Les lèvres mensongères font horreur à l'Éternel, tandis que ceux qui agissent avec fidélité lui sont agréables. Proverbes 12:22 «C'est ce qui sort de l'homme qui le rend impur. En effet, c'est de l’intérieur, c'est du cœur des hommes que sortent les mauvaises pensées, les adultères, l'immoralité sexuelle, les meurtres, les vols, la soif de posséder, les méchancetés, la fraude, la débauche, le regard envieux, la calomnie, l'orgueil, la folie. Toutes ces choses mauvaises sortent du dedans et rendent l'homme impur.» Marc 7:20-23 Un témoin fidèle ne ment pas, tandis qu’un faux témoin dit des mensonges. Proverbes 14:5 « Vous, vous avez pour père le diable et vous voulez accomplir les désirs de votre père. Il a été meurtrier dès le commencement et il ne s'est pas tenu dans la vérité parce qu'il n'y a pas de vérité en lui. Lorsqu'il profère le mensonge, il parle de son propre fond, car il est menteur et le père du mensonge. » Jean 8:44 Si les paroles distinguées ne conviennent pas à un fou, les paroles mensongères conviennent d’autant moins à un noble. Proverbes 17:7 « Écarte de ta bouche la fausseté, éloigne de tes lèvres les détours ! Proverbes 4:24 Craindre l'Éternel, c'est détester le mal. L'arrogance, l'orgueil, la voie du mal et la bouche perverse, voilà ce que je déteste. » Proverbes 8:13 « Pierre lui dit : «Ananias, pourquoi Satan a-t-il rempli ton cœur, au point que tu aies menti au Saint-Esprit et gardé une partie du prix du champ? […] Comment as-tu pu former dans ton cœur un projet pareil? Ce n'est pas à des hommes que tu as menti, mais à Dieu.»Actes 5:3-4Mais pour les lâches, les incrédules, les abominables, les meurtriers, les impudiques, les enchanteurs, les idolâtres, et tous les menteurs, leur part sera dans l'étang ardent de feu et de soufre, ce qui est la seconde mort.Apocalypse 21.8

dimanche 9 janvier 2011

L'altérité orthodoxe [3] VS dualisme et juridisme par Père André Borrely

P.André Borrelly
"Dans la lettre qu'ils adressèrent au pape Pie IX en 1848, les Patriarches orientaux écrivaient : «Chez nous, des innovations n'ont pu être introduites ni par les patriarches ni par les conciles, car le protecteur de la religion consiste dans le corps entier de l'Eglise, c'est-à-dire dans le peuple lui-même qui veut conserver intacte sa foi.» Les patriarches voulaient dire que tout laïc a reçu, à son baptême, le sacerdoce royal et prophétique, l'onction chrismale de l'Esprit, et donc que tout laïc est le gardien responsable du dépôt de la foi, de l'expression de la vérité de l'Eglise. Si les évêques ont pour mission de proclamer la vérité ecclésiale, les laïcs, eux, ont pour vocation de recevoir dans une démarche de liberté cette Vérité qui n'est pas quelque chose mais quelqu'un, à savoir le Ressuscité, lequel ne saurait demeurer pour les chrétiens une réalité extérieure qui leur serait assénée par le Magistère. Dans la proclamation épiscopale de la vérité de l'Eglise, tout fidèle doit pouvoir reconnaître la vérité existentielle dont il vit, pétri de grandes expériences.
Nous pouvons indéfiniment nous opposer sur la question de savoir si l'on peut recourir aux concepts de la philosophie aristotélicienne pour expliquer grâce à la théorie de la transsubstantiation le mystère eucharistique, ou bien si, à la fin de la sainte Cène, ce qui reste de pain peut être jeté à la basse-cour. Mais on peut adopter l'attitude de la théologie comprise comme l'envers silencieux de la raison raisonnante, comme intériorisation ascétique, orante et contemplative de l'expérience liturgique. On sera alors amené à faire ce que j'ai fait dans mon église : j'ai placé sur l'autel un carton sur lequel j'ai recopié cette phrase de saint Syméon le Nouveau Théologien: « Frère, ne communie jamais sans verser des larmes. »
Un prêtre de l'émigration russe à Paris, le P. Cyprien Kern avait eu la formule suivante : « La chorale de l'église est une chaire de théologie. » Dans 1'hymnographie liturgique de l'office byzantin, il y a une cohésion organique, mais ce n'est pas un système rationnel. Si, par exemple, vous voulez connaître la doctrine orthodoxe concernant la Mère de Dieu, plutôt que de vous plonger dans des manuels, allez donc à l'église chaque vendredi soir du Grand Carême et suivez l'office dit de l'Acathiste. Dans ses Chapitres sur la prière, Évagre le Pontique écrit : « Si tu es théologien, tu prieras vraiment, et si tu pries vraiment, tu es théologien. » Durant quatre siècles, sous la domination ottomane, les chrétiens étaient mis à mort s'ils étaient soupçonnés d'avoir joué un rôle dans la conversion d'un musulman au Christ : on suréleva donc les fenêtres de sorte que rien ne fût visible ni audible de l'extérieur. Il en fut de même en URSS. En 1996, j'ai entendu le Recteur de l'église de la Dormition, à Kassimov, évoquer la douce mémoire de son père, prêtre mort au Goulag, et comment on célébrait en ce temps-là la nuit de Pâques à voix basse pour ne pas attirer l'attention de la police. C'était l'époque où il était interdit de catéchiser les enfants, alors que l'Etat enseignait dogmatiquement l'athéisme. Et bien, que ce soit dans l'empire ottoman ou en URSS, c'est par la puissance festive et résurrectionnelle de la liturgie, c'est par la chaire de théologie de la chorale paroissiale, que la foi orthodoxe a survécu.
Vladimir Lossky a qualifié la théologie orthodoxe de théologie mystique. C'est exactement le sens du mot théologien quand on appelle saint Syméon le Nouveau Théologien ; c'est comme si on disait : le Nouveau Mystique. Mais ici encore les mots sont piégés. De même qu'il ne faut pas penser à science en parlant de théologie, mais plutôt à prière, célébration liturgique, sagesse, amour de la beauté divine et de la Lumière incréée, de même, mystique ne signifie pas ici un état d'oraison déterminé selon la classification de Thérèse d'Avila. La théologie mystique dont il s'agit est le bouillonnement et le jaillissement de l'expérience que l'Eglise ne cesse de faire du Mystère chrétien. C'est une théologie vécue et vivifiante. La pensée qui la constitue est une pensée en fusion et dynamique, une connaissance vitale, expérimentée et cherchant à se communiquer par le symbole qui évoque, l’icône qui nous parle d'une humanité déifiée et transfigurée, la poésie qui ne conceptualise pas mais évoque, suggère, le chant qui unit le beau et le vrai en une synthèse qui s'adresse à l'homme pris dans son intégralité et non point comme s'il n'était qu'intellect pur ou pure affectivité. Cette théologie est mystique dans la mesure où elle est expérience du Mystère.
Elle exclut deux comportements hélas fort répandus : le dualisme et le juridisme. Le dualisme est responsable d'une multitude de déchirures que l'œcuménisme est jusqu'ici impuissant à raccommoder. Si les chrétiens sont désunis, c'est bien parce qu'ils ont introduit la division entre la sainte Écriture et la Tradition, entre la parole et les rites sacramentels, entre les clercs et les laïcs, entre l'autorité et la liberté, entre la foi et les œuvres, entre le corps et l'âme, entre la pensée et la vie, entre la connaissance et l'amour, entre la foi et la raison, entre la philosophie et la théologie, entre les réalités spirituelles et les choses sensibles, entre la contemplation et l'action, entre la nature et la personne, entre la nature et la grâce, ou entre la nature et le surnaturel. Et ce dualisme paraît s'être prolongé dans la société déchristianisée avec la théorie marxiste de la lutte des bourgeois et des prolétaires. Je me demande même parfois s'il n'y a pas quelque chose de cela dans un certain féminisme." (à suivre)

