Les lèvres mensongères font horreur à l'Éternel, tandis que ceux qui agissent avec fidélité lui sont agréables. Proverbes 12:22 «C'est ce qui sort de l'homme qui le rend impur. En effet, c'est de l’intérieur, c'est du cœur des hommes que sortent les mauvaises pensées, les adultères, l'immoralité sexuelle, les meurtres, les vols, la soif de posséder, les méchancetés, la fraude, la débauche, le regard envieux, la calomnie, l'orgueil, la folie. Toutes ces choses mauvaises sortent du dedans et rendent l'homme impur.» Marc 7:20-23 Un témoin fidèle ne ment pas, tandis qu’un faux témoin dit des mensonges. Proverbes 14:5 « Vous, vous avez pour père le diable et vous voulez accomplir les désirs de votre père. Il a été meurtrier dès le commencement et il ne s'est pas tenu dans la vérité parce qu'il n'y a pas de vérité en lui. Lorsqu'il profère le mensonge, il parle de son propre fond, car il est menteur et le père du mensonge. » Jean 8:44 Si les paroles distinguées ne conviennent pas à un fou, les paroles mensongères conviennent d’autant moins à un noble. Proverbes 17:7 « Écarte de ta bouche la fausseté, éloigne de tes lèvres les détours ! Proverbes 4:24 Craindre l'Éternel, c'est détester le mal. L'arrogance, l'orgueil, la voie du mal et la bouche perverse, voilà ce que je déteste. » Proverbes 8:13 « Pierre lui dit : «Ananias, pourquoi Satan a-t-il rempli ton cœur, au point que tu aies menti au Saint-Esprit et gardé une partie du prix du champ? […] Comment as-tu pu former dans ton cœur un projet pareil? Ce n'est pas à des hommes que tu as menti, mais à Dieu.»Actes 5:3-4Mais pour les lâches, les incrédules, les abominables, les meurtriers, les impudiques, les enchanteurs, les idolâtres, et tous les menteurs, leur part sera dans l'étang ardent de feu et de soufre, ce qui est la seconde mort.Apocalypse 21.8

mercredi 29 novembre 2017

Saint Geronda Iakovos Tsalikis, L'Ancien de l'amour, du pardon et du discernement [1/2]


Geronda Iakovos Tsalikis (5/11/1920—21/11/1991)

 par Alexandros Christodoulou  

[1ère partie]





Notre époque et la culture d'aujourd'hui se sont malheureusement éloignées de la vision et de la recherche de la sainteté. La foi orthodoxe est fondée sur la présence des saints. Sans cela, notre Église est sur la voie de la sécularisation. Naturellement, comme nous le savons de l'Écriture, Dieu seul est saint, et la sainteté dérive de notre relation avec Lui, et par conséquent la sainteté est théocentrique plutôt qu'anthropocentrique. Notre sainteté dépend de la gloire et de la grâce de Dieu et de notre union avec Lui, pas de nos vertus. La sanctification suppose le libre arbitre de la personne sanctifiée. Comme le dit saint Maxime le Confesseur, tout ce que nous apportons, ce sont nos intentions. Sans celles-ci, Dieu n'agit pas. Et Saint Jean Damascène répète que nous honorons les saints «pour s'être unis librement avec Dieu et de l'avoir fait habiter en eux et que cette participation soit devenue par grâce ce qu'Il est par nature». Les saints n'ont pas cherché à être glorifiés, mais à glorifier Dieu, parce que la sainteté signifie la participation et la communion avec la sainteté de Dieu.

La source de la sainteté dans l'Église orthodoxe est l'Eucharistie divine. En prenant part au Seul Saint, Jésus-Christ, nous devenons saints. Les «choses saintes», le Corps et le Sang du Christ, sont données comme communion «aux saints», les membres de l'Église. La sainteté accompagne la sainte communion. Les luttes ascétiques des saints ne sont pas un but mais un moyen qui mène au but, qui est la communion eucharistique, l'union la plus parfaite et la plus complète avec le Seul Saint. Dans la prière du Seigneur, le «Notre Père», nous voyons que la sanctification est associée au Royaume de Dieu. Nous demandons que Son Royaume vienne dans le monde afin que chacun puisse Le louer et puisse partager sa sainteté et sa gloire, c’est ce que nous appelons la «déification».

Le Royaume de Dieu et la déification sont une extension éternelle de la Divine Liturgie dans l'espace et dans le temps, comme l'écrit saint Maxime le Confesseur. En prenant part à l'Eucharistie divine, les saints deviennent des dieux par grâce, mais ils sont conscients qu'ils « ont le trésor dans des vases d'argile » et qu'ils voient « à travers des lunettes de soleil ». Ils attendent et espèrent le moment où la porte du ciel s'ouvrira et où ils verront Dieu « tel qu'il est ». Leur lutte contre les passions et les démons est continue et ils croient que tout le monde ira au paradis, sauf eux. Ils connaissent leur insignifiance et leur indignité, ils ne croient pas à leur supériorité morale et à leur dignité et, avec l'humilité qu'ils ressentent, ils voient les autres comme des saints, surtout quand ces gens leur rendent des honneurs. Cela est dû à l'amour, qui est la seule chose qui restera dans le Royaume de Dieu.

Un exemple de leur amour pour Dieu est leur lutte personnelle pour observer ses commandements. La soumission à la volonté de Dieu purifie les gens de leurs passions et prépare la place pour que la grâce y établisse sa demeure. Tous les saints sont caractérisés par une attitude d'ascèse et de sacrifice de soi. Selon saint Isaac, la vie ascétique est la mère de la sanctification « d'où naît le premier goût du sens des mystères du Christ». Ou, comme le dit saint Maxime le Confesseur : « Par leur mortification volontaire, refusant tous les maux et toutes les passions ... ils se sont faits pèlerins et étrangers à la vie, combattant hardiment contre les rébellions du monde et du corps ... et ont conservé l'honneur de leur âme ».

C’était un tel vase de la grâce et de la demeure du Saint-Esprit qu’était l'Ancien Iakovos Tsalikis, l'une des plus importantes et saintes personnalités de notre époque, un grand et saint Ancien, un véritable ami de Dieu.

