Les lèvres mensongères font horreur à l'Éternel, tandis que ceux qui agissent avec fidélité lui sont agréables. Proverbes 12:22 «C'est ce qui sort de l'homme qui le rend impur. En effet, c'est de l’intérieur, c'est du cœur des hommes que sortent les mauvaises pensées, les adultères, l'immoralité sexuelle, les meurtres, les vols, la soif de posséder, les méchancetés, la fraude, la débauche, le regard envieux, la calomnie, l'orgueil, la folie. Toutes ces choses mauvaises sortent du dedans et rendent l'homme impur.» Marc 7:20-23 Un témoin fidèle ne ment pas, tandis qu’un faux témoin dit des mensonges. Proverbes 14:5 « Vous, vous avez pour père le diable et vous voulez accomplir les désirs de votre père. Il a été meurtrier dès le commencement et il ne s'est pas tenu dans la vérité parce qu'il n'y a pas de vérité en lui. Lorsqu'il profère le mensonge, il parle de son propre fond, car il est menteur et le père du mensonge. » Jean 8:44 Si les paroles distinguées ne conviennent pas à un fou, les paroles mensongères conviennent d’autant moins à un noble. Proverbes 17:7 « Écarte de ta bouche la fausseté, éloigne de tes lèvres les détours ! Proverbes 4:24 Craindre l'Éternel, c'est détester le mal. L'arrogance, l'orgueil, la voie du mal et la bouche perverse, voilà ce que je déteste. » Proverbes 8:13 « Pierre lui dit : «Ananias, pourquoi Satan a-t-il rempli ton cœur, au point que tu aies menti au Saint-Esprit et gardé une partie du prix du champ? […] Comment as-tu pu former dans ton cœur un projet pareil? Ce n'est pas à des hommes que tu as menti, mais à Dieu.»Actes 5:3-4Mais pour les lâches, les incrédules, les abominables, les meurtriers, les impudiques, les enchanteurs, les idolâtres, et tous les menteurs, leur part sera dans l'étang ardent de feu et de soufre, ce qui est la seconde mort.Apocalypse 21.8

mercredi 10 décembre 2014

FOI ET POLITIQUE - Peut-on être chrétien "de gauche" ?

LES GENS "DE GAUCHE " de simples serviteurs du diable…

Peut-on être chrétien "de gauche" ?

Bien sûr qu'il y en a et même pas mal d'Orthodoxes qui le prétendent sans doute…
Pourtant est-ce compatible ? Sont-ce vraiment des chrétiens ?
Je prétends que non. Absolument non.  Je prétends que les idéologues, les militants, les politiques, les faiseurs de lois, et leurs applicateurs zélés, les médias qui les soutiennent, tous gens "de gauche" sont désormais plus nus autant que leur roitelet… on connaît désormais leur pseudo générosité même chez les moins révolutionnaires. En aucun cas ils ne peuvent être chrétiens et pas seulement parce qu'une large partie d'entre eux sont en effet anti-chrétiens par conviction, mais avant tout parce qu'ils sont,  par leur propagande comme par leurs actions, de parfaits serviteurs du diable.

Et là il faut rappeler ce qu'est le diable. 
Non pas ce personnage rouge et cornu ou noir et poilu, selon je ne sais quel folklore, auquel plus personne ne croit (ce qui est une grande réussite du diable)  sauf quelques attardés et naïfs idolâtres de satanistes, mais celui dont toute l'action masquée, hypocrite et trompeuse et éminemment malveillante, malfaisante, et pour finir mortifère ne cesse de pervertir tout ce qu'il touche et tous ceux qu'il touche afin de causer leur perte.
Prenez votre Bailly et lisez bien la définition des mots diaboli (διαβολή)  et diabolos ( διάβολος) en grec, d'où nous vient le mot diable et vous allez comprendre rapidement :



