Les lèvres mensongères font horreur à l'Éternel, tandis que ceux qui agissent avec fidélité lui sont agréables. Proverbes 12:22 «C'est ce qui sort de l'homme qui le rend impur. En effet, c'est de l’intérieur, c'est du cœur des hommes que sortent les mauvaises pensées, les adultères, l'immoralité sexuelle, les meurtres, les vols, la soif de posséder, les méchancetés, la fraude, la débauche, le regard envieux, la calomnie, l'orgueil, la folie. Toutes ces choses mauvaises sortent du dedans et rendent l'homme impur.» Marc 7:20-23 Un témoin fidèle ne ment pas, tandis qu’un faux témoin dit des mensonges. Proverbes 14:5 « Vous, vous avez pour père le diable et vous voulez accomplir les désirs de votre père. Il a été meurtrier dès le commencement et il ne s'est pas tenu dans la vérité parce qu'il n'y a pas de vérité en lui. Lorsqu'il profère le mensonge, il parle de son propre fond, car il est menteur et le père du mensonge. » Jean 8:44 Si les paroles distinguées ne conviennent pas à un fou, les paroles mensongères conviennent d’autant moins à un noble. Proverbes 17:7 « Écarte de ta bouche la fausseté, éloigne de tes lèvres les détours ! Proverbes 4:24 Craindre l'Éternel, c'est détester le mal. L'arrogance, l'orgueil, la voie du mal et la bouche perverse, voilà ce que je déteste. » Proverbes 8:13 « Pierre lui dit : «Ananias, pourquoi Satan a-t-il rempli ton cœur, au point que tu aies menti au Saint-Esprit et gardé une partie du prix du champ? […] Comment as-tu pu former dans ton cœur un projet pareil? Ce n'est pas à des hommes que tu as menti, mais à Dieu.»Actes 5:3-4Mais pour les lâches, les incrédules, les abominables, les meurtriers, les impudiques, les enchanteurs, les idolâtres, et tous les menteurs, leur part sera dans l'étang ardent de feu et de soufre, ce qui est la seconde mort.Apocalypse 21.8

mercredi 31 juillet 2019

QUAND L'ÉTAT, ÂPRE AU MOINDRE GAIN, EST ARRÊTÉ DANS SA CUPIDITÉ INSATIABLE…😂

sur actu.fr

Elle ramasse le ticket égaré d’un gagnant de l’Euromillions : le joueur lui verse 12 millions d’euros

L'histoire est digne d'un roman. En 2011, le deuxième plus gros gagnant français à l’EuroMillions avait perdu son ticket... C'est un badaud qui l'a retrouvé. Ils ont partagé...


Elle retrouve le billet gagnant dans la rue et réussit à partager les gains avec le (vrai) gagnant, la chance !
Elle retrouve le billet gagnant de l’Euromillions dans la rue et réussit à partager les gains avec le (vrai) gagnant : quels chanceux ! (©Illustration / Adobe Stock)

Cette histoire rocambolesque pourrait faire l’objet d’un film ! Le 13 septembre 2011, alors que la deuxième plus grosse somme gagnée à l’Euromillions tombe, soit 163 millions d’euros, le vainqueur égare son précieux sésame dans la rue… Ce dernier avait validé son bulletin dans le Calvados.

Une histoire incroyable

C’est une dame qui retrouve par hasard le fameux ticket gagnant dans la rue. Elle se rend le soir du tirage à la Française des jeux. Le (vrai) joueur s’est également rendu à la Française des jeux (FDJ) quelques jours plus tard, en indiquant avoir égaré le reçu et en fournissant toutes les précisions et justifications de nature à établir qu’il était bien l’acheteur du billet.
Face à cette situation assez incroyable, la FDJ a d’abord refusé de verser la somme à l’une ou l’autre des personnes. Dans son règlement, seul le joueur réel avec son reçu peut toucher la somme.
La FDJ leur a donc demandé de se mettre d’accord. Le 5 octobre 2011, ils y sont parvenus : le gagnant a versé 12 de ses 163 millions à la dame qui avait retrouvé le ticket.

Des gains non imposables

Cette fabuleuse histoire ne ressort qu’en ce mois de juillet 2019 grâce au Dauphiné Libéré, qui a repéré l’arrêt de la cour administrative d’appel de Paris
En effet, le 27 juin 2019, le ministère de l’action et des comptes public réclamait que la chanceuse aux 12 millions d’euros paie l’impôt sur le revenu, alors que les gains aux jeux ne sont pas imposables à ce titre, contrairement aux dons. 
La cour administrative d’appel a donné raison à l’heureuse élue, et condamné l’État à lui verser la somme de 2 000 euros. 

Cet arrêt de la CAA de Paris du 27 juin 2019 est le meilleur scénario de comédie française de l'année

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CUPIDITÉ , AVIDITÉ, INIQUITÉ, MALIGNITÉ… Mammon I love you 💋








À quoi ressemble vraiment la vie à San Francisco avec un salaire d'employé de la tech 


Le rêve de travailler pour l'un des nombreux géants de la tech de la Silicon Valley, ainsi que le luxe que peut apporter un salaire à six chiffres, a entraîné l'arrivée massive de technos talentueux dans la région de la baie de San Francisco. Bien qu'en réalité, gagner un salaire de la tech ne soit pas tout ce que l'on espère. Sur le marché immobilier le plus concurrentiel du pays, il est souvent impossible de trouver un logement abordable. La crise du logement a laissé des milliers de personnes en difficulté et n'a pas contribué à faire baisser le nombre dramatique de sans-abris dans la ville.


9 chiffres impressionnants sur la fortune de Mark Zuckerberg

Le PDG et co-fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg, a perdu plus d'argent que n'importe lequel des 500 milliardaires les plus riches du monde pendant l'année catastrophique de Facebook. Mais même si sa fortune a connu des montagnes russes récemment, il reste l'une des personnes les plus riches au monde. Sa fortune est estimée à l'heure où l'on écrit ces lignes à 67,3 milliards de dollars, soit environ 60,4 milliards d'euros, selon Forbes.  


