Les lèvres mensongères font horreur à l'Éternel, tandis que ceux qui agissent avec fidélité lui sont agréables. Proverbes 12:22 «C'est ce qui sort de l'homme qui le rend impur. En effet, c'est de l’intérieur, c'est du cœur des hommes que sortent les mauvaises pensées, les adultères, l'immoralité sexuelle, les meurtres, les vols, la soif de posséder, les méchancetés, la fraude, la débauche, le regard envieux, la calomnie, l'orgueil, la folie. Toutes ces choses mauvaises sortent du dedans et rendent l'homme impur.» Marc 7:20-23 Un témoin fidèle ne ment pas, tandis qu’un faux témoin dit des mensonges. Proverbes 14:5 « Vous, vous avez pour père le diable et vous voulez accomplir les désirs de votre père. Il a été meurtrier dès le commencement et il ne s'est pas tenu dans la vérité parce qu'il n'y a pas de vérité en lui. Lorsqu'il profère le mensonge, il parle de son propre fond, car il est menteur et le père du mensonge. » Jean 8:44 Si les paroles distinguées ne conviennent pas à un fou, les paroles mensongères conviennent d’autant moins à un noble. Proverbes 17:7 « Écarte de ta bouche la fausseté, éloigne de tes lèvres les détours ! Proverbes 4:24 Craindre l'Éternel, c'est détester le mal. L'arrogance, l'orgueil, la voie du mal et la bouche perverse, voilà ce que je déteste. » Proverbes 8:13 « Pierre lui dit : «Ananias, pourquoi Satan a-t-il rempli ton cœur, au point que tu aies menti au Saint-Esprit et gardé une partie du prix du champ? […] Comment as-tu pu former dans ton cœur un projet pareil? Ce n'est pas à des hommes que tu as menti, mais à Dieu.»Actes 5:3-4Mais pour les lâches, les incrédules, les abominables, les meurtriers, les impudiques, les enchanteurs, les idolâtres, et tous les menteurs, leur part sera dans l'étang ardent de feu et de soufre, ce qui est la seconde mort.Apocalypse 21.8

mercredi 24 mars 2010

FOI, NATION & LIBERTÉ : La FÊTE NATIONALE GRECQUE - 25 mars 1821

Les "Occidentaux ", dans notre contexte culturel contemporain, à la mémoire très courte (quelquefois le temps d'un zapping) ou paresseuse, et particulièrement les Français ont du mal à concevoir que l'on puisse associer foi religieuse et liberté, foi et patriotisme et encore moins Révolution et religion, ce n'est pas un phénomène si récent pourtant. C'est étrange comme on associe automatiquement christianisme et oppression et qu'il faille inventer des "théologies de la libération" ou créer un corps de "prêtres ouvriers" comme pour enfin  aller dans le sens du "progrès"... Pourtant toutes les institutions et œuvres sociales furent d'abord des créations de l'Église dont la foi était devenue après persécution puis tolérance, religion de l'empire dont la capitale était désormais Constantinople au point que même à l'Ouest de l'empire, en nos contrées envahies sans cesse, ces institutions portaient même encore en leurs débuts, "chez nous", leurs noms grecs d'origine. il faut écouter dans le prochain message cette passionnante interview de l'historien M. Rouche qui explique bien tout cela.
Pourtant voilà une commémoration celle de la libération du peuple grec du joug ottoman, où le clergé n'était pas du côté de l'oppresseur mais au contraire aux côtés du peuple, partie du peuple, et du parti du peuple subissant les mêmes persécutions et soutenant la même rébellion. Ainsi en a-t-il été de l'Église et du peuple serbes (en lutte contre la Turcocratie, puis les Oustachis croates pro nazis et enfin les communistes) et qui étaient nos amis jusqu'à ce que la France boive un peu trop de Coke, confonde Etats unis d'Europe avec Etats Unis dans l'Europe et que cela lui fasse perdre la mémoire dans la plus totale infidélité à ses séculaires amitiés. Victor Hugo en poète visionnaire sauvant l'honneur de la France a écrit des textes pour ces deux pays, la Serbie et La Grèce, pour lesquels il avait de la compassion et dont il connaissait bien le destin tragique, mais de nos jours comme on préfère les comédies musicales et dessins animés fantaisistes américanisants aux textes, il n'est pas inutile de les rappeler. La foi de ce peuple grec était même indissociable de ses références révolutionnaires qui étaient issues des nôtres (sic !), on est évidemment loin de la guerre civile espagnole du siècle dernier...

Voici quelques extraits d'un article paru sur le site DIASPORA GRECQUE.COM assez éloquents pour remettre en question le conformisme de la pensée unique militante... pour qui voudra bien s'informer un peu avec un minimum d'honnêteté intellectuelle....

"L'élan du peuple grec en 1821

Comment un peuple soumis depuis plus de 400 ans a-t-il pu se libérer de l'Empire Ottoman ?

Le peuple turc d'origine nomade est un peuple hétérogène dont les tribus ont été soumises les unes après les autres. Envahisseurs aguerris, les Turcs ont toujours imposé leur culture et leur religion. En 1821 l'empire ottoman était sur son déclin, essoufflé par ses luttes internes.
Depuis la prise de Constantinople en 1453, la Grèce n'a jamais été complètement soumise à l'empire ottoman. Les Grecs avaient su préserver leur foi chrétienne orthodoxe malgré les pressions de l'occupant.
Le Grec et l'histoire grecque étaient enseignés aux enfants dans des écoles cachées, (κρυφό σχολείο) par des moines lettrés. Ainsi, pendant quatre siècles furent préservées l'identité et l'âme hellènes en attente du jour où la Grèce serait libre.

Ecoles cachées, (κρυφό σχολείο)

Les Grecs vivant en Europe, influencés par la pensée révolutionnaire française de 1789, ont été le moteur de la pensée révolutionnaire grecque. Féréos, poète vivant en Europe, en est un exemple. Il inondait les Grecs de ses poèmes enflammés :"Καλύτερα μιάς ώρας ελεύθερη ζωή, παρά σαράντα χρόνια σκλαβιά και φυλακή" (mieux vaut une heure de vie libre que 40 ans de vie en esclavage). Dans "Καπιτάν Μιχάλις", Kazantzaki illustre cet esprit de la révolution en Crète. Un écrit sur le mur très rouge les mots "la liberté ou la mort". Ces quelques mots étaient gravés dans le cœur de tous les Grecs : hommes, femmes, enfants, tous étaient prêts à donner leur vie pour retrouver leur identité.