Il était une incarnation vivante de l'Évangile, et sa visée était la sanctification. Dès la petite enfance, il aimait prier et allait dans différentes chapelles, allumait les lampes à icônes et priait les saints. Dans une chapelle de son village, c’est souvent qu’il pouvait parler à Sainte Parascève. Il s'est soumis à l'appel de Dieu, qui lui est venu quand il était encore un petit enfant, s'est renié et a pris la Croix du Christ jusqu'à son dernier souffle. En 1951, il s’est rendu au monastère de Saint David l'Ancien, où il fut reçu de manière miraculeuse par le saint lui-même.

Il fut tonsuré en novembre 1952. Moine il se soumit sans plainte et ne fit rien sans la bénédiction de l'higoumène. Il marchait souvent de quatre à cinq heures pour aller visiter son Ancien, dont l'obédience était celle de prêtre de paroisse dans la petite ville de Limni. La violence qu'il se faisait à lui-même était sa principale caractéristique. Ce n’est pas aisément qu’il se permettait quelque relâchement. Il a vécu des épreuves et des tentations incroyables. La grande pauvreté du monastère, sa cellule gelée avec des volets cassés, le vent froid et la neige qui entrait par les interstices, le manque du strict nécessaire, même de vêtements et de chaussures d'hiver, faisaient frissonner tout son corps et il était souvent malade. Il supportait le poids de la guerre spirituelle, invisible en même que perceptible menée par Satan, qui fut vaincu par l'obéissance, la prière, la douceur et l'humilité d'Iakovos. Il a combattu ses ennemis avec les armes que nous a données notre sainte Église : le jeûne, les veilles et la prière.

Son ascétisme était étonnant. Il mangeait comme un oiseau, selon son biographe. Il dormait par terre pendant deux heures sur vingt-quatre. Toute la nuit était consacrée à la prière. En ce qui concerne son combat, il disait : « Je ne fais rien. Quoi que je fasse, c'est Dieu qui le fait. Saint David m'apporte son soutien pour y parvenir.»

Son humilité, légendaire et inspirante, était ce qui le caractérisait le mieux. Les démons qui étaient chez les personnes possédées venues au monastère le maudissaient et disaient : « Nous voulons te détruire, te neutraliser, t’annihiler, mais nous n’y parvenons pas à cause de ton humilité ». Il insistait toujours sur son manque d'éducation, ses insuffisances et son humilité. C'était typique de lui que, quand il parlait, de temps en temps il disait : « Pardonne-moi. ». Il demandait toujours le pardon des gens, ce qui était un signe de son attitude humble. Un jour qu’il avait été invité à visiter le monastère de Saint George Armas, où l'ancien higoumène était le p. Georges Kapsanis, il répondit  : « Pères, je suis un chien mort. Que ferai-je si je viens vous voir ? Polluer l'air ? » Il avait toujours le sentiment qu'il n'était rien.

Et quand il est devenu higoumène, il disait toujours qu'il n'était pas digne de la responsabilité du monastère : « C’est Saint David qui est l'higoumène ici », soutenait-il. Quand il célébrait avec d'autres prêtres, il allait dans un coin du sanctuaire, les laissant conduire l’office. On lui disait : « Ce n'est pas bien, tu es l’higoumène de ce monastère », il répondait alors : « Fils, c’est Saint David qui est l’higoumène ici. »

Bien qu'il n'en ait pas brigué la charge, il accepta d'être ordonné diacre par Grigorios, l'évêque de Halkida, le 18 décembre 1952. Le lendemain, il devint prêtre. Dans son discours après l'ordination, l'évêque dit : « Et toi, fils, tu seras sanctifié. Continue, avec la puissance de Dieu, et l'Église te déclarera [saint] ». Ses paroles étaient prophétiques. Il a été consacré higoumène le 27 juin 1975 par le métropolite Chrysostome de Halkida, fonction qu’il a remplie jusqu'à sa mort.

(Version française  par Maxime le minime de la source)
À suivre





mardi 28 novembre 2017

LA SUÈDE, quel beau et éternel, et moderne modèle en tout domaine !

L'Eglise de Suède, pour être plus inclusi.f.ve,  abandonne officiellement les termes 'Seigneur', 'Il', pour appeler Dieu…

par Virginia Hale  (source)
23 nov. 2017


PONTUS LUNDAHL/AFP/Getty Images

Malgré de fortes critiques de la part d'organisations telles que l'Académie Royale Suédoise, l'église a approuvé jeudi le nouveau manuel avec une large majorité.
Le manuel de l'église, qui a été mis à jour en 1986, explique comment les services, les baptêmes, les mariages et les funérailles doivent être menés dans la langue, la liturgie, la théologie et la musique.

Selon les médias locaux, de nombreux prêtres se sont opposés aux orientations du nouveau manuel concernant la langue, qui ont été ajoutées dans le but de rendre l'église "plus inclusive".

Cela inclut d'instruire le clergé à se référer à Dieu d'une manière neutre, sans "utiliser" inutilement le pronom masculin "Il", ou des termes comme "Seigneur".

Dans certaines prières, Dieu devrait être appelé «Mère» et «Père», selon les directives du manuel, qui donne comme exemple:

"Dieu, Sainte Trinité, Père et Mère, Fils - Soeur et Frère, et Esprit - Sauveteur et Inspirateur, conduis-nous à tes profondeurs de richesse, de sagesse et de connaissance".





Sofia Camnerin, vice-présidente de l'Eglise Suédoise Œcuménique, a défendu le «langage inclusif» dans l'église, déclarant que le besoin se fait sentir désormais de «se fonder sur une prise de conscience des différents types de discrimination et d'inégalité dans notre société».

"Se référer à Dieu en tant que" Seigneur "consolide les hiérarchies [de genre] et la subordination des femmes dans un contexte blanc et féministe occidental", a-t-elle soutenu dans un blog.

«Les théologiens de la libération, de même que les théologiens féministes et postcoloniaux, ont joué un rôle crucial dans l'identification de la façon dont la légitimation des hiérarchies mène à la violence et à la subordination», a-t-elle déclaré.

