lundi 25 mai 2015

Le gaz, le pétrole et le diable ?

EST-CE QU'ON PARVIENDRAIT À S'EN PASSER OU BIEN TROUVERAIT-ON LA SAGESSE ADAPTÉE ?

"Cette substance collante, sombre et nauséabonde, toxique qui provient des entrailles brûlantes de la Terre, ea l'effet sombre d'une évacuation de Satan. Le résultat de leur exploitation massive par Dinosaurs Seven Oil (Standard Oil, Texaco, Shell, etc.) était une foule de maux, que la ruine du pays, la croissance cancéreuse des villes, le chômage de masse, la pyramide de la corruption, les dictatures déguisées ou ouvertes, la colonisation du pays par des sociétés impérialistes et leurs gouvernements respectifs, principalement installés à Washington." Jaime Galarza Zavala
Le pétrole ce n'est pas l'or noir, c'est l'excrément du diable
Juan Pablo Pérez Alfonso, l’un des fondateurs vénézuéliens de l’OPEP
Sable bitumineux au Canada
Les nouveaux gazoducs 








Pétrole et Terreur
Du pétrole d'un gisement en Irak en train de brûler. Crédit : UK Ministry of Defence




La pollution des transports en général


En 2014, le nombre d’accidents corporels a aussi augmenté (+ 1,7%), tout comme le nombre des blessés (+ 2,5%) et des blessés hospitalisés* (+ 2,9%, soit 741 personnes).
Cette hausse de la mortalité touche particulièrement les usagers vulnérables : les piétons (+8 %), les cyclistes (+8 %) et les cyclomotoristes (+6 %). Et dans une moindre mesure les automobilistes (+3%).
Voitures invendues

La pollution des transports est une pollution polyfactorielle dont les formes et les conséquences sont multiples. Ci-dessous se trouve une liste des effets les plus critiques :


Pollution atmosphérique bien sûr, c’est la plus évidente car elle se voit. Air vicié et maladies respiratoires dans les villes, dégagement de gaz à effet de serre et réchauffement climatique pour l’ensemble de la planète … avec les conséquences désagréables que cela aura pour les générations futures. Pour plus d’informations, cliquez ici.
Pollution des eaux, avec les marées noires et les dégazages sauvages en mer.
Pollution acoustique, surtout pour les heureux citadins et ceux qui habitent à proximité d’un couloir aérien.
Pollution esthétique, franchement, vous trouvez ça beau un tas de voitures agglutinées devant un feu rouge ? Ou une autoroute qui passe au milieu de votre jardin ? Bon, nous sommes d’accord …
Pollution du système nerveux, le stress des embouteillages, la cohabitation entre automobilistes, les accrochages, les accidents et j’en passe … 
Pollution spatiale,
En ville, avec la congestion des centres urbains et la nécessité de disposer d'espaces sans cesse plus importants pour la voirie et les parkings, tout cela au détriment de l’espace de vie de l’Homme.
A la campagne, avec la parcellisation des habitats naturels par les autoroutes et les voies ferrées, entraînant la disparition des grands animaux et donc au global réduisant la biodiversité.
Dernier type de « pollution », et non des moindres, c’est celle qui consiste à piller une ressource non renouvelable. Car non, à l’échelle de l’Homme, le pétrole n’est pas une énergie renouvelable. Pour plus d’informations, cliquez ici.


Une baleine échouée qui a été empoisonnée par la nappe de pétrole produite par l' Exxon Valdes en 1989. On estime que cette tragédie a tué des millions d' oiseaux de mer, de mammifères marins et de poissons.
Pollution de l’air en Chine 
Continent plastique de 600 000 km² entre Hawai et la Californie 
Les pluies acides ont complètement dévasté cette forêt de République Tchèque 

dimanche 24 mai 2015

DIMANCHE du Premier Concile Œcuménique : L'ARIANISME CONTEMPORAIN





[…] L’arianisme n’est pas enseveli. Aujourd’hui, plus que jamais, il est répandu et à la mode. II s’est étalé comme une âme sur le corps de l’Europe contemporaine. Si vous examinez la culture européenne, vous y trouverez caché, dans son fond, l’arianisme. Tout est limité à l’homme, au seul homme. Le Christ, le Dieu-Homme, a été réduit aux cadres de l’homme. Avec le levain de l’arianisme, on a pétri la philosophie de l’Europe, sa science, sa civilisation et, en partie, sa religion. Partout, et systématiquement, le Christ est rabaissé au niveau de l’homme ; le Dieu-Homme est sans cesse séparé de sa chair, l’œuvre d’Arius se perpétue. "La religion aux limites de la raison pure" de Kant, n’est rien de nouveau ; elle est une présentation nouvelle de l’arianisme. 