L'ENFANT
Les Turcs ont passé là. Tout est ruine et deuil.
Chio, l’île des vins, n’est plus qu’un sombre écueil,
Chio, qu’ombrageaient les charmilles,
Chio, qui dans les flots reflétait ses grand bois,
Ses coteaux , ses palais, et le soir quelquefois
Un chœur dansant de jeunes filles.
Tout est désert. Mais non ; seul près des murs noircis,
Un enfant aux yeux bleus, un enfant grec, assis,
Courbait sa tête humiliée.
Il avait pour asile, il avait pour appui
Une blanche aubépine, une fleur, comme lui
Dans le grand ravage oublié.
Ah ! pauvre enfant, pieds nus sur les rocs anguleux !
Hélas ! pour essuyer les pleurs de tes yeux bleus
Comme le ciel et comme l’onde,
Pour que dans leur azur, de larmes orageux.
Passe le vif éclair de la joie et des jeux,
Pour relever ta tête blonde,
Que veux-tu ? Bel enfant, que te faut-il donner
Pour rattacher gaiement et gaiement ramener
En boucles sur ta blanche épaule
Ces cheveux, qui du fer n’ont pas subi l’affront,
Et qui pleurent épars autour de ton beau front,
Comme les feuilles sur le saule ?
Qui pourrait dissiper tes chagrins nébuleux ?
Est-ce d’avoir ce lys, bleu comme tes yeux bleus,
Qui d’Iran borde le puits sombre ?
Ou le fruit du tuba, de cet arbre si grand
Qu’un cheval au galop met, toujours en courant,
Cent ans à sortir de son ombre ?
Veux-tu, pour me sourire, un bel oiseau des bois,
Qui chante avec un chant plus doux que le hautbois,
Plus éclatant que les cymbales ?
Que veux-tu ? fleur, beau fruit, ou l’oiseau merveilleux ?
Ami, dit l’enfant grec, dit l’enfant aux yeux bleus,
Je veux de la poudre et des balles

Le 25 mars 1821, au monastère d’Agia Lavra, l’archevêque Paléon Patron Germanos
 aurait fait prêter serment aux chefs de la révolution en leur donnant leur drapeau avec l’image de la Vierge le jour même de la fête de l’Annonciation.


La révolution grecque (1821-1829)





Depuis le XIVe ou le XVe siècle (selon les endroits), la plus grande partie de la Grèce se trouve sous le joug des Turcs mais un certain nombre de facteurs a permis la survie de l'hellénisme. Le rôle de l'église orthodoxe n'est pas négligeable, pas plus que celui des Grecs qui vivent à l'étranger, en Occident ou en Russie en particulier. A l'intérieur même de la Grèce, trois partis se sont constitués. Le parti russe est le plus nombreux : l'église grecque entretient des liens privilégiés avec la grande puissance protectrice des orthodoxes. La Russie des Tsars aidera matériellement et diplomatiquement l'insurrection, de façon partiellement intéressée (la Russie n'a pas encore d'accès à la Méditerranée). Les armateurs et les commerçants grecs ont des relations avec l’Angleterre, ils feront appel à elle et subiront son influence. Le parti français est le moins important, il comprend des intellectuels influencés par la révolution de 1789. Au début du XIXe siècle, la Turquie est très affaiblie militairement, l'autorité du sultan a de la peine à s'affirmer, en particulier sur les gouverneurs de province, appelés pachas. L'un de ces derniers, Ali Pacha, d'origine albanaise, domine l'Epire (qui, à l'époque, comprend les parties actuellement albanaise au Nord, et grecque au Sud). Ce musulman a causé mille malheurs aux Grecs mais...



LA TRIPLE MANIERE DE PÉCHER par ST GRÉGOIRE DIALOGOS (LE GRAND)

Il les frappe comme des impies, parce qu'ils se détournent de lui (Job 34, 27)

  "Sachez qu'il y a trois manières de commettre le péché: on peut le commettre par ignorance, ou par faiblesse, ou par volonté délibérée. Pécher par faiblesse est plus grave que pécher par ignorance ; pécher de volonté délibérée c'est encore beaucoup plus que pécher par faiblesse. Paul relatait un péché par ignorance quand il écrivait: Moi naguère un blasphémateur, un persécuteur, un insulteur ... mais il m'a été fait miséricorde parce que j'agissais par ignorance, étranger à la foi (1 Tim 1, 13). C'est par contre un péché de faiblesse que Pierre commet quand se brise en lui, à la seule voix d'une servante, toute la robustesse de la foi dont le Seigneur l'avait  gratifié, et quand il renie en paroles le Dieu auquel son cœur restait accroché. (Luc 22, 57).
  Une faute due à la faiblesse ou à l'ignorance est d'autant plus facilement effacée qu'elle n'est précisément pas commise de volonté délibérée. Une fois renseigné Paul corrige son ignorance antérieure, et par ses larmes abondantes Pierre rend vigueur et vitalité aux racines de sa foi ébranlées et desséchées.
  Par contre c'est un péché activement et consciemment perpétré qu'avaient commis ceux que le Maître lui-même accuse en ces termes: Si je n'étais pas venu et ne leur avais parlé, ils n'auraient pas péché, mais maintenant ils n'ont pas d'excuse à leur péché, et un peu plus loin: ils ont vu et ils nous haïssent moi et mon Père (Jn. 15, 22 - 24). Ne pas faire le bien et haïr celui qui l'enseigne sont deux choses aussi différentes que pécher par étourderie ou de propos délibéré. Il suffit souvent d'y réfléchir et d'en prendre conscience pour condamner un péché commis par étourderie, et dans la plupart des cas où il s'agit de faiblesse, on parvient habituellement à aimer le bien, sans toutefois être toujours capable de l'accomplir. Tandis que quand il s'agit d'un propos délibéré, pécher c'est tout ensemble ne pas faire le bien et ne pas l'aimer. De même donc qu'affectionner le péché est parfois plus grave que le commettre, de même il est bien plus pernicieux de haïr la justice que de ne pas l'accomplir. On trouve, jusqu'à l'intérieur de l'Eglise, de ces gens qui non seulement ne font pas le bien, mais persécutent ceux qui le font : ce qu'eux-mêmes répugnent à faire, ils le détestent chez les autres. Leur péché ici ne vient ni de l'ignorance ni de la faiblesse, mais de leur seule volonté, car, à supposer qu'ils veuillent accomplir de bonnes actions tout en se révélant incapables de les réaliser, ils devraient néanmoins aimer chez autrui ce qu'eux-mêmes se refusent de faire."