Mais la prêtresse Helena Edlund, qui a accusé l'église d'avoir montré "une réticence totale à écouter la critique", a exprimé son inquiétude face aux nouvelles directives linguistiques.
"Le risque est que nous ne remarquons pas les petits changements et que progressivement, nous nous trouvons face à des changements drastiques que nous n'aurions jamais acceptés s'ils nous étaient présentés immédiatement", a-t-elle confié à Världen Idag l'année dernière.

"Est-il improbable, par exemple, que dans cinq ans nous prions" Notre Mère qui est au Ciel ... "dans nos églises? Il y a quelques années, cela eut été considéré comme une impossibilité, mais la proposition du manuel de l'église le rend possible. "

Mikael Löwegren, commissaire de l'église de Småland Ljungby, a déclaré après le vote pour adopter le nouveau manuel que la décision signifie que l'Église suédoise a «cessé d'exister en tant que communauté spirituelle cohérente».

"Sous le couvert de la" diversité ", la société est divisée en différents groupes", a-t-il dit, affirmant qu'il y avait "tant d'alternatives et de variantes optionnelles" dans le nouveau manuel qu'il serait difficile de prétendre qu'il s'agit de la même église d'une paroisse à l'autre ".

Soulignant les lignes directrices linguistiques recommandant que Dieu soit présenté de manière neutre, Löwegren a également averti que le nouveau manuel «éloignerait davantage l'église de Suède des grandes églises au lieu de la rapprocher d'elles».
"La doctrine la plus fondamentale du christianisme soutient qu'il y a un Dieu trine - le Père, le Fils et le Saint-Esprit", a-t-il souligné, ajoutant que le nouveau guide "met à la poubelle le progrès accompli par l'église par un dialogue œcuménique approfondi, et introduit un nouveau système de culte à la fois anti-œcuménique et anti-science. "

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Note du traducteur :
Vivement qu'on communie tous ensemble  youpi !

jeudi 23 novembre 2017

RELISEZ VOS CLASSIQUES : Balzac

Eugénie Grandet, Honoré de Balzac

extrait :


« Les avares ne croient point à une vie à venir, le présent est tout pour eux.  Cette réflexion jette une horrible clarté sur l’époque actuelle, où, plus qu’en aucun autre temps, l’argent domine les lois la politique et les mœurs. Institutions, livres, hommes et doctrines, tout conspire à miner la croyance d’une vie future sur laquelle l’édifice social est appuyé depuis dix-huit cents ans. Maintenant le cercueil est une transition peu redoutée. L’avenir, qui nous attendait par delà le requiem, a été transposé dans le présent. Arriver per fas et nefas au paradis terrestre du luxe et des jouissances vaniteuses, pétrifier son cœur et se macérer le corps en vue de possessions passagères, comme on souffrait jadis le martyre de la vie en vue de biens éternels, est la pensée générale ! pensée d’ailleurs écrite partout, jusque dans les lois, qui demandent au législateur : Que payes-tu ? au lieu de lui dire : Que penses-tu ? Quand cette doctrine aura passé de la bourgeoisie au peuple, que deviendra le pays ? »

lundi 20 novembre 2017

15 000 scientifiques de 184 pays viennent de publier un «avertissement à l'humanité»



Il est clair que nous sommes sur une trajectoire de croissance démographique insoutenable. Cette croissance a indirectement entraîné la réduction de 300 millions d'acres de forêt et la réduction de 26% du pourcentage d'eau douce disponible par personne. La quantité de poissons péchés dans la nature a considérablement diminué au cours des dernières décennies, parallèlement à l'augmentation des zones océaniques mortes. Depuis la lettre initiale, les températures moyennes mondiales ont augmenté de plus d'un demi-degré Celsius et les émissions de CO2 ont augmenté de 62%.

Alors que la situation est sombre, nous ne sommes en aucun cas incapables d'inverser les tendances désastreuses. Les auteurs de la lettre font 13 suggestions pour aider la Terre à fonctionner normalement. Il s'agit notamment de réduire le gaspillage alimentaire, d'établir des réserves naturelles, de développer et d'utiliser des technologies vertes et d'instituer des incitations économiques pour modifier la consommation et les comportements de gaspillage des populations.

Avec la pression croissante sur les gouvernements et l'industrie pour mettre en œuvre le changement, et les mouvements de base pour changer les comportements, nous pouvons relever n'importe quel défi. Tout comme nous l'avons fait pour s'attaquer à la destruction de la couche d'ozone, l'humanité peut se rassembler pour s'attaquer aux nombreuses autres conditions désastreuses qui se présentent à nos futurs moyens de subsistance.

source : https://www.forbes.com/sites/trevornace/2017/11/15/15000-scientists-from-184-countries-just-issued-a-dire-warning-to-humanity/#57f2270324e8

dimanche 19 novembre 2017

Assez de révisionnisme !

Pas de limite à la haine et  la libido ressentimentale… 

J'ai déjà commis un article sur les gens de gauche et la contradiction insurmontable du chrétien qui se veut de gauche. Quand j'aurai le temps je ferai la même chose pour les gens "de droite"… mais la gauche je connais bien je l'ai vécue de l'intérieur. Inutile de me raconter des histoires.

J'ai donc bien montré comment la "pensée" de gauche — qui naguère se prévalait d'être l'unique lieu de l'intelligence… qui y croit encore ?  — était répétitive, bornée, systématiquement négative, ne sachant que faire naître et alimenter les conflits et la division : lutte des classes, luttes des races, guerre des sexes, conflits de générations  etc. Et ceci aujourd'hui dans notre société contemporaine même. Eh bien lisez le texte terrible de la réponse à Prilepine de Mikhaïl Smoline qu'a traduit Laurence  sur ces communistes soi-disant "orthodoxes" et vous constaterez jusqu'où cet esprit diabolique de division a été à son paroxysme dans "l'art" de susciter des conflits, alimenter l'inimitié, de susciter la haine, de fomenter des complots, de programmer meurtres et massacres dans une totale obsession permanente de rapports de force en lutte pour le pouvoir.



