Les lèvres mensongères font horreur à l'Éternel, tandis que ceux qui agissent avec fidélité lui sont agréables. Proverbes 12:22 «C'est ce qui sort de l'homme qui le rend impur. En effet, c'est de l’intérieur, c'est du cœur des hommes que sortent les mauvaises pensées, les adultères, l'immoralité sexuelle, les meurtres, les vols, la soif de posséder, les méchancetés, la fraude, la débauche, le regard envieux, la calomnie, l'orgueil, la folie. Toutes ces choses mauvaises sortent du dedans et rendent l'homme impur.» Marc 7:20-23 Un témoin fidèle ne ment pas, tandis qu’un faux témoin dit des mensonges. Proverbes 14:5 « Vous, vous avez pour père le diable et vous voulez accomplir les désirs de votre père. Il a été meurtrier dès le commencement et il ne s'est pas tenu dans la vérité parce qu'il n'y a pas de vérité en lui. Lorsqu'il profère le mensonge, il parle de son propre fond, car il est menteur et le père du mensonge. » Jean 8:44 Si les paroles distinguées ne conviennent pas à un fou, les paroles mensongères conviennent d’autant moins à un noble. Proverbes 17:7 « Écarte de ta bouche la fausseté, éloigne de tes lèvres les détours ! Proverbes 4:24 Craindre l'Éternel, c'est détester le mal. L'arrogance, l'orgueil, la voie du mal et la bouche perverse, voilà ce que je déteste. » Proverbes 8:13 « Pierre lui dit : «Ananias, pourquoi Satan a-t-il rempli ton cœur, au point que tu aies menti au Saint-Esprit et gardé une partie du prix du champ? […] Comment as-tu pu former dans ton cœur un projet pareil? Ce n'est pas à des hommes que tu as menti, mais à Dieu.»Actes 5:3-4Mais pour les lâches, les incrédules, les abominables, les meurtriers, les impudiques, les enchanteurs, les idolâtres, et tous les menteurs, leur part sera dans l'étang ardent de feu et de soufre, ce qui est la seconde mort.Apocalypse 21.8

mardi 4 septembre 2018

APPEL AUX CATHOLIQUES ROMAINS TRADITIONALISTES d'un prêtre catholique orthodoxe

SOURCE
Par le P. Victor E. Novak

Chaque année, l'Oxford Dictionary choisit un «Mot de l'année». L'année dernière, l'expression de l'Année était «post vérité». Avez-vous déjà entendu cette expression ? Pas moi. Pourtant, c'était le mot de l'Année. Selon les gens de l’Oxford Dictionary, son utilisation a augmenté de 2000% par rapport à l’année précédente.
Voici la définition que donne l'Oxford Dictionary de la post-vérité : «Rapporter ou dénoter des circonstances dans lesquelles les faits objectifs ont moins d’influence sur la formation de l’opinion publique que les appels à l’émotion et à la croyance personnelle».
Je n’ai peut-être jamais entendu parler de «post-vérité», mais j’ai certainement fait l’expérience de personnes qui, sciemment ou non, l’ont adopté dans les domaines de la politique et de la religion. Les faits objectifs semblent avoir de moins en moins de signification pour de plus en plus de gens, même des chrétiens déclarés, et les décisions sont de plus en plus souvent prises sur la base des «appels aux émotions et aux croyances personnelles» plutôt que des «faits objectifs».

Regardons le domaine de la religion un instant. Je suis souvent en discussion avec des catholiques romains conservateurs et traditionalistes. Malheureusement, ils sont dans un état constant d’agitation, de colère et de chagrin à l’égard de l’État de l’Église catholique romaine et j’ai beaucoup de sympathie pour eux.

Ils croient que le Christ Lui-même a construit «l’Église une, catholique et apostolique» (Credo de Nicée), lui a donné le dépôt de la foi pour lequel ils doivent lutter (Jude 3) et le conserver (I Tim. 6:20), et que les portes de l'enfer ne prévaudront jamais contre l'Unique, la Véritable Église du Christ (Matthieu 16:18), de sorte qu'ils ne peuvent pas comprendre pourquoi leur Église est dans un constant état de crise, d'agitation et de dégradation depuis si longtemps.

La crise dans l'église


L'église Saint-Nicolas-du-Chardonnet est l'une des églises catholiques les plus illustres de Paris, jadis catholique, mais désormais totalement laïque. Elle a une longue et vénérable histoire. Le père Denis Puga (FSSPX) est le nouveau curé de l'église Saint-Nicolas du Chardonnet. Dans le numéro de juin 2017 de son bulletin paroissial, il écrivait :

« Peu avant de subir sa terrible Passion Notre-Seigneur avertit solennellement ses disciples : « Voici que Satan vous a réclamés pour vous passer au crible comme le froment ». Cet avertissement nous concerne aussi alors que l’Église subit à la suite de son Maître un terrible crucifiement. Notre Église est abandonnée, notre Église est trahie, notre Église est occupée.
La prudence d’un combattant lui demande de ne jamais sous-estimer son adversaire. Saint Paul nous dit que nous n'avons pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre les princes des ténèbres. Notre adversaire ? C’est le Démon lui-même, le Prince de ce Monde comme Jésus aime à le dési- gner souvent avec tant de justesse. Nous ne pouvons nous sanctifier en faisant abstraction de l’état concret, actuel de la sainte Église catholique qui est l’arche de salut qui, seule, peut nous emmener sains et saufs au rivage de la vie éternelle.
Or cette Église, il nous faut le recon- naître, est dans un état catastrophique, celui d’« un navire prenant l’eau de toute part » selon l’expression d’un pape récent qui a pourtant lui-même bien contribué dans sa vie à y percer de multiples trous.
Notre Église, depuis plusieurs décennies, est comme possédée par un esprit étranger qui n’est pas l’Esprit de son Dieu. C’est l’esprit du Concile qui a pris possession de tout, qui s’est insinué partout. Cela ressemble vraiment à une possession diabolique. »

Le site web du Registre national catholique, «A Service of EWTN», contenait un article sur la crise dans l'Église catholique romaine daté du 21 juin 2017 intitulé 


Monseigneur Bux: "Nous sommes en pleine crise de la foi."  




Le théologien et ancien consultant de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi invite le Pape à faire une déclaration de Foi, en prévenant que, à moins que le Pape ne sauvegarde la Doctrine, il ne peut imposer de discipline. 
 "Pour résoudre la crise actuelle dans l'Église sur l'enseignement et l'autorité du Pape, le Pape doit faire une Déclaration de Foi, affirmer ce qui est Catholique et corriger ses propres paroles et actions « ambigües et erronées » qui ont été interprétés de manière non Catholique. Tel est l’avis de Monseigneur Nicola Bux, théologien respecté et ancien consulteur de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi lors du Pontificat de Benoît XVI. Dans l'entretien suivant avec le National Catholic Register, Msgr Bux explique que l'Église est en « pleine crise de la Foi » et que les tempêtes de division que l'Église connaît actuellement sont dus à l'apostasie — i.e. l'abandon de la pensée Catholique. Les commentaires de Mgr Bux viennent suite à des nouvelles selon lesquelles les Quatre Cardinaux des dubia, cherchant à clarifier le discours du Pape sur son Exhortation Amoris Laetitia, lui ont écrit le 25 avril pour lui demander une audience mais ils n'ont pas encore reçu de réponse. Les Cardinaux se sont déclarés préoccupés par la « grave situation » des Conférences Épiscopales et des Évêques individuels qui offrent des interprétations très différentes du document dont certaines, disent-ils, rompent avec l'enseignement de l'Église. Ils sont particulièrement préoccupés par la confusion profonde que cela a causée, en particulier pour les prêtres. « Pour beaucoup de Catholiques, il est incroyable que le Pape demande aux Évêques de dialoguer avec ceux qui pensent différemment (c’est-à-dire les Chrétiens non Catholiques], mais ne veut pas en premier lieu faire face aux Cardinaux qui sont ses principaux conseillers » a dit Mgr. Bux. « Si le Pape ne sauvegarde pas la Doctrine » ajoute-t-il, « il ne peut imposer de discipline ». Monseigneur Bux, quelles sont les implications de l'« anarchie doctrinale » que les gens voient arriver pour l'Église, les âmes des fidèles et les prêtres ? « La première implication de l'anarchie doctrinale pour l'Église est la division, causée par l'apostasie qui est l'abandon de la pensée Catholique telle que définie par Saint Vincent de Lérins : « Quod semper, quod ubique, quod ab omnibus creditur » (ce qui a été cru partout, toujours, et par tous). Saint-Irénée de Lyon, qui appelle Jésus-Christ le « Maître de l'Unité », a signalé aux hérétiques que tout le monde professe les mêmes choses, mais que tout le monde ne veut pas dire la même chose. C'est justement le rôle du Magistère fondé sur la Vérité du Christ : à savoir ramener tout le monde à l'unité Catholique ». « Saint Paul a exhorté les Chrétiens à s'entendre et à parler à l'unanimité. Que dirait-il aujourd'hui ? Lorsque les Cardinaux se taisent ou accusent leurs confrères ; quand des Évêques qui avaient pensé, parlé et écrit — scripta manent ! [ les écrits restent ! ] — de manière Catholique, mais disent le contraire pour quelque raison que ce soit ; lorsque des prêtres contestent la Tradition liturgique de l'Église, l'apostasie est établie, c’est-à-dire le détachement de la pensée Catholique. Paul VI avait prévu que « cette pensée non Catholique au sein du Catholicisme deviendra demain la force la plus forte. Mais cela ne représentera jamais la pensée de l'Église. Un petit troupeau doit rester, quelle que soit sa taille ». (Conversation avec J. Guitton, 9.IX.1977) ». Quelles sont donc les implications de l'anarchie doctrinale pour les âmes des fidèles et des ecclésiastiques? « L'Apôtre nous exhorte à être fidèles à la saine et pure Doctrine : celle fondée sur Jésus-Christ et non sur des opinions mondaines (Tite 1 : 7-11; 2 : 1-8). La persévérance dans l'enseignement et l'obéissance à la Doctrine conduit les âmes au salut éternel. L'Église ne peut pas changer la Foi et demander en même temps aux fidèles de rester fidèles. Elle est plutôt intimement obligée d'être orientée vers la Parole de Dieu et vers la Tradition. Par conséquent, l'Église se souvient du jugement du Seigneur : « Je suis venu dans ce monde pour qu'un jugement ait lieu : pour que les aveugles voient et que ceux qui voient deviennent aveugles ». (Jean 9:39). N'oubliez pas que, lorsque l'on est applaudi par le monde, cela signifie que l'on y appartient. En fait, le monde aime les siens et déteste ceux qui ne lui appartiennent pas (cf. Jean 15:19). Que l'Église Catholique se souvienne toujours qu'elle n'est constituée que de ceux qui se sont convertis au Christ sous la direction du Saint-Esprit ; tous les êtres humains sont ordonnés à l’Église (voir Lumen Gentium 13), mais ils ne font partie d'Elle que lorsqu'ils sont convertis ». Comment ce problème peut-il être résolu ? « Le point est celui-ci : quelle idée a le Pape du Ministère Pétrinien tel que décrit dans Lumen Gentium 18 et codifié dans le Droit Canon ? Face à la confusion et à l'apostasie, le Pape doit faire la distinction — comme l'a fait Benoît XVI — entre ce qu'il pense et dit en tant que personne privée, connaisseuse et ce qu'il doit dire en tant que Pape de l'Église Catholique. Pour être clair : le Pape peut exprimer ses idées en tant que personne privée connaisseuse sur des questions discutables qui ne sont pas définies par l'Église, mais il ne peut pas faire des affirmations hérétiques, même en privé. Sinon, ce serait également hérétique. Je crois que le Pape sait que tout croyant — qui connaît la regula fidei [ la règle de la Foi ] ou le Dogme, qui fournit à chacun le critère de savoir ce qu'est la Foi de l'Église, ce que tout le monde doit croire et qui doit l’écouter — peut voir s'il parle et opère de manière Catholique ou a été contre le Sensus Fidei de l'Église [ le sens de la Foi ]. Même un croyant peut le tenir responsable. Donc, quiconque pense que présenter des doutes [dubia] au Pape n'est pas un signe d'obéissance, n'a pas compris, 50 ans après Vatican II, la relation entre lui [le Pape] et toute l'Église. L'obéissance au Pape dépend uniquement du fait qu'il est lié à la Doctrine Catholique, à la Foi qu'il doit continuellement professer devant l'Église. Nous sommes en pleine crise de la Foi ! Par conséquent, pour arrêter les divisions en cours, le Pape — comme Paul VI en 1967, face aux théories erronées qui circulaient peu de temps après la conclusion du Concile — devrait faire une Déclaration ou une Profession de Foi, affirmant ce qui est Catholique et corriger ces paroles et ces actes ambigües et erronées — les siennes et ceux des Évêques — qui sont interprétées de manière non Catholique. Sinon, il serait grotesque que, tout en recherchant l'unité avec les Chrétiens non-Catholiques ou même à s’entendre avec les non-Chrétiens, l'apostasie et la division est encouragée au sein de l'Église Catholique. Pour beaucoup de Catholiques, c’est incroyable que le Pape demande aux Évêques de dialoguer avec ceux qui pensent différemment, mais ne veut pas d'abord faire face aux Cardinaux qui sont ses principaux conseillers. Si le Pape ne sauvegarde pas la Doctrine, il ne peut imposer de discipline. Comme le disait Jean-Paul II, le Pape doit toujours être converti pour pouvoir confirmer ses frères selon les paroles du Christ à Pierre : « Et tu autem conversus, confirma fratres tuos [quand tu sera converti, fortifie tes frères] »."