https://www.businessinsider.fr/classement-gestionnaires-de-fortune-monde-2018/



lundi 29 juillet 2019

sur ANTIPRESSE : De la banalité des canicules

#CLIMAT | De la banalité des canicules

Quoi de mieux, en cette période de canicule, que de rester au frais et de se cultiver sur le sujet, c’est-à-dire de ne pas se contenter de l’alarmisme des médias?  Voilà que l’on pouvait lire dans le Hampshire Advertiser de Southampton, le 17 juillet 1852(1):
«En 1132 en Alsace les sources se tarirent et les ruisseaux s’asséchèrent. Le Rhin pouvait être traversé à pied. En 1152 la chaleur était si intense que l’on pouvait faire cuire des œufs dans le sable. En 1160, à la bataille de Bela (en Hongrie), un grand nombre de soldats moururent en raison de la chaleur excessive.
En 1276 et 1277, en France, la récolte d’avoine et de seigle fut totalement détruite par la chaleur. En 1303 et 1304 la Seine, la Loire, le Rhin et le Danube pouvaient être traversés à pied. En 1393 et 1394 un grand nombre d’animaux tombèrent morts et les récoltes anéanties en raison de la chaleur.
En 1440 la chaleur fut excessive. En 1538, 1539, 1540 et 1541 les rivières européennes étaient littéralement asséchées. En 1556 il y eut une sécheresse généralisée dans toute l’Europe. En 1615 et 1616 la canicule s’abattit sur la France, l’Italie et les Pays-Bas. En 1646 il y eut en Europe 56 jours consécutifs de grandes chaleurs. En 1676 des canicules à nouveau.
Les mêmes événements se reproduisirent au XVIIIe siècle. En 1718 il n’y eut aucune pluie entre les mois d’avril et octobre. Les récoltes furent brûlées, les rivières asséchées et les théâtres fermés à Paris par ordre du Préfet de police en raison des températures excessives. Le thermomètre enregistra 36 degrés Réaumur (45 °C) à Paris. Dans les jardins de la banlieue arrosés les arbres fruitiers fleurirent deux fois pendant la saison.
En 1723 et 1724 les températures étaient extrêmes. En 1746 l’été fut particulièrement chaud et sec et les récoltes furent littéralement calcinées. Pendant plusieurs mois il n’y eut aucune pluie. En 1748, 1754, 1760, 1767, 1778 et 1788 les chaleurs d’été furent excessives. En 1811, l’année de la comète, l’été fut très chaud et le vin très bon y compris à Suresnes.
En 1818 les théâtres parisiens restèrent fermés pendant un mois en raison des chaleurs excessives, la chaleur avait atteint 35 °C. En 1830, alors que des combats avaient lieu, le thermomètre afficha des températures de 36 °C les 27, 28 et 29 juillet. En 1832, lors de l’insurrection du 6 juin, le thermomètre releva une température de 35 degrés. En 1835 la Seine était presque à sec. En 1850, au mois de juin, au cours de la seconde épidémie de choléra de l’année le thermomètre afficha 34 degrés.»
Il s’agit bien d’un extrait de journal de 1852 et non d’on ne sait quel site complotiste.
On peut aussi lire l’interview de l’historien Emmanuel Le Roy Ladurie, parue dans Libération lors de la canicule de 2003, (et rediffusée en août 2018) au sujet de celle de 1718 qui aurait fait 700 000 morts! Libération précise que son Histoire du climat depuis l’an mil (Flammarion 1967) reste la référence en la matière, ce qui est plutôt un bon point de la part de ce journal qui ne porte pas vraiment les climatoréalistes dans son cœur…
Édité en 1967, à une époque où on ne parlait pas encore de réchauffement climatique, l’éminent auteur de ce livre ne peut pas être accusé de vouloir prendre le contre-pied de la tendance d’aujourd’hui. Vous pouvez le trouver sur internet pour 9 €. A ce prix-là, il ne faut pas se priver de s’instruire.
Libération serait donc devenu complice des climatoréalistes, ceux qui osent rappeler l’importance des cycles naturels sans accuser uniquement le CO2, gaz à effet de serre partiellement d’origine anthropique? Ceux qui font remarquer qu’à une époque où il n’y avait pas encore le moindre soupçon de début de révolution industrielle (avec son CO2, gaz vital, que l’on nous présente pourtant comme un polluant), il y avait déjà eu de très nombreuses vagues de chaleurs extrêmes ainsi que des sécheresses catastrophiques, entraînant des centaines de milliers de morts…
C’est vrai que nous vivons une très forte et inhabituelle canicule, mais à l’évidence il n’y a rien de nouveau sous le soleil! Amusez-vous à taper «sécheresse 1718» sur Google et vous en saurez beaucoup plus. A moins que vous ne vouliez rester sur la certitude que la canicule actuelle est un phénomène exceptionnel qui n’a encore jamais eu d’antécédents, et provoqué uniquement par l’activité humaine…
Ce postulat rabâché encore et encore, discuté d’ailleurs par beaucoup de scientifiques, n’aurait-il pas comme utilité d’alimenter certains appétits macroéconomiques a un moment ou, justement, la croissance de l’économie mondiale stagne voire régresse et qu’il s’avère important de lui trouver de nouveaux objectifs en phase avec les progrès de la recherche, laquelle amène tous les jours de nouvelles hypothèses. Hypothèses qui se pressent au portillon de la connaissance grâce à la puissance médiatique et son besoin constant de faire le buzz, et que personne n’a le temps de vérifier…
NOTE

  1. On peut vérifier l’authenticité de la source icihttp://tinyurl.com/y62kwyvt.

vendredi 26 juillet 2019

La fin du monde selon un Orthodoxe


P. Jonathan Tobias



On rencontre beaucoup d’anxiété de nos jours à propos de la fin du monde. Et cela ne semble pas préoccuper plus les gens religieux que les non religieux.

De nombreux chrétiens (en dehors de l'Église Orthodoxe) pensent que «la fin» est la période horrible de l'"enlèvement" au Ciel, de la tribulation et de la bataille d'Armageddon. On rapporte des choses étranges sur les laïcs non-religieux qui porteraient sur eux-mêmes la marque lugubre de l'eschatologie «de la fin des temps». Ils sont convaincus par des signes tout aussi inquiétants que la surpopulation, le réchauffement excessif de la Terre, la dépression caldérique de Yellowstone, la collision d’astéroïdes avec la terre, les épidémies virales catastrophiques, voire la prise de contrôle de la civilisation humaine par l’intelligence artificielle.

Je n'exagère pas ici et je ne me moque pas non plus de l'un quelconque de ces groupes trop nombreux. Je pense que nous avons des raisons sérieuses d'être préoccupés par certaines de ces questions.

Mais nous n'avons pas raison d'avoir une telle peur. Et personne n’a le droit d’être l’un de ces marchands de peur qui attisent une telle anxiété, qu’il soit religieux ou scientifique. Les gens peuvent apprendre à être de meilleurs intendants de la planète de sa flore et de sa faune sans pour cela être obnubilés par des spectres menaçants d’effondrement de l’environnement. Trop souvent, un monceau  d’anxiété s'accumule par des projections anxiogènes de surpopulation et de changement démographique qui suscitent beaucoup d'anxiété — projections, j'ajouterais, qui sont fondées souvent sur une maîtrise assez médiocre des statistiques. Et ces projections, à leur tour, sont souvent utilisées d’ailleurs à des fins politiques, y compris l'avortement légalisé et les conflits ethniques opportunistes.

En ce qui concerne l'épouvantail de «l'intelligence artificielle», gardons à l'esprit qu'il existe une différence infinie entre le calcul informatisé et la conscience humaine : même un ordinateur super quantique comme le Q System One d’IBM ne s'approchera jamais de la conscience de mon West Highland terrier Wilbur, sans parler de tout être humain. Nous devrions également être attentifs aux origines cachées de tout cela [«follow the money»]: derrière chaque système «d'intelligence artificielle» et de «big data» se trouve un groupe de programmeurs intégralement humains, rémunérés par un groupe caché de personnes qui sont en train de se faire, en dehors des big data, un gros paquet d’argent de façon pas très honnête.

Il y a ces temps-ci une augmentation significative de cas de dépression et d'anxiété aiguë – augmentation qui est due en grande partie à la peur de l'avenir et de la fin du monde (ou du mode de vie américain).

De même, trop de chrétiens (peut-être même certains orthodoxes) ont peur de l'avenir et sont tombés dans une soudaine et irrépressible terreur du Jour dernier (sans parler de la terreur de la rétribution après la mort).

Mais le salut - ou plutôt la theosis - devrait être obtenue par l'amour, non par la terreur… invitée par le Berger, non contrainte par un tyran. J’entends bien qu'une telle assertion est généralement rejetée comme un simple sentiment et qu’elle est associée à des personnes qui ne croient ni en l’Écriture ni dans le credo. Quoiqu’il en soit ce n'est pas mon cas  .