samedi 8 janvier 2011

CARTES DE VOEUX [2°] pour 2011

R.P. Placide Deseille
"Ce qui importe avant tout, c'est d'avoir le sens et l'amour de l'unité de l'Église. Entre Orthodoxes, il est inévitable, et il est même sain, qu'il y ait des divergences d'opinions et de tendances. Mais dès lors que les divergences ne portent que sur des points secondaires et ne mettent en cause ni la foi, ni la discipline fondamentale de l'Église, elles ne doivent jamais entraîner des inimitiés, des exclusions, encore moins des ruptures de communion."
 Geronda Placide

in  "L'Athos hors de l'Athos"
(ed. du Monastère Saint Antoine Le Grand 26190 Saint-Laurent-en-Royan)


    Il est bon et juste d'avoir cette conscience "globale" ou transnationale du Christianisme et de manifester notre solidarité avec ceux qui subissent les persécutions même loin de nos frontières et qui viennent se réfugier à l'intérieur de nos murs accueillants...
      Il appartient sans doute à la Charité de favoriser le dialogue avec les Chrétiens qui étaient naguère considérés schismatiques voire hérétiques...
    Il est peut-être défendable pour certains de nos hiérarques de tenter de favoriser la paix et de protéger leurs ouailles des méfaits de fanatiques aveugles en offrant "diplomatiquement" à des dignitaires et responsables religieux étrangers à notre propre foi leurs propres livres religieux en signe de reconnaissance que Dieu aime toutes ses créatures sans exclusion, et de respect... de leur puissance terrestre présumée... 
     Il est bon de préparer par toutes sortes de rencontres hiérarchiques le tant attendu (et mythique) concile "panorthodoxe" à venir...
       Il est digne et juste de contribuer à l'édification de l'Église locale...

     Il serait bon aussi qu'au moins, ici et maintenant, dans les limites (larges mais précises) de notre pays, de notre continent, de notre langue, nous communiquions, nous manifestions concrètement quelque sentiment de solidarité et de fraternité entre Orthodoxes, sans souci de carrière, sans projet de prédominance pour que l'on puisse témoigner réellement de la foi orthodoxe et faire dire à ceux qui ne nous ne connaissent pas : "Voyez comme ils s'aiment !"

Tels sont aussi mes Vœux pour l'année 2011
et
JOYEUX NOËL !




à tous ceux qui ont conservé le calendrier des origines
Maxime Le minime

vendredi 7 janvier 2011

L'altérité orthodoxe [2] par Père André Borrely

Voici la suite du beau texte de P. André qui montre comment on peut (pouvait) participer à une réunion oecuménique tout en témoignant d'une foi orthodoxe authentique :

"Un soir de janvier des années 90, dans un village près de Marseille, il y avait une réunion œcuménique organisée dans la semaine de prière pour l'unité des chrétiens. La soirée était achevée. Nous avions entrepris de consommer une boisson chaude. Soudain, un catholique monta sur une table pour donner lecture d'un accord qui venait d'être conclu entre l'Eglise romaine et les Luthériens sur la question de la foi et des œuvres. Je pris part à la joie commune que procurait cette réconciliation théologique. Pourtant, je me disais que, somme toute, ce n'était pas un scoop. En effet, je songeais à l'ouvrage d'un certain Marc l'Ascète, qui, au 5ème ou au 6ème siècle, écrivit un ouvrage intitulé : De ceux qui pensent être justifié par les œuvres. L'auteur y développe l'idée que l'ascèse ne saurait faire du Royaume le salaire des œuvres. Elle n'est que l'exercice continuel et gratuit de l'humilité et de l'amour. Je songeais aussi à la huitième prière qui depuis des siècles est récitée au lever dans les monastères orthodoxes. Plus encore que par la longueur du nez de Cléopâtre, la face du monde eût été changée si le pape Léon X et Luther avaient récité chaque jour cette prière : ... « Sauveur, sauve-moi par grâce, je t'en prie. Car si tu me sauvais pour mes œuvres, ce ne serait plus grâce ni don, mais plutôt chose due ... Si ... la foi en toi sauve ceux qui n'ont plus d'espérance, et je le crois, sauve-moi car tu es mon Dieu et mon Créateur. Que la foi me soit comptée à la place des œuvres, mon Dieu, car tu n'en trouves point qui puissent me justifier. Mais que ma foi les remplace toutes, qu'elle réponde pour moi, qu'elle me justifie. »
Je voudrais vous faire sentir l'altérité orthodoxe et qu'elle vous apparaisse moins comme une réalité confessionnelle que comme l'humble témoignage de l'Eglise indivise où s'enracinent toutes les confessions chrétiennes. Je commencerai par le mot théologie qui, dans l'Orthodoxie, n'évoque pas principalement une spécialité scientifique ayant l'ambition d'effectuer l'inventaire du dogme en l'enrichissant par la spéculation intellectuelle et en le prolongeant rationnellement. La théologie n'est pas une science si par ce terme on entend un effort intellectuel pour construire une synthèse rationnelle du dogme. Il est significatif que le plus grand théologien orthodoxe du Moyen Age byzantin, Saint Grégoire Palamas, n'ait pas cherché à forger un système théologique.
A Marseille, il y avait le patron d'une civette, maintenant décédé, qui avait toujours, sous son comptoir, une bible et une Philocalie. Ce dernier terme, Φιλοκαλία qui signifie étymologiquement l'amour de la beauté, désigne une anthologie, publiée à Venise en 1782, de textes provenant des monastères et ermitages du pourtour de la Méditerranée orientale. Dès que la clientèle lui en laissait le loisir, il s'empressait de se plonger dans la lecture de ses chers auteurs. Et si quelqu'un s'avisait de lui demander quel roman policier l'absorbait ainsi, il se faisait une joie de lui parler d'Évagre le Pontique ou de Maxime le Confesseur. Non seulement il n'avait aucun titre universitaire en théologie, mais sa scolarité avait dû être brève, la nécessité de gagner sa vie ayant été pressante très tôt, comme pour beaucoup de grecs de cette époque. Toute la paroisse tenait Georges Théodorou pour un théologien. Je me revois, diacre, passant dans la nef et encensant indistinctement icônes et fidèles.
En arrivant devant cette colonne de prière, j'avais conscience de me trouver en présence d'une icône vivante. Je n'ai jamais entendu cet homme dire du mal de qui que ce fût.
Jamais aucun concept n'a pu engendrer la vie, jamais un enchaînement d'idées ne pourra rencontrer le réel. C'est pourquoi la seule théologie qui puisse jaillir en vie éternelle est celle qui sort de la vie en Christ d'un homme ou d'une femme qui consent à la déification. C'est le propre de la vie de ne sortir que de la vie. Saint Grégoire Palamas a écrit cette phrase admirable : "Toute parole peut contester une autre parole, mais quelle est la parole qui peut contester la vie ?" Pour être vraie, la théologie doit être existentielle. De saint Isaac le Syrien le P. Basile Gondikakis a pu écrire magnifiquement : "Il ne dit rien qui n'ait passé en lui sans qu'il en ait souffert." Pour le théologien ainsi compris, connaître ne se sépare pas d'aimer, penser signifie nécessairement penser la vie en Christ avec son cœur au sens biblique de ce mot, qui ne désigne pas l'affectivité mais le fond très secret de l'homme où se jouent la fidélité et l'ouverture à Dieu, ou, au contraire, l'endurcissement à son égard. La théologie doit être fondée sur l'ascèse par laquelle l'homme parvient, tel un palmier, à faire monter son cœur dans sa tête. Le saint le moins doué intellectuellement est un authentique théologien si peu qu'il ait acquis l'intelligence de la divinisation de l'homme par le saint Esprit, ce qui ne signifie pas qu'il soit un intellectuel. La vraie théologie requiert beaucoup d'intelligence, mais très peu d'intellectualité." (à suivre)