Si l'on considère les fondements des idéologies et des évènements historiques qui s'en sont inspirés et qui nourrissent "la gauche" dans nos contrées (le "libéralisme" outre-Atlantique) depuis quelques siècles jusqu'à l'apothéose  contemporaine, on ne voit qu'exaltation de la division, de la désunion, de l'inimitié, de l'envie, de la haine et de la guerre en effet :
  • classe contre classe
  • sexe contre sexe
  • enfants contre parents
  • élèves contre enseignants 
  • race contre race
  • homosexuels contre hétérosexuels
  • immigrés contre citoyens "de souche"
  • homme contre Dieu
Voilà quelques uns des thèmes favoris de cette "gauche".
Mais leur paradoxe, que l'on peut plutôt qualifier de ruse stratégique, machiavélique ou  "au mieux" de stupide et funeste aveuglement, c'est de prétendre avoir pour noble objectif de défendre dans tous ces thèmes  les victimes d'un pouvoir abusif,   de défendre l'égalité, la justice et la tolérance, alors que leur propagande et leur militance ne font qu'attiser la dissension, la brouille et l'inimitié. Et désormais, de nos jours, ces gens qui nous "gouvernent" ne font pas autre chose avec leurs discours et leurs lois  que de favoriser la médisance, la calomnie, la malveillance, de semer la désunion, de réveiller l'aversion, de développer la haine et de faire germer la guerre civile en tout ce qu'ils touchent. Oui leur action est bien diabolique, sans aucun doute.
  • Plutôt que de favoriser le dialogue au cas par cas dans les entreprises, ils font des lois totalitaires, à appliquer obligatoirement par tous sans le moindre discernement, la moindre souplesse, ni la moindre adéquation à la réalité, qui ne font que durcir "le dialogue social" et contraignent les parties à jouer le jeu d'un rapport de forces dans le travail qui ne fait qu'entériner le principe de l'injustice, c'est à dire la primauté de la loi du plus fort. Peu importe sur quoi se fonde cette force, ni qui gagne, car celui qui a perdu finira par désirer se venger avec ses propres armes et la lutte des classes sera bien entretenue. Un véritable chrétien ne peut se reconnaître dans de telles dispositions. Division.
  • Un chrétien par ailleurs ne peut être machiste pas plus qu'il ne peut être féministe. Ce sont des notions qui lui sont étrangères car ce qui prime ou devrait primer normalement et fondamentalement, chez le chrétien, c'est l'amour et pas le rapport de force entre l'homme et la femme sous le prétexte de la libération du plus "faible". Qu'importe, chez un couple inspiré et nourri par l'amour, qui fait quoi dans l'organisation de la vie conjugale et familiale. Foin de l'idéologie dans un couple qui a pour objectif la construction patiente et l'entretien fervent de l'amour dans la reconnaissance de l'irréductible et dans la persévérance,  dans l'objectif de la sanctification réciproque. La notion de perte et de frustration, due à un sacrifice à cause de l'autre, n'est objet d'aucun rapport de force ni de souci d'égalitarisme. Car si, selon St Paul, la femme est censée suivre son mari, le mari a pour modèle le Sacrifice du Christ car il n'est pas de meilleure preuve d'amour que de donner sa vie pour ceux que l'on aime. Car le premier doit servir le dernier, et l'exemple du plus puissant, le Pantocrator est de se faire humble serviteur pour ceux qui le suivent. Le Christ ne leur lave-t-Il pas les pieds et n'accepte-Il pas de servir, et de souffrir jusqu'à la mort assumée. Certes la société était loin d'avoir réalisé dans les siècles précédents le Royaume sur terre, (pas plus que maintenant) et pour leur majorité,  les femmes demeuraient, mineures aux yeux des hommes. L'intolérable inégalité des salaires, le harcèlement sexuel au travail et désormais dans la rue même, demeurent, scandaleusement. Mais il n'empêche qu'un certain féminisme, devenu "idéologie" d'une guerre des sexes, encore considéré comme une valeur "de gauche",  n'a fait qu'exacerber l'impatience, l'inimitié, et la séparation, et pour finir, par créer les conditions de la  renaissance d'un nouveau machisme venu d'ailleurs, plus abject et violent que le précédent… Les divorces sont en nombre croissant, comme la solitude des célibataires, produits de la division. 
  • Il en est de même avec la survalorisation de la jeunesse. Depuis les années 50, la société marchande n'a cessé de chercher à multiplier et diversifier ses cibles, de façon à augmenter les profits. Les différentes tranches de l'enfance jusqu'à l'adolescence ont subi une propagande de pseudo reconnaissance des droits de l'enfant, de légitime révolte contre les aînés, de prise en compte de leur spécificité par une différenciation prétendue respectueuse de leurs désirs légitimes. Désirs tôt transformés en revendication, en constitution de groupes et de mouvements auto proclamés avec comme point commun la révolte contre "les vieux". Il n'était plus question d'avancer, chacun à son rythme respecté, en passant certes par l'opposition nécessaire et vitale, vers l'âge adulte, mais de valoriser la séparation, la division en classes d'âge et faire affronter "la jeunesse" à tout ce qui était "institutionnel", donc vieux et réactionnaire. Résultat : plus personne ne veut être "vieux" et le "jeunisme" sévit en tout lieu. Pour lutter contre l'abus de pouvoir parental on a rien trouvé de mieux que de renforcer dès le plus jeune âge l'ego des enfants, en favorisant leur désobéissance et leur désir d'indépendance en tout. Mais on n'a malheureusement pas éradiqué l'abandon des enfants, la solution de l'avortement, la maltraitance, ni l'abominable inceste et l'on constate une augmentation des suicides d'enfants. On a seulement favorisé l'égoïsme grandissant des parents, désirant avant tout "profiter de la vie", et celui des enfants qui ont désormais "le droit" d'avoir leur "indépendance", c'est à dire de ne plus communiquer avec leur parents, d'avoir leur vie séparée. C'est une oeuvre de division là encore. Et à l'instar de la lutte des classe, et la guerre des sexes, la guerre des âges est née et s'est développée sous le prétexte en apparence généreux de la reconnaissance des droits de l'enfant, thème de gauche certainement aussi. Division.
  • Évidemment cette même survalorisation de l'état passager de la jeunesse (même si l'on fait tout pour la prolonger et la conserver le plus longtemps possible par tous les moyens) s'est appliquée à l'école et aux relations entre enseignants et élèves. On a voulu en suivant les théories d' idéologues de gauche, autoproclamés spécialistes de la pédagogie, "mettre l'enfant au centre du système" et on a substitué l'éducation ( normalement réservée aux familles et non à l'état sauf dans les régimes totalitaires nazi ou communiste) à l'instruction. On sait ce qu'il en est advenu : de moins en moins de respect de l'enseignant, jusqu'à la remise en cause, l'insulte et les agressions physiques. Un rapport de forces quasi constant. Un souci de démocratie a sans doute motivé une participation croissante des parents d'élèves dans les affaires de l'école jusqu'à l'ingérence directe. Là encore qu'a-t-on obtenu ? Opposition de deux camps. Méfiance, médisance, calomnie, et division entre élèves et enseignants et parents et enseignants. Division.
  • Le bon accueil et le respect de l'étranger, principes bibliques et chrétiens se sont transformés dans le discours "de gauche" en survalorisation  de sa culture et de ses us et coutumes d'origine, fussent-elles en contradiction évidente avec celles de ceux qui accueillaient. Qui plus est,  cela s'est fait contre la culture d'accueil, son mode de vie, son mode de relations humaines, son mode d'éducation des enfants, ses valeurs morales, à partir de ce moment-là critiquées, dévalorisées, dénigrées, chargées de tous les maux du monde, et pour finir réduites à néant avec un acharnement inconcevable et tel qu'il devenait une paradoxale haine de soi, une autoflagellation permanente à tout propos jusqu'à nourrir le désir de remplacement de sa propre cultures par celles des autres; tout cela  dans un projet suicidaire d'autodestruction.  Le prétendu respect de l'étranger et de la différence a en réalité favorisé et consolidé la constitution de ghettos, le refus de l'intégration et de l'assimilation des immigrés, jusqu'à nourrir le mépris de la culture d'accueil, voire le désir de la remplacer par celle que l'on a quittée pour des terres meilleures, paradoxalement. Tout cela a attisé la haine et la division. Clairement encore une fois la division.
  • Le Christianisme authentique abandonné, méconnu voire inconnu, déformé voire même inventé, ne condamne jamais le pécheur mais seulement le péché. L'homosexualité n'est rien d'autre qu'une propension "naturelle" (trop "naturelle") comme une autre, à pécher dans un domaine particulier. Pourquoi est-on infidèle, obsédé par le sexe, goinfre, ivrogne, violent… etc. ? On peut sans doute tenter et même parvenir à "comprendre" pourquoi, pour essayer de changer ce que l'on voit bien comme étant source de mauvaise vie pour soi et d'effets néfastes pour les autres. Et sans aucun doute est-ce condamnable aux yeux des hommes comme au regard de Dieu.  Mais Dieu ne veut pas la mort du pécheur mais qu'il vive et qu'il se retourne vers Lui, et réoriente et dépasse ses passions en les transfigurant pour en utiliser l'énergie non pour jouir de façon éphémère dans cette vie terrestre et matérielle en s'y perdant pour ensuite en goûter l'amertume quand la frustration apparaît inévitablement pour les  raisons diverses de la finitude de la condition humaine…  mais pour jouir de l'incommensurable jouissance de la vie éternelle du Royaume Céleste que vivent déjà les saints, de leur vivant, sur cette terre, en participant des énergies divines. Le vrai Christianisme n'a jamais préconisé le mépris et la persécution des homosexuels parce que la perspective chrétienne offre une transcendance que refusent volontairement et obstinément les "bonnes consciences de gauche".  Aussi, encore une fois, "la reconnaissance des droits des homosexuels", leur réduction à une étiquette (marchande en fait), à une prétendue "identité" (comme si l'on pouvait réduire un homme à ses tendances dans quelque domaine que ce soit) dans le même mouvement de valorisation de la différence, a produit tout le contraire de ce qu'elle prétendait obtenir ; c'est à dire plus que jamais la constitution de ghettos, de lobbies, de démonstrations, d'exhibition et de parades qui n'ont fait que nourrir et augmenter l'intolérance, le mépris, voire la haine et la violence de ceux qui ne supportent pas justement cette "différence".  Et encore une fois c'est le ressentiment et la Division qui ont été nourris.
  • Que dire du racisme sinon qu'en tant que méfiance, rejet de ceux qui ne sont pas de la famille, du même village, de la même région, du même pays, de la même ethnie, de la même classe sociale… etc.  c'est la chose la mieux partagée au monde. L'accusation de "racisme" est devenue pour ceux qui ne l'ont jamais vécu (et qui prétendent abusivement en parler !) un réflexe de prêt à penser automatique que l'on dégaine pour tout et n'importe quoi en suivant servilement (et paresseusement) la doxa médiatique bien pensante. À qui veut-on faire croire   que c'est automatiquement et évidemment le méchant blanc européen qui a l'apanage du racisme ? Pas à moi en tout cas qui ai choisi d'aller vivre et travailler pendant quelques années en Afrique et en Afrique du Nord. Pas à moi qui ai vu de mes propres yeux comment une ethnie dominante exerçait un pouvoir tyrannique sur les toutes les autres,  en persécutait une autre, réduisait en esclavage une autre encore plus faible. pas à moi dont un copain bassiste avec lequel je faisais de la musique s'était fait traiter de "plus nègre que noir" par un douanier du pays. J'avais été élevé par un père athée dans l'indifférence aux races, aux préférences sexuelles et aux classes sociales et j'étais allé  avec enthousiasme "aux sources du jazz" (musique que je pratiquais  en France avant de partir) et j'ai rencontré le racisme sans m'être douté une seconde que cela existait entre africains même… Est-ce que le racisme n'existait pas également dans le pays du Maghreb où j'ai travaillé plus tard ? Il y était de bon ton pour certains de se revendiquer comme "descendants du Prophète" et de mépriser les "fils de bergers" indigènes, de traiter les habitants du Souf de "foncés" et de rappeler aux noirs qu'ils étaient "des fils d'esclaves"… J'ai été le témoin de tout cela et je me garderai bien de parler de racisme anti-blancs ou de racisme anti-roumis. Inutile… Ce dont je témoigne seulement c'est du racisme entre des personnes supposées être les victimes privilégiées du racisme européen. J'ai aimé ces pays africains et j'y ai laissé de vrais amis, des personnes hospitalières, honnêtes, conviviales, à l'esprit critique, elles. Qu'a fait la gauche depuis toutes ces décennies jusqu'à maintenant encore ? Désigner des bourreaux et plaindre des victimes et tout cela sans connaissance réelle ni expérience avec des grilles d'interprétation pré-construites qui sont autant de lits de Procuste peu adéquats à rendre compte de la réalité. Avec encore une fois la volonté de réduire les personnes à des étiquettes, diviser, faire affronter des groupes, attiser la haine. Qui alimente la haine réellement ? De quel lieu idéologique sont ceux qui ont contribué à développer des ghettos culturels et urbains sous prétexte (contradictoire) d'"ouverture à l'autre", de "tolérance", de "valorisation de la différence" ?   Qui a semé les graines de la guerre civile ? Qui en a cultivé soigneusement les champs ? Les mêmes. De gauche. Encore une fois qui sert la Division ? Qui se fait serviteur du diable ?
Peut-on donc être chrétien "de gauche" c'est à dire socio-démocrate en gros, ("progressistes" on dit maintenant) ?  
Je prétends que non. Absolument non. 
Je ne parlerai bien sûr pas de tous ceux qui ont persécuté et massacré les chrétiens du temps de l'Union des Républiques SOCIALISTES "…
Maxime Martinez



