Les lèvres mensongères font horreur à l'Éternel, tandis que ceux qui agissent avec fidélité lui sont agréables. Proverbes 12:22 «C'est ce qui sort de l'homme qui le rend impur. En effet, c'est de l’intérieur, c'est du cœur des hommes que sortent les mauvaises pensées, les adultères, l'immoralité sexuelle, les meurtres, les vols, la soif de posséder, les méchancetés, la fraude, la débauche, le regard envieux, la calomnie, l'orgueil, la folie. Toutes ces choses mauvaises sortent du dedans et rendent l'homme impur.» Marc 7:20-23 Un témoin fidèle ne ment pas, tandis qu’un faux témoin dit des mensonges. Proverbes 14:5 « Vous, vous avez pour père le diable et vous voulez accomplir les désirs de votre père. Il a été meurtrier dès le commencement et il ne s'est pas tenu dans la vérité parce qu'il n'y a pas de vérité en lui. Lorsqu'il profère le mensonge, il parle de son propre fond, car il est menteur et le père du mensonge. » Jean 8:44 Si les paroles distinguées ne conviennent pas à un fou, les paroles mensongères conviennent d’autant moins à un noble. Proverbes 17:7 « Écarte de ta bouche la fausseté, éloigne de tes lèvres les détours ! Proverbes 4:24 Craindre l'Éternel, c'est détester le mal. L'arrogance, l'orgueil, la voie du mal et la bouche perverse, voilà ce que je déteste. » Proverbes 8:13 « Pierre lui dit : «Ananias, pourquoi Satan a-t-il rempli ton cœur, au point que tu aies menti au Saint-Esprit et gardé une partie du prix du champ? […] Comment as-tu pu former dans ton cœur un projet pareil? Ce n'est pas à des hommes que tu as menti, mais à Dieu.»Actes 5:3-4Mais pour les lâches, les incrédules, les abominables, les meurtriers, les impudiques, les enchanteurs, les idolâtres, et tous les menteurs, leur part sera dans l'étang ardent de feu et de soufre, ce qui est la seconde mort.Apocalypse 21.8

mercredi 19 mai 2010

19 Mai : Journée de mémoire du génocide du Pont-Euxin




En 1994, le gouvernement grec a décidé de fixer la date du 19 mai comme journée de commémoration du génocide des Grecs du Pont Euxin. 




En effet, entre 1914 et 1923, un véritable nettoyage ethnique a été opéré par les Turcs sur les rives du Pont-Euxin. 353 000 Grecs sur 700 000 qui y vivaient depuis le 11e siècle av. J.-C. ont été massacrés. 
Suite aux accords de Lausanne concernant l’échange de populations, le reste de la population pontique a été rapatriée dans la partie libre de la Grèce, en particulier dans le Nord du pays. Plus tard, nombreux, ils émigrèrent dans les pays industriels.



Le Pont a appartenu à Byzance durant le Moyen Age. Et Byzance était l'Empire Romain d'Orient. Donc tous les habitants ainsi que les autorités se disaient Romains même s'ils savaient qu'ils étaient Grecs. Le Pont en tant que "thème" de Byzance (genre de Province) appartenait aussi à cet Empire et c'est pour cela qu'il s'appelait "Romania". Et c'est aussi pour cela qu'il a pris le symbole de l'aigle, l'aigle a une tête car le Pont est sensé protéger seulement les frontières de l'Est de l'Empire Romain, alors que Byzance devait se protéger des ennemis de l'Est et de l'Ouest. La phrase “ i romania ki'an perassen anthei kai ferei ki'allo" 
veut dire que même si, Romania, c'est-à-dire le Pont, est pris par les Turcs, il reviendra de nouveau (aux mains des Grecs).






La tactique des Turcs fut, à part le massacre, d’exterminer beaucoup de personnes pendant l’exode.




En quittant leur village, les déportés ne purent rien emporter. Ils partirent à moitié dévêtus, sans chaussures, sans nourriture ni eau.
L’exode dura neuf mois ; beaucoup moururent de fatigue, de sous-nutrition ou bien étaient assassinés par les habitants des villages qu’ils traversaient. En permanence, ils étaient sous la surveillance de soldats turcs qui changeaient régulièrement, à chaque village.


Le Pont Euxin
L'ancienne appellation du Pont Euxin était Axénos ou Axinos Pontos (mer inhospitalière) en raison des conditions climatiques difficiles de la région et notamment des vents violents responsables de nombreux naufrages. Après la conquête de celle-ci par les Grecs (vers 800 av. J.-C.), le nom de Pont Euxin (Εύξεινος Πόντος - Mer hospitalière) lui est donné. Les Mongoles et les Tartares quant à eux l'appelleront Mélas Pontos (Μέλας Πόντος- Mer Noire).
Durant près de 27 siècles, et malgré les diverses conquêtes, invasions et batailles menées par les Grecs contre plusieurs envahisseurs et contre l'Empire Ottoman en particulier, les Pontiques ont su préserver une certaine autonomie territoriale et culturelle. Cette dernière s'exprimait surtout à travers leur dialecte, leurs traditions, leurs chants et leurs danses.



Cette «autarcie» s'est affirmée historiquement par une tentative d'auto-proclamation de République du Pont en 1918 et par un projet de confédération gréco-arménienne en 1920. Ces deux tentatives ont échoué faute de soutien militaire qui n'a jamais été accordé par le gouvernement grec et faute de soutien diplomatique refusé par les puissances occidentales.
L'idée de créer un état indépendant était pourtant soutenue par Elefthérios Vénizélos mais ce dernier perdit les élections le 14 novembre 1920. Les royalistes prirent alors le pouvoir mais aucun projet concernant l'Asie Mineure et le Pont ne vit le jour.
Face au danger que pouvait représenter cette perte de territoire, l’Empire ottoman, mené alors par Mustapha Kémal Atatürk, entreprend la conquête de celui-ci malgré le traité de Sèvres qui fut imposé à la Turquie la même année. Par les termes de ce traité, la Turquie avait renoncé à toutes les terres non turques et perdu des territoires importants au profit de la Grèce, y compris Smyrne, la Thrace et des iles de la mer Égée.
Bien qu’accepté par le gouvernement faible du sultan Mehmet VI, le traité de Sèvres fut dénoncé par les nationalistes turcs dirigés par Mustafa Kémal Atatürk, qui rompit de manière unilatérale avec les autorités de Constantinople et remporta la guerre qu’il mena contre les forces grecques occupantes à Smyrne. C'est ainsi qu'en décembre 1920, les Turcs vainquirent l'année arménienne avec le soutien des Bolchéviques qui souhaitaient prendre possession des républiques du Caucase.
À la suite des succès nationalistes et de l'abolition du sultanat par Kémal, les puissances alliées acceptèrent une révision des accords de paix. Les négociations débutèrent à Lausanne en novembre 1922 et le traité fut signé six mois plus tard.