jeudi 6 janvier 2011

SAINTE THÉOPHANIE


À ton baptême dans le Jourdain, Seigneur, 
s’est manifestée l’adoration due à la Trinité 
 car la voix du Père t'a rendu témoignage en te nommant Fils bien-aimé 
 et l’Esprit sous forme de colombe, a confirmé la certitude de cette parole. 
Christ Dieu, Tu es apparu et Tu as illuminé le monde, gloire à toi !



 vous pouvez lire :


  1. Signification de la fête
  2. Interprétation de l'icône de la fête
  3. Interprétation interactive (en anglais) de la fête


lundi 3 janvier 2011

L'altérité orthodoxe [1] par Père André Borrely

Bien souvent il m'est arrivé de m'interroger sur ce prêtre imberbe (pourquoi mon Dieu une telle singularité, me suis-je souvent demandé ?) , maintenant  retraité, à la santé désormais fragile, mais à l'esprit toujours vif, que j'ai souvent trouvé un peu trop oecuménisant à mon goût (bien sûr !), se référant un peu trop souvent également ( selon une préoccupation, personnelle mais bien partagée, de référence aux Saints Pères avant tout, pour transfigurer la pensée du vieil homme) à la philosophie, qui fut l'objet de son travail d'enseignant pendant longtemps, ceci expliquant cela. Pourtant il m'a suffi  d'un entretien avec lui pour que ma perspective change, que je devienne plus attentif à ses propos et que ma défiance s'estompe sensiblement au point que je lui ai demandé la permission de publier quelques uns de ses textes sur mon blog, ce qu'il a accepté volontiers. J'ai en effet la conviction que Père André a conservé cette ligne directrice originelle de la participation orthodoxe au dialogue 'oecuménique', celle d'un témoignage d'une irréductible différence et d'une fidélité aux origines du christianisme donc de l'Orthodoxie. Voilà donc un texte sur L'altérité orthodoxe qui a fait l'objet d'un cycle de trois conférences à une rencontre oecuménique dont on pourra lire ici la première partie :

"Il y a quelques années, un mariage entre un orthodoxe et une catholique devait être célébré dans l'église d'un petit village des Bouches-du-Rhône. Chacun des deux  conjoints souhaitait la présence d'un prêtre représentant l'Eglise de son baptême. On me demanda de célébrer le mariage orthodoxe. Mais lorsque je pris contact avec le vieux Curé de la paroisse, celui-ci fut pris de panique : il n'avait jamais rencontré de prêtre orthodoxe. Il me pria de lui remettre le texte de l'office que j'avais l'intention de célébrer pour qu'il l'envoie à l'archevêché et sache s'il avait le droit d'autoriser une telle célébration dans son église. Je me suis retrouvé peu après dans la même situation à Marseille. Un français peut passer toute sa vie sans jamais rencontrer un orthodoxe. Et que de fois m'a-t-on demandé: "Comment doit-on vous appeler : Monsieur le Pasteur?" "Vous êtes pope?" "Vous croyez à la Vierge ?" En France, l'Orthodoxie est encore un christianisme inconnu ou méconnu, inattendu. Les catholiques,. les musulmans, les protestants, les israélites et même les témoins de Jéhovah, sont plus nombreux que nous qui ne devons être guère plus de 240.000. Aussi ai-je pensé qu'il vous plairait peut-être d'entendre un son de Cloche nouveau, susceptible de vous surprendre, mais peut-être aussi de vous donner l'envie de me dire ce que m'avait dit un soir à Aix-en-Provence le futur cardinal Billé, à la fin d'une table ronde œcuménique: "Je ne l'aurais pas dit comme cela, mais je suis d'accord avec ce que vous avez dit."
Le schisme de la Réforme fut un phénomène interne à l'Eglise latine, en l'absence de l'Eglise d'Orient qui depuis 1453 était devenue une Eglise sous la Croix, entrée pour quatre siècles dans une période de tragique mutisme historique. Sous la domination ottomane d'abord, ensuite durant les soixante-dix ans du totalitarisme communiste, l'Eglise ortho­doxe a tissé une icône du Christ de la Passion en entremêlant les fils dorés des grands transfigurés que furent saint Marc d' Ephèse, saint Cosmas l'Etolien, saint Païssi Velitchkovskiy, saint Séraphim de Sarov, saint Jean de Cronstadt, saint Nectaire d'Egine, et les fils rouges des martyrs qui vécurent dans l'Archipel du Goulag, et dont Olivier Clément a pu écrire qu'ils auront été les grands moines et moniales du 20ème siècle. Or, la recomposition de l'unité chrétienne ne sera réalisable que si elle est à trois voix. Sur beaucoup de sujets, catholiques et protestants donnent des solutions encore inconciliables à des problèmes posés dans le contexte d'une même culture chrétienne. Les orthodoxes sentent les choses autrement. Pour ne prendre qu'un exemple, jamais l'Orient chrétien ne s'engagea dans la vive et longue polémique qui opposa saint Augustin à Pélage et à Julien d'Eclane, et plus tard, mutatis mutandis, Luther à Érasme." (à suivre)

dimanche 2 janvier 2011

CARTES DE VOEUX [1°] pour 2011


Puissent tous ceux qui m’ont encouragé à poursuivre mes blogs recevoir personnellement dans leur vie toutes les bénédictions et d’abord et avant tout :