lundi 8 décembre 2014

QU'EST-CE QUE L'ACÉDIE par le MOINE MOÏSE DE LA SAINTE MONTAGNE

LA SOLITUDE SUPRÊME DU CROYANT AUJOURD'HUI (suite)

Saint Père Moïse, prie Dieu pour nous !
Voici comment Saint Maxime le Confesseur, le grand théologien byzantin, parle de l’acédie :
"Toutes les puissances de l'âme sont réduites en esclavage par l'acédie, tandis que presque toutes les autres passions sont également et immédiatement entraînées par elle, parce que, de toutes les passions, l'acédie est la plus écrasante."

Saint Jean Climaque, qui connaît profondément jusqu’aux plus subtils mouvements de l'âme, décrit l’acédie aux moines, s’étant enquis de ce qu’elle était, avec sa manière abrupte caractéristique :
"L’acédie est la dépression de l'âme, la désorientation de l'esprit, la négligence de la pratique ascétique, la haine du monachisme, l'amour de la mondanité, l'irrévérence envers Dieu, l'oubli de la prière."

Évagre mentionne que cet état insupportable de l'âme dévaste sa victime, «qui ne sait pas quoi faire, car le temps ne passe pas et se demandant quand va venir le moment du repas  qui semble retardé."

Antiochus, qui a vécu au VIIe siècle, est encore plus expressif et précis dans sa définition de l’acédie: 
"Cette condition vous apporte l'anxiété,de l’aversion pour l'endroit où vous vivez, mais aussi pour vos frères et pour chaque activité. Il y a même une aversion pour l'Ecriture Sainte, accompagnée de bâillements et d’une somnolence constante. De plus, cette  affection vous mett dans un état de faim et de nervosité constants, en attente du prochain repas. et quand vous décidez de prendre un livre pour lire un peu, il vous tombe rapidement des mains et vous commencez à vous gratter et à regarder par les fenêtres. Puis vous essayez de reprendre un peu votre lecteure, et alors  vous comptez le nombre de pages et vous regardez les titres des chapitres. Enfin, vous abandonnez le livre et allez dormir, et dès que vous avez dormi un peu, vous trouvez qu'il est nécessaire de vous relever. Et toutes ces choses que vous faites c’est juste pour passer le temps. "

Saint Jean Damascène dit que cette lutte est très lourde et très difficile pour les moines.

Saint Théodore le Studite dit que la passion de l’acédie peut vous envoyer directement au fond de l'Hadès.

Dostoïevski, qui avait un esprit patristique, a offert une solution à ce problème quand il fait dire starets Zosime  que nous devons nous rendre responsables des péchés du monde entier :

"Cette compréhension de notre salut au travers des autres nous aide à réaliser que l'amour ne se limite pas à faire le bien, mais qu’il nous fait aussi assumer les angoisses et les souffrances des autres. Les moines prient tous les jours pour le salut du monde entier. Créés à l'image de Dieu, nous sommes tous siens nous sommes tous frères. La solitude est abolie en Dieu. nous sommes tous des "membres les uns des autres» selon saint Paul. Ainsi, nos péchés et nos vertus ont une incidence sur les autres, puisque, comme nous l'avons dit, nous sommes tous membres d'un seul corps. L’acédie fournit une raison pour une prière plus fervente, et les difficultés sont l'occasion de mûrir et de progresser spirituellement."

Permettez-moi de le répéter. La séparation du monde, décriée par certains comme une désertion, est en fait courageuse et nécessaire, c’est une résistance au nivellement généralisé de tout. L'homme trouve son authenticité, la beauté de son caractère unique, dans le silence sacré de l’hésychia, en tenant à l'écart de la foule. Sa souffrance dans la solitude prépare son retour à la société et aux proches, revitalisé et prêt pour les servir  de tout cœur.

Abba Alonios a dit un jour :
«Si un homme ne peut se résoudre à dire à son cœur que sont présents dans ce lieu, lui seul et Dieu il ne trouvera jamais la paix et le repos de l'âme."