Le traité de Lausanne

Après la catastrophe d'Asie Mineure et notamment la prise de Smyrne qui fut incendiée, le traité de Lausanne, traité de paix entre la Turquie et les puissances alliées victorieuses et coalisées de la Première Guerre mondiale est signé le 24 juillet 1923. Ce traité remplaçait le traité de Sèvres.
La Turquie récupéra ainsi l'est de la Thrace et certaines îles de la mer Egée. Les Dardanelles furent démilitarisées et des articles spécifiques pour les droits de passage en temps de paix ou de guerre furent ajoutés (ceux-ci furent révisés par la convention des Détroits en 1936). Enfin, le traité prévoyait des échanges de population destinés à régler le problème des minorités : une partie des Grecs fut donc rapatriée en Grèce et une partie des Turcs de la Thrace occidentale en Turquie.

Le déracinement des Grecs du Pont est l'un des plus grands crimes de l’histoire humaine. Après 27 siècles de vie, un peuple a été expulsé de ses terres, abandonnant foyers paternels, maisons, églises, terres des ancêtres pour s'installer sur les littoraux de la Grèce.
Le génocide en Asie Mineure, autant que dans le Pont constitue l'une des pages historiques les plus tragiques de l'histoire des Grecs. Le coût humain a été conséquent : on estime à près d'un million le nombre de vies perdues dans la région d'Asie Mineure durant la période 1914-1924.
L'année 1922 a été la plus tragique. Le génocide a été reconnu par deux fois par le Parlement grec : la première fois en 1994, il reconnaît le génocide des Grecs du Pont et adopte la date du 19 mai comme journée de mémoire du génocide pour la période 1916-1923. Cette date correspond à l'arrivée de Kémal Atatürk à Samsun, soit au début de la conquête du Pont. La seconde fois, en 1998, le Parlement reconnaît le génocide pour l'ensemble de l’Asie Mineure et adopte comme journée de mémoire le 14 septembre.



mercredi 12 mai 2010

Homélie pour la fête de l'ASCENSION de Saint Jean CHRYSOSTOME (extraits)



" [...] Quelle est donc la fête que nous célébrons? elle est grande et auguste, mes très-chers frères, elle est au-dessus de toutes les pensées des hommes, et vraiment digne de la munificence de Dieu, qui en est l'auteur. C'est aujourd'hui que Dieu s'est réconcilié avec le genre humain; c'est aujourd'hui qu'une inimitié ancienne et une longue guerre ont été terminées; c'est aujourd'hui qu'a été cimentée pour nous cette paix admirable que nous n'aurions jamais espérée.[...]


[...] c'est en ce jour que Jésus-Christ a remis à son Père les prémices de notre nature dont il s'était chargé. Et comme dans un champ couvert d'une riche moisson, on prend quelques épis, on en compose une gerbe qu'on offre à Dieu, et que par cette légère offrande on attire sa bénédiction sur le champ tout entier : de même Jésus-Christ, par la chair unique dont il s'était revêtu, et par les simples prémices de notre nature, a fait bénir toute notre race.[...]
[...] Nous, cependant, qui étions stupides, dépourvus de sens et de raison, plus insensibles que la pierre, nous qui étions vils et dégradés, au-dessous de toutes les créatures.... comment m'exprimerai-je? comment rendrai-je ma pensée? notre nature qui était avilie et au-dessous de tous les êtres, par le défaut de raison et de sentiment, s'est élevée aujourd'hui au-dessus de tous. Les anges et les archanges ont vu aujourd'hui ce qu'ils désiraient de voir il y a longtemps : notre nature assise sur le trône du souverain Roi, resplendissante de gloire et brillante d'une beauté immortelle. C'est là, oui, c'est là le prodige après lequel les anges et les archanges soupiraient depuis tant de siècles. Et quoique nous fussions plus honorés qu'ils ne l'étaient eux-mêmes, cependant ils se réjouissaient de notre élévation, eux qui s'étaient affligés de notre châtiment [...]
 [...] Voilà pourquoi les anges paraissent, et lorsque Jésus-Christ vient au monde, et lorsqu'il ressuscite, et aujourd'hui qu'il monte au ciel : Deux hommes, dit l'Evangile, parurent vêtus de blanc, annonçant leur joie par la blancheur de leurs habits, et ils dirent aux disciples : Hommes de Galilée, pourquoi vous arrêtez-vous à regarder au ciel? ce Jésus, qui, en vous quittant, s'est élevé dans le ciel, viendra de la même manière que vous l'y avez vu monter. (Act. I, 10 et 11.)


[...] Suivez-moi, mes frères, avec attention Pourquoi tiennent-ils ce langage? est-ce que les disciples n'avaient pas d'yeux? est-ce qu'ils ne voyaient point ce qui se passait? l'Evangéliste ne dit-il pas qu'ils le virent s'élever au ciel? pourquoi donc des anges viennent-ils leur apprendre qu'il est monté au ciel? Pour deux raisons : la première, c'est que les disciples étaient continuellement affligés, quand ils pensaient qu'ils allaient être séparés de Jésus-Christ. Aucun, de vous, leur dit le Fils de Dieu dans l'Evangile (paroles qui confirment ce que j'avance), aucun de vous ne me demande ou Je vais; mais parce que je vous ai dit ces choses, votre coeur s'est rempli de tristesse. (Jean, XVI, 5 et 6.) Si nous ne nous séparons qu'avec peine de nos amis et de nos parents, comment les disciples, qui voyaient leur Sauveur, un Père doux et tendre, un Maître plein d'attention et de bonté, se séparer d'eux, comment n'auraient-ils pas été affligés; comment n'auraient-ils pas éprouvé la douleur la plus vive? Des anges paraissent pour les consoler d'une séparation pénible , par l'espoir d'un retour agréable : Ce Jésus, leur disent-ils, qui en vous quittant s'est élevé ait ciel, viendra comme il y est monté. Vous vous affligez parce qu'il s'est élevé au ciel; mais ne vous affligez plus, puisqu'il reviendra. Elisée voyant son maître quitter la terre, déchira ses vêtements, parce que, sans doute, il n'avait personne qui vînt lui dire qu'Elie reviendrait; afin donc que les disciples de Jésus ne s'affligent pas, à l'exemple de celui d'Elie, des anges viennent les consoler dans leur tristesse. Telle est la première raison pour laquelle les anges paraissent. La seconde, et qui n'est pas moins forte, est celle qui leur fait ajouter : Ce Jésus qui s'est élevé au ciel. Expliquons un peu cette raison. Il s'est élevé au ciel, et la distance étant infinie, la portée de leur vue ne pouvait suffire pour voir un corps s'élever jusqu'aux cieux. Mais comme un aigle qui vole en haut, plus il s'élève, plus il se dérobe à nos regards : de même, plus le corps de Jésus-Christ s'élevait, plus il se dérobait aux (257) yeux de ses disciples, dont la faiblesse ne pouvait franchir un espace immense. Les anges qui paraissent, leur apprennent donc qu'il est monté au ciel, pour qu'ils sachent qu'il y est monté véritablement, et qu'ils ne s'imaginent pas qu'il n'y est monté que comme Elie. Voilà pourquoi ils ajoutent : Ce Jésus qui en vous quittant s'est élevé au ciel, paroles dont ils ne se servent point au hasard. Elie, comme serviteur, n'a paru que s'élever au ciel; Jésus-Christ, comme Maître, s'y est élevé réellement.[...]