Moinillon




dont les conseils, le soutien et les prières m’ont été et me sont toujours précieux. Mille grâces lui soient rendues et que le Seigneur le bénisse de toutes ses bénédictions ! Longues années à sa présence spirituelle, artistique, humoristique, enseignante (francophone et russophone) et critique sur le Net pour un témoignage orthodoxe unique !



dont l’amitié profonde et la fraternité spirituelle sont pour moi une source d’actions de grâce à Dieu quotidienne. Que La Toute Sainte l’entoure toujours de sa tendresse et que St Seraphim, St Jean de San Francisco et tous les Saints qu’il vénère le guident et le protègent ! Que les pages de ses précieux blogs illuminent fidèlement l’écran de l’ordinateur des Chrétiens Orthodoxes comme leur veilleuse allumée devant leurs icônes à la maison !
 


qui a la bonté de trouver mon travail « de grande qualité ». Av.Aleksander qui n’est nulle part où on voudrait l’attendre, qui est un miroir vivant de la multiplicité, la diversité et la complexité d’un être vraiment vivant devant Dieu. Puisse son témoignage courageux et confiant en la Providence divine faire que juif et orthodoxe ne se conjuguent pas toujours de la même façon ! Que le Seigneur qui a choisi de s’incarner, de mourir et de ressusciter dans la chair d’un juif l’assiste dans son œuvre et lui donne de nombreuses années pour voir un jour son œuvre porter des fruits !

samedi 1 janvier 2011

Joyeuse Fête de Saint Basile et une nouvelle année remplie de bonheur pour tous !


"C'est le huitième jour de la Nativité et c’est celui auquel nous commémorons la Circoncision de Notre Seigneur. Parce que si vous êtes de quelque façon tenté de douter que le Verbe s'est fait chair, bel et bien chair, considérez seulement ce que signifie cette fête : trancher la chair et faire couler le sang. L'Incarnation n'est pas une illusion, mais le vrai sang du Dieu-fait-chair déjà versé à peine huit jours après cette sainte nuit.
Le rituel de la circoncision de l'Ancienne Alliance fait place au mystère du Baptême, mais nous Orthodoxes conservons la tradition de nommer nos enfants le huitième jour après la naissance. C’est le huitième jour après sa naissance que notre Seigneur a reçu le nom de Jésus, le nom déclaré par l'Archange Gabriel à l'Annonciation.
Et maintenant, notre calcul du temps se fait à partir du Huitième Jour, l'octave. Sa résurrection a transformé le premier jour de la semaine en huitième, le jour d'une nouvelle création. Le transept du temps. La linéarité est traversée par l’éternité faisant place à l'éternel présent de ce Jour, l’instant sans fin.

C'est aussi le premier jour d'une nouvelle année civile et nous faisons mémoire de notre père parmi les saints, saint Basile le Grand, archevêque de Césarée (379). Et comme d'innombrables autres familles orthodoxes à travers les siècles, notre famille commence chaque année avec la tradition de la Vasilopita. Le gâteau de Saint Basile. C'est une pieuse coutume que la cuisson de la Vasilopita, et cela remonte au 4ème siècle.


L'histoire se déroule à peu près de cette manière : A cette époque, la famine a dévasté le pays et l'empereur, ajoutant au poids de cette période difficile, a levé un impôt insupportable pour le peuple. On passe sa vie à chercher des solutions pour éviter la prison pour dettes, de sorte que le peuple du diocèse de Saint-Basile n’a désormais plus d’autre choix que de se départir de qui lui reste d’argent et de patrimoine.
En bon pasteur, Saint-Basile est venu à la défense de son troupeau et a appelé l'empereur à la repentance. Grâce aux admonestations du saint et à la grâce de Dieu, l'empereur repentant a réagi en ordonnant que les coffres contenant les pièces de monnaie et les bijoux prélevés sur le peuple soient remis et confiés aux bons soins de Saint-Basile. Le grand évêque a eu la lourde tâche de rendre les objets de valeur et les pièces de monnaie à son troupeau, ne sachant pas ce qui appartenait à qui. Il a passé la nuit en prière devant les icônes du Christ et la Toute Sainte.
La réponse a été du pain, un pain sucré devant être rompu. Saint-Basile a pris tous ces trésors prélevés sur le peuple et les a intégrés à la pâte d’un immense gâteau rond qu’il a fait cuire puis il a appelé le peuple de son diocèse à la cathédrale. Après la Divine Liturgie, le saint évêque a coupé le pain et en a distribué un morceau à chaque personne. Et miraculeusement, les trésors perdus de chaque personne leur ont été rendus dans la tranche qu'ils ont reçue.




En action de grâces à Dieu pour sa grande miséricorde et en commémoration de saint Basile, qui est né au ciel le premier jour de Janvier, nous continuons de faire cuire un pain pita (gâteau) ce jour-là. Dans chaque gâteau nous cachons une pièce de monnaie à l'effigie de saint Basile. Et c'est celui qui trouve la pièce dans sa tranche de gâteau qui reçoit la bénédiction de la nouvelle année.
La bénédiction de beaucoup de choses à donner à ceux qui en ont besoin.


Joyeuse Fête et heureuse nouvelle année!

Vous pouvez trouver et commander les pièces de Saint-Basile ici. Notre recette de Vasilopita, une variété de quatre-quarts, se trouve dans ce livre de cuisine grecque, un de nos préférés. (Et juste au cas où vous vous poseriez la question sur ce qui est écrit en grec sur l'anneau d'argent  «Priez sans cesse (1 Thessaloniciens 5:17). Vous pouvez le trouver ici.)"

©2007-2010, evlogia. Translated with permission. All rights reserved. Originally published at www.evlogiaonline.com

RÉSULTATS de l'ENQUÊTE


Voici donc le classement effectué par les visiteurs qui ont répondu au questionnaire sur le thème :

"Ce j'attends de mon prêtre"
  1. Aptitude à dispenser un enseignement religieux pour les paroissiens
  2. L'évangélisation et le travail avec les convertis
  3. Aptitude à donner une direction spirituelle aux paroissiens
  4. Aptitude à conseiller et aider les paroissiens concernant  des questions de la vie quotidienne 
  5. La relation d’aide à la famille
  6. Aptitude à bien prêcher 
  7. Aptitude à faire face à un conflit dans une paroisse
  8. Travailler avec les jeunes
  9. Aptitude à célébrer la liturgie dans d'autres langues que la langue d’origine
  10. Aptitude à communiquer dans d'autres langues que la langue d’origine
Evidemment ce sondage a de réelles limites : 
  • il n'a été rempli que par 21 visiteurs
  • certaines réponses (par la faute des consignes inhabituelles données à tort : classement au lieu notation)  sont ambiguës (j'ai du les rectifier à la demande) 
  • on ne saura pas par quel types de personnes il a été rempli (sont-elles toutes orthodoxes ?)
  • certaines fonctions du prêtre comme la transmission des mystères (sacrements) ne figurent pas  dans les 10 propositions
  • et on aurait sans doute encore bien d'autres critiques à lui faire
On s'efforcera donc de faire mieux une prochaine fois à l'occasion, c'est promis. C'était un coup d'essai.