Saint Jean Chrysostome a dit : "La quiétude dans la solitude n'est pas un professeur de vertu négligeable." Ailleurs, il a également dit :

«Peu importe où vous êtes, vous pouvez installer votre sanctuaire. Simplement ayez des intentions pures et ni le lieu, ni le temps ne seront un obstacle, même sans vous agenouiller, vous frapper la poitrine ou lever les bras au ciel. Tant que votre l'esprit est concentré avec ferveur vous êtes dans une totale  disposition pour la prière. Dieu n'est pas gêné par un quelconque endroit. Il demande seulement un esprit clair et fervent  et une âme désirant la sagesse. "

Saint Macaire d'Egypte, dans ses homélies spirituelles, est un peu plus chaleureux :

"Même si vous vous sentez affligés par la pauvreté des dons spirituels, ressentez simplement dans votre cœur la tristesse et la douleur d’être étranger à son Royaume, et comme un être blessé, suppliez le Seigneur de vous rendre aussi digne de la vraie vie."
Plus loin, il dit :
"Dieu et les anges pleurent sur ​​ceux qui ne sont pas comblés de la nourriture céleste."

Enfin, Saint Macaire fait cette observation importante et remarquable:

"Tout est très simple et facile pour ceux qui désirent être transfigurés spirituellement. Ils ont besoin seulement de lutter pour devenir amis de Dieu et lui plaire, et ils recevront l'expérience et la compréhension des dons célestes, une béatitude inexprimable, et une richesse divine véritablement merveilleuse. "

Étant inexpérimenté dans ces états spirituels plus profonds, je dois simplement travailler dans le désert bien-aimé à déraciner mes passions. Mais il me faut vous  parler des hommes que j'ai vus et entendus, qui vivent sur ​​les flancs de la montagne pacifique de la péninsule athonite sacrée, qui expérimentent les mystères de Dieu. Ce sont des moines charismatiques consumés par le Ciel, portant le Christ dans leur cœur et aimant Dieu, des dévôts de la quiétude, de la solitude, de tempétueux artisans du  silence, solitaires, mais sans solitude, qui, dans leur isolement, se souviennent de la solitude du monde entier. Tandis que certains dans le monde souffrent involontairement d'insomnie et d'autres passent leurs nuits sans amour dans des endroits étranges, les moines du mont Athos demeurent dans une veille volontaire, priant pour la santé, la miséricorde et le salut du monde entier.

Un livre étonnant par un ermite contemporain, qui a circulé récemment, décrit le célèbre ascète du Mont Athos, Hatzi-Georgis, comme un ami fidèle de l’hésychia dans les grottes du désert, un lutteur honorable et noble, un grand jeûneur qui a trouvé son repos dans les veilles, la prière et la solitude. Il n’est pas devenu sauvage et rude comme le désert qu’il habite. Au contraire, ce lieu l’a purifié et l’a embelli. Son révérend biographe écrit ce qui suit:

"Hatzi-Georgis avait beaucoup d'amour pour tous avec le souci de ne point faire le moindre mal à quiconque. Il a toujours été pacifique, tolérant et indulgent. Il avait un grand cœur et c'est pourquoi il avait de la place pour tout et tout le monde, quels qu’ils soient.   En un sens, il était devenu incorporel. Vivant la vie angélique sur la terre, il était devenu un ange et il s’élevait vers le ciel, car il ne s’attachait à rien ni passions spirituelles ni choses matérielles. Il s’était délesté de tout et, par conséquentil volait très haut ".

L’Ancien Gérasime, hésychaste de Katounakia, est resté dix-sept ans, comme l’a écrit  son compagnon d’ascèse, à l’instar du prophète Élie aux prises avec les démons et les éléments. Il est resté un pilier inébranlable de patience. Ses larmes coulaient en permanence. Il a terminé sa vie insouciante et tranquille dans la douceur de la vision constante du Christ.

Un autre hésychaste de Katounakia, P. Callinique, supportait la douleur, la fatigue et aimait la quiétude delà de toute mesure. Il baignait dans ses larmes et sa sueur. Les quarante-cinq dernières années de sa vie il les passa dans la solitude, priant sans cesse. Son visage avit atteint la grâce de briller comme celle de Moïse quand il descendit du mont Sinaï.

Le Père spirituel Ignace avait la particulière habitude de fermer les volets de sa cellule pour ne pas être interrompu par la lumière du lever du jour quand il faisait ses prières. Il avait l'habitude d’imporer ses visiteurs de cette manière: «Aimez Dieu qui vous a aimés » Il lui arrivait d'oublier de se laver, de se coiffer, de manger, mais son komboskini était toujours dans sa main et la prière toujours sur ses lèvres et dans l’intimité de son cœur. Quand il a perdu la vue, il est devenu encore plus brillant. Émanait de lui un indicible parfum de son vivant et il en fut de même aquand il se fut endormi dans le Seigneur.

Père Savvas,  prêtre et confesseur remarquable, du Skite de Sainte-Anne, puisait sa force dans la Divine Liturgie quotidienne qu’il  célébrait en larmes. Au cours de la liturgie, et lors de toutes ses veilles nocturnes, il consacrait des heures à la commémoration de milliers de noms.


Telle est la nature de la communauté du désert silencieux, priant, dans la sérénité, bénie. C'est la vie du désert. Si un moine ne possède pas une vie spirituelle intense et une vigilance constante, il tombera certainement dans une multitude de tentations. L’acédie l’emmènera dans un isolement stérile et, raillé par les anges et les démons, il deviendra le pire des pires, et la solitude du désert lui deviendra insupportable.
(version française par Maxime le minime de la source)

jeudi 4 décembre 2014

DE QUELLE ”PAIX SUR TERRE” EST-IL QUESTION DANS L’ HYMNE ANGÉLIQUE DE BETHLÉEM?


Peu de passages de la Sainte Écriture ont fait l’objet d’une interprétation aussi erronée que le verset 14 de l'Évangile selon saint Luc. Il s’agit de l’hymne entonné par les anges lors de cette nuit divine de la Nativité du Verbe Divin, notre Seigneur Jésus-Christ. Cette méprise de la part de nombreux orthodoxes n’est naturellement pas voulue ou faite à dessein (seuls les hérétiques déforment les textes volontairement), mais elle est due à 1’ignorance du sens intégral de la Sainte Écriture. En raison de cette ignorance, chaque année, le jour de Noël, nous entendons des prédications, ou nous lisons des écrits de nombreux dispensateurs de la parole évangélique de notre Église, tant prêtres que laïcs, qui se lamentent parce que  les guerres n’ont pas encore pris fin, les armes n’ont pas été supprimées, et la paix de l’hymne évangélique ne règne pas encore sur terre. Même les encycliques ecclésiastiques officielles formulent de telles positions, ainsi que des supplications à Dieu afin qu’Il permette le règne de cette paix de l'hymne angélique, «qui, depuis deux mille ans, reste loin de la réalité, simple espoir, simple rêve, et une attente anxieuse ». Ces infortunés ignorent que la paix de l'hymne angélique est déjà devenue réalité et prédomine sur terre depuis l’Incarnation du Seigneur. Nous concevons de manière mauvaise et erronée cette paix, en croyant qu’il s’agit d’une paix extérieure, d’un état d’amitié entre les hommes, entre un individu et un autre, entre un peuple et un autre peuple, tout ceci étant accompagné de la cessation des guerres et des combats. 