Elevons- nous donc, mes très-chers frères, et tournons les yeux de notre esprit vers le retour de notre Sauveur : Dès que le signal aura été donné, dit saint Paul, par la voix de l'archange, le Seigneur lui-même descendra du ciel. Et nous autres, qui sommes vivants, qui serons demeurés ici-bas jusqu'alors, nous serons transportés dans les nues pour aller au-devant du Seigneur, au milieu des airs, mais non pas tous. Car, pour vous convaincre que nous ne serons pas tous transportés dans les nues, mais que les uns s'élèveront dans les airs, et que les autres resteront, écoutez ce que dit Jésus-Christ : Alors, de deux femmes qui moudront à un moulin, l'une sera prise et l'autre laissée; de deux hommes qui seront dans un même lit, l'un sera pris et l'autre laissé. (Matth. XXIX, 40 et 41.) Que signifie cette énigme? que veut dire ce mystère caché? Par le moulin, Jésus-Christ nous désigne tous ceux qui vivent dans la pauvreté et dans la peine; par le lit et le repos, il marque ceux qui sont dans les richesses et dans les honneurs : et voulant nous montrer que parmi les pauvres, les uns seront sauvés, les autres périront, il dit que de deux femmes qui moudront à un moulin, l'une sera prise et l'autre laissée. De deux hommes qui seront dans un même lit, l'un sera pris et l'autre laissé, dit-il encore, voulant faire entendre que les pécheurs seront laissés pour attendre leur punition, tandis que les justes seront transportés dans les nues. [...]"

jeudi 6 mai 2010

Icônes imprimées et véritables icônes par Père Christophe Klitou

"Le septième Concile œcuménique qui a été convoqué pour la défense des saintes icônes a fait la déclaration suivante:
«Avec toute la précision [requise] et après un examen approfondi, nous définissons la règle selon laquelle d'une manière semblable à la croix précieuse et vivifiante, les vénérables et saintes icônes, peintes ou en mosaïque, ou en tout autre matériau approprié, doivent être placées dans les saintes églises de Dieu, sur les vases sacrés et les ornements, sur les murs et les panneaux, les maisons et les rues, de notre Seigneur Dieu et Sauveur Jésus-Christ et de notre Toute Immaculée Souveraine la Sainte Mère de Dieu, et aussi des Saints-Anges, et de tous les les saints. "

Au vu de cette déclaration vous pouvez constater que les icônes ne sont pas seulement peintes, mais ont été produites dans tout matériau approprié disponible à cette époque-là. Ainsi, les icônes ont été peintes, elles ont été faites en mosaïque, sculptées dans le bois, gravées sur les vases de métal et brodées sur les vêtements. De même, à cette époque, la Bible et tout autre livre étaient copiés à la main parce qu'il n'y avait pas de machines à imprimer.

Une icône n'est pas seulement une image du Christ, de la Mère de Dieu, des saints, des anges etc, c’est aussi la Parole de Dieu (la Bible), représentée dans les images. Il y a une similitude entre la Bible et l'icône – les deux expliquent l'enseignement du Christ et les deux sont l'image du Christ: on la présente soit verbalement soit en images. La Bible n'est pas sainte en raison de l'encre et du papier, mais parce que les mots qu'elle contient sont les paroles de Dieu, écrites par des hommes inspirés par l'Esprit Saint. De la même manière, l'icône n'est pas sainte à cause du bois et la peinture, mais parce qu'elle proclame la Parole de Dieu. Avec l'invention des machines d'impression la Bible a été mise à la disposition de tous, mais parce que nos copies sont imprimées cela veut-il dire que la Bible que nous lisons à la maison n'est pas sainte ni véritable? Si la Bible imprimée peut être considérée comme sainte et véritable, l’icône imprimée peut également être considérée de même. Les icônes peintes à la main sont bien sûr préférables, mais elles peuvent être très coûteuses et tout le monde n’est pas en mesure d'en acheter une pour son usage personnel à la maison. La technologie moderne a mis l'icône à la disposition de millions de personnes à un prix abordable. En bref, la déclaration faite par le 7e concile œcuménique nous permet d'utiliser tout matériel disponible afin de produire une icône. Quelle que soit la matière utilisée, elle demeure valable. Nous ne vénèrons pas la matière mais la personne qu'elle représente. Saint Jean Damascène a déclaré: «Je n’adore pas la matière, j’adore le créateur de la matière, qui est devenu matière pour mon salut, qui a voulu demeurer dans la matière, qui a accompli mon salut à travers la matière."

Dans l’Eglise grecque c’est la coutume de conserver l'icône dans le sanctuaire de l’église pendant quarante jours, pour la rendre sainte et véritable. C'est une vieille coutume et les gens apportent des icônes à l'église (en général le Dimanche de l'Orthodoxie) et les laissent dans l'église pendant quarante jours. Les Russes, d'autre part apportent leurs icônes à l'église et les font bénir par le prêtre par une prière spéciale pour les icônes. En vérité, cela ne rend pas l'icône plus sainte qu’elle ne l'est en réalité. Ce qui rend l’icône sainte c’est l'inscription du nom. Une icône doit être une interprétation fidèle du prototype [original], montrant une image reconnaissable et le nom de la personne qu'elle représente. Le nom identifie la personne ou les personnes et en même temps est un sceau de sanctification, ainsi en est-il avec la croix et la Bible, l'icône n'a pas besoin de recevoir de prières spéciales ni de recevoir toute autre forme de bénédiction par un prêtre pour la rendre sainte. Comme je l'ai déjà mentionné, l'icône est la Parole de Dieu dans les images et de la même façon que nous ne bénissons pas la Bible nous n'avons pas besoin de bénir l'icône. Elle ne peut recevoir aucun avantage supplémentaire de la bénédiction d'un prêtre ou de n'importe quelle application de Myron. Certaines icônes n’ont aucune inscription, ce qui est contraire à la théologie de l'icône, car c'est l'inscription qui entraîne sa sanctification: sans elle, l'icône reste une œuvre d’art ordinaire.