Je reconnais  également que plusieurs des Pères de la Sainte Tradition ont insisté sur le fait qu'il était nécessaire d'élever ces terrifiants spectres eschatologiques dans des sermons (et dans la rhétorique ecclésiale en général) pour encourager la vertu parmi les fidèles. De nombreux prédicateurs fondamentalistes de la communauté protestante ont la même opinion. C'est une sorte d'«instrumentalisation» de l'eschatologie.

Mais je m'interroge à ce sujet. Il n'est pas évident pour moi que la terreur eschatologique produise de la vertu du tout. Cela produira même plus probablement du désespoir, sinon de l'apostasie et de l'athéisme. Ce n'est pas pour rien qu'Evdokimov a suggéré que l'une des principales causes de l'athéisme européen était l'héritage de l'enseignement calviniste de la double prédestination et d’une théologie volontariste qui avait plus en commun avec l'islam que la théologie trinitaire de la Sainte Tradition.

Il convient donc de garder à l’esprit quelques points, à savoir des considérations encore plus importantes que les craintes «laïques» évoquées plus haut.

D'une part, la théorie de l'"enlèvement" est une invention récente (datant du milieu du XIXe siècle) du segment néo-revivaliste du mouvement protestant. Il va sans dire que cet enseignement sur «l'enlèvement» est au mieux hétérodoxe et au pire hérétique, si ce n’est païen. Nous, les orthodoxes, ne devrions jamais craindre d'être «laissés pour compte», simplement parce qu'il n'y a pas d’ «enlèvement».

Vous avez bien lu. Lorsque Jésus reviendra à la Seconde Venue, ce sera le Dernier Jour, le Grand Jugement, la Résurrection Générale et la Transfiguration universelle de la Création par le Saint-Esprit. Ces événements ne seront pas séparés en événements chronologiques distincts.

C’est ce que nous entendons par l’affirmation de notre foi dans le credo de Nicée: «… et son royaume n’aura pas de fin.» Cette déclaration a été ajoutée lors du Deuxième Concile œcuménique, dans le seul but de surmonter la tendance à imposer une séquence chronologique aux événements de la parousie.

Ainsi, il n'y aura pas de séparation, pas d'intervalles chronologiques distincts, pas de ruptures.

Parousie

D'autre part, Le Livre des Révélations (càd L'Apocalypse de Saint Jean le Théologien) est un genre particulier de littérature biblique que nous appelons «apocalyptique». Cela signifie que très souvent, on ne peut faire de lecture simple et claire du texte. Cela est vrai pour tous les passages bibliques qui parlent de la fin des temps et de l'au-delà, y compris la description de la fin des temps par Jésus dans Matthieu 24.4-36 (et ses parallèles dans Marc 13.3-37 et Luc 21.8-36) et la description de Jésus. de la vie après la mort dans la parabole de l'homme riche et de Lazare (Luc 16.19-31) et sa réponse aux Sadducéens au sujet du mariage au ciel (Matthieu 22.29-30).

Si la Bible (et les Pères) traitent de la fin des temps (et de «la vie après la mort»), il faut alors faire très attention quand on tente de comprendre ces passages. L'Apocalypse de Saint Jean en particulier nécessite une connaissance approfondie non seulement de textes apocalyptiques de Daniel et Ezéchiel dans l'Ancien Testament, mais également de textes similaires dans les Maccabées et Esdras, et même des textes non canoniques de Jubilé et d'Hénoch. Il existe de nombreux passages symboliques difficiles qui doivent être interprétés avec beaucoup de prière, une profonde sagesse et un dur labeur scientifique. Les études bibliques et les écoles du dimanche paroissiales peuvent prendre une tournure désastreuse en s'aventurant dans le mystérieux espace de la Révélation.

Et il y a encore une chose importante. L'Église orthodoxe n'a pas de déclaration doctrinale dogmatique et obligatoire sur la fin des temps, si ce n'est que «… et il reviendra en gloire pour juger les vivants et les morts, et son royaume n'aura pas de fin». Au vrai, beaucoup d'enseignements patristiques sur la fin des temps vont plus dans les détails - mais ces interprétations spécifiques ne se situent pas au niveau du dogme orthodoxe.

Mais les passages concernant  la Fin des temps chez les Pères et dans la Bible décrivent clairement que, de manière certaine, il y a une lutte constante avec l'esprit de l'Antéchrist ici et maintenant. Nous vivons dans l'intervalle entre la Pentecôte et le Jour Dernier. De temps à autre, l’œuvre de ce pouvoir pervers semblera écrasant. Parfois, nous luttons avec l'Antéchrist dans nos propres communautés familiales, et même dans notre propre conscience. De nombreuses fois, des persécutions nous sont infligées de l'extérieur, entraînant des souffrances et un martyre inimaginables. Il n'y a jamais eu d'"enlèvement", car le Corps du Christ est appelé à souffrir avec l'humanité et le monde, et ne pas chercher à échapper lâchement aux douleurs de son enfantement.

Cependant il y a toujours eu la présence spirituelle constante de Jésus-Christ — le don de la Pentecôte.

À travers tout cela, la Sainte Tradition de l'Orthodoxie témoigne et célèbre le pouvoir encore plus grand du Corps du Christ. Le Christ règne à la droite de Dieu le Père, et même maintenant le Père transmet la Royauté – réalisant  la gloire du Christ par le Saint-Esprit – à  son Fils: "Siège à ma droite jusqu'à ce que je fasse de tes ennemis l’escabeau de tes pieds" (Saint Pierre dans Actes 2.34-35, citant le Psaume 109.1 LXX).

La Nouvelle Jérusalem est même en train de descendre sur terre (Apocalypse 21.2) et le Royaume des Cieux est proche (Matthieu 4.17 et environ quatre autres endroits). C’est notre rôle, en tant qu’Église, de coopérer avec Dieu pour faire descendre sur terre la Belle Ville - une «descente» qui sera accomplie au Jour dernier.

Si une personne est vaincue par la peur et devient désespérée par la Fin des temps – qu'elle soit chrétienne ou laïque – c'est qu'elle  ne pense pas au Jour Dernier d'une manière saine et orthodoxe. Le Jour Dernier nous remplit d’espoir : s’il n’y en a pas, alors nous nous sommes trompés de station radio (ou bien nous avons consulté des sites Web moralistes, mais terribles).

«La crainte n'est pas dans l'amour, mais l'amour parfait bannit la crainte; car la crainte suppose un châtiment, et celui qui craint n'est pas parfait dans l'amour.. ”Saint Jean écrivit ceci dans sa première épître (4.18). La communauté chrétienne primitive le savait bien. Quand ils pensaient à la Fin du monde, leur attitude était très différente de la moderniste, caractérisée par la panique et l'effroi.

Ils savaient, sans aucun doute, que le Jour Dernier serait le retour de Jésus-Christ dans le monde dans sa Gloire. Contrairement à sa première venue à Bethléem, cette seconde venue serait évidente pour tout le monde. Le monde entier le reconnaîtrait immédiatement comme le Dieu aimant, clairement beau comme le prince de la paix puissant mais miséricordieux.

A ce moment, l'univers entier sera baigné de la Gloire et de la plénitude de l'amour divin.

Certes, il y aura ceux dont la vie entière est construite sur la violence et la haine, et leur expérience de cette Gloire du Jour Dernier sera épouvantable. Selon la doctrine orthodoxe, cette horrible réaction allergique à l'Amour divin est exactement ce qu'est l'enfer. De toute évidence, le diable est le cas le pire, le plus fou, de ce type de «choc anaphylactique» existentiel.