Si nous mesurons le Christ avec le mètre de Kant, qu’obtiendrions-nous ? Nous aurons un Christ homme, un Christ sage, mais jamais le Christ Dieu-Homme. Si avec le critère de Bergson, nous jugeons le Christ, nous aurons quelque chose, comme un peu plus qu’un simple homme. Ainsi donc, que ce soit le premier critère ou le second, ou encore tous les critères de toutes les philosophies humaines, tous, font du Christ Dieu-Homme un homme. Les Schokin, les Slayermayer, sont de fidèles disciples d’Arius, quand ils désincarnent le Dieu Incarné. Le papisme, avec sa morale, est très arien ; sait-il quelle métaphysique se cache derrière sa terrible morale ? Tous ceux-ci, ensemble, ont réussi à empoisonner les masses de l’Europe, avec un vulgaire arianisme. Qui ne connait pas cet arianisme vulgaire de nos intellectuels ? On les entend souvent dire : le Christ est un Grand Homme, un Sage, le plus grand des philosophes, mais jamais qu’il est Dieu.

Mais, direz-vous, d’où vient, de nos jours, tout cet arianisme ? - De ce que l’homme contemporain est devenu la mesure de toute chose. Mesurant tout par lui-même, l’homme européen rejette tout ce qui dépasse l’homme, tout ce qui est plus grand que l’homme. Sa mesure rétrécie, sert à mesurer et à réduire aux limites de l’homme le Dieu-Homme. Le joug du péché étreint la pensée orgueilleuse de l’homme. L’homme refuse de voir et de reconnaître une réalité qui le dépasse. Le combat surhumain de la foi en Christ, le Dieu-Homme, brise ce joug et ouvre la pensée aux réalités infinies. Le Premier Concile Œcuménique a défini une fois pour toutes, le rôle de la pensée, dans l’explication de la personne du Christ Dieu-Homme. Ce rôle est l’obéissance. C’est la foi qui conduit au christianisme ; la pensée doit se laisser conduire. La connaissance est le produit de la foi qui agit dans l’amour, qui œuvre en espérance.

Le relativisme européen, qui règne de nos jours, suit de prés l’arianisme. Le relativisme métaphysique a engendré le relativisme moral. Rien n’est absolu, rien n’est transcendant au monde ou à l’homme, dans le monde ou dans l’homme, ou encore autour du monde ou de l’homme. De ce nouveau relativisme, comme de l’ancien relativisme arien, seule nous sauve la foi en la divino-humanité du Sauveur, en sa consubstantialité avec son Père. Ce terme merveilleux de CONSUBSTANTIEL est notre salut.

Éprouve ta foi et contrôle-la avec le symbole de la foi. Si ta foi n’est pas absolument conforme au Credo - tu es hérétique. Si tu rejettes le CONSUBSTANTIEL, tu n’es pas du Christ mais de l’Anti-Christ, tu es de Judas, parce que l’Église a appelé Arius "Second Judas" (Cf. Stichères des Vêpres du Dim. Des Pères). En fêtant le 1600 ème anniversaire du Premier Concile Œcuménique, l’Église Orthodoxe célèbre la victoire de la foi catholique sur la pensée orgueilleuse et individuelle : la victoire du Dieu-Homme sur l’homme. Si extérieurement, comme le caméléon, l’arianisme change, il n’en demeure pas moins et pour toujours le même en son essence. Mais l’Église Orthodoxe ne change pas sa foi ni sa manière de lutter contre l’arianisme. Comme elle a vaincu l’ancien arianisme, de même elle vaincra chaque arianisme et l’arianisme contemporain de l’Europe y compris. Elle les vaincra par sa foi apostolique, sainte et catholique, armée de la panoplie des saints Pères que Dieu nous a donnée : la Catholicité. La Catholicité est l’arme invincible du Christ. Là où la Catholicité fait défaut, la victoire contre l’arianisme est impossible. Le catholicisme romain (le papisme) a perdu cette "Catholicité", il l’a désertée pour la méthodologie arienne. 