Mais cette compréhension de l'icône produit également un sérieux problème avec les icônes imprimées. Elles ne sont pas seulement des documents imprimés destinés à la vénération, mais elles peuvent être librement imprimées sur des dépliants, livres, magazines et journaux. Après avoir été lus, ceux-ci sont ensuite abandonnés et jetés à la poubelle. Si l'icône est sainte sans avoir besoin d'une bénédiction d'aucune sorte, ces images jetées n’en demeurent pas moins saintes. Nous ne pouvons pas contrôler ce que les non-orthodoxes font avec ces images, mais les orthodoxes doivent apprendre à les détacher des articles auxquels elles sont associées et s’ils ne veulent pas les garder, alors ils doivent les détruire par le feu. Cela peut facilement être fait en utilisant une boîte de conserve à l'extérieur pour éviter tout danger et les cendres peuvent être jetées dans un coin ou enfouies dans un lieu approprié que les pieds ne fouleront pas."

(Version française de Maxime le minime
 d'après "Questions and Answers"
sur le site The Orthodox Pages
de Père Christophe Klitou

lundi 3 mai 2010

Un volcan contre le schisme. Santorin, 1650

Sur le blog Vassa Kontouma, 
maître de conférences à l’EPHE
aussi savant que plaisant à lire


Une étude assortie d'un savoureux commentaire
 de la Relation des missions de l’île Saint-Erini (Paris 1657) sur l'éruption d'un volcan de l'île de Santorin et son interprétation apocalyptique (à peine orientée) du jésuite François Richard († 1679)

Un volcan contre le schisme. Santorin, 1650


Clouée au sol depuis le 16 avril, guettant «les vents alizés qui inclinent leurs antennes aux bords mystérieux du monde occidental», je pense à ces volcans qui ont marqué notre histoire.
Dans la campagne ensoleillée, les branches fleuries des cerisiers et des pruniers sont parfaitement immobiles.
Aucun vent, aucune brise.
Comme au printemps 1650, dans l’archipel des Cyclades.
LISEZ LA SUITE et bien d'autres articles passionnants à cette adresse : 

dimanche 2 mai 2010

Comment connaître Dieu ? 12 préceptes par Père Thomas Hopko

"Protopresbytre Thomas Hopko, doyen émérite du Séminaire Saint-Vladimir de théologie orthodoxe de New York, vit maintenant à la retraite, avec sa femme, en Pennsylvanie. De là, il voyage pour parler en bien des endroits, il écrit, et surtout, il prie.
L'article, et les maximes, que j’ai reçus de lui récemment, reflètent le travail de sa vie. Il est vrai qu'il est un enseignant, un conférencier et un écrivain doué. Dieu lui a également donné de toucher la vie de très nombreuses personnes très directement. Il a lu les pères et mères spirituels, et il a mis en application leur enseignement, pour la vie de ces personnes, pour leur bienfait.
Pour cette raison, il semble utile de mettre ces brèves réflexions, et conseils, à la disposition de ceux qui y sont amenés sur Internet. Que la grâce de l'Esprit Saint touche pour le bien, pour la vie, ceux qui lisent ces mots, et aussi celui qui les a écrits.
Seraphim †, archevêque d'Ottawa et du Canada, Mars 2008
 (http://www.archdiocese.ca/)




Comment puis-je connaître Dieu tel que Dieu est vraiment?

Comment puis-je connaître le Christ comme le chemin, la vérité et la vie de Dieu, et l'humanité, la lumière du monde? Comment puis-je connaître l'Église orthodoxe comme «la maison de Dieu», et «le pilier, et le rempart de la vérité» - le royaume de Dieu sur la terre? Si vous voulez trouver des réponses pour vous-même à ces questions, les Saints et les maîtres spirituels chrétiens orthodoxes vous demanderont de faire ce qui suit le plus fidèlement et le plus honnêtement possible, et de voir par vous-même ce qui se passe.


1. Soyez prêt à faire ce qu'il faut savoir. Humblement, et courageusement faire ce qu’on vous dit sans le remettre nullement en cause. Soyez déterminé à suivre ce dont vous allez prendre connaissance, quel qu'en soit le coût.

2. Priez pour l'illumination, même si votre prière est "à qui de droit." Priez de cette manière en disant quelque chose comme: "Dieu, si tu existes, révèle-toi à moi."
Si vous croyez déjà en Dieu de quelque manière, alors priez ainsi : «Mon Dieu, révèle-moi qui Tu es vraiment."
Pendant votre prière ne vous préoccupez de rien d’autre. Laissez arriver quoi qu'il arrive.

3. En priant de cette manière, lisez le Nouveau Testament très lentement, au moins trois fois. Prenez plusieurs mois pour faire cela. Ne soyez pas inquiet de ce que vous ne comprenez pas, mais essayez de mettre en pratique ce que vous comprenez.

4. Pendant cette période, allez aux offices de l'Eglise orthodoxe si vous le pouvez. Simplement tenez-vous là, debout ou assis, et écoutez. Ne jugez pas les gens qui sont là, d’aucune manière. Ne soyez pas contrarié de ce que vous ne comprenez pas. Si vous êtes un membre de l'Eglise orthodoxe désorienté et troublé, ne servez pas à l'autel, ne faites pas les lectures, ne chantez dans le chœur, tout le temps de cette période.

5. Pendant cette période, ne mentez à propos de rien, ne faites consciemment de mal à personne, essayez d'être gentil et bon avec tous ceux que vous rencontrez, sans exception. Si possible, faites quelques bonnes œuvres pour les autres, même une heure ou deux seulement par semaine, aussi secrètement que possible. Egalement, si possible, donnez un peu d'argent toujours en secret à ceux qui en ont besoin.

6. Pendant cette période, si vous n'êtes pas marié, ne vous livrez à aucun acte sexuel, de quelque nature que ce soit, même avec soi seul. Si vous ne parvenez pas à cela, oubliez tout de suite, et recommencez.

