mardi 2 septembre 2014

DE L'ATTITUDE DU FIDÈLE pendant la Divine Liturgie par St JEAN CHRYSOSTOME

Tandis que vos frères participent aux divins mystères, vous vous en allez, vous quittez tout ?


Car enfin, voyons un peu ce que vous faites. A la face du Christ, en présence des saints anges, devant la table sainte, tandis que vos frères participent aux divins mystères, vous vous en allez, vous quittez tout. Mais quand vous êtes invités à un festin, quoique rassasiés les premiers, tant que vos amis sont à table vous n'osez vous séparer d'eux. Et quand il s'agit des saints mystères de Notre-Seigneur, alors que ce sacrifice saint s'accomplit encore, vous oubliez tout respect et vous vous retirez ! Qui pourrait dire que cette conduite soit pardonnable? Qui pourrait l'excuser? Faut-il vous apprendre ce que font ceux qui se retirent avant que tout soit entièrement terminé et avant d'offrir les hymnes d'actions de grâces après la Cène? Ce que je vais dire paraîtra dur sans doute, mais il le faut bien à cause de la négligence du plus grand nombre. Quand, à la dernière cène et dans cette dernière nuit, Judas eut communié, il se précipita dehors et se retira, tandis que les autres apôtres étaient encore à table. Ce sont ses imitateurs qui s'en vont avant la dernière action de grâces. S'il ne fût pas sorti, il n'aurait pas trahi ; s'il n'eût pas quitté ses frères, il n'aurait pas péri ; s'il ne se fût pas précipité hors du bercail sacré, le loup ne l'aurait pas trouvé seul pour le dévorer; s'il ne s'était pas éloigné lui-même du pasteur, il ne serait pas devenu la proie de la bête féroce. Aussi s'en alla-t-il avec les Juifs tandis que les autres disciples sortirent avec le Seigneur après le cantique d'action de grâces. Voyez-vous comment cette dernière prière que nous faisons après le sacrifice rappelle l'hymne que chantèrent les apôtres? Maintenant donc, mes bien-aimés, pensons à ces choses, réfléchissons-y et redoutons la damnation qui suivit cette faute de Judas. Dieu vous donne sa propre chair et vous ne lui donnez pas même des paroles en échange ? Vous ne lui rendez pas grâces pour ce que vous avez reçu? Quand vous avez pris votre nourriture corporelle, après le repas, vous priez; mais quand vous avez participé à la nourriture spirituelle, infiniment au-dessus de toute créature visible et invisible, malgré votre bassesse et votre néant, vous ne prenez pas même le temps de témoigner la moindre reconnaissance soit par des paroles, soit par des actes. N'est-ce pas vous exposer aux derniers supplices? Ce que je vous dis, non seulement pour vous porter à remercier Dieu, et à éviter le tumulte et les cris, mais afin que dans l'occasion le souvenir de nos exhortations vous rende plus modestes. Il s'agit ici de mystères réels ; et qui dit mystère dit aussi le silence le plus absolu. Donc, que ce soit désormais dans le plus grand silence, avec une modestie parfaite, un respect convenable que nous participions à ce sacrifice saint, afin de mériter une plus grande miséricorde de Dieu, de purifier notre âme et d'obtenir les biens éternels. Qu'il en soit ainsi par la grâce et la miséricorde de Notre-Seigneur, à qui soient gloire , empire et adoration, avec le Père et le Saint-Esprit maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.


samedi 30 août 2014

Comment on réagit à la crise dans les villages grecs


Quelques extraits d'une réflexion de Roger Jinkinson, un écrivain britannique qui vit dans un village reculé de l'île grecque de Karpathos sur la façon dont la crise économique profonde affecte la petite communauté rurale à plus de 400 km d'Athènes.
Bien que les temps soient durs, il croit qu’une longue tradition de parcimonie, une économie de troc en plein essor et le retour des jeunes pour travailler à la terre aidera le village à traverser la crise.



La génération plus âgée dans le village est habituée à être économe et à travailler dur; les gens sont habitués à une existence frugale et des temps d'extrême précarité. Des centaines de milliers de Grecs sont morts de faim et des complications d’une malnutrition sévère au cours de la Seconde Guerre mondiale et la guerre civile qui a suivi. Les souvenirs de ces moments peuvent se voir gravés dans les visages des personnes âgées et les habitudes transmises à leurs enfants.
Les femmes sont en charge de la maison, et on mange une miche de pain jusqu'à la dernière miette et, si vous pouviez voir l'effort qu'il faut pour la produire, vous comprendriez pourquoi.