L’Orthodoxie appartient au Christ, parce qu’elle est apostoliquement sainte et patristiquement catholique. Renier les principes de la Catholicité, dans la recherche des solutions, des problèmes de l’Église, c’est s’éloigner de la voie du Christ qui mène, par la Vérité, à la vie éternelle. L’homme orthodoxe se "catholicise" dans la grâce, par la pratique des ascèses et des mystères orthodoxes. II "catholicise" son cœur, quand dans la prière "avec tous les saints" (Eph.3, 18), il se plonge dans la douce éternité de l’amour du Christ. II "catholicise" sa pensée, quand il remplace l’orgueil par l’humilité. II "catholicise" sa volonté, quand il chasse par l’amour en Christ son amour propre. II "catholicise" ses pensées, quand il les baptise dans les eaux limpides de l’éternité et de la divino-humanité du Christ. II "catholicise" son esprit quand il le plonge dans les abîmes du Saint Esprit, II "catholicise" sa personnalité, en s’incorporant, tout entier, au Saint Corps du Christ, en devenant tout entier un même corps avec le Christ, en devenant tout entier "Église", en devenant tout entier ORTHODOXE. Voilà la voie qui mène à la Catholicité apostolique, Sainte, Patristique, l’UNIQUE VOIE. II n’en existe pas d’autre.  […] (in La Lumière du Thabor n°13. De l'arianisme source)

vendredi 22 mai 2015

DÉFINITION DE L' HÉRÉSIE ABERRATION ŒCUMÉNISTE

aberration
nom féminin
(latin aberratio, de aberrare, s'écarter de)
définition : Accès de folie, égarement, grave erreur de jugement ; absurdité : C'est une aberration de laisser les enfants jouer près de la route.
Terme d'optique. Aberration de réfrangibilité, diffusion du foyer des rayons lumineux concentrés par un verre biconvexe, qui dépend de ce que, les rayons diversement colorés n'ayant pas la même réfrangibilité, la lentille ne peut les concentrer tous dans le prolongement de son axe.

Aberration de sphéricité. Autre genre de diffusion des rayons lumineux concentrés par un verre biconvexe, qui tient à ce que la figure des lentilles ne permet qu'aux rayons très voisins de l'axe de concourir sensiblement en un point commun, tous les autres, qui éprouvent une réfraction plus forte, coupant l'axe en deçà de ce point ; d'où il suit que le foyer, au lieu de représenter un point, est réellement un espace d'une certaine étendue, et que l'image principale, celle qui se produit à l'endroit où se réunissent le plus de rayons, est comme offusquée par une multitude d'autres images qui rendent la vision confuse.

The two-headed snake is an ABERRATION in nature because it should only have one head! (https://brainyflix.wordpress.com/2009/10/15/how-to-use-aberration-in-a-sentence/)
Voilà une définition scientifique qui devrait être plus politiquement correcte que le mot hérésie qui pour les narines de certains, délicates et promptes à la moindre nausée, sent trop la fumée des bûchers de l'Inquisition…
Il n'empêche, inutile de s'attarder à la lecture de toutes les nouvelles des "églises", pour comprendre qu'il y a, outre la grave erreur de jugement, danger à laisser les enfants jouer près de la route…




La Pateritsa C’est le bâton pastoral. C’est un symbole de la responsabilité de l’évêque qui doit garder, protéger et diriger le troupeau qui lui a été confié. Les serpents sur la partie supérieure du bâton symbolisent l’évènement lors duquel Moïse a érigé un serpent d’airain sur un poteau pour aider à sauver le peuple juif quand ils ont été mordus par des serpents venimeux ( livre des Nombres 21,6-9). Il dit au peuple de regarder le serpent d’or en cas de morsure de sorte que quiconque qui aurait été mordu et le regarderait aurait la vie sauve.


vendredi 15 mai 2015

Le mensonge et encore le mensonge sans fin, par l'Higoumène Nikon Vorobiev


"J'ai jadis été assez naïf pour vouloir étudier la psychologie dans le but de mieux comprendre l'âme humaine. Que de sottises ne fait-on pas dans sa jeunesse, quand on n'a personne pour vous guider ! je me suis retrouvé comme dans une forêt sans issue. Le prince de ce monde vous aveugle au point que l'on avance à tâtons et que l'on se heurte à un mur, puis à un autre…

La science est mensongère, si l'on prend ses données comme un absolu, car la science de demain annulera celle d'aujourd'hui. L'art, lui, est le plus souvent une falsification délibérée.

La politique a toujours été pleine de mensonge, de tromperie, de crime. Tout est ici à prendre en sens inverse et ce que l'on appellera vie n'est que vanité des vanités et tout est vanité, et surtout petitesse, vacuité, le mensonge et encore le mensonge sans fin. En un mot "l'époque du mensonge", le règne du prince de ce monde."
Higoumène Nikon Vorobiev
(in  Lettres Spirituelles
 - Coll. Grands Spirituels Orthodoxes  du XX° s.  l'Âge d'homme)

mardi 12 mai 2015

Soirée littéraire : Une année sans Dobrica Ćosić au Centre culturel de Serbie, le mardi 19 mai

Dobrica by SD 140217

Notes préparatoires à la soirée littéraire sur Dobrica Ćosić le 19 mai 2015 par Slobodan Despot