Une telle paix n’a jamais été annoncée dans l’Évangile : celle-ci est intérieure, elle est l’état de calme qui règne dans l’âme de l’homme croyant, de l’homme qui est en communion avec Dieu. Il s’agit de la paix entre 1’homme et Dieu, et non de l’homme avec un autre homme. C’est le renversement du  «mur de séparation », qui séparait la terre et le ciel, l’homme et Dieu. C’est la fin de la révolte, celle de la création contre le Créateur. C’est cette paix qu’apporte au monde le Fils de Dieu. Depuis lors, chaque croyant en Jésus-Christ Incarné, Crucifié et Ressuscité, a Dieu pour ami et se trouve en communion filiale avec Lui. Il n’est plus rebelle, révolté, ennemi de Dieu, il a été «réconcilié» avec Lui par le Médiateur éternel, le Seigneur Jésus-Christ. L’état de révolte et d’inimitié envers Dieu appartient entièrement au passé et ne constitue pour le fidèle qu’une simple mais amère réminiscence. Depuis la venue du Seigneur et par la force de Son sacrifice sur la Croix, l’homme est entré dans une nouvelle période, un nouvel état, celui de la Grâce, de la Réconciliation, de la Filiation. Les promesses de paix du saint Évangile se rapportent à cette paix et non à la paix du monde extérieur : «Je vous laisse la paix, dit le Seigneur aux Apôtres, C’est ma paix que Je vous donne  ». Et pour souligner que cette paix est une paix d’une autre sorte, Il ajoute : « Je ne vous la donne pas comme le monde la donne» (Jn 14,27). En outre, dans un autre passage, parlant de la paix extérieure, Il dit qu’Il ne l’apporte pas. Au contraire, Il prévoit que la foi en Lui sera cause de discordes entre les hommes. Les incroyants persécuteront les fidèles de Jésus et, ainsi, les guerres non seulement ne diminueront pas, mais augmenteront, en ce sens qu’à celles qui existent, s’ajoutera celle qui se dirigera contre la nouvelle foi. «Ne pensez pas, dit-Il, que je sois venu apporter 1a paix sur 1a terre ; Je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive. Car Je suis venu opposer l’homme à son père, la fille à sa mère et la bru à sa belle-mère » (Mt 10,34-35). 

Avant d’avoir été conduit volontairement sur le Golgotha, afin de boire le calice d’une mort terrible, Il accorda la paix intérieure aux Apôtres, une paix qui ne sera pas troublée par des myriades d’épreuves et d’afflictions extérieures. Malgré celles-ci, cette paix existe, car, précisément, elle est intérieure : «Je vous ai dit ces choses, pour que vous ayez la paix en Moi. Dans le monde vous aurez à souffrir. Mais gardez courage ! J’ai vaincu le monde »  (Jn 16,33). Il accorda la paix aux Apôtres, tout en sachant quelles morts douloureuses les attendaient, tout en leur disant ouvertement qu’Il les envoyait «comme des brebis au milieu des loups»  (Mt 10,16). Était-il donc possible qu’Il leur accordât la paix extérieure ? Sûrement pas! 

Quant à saint Paul, il est le prédicateur et l’apôtre de cette paix intérieure, de cette paix envers Dieu: «Ayant donc reçu notre justification de la foi, nous sommes en paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus-Christ », écrit-il aux Romains (5,1). S’adressant cette fois aux Éphésiens, il dit que le Seigneur Jésus-Christ est «notre paix », Celui qui est venu proclamer 1a paix... «par Lui nous avons en effet... libre accès au Père » (Éph. 2,14-18). 


En conclusion: la paix de l’hymne angélique est la paix de l’homme avec Dieu, il ne s’agit pas d’une paix extérieure. Cette paix a régné véritablement «sur terre», celle-ci a été réconciliée avec le ciel par l’humilité jusqu’à la Croix de notre Seigneur Jésus-Christ.

Il est inutile d’ajouter que l’homme qui est en paix avec Dieu, est en paix avec ceux de l’extérieur. Seul un tel homme peut dire: « Avec ceux qui haïssent la paix, j’étais pacifique » (Ps 119,16). Il aime et fait du bien même à ses ennemis. La paix intérieure est la condition préalable à la paix extérieure. Quant à la paix extérieure, elle n’est pas seulement inaccessible, mais inconcevable sans la paix intérieure. Telle est précisément la tragédie de notre époque : tandis qu’elle a déclaré la guerre à Dieu, elle recherche anxieusement la paix entre les hommes. Tandis qu’elle est totalement indifférente à la paix intérieure, elle recherche à cor et à cri la paix extérieure. Elle déraciné 1’arbre et attend les fruits; elle détruit la maison et recherche sa chaleur ; elle s’éloigne du soleil et veut la lumière. 

"Acquiers un esprit de paix, et des milliers autour de toi seront sauvés."

De tous temps, «l'objet du désir de tous les hommes» est « la paix »  (Est 3,l2a). Cependant, aucune époque n’a autant que la nôtre eu soif de la paix. Réussirait-elle donc là où toutes les autres époques ont lamentablement échoué ? En d’autres termes, réussirait-elle à construire la paix sans Dieu? Mettrait-elle fin aux terribles armes d’aujourd’hui? Ferait-elle des guerres des souvenirs historiques lointains? A l’aide de quoi? De la science? De la technologie? De l'humanisme? De la profondeur des 
siècles retentit l'avertissement clair, catégorique et saisissant, dont la vérité et la valeur sont, hélas, confirmées! Une amère expérience de presque trois millénaires qui se sont écoulés depuis: «Si vous voulez bien obéir, vous mangerez les produits de la terre. Mais si vous refusez et vous rebellez, vous serez dévorés par le glaive. Car la bouche du Seigneur a parlé.»    (Is 1,l9-20). Que ce glaive soit un glaive ordinaire ou un autre, d’une nouvelle conception, comme, par exemple, le produit de l’énergie
nucléaire, n’a que peu d’importance en soi...  

« Seigneur notre Dieu, donne-nous la paix, car Tu nous as rendu toutes choses. Seigneur notre Dieu, prends possession de nous...» (Is 26,l2-13).                                          
 P. Épiphane Théodoropoulos
                                                                                                                 Texte traduit par B. Le Caro 
in Le Messager Orthodoxe n°103. L'original est paru dans le périodique grec Koinonia en 1984.)

mercredi 3 décembre 2014

Le Pape, le Patriarche et les racines chrétiennes de l'Europe

Extrait du Communiqué de la Communauté sacrée de la Sainte Montagne du 30 décembre 2006
suite à la visite du Pape Benoît XVI au Patriarcat œcuménique, en la fête patronale de saint André. 



BIS REPETITA PLACENT ?




donc suite à la récente visite du Pape François au Patriarcat œcuménique
Le texte n'a rien perdu de sa valeur vous pouvez le relire dans son intégralité ICI 
Apparemment il semble salutaire de le rappeler :
 […] L’objectif de défendre ensemble les racines chrétiennes de l’Europe (de telles positions se trouvent aussi dans la déclaration commune du pape et du patriarche au Phanar) peuvent sembler anodines, voire même positives. En effet, elles visent à entretenir des relations humaines dans la paix. Pour autant, il est important que, parallèlement, tout cela ne donne pas l’impression que l’Occident et l’Orthodoxie s’appuient aujourd’hui sur les mêmes bases, ou ne conduise à oublier la distance qui sépare la tradition orthodoxe de ce que l’on présente habituellement comme le soi-disant « esprit européen ». 