On sème à la main le blé et l’orge; la récolte, le vannage et le broyage du grain est un travail éreintant, et pétrir la pâte des énormes pains cuits dans des fours banaux à bois n'est pas un travail léger non plus, il est donc facile de comprendre ces femmes qui avec soin conservent une miche pendant une semaine, dans son sac, jusqu'à ce qu'il soit entièrement consommé.


En Grande-Bretagne on jette des millions de tonnes de nourriture par an. Dans le village, ils ne jettent rien. C'est une petite communauté isolée au bord d'une mer souvent sauvage et agitée.
Les femme font du fromage, dont certains peuvent être conservés pendant deux ans.


Il existe trois principales sources de revenus : l’exploitation de la mer et de la terre, le tourisme et l'argent de la diaspora. 
Les deux dernières ont pâti de la crise du capitalisme occidental.
Le tourisme est en baisse en raison des coûts de transport élevés et de la pénurie d'argent en Europe du Nord. Le déclin a été exacerbé par la tendance à délaisser les petits hôtels de village et les tavernes pour des vacances tout compris dans des méga-hôtels, financés par des firmes internationales. Les fluctuations internationales des devises ont également un impact négatif.

Beaucoup d'hommes plus âgés du village sont allés travailler aux États-Unis et au Canada, où ils ont payé leurs impôts et leurs cotisations de sécurité sociale avant de revenir à la retraite en Grèce. Le retour des jeunes revitalise le village, renforce les liens familiaux et communautaires et inverse une tendance séculaire à la dépopulation ". Les gouvernements américain et canadien respectent leur part du contrat et payent consciencieusement les pensions sur les comptes bancaires locaux des travailleurs revenus au pays. 
Mais, malgré toutes les protestations et l'agitation, l'euro reste fort par rapport au dollar – et il y faut ajouter que l'inflation a érodé la valeur de ces petites pensions. Alors que les banquiers continuent de faire des milliards en jouant avec le marché, ces bâtisseurs et décorateurs retraités, ces chauffeurs de taxi et ces cuisiniers, perdent 10% rien qu'en changeant leurs dollars en euros.
Les salaires dans le village restent faibles. Plâtriers et maçons gagnent 40 euros par jour – si du travail se présente. Les quelques emplois publics paient encore moins et, dans ce contexte, il est compréhensible que les travailleurs en Grèce ne se précipitent pas pour payer leurs impôts, en particulier quand ils voient la richesse ostentatoire du décile supérieur.

En moins de 50 ans, Athènes est passée de la taille d'une petite ville de province à une étendue urbaine de cinq millions d'habitants, aspirant le plus clair et le meilleur de la communauté rurale et déséquilibrant l'économie.
Mais la société grecque est fondée sur la famille.
Les produits en excès en période d'abondance  sont partagés. Quand les temps sont durs, les gens fiers restent dans leurs maisons et se couchent tôt.
Une grande partie du commerce dans le village se fait par le troc et les villageois se soucient peu de l'Union européenne, de la Banque mondiale et le FMI. 
Parmi les vieillards dans le café local, l’opinion est quasi unanime que c'était une erreur d'entrer dans la zone euro, et l’on désire revenir à la drachme, qui, selon eux était la plus ancienne monnaie en cours dans le monde. 

Bien qu'ils se débrouillent avec très peu, les rêves de leurs enfants et petits-enfants sont détruits.
Les traditions locales ont été renforcées avec le retour des jeunes
Le seul résultat positif de la crise est le retour des jeunes, y compris diplômés, au village. 
Il y a beaucoup de maisons vides ici, on ne manque pas de terres, et les bonnes pluies de l'hiver dernier ont augmenté les possibilités pour de nouvelles cultures, et produit un meilleur rendement des anciennes.
Ce qui constitue un attrait pour ce retour des jeunes est que le travail de la terre ici est principalement une activité d'hiver, laissant les mois d'été libres pour aller à la pêche et à la plage. 
Le retour des jeunes revitalise donc le village, le renforcement des liens familiaux et communautaires et inverse une tendance séculaire au dépeuplement.
Les jeunes apprendront beaucoup de leurs parents et grands-parents, et le pain sera conservé jusqu’à ce qu'on mange la dernière tranche. (version française par Maxime le minime de la source)