Tel est l’avis de Monseigneur Nicolas Bux, théologien respecté et ancien consultant de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi lors du Pontificat de Benoît XVI

Les commentaires de Mgr Bux viennent suite à des nouvelles selon lesquelles les Quatre Cardinaux des dubia, cherchant à clarifier le discours du Pape sur son Exhortatio Amoris Laetitia, lui ont écrit le 25 avril pour lui demander une audience mais ils n'ont pas encore reçu de réponse.
Les Cardinaux se sont déclarés préoccupés par la « grave situation » des Conférences Épiscopales et des Évêques individuels qui offrent des interprétations très différentes du document dont certaines, disent-ils, rompent avec l'enseignement de l'Église. Ils sont particulièrement préoccupés par la confusion profonde que cela a causé, en particulier pour les prêtres
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La faute à Vatican II ?



La plupart des catholiques romains traditionnels considèrent le Concile Vatican II comme la source de l'apostasie qui a envahi l'Église catholique romaine, beaucoup allant même jusqu'à décrire Vatican II comme «la Révolution française dans l'Église». Ceux qui ont étudié l'histoire de l'Église savent que les germes de la catastrophe qui sont apparus à Vatican II et ont produit un fruit si amer ont été semés bien plus tôt. Pour les mille premières années de l'histoire chrétienne, il n'y avait qu'une seule Église. Il y avait cinq centres régionaux ou patriarcats: Rome (en Europe occidentale), Constantinople (en Europe orientale / Asie Mineure), Alexandrie en Egypte, Antioche, en Syrie «où les disciples ont d'abord été appelés chrétiens» selon le livre des Actes, et Jérusalem (l'Eglise Mère) en Terre Sainte. 

Aux Conciles de Nicée en l'an 325 et de Constantinople en 381, cette Église indivise a écrit le Credo de Nicée, qui fut récité pendant longtemps, Dimanche après Dimanche, par les chrétiens catholiques. Une fois le Credo de Nicée établi, le troisième Concile œcuménique qui s’est réuni à Éphèse en 431 a interdit et anathématisé tout ajout au Credo de Nicée. L'Église entière, à l'est comme à l'ouest, avait la même foi et a récité le même credo pendant des siècles.

Puis, en 1014, Rome changea unilatéralement le Credo de Nicée en ajoutant la clause du Filioque («et du fils») en violation du troisième Conseil œcuménique et venant sous son anathème, et en contradiction avec l'enseignement pourtant clair du Nouveau Testament concernant la procession du Saint Esprit (Jean 15:26). Ce n'était pas un changement mineur. C'était énorme en ce sens que cela affectait la théologie trinitaire ! C'était un changement sismique dans la foi, avec des répercussions qui se font encore sentir aujourd'hui. Quiconque n'est pas conscient de la signification de ce changement dans la doctrine doit lire attentivement (en anglais) : Le filioquisme est un subordinationnisme arien appliqué à l'esprit. 

Le changement du symbole de Nicée a conduit au Grand Schisme et à la division en 1054. Comme  Mgr. Bux l'a déclaré: «La première implication de l’anarchie doctrinale pour l’Église est la division causée par l’apostasie, qui est l’abandon de la pensée catholique, telle que définie par saint Vincent de Lérins: quod semper, quod ubique, quod ab omnibus creditur (ce qui a été cru partout, toujours et par tous.) »

Le Patriarcat de Rome, qui avait changé le Credo de Nicée et abandonné la pensée catholique telle que définie par le canon de Saint Vincent de Lérins, provoqua un schisme, c'est à dire une grande division dans l'Église en se séparant des patriarcats de Constantinople, d'Alexandrie, d'Antioche et de Jérusalem, tous déterminés à conserver la foi catholique inchangée. Ceux qui ont maintenu le Credo de Nicée et la foi inchangés sont ceux qu'on appelle Orthodoxes. Le mot orthodoxe signifiant à la fois la doctrine correcte et l'adoration correcte.  

Le patriarcat romain, après s'être séparé des quatre autres patriarcats, est devenu connu sous le nom d'Église catholique romaine. Recherchez les documents anciens si vous le souhaitez. Vous ne trouverez nulle part le terme «catholique romaine» utilisé pour décrire l’Église avant le grand schisme.

Après le grand schisme, Rome continua tragiquement à changer la foi en violation du canon de saint Vincent de Lérins, qui décrit la foi catholique comme «quod semper, quod ubique, quod ab omnibus creditur (ce qui a été cru partout, toujours, et par tous), conduisant finalement à une explosion appelée la Réforme protestante (vraiment une révolution) en 1517, qui a fait éclater la chrétienté occidentale. 

Rome: le centre de l'unité? 



On apprend aux catholiques romains modernes que le Le pape est le chef visible de l'Église et que le ministère papal est absolument essentiel pour l'unité de l'Église. Mais cet enseignement est-il objectivement vrai ou est-il plutôt "post-vérité" ? S'appuie-t-il sur des «faits objectifs» ou sur des «appels à l'émotion et à la conviction personnelle»? 

Considérons-nous les faits objectifs de l'histoire? Pendant mille ans, il n'y avait qu'une seule Église, composée de cinq Patriarcats anciens, récitant le même Credo, croyant au même Dépôt de la Foi et gouverné de manière conciliaire. Puis, en 1014, le Patriarcat de Rome a changé le Credo de l’Eglise en ajoutant la clause du Filioque («et le Fils»), provoquant le Grand Schisme en 1054, Rome s’éloignant de l’unité doctrinale avec les quatre autres Patriarcats anciens devenant sujet à l'anathème du troisième Concile œcuménique. Plutôt que d'être le centre de l’unité, Rome fut la source de la division. 

Au XIVe et au début du XVe siècle, l’Église catholique romaine (désormais séparée) a connu ce que les historiens appellent le Grand Schisme occidental, et qui a divisé l’Europe occidentale en pays qui ont reconnu l’un ou l’autre de ceux qui revendiquait  le titre de pape. À une certaine époque, il y avait même trois papes rivaux. Personne ne pouvait savoir avec certitude qui était le vrai pape légitime. Plutôt que d'être le centre de l'unité, Rome a provoqué une augmentation de la division. 

Rome a continué de changer la Foi et l'Ordre de l'Église occidentale jusqu'à environ un siècle après la guérison du Grand Schisme occidental, en 1517 avec l'innovation des indulgences. La Réforme était vraiment une révolution, car l’Église catholique romaine fut divisée en un nombre toujours croissant de sectes protestantes jusqu’à ce qu’aujourd’hui on compte plus de 30 000 dénominations protestantes concurrentes et un nombre indéniable d’églises locales indépendantes, non confessionnelles et interconfessionnelles héritières de la Réforme protestante. Au lieu d'être un centre d’unité, Rome a été la cause de la plus grande division.