Peut-on en tirer quelques indications néanmoins ?
La demande de ceux qui ont bien voulu répondre (et je les en remercie) semble plutôt porter d'abord sur l'évangélisation (des adultes) puis sur les fonctions d'enseignement et d'aide spirituelle et relationnelle que pourrait apporter le prêtre.  

"Ce que j'attends de mon évêque" et "Ce que j'attends de mon patriarche" (sic !) pourraient bien être les thèmes des prochaines enquêtes. D'autres blogs ou forums orthodoxes pourraient d'ailleurs bien (voire mieux) faire ces enquêtes... A bon entendeur...

jeudi 30 décembre 2010

Le massacre des Saints innocents aujourd'hui... quelques exemples entre autres

Enfants consommateurs

http://www.commercialfreechildhood.org/events/consumingkids.html
La commercialisation de l'enfance
Consuming Kids est le tout nouveau fim de la Fondation pour l’éducation aux médias avec l’équipe de la CCFC et son comité directeur qui a été acclamé par la critique. Le film est un compte-rendu destiné à faire prendre conscience des effets profonds et pernicieux de la publicité destinée aux enfants sur leur santé et leur bien-être.
Les membres de la CCFC dans tout le pays organisent des projections locales de Consuming Kids. De telles projections constituent la façon idéale de sensibiliser la population à la commercialisation de l'enfance et à communiquer avec d'autres parents et des militants locaux.




et n'oublions pas non plus,
ce que les enfants voient ils le font.... 

lundi 27 décembre 2010

St Jean Chrysostome : sur la bonne chère...


"Recherchons la nourriture, mais non la corruption ; cherchons la nourriture, mais non pas ce qui est la source des maladies de l'âme et du corps; recherchons la nourriture qui procure quelque plaisir, non les délices, qui sont une source d'incommodité ; c'est cela qui est délice, ceci est une véritable peste ; cela est joie, ceci chagrin ; l'un est dans la nature, et l’autre lui est opposé. Si quelqu'un vous donnait à boire de la ciguë, ne serait-ce pas contre nature ? Si l'on vous servait du bois et des pierres, ne les repousseriez-vous pas ? Et avec raison, car c'est contre nature. Ainsi sont les délices. De même que dans une ville, pendant un siège, il y a tumulte et agitation quand les ennemis s'y introduisent ; ainsi en est-il pour l'âme quand le vin et la bonne chère s'en emparent. « Pour qui les malédictions ? Pour qui les ennuis et les vaines paroles ? Pour qui « le jugement, si ce n'est pour ceux qui passent « leur temps à boire ? Pour qui les yeux livides ? » (Prov. XXIII, 29, 30.) Mais quoi que nous disions, nous n'éloignerons pas de la bonne chère ceux qui y sont adonnés, si nous n'attaquons pas une autre maladie.[...]
Etudions la constitution même de notre corps, et nous verrons qu'une petite partie de notre être est consacrée à cette opération. La bouche et la langue sont destinées aux hymnes, notre gorge à la parole. La nécessité de la nature nous a ainsi liés, afin que nous ne puissions, même malgré nous, tomber dans un grand embarras d'affaires. Si les délices de la table n'étaient la source de tant de peines, de maladies et d’indispositions, elles seraient supportables. Mais les bornes imposées à  la nature sont faites de telle sorte que, même en le voulant, nous  ne puissions les dépasser. Recherchez-vous le plaisir, mon cher auditeur ? Vous le trouverez dans la frugalité. La santé ? C'est encore là qu'il vous faut la chercher. La quiétude ? Vous ne  la rencontrerez que là. La liberté, la vigueur du  corps, sa bonne constitution, la sagesse de l'âme, la vigilance ? Tous les biens naissent de la frugalité. Dans la bonne chère se trouvent les choses contraires : l'aigreur, la langueur, la maladie, la bassesse et la prodigalité. D'où vient donc, direz-vous, que tous nous courons à la bonne chère ? Cela  vient de ce que nous sommes malades. En effet, dites-moi pourquoi le malade recherche-t-il  ce qui est nuisible ? N'est-ce pas là encore un signe de maladie ? Pourquoi, le boiteux ne marche-t-il pas droit ? N'est-ce pas à cause de sa nonchalance, et parce qu'il ne veut pas aller au médecin ? Parmi les choses de ce monde, les unes procurent une joie passagère, et sont la cause d'un châtiment éternel ; les autres, au contraire, causent des souffrances passagères, et, procurent une joie sans fin. Celui donc qui est assez lâche et nonchalant pour ne pas mépriser les joies présentes, afin de gagner les biens futurs, est promptement séduit. Dites-moi, comment fut séduit Esaü ? D'où vient qu'il préféra une joie passagère à l’honneur à venir ? Cela vint de la mollesse et de la faiblesse de son esprit. Mais cela même d'où vient-il ? direz-vous. Cela provient de nous-mêmes, et évidemment de là. Lorsque tous le voulons, nous nous excitons, nous-mêmes, et nous devenons tempérants. Toutes les fois, qu'une nécessité survient, ce n'est, qu'en faisant des efforts que nous parvenons à voir et à embrasser ce qui est bien. Lors donc que vous devrez vous livrer à la bonne chère, songez combien est court le plaisir qu'on y trouve, songez au dommage qui en résulte (car c'est un véritable dommage de dépenser tant de richesses pour son propre malheur), songez, aux maladies, aux infirmités, et méprisez la bonne chère. 