Mais à ceux qui vivent pour l'Amour, qui respirent en paix, qui donnent leur vie dans la miséricorde et le service, qui attendent la beauté et la bonté, qui cherchent à être divinisés dans le Corps de Christ - alors pour ceux-ci, le Jour dernier où Jésus reviendra sur cette terre sera un jour de joie sans limite.

Ces premiers chrétiens ont regardé le Jour Dernier avec espoir. Ils avaient pour devise: "Marana Tha !", Ce qui signifie (en araméen), "Viens vite, Seigneur!". Ils voulaient voir, dans leur propre vie, le Seigneur qui nous appelle tous ses "amis" (Jean 15.15). Ce ne sont ni des ennemis ni des esclaves du destin, ni des objets de manipulation déterministe, nés seulement pour le chagrin, ils ne sont pas non plus flagellés par la peur.

Mais, mes amis,
La fin du monde concerne en vérité le retour de l’Ami, qui a un Amour infini pour l’humanité. Et c'est quelque chose à espérer et à vivre dans une anticipation sans reprendre son souffle
.

version française de la SOURCE 
par Maxime le minime

IN MEDIO STAT VIRTUS ?

Justement et sévèrement critique mais positif et actif,
une autre vision de notre pays…plus optimiste ?

mercredi 24 juillet 2019

sur le site RELIGIOSCOPE : Balkans, les Églises orthodoxes ressentent l’onde de choc de l’affaire ukrainienne

SOURCE
Par Jean-Arnault Dérens, 22 juillet 2019

Le tomos signé le 5 janvier 2019 par le patriarche œcuménique de Constantinople reconnaissant l’autocéphalie d’une Église orthodoxe d’Ukraine provoque autant d’espoirs que d’inquiétudes dans les Balkans, où l’Église serbe est confrontée à des dissidences au Monténégro et surtout en Macédoine du Nord. Une nouvelle carte de l’orthodoxie européenne est-elle en train de se dessiner ?

Une visiteuse prie devant des mosaïques du monastère d'Ostrog, le plus populaire site de pèlerinage orthodoxe au Monténégro (© 2016 Elen11 |iStock).
Dès le 11 octobre 2018, le Patriarcat œcuménique de Constantinople, qui jouit d’une « primauté d’honneur » sur toutes les Églises orthodoxes du monde, mais pas pour autant de pouvoirs hiérarchiques ou disciplinaires semblables à ceux du pape dans le catholicisme, annonçait qu’il allait annuler la décision de 1686 plaçant l’Église orthodoxe d’Ukraine sous la jurisprudence de celle de Moscou. Cette décision, finalement actée le 5 janvier suivant, a suscité une tempête de réactions dans les Balkans – faisant la joie des Églises autocéphales de Macédoine et du Monténégro, qui ne disposent d’aucune espèce de reconnaissance canonique. Ces deux Églises, considérées par la communion de l’orthodoxie mondiale comme des « schismes » de l’Église serbe, ont vu cette décision comme un précédent de bon augure pour leur propre cause.

Très minoritaire, l’Église autocéphale monténégrine, « reconstituée » en 1993, entretenait d’ailleurs des relations nourries avec l’Église ukrainienne du Patriarcat de Kiev. En visite à Cetinje en 2010, son chef, le patriarche Filaret avait lancé : « les Églises orthodoxes d’Ukraine et du Monténégro n’attendent pas la reconnaissance de Moscou ni de Belgrade, mais seulement celle de Jésus Christ »… À l’inverse, l’Église serbe ne cachait pas son inquiétude, et a soutenu la position de Moscou, quoique sans prendre le risque d’une rupture ouverte avec Constantinople, tandis que l’Église grecque surveille avec attention la situation en République de Macédoine – officiellement devenue la « Macédoine du Nord » en janvier 2019, en conséquence de l’accord passé entre les Premiers ministres Alexis Tsipras et Zoran Zaev.

L’onde de choc de cette décision s’est étendue jusqu’en Bulgarie et surtout en Roumanie, où l’Église orthodoxe nourrit avec la Russie un conflit de juridiction en République de Moldavie. Une partie des orthodoxes de ce petit pays reconnaissent l’autorité du Patriarcat de Moscou, les autres celle du Patriarcat de Bucarest, dont dépend la métropole autonome de Bessarabie. Beaucoup d’analystes ont voulu croire que le précédent ukrainien pourrait ouvrir la voie à une autocéphalie moldave, seule à même de sortir le pays du conflit entre les deux Églises rivales[1]. Cela supposerait néanmoins, en indispensable préalable, que la Moldavie soit capable de dépasser les profondes divisions politiques qui la minent, mais aussi de résoudre le défi posé par les séparatistes « pro-russes » de Transnistrie. Aucune perspective de résolution de ce conflit « gelé » depuis 1991 n’émergeant à l’horizon, on peut supposer que le statu quo ecclésiastique a encore de beaux jours devant lui. Toutefois, pour parer à tout péril, le patriarche Kiril de Moscou a effectué une visite très médiatisée en Moldavie à la fin du mois d’octobre, se rendant dans la capitale Chișinău, mais aussi à Balti, Comrat et Tiraspol, chef-lieu de la république autoproclamée de Transnistrie.

Au vrai, l’Église serbe, pourtant très sujette à l’influence russe, essaye de tenir une position de relative neutralité, évitant de se ranger trop bruyamment dans le camp de Moscou, et prêche la modération. Après avoir longtemps hésité, elle avait finalement décidé de prendre part au « Grand et Saint Concile panorthodoxe » de Crête, en juin 2016, boycotté par les Églises de Russie, de Géorgie, de Bulgarie et d’Antioche. En effet, l’Église serbe est très liée aux évêchés du nord de la Grèce, placé sous la juridiction du Patriarcat œcuménique, et elle redoute surtout une division du Mont Athos, où elle dispose du grand monastère du Hilandar. L’Église marche donc sur des œufs, évitant de s’engager de manière irrévocable dans un camp ou l’autre. Selon l’évêque Irinej de Bačka, « l’Église serbe n’est pas pour Moscou ni contre Constantinople, mais pour le respect de la tradition canonique » - ce qui représente une position de principe fort respectable, mais pas toujours simple à garder dans les complexes remous de la géopolitique ecclésiale.

Vers une Église du Monténégro ?


Aux inquiétudes serbes a bien sûr répondu l’enthousiasme des Macédoniens et des fidèles de la très petite Église autocéphale du Monténégro. Au vrai, c’est dans ce dernier pays que la situation pourrait le plus vite évoluer. L’Église monténégrine, « recréée » en 1993, ne compte pourtant guère qu’une poignée de prêtres, sous la houlette du métropolite Mihailo (qui avait reçu l’épiscopat d’un groupe d’évêques bulgares alors en dissidence). C’est une Église militante, qui s’est battue dans les années 1990 pour la restauration de l’indépendance du Monténégro, finalement recouvrée en 2006, tout en s’opposant à l’influence serbe dans le pays, largement incarnée par Amfilohije, le métropolite serbe du Monténégro et du littoral. C’est pourtant bien ce dernier qui pourrait se retrouver au cœur d’une nouvelle configuration ecclésiale.