Voici un an, en mai 2014, la Serbie et les Etats voisins de l’ex-Yougoslavie ont connu des inondations d’une ampleur biblique. C’est au milieu de ce désastre que le plus grand écrivain et témoin de la Serbie moderne s’en est allé, à 93 ans, sns un bruit. Dobrica Ćosić — que nous avions rebaptisé Dobritsa Tchossitch sur la couverture de ses romans afin de rendre son nom tant soit peu intelligible pour le public français — aura partagé jusqu’à son dernier souffle le sort de son peuple. Il est parti sur la pointe des pieds, refusant les honneurs d’Etat auxquels il aurait eu droit, mais exigeant par testament d’être enterré selon le rite orthodoxe traditionnel, comme tous les siens depuis la nuit des temps. Le communiste militant de sa jeunesse, brisé par les tragédies, les mensonges et les injustices du XXe siècle — siècle du progrès — était devenu un chrétien inavoué mais profond.

L’Antigone de Tito

Le rôle de Dobrica Ćosić est comparable, au sein de sa nation, à celui d’un Victor Hugo en France. Résistant communiste, commissaire politique, apparatchik, il avait fait entendre une voix singulière sitôt qu’il eut pris la plume et publié un étonnant premier roman sur la guerre des partisans: Loin est le soleil. Devenu un intellectuel et un écrivain en vue, il participa au fastueux tour du monde non-aligné de Tito sur son yacht de milliardaire escorté par la marine et l’aviation de guerre. Puis, dès 1968, il troqua son statut contre une stature en osant affronter le dictateur sur son autoritarisme, ses moeurs de nabab, ses manipulations, sa politique nationale. Placé dès lors en résidence surveillée, il resta à jamais l'opposant le plus conséquent du maître de la Yougoslavie, à rebours de son propre milieu, de la bien-pensance internationale et du sentiment populaire, tous subjugués par celui qui fut peut-être le plus grand illusionniste politique du XXe siècle. Il créera par la suite un Comité pour la liberté d’expression qui sera la pépinière des futurs dirigeants démocrates et pro-occidentaux de la Serbie et finira même par adhérer, en 2000, à l’organisation Otpor, le vecteur de la « révolution colorée » qui balaya Milošević, non sans avoir engagé son renom et sa popularité, en 1992, dans le sauvetage de ce qu’il restait de Yougoslavie en devenant l’un des derniers présidents de cette fédération condamnée. D'avoir cru aux promesses de l'Occident sera l'un des regrets les plus amers du soir de sa vie. Ses dernières années — tout son XXIe siècle, en fait — seront consacrées à une amère méditation sur la trahison et la vanité politiques.

Le médium

Dans sa semi-retraite en semi-liberté, il écrira Le Temps de la Mort, l’épopée du combat et de la retraite des Serbes en 1914-1915, l’un des plus grands romans de guerre jamais écrits. En un temps où l’idéologie titiste réprimait toute manifestation de l’identité serbe, son roman, tiré à des centaines de milliers d’exemplaires, servira d’éveilleur de la conscience et de la mémoire nationales avec Le Temps de la Mort. Comme Hugo, comme Dickens, comme Soljénitsyne, Dürrenmatt ou Günter Grass, Dobrica aura capté et incarné, de son vivant, l’esprit de son peuple et de son temps. Lorsque j'ai eu la chance de le rencontrer, à l'âge de vingt ans, il était l'homme le plus influent, le plus aimé et le plus haï de la Yougoslavie post-titiste.

Initiation

La traduction de sa trilogie du Temps du Mal consacrée au purges staliniennes fut mon premier travail littéraire. En 1986, jeune étudiant à peine inscrit à l’université de Lausanne, j’avais frappé à la porte de L’Age d’Homme chez Vladimir Dimitrijević, le prestigieux éditeur de Grossman et de Zinoviev, dans l’espoir de décrocher des traductions pour payer mes études. Je lui avais présenté un cahier où je retraduisais (à la main, bien entendu) un grand classique de la littérature yougoslave mal servi par sa première version française. Dimitri n’avait pas même jeté un regard sur ma traduction, mais s’était retourné pour prendre sur son étagère un pavé noir de 800 pages qui m’était bien connu: Le Pécheur, premier volume de la fameuse trilogie! « Essayez plutôt ça », me jeta-t-il froidement.
Ça, c’était le roman le plus scandaleux, le plus lu, le plus commenté des dernières années de la Yougoslavie communiste! Mon frère de lait, soldat dans l’Armée populaire, venait de se faire mettre aux arrêts parce qu’on en avait trouvé un exemplaire dans son barda. Et il m’incombait, à dix-neuf ans, de m’attaquer à ce monument…
Flair ou désinvolture? Je ne me suis jamais expliqué cette confiance instantanée qu’avait accordée le grand éditeur à un étudiant inconnu. Les deux, probablement. Les épreuves du Pécheur, raturées de rouge par ma relectrice Anne Coldefy, bientôt suivies par celles de L’Hérétique et du Croyant, signaient mon entrée en littérature. Y entrer par cette porte-là tenait véritablement de l’initiation.