in COMMENTAIRE MORAL DU LIVRE DE JOB (MORALIA)
Traduction de René Wasselynck (Ed. du Soleil Levant)

Par les prières de notre Saint Père Grégoire , Seigneur Notre Dieu,  accorde-nous ta grâce !

mardi 23 mars 2010

L'EXPÉRIENCE DE L'ÉTERNITÉ DANS LA PRIÈRE PERSONNELLE par Père Macaire de Simonos Petra

"Que ce soit dans notre vie liturgique, comme dans l’expérience mystique de la prière, nous sommes appelés à « passer» (au sens étymologique de Pâques) de la mort à la vie et de la terre au ciel (1), « encore et encore », chaque jour jusqu'à la fin du monde. Lorsque dans le silence de la nuit, le moine ou le fidèle se tient devant le Dieu invisible comme s'il était visible, les puissances de leur âme rassemblées dans le cœur et repoussant avec effort tous souvenirs ou distractions de ce monde, il leur est donné de vivre aussi de manière encore plus intense, cette transfiguration du temps. Que la prière suive le rythme alternant de la respiration ou qu'elle soit prononcée durant l'intervalle entre inspiration et expiration, qui est comme un arrêt du temps, le but de la méthode, ou plutôt des différentes méthodes hésychastes, reste le même. Il s'agit de concentrer toute notre attention sur « l'éternité arrêtée au cœur de l'instant» (2) L'invocation du Nom béni du Dieu-homme, répétée inlassablement jour après jour, réveille en nous une sensibilité spirituelle à sa présence et à son ineffable douceur. Dans ces moments privilégiés, dont il est impossible d'évaluer la durée, où la prière s'arrête pour devenir écoute du Verbe au dedans de nous, l'intellect, dépouillé de toute pensée et de toute représentation, se trouve transféré dans un mode d'existence nouveau. Saisissant par la foi que le Royaume de Dieu approche et qu'il est déjà inauguré au dedans de nous, par la prière intérieure nous nous portons en avant, dans un élan de réponse plein d'amour extatique.

Chaque invocation du Nom de Jésus répétée humblement même pendant les activités de la journée, constitue un pas de plus à la rencontre du Seigneur. La pratique quotidienne de la prière de Jésus, qui prend sa source dans la communion eucharistique et dépend étroitement de notre participation à la vie liturgique de l'Église, est donc expérience vécue de l'éternité au cœur du temps. Nous restons êtres de chair et de sang, prisonniers du temps et de ses contingences, faibles et impuissants à comprendre les mystères divins, et pourtant nous sommes à la fois hommes nouveaux, recréées à l'image du Second Adam, et par la grâce et la miséricorde du Seigneur, nous pouvons goûter à la vie éternelle cachée dans le Nom divin.

La temporalité qui était la marque de notre chute est devenue, en Jésus-Christ "une aile" qui nous porte vers les hauteurs, dans un élan sans fin vers l'éternité (3)."

Notes :
1- Canon de Pâques, Hirmos de la 1 ère ode.
2 - Acathiste du Buisson Ardent, ikos 2.
3 - St Grégoire de Nysse, Sur la Perfection 8,1

in"Entrée dans le troisième millénaire ou passage à l'éternité"
Lettre aux amis des monastères St Antoine Le Grand et Protection de la Mère de Dieu (1999)

lundi 22 mars 2010

L'image de La nef de l'Église orthodoxe


Sa quille représente la foi orthodoxe en la Sainte Trinité. Ses poutres et ses planches représentent les dogmes et les traditions de la foi. Son mât représente la croix, ses voiles et le gréement représentent l'Espérance et l'Amour. Le capitaine du navire est notre Seigneur Jésus-Christ, dont la main est sur la barre. Les camarades et les marins sont les Apôtres, les successeurs des Apôtres, et tous les membres du clergé. Les passagers comprennent tous les chrétiens orthodoxes. La mer symbolise la vie présente. Une douce brise semblable au Zéphir signifie le souffle et la grâce de l'Esprit Saint entraînant le navire sur sa route. Les vents, d'autre part, sont des tentations qui le font dévier de son cap. Son gouvernail, par lequel il est dirigé sans détour jusques au port céleste est le livre des saints canons « Le Pedalion» ou «gouvernail».

dimanche 21 mars 2010

Les métanies pendant le Grand Carême par Père Macaire de Simonos Petra

"L'élan de conversion entrepris pendant le Carême requiert la participation du corps, non seulement par le jeûne, mais aussi par les prosternations qui ponctuent les offices. D'après le Typikon de Saint-Sabas, on devrait faire 300 grandes métanies dans l'église pendant le Carême (1).Dans d'autres monastères, comme celui du Saint-Sauveur à Messine, le nombre importait peu, et l'on indiquait seulement les moments pendant lesquels les moines devaient faire sans interruption des prosternations (2). Aujourd'hui, dans la tradition grecque, ces prosternations ont été réduites presque exclusivement à celles qui accompagnent la Prière de Saint Éphrem, mais elles n'en restent pas moins une caractéristique majeure des offices de Carême. Exercice ascétique, la métanie est aussi un condensé de toute l'Économie de la Rédemption, comme l'affirme saint Basile: « Chaque fois que nous fléchissons les genoux et que nous nous relevons, nous montrons en acte que par le péché nous fûmes jetés à terre et que l'amour de notre Créateur pour les hommes nous a rappelé au ciel (3)
Quand il se prosterne à terre, en faisant le signe de la Croix, le fidèle reproduit la descente du Christ aux enfers, et en se relevant rapidement, il communie à Sa Résurrection. Chaque métanie devient donc pour lui une actualisation du rite baptismal et un approfondissement du mystère de son union au Christ."
Notes :
1.Typikon de Saint-Sabas (p. 78) ; cette rubrique est préservée dans le Triodion imprimé, le Lundi de la 1" semaine. À la Grande-Laure de saint Athanase l'Athonite, on faisait 238 métanies : 40 à l’orthros, 100 aux heures, 30 aux vêpres, 50 aux grandes complies: Diatyposis (00. Dimitrievsky, Opisanie J, 230
2.Ed.ARRANZ, R 20, p. 5.
3. S. BASILE, Sur le Saint-Esprit 27,66 (SC 17"', 486).

