïn, le descendant de Caïn qui a inventé la métallurgie (et qui selon la tradition a tué Caïn). C’est le seul autre endroit dans la Bible où ce mot apparaît de cette manière. Et ainsi il y a un mystère, le mystère de la mort elle-même. 

 Le mystère est grand en effet. Car qui est cet intrus, cet étranger qui construit le temple de Dieu? Colossiens 1, ce beau texte que nous allons revoir à plusieurs reprises pour trouver la source de la réalité sacramentelle de l'Église nous donne la réponse. C'est nous. Car Saint Paul nous dit que: «...[21] Et vous, qui étiez autrefois étrangers et ennemis par vos pensées et par vos mauvaises œuvres, il vous a maintenant réconciliés par sa mort dans le corps de sa chair, [22] pour vous faire paraître devant lui saints, irrépréhensibles et sans reproche.» Pour le chrétien, la mort elle-même a été changée dans la réconciliation avec les étrangers et les ennemis, à la fois dans un sens spirituel et littéral. 

 Et qu'est alors le rôle de la technè? 

 Martin Heidegger commente sur Aristote et Platon : 
 « Qui construit une maison ou un bateau, qui façonne une coupe sacrificielle dévoile la chose à pro-duire suivant les perspectives des quatre modalités du "faire-venir". Ce dévoilement rassemble au préalable l'apparence extérieure et la matière du bateau ou de la maison, dans la perspective de la chose achevée et complètement vue, et il arrête à partir de là les modalités de la fabrication. Ainsi le point décisif, dans la tekhnè, ne réside aucunement dans l'action de faire et de manier, pas davantage dans l'utilisation de moyens, mais dans le dévoilement dont nous parlons. C'est comme dévoilement, non comme fabrication, que la tekhnè est une pro-duction. »[1] 

 Dans un sens similaire, les arts, comme nous les comprenons en tant qu’enracinés dans et comprenant fermement toutes les connotations négatives des anciens Grecs et des Hébreux, sont transformés par la mort du Christ ne sont plus des « modifications de la nature », ni l'infection par l'étranger » ni une «pâle imitation». Au lieu de cela les arts peuvent être un révélateur du Royaume, l’actualisation du sacré - l'exemple visible, audible et tactile de la façon dont la création peut devenir mystérique (sacramentelle). 

 Revenons maintenant à la notion d'art dans le sens moderne du terme, nous pouvons discerner dans la séparation radicale entre l'art et la technique quelque chose de semblable aux aspects néfastes de la technè observés par les anciens. D'une part les Beaux-Arts sont devenus le lieu de la volonté et des passions individuelles ainsi que celui d'un langage obscur détaché de toute utilisation. L'art contemporain est allé si loin dans cette direction, que même les utilisations les plus superficielles de l'art, comme sa qualité décorative ou son pourvoir de provoquer une expérience esthétique sont souvent mises de côté. Peut-être la seule chose qui reste à l'utilité des Beaux-Arts est sa capacité à créer du prestige. D'autre part, la technique est devenue, dans la direction quasiment opposée à l'art, pure utilité, sans aucun sens à révéler. La technique n’est concernée que par l'efficacité, la rapidité et sa fabrication marchande de masse. En effet, est-ce que l'inventeur qui crée une meilleure micro puce se demande ce dont il est le révélateur, est-ce qu’il se demande même si son invention sera utilisée pour faire un jeu vidéo de meilleure qualité ou un meilleur missile? Même ce qui pourrait se trouver quelque part entre les deux, quelque part en un juste milieu entre les excès des Beaux-Arts et le mercantilisme de la technique, ce que nous pourrions appeler «design» a également été complètement englouti à la fois par l’excès et le mercantilisme. En effet le design moderne n'est pas plus un art de révéler que ses homologues, mais il a pour seul projet de susciter le désir à travers le produit et la publicité.

Et c’est pourquoi nous devons nous arrêter, ceux d'entre nous qui prient. Entourés par ce tourbillon de passions désordonnées, nous devons nous demander: quel est donc l'art, la technè appropriée pour le Royaume de Dieu? Prenant toute la vie liturgique de l'Église comme notre domaine, et regardant la Vérité de l'incarnation de Dieu, nous devons nous poser chaque fois que nous sommes "rassemblons la matière" autour de nous, comment nous pouvons travailler à la gloire de Dieu et à notre propre participation à cette gloire.

C'est la voie que le Journal des Arts Orthodoxes se propose d'examiner, d’expliquer, et d'exposer, se réjouissant des meilleurs exemples de l'art liturgique orthodoxe. Nous allons voir rapidement que la forme, l'ornement et la matière ne peuvent être arbitraire, mais plutôt que tout a une portée symbolique et théologique dans la fabrication des choses saintes. » (Version française par Maxime le minime de The Recovery of the Arts June 4, 2012 By Jonathan Pageau) [1] Martin Heidegger, «La question de la technique»