St Jean de Karpathos

BÉZIERS JUMELÉE avec MAALOULA


Sur  MIDI LIBRE  du 28/08/2014



La municipalité de Robert Ménard a annoncé mercredi un prochain jumelage de Béziers avec la ville syrienne de Maaloula.
"Depuis des mois, des populations entières du Moyen-Orient sont persécutées par des fous d'Allah en raison de leur foi. Les chrétiens sont particulièrement menacés. Face à ses persécutions, la municipalité de Béziers ne peut rester inactive. Elle a décidé de témoigner de sa solidarité et de sa compassion", écrit le service communication de la Ville.
Le maire, Robert Ménard, vient donc de nouer "des contacts en Syrie pour faire part de sa proposition, qui a été très bien accueillie, d'un jumelage avec Maaloula". La procédure devrait donc bientôt aboutir.


vendredi 29 août 2014

NO FUTURE ? SOLIDARITÉ vs COMPLICITÉ



À TOUS CEUX 
  • qui ont la mémoire courte,
  • qui ont une culture historique et religieuse aussi étalée que leur unique tartine est mince,
  • qui font fi de la réalité préférant un monde virtuel désensibilisé, dématérialisé et déresponsabilisé,
  • qui n'ont aucune notion de ce qu'est un continent et de la géopolitique,
  • qui n'ont aucune idée de ce que sont les intérêts de la France et à fortiori de l'Europe,
  • qui pensent qu'ils  sont loin des massacres et qu'ils en seront toujours à l'abri,
  • qui ont du courage pour envoyer de loin les autres mourir pour défendre leurs opinions tranchées voire hargneuses et qui ne valent que le temps d'un feuilleton médiatique. Opinions dictées et matraquées sciemment par les médias aux ordres, qu'ils appellent des idées généreuses. Opinions soutenues avec autant de conviction sectaire qu'oubliées peu de temps après, sans s'occuper des conséquences désastreuses pour ceux qui en sont réellement victimes.
  • qui vivent égoïstement en s'auto-congratulant pour leurs opinions "progressistes" en prétendant favoriser l'indépendance de leurs enfants sans se préoccuper réellement de l'avenir qu'ils leur préparent…

À TOUS CEUX LÀ 
Voici quelques images rétro des années 50 en guise de bons-points pour leur bonne conduite

Mettez-les dans votre collection anti-russe
 pour montrer à quel point vous avez été du bon côté à  notre époque…
et puis glanez y quelques conseils, on ne sait jamais… ça peut servir.


Besoin d'une traduction ?

Besoin d'une traduction ?








et pour les anti-Russie les plus enthousiastes :


INCROYABLE NON ? QUI L'EUT DIT ? QUI L'EUT CRU ?






jeudi 28 août 2014

Le remède efficace contre la guerre et les autres calamités… ?


Le problème c'est qu'on ne sait jamais si on a suffisamment de Saints… et dans notre pays, par exemple, tellement déchristianisé, ou chrétien à l'occasion - ce qui n'est guère mieux - où nos familles, même orthodoxes, n'ont même plus beaucoup de motivation (donc de foi disons-le) pour soutenir de futures vocations religieuses on ne voit pas bien où se trouvera le petit nombre suffisant pour résister à tous ces maux par ses prières et sauver ne serait-ce qu'une ville… Vous trouvez cela pessimiste ? Voyez le sondage en cours du site  "Parlons d'Orthodoxie"

 Certes ce n'est qu'un petit nombre de votants, et puis on ne sait pas vraiment quel genre d'Orthodoxes ont voté… parce qu'il faut bien dire que chez les Orthodoxes, c'est comme partout, on trouve de tout… pas si facile de vivre dans un pays non seulement déchristianisé, hétérodoxe et qui plus est, souvent christianophobe… Bref ! Attention qu'on ne mette sur le bûcher personne, mais Dieu reconnaîtra les siens et on verra bien s'il est suffisamment de justes pour diminuer la sévérité des châtiments divins… Sinon il faudra s'y prendre autrement pour sauver le pays…

Sur le Blog PRIÈRE ORTHODOXE : LA PRIÈRE par St JEAN CHRYSOSTOME [11]

"Celui que les cieux ne contiennent pas,
 habite dans une âme où la prière est vivante. " 
LIRE L'ARTICLE INTÉGRAL ICI

mercredi 27 août 2014

UNE OEUVRE SALUTAIRE : "Le complexe occidental : Petit traité de déculpabilisation." d'Alexandre del Valle


Auteur d'un véritable manuel de déculpabilisation à l'usage de nos sociétés occidentales, Alexandre del Valle démonte le système du "cosmopolitiquement correct", cible l'intoxication qui nous plonge dans la dépression, et appelle à notre réarmement moral. Rencontre avec un iconoclaste. 
Propos recueillis par Patrice de Méritens 

Patrice de Méritens : Dans votre dernier ouvrage, vous évoquez le "complexe occidental" mais, d’abord, qu’est-ce que l’Occident ? 