L’Europe (occidentale) porte le poids d’une série d’institutions et d’actes anti-chrétiens, tels que les croisades, l’inquisition, la traite des esclaves et la colonisation. Elle subit en outre la charge de sa division tragique avec le schisme du protestantisme, celles des guerres mondiales dévastatrices et aussi de l’humanisme anthropocentrique, ou encore de son athéisme. Tout cela constitue les conséquences des déviations théologiques de Rome par rapport à l’Orthodoxie. L’une après l’autre, les hérésies papiste et protestante ont éloigné du monde occidental l’humble Christ de l’Orthodoxie , et ont intronisé à Sa place l’homme orgueilleux. Le saint évêque Nicolas d’Ochrid et Jitcha écrivit depuis Dachau : « Alors, qu’est-ce que l’Europe? Le pape et Luther... Voilà ce qu’est l’Europe, intimement, ontologiquement et historiquement ». Le bienheureux père Justin Popovitch renchérit : « Le concile de Vatican II constitue la renaissance de tous les humanismes européens... car le concile a persisté dans son adhésion au dogme de l’infaillibilité papale », et d’ajouter : « Indubitablement, les autorités et les pouvoirs de la culture et de la civilisation européennes (occidentales) combattent le Christ ». C’est pour cela qu’il est si important d’annoncer l’humble ethos de l’Orthodoxie et de soutenir les véritables racines chrétiennes de l’Europe unie ; les racines que l’Europe eut durant les premiers siècles du christianisme, à l’époque des catacombes et des sept saints conciles œcuméniques. Il est souhaitable pour l’Orthodoxie de ne pas se charger des péchés des autres ; de plus, à tous les Européens qui se sont déchristianisés en réaction aux déviations du christianisme occidental, il ne faut pas donner l’impression que l’Orthodoxie est liée à celui-ci. Ce serait échouer à témoigner de l’Orthodoxie comme de l’authentique foi en Christ et unique espérance des peuples d’Europe.

Il est manifeste que les catholiques-romains se sont révélés incapables de renoncer aux décisions de leurs conciles tardifs (et selon eux « œcuméniques »), qui ont légitimé le Filioque, la primauté du pape, l’infaillibilité du pape, l’autorité temporelle du pontife romain, la Grâce créée, l’Immaculée conception de la Mère de Dieu, l’uniatisme. En dépit de tout cela, nous, orthodoxes, poursuivons les visites dites protocolaires, accordant au pape les honneurs dus à un évêque orthodoxe et transgressant une série de canons qui interdisent les prières communes, tandis que le dialogue théologique fait naufrage de façon répétée et, après avoir été ramené des profondeurs, sombre à nouveau. Toutes les indications conduisent à la conclusion que le Vatican ne s’oriente pas vers un rejet de ses doctrines hérétiques, mais uniquement vers leur ré-interprétation, en d’autres mots, vers leur dissimulation. L’ecclésiologie catholique-romaine varie d’une encyclique à une autre ; depuis la prétendue ecclésiologie « ouverte » de l’encyclique Ut Unum Sint, jusqu’à l’exclusivisme ecclésiologique de l’encyclique Dominus Jesus. Il convient de souligner que ces deux vues catholiques-romaines sont contraires à l’ecclésiologie orthodoxe. La conscience que la sainte Église orthodoxe a d’elle- même en tant qu’unique Église une, sainte, catholique et apostolique, ne reconnaît pas les églises et confessions hétérodoxes comme Eglises sœurs. 

Seules les Églises locales orthodoxes partageant la même foi sont les Églises Sœurs. Aucune application du terme Eglises sœurs à des Eglises autres qu’orthodoxes n’est théologiquement admissible. […] LIRE L'INTÉGRALITÉ DE LA DÉCLARATION  DES MOINES ATHONITES  ICI

"N'ayez pas peur. L'intention du Pape a toujours été de soumettre l'Église orthodoxe, et un jour viendra où le dialogue échouera ; il ne se passera rien ; les Uniates sont un cheval de Troie ; il est plus clair que le jour que la seule chose qui intéresse le Pape est que les Orthodoxes le reconnaissent comme chef, et rien de plus" 
Saint Porphyre le Kavsokalyvite

"Mais quand viendra le temps, le Seigneur suscitera de nouveaux Marc d'Éphèse et de nouveaux Grégoire Palamas, qui rassembleront tous nos frères scandalisés confessant la foi orthodoxe, renforçant la Tradition orthodoxe et apportant une grande joie à notre Mère l'Église." Ancien Païssios

mardi 2 décembre 2014

Saint Porphyre le Kavsokalyvite fêté le 2 décembre

St Porphyre, prie Dieu pour nous !


Apolylikion. Tone 1. Au Citoyen du désert.
Semence d'Eubée,
Ornement de l’univers
Intime de l’essence de la théologie,
Et véritable ami du Christ,
Porphyrios, venez fidèles, honorons-le,
Lui qui a été rempli de tous les dons de la grâce depuis l'enfance.
Les possédés du démon sont rachetés,
Et les malades sont guéris qui s’exclament avec foi :
Gloire à Celui qui t’a donné ton énergie,
Gloire à Celui qui t’a sanctifié,
Gloire à Celui qui opère à travers toi les guérisons de tous.

"Je ne dis pas que j'ai vu la Toute Sainte, qu'il y aura une guerre, et d'autres choses de ce genre. Je sais que l'Antéchrist viendra, que le second Avènement de Notre Seigneur aura lieu, mais je ne sais pas quand. Demain? Après mille ans ? Je ne sais pas? Pourtant cela ne me rend pas inquiet. Car je sais que l'heure de la mort est pour chacun d'entre nous, le second Avènement de Notre Seigneur. Et cette heure là est très proche." St Porphyre
Editions l'Age d'Homme
Collection Grands spirituels orthodoxes du XXe siècle 
Collection dirigée par Jean-Claude Larchet


lundi 1 décembre 2014

ORTHODOXIE, CATHOLICITÉ, DOGMES, HÉRÉSIES, ÉGLISE, PERSONNE, INDIVIDU… par Christos YANNARAS


Un philosophe et théologien orthodoxe grec déconstruit les poncifs occidentaux sur le Christianisme

"Depuis le schisme entre l'orient et l'occident, en 1054, les deux parties de la chrétienté ont choisi un nom : La première partie s'appelle « Église catholique romaine », et l'autre partie « Église catholique orthodoxe ».
Cela signifie que le problème se trouve exactement à la compréhension du terme catholique : catholicité.
Nous avons deux conceptions : une conception romaine, et une conception orthodoxe.

Le terme orthodoxe ne disait pas beaucoup de choses à l’époque du schisme. C’est par la suite qu’on a utilisé ce terme pour préciser que l'Église orthodoxe est celle qui continue la même tradition que les apôtres et les pères de l'Église ont créée.

Depuis, de nos jours le terme a pris d’autres sens différents voire plutôt péjoratifs. Nous parlons d’orthodoxie freudienne, d’orthodoxie marxiste. Dans ce sens il s’agit de rester fidèles à la lettre d'une doctrine, à la doctrine de Marx, à la doctrine de Freud. Dans le sens péjoratif que le terme a pris, orthodoxe peut connoter une posture de fidélité au modèle plutôt servile et donc dénuée du courage de dépasser l’original, un conservatisme stérile et dépassé.

À l’époque donc pour préciser la différence par rapport à l'hérésie, on utilisait le mot « catholique », « catholicité » ; pour distinguer l'Église réelle des hérésies, c'est-à-dire des imitations de l'Église, on disait l'église « catholique » à laquelle on opposait le terme d’hérésie. Hérésie, αίρεσης en grec signifie : le « choix », je fais un choix. Je prends un morceau [ c’est le sens premier du mot secte qui vient du latin sectum, participe passé du verbe secare qui signifie couper NDR] et je donne à ce morceau les dimensions et la valeur du tout.  Le partiel devient le tout. Ça c'est l’airesis (αίρεσης ). Tandis que la catholicité représente une autre réalité.