La Contre-Réforme continua  à changer encore davantage l’Église romaine, avec de nouveaux dogmes déclarés tels que l'Immaculée Conception en 1854 et l'infaillibilité papale en 1870. Comment de nouveaux dogmes pourraient-ils être légitimement ajoutés au dépôt de la foi donné une fois  pour toutes aux saints (Jude 3) plus de 1800 ans après la naissance de l'Église? Certains prétendent que ces dogmes ont toujours été détenus par l'Église et n'ont été officiellement «définis» qu'au XIXe siècle, mais ils étaient inconnus des chrétiens orientaux, n'ont jamais été reconnus par les Orthodoxes et n'ont pas été acceptés non plus comme dogmes en Occident au moment de la Réforme car ils auraient été ardemment débattus. 

Ce que la plupart des catholiques romains traditionnels ne savent pas, c'est que la notion d'Immaculée Conception qui commençait seulement à être évoquée dans certains milieux de l'Église romaine d'après le grand schisme fut fortement contrée par des penseurs tels que Bernard de Clairvaux et Thomas d'Aquin la considérant comme une innovation dangereuse. Malheureusement, de nombreux catholiques romains demandent aujourd'hui d'ajouter encore d' autres dogmes mariaux selon les quels par exemple la Madone est co-rédemptrice et médiatrice de toutes les grâces. Bien que la déclaration de nouveaux dogmes soit une violation du Canon de Saint Vincent de Lérins selon laquelle la foi catholique - faut-il le encore rappeler - est «quod semper, quod ubique, quod ab omnibus creditur (ce qui a été cru partout, toujours, et par tous)». 

En 1870, Rome ajoute encore un nouveau dogme: l'infaillibilité papale. Ce que la plupart des catholiques romains traditionnels ne connaissent pas, ce sont les manœuvres politiques et la pression énorme exercée par le pape Pie IX pour faire déclarer ce nouveau dogme. Les conciles œcuméniques doivent se réunir sans pression extérieure et leurs décisions doivent être prises à l'unanimité ou presque. Vatican I était tout sauf un Concile libre, et quand Pie IX a vu qu'il ne pouvait pas obtenir un vote quasi unanime, il a changé les règles et n'a exigé qu'une majorité. La nuit avant le vote, de nombreux évêques ont quitté Rome en sachant que les nouvelles règles entraîneraient une nouvelle innovation tragique. Quand le vote fut effectué, de nombreux évêques étaient déjà partis et la foudre frappa Saint-Pierre, où les évêques se réunissaient pendant le vote.

Beaucoup de catholiques romains refusèrent d'accepter le nouveau dogme de l'infaillibilité papale en disant qu'une nouvelle foi catholique avait été inventée au Concile du Vatican. Cela vous rappelle quelque chose ? On devrait en dire autant de Vatican II. Professant la foi «vieille-catholique», de nombreux catholiques romains se sont séparés de Rome et sont entrés dans l'Église orthodoxe ou ont formé des églises vieilles-catholiques en Europe et aux États-Unis. Encore une fois, plutôt que d'être un centre d’unité, Rome a été une cause de division. 

Moins d’un siècle après la fin du premier concile du Vatican, le concile Vatican II s’est réuni à Rome. Tous les changements apportés à la doctrine et à la pratique au cours des neuf derniers siècles ont facilité le «changement d’Église» à l’occasion du Concile Vatican II et après. Après tout cela, au lieu de garder le dépôt de la foi, Rome en est venue à enseigner l'idée d'un «développement de la doctrine» en s'efforçant de justifier ses divers changements dans "la foi une fois pour toutes livrée aux saints" (Jude 3). Le Concile Vatican II a complètement rompu avec la Tradition et a été appelé à juste titre «la Révolution française dans l'Église». Cette révolution a conduit un grand nombre de catholiques romains traditionnels à quitter l'Église post-conciliaire ou à se marginaliser.  Encore une fois, plutôt que d'être un centre d’unité, Rome a été une cause de division.

Aujourd'hui, chaque fois qu’un nouveau pape est élu, les médias mondiaux et les fidèles catholiques romains spéculent sur la manière dont le nouveau pape «changera l’Église». L'Église n'est pas censée changer. Au lieu de cela, on ordonne aux chrétiens de lutter avec ferveur pour la foi qui a été transmise aux saints (Jude 3).

Bien que le protestantisme soit divisé en d'innombrables sectes, Rome - nous l'avons vu - est la source même de la division plutôt que le centre de l'unité. D'ailleurs même l'Église romaine elle-même est divisée aujourd'hui entre modernistes libéraux, charismatiques, «modérés» timides, partisans du nouvel ordo, conservateurs de toutes les couleurs et traditionalistes qui ont adopté diverses positions aux franges de l'Église post-conciliaire ou, dans le cas des sedevacantistes, au-delà.

Quels sont les fruits de 1 000 ans de la séparation romaine de l'Église orthodoxe et d'innovations doctrinales après innovations ? Le Grand Schisme en 1054, la Révolution Protestante qui a brisé la chrétienté occidentale en 1517 et la Révolution Française dans l'église romaine à Vatican II. 

Que faire?



Quelle est la réponse pour les catholiques romains traditionnels qui aiment notre Seigneur et sa Sainte Mère? et qui sont engagés dans l'ancien dépôt de la foi ? Les Saintes Écritures indiquent la voie à suivre: si les fondations sont détruites, que peuvent faire les justes? (Psaume 11: 3).

Ainsi dit le Seigneur : Placez-vous sur les chemins, regardez, Et demandez quels sont les anciens sentiers, Quelle est la bonne voie; marchez-y, Et vous trouverez le repos de vos âmes! (Jérémie 6: 16). 



La réponse n'est pas d'essayer de ramener l'horloge juste avant Vatican II, comme le prétendent souvent les traditionalistes catholiques romains de toutes les variétés. Comme nous l'avons vu, les problèmes ne sont pas nés à Vatican II. Ils sont beaucoup plus vieux que cela. 

Encore une fois, l'église «indivise» du premier millénaire avait cinq grands patriarcats ou branches. Lorsque le Patriarcat romain a changé le Credo de Nicée et provoqué le Grand Schisme en 1054, la branche romaine a été séparée des quatre autres. Une grande branche séparée d'un arbre semble toujours verte et vivante. Plus elle est grosse, plus longtemps elle met à se dessécher et mourir. Ainsi, la branche romaine semblait toujours forte et vigoureuse lorsqu'elle a été arrachée de la vigne, mais comme nous l'avons vu dans notre étude de l'histoire de l'Église, elle s'est lentement dégradée jusqu'à ce que la pourriture apparaisse après Vatican II. Tout ce qu'on appelait depuis longtemps la chrétienté en Europe occidentale et dans les Amériques est devenu post-chrétien.

Ce que les catholiques romains traditionnels doivent faire, c'est retrouver les anciens chemins et remonter au onzième siècle pour réparer la brèche. Tout le monde s'accorde à dire que l'Église orthodoxe détient toujours la foi de l'Église «indivise». L'Église orthodoxe maintient aujourd'hui ce que les cinq patriarcats ont maintenu pendant le premier millénaire de l'histoire chrétienne, pendant qu'il n'y avait qu'une seule Église. Ceci est un fait incontestable de l’histoire qu’aucune question sérieuse d’historien ou de théologien ne remet en question. L'Église orthodoxe a incontestablement gardé le dépôt de la foi. L’Église orthodoxe est la plus ancienne Église du monde, l’Église originelle et elle reste inchangée et immuable. 

L’Église orthodoxe n’a jamais rien ajouté ou soustrait à la «foi jadis transmise aux saints» (Jude 3) et n’a jamais souffert de Réforme, Contre-Réforme ou Révolution, comme on l'a vu au Concile Vatican II et après. Il n'y a pas de problèmes avec le modernisme libéral dans l'Église orthodoxe, pas de rumeurs sur les enseignements moraux, pas de mouvements pour les femmes prêtres, d'innovation liturgique ou de définition de nouveaux dogmes. En dépit de l'absence de «tête terrestre» et du maintien de la structure ecclésiastique chrétienne décentralisée primitive, l'Église orthodoxe reste entièrement unie et n'a pas subi de schisme grave depuis 1054. L'Église "orthodoxe catholique" est aujourd'hui ce qu'elle était il y a 1000 ans, il y a 1500 ans. Il y a des années.

Historiquement, Rome a prétendu que l'Église orthodoxe est dans le «schisme». Examinons cette affirmation un instant. 


Le Patriarcat romain a modifié unilatéralement le Credo de Nicée et donc la Foi de l’Église en 1014. Les quatre autres Patriarcats anciens ont conservé le Credo que l’Église avait toujours professé et ont refusé de changer la Foi. Rome s'est alors retrouvée sous l'anathème du troisième concile œcuménique et séparée des quatre autres patriarcats. C'est Rome qui a choisi de changer de foi et est tombée sous l'anathème d'un grand Concile œcuménique, et non les Patriarcats de l'Est. C'est Rome qui est tombée dans le schisme et l'hérésie. Les Patriarcats de l'Est ont maintenu la foi orthodoxe catholique inchangée et continuent de le faire aujourd'hui. 


Au XXe siècle, l'Église orthodoxe a connu la pire persécution de l'histoire chrétienne. Plus de martyrs sont morts pour le Christ en 70 ans sous le communisme soviétique en Russie et en Europe de l’Est que lors des trois premiers siècles de persécution sous la Rome païenne. Pourtant, aujourd'hui, le communisme a pris le chemin des dinosaures et l'Église orthodoxe en Russie et dans toute l'Europe de l'Est connaît un renouveau et une résurgence absolument sans précédent dans l'histoire chrétienne. Tragiquement, cela aussi est quelque chose que la plupart des Catholiques romains connaissent peu ou pas du tout. Ils prient toujours pour la conversion de la Russie alors qu’ils devraient prier pour la conversion de l’Italie et de l’Ouest. La Russie a toujours été consacrée à la Bienheureuse Vierge Marie et a été historiquement appelée le Jardin de la Mère de Dieu !