[…] C’est là que se révéla toute la substance spirituelle des bolcheviques, ils tuèrent férocement le Souverain et la Souveraine, et leurs enfants, et leurs parents, et leurs amis, et leurs serviteurs. A ce propos, ils trouvèrent même ensuite la nourrice du souverain, qui l’avait nourrie de son lait, et la fusillèrent avec son mari et sa fille. Voilà quelle « philanthropie » rare parmi les hommes était la leur.
Peut-on se rappeler quelque chose de semblable de l’autre côté ? Volodia Oulianov fut-il fusillé pour l’attentat de son frère contre l’Empereur Alexandre III ? Sa mère, son frère et ses sœurs, qui avaient reçu, un avant le crime, la noblesse héréditaire de la part de ce même Empereur furent-ils fusillés ? Ou bien peut-être, après l’assassinat de l’Empereur Alexandre II, les monarchistes avaient-ils pris de nombreux otages dans le milieu des révolutionnaires et de leurs familles, leurs amis, leurs enfants, pour les fusiller, comme ce fut le cas après l’assassinat d’Ouritski ? […] 
  

La soif de sang et l'obsession exterminatrice ne sont jamais rassasiées. Là s'illustre ce qu'on fait semblant d'ignorer — cela s'appelle sans tergiverser du révisionnisme —l'éclatante vérité de la malignité congénitale de toute pensée "de gauche" dans son éphémère (70 ans tout de même) mais monstrueux triomphe historique.

[…] Il n’y a pas de chrétiens bolcheviques ni de bolcheviques chrétiens, l’un ou l’autre doit forcément tôt ou tard triompher en nous de l’autre. Ici, personne n’arrivera à rester à la fois avec les bolcheviques et le saint Souverain. Il faut choisir entre le bien et le mal et non entre le bon mal et le mauvais bien. C’est seulement dans notre absurde réalité terrestre qu’il peut exister des stalinistes orthodoxes, des bolcheviques blancs, des slavophiles de gauche et autres personnes syncrétiques.[…] 

« Aucun homme ne peut servir deux maîtres : car toujours il haïra l'un et aimera l'autre. On ne peut servir à la fois Dieu et Mammon (Matthieu 6:24). » On pense toujours à l'argent et à la passion de la cupidité mais il peut s'agir également de la passion du pouvoir et de ses abus et du ressentiment haineux, jusqu'à l'horreur et l'abomination du désir d'extermination de peuples entiers, jusqu'à ses proches mêmes devenus étrangers.

[…] Les commissaires du peuple étaient nommés par le Politburo du Comité central du RSDLP dirigé par Lénine qui fut fondé le 10 octobre 1917 pour la direction politique de la révolte armée. Il comportait un Russe d’une famille de marchands, A.S. Boubnov (fusillé avec sa femme en 1938, sa fille unique condamnée à sept ans de camp et à l’exil à vie), G.E.Zinoviev (Radomyslski Evseï Gerch Aronovitch, fusillé en 1936, sa première femme fut arrêtée en 1934, 1937, 1946, 1951, libérée en 1954, gravement malade, elle mourut bientôt, le fils de sa seconde femme (24 ans) fut fusillé en 1937 ; la femme de son fils fut emprisonnée, et déportéesa troisième femme fut emprisonnée et déportée de 1936 à 1954). L.B. Kamenev (Rosenfeld, fusillé en 1936, sa première femme le fut en 1941, ses deux fils en 1937, sa seconde femme fut fusillée en 1937, son fils placé en orphelinat, plus tard réprimé, son frère, la femme et le fils de celui-ci furent également fusillés), le sang très mêlé et en partie juif V.I Lénine (tombé psychiquement malade), G.I Sokolnikov (Brilliant Girch Iankelevitch) (tué dans un isolateur politique sur ordre de Staline en 1939, on ne sait comment ont fini ses deux premières femmes, la troisième passa dix-huit ans dans les camps et en déportation, sa fille unique fut exilée avec sa mère.) I.V. Staline (sa femme s’est suicidée, son fils fut emprisonné de 1953 à 1961, fut libéré pour quatre mois) et L.D. Trotski (Bronstein Leïba Davidovitch) (t sur ordre de Staline en 1940, sa femme fusillée en 1938, sa fille s’est suicidée, une de ses filles fut réprimée, un autre petit-fils fusillé (19 ans), encore une autre petite-fille a disparu sans laisser de traces, le fils de sa concubine fut fusillé en 1937, la femme d’un autre fils en 1938, un petit-fils disparut sans laisser de traces en 1937).[…]
Article intégral ICI 





DE L’ORIENT À L’OCCIDENT orthodoxie et catholicisme par P. Placide Deseille

Aux Editions des Syrtes



« De l’Orient à l’Occident » de Père Placide Deseille

20,00€ TTC

Préface de Bernard Le Caro
  • Avant-propos
  • Étapes d'un pèlerinage : autobiographie du père Placide
  • Les étapes d'une évangélisation : de Jérusalem à la Gaule
  • L'inculturation du christianisme en Occident entre le IVe et le VII siècles
  • Aux sources du monachisme occidental : des Pères d'Égypte à saint Benoît de Nursie
  • Aux origines d'une divergence : saint Augustin et la théologie trinitaire
  • Histoire d'une déchirure : orthodoxie et catholicisme moderne
  • La spiritualité catholique romaine et la tradition orthodoxe
  • Dieu « sensible au cœur » selon Pascal et selon les Pères orientaux
  • Divergences et convergences entre la tradition orthodoxe et la tradition occidentale
  • La Révolution française, l'Europe et l’orthodoxie
  • Le Mont-Athos et l'Europe
  • La présence orthodoxe en Europe occidentale
  • Signification et rôle de la diaspora orthodoxe en Europe occidentale
  • Orthodoxie, uniatisme et œcuménisme
  • Points de vue orthodoxes sur l'unité des chrétiens
  • Être chrétien orthodoxe aujourd'hui
  • Conclusion : quelques exigences de la vie chrétienne

Père Placide 
Présentation de l’éditeur : 