Combien voulez-vous que j'énumère d'hommes devenus victimes de la gourmandise ? Noé s'enivra et resta nu ; et que de maux à cause de cela ! Esaü, par gloutonnerie, livra son droit d'aînesse, et il fut sur le point de commettre un fratricide. « Le peuple d'Israël s'assit pour boire et pour manger, et ils se levèrent pour jouer ». (Exod. XXXII, 6.) : C'est pour cela qu'il est dit: « En buvant et en mangeant, souvenez-vous du Seigneur votre Dieu ». (Deut. VI, 2) Ceux qui se plongèrent dans la bonne chère, tombèrent dans l'abîme. « La veuve, qui vit dans le luxe, dit l’Ecriture, est morte, quoique vivante » ( I Tim, V, 6) et ailleurs : «Le bien-aimé s'engraissa, il s'appesantit, et se révolta ». (Deut. XXXII, 16.) Et l'apôtre dit encore : « Ne cherchez pas à contenter les désirs de la chair ». Je ne fais pas une loi du jeûne (personne ne me comprendrait), mais je repousse les délices excessives, je blâme la bonne chère pour votre utilité. De même qu'un torrent, les délices renversent tout, rien ne saurait leur résister : elles renversent les trônes. Que dirai-je de plus? Voulez-vous faire bonne chère ? Donnez aux pauvres ; appelez le Christ, afin d'être encore dans les délices lorsque la table sera enlevée. Vous n'avez pas maintenant cet avantage ; je le crois  bien, les choses d'ici-bas sont si peu stables. Mais plus tard vous l’aurez. Vous voulez faire bonne chère ? Nourrissez votre âme, donnez-lui la nourriture dont elle a besoin. Ne la tuez pas par la faim. C'est le temps de la guerre, c'est le temps du combat  et vous vous asseyez pour faire bonne chère ! Ne voyez-vous pas ceux qui tiennent le sceptre, vivre frugalement à l'armée ? « Nous n'avons pas à lutter contre la chair et le sang » (Eph. VI, 1), et vous vous engraissez lorsqu'il faut combattre ? L'ennemi, grinçant des dents est là, et vous êtes plongé dans la mollesse et attaché à la table. Je sais que je parle en vain, mais pas pour tous. « Que celui qui a des oreilles pour entendre, entende ». Le Christ est desséché par la faim, et  vous, crevez des suites de votre gourmandise. Ce sont deux excès. Quel mal ne causent pas les délices de la table ? Elles portent en elles leurs contraires : Je ne vois pas d'où elles ont pris ce nom. Mais de même que la gloire et la richesse sont ainsi nommées quoiqu'elles ne soient que misère et pauvreté, de même le plaisir de la table porte ce nom quoiqu'il ne soit qu'amertume. Devons-nous être immolés, que nous nous engraissons nous-mêmes ? Pourquoi préparez-vous aux vers un festin si copieux ? Pourquoi préparez-vous une masse plus abondante de corruption ? Pourquoi déposez-vous en vous des sources d'humeurs et d'odeurs fétides ? Pourquoi vous rendez-vous vous-même inutile en tout ? Voulez-vous que l'œil soit bon ? Rendez le corps robuste. Parmi les cordes d'instrument, celle qui est grasse et souillée est inutile pour la mélodie ; celle, au contraire, qui est partout bien tendue, est tout à fait harmonieuse. Pourquoi enterrez-vous l'âme ? Pourquoi rendez-vous sa muraille plus épaisse ? Pourquoi épaissir le nuage de fumée qui vous aveugle, car de la bonne chère s'élèvent de toutes parts comme des vapeurs et des brouillards. A défaut d’autres, les athlètes vous enseigneront qu'un corps plus grêle est plus robuste. Ainsi l'âme adonnée à la philosophie est plus forte. Je la compare à un écuyer sur son coursier. Or, il est d'expérience que les chevaux trop gras donnent beaucoup de peine aux écuyers, et qu'ils sont difficiles à manier. Ce qu'on souhaite, c'est que l'écuyer monté sur un cheval vigoureux et docile remporte le prix de la course. Mais donnez à un écuyer un cheval qu'il soit obligé de traîner, qui tombe mille fois sous lui, et qu'il ne puisse exciter même en se servant de l'éperon, si habile que soit cet écuyer il n'obtiendra pas la panne. Ne négligeons pas notre âme, ne la laissons pas opprimer par le corps; mais au contraire rendons-la plus clairvoyante; rendons son aile légère, ses liens plus larges. Nourrissons-la de saintes paroles et de frugalité : ainsi notre corps sera robuste, et notre âme sera dans la joie, sera exempte de peine : et après avoir ainsi réglé convenablement notre existence, nous pourrons atteindre au sommet de la vertu, et jouir des biens éternels par la grâce et la bienveillance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, avec qui soit, pour le Père et l'Esprit-Saint, gloire, puissance, honneur, maintenant et toujours, dans tous les siècles des siècles. Amen."

jeudi 23 décembre 2010

Le Fils de Dieu devient fils de l’homme par St Grégoire Le Théologien


«Le Christ naît, rendez gloire ; 
le Christ vient des cieux, allez à sa rencontre ;
 le Christ est sur terre, élevez-vous. 
Chantez au Seigneur, toute la terre. 
Et pour dire les deux à la fois: 
Que se réjouissent les cieux et qu'exulte la terre
 à cause de celui qui est céleste et ensuite terrestre.
 Le Christ est dans la chair ; exultez avec tremblement et joie :
 tremblement à cause du péché; joie à cause de l’espérance.
 Le Christ naît d’une vierge ; femmes, pratiquez la virginité,
 si vous voulez être mères du Christ […].
 Que le peuple, assis dans les ténèbres de l’ignorance,
 voie une grande lumière, celle de la connaissance.
 Les choses anciennes ont passé,
 voici que toutes les choses sont devenues nouvelles.
 La lettre cède, l’esprit triomphe ;
 les ombres se dérobent hâtivement, 
la vérité fait son entrée dans leur suite ; 
c’est l’accomplissement de Melchisédech : 
celui qui est sans mère naît sans père,
sans mère en premier lieu, sans père en second lieu ; 
les lois de la nature sont suspendues […]. 
Que Jean crie : Préparez le chemin du Seigneur,
je crierai, moi, la puissance de ce jour: 
celui qui n’a pas de chair prend chair, le Verbe prend épaisseur,
celui qu'on ne peut voir est vu, 
celui qu'on ne peut toucher est palpable, 
celui qui est en dehors du temps a un commencement,

 le Fils de Dieu devient fils de l’homme»
St Grégoire Le Théologien 
La Théophanie ou la Nativité-Sermon 38

mercredi 22 décembre 2010

Alléluia ! Halléluia ! Hallelujah !

Cessons de nous lamenter sur la fréquentation croissante des temples de la consommation qui s'est substituée à celle des temples de Dieu !


Ce n'est pas un office religieux ? - D'accord ! Ce n'est pas très orthodoxe non plus ? - OK
Mais on ne va pas se plaindre de cette merveilleuse surprise :  le Messie, soudainement, fréquente aussi les galeries marchandes par le truchement de la musique d'Haendel et la vogue des flash mob parce qu'après tout, tout le monde (c'est-y pas un peu ménique ça ?) peut chanter avec conviction Alléluia ! Non ? Quel bonheur !


samedi 18 décembre 2010

Kosovo : qui sont les génocidaires ? un article incontournable de Christian Navis


Les Saints Nouveaux martyrs de Jasenovac



De la manière la plus belle de rester dans la mémoire des hommes
 ou comment ne pas appliquer le précepte :

"Tourne ta langue sept fois dans ta bouche avant de parler"....
regardez, écoutez, c'est redoutable et... pitoyable !... mais gravé dans le marbre de l'Histoire.
Ce n'était pas l'ambition ?
Господи, помилуј не`!


Il serait plus que temps qu'enfin les yeux se décillent, que les oreilles se débouchent, que les esprits se désengourdissent.... Ce ne sont  pas seulement des Français de tout bord qui n'ont jamais oublié la traditionnelle amitié franco-serbe et qui, dans leur fidélité, se sont toujours informés, à l'écoute compliquée et difficile de toutes les sources les plus variées, même au plus fort du matracage médiatique, de la réalité de qui se passait, là-bas, pendant toutes ces années de guerre, et en ont témoigné avec courage dans des manifestes, des ouvrages, des articles, des émissions de radio, des pétitions, des manifestations, ce ne sont  pas seulement des Orthodoxes, solidaires de leurs frères et soeurs serbes qui  respectueux d'un patrimoine culturel et spirituel très précieux pour l'Europe chrétienne, qui ont clamé, le coeur brisé, les larmes aux yeux leur indignation et ont usé leurs faibles forces à essayer de convaincre les formatés du bulbe.
Voilà, maintenant les bouches s'ouvrent à nouveau et davantage d'oreilles devront entendre.