Dans l'Église des premiers siècles la catholicité signifiait la « plénitude de la réalisation de la vérité de l'église ». C'est pourquoi on appelait « Église catholique » chaque Église locale, chaque réunion eucharistique, chaque communauté eucharistique.

C’est-à-dire que la communauté eucharistique, la communauté qui se rassemble pour offrir l'eucharistie, c’est l'Église catholique c'est à dire l'Église en plénitude. C'est l'Église entière. Cette compréhension du terme catholique, on la trouve déjà chez Aristote ; pour la tradition hellénique, la catholicité signifiait être « complet », être « entier ».

Pour comprendre cette notion de catholicité de chaque église locale comme actualisation de l’Église en plénitude on peut prendre les exemples qui suivent.
Ainsi pour connaître ce qu'est l'amour maternel, par exemple, il n’est pas besoin de rassembler toutes les mères de l'univers et d’étudier tous les cas de mères qui pratiquent l'amour maternel, l’amour d’une seule mère contient tout l’amour maternel en soi, et chaque mère l’actualise chaque fois qu’elle l’exerce.

De même pour savoir ce que signifie l’éros, il n’est pas nécessaire de rassembler tous les couples amoureux du monde. Non. Il suffit d’ « un seul » couple de vrais amoureux pour avoir toute la vérité de l’éros, comme il suffit d’une vraie mère pour comprendre, pour voir, pour palper la totalité, la plénitude de l'amour maternel.

Il faut ici confronter langage et histoire pour comprendre le nouveau sens qu’a pris le terme de catholique.
Dans la période de la fin de l’empire romain d’occident, du IV° au VI °siècle, les populations en occident ont changé radicalement : de nouvelles races, de nouvelles nations sont entrées en Europe occidentale, elles ont démoli l'empire romain, elles ont créé une nouvelle situation historique, politique, sociale, etc... elles ont été baptisées, certes, mais parce qu'à l’époque, devenir chrétien, c'était un présupposé, une condition pour intégrer la civilisation.

De là a commencé leur progression, très lente, vers la civilisation et la culture.

À cette époque-là, chaque roi, ou chaque prince, ou chaque baron, qui avait un pouvoir dans la société féodale, qui régnait sur un domaine, et sur les hommes qui y vivaient, avait également la volonté de régner sur la religion dans son domaine, de la surveiller, de la contrôler et donc de prescrire ce qui était la norme en matière de christianisme. Il s’en est suivi que ce n’était plus l'Église qui avait la prérogative pour prendre les dispositions convenables de façon à ce que tous participent à la même réalité, au même mode d’existence.

De façon peut-être un peu schématique on pourrait faire le raccourci suivant : l'évêque de Rome, confronté à ce problème, l’a résolu en fondant une autre conception de la catholicité. Ce ne fut plus une conception « qualitative » ; la catholicité ne représentait plus, dans diverses circonstances concrètes, une actualisation de la vérité pleine et entière, mais on en eut une conception quantitative, et l’universalité de la vérité, la « catholicité », prit un sens géographique.

Les conséquences de ce choix sont décisives, car selon cette nouvelle conception, l'Église n'était alors plus précisée, définie par l'expérience, par la participation à l'événement ecclésial, à l'événement eucharistique, mais, par des critères objectifs : par exemple la fidélité à la doctrine, le respect de la « morale chrétienne ». Et quelqu’un, devait surveiller et contrôler cela, de sorte que les fidèles [en différents lieux] suivent vraiment les ordres d’un centre devenu nécessaire. Ce centre créé, il lui fallait une autorité, et pour asseoir cette autorité il fallait être « infaillible » on connait la suite…

Ainsi on a perdu, en occident, la conception de la catholicité de chaque église locale, le christianisme progressivement a glissé dans des conceptions « idéologiques », c'est pourquoi on insiste tellement (trop) sur la fidélité aux « dogmes », comme on dit. 

Mais qu'est-ce que c'était le dogme originellement ?

L'Église ne connaissait pas ce mot. Le mot « dogme » à l'époque de l'Évangile, on le trouve chez Luc qui écrit que le Caesar Auguste a produit un dogme. Que signifiait à l'époque « dogme » ?
Le mot provient du verbe δοκέω, c’est à dire « c'est mon avis », « je pense », « c’est mon opinion.
Cependant l'empereur de l'empire romain, utilisait cette formule en introduction à ses ordres, ses décrets (διάταγμα). Il disait par exemple : « Mon dogme...c'est mon dogme que je veux vous couper la tête », par exemple... « Voilà mon avis, il faut faire ça ! », mais ce qui peut sembler se présenter comme l’expression d’une simple opinion, était un décret impératif, une décision applicable obligatoirement pour tous. Ainsi, progressivement le terme dogme a pris un caractère d'obligation, et désormais on est obligé d'accepter ce que dit celui qui a l’autorité. Pourtant pendant huit siècles, sans conteste, l’Église n'a jamais utilisé le terme de « dogme ». Les décisions des conciles oecuméniques s'appelaient τερμίνη : ce qui signifie « extrémités », « frontières ». Frontière de quoi ? De l'expérience ecclésiale.

L'Église n'a pas une théorie à part, l'Église n'a rien à faire avec des idéologies. L'Église est tout d'abord et seulement une expérience : comment on peut participer à un mode de vie, à un mode de l'existence.
Cependant il a été nécessaire de trouver une formulation à cette expérience du moment que quelqu'un avait menacé cette expérience ; du moment que quelqu'un voudrait altérer cette expérience.
Voici encore un exemple parlant même s’il peut paraître naïf :
Tous, nous connaissons par expérience l'amour maternel. On ne devrait jamais avoir besoin de définir ce qu'est l'amour maternel.
Nous le connaissons tous ! Normalement tous ceux qui ont eu une mère, connaissent très bien ce que signifie l’amour maternel. Mais si la porte de notre maison s’ouvre, que quelqu’un entre et nous dit :
« Écoutez, l’amour maternel signifie ou suppose que la mère doit battre, battre son enfant dix fois par jour »… à ce moment là quelle sera votre réaction? Certainement vous répondrez « Non, ce que tu dis n'a rien à faire avec notre expérience, Notre expérience de l'amour maternel, n'a rien à faire avec ce que tu dis toi ! »
C'est exactement la même chose avec l’hérésie.

Quand les premières hérésies ont commencé de contester l'expérience ecclésiale, l’Église a été menacée. Qu'est-ce que c'est l'Église ? Pas l'institution, pas l'idéologie comme nous le comprenons aujourd’hui.
L'expérience ecclésiale était menacée et les chrétiens avaient besoin de protéger leur expérience, alors on a convoqué des conciles, et les conciles ont donné des définitions, des termini (τερμίνη), c'est-à-dire qu’ils ont dit que, par exemple pour revenir à mon exemple naïf : l’amour maternel c'est la tendresse etc... de la part de sa mère... Mais quelqu'un qui a perdu sa mère quand il était très petit, bébé, il n'a jamais connu l'amour maternel ; celui-ci, il peut comprendre la définition que nous donnons sur l'amour maternel, mais il ne connait pas l'amour maternel. Ça, c'est très essentiel. On peut très bien savoir - même un athée - que le Dieu de l'Église est un Dieu Trinitaire, sans connaitre vraiment le Dieu trinitaire, sans savoir ce que l'Église vit à travers cette foi-confiance en un Dieu trinitaire, et pas en une Puissance suprême, etc... etc…

Pour revenir à la catholicité.