Des pèlerins devant le monastère orthodoxe d'Ostrog,
 adossé à une falaise du Monténégro (© 2013 Suc |iStock).
La question de l’autocéphalie monténégrine est un dossier dont les pièces sont bien connues, mais se prêtent à des interprétations contradictoires. La principauté médiévale de Dioclée, ancêtre du Monténégro, se trouvait située sur l’ancienne ligne de partage entre les Empires romains d’Occident et d’Orient, et l’archevêché de Bar (Antivari) a varié d’obédience au cours du Moyen Âge. Réunie à la principauté serbe de Rascie au XIIIe siècle, la Dioclée, qui prit alors le nom de Zeta, s’ancra progressivement dans l’orthodoxie. Après la conquête ottomane des Balkans, la disparition de l’État serbe et la suppression de la patriarchie de Peć, au XVe siècle, le Monténégro, théoriquement vassal de la Porte, mais jouissant de fait d’une très large autonomie, devint un îlot de résistance dans les Balkans. En 1455, le voïvode monténégrin Stefan Crnojević et le concile de la Zeta déclarèrent qu’ils ne reconnaissaient pas « l’épiscopat latin », et engagèrent le processus qui allait aboutir à la création d’un siège métropolitain de Cetinje, trente ans plus tard. Cette Église monténégrine jouit d’une indépendance de fait, avant de reconnaître la juridiction du Patriarcat de Peć, lorsque celui-ci fut recréé, en 1557. Le lien entre les deux institutions est néanmoins toujours resté d’autant plus ténu que le patriarcat était fortement intégré dans les structures administratives de l’Empire ottoman, tandis que les évêques de Cetinje incarnaient la résistance des Slaves orthodoxes des Balkans. À compter d’une date incertaine, ceux-ci assurèrent d’ailleurs également le pouvoir temporel, en qualité de princes-évêques, élus par l’assemblée des hommes libres. Ce n’est qu’en 1851 que le prince Danilo Petrović Njegoš renonça à la charge épiscopale, permettant l’instauration d’un principe dynastique direct.
À Podgorica, une statue de Petar I Petrović-Njegoš (1749-1830), prince-évêque du Monténégro de 1781 à 1830 (© Dvrcan | Dreamstime.com).
Lorsque la Porte supprima de nouveau le Patriarcat de Peć, en 1766, alors que la petite principauté monténégrine venait de nouer des liens diplomatiques avec la Russie, l’Église de Cetinje ne reconnut pas la juridiction du patriarcat œcuménique de Constantinople, mais s’appuya sur l’Église russe : les milieux autocéphalistes soutiennent qu’elle aurait reconnu l’indépendance ecclésiastique monténégrine en 1851. Après la pleine reconnaissance de l’indépendance monténégrine au Congrès de Berlin, en 1878, la Constitution du pays confirma le caractère autocéphale de son Église, mais l’État monténégrin s’effondra dans la bourrasque de la Première Guerre mondiale. En 1918, il fut réuni au nouveau Royaume des Serbes, Croates et Slovènes, extension du Royaume de Serbie des Karađorđević. Cette réunion avait été approuvée par une assemblée réunie à Podgorica, mais resta contestée par une partie de la population. Une résistance « verte », c’est-à-dire favorable à l’indépendance et à la vieille dynastie des Petrović Njegoš, s’organisa même dans les montagnes de la région de Cetinje, contre les « blancs », les unionistes. En 1920, l’Église orthodoxe serbe fut restaurée comme Église patriarcale et autocéphale, et elle plaça le Monténégro sous sa juridiction. L’Église monténégrine restaurée en 1993 conteste bien sûr cette décision, qu’elle considère comme une « annexion » anti-canonique.

Le débat touche à l’identité nationale des Monténégrins, dans des Balkans où les appartenances confessionnelles sont souvent à la base des identités nationales. Les écrits du prince-évêque Petar II Petrović Njegoš (1813-1851), le « grand Njegoš », considéré comme le plus grand poète de la langue serbo-croate, ne laissent pourtant guère place aux doutes. Il se considérait comme « de foi serbe orthodoxe », tout en insistant sur sa « nationalité monténégrine », tandis que ses sujets se définissaient volontiers comme « Monténégrins, c’est-à-dire les meilleurs des Serbes »… L’indépendance ecclésiastique du Monténégro, incontestable aux XVIIIe et XIXe siècle, doit-elle donc être considérée comme un pis-aller, une réponse de circonstance à la disparition du patriarcat serbe ? C’est bien sûr la conclusion que tirent les unionistes, mais elle est contestée par les partisans de l’indépendance politique et ecclésiastique du Monténégro.

Si le métropolite Amfilohije a toujours considéré l’Église monténégrine autocéphale comme une secte schismatique et marginale, sa position sur le fond du dossier est plus ambiguë qu’il n’y paraît au premier regard. Prélat d’une grande culture, artisan majeur du revival spirituel et national serbe dès les années 1980, Amfilohije est aussi un homme de pouvoir, qui entretient des relations complexes avec le régime de Milo Đukanović, l’indéboulonnable maître du Monténégro, qui alterne depuis 1991 les fonctions de Premier ministre et de Président de la République, charge qu’il occupe à nouveau depuis le 20 mai 2018. Depuis la restauration de l’indépendance, en 2006, les relations entre le pouvoir monténégrin et l’Église serbe peuvent se résumer à une longue litanie de tensions et de provocations. Tout est prétexte à conflit, notamment les projets immobiliers de l’Église, tandis qu’Amfilohije multiplie les sorties incendiaires à l’encontre de Milo Đukanović, qui est même désormais menacé d’anathème.

À Lustica, au Monténégro, le 8 août 2014, le métropolite Amfilohije donne la communion à des fidèles (© 2016 Draskovic |iStock).
En effet, le Parlement monténégrin a adopté à la mi-mai une loi sur la liberté religieuse, dont une annexe évoque les biens des communautés religieuses[2] : celles-ci ne pourront conserver leurs biens que si elles peuvent arguer de titres légaux de propriété, ce qui n’est bien sûr pas le cas pour la plupart des églises et des monastères de l’Église orthodoxe serbe, notamment les grands monastères de Cetinje, résidence du métropolite, ou d’Ostrog, véritable cœur de l’orthodoxie au Monténégro. Naturellement, Amfilohije a aussitôt dénoncé une tentative « d’usurpation » par « l’État athée », laissant augurer d’une violente querelle des inventaires à la monténégrine… Solidaire, le Saint-Synode de l’Église russe a même exprimé sa « profonde préoccupation face à la dégradation de la situation »[3].

Pourtant, les relations entre Amfilohije et Milo Đukanović n’ont pas toujours été aussi tendues. Lors de la scission du DPS, en 1996, le métropolite avait soutenu Milo Đukanović contre son rival Momir Bulatović. Les deux hommes étaient arrivés ensemble au pouvoir, prenant le contrôle de l’ancienne Ligue des communistes monténégrins avec le soutien de Slobodan Milošević et se partageant les plus hautes fonctions de l’État. Durant plusieurs années, ils ont tenu le Monténégro aligné sur la ligne politique de Belgrade, mais, en 1996, alors que les accords de paix de Dayton-Paris ont mis à la guerre de Bosnie-Herzégovine, Milo Đukanović cherche à desserrer la tutelle du mentor serbe, auquel Momir Bulatović reste totalement fidèle. Ce dernier perdit la partie de bras de fer. Mis en minorité au sein du DPS, il créa un nouveau Parti socialiste populaire (SNP) et fut battu d’un cheveu par son rival à l’élection présidentielle de l’automne 1997. Le soutien de l’Église orthodoxe serbe a sûrement apporté à Milo Đukanović les quelques milliers de voix qui lui ont permis de faire la différence. Ce choix s’inscrivait, du reste, dans le cadre de la politique générale de l’Église d’opposition au régime « communiste » de Milošević : le patriarche Pavle lui-même prit part aux manifestations démocratiques qui secouèrent la Serbie durant l’hiver 1996-1997.