in (Ed. du Monastère Saint Antoine Le Grand 26190 Saint-Laurent-en-Royans)
pour commander 04 75 47 72 02

samedi 20 mars 2010

Père Placide DESEILLE - extraits de ses écrits 1. L'Eucharistie et l'Eglise

"L’Eucharistie fait l'Église. Celle-ci n'est rien d'autre que le corps glorifié du Christ uni à ses membres, qu'ils soient déjà auprès de lui dans les cieux, ou qu'ils militent encore sur la terre. Cette Église-Corps du Christ est rendue présente ici-bas partout où existe une communauté de chrétiens qui se rassemblent, dans une ville ou une bourgade, autour de leur évêque ou de l'un de ses prêtres qui le représente, et reçoit de sa main le corps eucharistique du Seigneur. « Mêlée» à ce corps, comme disaient les Pères de l'Église, identifiée à lui, cette communauté locale n'est pas une « partie » du corps du Christ: elle participe à sa plénitude, elle est spirituellement le Christ tout entier, de même que chaque parcelle des saints dons n'est pas une partie du Christ, mais rend présent le Christ tout entier. Et à l'intérieur de chaque Église locale, il ne peut y avoir de discrimination entre chrétiens d'origine ethnique diverse, entre hommes et femmes, entre riches et pauvres. Tous sont un dans le Christ." 

 in  "La Divine Liturgie
(ed. du Monastère SaintAntoine Le Grand 26190 Saint-Laurent-en-Royan)
pour commander 04 75 47 72 02

mercredi 17 mars 2010

ST GRÉGOIRE DIALOGOS (LE GRAND) : COMMENT SE COMMET LE PECHE

Behemoth dresse sa queue comme cèdre (Job 40,15).
"La sollicitation initiale du Serpent se présente molle et tendre, et à ce moment la vertu peut aisément l'écraser de son pied. Mais si, par négligence, on lui permet de se fortifier ou si, à cœur ouvert, on lui fait bon accueil, elle s'amplifie avec une telle puissance qu'elle peut étouffer l'âme captive et grossir jusqu'à exercer une pression intolérable ...
Tout ce qui est suggéré au début, on peut facilement le surmonter, alors qu'il devient quasi impossible de se rendre maître de la situation après cette phase initiale. Le Serpent parle d'abord à l'âme en séducteur: on dirait qu'il prend conseil ; mais dès qu'il a réussi, une seule fois, à y planter les crocs de la jouissance, il ne lui reste plus qu'à resserrer les nœuds, pratiquement indénouables, d'une tyrannique habitude ...
L'âme accueille le péché en trois temps: le démon suggère, la chair jouit, l'intelligence consent. (Et pour reprendre la comparaison du Livre de Job) ce Behémoth montre la langue quand il suggère d'abord des pensées défendues ; ensuite, quand il attire par la jouissance, il plante ses crocs; enfin il étreint de sa queue quand il tient bien sa proie par l'assentiment que celle-ci lui donne.
De ceci on peut tirer tout de suite une leçon: certaines personnes se reprochent des fautes qu'elles commettent surtout parce qu'elles en ont pris une longue habitude. Si elles ont bien l'intention de les fuir, elles se montrent pourtant impuissantes à les combattre en actes. C'est que faute d'avoir écrasé la tête de ce Behemoth, elles sont enserrées par sa queue, même à leur corps défendant."


in COMMENTAIRE MORAL DU LIVRE DE JOB (MORALIA)
Traduction de René Wasselynck (Ed. du Soleil Levant)

Par les prières de notre Saint Père Grégoire , Seigneur Notre Dieu,  accorde-nous ta grâce !

mardi 16 mars 2010

St CÔME L’ÉTOLIEN (enseignements) : Jeunesse et péché

"Frères, quand j'étais jeune, je croyais à ce sophisme : "Laissez-moi commettre des péchés, maintenant que je suis jeune, je ferai le bien quand je serai vieux, ainsi je serai sauvé."

Maintenant, j'ai vieilli, mais mes péchés ont désormais des racines qui ont poussé et je suis incapable de faire le moindre bien. Alors vous, faites attention de ne pas subir le même sort, et maintenant que vous avez le temps, faîtes de bonnes œuvres pour être sauvé."

(version française de Maxime le minime)

lundi 15 mars 2010

Bénédictions et bénédictions...


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Certes je ne suis plus bouddhiste mais j'attache tout de même de l'importance aux gestes chrétiens et je ne comprends pas bien ces mudras là 
si quelqu'un voulait bien me les expliquer :
  • les mains levées (1) je comprends, c'est clair ça veut dire, pour les personnalités politiques comme pour les stars du showbiz, quelque chose comme "Ouais c'est moi, bien content d'avoir ce succès et vos applaudissements, vous pouvez m'acclamer encore ! C'est bien moi le chef !" OK ! ça c'est clair... quoique...bon je comprends bien le sens, mais j'ai un peu de mal par rapport à la foi...il me semblait que dans le psaume  113 (du psautier de la Septante) on pouvait lire "Non pas à nous, Seigneur, non pas à nous, mais à ton nom donne la gloire"
  • mais la main levée à la verticale (2,3,4) j'ai plus de mal... cela signifie-t-il "Salut les copains !" ou bien "Coucou, c'est moi, je suis là"  ou encore "Moi ! Moi aussi j'en veux" ou bien "Je vote pour...ou contre..." ???
  • et la main levée perpendiculaire au sol (5,6) c'est quoi ? "Tenez-vous à carreau sinon vous aurez affaire çà moi" ou bien "Vous la voulez celle-là ?" 
On m'a dit que je n'y comprenais rien et que c'était pour bénir... Ah bon ? pas facile à comprendre... pour un peu je dirais qu'en certaines certaines circonstances ce geste pourrait (attention, je dis bien "pourrait") prêter à confusion  après tout ça pourrait ressembler à ça...


ou ça :


ce qui serait fâcheux et entretenir des confusions un peu embarrassantes...