7. Pendant cette période ne vous enivrez pas. Ne mangez pas trop. Ne mangez pas d’aliments malsains. Et essayez de manger et de boire moins que la normale, deux jours par semaine, par exemple, les mercredis, et vendredis.

8. Pendant cette période, asseyez-vous dans un silence total, au moins 10 à 15 minutes par jour, ou même jusqu'à 30 minutes par jour, si vous pouvez, regardant les pensées qui vous viennent à l'esprit, et les laissant partir avec une prière: «Dieu [si tu es là] illumine mon esprit. Dieu [si tu es là] viens à mon aide. Dieu [si tu es là] sauve les personnes dont les pensées me viennent à l’esprit. "

9. Pendant cette période, essayez de parler aussi peu que possible, sans irriter les autres. N’essayez pas de faire connaître ou accepter votre opinion dans des conversations, à moins qu’on ne vous le demande. Ecoutez les autres. Soyez attentif à leur présence et à leurs besoins. Ne débattez pas avec quiconque de quoi que ce soit.

10. Pendant cette période, trouvez quelqu'un en qui vous avez pleinement confiance, et partagez avec cette personne vos pensées, sentiments, rêves, découragements, compulsions, etc. en détail. N’entrez toutefois pas dans le détail des choses sexuelles, ou sur d'autres personnes. Discutez en détail de votre famille d'origine, et vos expériences de l'enfance – les bonnes et les mauvaises. Concentrez-vous sur les souvenirs qui produisent en vous détresse ou tristesse, et sur les souvenirs qui vous apportent de la joie.

11. Pendant cette période, faites un bilan de vos éventuelles addictions à la nourriture, à l'alcool, la drogue, le sexe ou la toxicomanie et autres dépendances que vous pensez voir comme, par exemple, la rage, le jeu, ou le shopping. Si vous voyez que vous êtes dépendant de quelque manière, commencez un programme de traitement (ou inscrivez-vous à un groupe de soutien).

12. Pendant cette période, faites votre travail ou vos études, au mieux de votre capacité: avec soin, de façon responsable, consciencieusement, et fidèlement. Vivez une journée, même une partie de la journée, et uniquement cette journée ou cette partie de la journée. Concentrez-vous pleinement sur ce que vous faites au moment donné.
(Version française par Maxime le minime)

samedi 1 mai 2010

St CÔME L’ÉTOLIEN (enseignements) : l'homme et la femme, pas de mépris.

Ecoutez, mes frères, ces joyeux mystères que possède notre sainte Eglise. Mais elle les a recouverts et ils ont besoin d’être dévoilés. C'est pourquoi vous devez tous avoir une certaine éducation, et ainsi vous comprendrez où vous allez.

Et toi, l'homme, ne traite pas ta femme comme une esclave, parce qu'elle est une créature de Dieu comme tu l’es. Dieu a été crucifié pour toi, comme il l'a été pour elle. Tu appelles Dieu père, elle l'appelle père aussi. Tu as une foi, un seul baptême. Dieu ne considère pas la femme comme inférieure. C'est pourquoi il l’a faite à partir du milieu de l'homme. Mais il ne l’a pas faite à partir de la tête, pour qu’elle n'ait pas de mépris pour l'homme. De même, il ne l’a pas faite à partir des pieds, afin que l'homme n'ait pas mépris pour la femme.


 
(version française de Maxime le minime)

vendredi 30 avril 2010

Le monastère féminin de la TRANSFIGURATION (site Web) à Terrasson-Lavilledieu en Dordogne



En 1978, l’archimandrite Aimilianos, higoumène du monastère de Simonos Pétra au mont Athos, décida d’envoyer en France trois moines français avec pour mission de créer des dépendances du monastère. [...]
Le monastère de la Transfiguration a donc été fondé en 1978 par le Père Elie Ragot.


 La première liturgie et la bénédiction du monastère ont été célébrées le 24 juin 1978, date qui marque ainsi la fondation de la communauté. [...]
Le monastère compte actuellement cinq moniales et une novice, accompagnées du Père Elie, fondateur, aumonier et père spirituel de la communauté.[...]


Bien qu’étant une dépendance du monastère de Simonos-Pétra en Grèce, la communauté du monastère de la Transfiguration enracine sa spiritualité dans la tradition chrétienne française.[...]
(extraits des textes et photos du site du monastère)

Monastère de Simonos-Pétra
(photo du site :

 

mercredi 28 avril 2010

ST BASILE D'OSTROG


Notre Saint Père Basile naquit, en 1610, de parents pauvres mais fort pieux, dans le village de Merkonitch en Herzégovine. La première école de piété fut pour lui la maison paternelle, où l'on se souciait plus des choses de Dieu que de ce qui est terrestre et éphémère, et la seconde école, où son âme put satisfaire ses aspirations spirituelles, fut la fréquentation régulière des Offices Liturgiques, prolongée par la prière personnelle dans la solitude. Après être entré dans l'église en se prosternant profondément à terre et en avoir pieusement baisé le sol, il suivait la Sainte Liturgie, immobile et avec crainte, comme s'il se trouvait devant le trône de Dieu. Bien qu'il fût très pauvre il partageait toujours son pain avec les autres enfants qui allaient avec lui paître les troupeaux.

Pour échapper à l'influence perverse de voisins qui avaient apostasié la Foi Chrétienne pour se convertir à l'Islam, ses parents l'envoyèrent compléter son instruction au Monastère de Zavala, dont son oncle était le Supérieur. En lisant avec avidité les écrits des Saints Pères son coeur s'enflamma pour la vie ascétique et il décida de devenir Moine. Il fut tonsuré au Monastère de Tverdoch, et quelque temps après il fut ordonné Diacre puis Prêtre. Par la suite, il fut appelé au service du Métropolite Mardaire à Tsétinié.


En ces temps où les Serbes étaient opprimés sous le joug turc, la Foi Orthodoxe était par ailleurs mise en danger par la propagande des Jésuites qui cherchaient à les convertir au Catholicisme. Saint Basile attira l'attention du Métropolite sur cette propagande sournoise et sur la nécessité de prendre la défense de l'Orthodoxie, mais celui-ci se montra indifférent et l'accusa faussement devant le peuple. Mais ces calomnies ne reçurent pas d'échos, car les Chrétiens avaient pleine confiance en Saint Basile, dont le mode de vie portait un éclatant témoignage à la Vérité. De retour à Tverdoch, le Saint parcourut les villages, célébrant les Offices et exhortant le peuple à garder la foi comme le plus précieux de ses biens. Cette œuvre apostolique souleva contre Basile la haine de ceux qui avaient adopté la religion musulmane et qui cherchaient à le tuer. Pour échapper à ce danger le Saint dut s'enfuir en Russie. Il en revint quelque temps après, avec de nombreux livres et ornements liturgiques. Mais il découvrit que la haine des musulmans et des uniates à son égard s'était nullement apaisée, et il dut s'éloigner de nouveau pour faire un pèlerinage au Mont Athos. A son retour, il passa par Petch, où le Patriarche serbe Païssi le consacra Évêque et le nomma Métropolite de Trébinié (1638)...
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Le monastère orthodoxe d'Ostrog est l'un des monastères les plus visités des Balkans. Les croyants du monde entier, seul ou en groupes, viennent s'y recueillir : les orthodoxes, les catholiques et les musulmans car les reliques conservées de Saint Basile d'Ostrog font des miracles.