Mission

Depuis lors, et pendant plus de 25 ans, j’ai entretenu une amitié filiale, constante et détendue avec cet homme qui, par son oeuvre colossale et ses engagements, avait fini par être la voix d’un peuple et d’une époque. Je l’ai accompagné dans les rues où les gens simples l’abordaient avec ferveur et dans les taxis où il ne pouvait payer sa course. Je l’ai vu insulté, l’écume aux lèvres, par des enragés à Paris. Je l’ai retrouvé dans son immense bureau vide de président de la Fédération en 1992. Nous avons parlé religion, science, littérature, gastronomie, femmes. Nous sortions marcher la nuit, d’un pas martial, sur les berges du Danube. Nous projetions un livre d’entretiens sur tous ces sujets que son oeuvre d’essayiste et de romancier n’abordait pas.
Mais je traînais. Je croyais avoir tout mon temps et me faisais des priorités avec des choses triviales. Dobrica était immortel. Il m’attendrait à jamais dans son cabinet où il écrivait sans cesse, des heures durant, au stylo bille sur des feuilles volantes. Puis, un jour du début 2014, en pleine conversation, je l’ai vu subitement s’affaisser et j’ai été pris de panique. Nous n’étions qu’au début de nos échanges, il n’avait pas le droit de s’en aller. Mais s’il s’en allait quand même, que pouvais-je encore, in extremis, retirer de son archaïque sagesse et de son irremplaçable expérience? Dobrica n’était pas une de ces maisons d’ingénieur qu’on peut ravaler sur plans. Il était un distillat d’humanité, un arbre noueux, quasi-centenaire, qu’aucun artiste, aucun savant ne saurait reproduire. La trace qu’il avait laissée sur terre était bien au-delà de notre jugement.
Pris d’affolement, j’ai fait ce que je fais souvent dans les moments d’émotion: j’ai ajouté un cliché à ma photobiographie. Je me suis emparé de mon iPhone et vite, furtivement, j’ai photographié sa main. Sa main gauche, reposant sur l’accoudoir en velours de son fauteuil. Si je ne devais rien conserver d’autre de lui, si ma mémoire s’éventait avant d’avoir été verrouillée par l’écrit, il me resterait toujours cette photographie. Et si j’avais la force, l’assurance et le temps d’écrire cette rencontre cruciale de mon existence, je l’intitulerais La main de Dobrica Ćosić et placerais cette même photographie en frontispice.
Nikos Kazantzákis a écrit l’une des autobiographies les plus bouleversantes de tous les temps sous la forme d’une Lettre au Gréco, son compatriote crétois. Il me semble, pour ma part, qu’il me suffirait d’évoquer cette main, cette fine main de poète et de paysan, pour dire l’essentiel sur ma propre vie et sur le destin du peuple d’où je proviens. C’est l’une des rares vraies tâches que je me sois assignées.
(Illustration : L’une de mes dernières photos de Dobritsa, le 17 février 2014 dans son appartement.)

Soirée littéraire : Une année sans Dobrica Ćosić


Au Centre culturel de Serbie, 123 rue St-Martin (Beaubourg), Paris, le mardi 19 mai à 19h30.

lundi 11 mai 2015

RUSSOPHILIE FRANÇAISE : Armand-Emmanuel du Plessis de Richelieu


Armand-Emmanuel-Sophie-Septimanie de Vignerot du Plessis, duc de Richelieu est un officier, diplomate et homme politique franco-russe, né à Paris le 25 septembre 1766 et mort dans la même ville le 17 mai 1822.
Il est le deuxième président du Conseil des ministres en titre de l'Histoire de France.

 - Au service de Louis XVI

Fils de Louis-Antoine du Plessis, duc de Fronsac, et petit-fils du maréchal de Richelieu1, Armand-Emmanuel de Vignerot du Plessis naît en 1766 à Paris.

En 1785, il entre dans les régiments de Dragons de la reine Marie-Antoinette, puis devint premier gentilhomme de la Chambre du roi Louis XVI.

Titré alors comte de Chinon, il est marié à l'âge de quinze ans à Rosalie de Rochechouart Faudoas, une enfant de douze ans qui souffrait d'une malformation. Les deux (très) jeunes époux sont séparés après la cérémonie de mariage et Armand-Emmanuel entreprend un tour de France et de Suisse avec son gouverneur-précepteur. Devenue bossue à l'âge de 14 ans, sa femme redoute que son mari, parti plusieurs années, prenne en horreur cette difformité.