« Si les divergences principales entre l’orthodoxie et les confessions occidentales sont aujourd’hui connues, les racines de celles-ci, ainsi que leurs implications sur la vie spirituelle ont été peu traitées en langue française. Peu de choses sont connues sur la période qui a précédé le schisme de 1054 et qui l’a préparé. C’est, entre autres, cette lacune que vient compléter l’ouvrage du père Placide, de façon positive et avec discernement, en cherchant « la confession et non la confrontation ». Dans cet esprit, il sait déceler également ce qui, en Occident, a gardé un parfum d’orthodoxie après le schisme. En même temps qu’une œuvre, ces pages retracent le parcours de l’archimandrite Placide Deseille. Ayant vécu depuis son adolescence dans un monastère cistercien et ayant étudié en profondeur les sources bibliques et patristiques, il est devenu orthodoxe au Mont Athos et porte en Occident, depuis plus de quarante ans, le témoignage de la tradition de l’Église des dix premiers siècles, toujours vivante dans l’orthodoxie. Comme le dit l’higoumène du monastère de Simonos Petras, il s’agit d’un « témoignage authentique de la vie orthodoxe et du monachisme athonite dans un environnement quasiment déchristianisé et dans une société en décomposition ». L’ouvrage part de l’Orient des premiers siècles pour arriver en Occident au XXIe siècle : des racines chrétiennes de la France avec une foi commune à l’Occident et à l’Orient, puis ses déviations, notamment au niveau de son repli sur l’augustinisme, pour arriver à la Révolution française. Mais ce livre ne se cantonne pas à l’histoire ancienne, abordant les problèmes actuels de l’Église orthodoxe et sa façon de les résoudre. La sincérité et la profondeur de la démarche du père Placide, sa connaissance approfondie de la tradition spirituelle et théologique occidentale, et son expérience de l’orthodoxie donnent à sa parole une autorité unique. L’archimandrite Placide (Deseille), né en 1926, entre à l’abbaye cistercienne de Bellefontaine en 1942 à l’âge de seize ans. Il fonde en 1966 avec d’autres moines un monastère de rite byzantin à Aubazine en Corrèze. En 1977, les moines décident de devenir orthodoxes et en février 1978, ils deviennent moines au Mont Athos. Rentré en France peu après, père Placide fonde le monastère Saint-Antoine-le-Grand, à Saint-Laurent-en-Royans (Drôme) dans le Vercors, et en devient l’higoumène. Dans son sillage naît le monastère de la Protection de la Mère de Dieu, plus connu aujourd’hui sous le nom de monastère de Solan. Il a enseigné à l’Institut Saint-Serge, et est également auteur et traducteur de plusieurs ouvrages sur la spiritualité et le monachisme orthodoxes. »

 Pour toutes les publications des Editions des Syrtes, voir le catalogue ICI


jeudi 16 novembre 2017

La Providence de Dieu par Mgr Alexander Mileant



La Providence de Dieu embrasse tout dans le monde. Dieu pourvoit non seulement pour le grand et l'immense, mais aussi pour le petit et l’apparemment insignifiant ; non seulement au ciel et sur la terre, pour les anges et les hommes, mais aussi pour les plus petites créatures, les oiseaux, les plantes, les fleurs, les arbres. Toute la Sainte Écriture est remplie de la pensée de l'activité providentielle de Dieu.

Un homme qui serait insouciant et inattentif pourrait croire que les choses suivent leur cours normal, et que tous les événements se produisent par accident et par coïncidence. Il peut sembler à un tel homme inconsidéré que Dieu, s'Il existe même, est quelque part très haut dans le ciel et n'a aucun intérêt pour ce monde, qui est trop petit et insignifiant à ses yeux. Les gens qui le pensent s'appellent des déistes. L'enseignement déiste sur Dieu est devenu particulièrement répandu en Occident au cours des derniers siècles, lorsque les gens ont commencé à perdre le contact direct avec Dieu dans l'Église, les sacrements et la prière. Habituellement, ces gens sont en même temps superstitieux, attachant une grande importance à l'influence des étoiles sur la vie humaine, scrutant des signes et des présages, comme par ex. des chats croisant leur chemin, du sel renversé sur la table, le fait de se serrer la main sur le seuil, de ne pas dormir les pieds tournés vers la porte et ainsi de suite. Certaines personnes ont un nombre incalculable de superstitions, et cela ne fait que compliquer leur vie.

Il vaut mieux ne pas prêter attention à ces superstitions stupides, parce que la vie de chacun en particulier et l'univers dans son ensemble sont gouvernés par Dieu.

Quans nous prions nous disons : «Notre Père qui es aux cieux», mais en même temps nous savons que Dieu est partout, parce qu'Il est un Esprit véritable, qui «vit partout». C'est pourquoi David le Psalmiste s'est exclamé : «Où irai-je pour me dérober à ton esprit? Où m’enfuirai-je loin de ra face ? Si je monte au ciel tu y es, et si je descends au séjour des morts tu es là : si je fais mon lit en enfer, voici, tu es là. Si je prends les ailes de l’aurore, et si j'habite dans les parties les plus reculées de la mer, Ta main me conduira, et ta droite me tiendra. Si je dis : Les ténèbres me couvriront sûrement; Même la nuit sera claire pour toi. Oui, les ténèbres ne se cachent pas de toi ; mais la nuit brille comme le jour : les ténèbres et la lumière sont toutes deux semblables pour toi » (Psaume 139).

Certains conviennent que le monde en général n'est pas gouverné par des accidents, mais par Dieu. Cependant, ils pensent que Dieu ne se soucie pas de chacun, parce que l'homme est indigne et négligeable, et Dieu ne s'occupera pas de cette multitude innombrable de créatures. Mais ce raisonnement est incorrect et pécheur. Pour l'exprimer en notions humaines, si Dieu a décidé que les microbes étaient dignes d'existence et a donné à chacun d'eux une organisation et une forme spécifiques, pourquoi alors ces créatures ne seraient-elles plus dignes de son attention ? Dieu s’est soucié de leur donner la vie ; Il se soucie également de la continuation de leur vie. Certains disent qu'il y a trop d'êtres vivants. Mais comment osons-nous assigner nos limites à Dieu, qui est infini dans la perfection ? Il a créé des milliards de mondes avec des myriades d'humains, de bêtes, d'insectes et de germes, et cela ne l’épuisera pas pour autant de prendre soin de chaque vie particulière. On pourrait dire que ces créatures sont trop petites et insignifiantes, mais notre concept de taille se réfère à nos propres proportions. Ce qui est énorme à nos yeux est négligeable devant la majesté de Dieu, et ce qui nous semble de peu d’importance est grand eu égard à sa bonté et son amour. Le Seigneur pourvoit à tout, donne la vie à tous et conduit à la victoire de la vérité et du bien.