Quand on mentionne Ostrog, on associe immédiatement ce nom à un site où ont lieu des miracles, où beaucoup de personnes avec de graves maladies viennent chercher et trouvent le médicament spirituel à leur âme, et recouvrent rapidement la santé de leur corps. Le monastère d'Ostrog est un des sites le plus visités pendant toute  l'année au Monténégro. Les croyants de toutes les religions et de toutes les régions de l'ex-Yougoslavie et même de beaucoup d'autres pays le visitent. Fixé à une masse rocheuse du mont Ostrog, le monastère produit un effet impressionnant à quiconque y dirige son regard.

Fondé dans la deuxième moitie de 17ème  siècle par le métropolite de Zahumlje-Hérzegovine Basile Jovanovic, postérieurement nommé Saint Basile d'Ostrog le monastère se trouve à Bjelopavlici, au-dessus de la vallée de Zeta. Saint Basile est né dans le village Mrkonjic dans le Champ de Popovo, le 28 décembre 1610. Au baptême il a reçu le nom de Stojan. Dans le Monastère haut il y a deux petites églises : l'église haute consacrée au Saint Crucifix, où Saint Basile a passé 15 années en jeûne et en prière. L'autre, l'église inférieure du Monastère haut est consacrée à La Présentation de la Mère de Dieu au temple ( Vavedenje ). Saint Basile est mort le 29 avril 1671. La tradition rapporte qu'il s’est souvent présenté dans son rêve à l'abbé de cette époque en lui commandant de venir à Ostrog et d’ouvrir sa tombe. Cela s’est passé deux fois, parce que l’higoumène n’a pas accordé une grande valeur à ce rêve. Ce n’est que la troisième fois que l'abbé a pris la décision de raconter son rêve à ses frères, lesquels ont pris la décision d'aller à Ostrog.
Quand ils ont ouvert la tombe de Saint Basile, ils ont trouvé son corps entièrement intact, jaune comme la cire et qui sentait comme un parfum de basilic.
Cela a donc été une preuve véritable que Basile d'Ostrog était vraiment un saint. Ses reliques ont été placées  dans le Reliquaire, où elles demeurent encore aujourd'hui. Dans le lieu, où il est décédé, une vigne a poussé  dans une anfractuosité de la pierre, où elle produit encore aujourd'hui des raisins très doux, bien que les conditions naturelles et climatiques ne soient guère favorables à sa croissance. En arrivant dans le monastère, on visite d'abord les reliques de Saint Basile, lesquelles se trouvent dans l'église de Vavedenje,  La Présentation de la Mère de Dieu au temple. Après avoir visité les reliques, on monte l'escalier jusqu'à l'église du Saint Crucifix. On  trouvera dans cette église les mains du martyr Stanko, lequel était un berger qui eut les mains coupées, d'après la tradition, parce qu'il avait publiquement déclaré devant les Turcs qu'il était un chrétien. On peut les voir sous leur châsse de verre. A gauche des mains, il y a des chaînes, qu’un homme a laissées au monastère, à la suite de sa guérison après une nuit passé au-dessous des reliques du Saint. Il était atteint d'une maladie mentale, et il avait besoin de chaînes afin d'arriver à Ostrog tranquillement. Puis il a été guéri ici, et les chaînes sont restées afin de rappeler cet admirable  miracle qui s’est produit à Ostrog.
Auprès de chaînes, il y a une grenade qui avait été lancée en février 1942 lors de l’attaque du monastère et du bombardement du mur de pierre au-dessus du Monastère haut par les Allemands, la porte  l'église du Saint Crucifix  a été brisée. Mais, il est étonnant qu'elle n'ait pas explosée à cette occasion. La grenade s’est brisée en deux à cause de sa chute, mais le détonateur est tombé d’un côté, et la charge de poudre de l'autre côté de la dalle de pierre de l'église. L'examen d’un spécialiste a établi plus tard que la grenade n’avait pas de défaut et qu’elle aurait du exploser. On croit que le saint ne l'a pas permis, parce que l'église sainte et ses ascètes en auraient subi un grand dommage. En face de l'église du Saint Crucifix il y a cette vigne sainte qui a poussé sur le site où Saint Basile est décédé, et qui a  des pouvoirs de guérison pour les croyants. De ce balcon on a une belle vue sur l'entourage et sur une partie de la petite enceinte au-dessous du monastère, où se trouve la tombe de Saint Basile. En sortant à droite il y a une fontaine d’eau sainte, à laquelle on attribue également des qualités de guérison.


Saint Basile est respecté même par les athées. Les pèlerins se dépêchent chez le saint, jours de fêtes comme jours ouvrables, ils viennent aussi bien de régions proches que de régions lointaines. L'église, où reposent ses reliques, est remplie d’une odeur agréable, qui émerveille tout pèlerin. Entre le Monastère haut et le Monastère bas il y a une forêt, traversée par une route asphaltée de 5 km, il existe également un sentier pédestre qui est beaucoup plus court et on arrive à destination en 20-25 minutes. Les logements auprès du monastère peuvent recevoir jusqu'à 300 personnes. Les voyages de pèlerinage  ont commencé même pendant la vie de Saint Basile et n’ont pas cessé jusqu'à aujourd'hui. À la Fête de Saint Basile et de La Dormition de Notre Dame, s’y réunissent environ 20.000 pèlerins. Ceux qui n'ont pas la possibilité d'amener leurs malades auprès du reliquaire du saint apportent leurs vêtements et les laissent au-dessous du Reliquaire pendant au moins une nuit. On peut trouver  dans les livres d’or du monastère de nombreux témoignages de miracles et davantage encore dans les cœurs des croyants. Les gens en effet racontent et parlent beaucoup de ces miracles de saint Basile à travers tout le pays. Lieu sacré, le monastère d'Ostrog est aussi un monument culturel et historique. Il témoigne du temps passé, présent et futur, il témoigne de la foi, de la culture, de la tradition d'un peuple, qui a vécu pendant des siècles dans cette région.

jeudi 22 avril 2010

PROGRAMME EN 10 POINTS POUR UNE VIE ORTHODOXE

1. Prière quotidienne
Ayez une règle de prière régulière
 qui comprenne prières du matin et du soir..



2. Participer aux offices et aux mystères
Assistez et participez à la Divine Liturgie,
 recevez régulièrement la Sainte Communion,
 et ayez une pratique régulière de la Confession.