Capitaine au sein du régiment des hussards, se trouvant à Paris quand est lancée la marche sur Versailles, il émigre peu après en Russie.


 - Gouverneur d'Odessa 





À la demande de la Reine, il quitte Paris en 1790 pour Vienne, afin de s'entretenir avec l'empereur Joseph II d'Autriche, frère de la souveraine, sur les développements de la Révolution.

Ce dernier étant mort avant son arrivée, il se rend à Francfort pour assister au couronnement du nouvel empereur, Léopold II qu'il suit à Vienne, et de là rejoint l'armée russe en compagnie du prince de Ligne et du comte de Langeron. Ils atteignent à temps le quartier général de l'armée russe basé à Bender en Bessarabie2 pour participer à la prise de la ville d'Izmaïl par le général Souvorov. Richelieu est décoré par Catherine II de l'ordre de Saint-Georges, avec épée d'or.

Après un retour à Paris pour servir Louis XVI puis des missions de diplomate à Vienne, il s'engage dans l'armée des émigrés menée par Condé.

Après les défaites de cette dernière, Catherine II lui propose de s'engager au sein de sa propre armée ; il accepte et devient rapidement général de corps d'armée, mais est contraint de démissionner en raison d'intrigues menées par ses rivaux.

En 1803, le tsar Alexandre Ier, qui succède à Paul Ier, le nomme gouverneur de la ville d'Odessa et de la Nouvelle Russie3, région qui englobait tout le sud de la Russie et qu'il fallait coloniser et peupler, poste qu'il conserve jusqu'en 1814.

Il est reconnu comme l'artisan du développement de la ville d'Odessa, petit village qu'il a transformé en capitale de cette province conquise aux Turcs. La « perle de la mer Noire » garde encore en souvenir sa statue en haut de l'escalier qui domine le port 4. Il reste une figure particulièrement populaire auprès de la population de cette ville, en ce début de XXIe siècle.

En 1806 et 1807, il mène plusieurs expéditions dans le Caucase lors des guerres contre l'Empire ottoman et participe à la conquête de la Circassie et de la Bessarabie. En 1812, alors que la France et la Russie se déclarent la guerre, Richelieu est sur le point de rejoindre la Volhynie, où sont basées ses troupes et ainsi rejoindre l'armée russe. C'est à ce moment-là que la peste fait son apparition à Odessa. Au lieu d'abandonner la ville pour prendre le commandement militaire où il était appelé par le Tsar, il reste auprès de la population pour la soutenir contre le fléau qui la décime. Au bout de deux ans, le gouverneur parvient par ses mesures à l'éradiquer totalement. Entre-temps, l'armée russe, alliée à la Prusse et l'Autriche, repoussant les armées napoléoniennes, est entrée en France. Il décide alors de rejoindre les troupes russes et de retourner en France. Il regrettera toujours de ne pas retourner en Russie, où il était demeuré quinze ans de ses meilleures années.

Entre 1808 et 1811, il fait édifier la première villa européenne avec un jardin exotique à Oursouf5 et qui existe toujours, dans le parc de l'établissement de cure Pouchkino, à cent mètres de la mer 6.

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vendredi 1 mai 2015

Mgr Athanasios de Limasol à propos de son livre, Le cœur ouvert de l'Église [5/5]

Dans votre livre, il y a un chapitre consacré au but de l'Église et de notre vie chrétienne. Beaucoup d'entre nous viennent à l'église avec des demandes comme : Seigneur, aide mon fils à entrer à l'Institut ; aide-moi à récupérer ma santé ... C’est très important, aussi, mais qu’est-ce que le but de notre vie chrétienne?

Metropolitan Athanasios of Limasol The Church's Open Heart
 Translated from the modern Greek by A. Volgina and A. Saminskaya.
 Moscow. Sretensky Monastery Press, 2014. 320 pages, illustrated.


Le but de la vie chrétienne est le Christ. Christ n’est pas simplement un certain genre d'idée, Il n’est pas une philosophie, le Christ n’est pas quelqu'un qui est loin dans le ciel. Le Christ est la plus grande expérience qu'une personne peut avoir dans sa vie. Il est la plus grande réalité de toutes les réalités de la vie. Les anciens Grecs avaient l'habitude de dire, « Il n'y a rien de nouveau sous le soleil. » Un grand saint a répondu: «Il n'y a rien de nouveau sous le soleil, sauf Jésus-Christ. » Il est notre objectif. La veille, la prière, le jeûne, la chasteté, la virginité ; tout cela nous le faisons pour atteindre un but : le Christ.