Cela s'est toujours fait de cette manière ? Ah bon ? Pourtant quand je vois de vieilles images, mêmes des prélats romains ,ils ne font pas ça comme ça, il font plutôt ça : 
 ou ça  ou ça

j'ait tout de même réussi à trouver ça :




ce qui ressemble à ça :  que l'on fait chez les Vieux Croyants russes

et qui n'est pas si éloigné de ce que l'on pratique dans l'Orthodoxie


c'est à dire que l'on signifie à la fois que ce n'est pas le bénissant qui bénit mais plutôt qu'il bénit au nom du Seigneur qui est nommé à la fois :
  1.  par la division des doigts en deux groupes : un groupe de 3 pour signifier la Sainte Trinité et un groupe de 2 qui signifie la double nature du Christ
  2. par la position de chaque doigt qui imite les lettres ICXC (Jésus Christ)
Là pas d'ambigüité aucune
pas de confusion, c'est de la théologie en geste, pas une vague symbolique prêtant à toutes les confusions, 
celui reçoit une bénédiction sait d'où vient la bénédiction, quelle que soit la main par laquelle elle transite.

Lire le très intéressant article du Hiéromoine Nicolas Molinier sur le signe de croix ICI

dimanche 14 mars 2010

ST GRÉGOIRE DIALOGOS (LE GRAND) : LE PIÈGE DU PÉCHÉ



Il met le pied dans le filet, et marche dans ses mailles (Job 18, 8).

Comme celui qui met le pied dans un filet et ne s'en tire pas comme il veut, celui qui tombe dans le péché n'en sort pas immédiatement par le simple fait de le vouloir. Toute empêtrée dans les mailles du filet, sa marche est bloquée, et pour pouvoir reprendre sa marche, il est bien forcé de rester sur place, au moins pendant tout le temps où il s'efforce de se dépêtrer. II arrive souvent, en effet, que celui qui cède au charme de ce monde, y trouve les honneurs et la gloire; il obtient donc la concrétisation de ce à quoi il aspire, et du même coup il se félicite d'être parvenu à ce qu'il souhaitait.

Mais parce que les biens de ce monde ne sont pas possédés dans l'amour et que fréquemment le fait de les posséder en ravale le prix, l'homme découvre, en les obtenant, que ce qu'il convoitait n'avait pas grande valeur. Alors, ramené à lui-même, il se demande com¬ment, sans commettre de péché, abandonner ce qu'il sait désormais avoir acquis au prix d'un péché, Seulement le sentiment de sa dignité, où il s'est empêtré, le retient, et il ne se trouve pas en état de fuir, sans faute de sa part, une place que sa faute lui a procurée: il a mis les pieds dans le filet et marche dans ses mailles, et ce n'est vraiment qu'à l'instant où il se décide à en sortir, qu'il réalise la véritable résistance des liens qui l'entravent. Oui, il faut avoir envie de se libérer, envie, dirait le texte, de lever le pied, pour prendre conscience vraiment de ce qui nous ligote.
Quand le texte poursuit: Le filet enserre la plante de son pied, il s'agit encore de la même chose, mais avec une précision supplémentaire: à savoir qu'on est ligoté par le péché jusqu'à la fin. Ce que réaffirme la suite du verset: La soif le brûle de son feu. L'Ennemi du genre humain, après avoir ligoté la vie de chacun par le péché, aspire, anxieux, à le voir mourir. Et c'est exact: quand notre vieil Ennemi tient une vie prisonnière du péché, il a soif de se désaltérer de la mort du pécheur. Pourtant, ce verset peut s'accommoder d'une autre interprétation : l'âme pécheresse, voyant qu'elle en est venue au péché, cherche à s'extraire de ses mailles, mais au niveau de la pure intention et sans profondeur. Sous l'emprise du respect humain ou sous le coup de remontrances venues des hommes, elle préfère une mort éternelle que d'avoir à supporter momentanément un peu de contrariété. Dès lors, cet homme s'abandonne entièrement à ses vices, conscient malgré tout de n'y avoir cédé volontairement qu'une seule fois. C'est ainsi que le filet l'enserre jusqu'à la plante des pieds, celui dont la vie est jusqu'à son terme prisonnière de sa faute. Car dans la mesure où le pécheur a conscience d'être rivé à son mal, il désespère d'en sortir un jour; cette désespérance l'entraîne à s'adonner plus résolument encore aux attraits pernicieux de ce monde ; et finalement l'ardeur de ses convoitises gagne toute son âme ; enlacé par ses péchés antérieurs il cède progressivement à des fautes toujours plus graves. Voilà le sens du verset : La soif le brûle de son feu: elle l'attaque dans son esprit, car du fait qu'il a pris l'habitude de pratiquer le mal, elle le pousse à en gober goulûment toutes les perversités. Pour le grand pécheur, avoir soif c'est désirer tous les biens de ce monde ...

Le piège est caché sous terre, le piège dissimulé mine son chemin (Job 18, 10)

   Le piège dissimulé sous la terre c'est le péché dissimulé sous les agréments de ce monde. En posant ses pièges, l'Adversaire propose à l'homme ce qui l'attire parmi les valeurs humaines, et y dissimule le piège du péché: de la sorte, il happe son âme, en lui laissant bien voir ce qui vaut la peine d'être désiré, mais jamais dans quel traquenard il met le pied. Le mot même de traquenard éveille l'idée de capturer en dupant. Et le démon pose un piège de ce genre sur le chemin quand, au milieu des activités de ce monde, si attirantes pour l'âme, il place le piège du péché. Ce piège, bien sûr, ne la duperait pas facilement s'il était posé à découvert; mais il est posé de manière à laisser voir à celui qui passera par là, le seul appât et jamais le piège lui-même. Le profit qu'on espère retirer et la prospérité en ce monde sont à la faute et au péché, ce qu'est l'appât au piège, et on peut dire qu'un piège invisible happe l'âme de celui qui cède à un désir mauvais dont certains aspects sont pour lui attirants.