La persécution actuelle des chrétiens orthodoxes au Moyen-Orient n'a pas ébranlé leur foi ni affaibli leur détermination, et Dieu l'utilisera sans aucun doute pour le meilleur et apportera une résurgence chrétienne orthodoxe dans le Moyen-Orient musulman dominé car le sang des martyrs est la semence de l'Église. Les portes de l'enfer n'ont en effet pas prévalu contre l'Église orthodoxe, comme le Christ l'avait promis. 


Ce renouveau et cette résurgence orthodoxes sans précédent se sont répandus dans le monde entier. En Amérique, l’Église orthodoxe est l’une des rares organisations chrétiennes qui se développent et la croissance ne se fait pas par l’immigration. Le pourcentage de chrétiens orthodoxes nés à l'étranger ne dépasse pas le pourcentage de la population en général. Aujourd'hui, 23% des chrétiens orthodoxes aux États-Unis - environ un sur quatre - sont des convertis, tout comme 30% du clergé et 43% des séminaristes. Les chiffres sont stupéfiants! L’Église orthodoxe connaît un nouveau printemps, une nouvelle Pentecôte et travaille dur pour ré-évangéliser l’Occident post-chrétien.

La restauration de l’église occidentale



 Église orthodoxe de rite occidental de la Sainte Incarnation à Detroit

Une partie importante de la restauration du rite occidental dans l’Église orthodoxe et de la reconstruction de l’Église occidentale sont au centre de ce renouveau et de cette résurgence. Il y a maintenant des congrégations orthodoxes de rite occidental et des communautés monastiques en Amérique du Nord, à Porto Rico, en Grande-Bretagne et dans le Commonwealth britannique, et sur le continent européen, et leur nombre augmente et leurs communautés se propagent. Les communautés de rite occidental existent désormais dans les patriarcats de Moscou, d'Antioche, de Roumanie et de Serbie, les communautés de rite occidental de l'Église orthodoxe russe hors de Russie (ROCOR) étant les plus importantes et les plus dynamiques. 

Les lecteurs peuvent trouver plus d’information sur le site web des communautés Rite occidentales et de la page Facebook de la paroisse orthodoxe de rite occidental de la Sainte Croix d'Omaha, au Nebraska, dont l'auteur de texte est pasteur.

Aujourd'hui, les catholiques romains traditionnels qui entrent dans l'Église orthodoxe peuvent pratiquer comme ils l'ont toujours fait en pleine communion sacramentelle et en unité visible avec les 300 millions de membres de l'Église catholique orthodoxe. Plutôt que de regarder les années 50 ou le Concile de Trente (qui n’est même pas aussi vieux que la Réforme protestante!), Ils peuvent embrasser pleinement la foi et l’ordre de l’Église «indivise», la foi des pères de l’Église, la Sept conciles œcuméniques et le Canon de saint Vincent de Lérins. 
De nombreux catholiques romains sont déjà rentrés dans l’Église orthodoxe et de plus en plus de fidèles s'y sentent chez eux chaque jour. Malheureusement, sans le savoir, beaucoup ont adopté la notion moderne de post-vérité. Plutôt que de traiter des faits objectifs, beaucoup de gens font appel aux émotions et se retirent, comme les protestants, dans le domaine de la croyance personnelle. 

Je suis un prêtre converti, et ma paroisse et moi venons de célébrer notre cinquième Pâques dans l'Église orthodoxe. On ne pourrait pas être plus heureux. Au fil des ans, j'ai connu et travaillé avec des catholiques romains devenus catholiques orthodoxes de l'aile Mère-Angélique de l'Église catholique romaine, ainsi que des paroisses de la Fraternité Saint-Pierre, de la Société du Christ-Roi Souverain, de La société Saint Pie X et du sédévacantiste CMRI.`

Le pape Jean-Paul II a déclaré: «Si, au début du troisième millénaire, nous devons surmonter les divisions du deuxième millénaire, nous devons revenir au consensus du premier millénaire.» Il avait raison bien sûr et la foi et l'Ordre du "catholicisme orthodoxe" est le consensus du premier millénaire - celui de l'Église «indivise». 




Depuis un millénaire, depuis que le Grand Schisme a été créé en 1054, Rome a été la cause de la division en Occident, conduisant à la scission de la chrétienté occidentale et finalement à la sécularisation de l'Occident. Mais l'Église orthodoxe  est à même de rétablir dans l'unité des chrétiens occidentaux dans le consensus du premier millénaire, re-évangéliser l’Occident post-chrétien et reconstruire l’Église de l’Ouest. Le clergé catholique, les laïcs, les congrégations, les communautés des religieux et religieuses sont accueillis avec amour et à bras ouverts. Venez et rejoignez-nous dans le travail de reconstruction de l'Église occidentale et de ré-évangélisation de l'Ouest post-chrétien. Au lieu d'être fâchés et frustrés par ce que vous voyez dans l'Église romaine, vous serez en paix spirituellement, exaltés par ce que Dieu fait autour de vous, en vous et par vous et remplis d'un grand espoir pour l'avenir.
"Ainsi dit le Seigneur : Placez-vous sur les chemins, regardez, Et demandez quels sont les anciens sentiers, Quelle est la bonne voie; marchez-y, Et vous trouverez le repos de vos âmes! "(Jérémie 6: 16). 

"Les tiens rebâtiront sur d'anciennes ruines, Tu relèveras des fondements antiques; On t'appellera réparateur des brèches, Celui qui restaure les chemins, qui rend le pays habitable." (Isaïe 58:12). 
Nous aimons être orthodoxes. Vous l'aimerez aussi. Tout le monde est le bienvenu. Venez et voyez!

version française par Maxime le minime
de lart. du Blog de Novak Victor  7 / 14 / 2017

Note : L'auteur utilise le mot «catholique» dans le sens de «universel». 

lundi 3 septembre 2018

Diversité… des maladies contagieuses

Les incommensurables et indiscutables bienfaits de la générosité immigrationniste… on ne saurait en douter. 


On a mis des siècles à installer l'hygiène dans nos pays, à se débarrasser de maladies contagieuses comme la gale, la tuberculose, la syphilis, la peste et… le choléra et les voilà à nouveau ! Savez-vous d'où elles proviennent ?
De même on a mis des siècles à officialiser par des lois l'égalité des femmes et des hommes etc. Et voilà une recrudescence des agressions sexuelles ? Est-ce que vous savez par qui et pourquoi ?



Pour quelle sorte de billes nous prend-on en nous vantant l'enrichissement de notre civilisation par des apports extérieurs divers ? 

CIRCULAIRE TRANSMISE OFFICIELLEMENT AUX ÉTABLISSEMENTS SCOLAIRES !


Choléra
Information aux Établissements scolaires
Une épidémie de choléra sévit actuellement en Algérie dans les localités suivantes : Bouira, Blida, Tipaza, Alger, Médéa et Ain Defla.
Vous avez pu être en contact avec des germes de cette maladie.
Le choléra se transmet par voie orale par l’eau ou par les aliments contaminés et par l’intermédiaire des déjections humaines.
Il se manifeste généralement par une infection intestinale aiguë. Dans sa forme classique, les symptômes sont : après une incubation de quelques heures à 5 jours, des douleurs et des
crampes abdominales, une diarrhée abondante associée à des vomissements pouvant entraîner une déshydratation sévère. Des formes avec troubles digestifs modérés peuvent aussi être observées.
RECOMMANDATIONS
Vous devez appliquer les règles d’hygiène permettant de prévenir la contamination de l’entourage car vous ou votre entourage peut être porteur du germe sans avoir de symptômes :
 Se laver les mains très régulièrement à l’eau et au savon (ou à défaut avec une solution hydro-alcoolique sur des mains non souillées), en particulier avant et après chaque contact avec l’enfant, avant les repas et avant toute manipulation d'aliments ainsi qu’après passage aux toilettes (ou changement de couches – qui doivent être jetées dans un sac hermétiquement fermé).
En cas d’apparition des symptômes suivants :
Diarrhée abondante, vomissements
  • Isoler l’(les) enfant(s)n présentant des troubles digestifs
  • Prévenir les parents
  • Appeler un médecin ou le Centre 15
     Pour les selles et vomissements contaminants : recouvrir par de l'eau de javel dans la cuvette des WC avant élimination.
     Pour les couches : les mettre dans un sac poubelle hermétiquement fermé puis dans un deuxième avant de les jeter dans la poubelle.
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vendredi 31 août 2018

☦️ L'irréductibilité de l'Orthodoxie avec le christianisme occidental

SUR LE BLOG de CLAUDE



Extrait de L'INTERVIEW DE PÈRE GABRIEL BUNGE

[…] Au cours des siècles, une mentalité liturgique et spirituelle totalement différente s'est développée en Occident. Cela a eu des conséquences inévitables : Déjà au Moyen Âge, les iconostases disparaissaient peu à peu, les églises étaient construites sans égard pour l'orientation, le canon iconographique n'était pas suivi, et il n'y avait pas de vieux chants liturgiques. Ces faits sont bien connus des spécialistes de l'histoire de la liturgie et de l'art religieux.
La réforme liturgique initiée par le Concile Vatican II a intentionnellement placé un homme au centre. En conséquence, les offices catholiques ont commencé à ressembler de moins en moins à la Divine Liturgie orthodoxe et sont devenus de plus en plus semblables aux services des communautés protestantes. Ainsi, la sécularisation en Occident a conduit au développement d'une mentalité liturgique et spirituelle très différente de la mentalité orthodoxe, qui était essentiellement identique à la mentalité de l'époque des saints Pères.[…]


  1. Interview de Père Gabriel ( Bunge): L'ORTHODOXIE A-T-ELLE BESOIN D'ORDRES MONASTIQUES ? (1)
  2. Interview de Père Gabriel ( Bunge): L'ORTHODOXIE A-T-ELLE BESOIN D'ORDRES MONASTIQUES ? (2)
  3. Interview de Père Gabriel ( Bunge): L'ORTHODOXIE A-T-ELLE BESOIN D'ORDRES MONASTIQUES ? (3)
  4. Interview de Père Gabriel ( Bunge): L'ORTHODOXIE A-T-ELLE BESOIN D'ORDRES MONASTIQUES ? (4)
  5. Interview de Père Gabriel ( Bunge): L'ORTHODOXIE A-T-ELLE BESOIN D'ORDRES MONASTIQUES ? (5)
  6. Interview de Père Gabriel ( Bunge): L'ORTHODOXIE A-T-ELLE BESOIN D'ORDRES MONASTIQUES ? (6)


jeudi 30 août 2018

Père confesseur ou Père spirituel ?