Monseigneur, ici, en Russie, les gens aiment beaucoup Père Païssios, comme vous le savez sans doute. Vraiment beaucoup. Pourquoi pensez-vous ce soit lui particulièrement ?

(Sourires.) Le Seigneur lui a donné le don de son vivant même d'aimer les gens, d'aimer beaucoup les gens et de prier pour toutes les personnes, pour le monde entier.

C’est mon opinion personnelle, mais quand je l'ai vu prier dans l'église, alors j’ai pensé: s’il y a une personne qui est à la barre du monde entier, ce n’est pas le président de l'Amérique (alors la Russie n’était pas aussi forte), ce n’est pas un communiste, ce n’est pas une personne de ce monde – c’est l’Ancien Païssios. Il est en mesure d'orienter le gouvernail du monde entier. Je ne sais pas comment on dit en russe, mais en grec dans le tropaire dédié à Saint Antoine, nous chantons: « Il a supporté la terre habitée tout entière par ses prières »
Et je crois que l’Ancien Païssios avait ce don de Dieu pour soutenir le monde entier par ses prières.
Tout le monde connaît l’Ancien Païssios aujourd'hui, alors que c’était un homme simple et humble, quelque part dans les forêts de la Sainte Montagne, illettré, qui évitait le monde : s’il voyait un rassemblement de personnes, il l'évitait. Comment le monde l’a-t-il connu ? Sur Chypre parfois je visite les écoles et parle avec les élèves. Ils n’en connaissent que peu sur le Christ ou la Mère de Dieu, mais si je dis « Pater Paissios » tout le monde comprend.

Monseigneur, aujourd'hui beaucoup de choses séparent les gens, parmi lesquelles la politique. Comment pouvons-nous rappeler que, bien que chrétiens de diverses Églises locales, nous appartenons au même et unique Corps du Christ?

Nous, Chrétiens orthodoxes, sommes tous le Corps du Christ, parce que nous célébrons une seule et même Divine Liturgie et communions au Corps et au Sang du Seigneur. A chaque Divine Liturgie toute l'Église orthodoxe est présente – tous les patriarches, archevêques, métropolites, évêques – le monde entier. Nous sommes tous le Corps du Christ.
Je suis arrivé en Russie et j’ai communié au Saint Mystère du Christ. Je n’ai rien compris au cours de la Divine Liturgie, parce que je ne sais pas le russe. Seulement (il dit en russe) « Gospodi, pomiluy » et aussi « Axios » Je l’ai entendu hier, mais ce n’est pas important. Ce qui est important, c’est que c’est le même et unique Corps et Sang du Christ. Et vous, lorsque vous voyagerez en Grèce, et que vous ne comprendrez rien pendant la Divine Liturgie, peut-être, vous pourrez cependant recevoir la communion. La même chose s’applique à nos frères orthodoxes Arabes en Syrie, et à nos frères en Afrique et dans le monde entier. Le Corps et le Sang du Christ unit l'Église. Nous aimons tous les peuples, quels qu'ils soient. Mais nos frères selon l'esprit sont membres de l'Église orthodoxe. Nos frères selon la chair sont le monde entier; mais selon l'esprit, seulement les chrétiens orthodoxes.
(version française et sous-titres par Maxime le minime de la source)

jeudi 30 avril 2015

Mgr Athanasios de Limasol à propos de son livre, Le cœur ouvert de l'Église [4/5]


N’attends rien des gens.… mais plutôt de Dieu.


Dans votre livre, on trouve l'histoire suivante : un fils se plaint de son père, qu'il boit et sort avec une autre femme. Et il lui est dit : «Vois cela selon un autre angle : cet homme souffre, voilà pourquoi il agit comme ça. » Comment pouvons-nous apprendre à nous comporter avec nos proches qui, à notre avis, se comportent mal de quelque manière ? 

 Un jour, un jeune homme est venu voir l’Ancien Païssios et lui a dit: « Geronda, personne ne me comprend, ni mes parents, ni mon frère ni ma sœur. Je souffre beaucoup à cause de cela. » L’Ancien lui a répondu : « Mon cher! S’ils ne te comprennent pas, alors toi, essaye de les comprendre! D'abord, comprends tout de suite qu'ils ne sont pas capables de te comprendre ; comment veux-tu qu'ils te comprennent, quand ils ne sont pas en mesure de te comprendre? Comprends que leurs faiblesses, leurs problèmes les en empêchent pour ainsi dire. Regardez-les avec compréhension et amour. N’attends rien des gens, afin de ne pas souffrir. Il est préférable d’attendre à quelque chose de Dieu ». Alors cette personne a pensé : «Si je les comprends, alors je ne souffrirai pas du fait qu'ils ne me comprennent pas. » C’est ce que je dis aussi aux gens qui se plaignent de choses semblables. À celle qui me dit« Mon mari ne me comprend pas. », je réponds « Toi, comprends-le, lui, et alors ton problème sera résolu. » Il me semble que cela fonctionne.