   L'appât accroché à la faute ce sera souvent les richesses, les honneurs, la santé ou la vie de ce monde: une âme faible les voit sans apercevoir le piège; elle cherche à les posséder, et s'enferre finalement dans le péché qu'elle n'y a pas décelé. Il existe certaines manières de vivre qui sont très proches de vices incontestables: par exemple des mœurs rudes s'accompagnent ordinairement de cruauté ou d'orgueil, tandis que des mœurs plus séduisantes, et même un peu plus séduisantes qu'il ne convient, s'accompagnent bien souvent de luxure et d'habitudes dissolues. Ces façons de vivre qui avoisinent le vice, l'Adversaire du genre humain les épie chez tous les hommes, et, connaissant ainsi ce qui épouse plus naturellement les penchants de leur âme, il le leur propose: dans le cas de mœurs douces et riantes, ce sera souvent la luxure, parfois la gloriole ; pour les âmes rudes, ce sera la colère, l'orgueil ou la cruauté. Bref, il pose son piège là où il repère que l'âme va passer, et il glisse le danger à l'endroit précis où il trouve le chemin familier à chaque tempérament.

in COMMENTAIRE MORAL DU LIVRE DE JOB (MORALIA)
Traduction de René Wasselynck (Ed. du Soleil Levant)



Evidemment comme on a pu le lire, non seulement les écrits de Pères comme Grégoire sont toujours d'actualité mais la connaissance de l'âme humaine de ces Saints Pères n'a rien à voir avec des préceptes moraux élaborés avec des concepts construits de toutes pièces et détachés de toute expérience, et pour finir enseignés magistralement en dehors de tout investissement personnel. C'est du fond de leur ascèse que les Saints Pères puisent leur savoir et l'enseignent ensuite, et leur enseignement nous est toujours aussi nécessaire car l'âme humaine ne progresse guère contrairement à ce que croit l'illusion contemporaine.

jeudi 4 mars 2010

LETTRE A UN AMI CATHOLIQUE ROMAIN : De l'Uniatisme à l'Orthodoxie de l'Archiprêtre Gregorio Cognetti



Voici un extrait d'un témoignage de conversion à l'Orthodoxie d'un Catholique de rite byzantin qu'il est bon de lire pour comprendre en quoi il est problématique de "se sentir orthodoxe" tout en restant dans l'Église romaine... Vous pouvez lire l'intégralité du témoignage en allant sur le site "Comment je suis devenu orthodoxe" ou en cliquant directement [ici]


[...] L'Orthodoxie est un mode de vie, pas un rite. La beauté du rite découle de la réalité intérieure de la foi orthodoxe, et non pas d'une recherche de formes. La Divine Liturgie n'est pas une façon plus pittoresque de dire la messe : elle s’origine dans une réalité théologique qu’elle renforce, mais qui devient néanmoins nulle et incohérente si elle est détachée de l'Orthodoxie. Quand l'esprit de l'Orthodoxie est présent, même l’office le plus misérable, fait dans une cabane, avec deux icônes de papier posée sur une paire de chaises en guise d’iconostase, avec un chœur composé d’une poignée de fidèles chantant faux, est incomparablement plus élevé que les offices dans mon ancienne paroisse uniate - au milieu de magnifiques mosaïques byzantines du 12ème siècle, avec un chœur compétent (quand il y en avait un). Le respect presque paranoïaque des formes rituelles, c'est la vaine tentative de compenser l'absence d'un véritable ethos (disposition psychique) orthodoxe. [...] 

(Version et adaptation en  français de Maxime Le minime)

dimanche 28 février 2010

L'hymne acathiste en arabe -Ἀκάθιστος - المدائح (extrait)



par P. Agapios Abu Saada's extrait du CD "Taqabali Taqdimatana Hatheh" - ou "Accept Our Offerings" Il est malheureusement impossible maintenant de trouver ce CD enregistré il y a quelques années..

samedi 27 février 2010

De l'église épiscopale à l'Orthodoxie en passant par le catholicisme romain - récit d'une conversion



Claude a donné l'exemple en nous offrant ces récits de conversion si passionnants, c'est vrai que c'est une bonne période pour parler de conversion, alors j'ai décidé de donner aussi ma part. Voici l'introduction de l'histoire de Jeanne que vous pourrez lire en entier en cliquant [ici]

"Ma famille appartenait à l'église épiscopale, quand j'étais enfant et nous y participions à l’office toutes les semaines. Quand j'avais 17 ans, j'ai participé à un week-end « Faith Alive » à laquelle j'ai accepté Jésus comme mon Sauveur, mettant ainsi fin à la phase chrétienne de ma vie du dimanche matin. « Foi vivante » est la version épiscopalienne d'un renouveau (beaucoup plus calme que d'autres renouveaux protestants!) Je suis allé à un collège catholique où j'ai, pour la première fois, pris connaissance du catholicisme romain. J'ai rencontré Thomas, quelques mois après mon diplôme. Il s’était récemment converti de l’épiscopalisme au catholicisme romain. ..."

dimanche 21 février 2010

"Le Dimanche de l’Orthodoxie sacre l’image" par Mahmoud Zibawi


Le couvent Notre-Dame de Balamand conserve une icône datée de 1722 qui, comme l’indique l’inscription grecque qui la couronne, célèbre la fête du Dimanche de l’Orthodoxie. Oeuvre de Hanania, troisième descendant d’une dynastie d’iconographes travaillant à Alep entre le XVIIe et le XIXe siècle, l’icône suit fidèlement un schéma iconographique fixe adopté par les iconographes dès le bas Moyen Age. L’image est divisée en deux registres. Sur la partie inférieure, un évêque, des moines et une moniale entourent l’icône du Christ. On reconnaît, au centre, Théodore le studite et Théophane du Grand Champ, défenseurs acharnés des images saintes au IXe siècle. Deux de ces saints confesseurs qui les accompagnent de part et d’autre portent des rouleaux marqués d’inscriptions grecques célébrant “la Vierge, Mère de Dieu et de tous les orthodoxes” et “l’icône non souillée “ du Christ. Au- dessus de cette assemblée, une impératrice, un prince, un évêque et un prélat entourent une grande icône de la Vierge à l’enfant que deux anges gardent pieusement. Sont identifiés, à gauche, l’impératrice Théodora et son fils, le jeune Michel III; à droite, Méthode, grand patriarche de Constantinople.