L'Ancien Nikon (Lazarou) du Nouveau Skite sur la Sainte Montagne, a visité le monastère de la Toute Sainte à Lammi (Finlande) en septembre 2016. Il a répondu aux questions après sa conférence sur "Qu'est-ce que la vie monastique ?". La plupart des gens étaient intéressés par les différences entre un Ancien (Starets en Russe) et un père confesseur, comme le révèle déjà la première question ...

Question / Commentaire: Je pense que lorsque l’on vit dans le monde (et la plupart d’entre nous vivent dans le monde), la participation aux activités de la communauté, la participation aux mystères sacrés, est la chose la plus importante. En cette occasion, on a beaucoup parlé des Anciens. Je pense que l'Ancien est mon père confesseur. Si je me trouve un bon père confesseur, alors je peux toujours me tourner vers lui et lui demander conseil – je peux rester en contact avec lui. Nous avons rarement quelqu'un d'autre à part le père confesseur et son rôle en cela est important. Si nous avons un bon père confesseur, nous pouvons toujours, après le repentir, recevoir la Sainte Communion…

Quelle est donc la relation entre un ancien et un père confesseur?

Père Nikon:
— Ils n'ont rien en commun. C'est une chose d'être un père confesseur et une autre d'être un Ancien. Par conséquent, le père confesseur pourrait aussi avoir son propre Ancien. Un prêtre est une personne qui accomplit les mystères de l'Église et qui a le pouvoir d'absoudre les péchés du peuple dans le mystère de la confession. Et nous sommes sauvés parce que nous recevons l'absolution de nos péchés sous l'épitrachelion de notre père confesseur et prenons part à la grâce divine par ce sacrement. Notre père confesseur ne nous sauve pas en tant que personne mais plutôt selon une "fonction" donnée à l'Église.
Un croyant ordinaire pourrait en savoir plus sur les choses qu'un père confesseur. Il aurait pu avoir fait plus d’études qu'un père confesseur. Cela ne signifie cependant pas qu'il pourrait – grâce à ses plus grandes connaissances – se permettre de prendre ses distances avec la vie de l'Église que met en œuvre ce prêtre. Même si nous avons avions été baptisés par un prêtre qui aurait eu très peu de connaissances sur la tradition de l'Église, nous serions tout de même baptisés. Et de même, si un tel prêtre avait célébré le mystère du mariage, nous n’en serions pas moins mariés. Et encore, pareillement, s'il reçoit de nous notre confession, nous recevrons l'absolution de nos péchés.

Un Ancien est quelque chose de totalement différent. Ne confondons pas les choses les unes avec les autres. Demain, je parlerai de la manière dont un homme peut être sauvé dans le monde en suivant certaines pratiques tirées de la vie monastique. Nous luttons tous contre le même ennemi – en premier lieu, nous luttons contre notre propre égoïsme et ensuite contre le diable.

Il faut utiliser certains types de stratégies pour lutter contre les ennemis venant de la montagne et d'autres types de stratégies quand ils s'approchent en venant de la mer. Et encore d’autres stratégies quand ils s'approchent sur terre. Il est inutile d’essayer de harponner ceux qui viennent des montagnes. Et de même, il est inutile d'essayer d'utiliser un fusil contre ces ennemis qui s'approchent en venant de sous l'eau. Comment pouvons-nous, vivant dans le monde, lutter contre nos ennemis - voilà notre sujet demain.

Question : Comment savoir si je suis humble ?

Père Nikon
— Quand on se confesse souvent ... quand on aborde le sacrement de la confession et que l'on pense avoir des vertus que l’on n’a pas, alors Dieu éclairera le père confesseur. Le Christ ne permet pas à une personne humble de périr. Dieu le redressera.

Nous faisons ce que nous pouvons et Dieu fait ce que nous ne pouvons pas faire. Nous savons que le diable peut se dissimuler sous différentes formes. S’il arrive qu’un ascète n'a pas été sauvé alors qu'il possédait toutes ces vertus, alors nous ne pouvons pas être certains de nos propres vertus. Est-ce que j'ai vraiment cette vertu que je pense avoir ? Et si je l'ai, est-elle pure ou entachée de fierté ? Comment puis-je éviter les pièges du diable - il en connait beaucoup plus que moi ?

Ne vous inquiétez pas de ces choses. La grâce de Dieu nous sauvera. Elle couvre chaque humble lutteur. Nous ne sommes pas sauvés à cause de nos vertus, mais parce que le Christ nous aime.

Question : Dans le monastère, tout le monde a un Ancien et on peut lui montrer son obéissance. Mais dans le monde, il y a beaucoup d'opinions et de pensées ... et si l'on est, par exemple, obéissant envers ses parents, on peut ne pas être obéissant envers un enseignant ou sur son lieu de travail. Même à l'intérieur de l'Église, il existe différents types d'opinions. Il est inévitable que si l’on suit une opinion, elle en rencontrera une autre contraire. 

 — Comment pouvons-nous savoir envers qui nous devons faire preuve d’obéissance ?

Père Nikon
— Chacun devrait faire preuve d'obéissance envers son propre père spirituel. Parce que nous ne savons pas s'il a raison en matière de théologie… nous sommes sauvés parce que nous allons humblement à la confession. La grâce divine qui nous parvient à travers le Mystère de la Confession nous sauvera.
Les vues théologiques du père confesseur ne nous sauvent pas. Si nous avons cependant une certaine compréhension théologique et que nous pouvons voir et être convaincus que notre père confesseur est sur la mauvaise voie, qu'il est sur une pente glissante, alors nous pouvons aller voir un autre père confesseur. C'est le mystère de la confession qui nous sauve. Un père confesseur n'est pas un Ancien. On peut - dans certaines circonstances - changer de père confesseur, mais on ne peut pas changer d’Ancien.

Quand une personne est ordonnée comme moine, il s'agenouille devant un prêtre, un autel et les portes royales, et fait avec crainte des vœux d'obéissance, en tout, envers son aîné. Ce sont des promesses que personne vivant dans le monde ne fait à son père confesseur. Un père confesseur et un Ancien sont deux choses différentes. Nous ne devons pas transposer dans le monde, de manière erronée, les choses de la montagne sainte. Vous pouvez quitter votre père confesseur et aller vers un autre. Vous n'êtes pas lié à votre père confesseur par les liens d’un quelconque mystère.

Comme je l’ai dit plus haut, les pères confesseurs peuvent avoir leurs propres Anciens. Par exemple, le père Ephraïm d'Arizona était un père confesseur pour beaucoup de gens, mais en même temps Joseph l’Hésychaste était son aîné. Et l’higoumène du saint monastère de Vatopaidi, Ephraim, avait pour aîné un autre Joseph, qui était le disciple de Joseph l’Hésychaste. Ni l'un ni l'autre des Joseph, qui étaient les Anciens de ces hiéromoines, n'étaient des prêtres, ils n'étaient que des moines.

Question : Comment quelqu'un qui vit dans le monde peut-il trouver un Ancien ? Le père confesseur et l' Ancien peuvent-ils être une seule et même personne?

Père Nikon 
— On ne peut pas trouver un Ancien en vivant dans le monde. Dans le monde, il faut obéir au père confesseur. Dans le monde, nous devons vivre en lien avec les sacrements de l'Église et le Christ est l'Ancien qui, à travers les mystères de l'Église, agit dans nos vies. Si nous voulons en savoir davantage que notre père confesseur peut nous donner des réponses, alors nous pouvons recourir aux livres. Il y a beaucoup de livres de nos jours. Même Internet peut être utilisé pour trouver des réponses. Et de cette manière, nous pouvons combler ce vide.

Un homme peut atteindre un niveau spirituel élevé, même s'il n'a pas de grands chefs spirituels - comme les pères Porphyrios et Païssios. Qui, en fait, étaient leurs aînés spirituels ? Nous ne le savons pas à coup sûr. Nous n’avons aucune excuse à notre âge pour ne pas connaître les choses. Il y a tellement de façons de découvrir la volonté de Dieu.

Nous serons sauvés par ces exploits spirituels que nous faisons à la lumière de l'humilité. Nous ne serons pas sauvés par la connaissance de notre père spirituel ni par sa bonté. Si je ne me bats pas, je ne peux pas être sauvé, même si mon père spirituel est un saint. Pouvons-nous trouver un père confesseur plus saint que le Christ Lui-même ? Et pourtant l'un de ses disciples est allé se pendre.

Nous n'avons aucune excuse valable en prétextant que notre père confesseur n’est pas instruit ou qu'il n'est pas saint. Aussi illuminé soit-il, si nous ne luttons pas nous-mêmes, nous ne pouvons pas être sauvés. La sainteté n'est pas quelque chose que l'on peut attraper. Lorsque nous nous approchons d'une personne sainte, la sainteté ne se transforme pas en nous.

À notre époque, vous êtes les "enfants préférés de Dieu". Lorsque moi, père Nikon, j'étais jeune et que j'avais des questions spirituelles, la seule chose que les pères spirituels me demandaient était si je rendais visite à des filles. C'était comme si la vertu ne concernait que le bas-ventre. Et j'avais des questions sur le Christ et sur la Toute Sainte - différentes questions – et je cherchais des réponses. Cependant, on ne m'a interrogé que sur mes relations avec les filles. Tels étaient les pères confesseurs de cette époque. Je voulais connaître les choses spirituelles et je les ai apprises des films d'Ingmar Bergman. Ensuite, nous n'avions pas de télévision ... Nous n'avions rien ... Maintenant, nous avons des CD, Internet, des stations de radio ecclésiastiques – comme vous l'appelez. Vous êtes nourri sur chaque canal. Il n'y a pas d'excuse. La prochaine fois que moi, Père Nikon, viendrai vous rendre visite, j'attends que vous accomplissiez des miracles ...