Abandonner Dieu et la foi ?


Monseigneur, vous parlez souvent de l'éducation des enfants. Il y a ce problème : souvent les enfants à 12, 13 ou 14 ans quittent l'église ou ne veulent plus venir aux offices. Que conseillez-vous de faire aux parents dans de telles situations ?

Si un parent se préoccupe de l'éducation de son enfant dès le moment de sa conception – c’est à dire quand l'enfant est encore un embryon, parce les Anciens contemporains disent que l'éducation des enfants commence avant même leur naissance, avant même qu'ils ne soient conçus – si même alors, nous commençons à les élever, bien avant qu’ils atteignent les 12 ans, nous pouvons faire beaucoup.

Et quand un enfant arrive à l’âge de 12, 13 ou 14 ans, qu’il parvient donc à l'adolescence et qu’il se «rebelle » et «se révolte », du moins en apparence, sans aucun doute, nous ne serons pas en mesure d’y faire grand chose, mais peut-être que cela ne sera pas même pas nécessaire, parce que nous aurons déjà tout fait auparavant. Alors dans ce cas, nous devons tout simplement prier très fort.

St Porphyrios le Kapsokalyvite

St. Porphyrios a conseillé à une femme qui se plaignait à lui de ce qu'elle parlait à son fils de Dieu, mais qu’il ne écoutait pas, « Ne vous inquiétez pas. Il suffit de changer la façon dont vous agissez. [Au lieu de parler de Dieu à votre enfant] Parlez à Dieu de votre enfant, et Dieu voudra vous écouter. Alors le Seigneur Lui-même aura une conversation avec votre enfant »

Le Seigneur ne s’inquiète pas comme nous le faisons. Et Il ne panique pas. Il ne connaît pas de situations où Il ne sait quoi faire. Le Seigneur laisse sa liberté à la personne, puis Il l'embrasse et la ramène à Lui-même.

Une fois un jeune homme qui avait tout renié est venu voir Père Païsios. Il a dit à l'Ancien, «J’ai fait tout mon possible mais j’ai fini par abandonner Dieu. » L’Ancien l’a pris dans ses bras, l'a embrassé et lui a dit : « Tu as couru et couru et couru et couru vers ici, tout droit vers les portes qui mènent à Dieu. »

Seul le péché peut asservir notre âme 


  Dans une de vos conversations, vous dîtes que nous devons montrer du respect pour chaque personne, pour sa foi et sa culture, sans exclusive. Comment cela était-il possible de le réaliser dans les conditions, par exemple, comme celles de Chypre qui a été réduite en esclavage pendant 800 ans ?

Sans aucun doute, ceux qui asservissent d'autres peuples ne les respectent pas. Cependant, ils peuvent asservir notre corps, ils peuvent détruire notre maison, ils peuvent tuer tous les gens autour de nous, mais ils ne peuvent pas prendre notre âme.

Un grand saint de l'époque de la domination turque en Grèce, Saint Côme d'Étolie, avait l'habitude de dire aux Grecs asservis, « Si les Turcs veulent votre argent, donnez-le leur. S’ils ont besoin de vos maisons, donnez leur vos maisons. S’ils veulent votre bétail ou vos champs, donnez leur tout cela. Donnez leur tout ce qu'ils veulent. Seulement, ne leur donnez pas votre âme. »

Ne donnez à personne votre âme. Les gens peuvent asservir tout ce qu'ils veulent, sauf nos âmes. Seul le péché peut asservir notre âme. Les saints pères craignaient le péché, mais aucune sorte d'événement extérieur. Mais même le péché ne peut nous asservir si nous n’y consentons. Il y a une histoire à propos de saint Jean Chrysostome, qui avait réprimandé et blâmé l’impératrice Eudoxie. Elle était très en colère et voulait l'envoyer en exil. C’était une très mauvaise personne. Alors les diacres et les sous-diacres du Patriarche se sont approchés et lui ont dit : «L'Impératrice est à votre recherche pour vous envoyer en exil quelque part. Elle veut vous faire du mal. » Saint Jean Chrysostome s’est mis à rire et a répondu : « Ne craignez rien, personne ne peut me causer de dommages, sauf moi à moi-même. Personne ne peut nuire à Jean, sauf Jean lui-même ". [à suivre]
(version française et sous-titres par Maxime le minime de la source