Le Sauveur a dit que même un moineau ne tombera pas sur le sol sans la volonté de notre Père (Matthieu 10:29) ; d'autant plus que rien dans nos vies ne peut arriver sans sa volonté. Les choses bonnes et bienfaisantes sont données par le Seigneur, qui est la source éternelle du bien. Les choses mauvaises ne proviennent  pas  directement de Dieu, car il n'y a même pas une once de mal en Dieu. Cependant, pour notre bénéfice et notre salut, le Seigneur permet au mal de nous nuire et de nous blesser. Dans ce cas, les diverses épreuves ont l'effet de médicaments amers et désagréables, mais qui sauvent. Presque toutes les pilules et opérations médicales sont désagréables pour nous, mais nous devons les accepter parce que nous savons qu'elles sont nécessaires et bénéfiques pour la santé.

Chacun devrait clairement savoir que seul Dieu est la source du bonheur, de la paix et de la félicité. Dieu a créé des consolations et des joies du monde visible pour le bien de notre nature corporelle. L'homme avec une âme intelligente, usant de toute chose avec modération, ne devrait pas oublier Dieu. L'âme ne peut se satisfaire de quelque chose de matériel et de tangible. Dans la plupart des cas, nous suivons insatiablement nos désirs corporels, et nous oublions absolument l'âme et ses besoins spirituels. Parce que Dieu ne veut pas que nous régressions de notre vocation d'enfants de Dieu vers le degré de bêtes inintelligentes, Il nous envoie des peines. En étant corrigés à propos de choses que nous cherchions de manière irresponsable, nous commençons lentement à comprendre la futilité de nos activités et à nous tourner vers Dieu.

Nous devrions fermement savoir que Dieu est infiniment bon et ne souhaite que notre bonheur et notre salut ; C'est pourquoi nous devrions également être reconnaissants en acceptant des épreuves venant de Lui. Les enfants n'arrêtent pas d'aimer les parents quand les parents les punissent même injustement, parce qu'ils savent que les parents veulent le mieux pour eux. L'Écriture dit que le Seigneur punit celui qu'Il aime. 

Si le Seigneur pourvoit à nos besoins tout le temps – ce qui signifie qu'Il se soucie toujours de notre vie et de notre salut – alors nous devons aussi apprendre à suivre sa Providence dans nos vies. Parfois, nous constatons que les choses n'arrivent pas comme nous le voudrions. Nous nous mettons en colère et nous nous indignons, nous murmurons après notre sort, mais après des années, nous comprenons que ce qui s'est passé était pour le mieux car,  il en aurait été autrement, c’eut été bien pire pour nous. Nous, chrétiens, devrions remercier Dieu pour nos peines, plutôt que de triompher à l’occasion de notre succès, car les peines nettoient nos passions, tandis que le succès mondain conduit à oublier Dieu et le but de notre vie sur la terre. 
Mgr Alexander (Mileant)

(version française par Maxime le minime de la source)

LE MYTHE D'EL ANDALOUS

sur le magazine CAUSEUR



Juifs, chrétiens et musulmans: l'Espagne médiévale ne fut pas l'éden multiculturel qu'on croit


Professeur de littérature arabe et historien, Serafin Fanjul vient de publier une somme magistrale, Al-Andalus. L’invention d’un mythe (L’Artilleur, 2017). En développant une réflexion poussée sur l’identité nationale espagnole, il bat en brèche le mythe d’un paradis multiculturel mis en place par les huit siècles de domination musulmane. Loin d’une symbiose entre chrétiens, juifs et musulmans, Al-Andalus formait une société foncièrement inégalitaire, guerroyant contre les royaumes chrétiens du Nord, soumettant les minorités en son sein. Entretien (2/2)

Causeur. Dans votre essai Al-Andalus. L’invention d’un mythe(L’Artilleur, 2017), vous déconstruisez l’image idyllique de l’Espagne musulmane que certains intellectuels espagnols ont construite a posteriori. En comparant certaines périodes d’Al-Andalus à l’Afrique du Sud sous l’Apartheid, ne commettez-vous pas un anachronisme ? 

Serafin Fanjul. Je n’établis pas un parallèle entre al-Andalus et l’apartheid sud-africain, je dis seulement qu’il y a une certaine similitude entre les deux. Et en vérité, cette similitude existe en raison de la séparation des communautés religieuses et raciales, des droits très supérieurs accordés aux musulmans et au-contraire des statuts inférieurs qu’avaient les membres des deux autres communautés. Il y avait aussi entre les musulmans des différences de degré de noblesse et de prééminence selon leur appartenance au groupe des berbères, des muladis (les chrétiens d’origine hispanique convertis à l’islam), des arabes « baladis » (les premiers à avoir pénétré dans la péninsule, en 711) et des arabes commandés par Baldj, arrivés en 740.
Dans al-Andalus, les personnes n’avaient de valeur et n’étaient des sujets de droit qu’en tant que membres d’une communauté et non pas en tant qu’individus. La pierre de touche était évidemment les mariages mixtes. Il était impossible pour une musulmane de se marier avec un chrétien ou un juif, et il était même difficile pour une femme « arabe  d’origine » de se marier avec un muladi (un chrétien converti à l’islam) en vertu du concept de Kafa’a (proportionnalité), et dans la mesure ou celle-ci était considérée comme ayant un sang de niveau supérieur. Quand la domination politique et militaire a été inversée et que les musulmans sont devenus minoritaires, la situation a été maintenue mais cette fois au détriment de ces derniers.
Les textes écrits dans al-Andalus abondent en allusions discriminatoires et insultantes contre les chrétiens et les juifs. Ces derniers se sont matérialisées, pour ne citer que quelques exemples,  par la persécution antichrétienne du IXe siècle à Cordoue, par le pogrom de 1066 à Grenade, par les déportations de juifs au Maroc au XIIe siècle, ou par les fuites massives de chrétiens et de juifs vers l’Espagne chrétienne dès le IXe siècle.