Commentaire: Nous devons avoir de la volonté pour de bon et montrer cela en pratique.

Père Nikon
— Il en est ainsi. La simple tentative de faire le bien ne suffit pas. Nous devons aller dans la bonne direction. En pratique, nous pouvons le faire en allant nous confesser.
Allez à l'église. Mariez-vous là-bas. Prenez part à la Sainte Communion. Essayez de dire tout le temps : "Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi." Il ne suffit pas que nous voulions, nous devons aussi montrer dans la pratique ce désir. La vie spirituelle est si simple.
(version française par Maxime le minime de la source)

mercredi 29 août 2018

La belle œuvre des moines du monastère de l'Ascension en Ukraine


Ce que l'Église peut accomplir


Les producteurs de cet excellent documentaire veulent que cette histoire soit racontée au plus grand nombre de chrétiens possible; l'aide aux orphelins est absolument nécessaire et, comme le montre ce beau film, le soin et l'amour du Christ pour ces "anges" sont extraordinaires - du ciel.
Veuillez contacter le monastère de la Sainte Ascension dans le sud-est de l'Ukraine (à droite sur la frontière de la Roumanie) pour aider et encourager ces chers frères et soeurs en Christ!

~~~ ~ † ~ ~~~

Il s'agit d'un documentaire russe sur le monastère de la Sainte Ascension en Ukraine, qui a également joué le rôle d'orphelinat / hospice pour enfants.

Le personnage principal du film est le père Michael, père de 29 enfants adoptés et de trois de ses propres enfants biologiques.
Il a reçu le titre de "héros de l'Ukraine".

Où sont nos hôpitaux, nos soupes populaires, nos écoles? En effet, où sont-ils?
Voici une vidéo de ce que réalise un monastère en Ukraine. S'ils peuvent faire de grandes choses, pourquoi pas nous?

Le Starets Mihail a fondé le monastère en 1994 avec quatre frères. Maintenant, le monastère compte 90 moines et ils élèvent 220 enfants orphelins.
Fr. Mihail était orphelin lui-même ... Le monastère se trouve en  Ukraine, à 7 km de la frontière nord de la Roumanie. Ils servent en ukrainien et en roumain parce que "nous sommes (tous) orthodoxes".

~~~ ~ † ~ ~~~
Le Fonds d'assistance aide les orphelins en Ukraine
Un résident du New Jersey, qui souhaitait rester anonyme, a offert un don de 50 000 dollars à un projet digne de ce nom - soutien d’un orphelinat remarquable dans le petit village de Bancheny, en Ukraine, près de Tchernivtsi. L'orphelinat est affilié au monastère de la Sainte Ascension et prend en charge 220 enfants, dont 40 ont le VIH, 41 sont handicapés et 27 souffrent d'épilepsie.
90 moines et 65 religieuses du monastère de la Sainte Ascension et du monastère de Boyanski prennent soin des enfants.

Selon l'archimandrite Longin (Zhar), abbé du monastère et fondateur et directeur de l'orphelinat, utilisera l'argent à acheter des médicaments, de la nourriture, des vêtements et d'autres articles essentiels.
Né en 1965 près de Tchernivtsi, l'archimandrite Longin (alors Mikhaïl Zhar) a fondé l'orphelinat en 1992 après avoir adopté un orphelin du sida âgé de six mois. En 1997, il est devenu l'abbé du monastère masculin de la Sainte Ascension (patriarcat de Moscou).
En 2008, il a été nommé "héros de l'Ukraine" par le président Victor Yuschenko et a reçu deux médailles pour son travail auprès des orphelins.

Pour faire un don ou pour plus d'informations, veuillez visiter:



mardi 28 août 2018

Effondrement et renaissance, Interview du collapsologue Pablo Servigne


" […] Quand on dit effondrement on dit forcément renaissance […]
Pessimiste, optimiste, on s'en fout, ce qui compte c'est de faire ce que tu penses sincèrement qui va changer les choses […] dans un monde low tech dévasté […] on fait avec ce qu'on a, on se débrouille […] mais il y a vraiment un élan de vie qui est intéressant […] investir la petite échelle […] retrouver des compétences du sauvage […] se "réensauvager" […] et puis il y a toute cette question qu'on n'a pas trop abordée… spirituelle. […] C'est aussi un parcours énorme et on est super mal outillé. Que ce soit pour faire un potager, que ce soit spirituellement, que ce soit au niveau des outils vraiment démocratiques, on n'a pas du tout appris ça à l'école  dans nos sociétés…il faut s'y mettre sur tous les fronts et on n'a pas des années. Notre vie va complètement changer."

dimanche 26 août 2018

Les fondements spirituels de la crise écologique : un nouveau livre de Jean-Claude Larchet


Jean-Claude Larchet: Les fondements spirituels de la crise écologique
Jean-Claude Larchet, Les fondements spirituels de la crise écologique, Édition des Syrtes, Genève, 2018, 133 p., 15€.

L’écologie a déjà suscité une abondante littérature, et la dégradation de notre environnement naturel inquiète plus que jamais, d’autant qu’aucune mesure, à aucun niveau, ne l’a jusqu’à présent ralentie.
Loin des discours habituels, la réflexion que nous propose ici Jean-Claude Larchet – bien connu pour ses études sur les diverses formes de maladie et les facteurs spirituels qu’elles impliquent – aborde la question de la « maladie de la nature » et des remèdes qui peuvent lui être apportés sous un angle très original, qui renouvelle notre vision des choses quant aux causes réelles et aux solutions possibles.
La crise écologique prend, selon lui, sa source dans une perte des valeurs et des comportements spirituels qui fondaient traditionnellement les rapports de l’homme et de la nature, et ce n’est donc que dans un retour à ces valeurs et comportements spirituels qu’elle pourra trouver une solution véritable et durable.
L’ « écospiritualité » s’est certes développée ces dernières années, y compris au sein du christianisme, mais avec des dérives inspirées du New Age et menant à un néo-paganisme. Sur la base de l’Écriture et des écrits des Pères, mais en plongeant la réflexion de ceux-ci par une prise en compte des évolutions sociales et des données actuelles, J.-C. Larchet recentre la réflexion sur les principes fondamentaux du christianisme correctement compris à la lumière de la Tradition orthodoxe, concernant la place de l’homme dans la nature et sa vocation spirituelle par rapport à celle-ci.
Décrivant la situation paradisiaque initiale où les relations harmonieuses de l’homme avec la nature étaient fondées sur une attitude essentiellement contemplative et eucharistique, il explique la raison de la rupture de ces relations, et comment les évolutions de la civilisation occidentale depuis la Renaissance – fondées sur l’humanisme rejetant Dieu, l’individualisme, le naturalisme, le rationalisme et l’idéologie du progrès matériel indéfini –, ont amené à la situation catastrophique actuelle, où les menaces qui pèsent sur la nature mettent en péril l’existence même de l’humanité.
Loin de s’en tenir à ce constat pessimiste, il propose des remèdes radicaux fondés sur un retour aux principes de la cosmologie et de l’anthropologie chrétiennes, mais aussi sur les pratiques éthiques et l’expérience ascétique de la spiritualité orthodoxe.


EXTRAIT DE L’INTRODUCTION :
« De plus en plus de voix s’élèvent pour souligner que si les problèmes écologiques appellent des mesures politiques et économiques urgentes de la part des États, ce n’est que par un changement radical de mentalité et de mode de vie qu’ils pourront trouver une solution profonde et définitive, parce que les problèmes écologiques ont au fond des causes spirituelles – relatives à la façon dont l’homme perçoit et conçoit la nature, entre en relation avec elle et en fait usage – et sont donc tributaires de solutions spirituelles.
C’est là que l’Église orthodoxe, qui a une longue tradi­tion de réflexion (théologique, cosmologique, anthro­po­logique) et de pratique (liturgique et spirituelle) sur la valeur de la création et sur la façon dont l’homme doit entrer et vivre en relation avec elle, peut apporter, dans le cadre de la crise actuelle, des principes qui guident la réflexion et l’action présentes et à venir de tous ceux qui cherchent à sauver la nature.
La réflexion que je propose ici s’inscrit dans la conti­nuité de deux thèmes auxquels j’ai consacré une grande partie de mon œuvre :
— Premièrement les maladies de différents ordres et leurs thérapeutiques : d’une part, l’écologie est bien une réflexion sur les maladies de la nature et la façon de les soigner et d’en guérir ; d’autre part, ces maladies de la nature ont leur source dans les maladies spirituelles de l’homme, et la guérison de celles-là dépend au fond de la guérison de celles-ci.
— Deuxièmement la pensée de saint Maxime le Confes­seur : il est parmi les Pères de l’Église celui qui a le plus approfondi les questions de la présence de Dieu dans la nature, des relations intimes de tous les êtres créés à Dieu, de la façon dont l’homme peut entrer en relation avec les créatures et à travers elles avec Dieu, et du rôle de médiation que l’homme est appelé à exercer au sein de la création.
La synthèse de ces deux domaines permet de donner à la réflexion écologique la dimension spirituelle pertinente qu’exige son traitement en profondeur sur le plan tant théorique (théologique, cosmologique et anthropologique) que pratique (éthique d’une part, au sens étymologique de bon mode de vie, et ascétique d’autre part, au sens large de lutte contre les passions destructrices et au sens étroit de capacité d’autolimitation et de sage sobriété). »

Pourquoi les Orthodoxes ne devraient pas craindre la fin du monde




Pourquoi ne devrions-nous pas craindre la fin du monde ou ce qui, en réalité, nous rapproche de la destruction ?

Le discours de notre Seigneur sur les circonstances extérieures de la fin du monde et sur la gloire de sa seconde venue est exposé au chapitre 24 de l'Évangile de saint Matthieu. Outre le tableau apocalyptique communément conçu des guerres et des conflits, ce discours contient certains détails qui sont généralement négligés ; et ce n'est peut-être pas par hasard.