Le Dimanche de l'Orthodoxie


Le Dimanche de l'Orthodoxie 65 x 47.5 cm, oeuvre d'Hanania d'Alep, 
1922, Couvent grec orthodoxe Notre-Dame de Balamand, Kura, Liban


Au VIIIe siècle, on le sait, l’existence de l’Eglise fut dominée par le mouvement iconoclaste. L’image religieuse est au centre de la vie de l’Empire byzantin où elle suscite une querelle et une controverse théologique qui s’étendent sur plus d’un siècle. Au bout d’une longue épreuve de feu, l’icône occupera sa place d’honneur au Coeur de la confession de foi de l’Eglise. Restauré en 843, le culte des images incarne désormais le “Triomphe de l’Orthodoxie”. L’iconoclasme connut deux périodes déterminants. La première commence en 726, quand, déclenché par l’empereur Léon III, ce mouvement rencontre une résistance passionnée. Violente et sanglante, cette période prend fin en 787: sous le règne d’Irène l’Athénienne, le septième Concile Oecuménique restaure l’orthodoxie et rétablit le culte des images. Réunis à Nicée, 357 évêques établirent l’enseignement de l’Eglise concernant les icônes. L’art religieux acquiert sa définition dogmatique: les icônes du Christ, de la Vierge, des saints et des anges sont élevées au rang de la croix et des saintes écritures, “car dans la mesure où ils sont continuellement représentés et contemplés en image, ceux qui les contemplent s’élèvent vers la mémoire et le désir de leur prototype”. La deuxième période de la querelle des images s’étend de 813 à 842. Après la mort de l’empereur iconoclaste Théophile, l’impératrice Théodora restaure le culte des images en 843. L’épigramme du patriarche Méthode sur l’image du Christ reconstituée par l’impératrice commémore cette réhabilitation.

“En voyant ton image immaculée, ô Christ, et ta croix tracée en relief, je me prosterne et je vénère ta vraie chair. Etant le Verbe du père, ta nature est hors du temps mais tu as été vu dans le temps, mortel par ta mère. En décrivant ta chair qui a souffert, ô Verbe, je déclare ta nature divine indescriptible. Mais les disciples des dogmes de Mani avec leurs bavardages stupides et prétentieux qualifient d’apparence irréelle ton incarnation par laquelle tu t’es uni au genre humain, et ne pouvant supporter de te voir représenté, dans une rage de colère et d’insolence léonine, ils ont descendu ton image vénérable qui depuis les temps anciens était tracée ici. Mais la reine Théodora, gardienne de la foi, avec ses descendants habillés de pourpre, réfutant leur erreur illicite et imitant les rois pieux, se montrant plus pieuse que tous, l’a restaurée pieusement sur cette porte du palais, pour sa gloire, son éloge et sa réputation, pour le bien de l’Eglise entière, pour le bonheur du genre humain, pour la perte de nos mauvais ennemis et des barbares”.

L’icône peinte par Hanania illustre parfaitement cette épigramme. Bien plus, elle énonce magistralement la théologie de l’image. Deux icônes, on l’a dit, sont visible sur cette peinture de style post-byzantine. Sur le registre inférieur, Théodore le Studite et Théophane du Grand Champ soulèvent l’icône du Christ. Icône des icônes, Jésus scelle la Nouvelle Alliance et révèle la gloire divine, “gloire qu’iI tient de son Père comme Fils unique”. Sur le registre supérieur, les deux anges gardent l’icône de la Vierge à l’enfant. L’image désigne l’Incarnation, mystère qui fonde l’icône. Né de Père indescriptible, le Fils ne peut avoir d’image. Né de Marie, il a une image qui correspond à celle de sa mère. Cette image n’est pas simplement humaine, car elle reflète la dignité paradisiaque de l’homme. Le nouvel Adam vient rétablir la ressemblance divine que le premier Adam qui fut créé à l’image de Dieu a perdue dans sa chute. “ Le verbe non descriptible du Père s’est fait descriptible en s’incarnant de toi, Mère de Dieu”, dit la prière, “ayant établi dans sa dignité originelle l’image souillée, il l’unit à la beauté divine”.

Le Dimanche de l’Orthodoxie sacre l’image. L’interdiction de toute représentation formulée et répétée dans l’Ancien Testament est levée par le Christ, pour son corps pour les membres de son corps: sa mère et ses amis saints. Inséparable de son Fils, Marie est l’image suprême de cette nature déifiée qu’elle partage avec les saints.
par Mahmoud Zibawi in Esquisse numéro 11, 2004

BON CARÊME ! Recettes pour le jeûne (de Grèce)


Pour jeûner - Les recettes de Mary à Athènes

MEZES :
LEGUMES :
MOLLUSQUES :

samedi 20 février 2010

La théologie des énergies divines : Des origines à saint Jean Damascène de Jean-Claude Larchet

Quelle grâce pour l'Orthodoxie francophone d'avoir un tel auteur !

extrait de la présentation du livre sur le site Orthodoxie.com

"[...]Dans cet ouvrage de près cinq cents pages, l’auteur montre que la théologie des énergies divines est apparue dans le christianisme dès l’origine, discrètement d’abord, avant de faire l’objet d’un développement progressif, avec des points culminants d’une part dans l’œuvre de saint Grégoire de Nysse et d’autre part dans celle de saint Maxime le Confesseur où elle trouve une élaboration presque complète.[...]"

extrait de la présentation de l’éditeur:
"La distinction de l’essence et des énergies divines a fait l’objet d’une élaboration et d’une précision remarquables dans la théologie de saint Grégoire Palamas (XIVe siècle) et occupe une place considérable dans la théologie et la spiritualité de l’Église orthodoxe, tandis que la théologie de l’Église latine non seulement est restée étrangère à cette distinction mais s’est généralement montrée critique à son encontre, accusant Palamas d’innovation.
Les enjeux de cette distinction sont cependant d’une grande importance puisqu’ils concernent notamment les questions de la nature et des limites de la connaissance de Dieu, de la nature de la grâce (créée ou incréée), et des modalités de l’union de l’homme à Dieu et de sa déification. On peut donc dire que, bien que ce sujet n’y soit guère abordé, l’avenir du dialogue œcuménique en dépend aussi.
La question de la représentation chrétienne de la notion d’énergie(s) divine(s) est importante également par rapport à des représentations para-chrétiennes ou non chrétiennes de cette notion que l’on a pu observer dans certains courants philosophiques et religieux du bassin méditerranéen, du Moyen-Orient ou de l’Extrême Orient de l’Antiquité et du haut Moyen-Âge, et qui resurgissent de nos jours dans certains courants spiritualistes qui s’en inspirent.[...]"