Donc la catholicité a pris un caractère géographique, idéologique ; toutes les idéologies ont besoin immédiatement d'une autorité, d’un mécanisme qui contrôle les convictions : la foi devient conviction, la foi n'a plus le sens de la confiance, de la particiption à une « expérience ». Qu'est-ce que nous faisons dans l'Église ? Et pourquoi nous sommes sauvés dans l'Église ? Parce qu'on se donne à l'Église, on a confiance, on aime et on est aimé ; et ce que nous espérons, c'est que.... l'Église, c'est-à-dire le Christ, sa mère, les saints, nous prennent dans leur amour et nous amènent à la vie « vraie », à la plénitude de nos possibilités existentielles, c'est ça le sens du terme « salut ».

Aujourd'hui, la plupart des chrétiens, si l’on se fie à ce que l’on entend dans les prédications et qu’on lit dans les livres, ont l'impression que le salut c'est un exploit individuel, et chaque chrétien essaie de devenir digne d'être sauvé. Mais qu'est-ce que signifie « être sauvé » comme individu ? Si moi je suis sauvé et mon enfant ne l’est pas… Quelle sorte de salut, est-ce là ?
Je n'ai pas besoin d'un salut individuel. J'ai besoin d'un corps qui incarne le salut, c'est à dire la vie libre de toute les conditions du créé, la vie comme image et réalisation de l'existence trinitaire.
Comme nous le disons en orient, la nova Roma, la nouvelle Rome qui a succédé à l'empire romain, quelques siècles après, ( le schisme a eu lieu au XI° siècle), a été soumise au XV° siècle sous l'occupation ottomane. Pratiquement, cela signifie qu'elle était exclue de l’histoire.

Toute la tradition hellénique, alexandrine, syriaque, etc... des premiers siècles, a été effacée et l'occident est resté seul ; et en même temps, pas simplement seul. L’occident a développé, progressivement, une culture, une civilisation avec une caractéristique qui reste jusqu'à aujourd'hui une énigme ; avec un dynamisme universel. Quelle en est la cause ?
Cela peut s’expliquer par le fait que l'occident a créé une civilisation fondée sur la primauté, la priorité absolue de l’individu.

À la suite du philosophe américain Thomas Kuhn qui a offert un schéma qui est assez utile pour systématiser la différence des civilisations, on a commencé de parler de paradigmes ; nous avons donc des paradigmes culturels. Qu'est-ce que signifie un paradigme culturel ?

Cela signifie un mode d'existence et de co-existence qui fonctionne comme modèle pour plusieurs sociétés, pour un certain temps.

Par exemple, nous avons eu le paradigme newtonien, comme nous disons, c'est-à-dire : Toute notre vie, l'organisation de notre vie, la compréhension des conditions de la vie avec pour point de départ, on peut le dire, la physique de Newton. C'est-à-dire une conception de l'univers comme la somme des entités particulières. Des monades arithmétiques.
Ensuite on est passé au paradigme de la modernité, en restant plus ou moins fidèles au modèle newtonien. Malgré le progrès de la physique moderne, on reste encore emprisonné dans une image de l'univers et de la société - qui prime encore maintenant - comme somme des individus particuliers.
En grec, pour signifier « individu », nous avons le terme : atomon.
Atomon signifie une réalité une monade qu'on ne peut plus diviser, insécable. Si on prend un morceau de fer, par exemple, et qu’on le coupe au milieu, puis au milieu, puis au milieu, ainsi de suite... on arrive finalement à une monade qui n'est plus sécable. Ça, c'est le sens exact du terme atomon.

Cependant que nous continuons d'avoir cette conception, la physique moderne ou les sciences modernes, en général, progressent vers une conception de l'unité et aussi de la société comme un événement de relation, un dynamisme de relation, la relation se trouve au sein du monde, de la conception de l’individu ; la relation représente un événement, un dynamisme, quelque chose qu'on crée, tandis qu'un individu se définit comme monade arithmétique. Aujourd'hui dans nos sociétés, pour définir l’altérité de chacun de nous, nous avons une carte d'identité, un passeport, avec un numéro... Ce qui nous différencie, c'est le numéro, ce n'est pas l'altérité de l'existence de chacun de nous.

C’est ce qui structure la réalité humaine, la philosophie et l'Église aussi... L'Église a adopté le langage de son époque, et utilise le terme prosopon (πρόσωπο), qui est essentiellement différent. L’atomon (ατόμων ), l'individu, je répète est une monade arithmétique, le prosopo c'est une réalité. Le terme πρόσωπο est une synthèse de la préposition pros : vers quelque chose, et ops, génitif opos , qui signifie le visage. Alors le terme prosopon signifie j'ai le visage [orienté] vers quelqu'un, vers quelque chose, je suis avec en réalité, je suis en relation avec quelque chose.
C'est pourquoi nous ne pouvons connaître une personne humaine que, seulement par rapport à, à travers la relation avec elle.
Nous disons : « Vous connaissez monsieur X ? » - Non, non, j'ai entendu parlé de lui. Non, ça ce n'est pas une connaissance. «Vous le connaissez ? vous l'avez rencontré ? Vous avez une relation avec lui ? », et si cette relation avance, et vous pouvez parvenir à commencer « d'aimer » l'autre, c'est-à-dire mettre de côté les exigences de l'ego individuel, tous ses élans, ses instincts pour utiliser l'autre, posséder l’autre. Si on se libère de tout cela, on arrivera à aimer l'autre et, dès ce moment commence une autre connaissance de l'autre, de la personne, on reconnaît vraiment son altérité.
Alors le paradigme qui a été formé en occident après le schisme, et surtout à travers le développement au Moyen-Âge de la société médiévale, fut un modèle essentiellement et par principe individualiste.
La foi signifia des convictions individuelles, la morale représenta l'effort de chacun pour être fidèle aux ordres d'une loi, d’une conception de ce qu'il faut et ce qu'il ne faut pas, le salut fut vraiment une affaire proprement et purement individuelle ; tandis que dans l'Église tout ce qui est individuel est la mort. Pourquoi ? Parce que la mort c'est la conséquence naturelle des êtres créés. Quelque chose qui est créé, c'est-à-dire qui a un début, un commencement, est obligatoirement mortel, et arrive à sa fin ; tandis que si on transforme l'individu en une personne, ce que l'Église fait, alors on arrive à vaincre les conditions du créé, c'est pourquoi nous chantons la nuit de Pâques que le Christ par sa mort, a vaincu la mort, Il nous a donné cette possibilité de se libérer de la mort, c'est-à-dire d'arriver à réaliser en tant qu’Église ce que réalise l'événement existentiel que la Sainte Trinité : une vie libre de tout conditionnement, parce que c'est une existence qui s'identifie avec l'amour. La seule définition de Dieu que nous avons dans l'Église, c'est que Dieu « est » amour. L'amour n'est pas une qualité morale de Dieu c'est son mode d'existence. Et le mode d'existence de l'Église est exactement le même : se libérer de l'individualité et arriver à la réalité de l'amour, à la liberté de l'amour."
Christos Yannaras
(Reprise, modifications et tentative d’explicitation assumés par Maxime le minime, de la transcription littérale de la conférence de Christos Yannaras à la Paroisse Saint Jean de San Francisco (8 avril 2011) par D. Lorans-Nény - source)