Considérons le texte de l'Évangile. En répondant à la question de ses disciples sur les signes de la fin du monde, notre Sauveur les met en garde contre le danger des faux prophètes et des cataclysmes sociaux et environnementaux. Prenez garde à ce que personne ne vous trompe. Car beaucoup viendront en mon nom, disant : Je suis le Christ ; et en tromperont beaucoup. Et vous entendrez parler de guerres et de rumeurs de guerres : ... Car s'élèveront nation contre nation et royaume contre royaume ; Ces passages évangéliques particuliers sous-tendent souvent des vues communes sur le destin ultime du monde. Cependant, ces points de vue déforment leur sens. En spéculant sur le thème de la fin du monde, l'industrie cinématographique hollywoodienne, ainsi que diverses organisations sectaires et partisanes de l'idéologie de la société de consommation, cultivent activement, avant tout, une peur de l'avenir dans notre conscience collective. Et cette spéculation n'est en aucun cas un jeu inoffensif sur les nerfs des gens. Le but est plus subtil – c’est celui de nous distraire du point principal.
Si nous portons une attention particulière au texte de l’Evangile, nous voyons que l’accent est mis sur quelque chose de différent. Le Christ ne veut en aucun cas semer la peur dans ses disciples. Au contraire, dit-il, veillez à ce que vous ne soyez pas troublés : car toutes ces choses doivent arriver, mais ce n'est pas encore la fin (Matthieu 24: 6). En expliquant ces paroles de notre Sauveur, saint Jean Chrysostome dit que les vrais disciples du Seigneur "seront au-dessus de tout malheur": aucune discorde extérieure ne pourra ébranler leur zèle pour la foi et pour la vie vertueuse. Selon le Saint, le Christ, tout en témoignant de ce fait, souligne que devant les conditions troublées du monde entier, cet évangile du Royaume sera prêché dans le monde entier pour servir de témoignage à toutes les nations (Matthieu 24:14). . En d'autres termes, de peur que les disciples ne tombent dans le découragement et disent : «Comment allons-nous vivre?», C'est comme si le Seigneur disait: «Tu vivras et tu enseigneras partout».

Ce premier point important est l’opposé de la version populaire de la fin du monde. Et les chrétiens orthodoxes devraient en être conscients : il est inacceptable qu’un homme qui se fie à Dieu, qui cherche à vivre avec Dieu, de se livrer à la terreur de l’avenir, à la panique ou à la peur, c’est le signe d’une orgueilleuse prétention à se fier à soi-même, et pas d’une préoccupation vertueuse pour notre propre salut.

Le deuxième point de la compréhension évangélique du destin ultime du monde n’est pas moins important. Malheureusement, il est aussi souvent compris sous une forme déformée, à savoir «l'amour deviendra de plus en plus froid». Le Seigneur dit que « parce que l'iniquité se sera accrue, l’amour du plus grand nombre se refroidira. » (Matthieu 24:12). Habituellement, ce point est présenté comme une sorte d'effondrement social par la propagation de l'intolérance de masse dans la société : les gens, disent-ils, vont se transformer en bêtes et commencer à se détruire. L’une des conséquences d’une telle conviction, qui est rarement exprimée clairement, est la recherche d’un plan de protection sociale qui empêche à tout prix les conflits sociaux. 

Autrement dit, à un niveau subconscient, les gens craignent les «arêtes vives», ils ont peur d'insister sur les valeurs traditionnelles dans la mesure où cela pourrait entraîner des pressions sociales et des conflits, etc. Ainsi, les modèles occidentaux contemporains de tolérance au péché ont évidemment leur base mentale profonde dans la crainte de la fin du monde, dans un mythe fondé sur une compréhension incorrecte de l’Évangile, qui continue d’être activement soutenu, mais aujourd’hui par des techniques plus subtiles.

Comment devrions-nous comprendre les paroles du Christ sur «l'amour refroidi» ? Un des anciens commentateurs dit que cela concerne principalement le refroidissement de l'amour pour la vérité : «Les paroles de cette multitude d'enseignants de doctrines opposées à la vérité (c.-à-d. les faux prophètes - P. RS) provoquent un tel dommage qu'ils causent même un amour fervent pour la vérité, qui consistait autrefois dans la simplicité de la foi, à refroidir en raison de leur conception des mystères divins. Et en fait le Sauveur lie directement ce « refroidissement de l'amour » à « l'abondance de l'iniquité », notamment quant à la déformation de la vérité, en conséquence de quoi, écrit saint Jean Chrysostome, « les disciples ne pourront pas trouver la consolation même dans l’amour ! « [3]
L'apocalyptique "refroidissement de l'amour" n'est pas une augmentation de la haine, mais une perversion de la vraie compréhension de l'amour.
Ainsi, le «refroidissement de l'amour» apocalyptique n'est pas simplement un changement de la relation entre les personnes, ni une augmentation de la haine, mais quelque chose d'autre. C'est avant tout une perversion de la vraie compréhension de l'amour !

Les faux prophètes des derniers temps (leaders publics et religieux) interpréteront de façon fautive cette vertu suprême, de sorte que les disciples du Christ ne pourront pas se réjouir d'un tel "amour". Il est tout à fait possible que nous parlions d'une sorte de compréhension de l'amour qui conduit réellement à la diminution de la pression sociale, à l'établissement d'une société harmonieuse sans "arêtes vives", sans conflits de modes de vie. Cependant, ce n'est pas l'amour comme un don divin, mais plutôt un compromis mutuellement satisfaisant pour le confort : chacun doit renoncer à des convictions fermes de ce qui est juste, pieux et vrai et reconnaître la relativité de toutes les valeurs pour le bien social. Paix et prospérité. C’est précisément la chute de cet avant-poste de l’amour, sa perversion à un point tel que, au nom de cette vertu, l’iniquité sera commise, tel est le signe clair du fait que l’humanité s’est engagée sur le chemin qui mène à destruction. Après tout, si le Seigneur dit à propos des guerres et des cataclysmes, que le moment de la fin n'est cependant pas encore venu (Matthieu 24: 6), le Sauveur conclut le discours sur la déformation de la vérité par les faux prophètes, sur le refroidissement de l'amour et sur la prédication de l’Évangile pour un témoignage au monde entier avec les paroles, et alors la fin viendra (Matthieu 24:14).

Et ainsi nous voyons que la compréhension patristique de la prophétie de notre Sauveur sur le destin ultime du monde est essentiellement opposée à ce mythe sur l'Apocalypse dont on fait activement la propagande dans la conscience de masse. Si celle-ci a pour but de créer une image terrifiante dans l'imagination des gens face aux catastrophes et aux conflits sociaux engendrant la peur, la représentation évangélique, au contraire, encourage les fidèles et les incite au courage et à la fermeté, à toujours tenir pour la vérité. - Et le Seigneur sauvera ses fidèles.

Si l'idéologie populaire se concentre délibérément sur le conflit social pour que les gens soient inconsciemment enclins à rechercher la résolution de ces conflits à tout prix - alors l'Évangile met clairement en garde contre le danger d'un "amour refroidi", d'un amour privé de fidélité à la Vérité en échange d’un confort social - c'est précisément cet "amour" habile qui mène le monde à la destruction. C'est ce que nous avons vraiment besoin de craindre – cette perversion de l'amour et sa conversion de la vertu suprême à la servante du confort.
Prêtre Romain Savchuk
Traduit par l'archiprêtre George Lardas
Pravoslavie.ru
(version française de la SOURCE

)

lundi 20 août 2018

Il y a cent ans l'armée américaine envahissait la Russie…



Il y a exactement 100 ans, le 15 août 1918, le département d'Etat américain a officiellement annoncé la rupture des relations diplomatiques avec la Russie, après quoi les Américains ont débarqué à Vladivostok. Cela signifiait le début de l'intervention des pays de l'Entente dans un pays en pleine guerre civile.