Cathédrale de la résurrection à Podgorica (© 2019 Maylst |iStock)
Milo Đukanović avait beau reprendre à son compte certains éléments du discours « souverainiste » monténégrin – uniquement défendu, dans la première moitié des années 1990, par l’Alliance libérale du Monténégro (LSCG), par quelques intellectuels et par l’Église orthodoxe monténégrine – il pouvait apparaître, aux yeux du métropolite Amfilohije, comme un politicien plus malléable que Momir Bulatović, homme lige de Milošević. L’Église serbe n’avait pas de raison d’être foncièrement hostile à la résurrection d’un État monténégrin, tant que sa propre position dominante n’était pas remise en question. Ainsi, lors du référendum de 2006, et contrairement aux attentes des partisans du maintien de l’union avec la Serbie, le métropolite Amfilohije pratiqua une retenue s’apparentant à de la neutralité, qui fut peut-être déterminante pour l’issue de la consultation : un fort engagement de l’Église serbe contre l’indépendance aurait certainement eu une grande influence sur les résultats.

Pour le métropolite Amfilohije, il existe donc deux lignes rouges de nature fort différente : la première touche au statut de l’Église, à ses propriétés foncières et aux autres possessions matérielles ; la seconde concerne l’identité nationale des fidèles orthodoxes au Monténégro. Si ceux-ci demeurent « de foi serbe orthodoxe », ainsi que l’écrivait le Njegoš, pourquoi ne pourraient-ils pas être « de nationalité monténégrine » ? Ceci posé, toutes les issues sont envisageables à l’actuel bras de fer qui oppose Milo Đukanović au métropolite Amfilohije, en sachant qu’aucun des deux hommes n’a intérêt à une rupture totale. Au contraire, de puissants intérêts politiques et matériels les rendent indispensables l’un à l’autre. Le Président de la République ne veut pas partir en guerre contre l’Église serbe, et celle-ci dépend du pouvoir politique pour sauver ses biens… Dans ces conditions, beaucoup d’analystes postulent même qu’Amfilohije pourrait très bien devenir le chef d’une Église autocéphale du Monténégro, pour peu que celle-ci ne renie pas son ancrage dans la tradition nationale serbe. En bonne théologie, on pourrait rappeler que l’indépendance des Églises n’a pas à être liée avec les sentiments d’identité nationale, cette funeste alliance constituant même l’essence de l’hérésie ethnophylétiste, telle que définie par le second concile de Constantinople en 1872.

L’Église serbe sous pression du pouvoir politique


La tentation d’être maître chez soi, de devenir le chef d’une nouvelle Église autocéphale travaille peut-être d’autant plus Amfilohije que la situation de l’Église serbe est plus compliquée que jamais. Celle-ci est confrontée à une violente tentative de prise en main par le pouvoir politique, qui compte sur la docilité du patriarche Irinej. Pour le régime du président Aleksandar Vučić, l’enjeu est d’assurer de la neutralité de l’Église sur la question du Kosovo. Issu de l’extrême droite nationaliste, il jouit d’un soutien constant et appuyé des pays occidentaux qui le suppose capable d’imposer un « compromis » à propos de ce territoire, qui supposerait une reconnaissance par Belgrade de l’indépendance proclamée en 2008.

Aleksandar Vučić milite pour un accord « historique » qui passerait par une « redéfinition des frontières », en clair un échange de territoires entre le Kosovo et la Serbie, qui entraînerait immanquablement des déplacements de population et sonnerait le glas pour les enclaves serbes situées dans les parties du Kosovo qui ne seraient pas incluses dans les nouvelles frontières de la Serbie[4]. Or, c’est aussi dans ces régions que se trouvent certains des plus grands et prestigieux monastères serbes, comme celui de Visoki Dečani ou le siège patriarcal de Peć. Dès janvier 2018, le métropolite Amfilohije avait déclaré à la télévision du Monténégro (RTCG) que « la politique du Président Vučić menait à la trahison de la Serbie et du Kosovo », ajoutant : « ni moi ni l’Église n’attaquons personne. Nous ne faisons qu’exprimer notre inquiétude pour la partie la plus importante et la plus sainte de l’État serbe. »[5]

Lors du dernier Synode de l’Église serbe, en mai 2019, Aleksandar Vučić est directement venu sermonner et chapitrer les évêques[6]. En effet, une large partie de l’épiscopat s’oppose fermement à toute hypothèse de partage « ethnique » du Kosovo. L’évêque Teodosije de Prizren et de Raška, dont l’éparchie couvre l’essentiel du territoire du Kosovo, ainsi que le père Sava, archimandrite du prestigieux monastère de Visoki Dečani, ont été victimes de véritables campagnes de harcèlement, notamment dans la presse à scandale proche du pouvoir[7], pour s’être publiquement opposés à cette politique. Le Président a réitéré ses remontrances et ses mises en garde devant le Synode, ce qui a eu pour résultat principal d’accroître les divisions au sein de l’épiscopat, même si le patriarche Irinej a tenu à remercier et à « féliciter » le président Vučić pour son action…


Dans la vieille ville de Kotor, au Monténégro, la façade de l'église Saint-Nicolas
(© 2018 AIS60 |iStock).
Il est surprenant que le chef d’un État laïc intervienne aussi directement dans les affaires religieuses, et il n’est pas plus fréquent que le chef du pouvoir temporel, à supposer qu’il soit lui-même croyant, vienne ainsi dicter sa ligne à l’Église… M. Vučić a besoin du soutien de l’Église pour faire passer auprès de certains secteurs de l’opinion la politique qu’il entend mener au Kosovo, mais lui-même n’est pas connu pour sa piété. Issu du Parti radical serbe, la formation ultranationaliste longtemps dirigée par Vojislav Šešelj, le président serbe a une approche « utilitariste » de l’Église, qui est un vecteur d’opinion qu’il convient de mobiliser au service de la politique qu’il entend mener. Pour cela, le nouveau maître de Belgrade sait se montrer financièrement généreux, multipliant les subventions publiques directes ou indirectes à l’Église[8]. Une manière, peu discrète, mais toujours efficace, d’acheter son soutien.


Le défi macédonien


Une église d'un monastère dans les montagnes de la Macédoine (© 2009 JF Mayer).

Cette Église pourrait néanmoins se retrouver bien vite confrontée à un autre défi majeur en Macédoine du Nord. C’est en effet le nom que porte désormais l’ancienne république méridionale de la Yougoslavie. L’accord signé à Prespa le 17 juin 2018 entre les Premiers ministres Alexis Tsipras et Zoran Zaev, a soldé 27 années de conflit entre la Grèce et la Macédoine, qui porte désormais le nom de « Macédoine du Nord », et voit s’ouvrir devant elle les portes de l’OTAN, à défaut encore de celles de l’Union européenne.