3. Respecter le cycle liturgique de l'Église
Suivez les saisons de l'Église
 et participez aux jeûnes et aux fêtes de l'Église.



4. Pratiquer la prière de Jésus
Répéter le Saint Nom dans la mesure du possible
 tout au long de la journée ou de la nuit.



5. Ralentir le rythme votre vie et y mettre de l’ordre
Établissez des priorités et réduisez le stress
 et les frictions causées par une vie mouvementée.



6. Être attentif
Accordez toute votre attention
 à ce que vous faites à chaque instant.



7. Apprivoiser les Passions
Surmontez vos habitudes,
 et l'attachement à vos goûts,
 apprenez à pratiquer les vertus.



8. Fixer d'autres Priorités
Libérez-vous de votre égoïsme
 et trouvez de la joie à aider les autres.



9. L’Amitié Spirituelle
Passez du temps régulièrement
 avec d'autres chrétiens orthodoxes
 pour y trouver soutien et inspiration.


10. La lecture des Écritures et des Saints Pères
Inspirez-vous des enseignements des Saintes Écritures,
 de la sagesse des Saints Pères et de la vie des Saints de l'Eglise.

mercredi 21 avril 2010

Acribie et Economie dans l'Orthodoxie, l'usage du Pedalion par Père Christophoros Klitou

Le Pedalion, le livre des Canons compilés vers la fin du 18ème siècle, par deux moines [Agapius et Nicodème] du monastère Pantocrator du mont Athos contient les Canons apostoliques, les Canons des conciles œcuméniques, les Canons de synodes régionaux et Canons de saints Pères comme saint Basile et de saint Jean le Jeûneur. Strictement parlant, l'Église orthodoxe est l'Église des sept conciles œcuméniques, de sorte que tous les autres canons ne devraient être utilisés que comme référence, mais pas comme faisant autorité. Les Conciles œcuméniques ont été réunis du IVe siècle au VIIIe siècle pour résoudre les problèmes qui ont troublé l'Eglise au cours de chaque période. Définir la doctrine de la foi chrétienne a été le travail de ces conciles, le Credo [l'exposé de la foi], les canons [règles] pour guider les chrétiens et les empêcher de tomber dans l'erreur et l'hérésie, et d'autres questions importantes de la Vie de l'Eglise. Nous voyons que de nombreux canons pour l’accompagnement et l’orientation des chrétiens ont été révisés ou mis à jour d'un concile à l'autre et c'est parce qu’il y a des points qui étaient en vigueur au IV°siècle mais ne pouvaient être appliqués de la même manière, au VIII°siècle. Nous sommes maintenant au XXI°siècle et si nous avions [comme il se devrait] un concile œcuménique aujourd'hui, la majorité des canons [pour l'orientation chrétienne] serait définitivement mise à jour ou jetée par la fenêtre. 

Prenons comme exemple le péché de l'avortement volontaire. Un canon ancien condamne le pécheur à l'exclusion des Saints Mystères, jusqu'au moment de sa mort. 
Un autre canon exclut un meurtrier pour 25 ans mais il doit passer ces années à se repentir et doit demeurer à jeun depuis le matin jusqu'au soir et ensuite ne manger exclusivement que du pain et des fruits secs (Xérophagie). 
Le canon 20 d'Ancyre [314], exclut le pécheur pendant sept ans. 
Le canon 91 du 6e concile œcuménique [692] condamne le pécheur meurtrier à l'exclusion des Mystères et cette condamnation est à nouveau à perpétuité. 
Le 2e de Basile exclut le pécheur pendant dix ans. 
Le canon 21 de Jean le Jeûneur pour cinq, voire trois ans. 
Les canons de Jean le Jeûneur sont en général très cléments par rapport à d'autres canons. 
Pourquoi avons-nous ces grandes différences d'un canon à l'autre? 
Précisément parce que les canons ne sont pas la foi chrétienne, ils ne sont pas des peines qui condamnent les pécheurs à une vie en dehors de l'Eglise, mais ils doivent être utilisés pour guider le peuple afin qu’il mène une vie juste agréable à Dieu, aidant ainsi les gens à trouver leur chemin vers leur salut. 
Nous pourrions comparer la route de la terre vers le ciel à une très longue autoroute. Sur notre chemin, il se peut que nous soyons fatigués ou nous ayons besoin de faire le plein de notre véhicule, et donc pour un temps, nous quittons l'autoroute pour trouver une auberge convenable ou une station-service. En sortant de l'autoroute nous nous écartons ainsi de notre route et il se peut que nous ne puissions pas retrouver notre chemin pour regagner l'autoroute. Nous avons alors besoin d'aide et c'est là que nous avons besoin des canons, les canons sont comme des panneaux de signalisation routière qui nous dirigent vers la voie à suivre, contribuant ainsi à nous faire revenir sur l'autoroute. 
Quand on demanda à Jésus "Quel est le plus grand commandement de la loi?" Il répondit: "Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée. C'est le premier et grand commandement. Et le second lui est semblable: Tu aimeras ton prochain comme toi-même. De ces deux commandements dépendent toute la loi et les prophètes. "(Matthieu 23: 37-40)
L'amour est donc au-dessus de tous les canons et peut les remplacer chaque fois que l’on considère qu’un canon pourrait faire plus de mal que de bien.
Aujourd'hui, si une femme vient se confesser pour avouer qu'elle a fait un avortement volontaire, nous ne saurions l'exclure de la communion pendant trois ans car au lieu d'aider son retour à l'Église, en fait, on la ferait certainement fuir. Le prêtre peut juger si vraiment elle se repent de ses actes et peut peut-être lui dire de ne pas communier pendant trois mois ou peut-être ne même pas lui parler d'une pénitence. Christ est amour, l'Église est amour, et nous devons aussi être l'amour. L'Eglise et ses prêtres doivent toujours témoigner de l'amour et la compassion pour les gens. Nous ne sommes pas des juges du peuple. Nous laissons cela à Dieu et à Dieu seul. À l'époque où les canons ont été écrits, tout le monde allait à l'église, et demeurait dans la partie principale de l'église jusqu'à la fin, devait recevoir la sainte Communion. Ainsi, quelqu'un qui ne communiait pas se tenait à l'écart des autres et ce devait être une expérience humiliante. Aujourd'hui, les gens vont rarement à l'église et reçoivent encore moins la communion régulièrement. Dire à quelqu'un qu'il ne pourra pas recevoir la communion pendant un, deux ou trois ans, ce ne serait pas vraiment l’aider au repentir, mais préférer les tenir éloignés de l'église pour cette période de temps, ferait davantage de dommages que de bien."
(Version française de Maxime le minime
 d'après "Questions and Answers"
sur le site The Orthodox Pages
de Père Christophe Klitou)