Vous décrivez un choc des civilisations et d’un état de guerre quasi-permanents entre chrétiens, juifs et musulmans…
La première fois que j’ai lu l’expression « choc des civilisations » ce n’est pas sous la plume d’Huntington, mais dans l’œuvre majeure de Fernand Braudel La Méditerranée et le monde méditerranéen à l’époque de Philippe II, dont la publication remonte à 1949. Je crois interpréter correctement Braudel en affirmant pour ma part, en accord avec lui, que la langue nous égare en suggérant derrière le syntagme « choc des civilisations » l’idée de grandes confrontations guerrières. Il ne s’agit pas du tout de cela, mais plutôt de confrontations quotidiennes à petite échelle, réitératives, dans la vie courante, entre des cosmogonies différentes, des notions de base, des conceptions du monde dissemblables, des morales civiques ou sexuelles, des concepts politiques élémentaires, mais qui sont déterminants dans la relation des êtres humains avec le pouvoir : la soumission totale ou l’exercice de droits et la conscience de posséder des droits. Et cela sans entrer dans des questions plus concrètes comme la position de la femme ou celle des minorités religieuses, qui heureusement ont été depuis longtemps dépassées en Europe, alors que dans les pays musulmans elles demeurent intactes ou suscitent des convulsions graves lorsqu’elles sont débattues.

Je n’ai jamais écrit qu’il y avait un état de guerre permanent dans la péninsule ibérique médiévale entre deux blocs antagoniques et irréductibles. Et cela parce que je sais parfaitement que cela n’a pas été le cas jusqu’à ce que la Reconquête se consolide comme grand projet national au XIIe et XIIIe siècles. Je sais aussi, bien sûr, qu’il y a encore eu par la suite des alliances croisées avec des royaumes de taïfas musulmans, des interventions de troupes chrétiennes (même franques) ou musulmanes contre des princes chrétiens comme cela avait été le cas depuis le IXe siècle.
Le monde d’Averroès et Maimonide était-il si apocalyptique ?
Je ne crois pas qu’il soit très heureux de citer Averroès et Maïmonide comme deux exemples de liberté de pensée et de confraternité des communautés dans al-Andalus. Averroès était un néoplatonicien qui a été persécuté en tant que libre penseur par les Almohades. Quant au juif Maïmonide, il a été obligé de s’islamiser. Exilé au Maroc avec sa famille, il est allé ensuite en Égypte où il est retourné au judaïsme. Découvert et dénoncé par un habitant d’al-Andalus, il a été accusé d’apostasie et n’a pu finalement sauver sa vie que grâce à l’intervention du cadi Ayyad. Maïmonide expose bien sa position et son état d’esprit à l’égard des chrétiens et des musulmans dans son  Épitre au Yémen.
Comment en arrivez-vous à justifier politiquement l’expulsion des juifs et des morisques (maures convertis au christianisme) de l’Espagne chrétienne ? 
J’essaie seulement d’expliquer ces événements. Nous ne pouvons pas nous limiter à voir les événements du passé comme bons ou mauvais, alors qu’ils sont tout simplement irréversibles. La seule chose que nous puissions faire, c’est de nous en rapprocher le plus honnêtement possible pour essayer de les comprendre. Et dans le cas ou notre bonne foi et notre volonté régénératrice sont sincères, il nous faut essayer de ne pas les répéter.
C’est malheureusement toute l’Europe médiévale qui s’est appliquée à marginaliser et persécuter les juifs, avec de fréquents massacres et des mises à sac de quartiers juifs. Dans l’Espagne chrétienne, ce mouvement s’est produit plus tard. Si en 1212 les troupes castillanes d’Alphonse VIII ont protégé les juifs de Tolède contre les francs venus à cette occasion, en revanche, en 1348 et 1391, la situation était radicalement différente. Il y a eu alors une grande quantité de morts, d’exactions et de conversions forcées. Les juifs convertis au christianisme et ceux qui avaient maintenu leur foi, après les tentatives de conversion massive des années 1408-1415, ont cependant coexisté tout au long du XVe siècle. Au début, les Rois catholiques ont essayé de faire en sorte que les juifs et les mudéjares (musulmans) demeurent sur les lieux où ils vivaient et conservent leurs fonctions. Ils dépendaient directement du roi, payaient un impôt spécial de capitation et recevaient en échange une protection face a la société, mais toujours avec l’idée qu’à long terme on parviendrait à les convertir. Au XIIe et XIIIe siècles les communautés juives de l’Espagne chrétienne avaient augmenté considérablement alors que celles d’al-Andalus en étaient venues à disparaitre en raison de l’action des Almohades. A la même époque, la persécution des juifs redoublait en Europe. Cette attitude générale a fini par atteindre l’Espagne, stimulée par le fait que quelques juifs se livraient à l’usure et participaient au recouvrement des impôts, motifs qui irritaient les populations exploitées les plus pauvres et les incitaient à des réactions aussi brutales que totalement injustes. Jean Ier, en 1390, et Isabelle Ière, en 1477, avaient dû freiner les ardeurs belliqueuses des membres les plus exaltés du clergé.
Quelle était la situation des sujets juifs du royaume catholique de Castille ?
À  la veille de l’expulsion de 1492, il y avait  environ cent mille juifs dans la couronne de Castille et une vingtaine de mille en Aragon. Une minorité était riche, mais la majorité ne l’était pas (il s’agissait d’agriculteurs, d’éleveurs, d’horticulteurs, d’artisans du textile, du cuir et des métaux). La protection dans les terres des seigneurs de la noblesse était plus directe et plus efficace que celle du domaine royal. Les juifs y exerçaient des professions libérales comme la médecine en dépit des interdits. Parmi les juifs proches des Rois catholiques il y avait notamment Abraham Seneor, grand rabbin de Castille, Mayr Melamed, Isaac Abravanel, Abraham et Vidal Bienveniste. L’attitude des Rois catholiques n’était pas antijuive mais elle ne contribua pas non plus à éliminer l’hostilité populaire ni à contredire les arguments doctrinaux contre les juifs. Le plus grand connaisseur actuel de l’Espagne des Rois catholiques, Miguel Ángel Ladero Quesada, écarte les motifs économiques pour expliquer l’expulsion (qui était en fait plutôt préjudiciable pour les revenus de la Couronne). Il  l’attribue plutôt à la volonté de résoudre le problème des convertis judaïsant, problème qui avait déjà justifié l’établissement de la nouvelle inquisition en 1478. On croyait alors que les juifs, par leur seule présence et en raison des liens familiaux qui les unissaient avec de nombreux convertis, contribuaient à empêcher l’assimilation ou l’absorption. D’autre part, comme les juifs n’étaient pas chrétiens, ils ne pouvaient pas faire l’objet d’enquêtes de la part de l’Inquisition. Le climat d’euphorie de la chrétienté triomphante après la prise de Grenade en 1492, aida les inquisiteurs à convaincre les Rois catholiques de la nécessité de l’expulsion. D’autant qu’à cette époque de plein affermissement du pouvoir royal, une idée se répandait de plus en plus: celle selon laquelle seule l’homogénéité de la foi pouvait garantir la cohésion du corps social, indispensable au bon fonctionnement de la monarchie. Nous savons aujourd’hui que ces idées étaient injustes et erronées, mais elles avaient alors cours dans toute l’Europe. Pour s’en convaincre, il suffit de rappeler l’antisémitisme féroce de Luther, la persécution des huguenots, des protestants en Espagne, en Italie et en France, ou des catholiques dans les différents pays d’Europe du nord au cours des siècles suivants.
Quant aux musulmans, je crois savoir qu’ils n’ont pas été épargnés par l’Espagne catholique… 
La politique de la Couronne envers les musulmans a été erratique et souvent contradictoire. Les mudéjares (musulmans sous la domination des chrétiens) avaient subsisté depuis le XIIIe siècle bien qu’en nombre décroissant. L’expulsion comme châtiment pour rébellion (1264) à Niebla et Murcie, l’exil volontaire pour ne pas être soumis au pouvoir chrétien et l’attraction qu’exerçait le royaume de Grenade, avaient finalement vidé l’Andalousie occidentale de ses musulmans. Après la prise de Grenade, les mudéjares ont été autorisés à émigrer ou à rester en conservant leur religion, mais en 1498 les pressions pour qu’ils se convertissent ont été tellement fortes qu’elles ont provoqué la rébellion des Alpujarras (1499-1502) avec pour conséquence le décret de baptême forcé ou l’expulsion. La fuite volontaire et clandestine de morisques s’est ensuite accrue en raison des fatwas et des exhortations des jurisconsultes musulmans (al-Wansharisi, ibn Yuma’a) qui condamnaient la permanence en territoire chrétien pour ne pas s’exposer au danger de perdre la foi et de finir christianisé. En 1526, une nouvelle rébellion de morisques (crypto-musulmans officiellement chrétiens) a éclaté dans la Sierra d’Espadan et l’explosion finale, le grand soulèvement de Grenade, Almeria et Malaga, s’est produit en 1568. Dès le début du XVIe siècle, il a été interdit aux morisques de quitter l’Espagne en raison des effets négatifs que cela pouvait avoir sur les caisses de la Couronne. Il leur a été également interdit de s’approcher des côtes à moins de dix kilomètres pour éviter leur fuite ou les empêcher de collaborer activement avec les pirates barbaresques et turcs qui dévastaient le littoral espagnol.
Et la population catholique, était-elle aussi hostile que la Couronne aux ex-musulmans devenus morisques ?
L’hostilité de la population chrétienne à l’égard des morisques n’a fait qu’augmenter au cours des événements. Elle a culminé avec la prise de conscience de leur refus de s’intégrer dans la société majoritaire. A nouveau, le peuple et le bas clergé ont exacerbé leur antipathie pour les morisques, ce qui en retour a renforcé la haine et le rejet par ces derniers de la majorité dominante, un cercle vicieux qui ne pouvait être rompu que par le maillon le plus faible, en dépit des opinions contraires des autorités politiques les plus hautes, de la noblesse de certaines régions (qui avait des travailleurs morisques comme en Aragon et à Valence), voire du roi lui-même. Entre 1609 et 1614, environ trois cent mille morisques qui ont quitté l’Espagne surtout en direction du nord de l’Afrique.