La situation ecclésiastique fait partie intégrante de la complexe « question de Macédoine », cette région centrale des Balkans, partagée en 1913 entre Bulgarie, Grèce et Serbie, étant toujours convoitée par tous ses voisins. Ohrid est un des plus anciens sièges épiscopaux des Balkans, et une Église orthodoxe macédonienne a été créée en 1967, par dissociation de l’Église serbe. Il s’agit du cas, unique, d’un schisme national favorisé par les autorités communistes afin de consolider l’identité nationale des Slaves macédoniens, contestée par les traditions nationalistes tant bulgares que serbes[9]. Après la dislocation de la Yougoslavie et l’accession à l’indépendance d’une République de Macédoine, aussitôt confrontée à l’hostilité de la Grèce, des tentatives de résolution du schisme ont été menées avec la médiation du Patriarcat œcuménique de Constantinople. L’accord conclu à Niš, en Serbie, le 17 mai 2002, prévoyant une réintégration de l’Église de Macédoine dans le giron de son Église mère, qui lui aurait aussitôt accordé un statut d’autonomie, fut aussitôt dénoncé comme une « trahison » à Skopje, et les évêques macédoniens retirèrent leur paraphe, à l’exception d’un seul, Jovan (Vraniskovski), qui fut donc nommé épiscope d’Ohrid et exarque de l’Église serbe en Macédoine. Il fut aussitôt victime de l’hostilité non seulement des milieux ecclésiastiques, mais aussi des autorités politiques, et passa plusieurs années en prison sous des accusations contestables de détournement de fonds.
L'archevêque Stéphane, à la tête de l'Église macédonienne autocéphale,
 lors d'un entretien accordé à Religioscope en 2009 (© 2009 JF Mayer).
Si les relations macédo-serbes se sont détendues depuis la remise en liberté de l’évêque Jovan, aucune avancée notable n’est intervenue sur le fond du dossier, les tentatives de médiation bulgares ou russes n’ayant rien donné de significatif. L’Église orthodoxe macédonienne est à la fois quasiment hégémonique dans son pays – les fidèles reconnaissant l’exarchat serbe n’étant qu’une poignée – et totalement écartée de toute forme de reconnaissance internationale. Même la petite Église monténégrine autocéphale mène une diplomatie plus active, notamment du fait de ses bonnes relations avec le patriarcat de Kiev. Cette situation pourrait toutefois changer, maintenant qu’un des termes de la complexe équation macédonienne a trouvé une solution, avec l’accord passé avec la Grèce et le nouveau nom du pays. Les représentants de l’Église macédonienne affichent une grande réserve, estimant que l’initiative devrait revenir à la Serbie. « Si nous recevons une offre de dialogue, le Saint-Synode de notre Église devra statuer à ce sujet. Pour l’instant, il ne sert à rien de se lancer dans des spéculations », déclarait ainsi en juin l’évêque Timotej de Debar, porte-parole de l’Église macédonienne, qui ajoute que le dernier mot devrait revenir à Constantinople[10].

C’est en réalité une partie de billard à trois bandes qui se joue. Il est peu probable que le patriarche œcuménique prenne une décision unilatérale de reconnaissance sans tenir compte de l’avis de l’Église grecque et celle-ci, jusqu’à plus ample informé, se fait la représentante des intérêts serbes. Dans ces conditions, il faudrait parvenir un accord avec Belgrade et en revenir à peu près aux termes de l’accord de Niš – réintégration dans l’Église serbe et concession d’une autonomie canonique. Un tel compromis serait tout à l’honneur des deux Églises, et l’on peut supposer qu’à la différence de la situation qui prévalait au début des années 2000, le pouvoir politique macédonien soutiendrait un tel compromis. Cherchant à normaliser les relations du pays avec tous ses voisins, le Premier ministre Zaev a également signé un traité « historique » avec la Bulgarie le 2 août 2017, soldant les nombreux contentieux qui existaient entre les deux pays[11]. Hormis la délicate question des relations avec l’Albanie et le Kosovo, il ne reste plus à Skopje qu’à régler la querelle ecclésiastique avec la Serbie.

Une église sur les rives du lac d'Ohrid, en Macédoine (© 2019 JF Mayer).

Le Patriarcat œcuménique serait sans aucun doute favorable à un accord de ce type, mais il fera certainement preuve d’une grande prudence, de crainte de braquer Belgrade et de rejeter l’Église serbe dans les bras de Moscou[12]. Reste à savoir si celle-ci est également prête à un compromis, dont elle a, a priori, peu d’avantages particuliers à attendre. En Serbie, le pouvoir politique peut aussi penser que la question religieuse lui offre toujours une manière de plus d’avoir prise sur la Macédoine du Nord.
Jean-Arnault Dérens

Notes
Laura-Maria Ilie et Florentin Cassonnet, « Clochemerle orthodoxe en Moldavie : la bataille de l'église de Dereneu », Le Courrier des Balkans, 29 avril 2018. ↑
« Monténégro : Milo Đukanović a-t-il déclaré la guerre à l'Église orthodoxe serbe ? », Le Courrier des Balkans, 19 juin 2019. ↑
« Statement of the Holy Synod of the Russian Orthodox Church on the situation in Montenegro », Interfax, 10 juillet 2019. ↑
Lire le dossier du Courrier des Balkans : « Kosovo-Serbie : une « rectification des frontières » pour une « solution définitive » ? » ↑
Srđan Janković, « Serbie : le métropolite Amfilohije tire à boulets rouges contre Vučić », Le Courrier des Balkans, 211 janvier 2018. ↑
Milica Čubrilo-Filipović, « Serbie : l'Église orthodoxe au service d'Aleksandar Vučić ? », Le Courrier des Balkans, 21 mai 2019. ↑
« Serbie : les médias proches de Vučić lancent la charge contre l'Église orthodoxe » , Le Courrier des Balkans, 27 août 2018. ↑
Milica Čubrilo Filipović, « Serbie : l'Église orthodoxe « plus loin de Dieu, plus près du pouvoir », Le Courrier des Balkans, 2 avril 2019. ↑
Lire J.A. Dérens, « Orthodoxie : l’Église serbe face aux schismes macédonien et monténégrin », Religioscope, 16 juin 2004, et « Macédoine: patchwork ethnique et religieux », Religioscope, 6 août 2004. ↑
Branka Mihajlović, « Orthodoxie : entre les Églises de Macédoine du Nord et de Serbie, le dialogue est-il possible ? », Le Courrier des Balkans, 28 juin 2019. ↑
« La Macédoine et la Bulgarie signent un traité d'amitié «historique», sans parler des sujets qui fâchent », Le Courrier des Balkans, 2 août 2017. ↑
C’est ce que souligne la théologienne Regina Elsner : « Orthodoxie : les conséquences de la rupture entre Moscou et Constantinople », Le Courrier des Balkans, 6 novembre 2018. ↑

Nous ne vivons plus en démocratie depuis très longtemps

"Nous ne vivons plus en démocratie depuis très longtemps. Nous vivons l'aristocratie la plus féroce de toute l'histoire. On donne maintenant le nom de démocratie à une société qui est une société — aristocratie, ce n'est pas un très bon mot, ploutocratie non plus — un gouvernement de très très peu de gens qui décident et qui s'enrichissent en acculant à la misère et au désespoir le plus grand nombre. Et ça c'est vrai dans l'enseignement. On enseigne à grand prix à des gens extrêmement rares et fortunés ou élus, et le désastre de l'enseignement est de plus en plus énorme. En particulier aux États-Unis où j'enseigne, il n'y a plus de primaire, il y a un secondaire très faible. La vieille leçon de Jules Ferry en France est depuis longtemps oubliée. Je crois que ça serait pour nous, enseignants, un des problèmes les plus sérieux. Et d'autant plus sérieux que les problèmes de travail, de chômage, passent obligatoirement par là. Le travail désormais est un travail qui touche de plus en plus le soft et non pas le hard : j'en ai dit un mot dans un livre qui s'appelle Les Anges. Je crois que le problème de travail, de misère, serait là où l'engagement devrait être le plus fort."   Michel Serres
 (in Un entretien avec Michel Serres Horizons Philosophiques Printemps 2000, Vol 10 N° 2) 

mardi 23 juillet 2019

Des traductions des textes ecclésiastiques grecs

SOURCEhttp://www.projethomere.com/index.htm  : un site passionnant !