lundi 19 avril 2010

Philotimo (φιλότιμο) : l'Amour et le Devoir





L’explication du Président B. Obama du mot grec philotimo (φιλότιμο) est à peu près juste quand il dit que philotimo signifie l’amour de l'honneur, l'amour de la famille et la communauté, le sentiment d'appartenance et le sens du travail commun, le sens du devoir, l’action juste, la dignité et le respect. Pourtant, bien qu’ayant mentionné toutes ces nuances, le discours d'Obama n'a pas vraiment réussi à saisir l'essence de philotimo.


Peut-être un exemple serait-il utile. Disons que quelqu'un me montre qu'il me considère comme assez digne pour entreprendre une expédition. Si je veux montrer que j’accorde de la valeur à l'idée d'entreprendre cette expédition, j’essaye alors de répondre volontairement à ses attentes, attentes qui ne me sont en aucune manière imposées, ce qui constitue une manière de faire qui protège le fondement de notre relation, parce que cette relation ne peut être essentielle que si elle se fonde sur une évaluation et une compréhension communes de la valeur particulière apportée à l’entreprise de cette expédition.


Ainsi nous comprenons philotimo comme l'amour de la poursuite d'un honneur que quelqu'un me fait, avec ma volonté de devenir digne de notre reconnaissance commune d'une valeur, afin de protéger et de faire progresser ma relation avec l'autre.


Cela signifie également que notre valeur commune a dans le même temps une importance première et une secondaire. Une première, parce que sans elle une relation est impossible, et une secondaire, parce que la relation elle-même est le but ultime, et non pas la culture d'une valeur. Le souhait de mes amis que je devienne meilleur encore, prend en moi la’ forme’ de philotimo, ou, philotimo est l'écho existant en moi de leur espérance et de leur amour pour moi - ou bien encore, philotimo est le meilleur à l’intérieur de moi, qui essaye également de l'extérieur, de me rendre meilleur.


Pour avoir la vertu de philotimo, vous avez besoin d’associations où des contraintes telles que le sentiment d'obligation, du devoir, etc., ne sont pas très importantes, comparées aux exigences qui sont celles de l'amour et de l'amitié. Ce qu'une société «mécanique» réalise grâce à la discipline, au sens du devoir, aux idéologies, etc., une société fondée sur l'amitié le réalise encore plus fort grâce à philotimo.






C'est pourquoi Plutarque dit que les amants sont les plus grands combattants, car ils évitent par tous les moyens d’apparaître à leurs bien-aimés comme des lâches ou comme quoi que ce soit d'inférieur et indigne de leurs attentes.


(Version française de The Greek word Philotimo
par Maxime le minime)


Dans une note extraite du livre St Arsène de Cappadoce par le le père Païssios traduit et édité par le monastère St Jean le Théologien Souroti de Thessalonique (où repose Père Païssios) on peut lire cette définition plus spécifiquement chrétienne orthodoxe :


φιλότιμο = noblesse d’âme, bonté, reconnaissance, amour purifié exempt de tout retour sur soi, de celui qui ne regarde jamais son propre intérêt mais ne cherche qu’à être agréable à Dieu, le Père Païssios considérait cette vertu comme le fondement du progrès dans la vie spirituelle.





À propos de philotimo, Père Païssios disait :

"Le juste chrétien ne pratique pas de bonnes actions pour son propre bénéfice, c’est-à-dire pour être récompensé ou pour éviter l'enfer et gagner le paradis, mais plutôt parce qu'il préfère le bien au mal. Tout le reste est une conséquence naturelle du bien qui remplit notre âme sans l’avoir demandé. De cette façon, le bien a de la dignité, sinon, il provient de l'attitude à bas prix du 'donner et prendre'." (Version française par Maxime le minime)

vendredi 16 avril 2010

Transfert du Patriarcat Œcuménique en Grèce ?



Presque 40 ans après la fermeture de l’École Patriarcale de Halki par le gouvernement turc, le Patriarche Œcuménique Bartholomée envisage la possibilité de transférer l’École dans la région grecque proche d'Alexandroupolis. L'Eglise locale est excitée par la possibilité d'aider le Patriarcat œcuménique ; une zone de 15.000 m² est prête à être donnée à l’École, ou, si le Patriarche préfère, l'ensemble de l'île de Samothrace.




Le transfert de l’École Patriarcale à la Grèce aurait pu avoir lieu il y a des années auparavant bien sûr, mais le Patriarche œcuménique envisageait ce problème dans la même logique selon laquelle le Patriarcat lui-même ne pouvait pas quitter Constantinople. Pourtant, après un effort des Turcs si persévérant et si réussi pour éliminer la composante byzantine/hellénique en Turquie , un effort qui a inclus également une "guerre" non déclarée contre le Patriarcat œcuménique, le moment est peut-être venu de développer une autre logique.
La valeur symbolique de Constantinople pour le Patriarcat et toute la Chrétienté Orthodoxe est importante, mais nous ne pouvons pas tout sacrifier à cette valeur. Transférer non seulement l’École, mais le Patriarcat lui-même à la zone voisine de la Thrace, à Alexandroupolis, ou à Samothrace , etc., permettrait de conserver en quelque sorte un lien avec Constantinople, la valeur symbolique de la Ville continuerait d'exister dans le nom même du Patriarcat, et toutes les visites nécessaires à la Ville seraient facilitées.
Bien sûr, un Turc qui rêve d'un avenir européen de la Turquie peut comprendre que la «guerre » contre le Patriarcat œcuménique et en général contre la communauté grecque a été une grande erreur. À mon avis, la Turquie , en tout cas n'a pas sa place en Europe, mais nous devons remercier Dieu pour ces erreurs turques, qui aident même les Européens les plus aveugles à voir où se trouvent les frontières orientales de l'Europe.


(Version française de Maxime Le Minime d'après The Patriarchal School of Halki to be transferred to Greece)