Quels souvenirs ont laissé les militaires américains en Extrême-Orient?
«La nation n'existe pas»
Immédiatement après la Révolution d'octobre la Russie soviétique a signé la trêve avec l'Allemagne sur le front de l'Est en se retirant de la guerre. Les pays de l'Entente l'ont très mal pris. Sous prétexte d'inadmissibilité de la capture du pouvoir dans l'ancien empire par un «parti pro-allemand» les puissances occidentales préparaient l'intervention en Russie, déjà en pleine guerre civile.
En décembre 1917, les USA, le Royaume-Uni, la France et leurs alliés ont organisé une conférence où il a été décidé de délimiter les zones des intérêts sur le territoire de l'ex-Empire russe et d'établir le contact avec les gouvernements nationaux-démocrates. En d'autres termes, les «partenaires occidentaux» prévoyaient de partager le plus grand Etat de la planète entre eux, et ce sont les représentants du Mouvement blanc qui devaient les aider à le faire. Les contacts ont été établis avec eux par des intervenants avant l'invasion.
Des troupes américaines dans l’Extrême-Orient russe, 1919
© Sputnik . 
Des troupes américaines dans l’Extrême-Orient russe, 1919
L'Ukraine, la Bessarabie et la Crimée faisaient partie de la sphère d'influence de la France. L'Angleterre se réservait le droit sur les «régions cosaques et caucasiennes», l'Arménie, la Géorgie et le Kurdistan. Les Etats-Unis, qui gardaient leur neutralité pendant les premières années du pouvoir soviétique, ont finalement accepté d'aider le Royaume-Uni et la France à «conquérir» le Primorié russe. Les Américains voulaient faire d'une pierre deux coups — obtenir un accès aux riches ressources de l'Extrême-Orient tout en empêchant au Japon de s'y installer, alors qu'il avait également des vues sur la «peau de l'ours qui n'était pas encore tué».
Le débarquement des troupes américaines à Vladivostok, 1918
© Sputnik . 
Le débarquement des troupes américaines à Vladivostok, 1918
L'éventuelle résistance des Russes n'était pas prise en compte. Le sénateur républicain de l'Etat de Washington Miles Poindexter, appelant à l'intervention, disait ouvertement: «La Russie est devenue simplement une notion géographique, et elle ne sera rien de plus. Sa force d'union, d'organisation et de rétablissement est disparue à jamais. La nation n'existe pas…» L'ambassadeur américain en Russie David Francis appelait également à envahir la Russie:
«J'insiste sur la nécessité de prendre sous contrôle Vladivostok, en laissant Mourmansk et Arkhanguelsk au Royaume-Uni et à la France.»
L'occupation
Le 3 août 1918 déjà, le département américain de la Guerre a donné l'ordre au général William Graves d'envoyer à Vladivostok les 13e et 62e régiments. Au total, au milieu du mois les Américains ont fait débarquer en Extrême-Orient près de 8.000 hommes. Les forces d'expédition incluaient également des Canadiens, des Italiens et des Anglais. Formellement le contingent avait pour mission d'assurer le passage sûr du corps tchécoslovaque depuis le centre de la Russie. En réalité, les fins étaient plus mercantiles.
«Les intervenants protégeaient sur le territoire russe les intérêts de leur capital, déclare l'historien militaire Boris Iouline. Les mines d'or, la forêt, le charbon — ils avaient des projets pour tout cela. Je suis certain que la guerre civile dans le pays a été aussi longue et sanglante uniquement à cause de l'ingérence des puissances étrangères. En l'absence du corps tchèque et des intervenants, elle se serait terminée sans bain de sang en 1918 déjà. Les leaders du Mouvement blanc garantissaient les concessions américaines, anglaises et françaises, ils promettaient de payer les dettes impériales. De facto, ils accordaient aux étrangers le contrôle du territoire.»
Des soldats américains transportant des plateformes avec des corps de soldats tués dans les combats en Extrême-Orient pour ensuite les envoyer aux États-Unis, 1920
© Sputnik . 
Des soldats américains transportant des plateformes avec des corps de soldats tués dans les combats en Extrême-Orient pour ensuite les envoyer aux États-Unis, 1920
Les intervenants américains ont pleinement profité de l'«invitation». Ils exportaient de l'Extrême-Orient le bois, la fourrure et l'or. Les sociétés américaines ont reçu une autorisation du gouvernement de Koltchak d'effectuer des opérations commerciales en échange des prêts de Citibank et de Guaranty trust. Une compagnie américaine à elle seule avait envoyé de Vladivostok aux USA 15.700 pouds (1 poud = 16,38 kg) de laine, 20.500 peaux de mouton, 10.200 grandes peaux sèches. Tout qui avait la moindre valeur était exporté.
Les occupants ne prenaient pas de gants avec la population locale qui soutenait les résistants rouges. Les archives nationales historiques russe de l'Extrême-Orient ont conservé des «Attestations de paysans torturés et exécutés dans la région d'Olga dans les années 1918-1920». Voici un extrait de ce document:
«En capturant les paysans I. Gonevtchouk, S. Gorchkov, P. Oparine et Z.Mourachko, les Américains les ont enterrés vivants à cause de leurs liens avec les résistants locaux. Voilà ce qu'ils ont fait à la femme du résistant E. Boïtchouk: ils l'ont frappée à la baïonnette et l'ont noyée dans une fosse à ordures. Le paysan Botchkarev a été défiguré avec des baïonnettes et des couteaux: le nez, les lèvres et les oreilles ont été coupés, la mâchoire cassée, le visage et les yeux transpercés par les baïonnettes, tout le corps était coupé. Près du village de Sviaguino de la même manière a été torturé à mort le paysan N. Miasnikov à qui, selon un témoin, on a d'abord coupé les oreilles, puis le nez, les bras et les jambes en le découpant vivant.»
19 mois
L'historien Fedor Nesterov a écrit dans son livre «Le lien des époques»: «Tous les partisans des Soviets à la portée des baïonnettes des «libérateurs de la Russie» étrangers étaient frappés, fusillés, pendus et noyés dans l'Amour par groupes, ils étaient amenés dans des trains de la mort pour mourir de faim dans des camps de concentration.» Selon lui, de nombreux paysans, qui ne soutenaient pas le pouvoir soviétique au départ, se sont finalement insurgés contre les «visiteurs» pour passer du côté des résistants.
Un détachement de soldats américains dans une rue de Vladivostok
© Sputnik . 
Un détachement de soldats américains dans une rue de Vladivostok
La résistance contre les occupants s'élargissait. La bataille près du village de Romanovka près de Vladivostok du 25 juin 1919 est entrée dans l'histoire: les unités bolchevistes sous le commandement d'Iakov Triapitsyne ont attaqué les positions de l'armée américaines en tuant plus de 20 soldats ennemis.
Après la défaite des forces de Koltchak, l'intervention étrangère en Russie a perdu son sens. En 19 mois de présence dans le pays le contingent américain a perdu presque 200 soldats et officiers. Le dernier soldat américain est parti le 1er avril 1920.
Il est à noter que même après la fin de la guerre civile et la reconnaissance de l'URSS par les Américains et la plupart des puissances européennes, aucun politicien occidental n'a condamné la campagne sanglante en Russie. L'attitude hypocrite par rapport à l'occupation du territoire d'un Etat souverain a été exhaustivement décrite par Winston Churchill dans son livre en quatre tomes La Crise mondiale.
«Les alliés étaient-ils en guerre contre la Russie soviétique? Bien sûr sur non, mais ils tuaient des Soviétiques dès qu'ils en voyaient; sur le territoire russe ils restaient à titre de conquéreurs; ils approvisionnaient en armes les ennemis du gouvernement soviétique; ils bloquaient ses ports; ils détruisaient ses navires de guerre. Ils cherchaient activement à faire chuter le gouvernement soviétique et préparaient des plans pour sa chute. Mais lui déclarer la guerre — c'est une honte! L'intervention est une honte! Ils continuaient de répéter que la manière dont les Russes règleraient leurs affaires intérieures n'avait aucune importance. Ils voulaient rester impartiaux et frappaient coup après coup.»

samedi 18 août 2018

L'intelligence des abeilles

SOURCE :
http://www2.cnrs.fr/presse/communique/5632.htm

Les abeilles comprennent le concept de zéro

Les abeilles sont capables de se représenter et d'interpréter le zéro. C'est ce que viennent de démontrer une chercheuse du Centre de recherches sur la cognition animale (CNRS/Université Toulouse III – Paul Sabatier) et ses collègues australiens, prouvant pour la première fois que des insectes sont capables d'abstraction mathématique. Le zéro, qui symbolise le rien, le neutre ou l'absence, étant une construction humaine relativement récente, ces résultats, publiés dans Science le 8 juin 2018, interrogent l'importance symbolique du zéro dans l'histoire des mathématiques.

Il avait déjà été démontré que certains vertébrés maîtrisaient des concepts numériques complexes, notamment l'addition ou la notion de zéro, mais rien n'avait été prouvé chez les insectes. Les abeilles sachant compter au moins jusqu'à 5, les chercheurs les ont formées au concept de « plus grand que » et « plus petit que ». 
Ils ont d'abord appris aux abeilles à venir boire de l'eau sucrée sur un dispositif expérimental associant une plateforme à une image. La règle est simple : « Choisis l'image où il y a le moins d'éléments ». La bonne réponse apporte de l'eau sucrée tandis que la mauvaise confronte les abeilles à une solution amère de quinine. Une fois que les abeilles ont intégré le principe du jeu, les chercheurs leur proposent une image vide et une image avec plusieurs points. En choisissant l'image vide comme étant celle comportant le moins d'éléments, les abeilles ont montré qu'elles étaient capables d'extrapoler en considérant que le zéro est inférieur à 5, 4, 3, 2 ou 1. 
Les abeilles n'ont qu'un million de neurones soit 100 000 fois moins que l'Homme, et pourtant tous deux sont capables d'utiliser le zéro. Invention majeure de l'humanité pour les mathématiques, la notion de zéro est particulièrement abstraite. Elle permet de représenter l'absence d'objet en inventant un nombre pour « le rien » tout en considérant qu'il est une quantité. Le cerveau, qui a évolué pour traiter des stimuli sensoriels, peut aussi concevoir l'absence de stimulus comme un objet concret. Cette découverte interroge l'importance symbolique du zéro, en suggérant une utilité de ce nombre pour un insecte pollinisateur. 

abeilles
© Scarlett Howard/Aurore Avarguès-Weber


Après avoir appris que les images contenant le moins d'éléments sont associés à une récompense, les abeilles ont choisi l'image vide. L'expérience démontre qu'un ensemble vide, le zéro, est considéré par ces insectes comme un nombre inférieur aux autres.

Références :

Bees extrapolate ordered relations to place numerosity zero on a numerical continuum, Scarlett R. Howard, Aurore Avarguès-Weber, Jair Garcia, Andrew Greentree, Adrian G. Dyer. Science, 2018. DOI : 10.1126/science.aar4975

vendredi 17 août 2018

Assange - "La vérité vous rendra libres"…Jean 8.31


Pilger et Assange à Londres en 2011


Le cinéaste lauréat du prix Emmy et journaliste d’investigation John Pilger ne prend pas de gants pour qualifier les continuelles tentatives qui sont faites pour mettre fin aux activités de Wikileaks et arrêter son fondateur Julian Assange.

Extraits de l'interview accordée à Dennis Bernstein et Randy Credico par John Pilger parue sur le site Les Grosses Orchades, les Amples Thalamèges
[…] Depuis qu’il a été arrêté en 2010, Assange n’a été accusé d’aucun crime. Ce qu’il subit est une persécution absolument sans précédent. Julian pourrait quitter l’ambassade si le gouvernement de son propre pays, l’Australie, appliquait une pression diplomatique normale et légitime en faveur de son ressortissant. […]
Julian est un individu à principes. Le fondement moral de Wikileaks est quelque chose de très important pour lui. Quand il a mis sur pied Wikileaks, il a écrit que toute l’idée de transparence, de faire honneur au droit de savoir des gens, était le but central du site. Il ressent cela très profondément. Toute tentative de faire un marché avec Julian pour fermer Wikileaks se heurtera sans aucun doute à sa résistance
Rien […] n’a égalé l’apparition de Wikileaks et son impact extraordinaire sur le journalisme. C’est probablement le seul organe de presse qui détienne un record de 100% d’authenticité et d’exactitude. Toutes les révélations de Wikileaks se sont avérées authentiques. […]
[…] Liberté d’expression mise à part, la persécution que subit cet homme est quelque chose qui devrait saisir d’horreur tous ceux qui pensent par eux-mêmes. Si cela ne nous emplit pas d’horreur, c’est que nous avons capitulé sur quelque chose d’infiniment précieux. […]