Un excellent article vient de paraître sur AgoraVox dont voici l'introduction :

"Les média menteurs, inféodés aux Américains ont développé en 1999 une véritable campagne hystérique anti-serbe, utilisant les ficelles habituelles d’un anathème manichéen contraire à la vérité historique : traitant les Serbes de nazis et de tortionnaires quand leur résistance héroïque bloqua naguère les soldats d’élite du troisième reich, dégarnissant le front de Russie...
Et faisant des Albanais Kosovars des résistants et des victimes, alors qu’ils constituèrent majoritairement les troupes des divisions Handshar et Skanderbeg , ces nazis musulmans placés sous l’autorité du grand mufti Amine Al Husseini.
Et aujourd’hui le Kosovo, colonie de l’OTAN à l’indépendance de pure forme, massacre les derniers Serbes qui y résident, brûle des églises et monastères qui mériteraient, en tant qu’oeuvres d’art, de figurer au patrimoine mondial de l’humanité, et est incapable de contrôler les puissantes mafias qui portent le trouble bien au delà de ses frontières...
Dans l’indifférence générale d’une communauté internationale qui préfère regarder ailleurs plutôt que de reconnaître qu’elle a été bernée en 1999 avec des reportages bidonnés, des documents falsifiés et des faux témoignages, propres à susciter la compassion et l’indignation des moutons de Panurge...."
LIRE LA SUITE ICI

PS : Déjà en 1998 Claude "Le Liseur" avait dénoncé cette horreur dans plusieurs publications sur le Forum orthodoxe, notamment dans un post intitulé : "Encore une chose que l'on n'avait pas dite sur le Kosovo..."

Lisez ces articles particulièrement bien documentés qui parlent non seulement des horreurs qui ont été faites au peuple serbe, diabolisé, ces dernières années, mais également au temps du nazisme.

ENQUÊTE CHEZ LES ORTHODOXES francophones : Quelle idée vous faites-vous de votre prêtre ?

La lecture d'une enquête du Patriarche Athenagoras Orthodox Institute (Berkeley, CA) sur l'Orthodoxie aux USA m'a inspiré ce petit questionnaire que je vais laisser sur mon blog un certain temps et dont je vous publierai les résultats à la fin. Cela pourrait peut-être avoir quelque intérêt pour tous, clergé comme fidèles.
Je n'ai mis que 10 propositions (pour des questions de format offert par Google),  à numéroter de 1 à 10  par ordre d'importance pour vous, mais l'on pourrait en ajouter bien davantage bien sûr. Puisse ce questionnaire vous intéresser et être accueilli avec bienveillance.
N'hésitez pas à faire vos commentaires et suggestions.

Je remets cette enquête car elle ne semble pas rester sans succès
et elle sera plus accessible au centre que dans la colonne de gauche


1 = proposition à la 1ère place =la plus importante
2 = 2ème place et ainsi de suite... jusqu'à 10 = dernière place.

vendredi 17 décembre 2010

Le DISTRIBUTISME [3] et les Chrétiens orthodoxes

Serge Boulgakov
Belloc a parfois suggéré de l'appeler "l'état de propriété", ce qui serait beaucoup moins trompeur. Quand les gens entendent le terme «distributist », ils ont souvent tendance à penser à un système dans lequel l'argent est retiré aux riches et redistribué aux pauvres (qui sont généralement considérés comme ne le méritant pas). En d'autres termes, les gens confondent Distributisme et Socialisme. Ce n'est pas l'intention du choix de cette appellation.

L'idée est que dans le Distributisme la propriété juridique des moyens de production dans l'économie est distribué aussi largement que possible dans la population. Cela implique une double comparaison et le contradiction. D'une part, comme dans le capitalisme, le Distributisme respecte la propriété privée et récompense l'intelligence, le travail acharné et l'esprit d'entreprise. Mais simultanément, et à la différence de la structure habituelle des gouvernements capitalistes, un état distributiste prend des mesures pour décourager l'accumulation sans fin de richesse dans les mains d'une minorité. En même temps que le capitalisme croit en la propriété privée, il estime également que seules quelques personnes devraient posséder ce qui compte vraiment, c'est lezs moyens de production de l'argent et des biens.

Le Distributisme ne se contente pas, par conséquent, qu’un grand nombre de personnes possèdent leur propre maison ou aient des parts dans le marché boursier;il estime que les gens ont besoin d’ exercer un contrôle réel sur la terre, les fermes, les usines et les établissements qui produisent de l'argent et des marchandises. D'autre part, comme dans le socialisme, l'Etat demeure l'entité la plus puissante dans le pays ; l'état ne permet pas la ploutocratie ni que des sociétés usurpent son autorité, comme elles tentent sans cesse de le faire dans les pays capitalistes. Mais simultanément, et à la différence de l'idéal ordinaire d'une économie socialiste, le Distributisme est suffisamment réaliste pour reconnaître qu’il y aura toujours des riches et des pauvres. Les riches ne sont pas automatiquement dépossédés, ni les pauvres automatiquement assistés.

Bien que cela paraisse utopique, une économie distributiste fut une réalité courante dans le passé. C’est la forme naturelle que prend une économie quand ses structures sociales sont relativement simples et locales. Imaginez une société primitive. Dans une telle société de personnes accumulent des richesses par le travail de leurs mains, soit dans les fermes ou dans de petites industries. Certaines personnes deviennent riches, grâce à la fois à leur labeur, leur intelligence, l'héritage et la Divine Providence (habituellement appelée à tort «(bonne) chance». Mais lorsque les échanges sont limités à une zone de la taille d'un comté (quelques centaines de miles carrés), même les personnes les plus riches ne deviendront généralement pas beaucoup plus riches que leurs voisins. D'énormes accumulations nécessitent le vol, l'esclavage, la guerre, ou quelque autre forme d'exploitation. De nombreux exemples illustrent l'histoire de ce genre d’économie simple et locale. La République romaine avait une économie distributiste avant l'avènement de l'Empire romain. Un système distributiste s’est progressivement développé sur les ruines de l'Empire romain au Moyen Age en Europe occidentale. Quand l'Angleterre a commencé à coloniser l'Amérique du Nord, les gens pensaient que l'économie de l'Angleterre était encore distributiste, mais ils n'ont jamais utilisé un tel mot pour la nommer et l’expropriation des monastères avait déjà orienté leur économie sur la voie du capitalisme. Au début de l'Amérique, le système économique des colonies anglaises dans le Nord était largement distributiste ; dans les colonies anglaises du Sud, il s’est mélangé à un état servile. Aujourd'hui, avec la coïncidence des technologies modernes et de la tradition du droit et de la politique depuis un siècle et plus, le capitalisme a éclipsé le Distributisme aux États-Unis. Mais le Distributisme n’a pas été oublié. Des rémanences du vieil ordre distributiste existent dans la pratique, dans le droit, et dans la mémoire collective de la nation. L'importance accordée à la propriété individuelle de son logement, la «ferme familiale», et les petites entreprises, la tendance actuelle en faveur de la consommation d’aliments cultivés localement; l'attrait persistant des arts et métiers comme professions à temps plein – tout cela constitue des survivances du Distributisme.