Bref résumé de l'histoire de la langue liturgique grecque par Hélène Kémiktsi, l'auteur du site

"Au départ l’église utilisait officiellement la koinè alexandrine (grec ancien vulgarisé depuis Alexandre le Grand) qui était la langue où le Vieux et le Nouveau Testament furent d'abord traduits. Plus tard, le courant atticiste s’étant fortement répandu on assiste à un retour au grec ancien. A partir de l’époque des trois hiérarques l'église va l'adopter comme langue officielle.

Le grec atticiste est donc du grec classique dans toute sa structure comme en témoigne les textes qui suivent. Ceux de Céracée sont parmis les premiers à être enseigné aux élèves Grecs de première année de Collège au cours de grec ancien.Voir l'espace de la vidéothèque
Quant à la Καθαρεύουσα (katharèvousa -langue savante ou puriste) c’est une autre histoire, elle est certes issue du courant atticiste (le courant atticiste a toujours été présent depuis) mais elle était le produit de la réforme d' Adamandios Koraïs lors de l'indépendance de l’état grec après la chute de l’Empire Ottoman. Elle fut adoptée comme langue d'état en 1830 et resta en vigueur jusqu'en 1976. Le journal Εστία et l'église dans les documents officiels la préfère encore. Bien que purifiée et archaïsante, certains la considéraient artificieles aussi cela la rendait impopulaire. Il est donc erroné de confondre le grec ancien atticiste utilisé par l'église orthodoxe à partir des trois hiérarques qui vit le jour au 1er siècle avant JC et la katharèvousa."

Présentation par l'auteur du site,  Hélène Kémiktsi
"Au sujet de "Projet Homère"
Le Projet Homère a pour but principal de traiter la langue grecque sur de nombreuses facettes (grec ancien, Koinè, courant atticiste, grec puriste ou savant, grec moderne, dialectes etc..) à travers un site fournissant des ressources pertinentes parfois rares ou uniques, des travaux, des cours, des outils pratiques, des infos etc.."
Présentation des textes ci-dessous
"Il s'agit d'un des travaux pour Projet Homère réalisé par moi-même.
Ce sujet provient au départ d'une discussion du forum où j'avais présenté la vidéo d'un chant byzantin dont la particularité était qu'il s'agissait d'une adaptation en grec homérique d'un hymne pascal dont l'auteur était St Nicodime ou Nicodime l'Hagiorite, respectant non seulement le lexique, les formes linguistiques homériques mais aussi l'hexamètre comme dans l'Iliade.
Par la suite avec le texte de la Koinè, et ceci étant donné que le texte classique en vers iambiques était une découverte plus récente, j'avais effectué une adaptation en grec moderne et une traduction en français. Au bas, du texte homérique on peut voir et écouter cette fameuse vidéo. Suite à cela, je donne aussi des explications sur le lexique homérique utilisé. Je présente également une brève biographie avec les principales oeuvres en grec de Nicodime l'Hagiorite. 
Mon but est de montrer ici, les différentes formes du grec et certaines vérités ignorées sur notre langue. Il ne s'agit nullement d'une étude théologique sur le contenu du texte."

EXTRAITS de la page du site consacrée à  Langue d'Homère et Byzance


En grec de la Koinè    
                                                                                  

Καὶ ὑπὲρ τοῦ καταξιωθῆναι ἡμᾶς τῆς ἀκροάσεως τοῦ ἁγίου Εὐαγγελίου,
Κύριον τὸν Θεὸν ἡμῶν ἱκετεύσωμεν.

Σοφία. Ὀρθοί. 
Ἀκούσωμεν τοῦ ἁγίου Εὐαγγελίου.
Εἰρήνη πᾶσι.
Ἐκ τοῦ κατὰ Ἰωάννην ἁγίου Εὐαγγελίου, τὸ Ἀνάγνωσμα.
Πρόσχωμεν. […]

En grec homérique(hexamètre)       

Όφρα κε νωϊτέροισιν εν ούασι πάγχυ βάλωμεν
θέσφατον, ιμερόεσσαν, αγνήν Ευάγγελον όππα,
μειλίξωμεν άνακτα Θεόν, μέγαν ουρανίωνα
Ιθυγενής. Σοφίη. Ευαγγελίοιο κλύωμεν.
Ειρήνη χαριεσσ’ επ’ απείρονα δήμον εσείται.
Εκ δ’ άρ’ Ιωάννοιο τόδ’ έστι βροντογόνοιο […]



En grec homérique(hexamètre)       


Όφρα κε νωϊτέροισιν εν ούασι πάγχυ βάλωμεν
θέσφατον, ιμερόεσσαν, αγνήν Ευάγγελον όππα,
μειλίξωμεν άνακτα Θεόν, μέγαν ουρανίωνα
Ιθυγενής. Σοφίη. Ευαγγελίοιο κλύωμεν.
Ειρήνη χαριεσσ’ επ’ απείρονα δήμον εσείται.
Εκ δ’ άρ’ Ιωάννοιο τόδ’ έστι βροντογόνοιο […]
En grec classique (vers iambiques)

Ἐπαξίως κλύωμεν
ἁγίου ἕπους.
Ἄγωμεν ᾠδὴν
ἱκετήριον πάνυ
Ἡμῶν Ἄνακτι, δώμαθ᾿
ὃς πόλου ἔχει.
Ὀρθὴ σοφίη! ἀγλαῶν
ἐφετμέων
Εὐάγγελον νῦν οὔασιν
θῶμεν γ᾿ ὄπα.
Πάντεσσι χάρμα.
Ἐκ τῶν Ἰωάννοιο
ῥητῶν ἐνθέων […]



adaptation en grec moderne

Ώστε να είμαστε 
ικανοί (καταξιωμένοι) να ακούσουμε - 
Το Άγιο Ευαγγέλιο,
Ας ικετεύουμε τον
Κύριο, το θεό μας
Σοφία. Ορθοί
Ας ακούσουμε το Άγιο
Ευαγγέλιο.
Ειρήνη σε όλους.
Απὸ το κατά Ιωάννη
Άγιο Ευαγγέλιο, το 
Ανάγνωσμα.
Ας προσέξουμε. […]


traduction en français

Jusqu’à ce que l’on soit
capable (mur, apte) 
d’écouter (de prêter l’oreille) 
au St Évangile
implorons (sollicitons) le Seigneur – Notre Dieu

Sagesse – [tenons-nous] droits 
Écoutons le St évangile 
Paix à tous
Selon la lecture de l’évangile de St Jean
Portons notre attention […]


ARBRE DE LA LANGUE  GRECQUE

"Comme on peut le voir sur la biographie de Nicodime l’Hagiorite, il a vécu entre (1749 – 1809) c’est-à-dire à une époque bien éloignée chronologiquement de celle d’Homère (VIII siècle avant JC), cela ne l’a pas empêché de réaliser cette prouesse linguistique.

Les textes ecclésiastiques écrits en grec classique sont eux faciles à trouver puisque les Pères de l’église parlaient le langage attique.
Au départ avec le Vieux et Nouveau Testament qui étaient rédigés en grec de la Koinè, l’église utilisait la Koinè. Plus tard, à partir des trois Hiérarques le courant atticiste s’est imposé et la langue officielle de l’église était devenue le grec attique, c'est-à-dire le grec ancien. Les textes de Césarée sont parmi les premiers enseignés aux élèves Grecs de première année de Gymnase (Collège) avant l’apprentissage des grands classiques." Hélène Kémiktsi