jeudi 18 février 2010

"Pourquoi donc serions-nous effrayés du jeûne"... St Jean CHRYSOSTOME


Voyez-vous si j'avais raison de vous dire que nous n'avions point à craindre le jeûne, mais l'intempérance et la débauche ? Ce sont l'intempérance et la débauche qui ébranlèrent Ninive jusque dans ses fondements, et qui la mirent sur le penchant de sa chute. Grâce au jeûne, Daniel enfermé dans la fosse aux lions, resta sain et sauf au milieu de ces animaux comme il fût resté au milieu d'innocentes brebis. Bouillonnant de colère, la prunelle ensanglantée, ils n'osaient s'approcher de la table dressée devant eux; et, quoiqu'ils sentissent le double aiguillon de leur férocité native, plus terrible que la férocité des autres animaux, et de la faim qu'ils enduraient depuis sept jours, ils respectèrent cette proie, comme de toucher aux entrailles du prophète. Grâce au jeûne, les trois enfants qui avaient été jetés dans la fournaise de Babylone en sortirent le corps plus éclatant que les flammes dans lesquelles ils étaient longtemps restés. Mais si le feu de cette fournaise était un feu véritable, d'où vient qu'il ne produisit pas les effets du feu ? Si le corps de ces enfants était un corps réel, d'où vient qu'il n'éprouvait pas ce que les corps éprouvent en pareil cas ? Demandez-le au jeûne, et il vous répondra, et il vous résoudra cette énigme; car c'est vraiment une énigme que ce prodige d'un corps livré aux flammes et en sortant néanmoins victorieux. Voyez-vous cette lutte merveilleuse. Voyez-vous cette victoire plus merveilleuse encore ? Soyez donc remplis d'admiration pour le jeûne, et recevez-le à bras ouverts. Puisqu'il paralyse les ardeurs d'une fournaise, qu'il garantit de la cruauté des lions, qu'il chasse les démons, qu'il obtient la révocation des sentences divines, qu'il apaise la furie des passions, qu'il nous conduit à la liberté, qu'il ramène le calme dans nos pensées, ne ferions-nous pas un acte de la dernière folie, si nous redoutions et si nous repoussions une pratique à laquelle tant de biens sont attachés ? - Mais il brise et affaiblit notre corps, m'objectera-t-on. - Eh bien, plus l'homme extérieur s'affaiblira en nous, plus l'homme intérieur de jour en jour se renouvellera. Du reste, examinez sérieusement la chose, et vous trouverez que le jeune est un principe de santé. Si vous refusez d'ajouter foi à ma parole, consultez les médecins, et ils vous affirmeront cette vérité de la manière la plus formelle. Ils appellent l'abstinence la mère de la santé; ils regardent la goutte, les pesanteurs, les tumeurs, et une infinité d'autres maladies, comme la conséquence de la mollesse et de l'intempérance; véritable ruisseaux empoisonnés provenant d'une source empoisonnée, et qui nuisent également et à la santé du corps et à la vert de l'âme.


Pourquoi donc serions-nous effrayés du jeûne, s'il nous préserve de tant de maux ? Ce n'est pas sans motifs que j'insiste sur ce point. Je vois des hommes aussi rebutés et effrayés par l'approche du jeûne, que s'ils étaient sur le point de s'unir à une femme d'un caractère insupportable; je vois des hommes se perdre dans l'intempérance et dans l'ivresse; et c'est pour cela que je vous exhorte à ne pas sacrifier à de semblables excès les avantages de ce genre de pénitence. Lorsqu'on se dispose à prendre quelque potion amère pour dissiper la répugnance qu'inspire à l'estomac la nourriture, si l'on commence par manger abondamment, on aura toute l'amertume de la médecine sans en éprouver l'efficacité du remède. Aussi les médecins nous ordonnent-ils en pareil cas de nous coucher sans prendre quoi que ce soit, afin que la médecine puisse agir énergiquement sur les humeurs mauvaises. Il en est de même du jeûne : Si vous vous plongez aujourd'hui dans l'ivresse, et que demain vous preniez ce remède, il sera pour vous vain et inutile; vous aurez enduré la privation qu'il entraîne, et vous ne recueillerez pas les avantages dont il est la source : toute sa vertu échouera contre le mal que vous auront causé vos excès de la veille. Mais si vous avez soin de diminuer le poids du corps, et d'user de ce remède après vous y être préparé par la sobriété, il vous sera facile de vous purifier d'une grande partie de vos fautes passées. En conséquence, prenons bien garde, et de tomber du jeûne dans l'intempérance : celui qui veut user trop vite des forces de son corps malade et à peine convalescent, n'en fera qu'une chute plus prompte. Tel est le sort de notre âme, lorsqu'au commencement et à la fin du temps consacré au jeûne, nous obscurcissons des nuages de l'intempérance les réformes opérées par l'abstinence en nos âmes. De même que les individus qui doivent combattre les bêtes féroces, n'abordent le combat qu'après avoir couvert d'armes défensives les principales parties de leur corps, de même, bien des hommes aujourd'hui se préparent aux combats du jeûne par les excès de la table; ils se gorgent de viandes, ils s'environnent de ténèbres, et c'est avec de telles folies qu'ils accueillent l'arrivée de ce temps de calme et de paix. Quel que soit celui à qui je demanderai : "Pourquoi t'empresses-tu d'aller aux bains ?" il me répondra : "Pour purifier mon corps, et commencer ensuite le jeûne." Si je vous demande également : "Pourquoi vous enivrez-vous ?" vous me répondez de nouveau : "Parce que je dois commencer le jeûne." Mais n'est-il pas absurde d'accueillir ce saint temps à la fois et avec un corps pur et avec une âme abrutie et souillée ?"