L’objectif du Distributisme n'est pas de renverser et de détruire le système capitaliste. Il est trop évidemment fructueux et productif. Par ailleurs, les socialistes ont réalisé leurs expériences et ont échoué. Mais les limites et les injustices du capitalisme sont réels. Le but du Distributisme contemporain est de promouvoir, adopter, et enraciner les idéaux distributistes. L'espoir distributiste est qu’à un moment donné la balance incline de son côté et que ce qui est aujourd'hui un système capitaliste devienne un système à prédominance distributiste conservant encore des éléments capitalistes. Le but n'est pas d'établir le socialisme, de donner un pouvoir excessif à l'Etat, ou de jouer à Robin des Bois, mais de changer les lois, en particulier en matière de fiscalité, de sorte qu'il devienne très difficile que l'argent et le pouvoir se concentrent dans les mains de quelques uns et qu’il devienne plus facile pour les gens ordinaires de posséder leur propre ferme, leurs ateliers, leurs commerces et leurs industries. Le Distributisme est la démocratie économique.

Serge Boulgakov a été l'un des plus grands, et l'un des plus controversés théologiens orthodoxes modernes. Il a été élevé dans la foi, mais l’a perdue dans sa jeunesse. Il a ensuite étudié l'économie politique à l'école de droit, et fut marxiste pendant un certain temps. Il a publié ses premiers livres sur le sujet de l'économie avant de retrouver la foi et a écrit de nombreux et profonds livres qui lui valent sa postérité. Peut-être son livre le plus connu est L'Orthodoxie, d'abord publié en anglais en 1935. Dans cette brève introduction à l'orthodoxie, Boulgakov comprenait un chapitre intitulé «L'orthodoxie et la vie économique." Il semble être prisonnier de la dichotomie du capitalisme et du socialisme qui a paralysé le débat sur l'économie les deux siècles passés. En outre, l'essai montre sa méconnaissance du moindre des écrivains distributistes ou même des encycliques catholiques qui ont critiqué à la fois le capitalisme et le socialisme. Il est donc tout à fait significatif que Boulgakov dise alors : «En ce qui concerne la distribution, l'Eglise est appelée à être une conscience sociale qui doit élever la voix, parlant aux cœurs des hommes et se mêler de leur vie publique» Et plus loin: «Le meilleur système économique - quel que soit son nom, et de quelque manière qu’il combine capitalisme et socialisme - est celui qui, dans des circonstances données, assure le mieux la liberté personnelle, la protégeant de la pauvreté naturelle et de l'esclavage social ".

C'est précisément ce que Belloc, Chesterton, Schumacher, et Médaille préconisent. Sans aucun doute y a-t-il une façon typiquement orthodoxe d’articuler éthique et économie, différente de la façon dont les catholiques et les protestants ont répondu aux questions économiques. Boulgakov a suggéré quelques-uns de telles différences orthodoxes, notant que la vie économique s'inscrit dans le cadre des saints mystères, que l'agriculture, l'industrie et le commerce sont des aspects de la transfiguration de la nature, et que la démocratie est en parallèle avec le principe de conciliarité de l'ecclésiologie orthodoxe. Il serait un grand don à l'Eglise et au monde si des penseurs de l’éthique et des économistes orthodoxes développaient ces suggestions. Néanmoins, les différences entre le Distributisme tel qu'il s'est développé en Occident et le Distributisme comme il pourrait être articulé à l'Est ne seraient que des questions de détail. Les deux camps cherchent à forger des épées pour les transformer en socs de charrue - à trouver un moyen pour nous tous de vivre dans la paix et la sécurité sous nos propres arbres fruitiers."

Lectures suggérées  : en anglais seulement (malheureusement) mais auxquelles il faut ajouter bien sûr Les bases de la conception sociale de l’Eglise orthodoxe russe (traduit du russe en français par Claire Jounievy) publié sur le site du Département des relations extérieures du Patriarcat de Moscou  en introduction on peut lire :
"Adopté par le Concile épiscopal, le présent document expose la doctrine de l’Eglise orthodoxe russe sur les relations entre l’Eglise et l’Etat et les problèmes de la société contemporaine. Le document reflète également la position officielle du Patriarcat de Moscou sur ses relations avec l’état et la société civile. Il établit enfin une série de principes directeurs s’appliquant à l’épiscopat, aux clercs et aux laïcs."



  • Can distributism be grounded in Orthodox tradition? Lire la traduction de C. Paul Schroeder’s de St  Basile Le Grand : On Social Justice
  • Hilaire Belloc est peut-être le principal auteur à consulter, même si tout son travail date d'avant la Seconde Guerre mondiale. Pour commencer, voir : The Servile State et An Essay on the Restoration of Property. Belloc a aussi écrit Economics for Helen, une introduction à l'économie pour sa nièce, encore étonnamment utile même si daté. 
  • Son ami G. K. Chesterton a été prolifique et hilarant. Sur ce sujet voir The Outline of Sanity.

L'économiste britannique E. F. Schumacher  a enseigné le message distributist sans utiliser le terme. Voir son classique, Small Is Beautiful.





John Médaille a écrit des livres pour les étudiants sérieux  en économie, excellent pour une utilisation dans l'enseignement supérieur. Si vous percevez bien la moralité du Distributisme, mais que vous vous posez des questions sur son application dans le monde réel, voir The Vocation of Business et Toward a Truly Free Market, "qui tente de donner un cadre précis au Distributisme macroéconomique."


Larry Burkett, un respecté protestant évangélique, n'est pas distributiste et son travail peut être critiqué pour être centré sur les individus et non sur les systèmes et structures, mais  son Business by the Book est un excellent résumé des lignes directrices éthiques pour le commerce et la finance.
Susan Pace Hamill  a fait un travail de réflexion sérieux sur les implications morales des codes existants dans la fiscaleité américaine. Voir The Least of These: Fair Taxes et  the Moral Duty of Christians



  • Tobias J. Lanz a édité un recueil d'essais, Beyond Capitalism and Socialism, ce serait un excellent texte de départ pour un groupe de discussion. Bien que typiquement catholique, les Orthodoxes et les autres chrétiens trouveront dans cet ouvrage matière à réflexion
  • David Holden a étudié les langues bibliques à l'Université Duke et a obtenu une maîtrise de théologie à la Southern Methodist University de Dallas, au Texas. Son cheminement spirituel l'a amené à l'Orthodoxie en août 1999. C'est un consultant professionnel et spécialiste clinique  en toxicomanie. Lui et sa famille vivent à la campagne près de Boone, en Caroline du Nord.