dimanche 12 novembre 2017

LA PRIÈRE DANS NOTRE VIE SPIRITUELLE par Geronda MOÏSE [8/8]

[8ème et dernière partie]

REMARQUES DE CONCLUSION SUR LA PRIÈRE

par Geronda MOÏSE l'Agiorite de bienheureuse mémoire

Ο γέροντας Μωυσής Αγιορείτη
Chers amis, que notre prière soit régulière, mais ni par coutume ni par devoir ; qu’elle soit accompagnée d’un programme, mais pas pour magnifier le programme. De cette façon, on peut s'attendre à ce que notre prière produise une douce chaleur et des variations et des grâces inspirantes. D'une manière mystique mais déterminée, Dieu nous informera si notre prière est vraie et si elle lui est agréable par la joie et la paix qui rempliront notre âme. Pour beaucoup, les tentations, les difficultés, les malheurs, les dangers, les décès, les pertes ont été des stimuli qui les ont conduits à l'art de la prière. Ces difficultés les ont aidés à faire des prières plus ardentes et plus fortes, telles qu’elles n'avaient pas été réalisées auparavant, même avec un effort persévérant, parce qu'elles n'étaient pas totalement engagées ou manquaient de sincérité.

Le véritable art de la prière est enseigné à la personne qui prie par Dieu Lui-même. La prière coutumière, sans un esprit de contrition, de componction n'est pas agréable à Dieu. Une âme qui aime Dieu ne peut vivre sans prière. Dieu attire l'âme à Lui-même par la prière. Dieu donnera seulement à l'humble le goût de la douceur de la prière. Seule la prière de l'humble peut être pure.

En dernière analyse, mes chers frères et sœurs, que vous soyez forts ou faibles, chauds ou froids, jeunes ou vieux, instruits ou sans instruction, riches ou pauvres, ecclésiastiques ou laïcs sachez que pas même une seule parole de nos prières est inutile. Elles sont toutes entendues, toutes. Pour cette raison n'oubliez pas, pendant ces heures sacrées, de mentionner mon indigne personne, puisque Dieu aime aussi les prières pour les autres, en particulier pour ceux qui en ont tellement besoin

(Version française de Maxime le minime de la source )
Fin