Alexandre Del Valle : - L’Occident désigne l’ensemble des nations d’origine européenne marquées par la philosophie grecque, le droit romain et le monothéisme judéo-chrétien, qui pose la sacralité de l’Homme, créé à l’image de Dieu et libre, d’où la place centrale de l’Individu. Mais les élites occidentales modernes adhèrent à une autre définition, " anti-identitaire " dont les 3 principaux critères sont : le libéral-démocratisme et les Droits de l’Homme (selon lequel n’importe quel pays démocratique peut être reconnu comme " occidental " ; le libre-échangisme économique, fondement de toutes les organisations occidentales (OCDE, UE, ALENA etc); enfin, l’appartenance à l’OTAN ou l’alliance avec les Etats-Unis. Cela explique pourquoi le Japon, la Corée du Sud ou la Turquie sont associés à l’Occident, alors que la Russie, pourtant chrétienne et européenne, en est exclue. Ainsi, la candidature de la Turquie musulmane à l’Union européenne a été acceptée, car sa qualité de membre de l’OTAN et de pays allié face à l’ex-URSS sous la guerre froide " prouverait " son appartenance à l’Occident... il est temps que nos stratèges atlantistes adaptent leurs cartes mentales géopolitiques à la réalité du monde de l’après-guerre froide… 

PdM : Comment définir le complexe occidental ? 

AdV : Il s’agit d’une maladie collective, d’un processus d’auto-sabordement identitaire fondé sur le postulat que notre civilisation serait la pire de toutes. Pour ne "plus jamais " reproduire les tragédies du passé, nous devrions avoir honte de notre Histoire, puis effacer nos racines "coupables" afin d’"expier les fautes" d’ancêtres certains ou putatifs dont nous serions justiciables des crimes. L’aboutissement de ce masochisme identitaire, fondé sur l’idée absurde de la transmission génétique des fautes et de la culpabilité collective, est l’acceptation d’une immigration extra-européenne de peuplement et l’islamisation-tiersmondisation progressive de nos pays invités à s’offrir aux civilisations hostiles dont la violence éventuelle tournée contre nous serait une " punition expiatoire". Ce complexe occidental nous pousse donc à dévaloriser notre camp et à survaloriser celui des autres. Il résulte d’un terrorisme intellectuel conçu pour diaboliser l’identité de l’Homme blanc-chrétien (mais pas celle des non-occidentaux " victimes " de ce dernier). Il a gagné tel un virus, ou un trou noir sémantique , la quasi-totalité des élites philosophiques, médiatiques, universitaires, judiciaires et politiques d’Occident qui reproduisent à leur tour - par conformisme ou par peur de la mise à l’index - cet enseignement du mépris de soi.


PdM : Qui se trouve derrière cette diabolisation de l'Occident ? Y aurait-il selon vous un complot ? 

AdV : Il n’y a pas de complot, mais plutôt une convergence structurelle de plusieurs pôles de puissance concurrents qui n’ont en commun qu’une même hostilité envers l’Etat-Nation occidental et la civilisation chrétienne : 1/ l’internationalisme marxiste ou post-marxiste, hostile aux frontières et identités ; 2/ " Mc World ", expression du sociologue américain Benjamin Barber qui désigne l’empire hédoniste-consumériste universel qui doit détruire toute identité, toute barrière douanière et toute hiérarchie pour produire de façon délocalisée et avec toujours plus d’économies d’échelles ses biens de consommation périssables. Cette source du cosmopolitiquement correct est parfaitement représentée par "l’idéologie Benetton" et ses publicités radicalement multiculturalistes ; 3/ la nouvelle religion des droits de l’Homme et ses corollaires, la citoyenneté universelle et le culte des minorités tyranniques, toujours encensées face à la majorité suspecte; 4/ le radicalisme écologiste, hostile à toute forme de patriotisme au nom d’une planète que l’Homme blanc aurait " détruite ", ce pour quoi il devrait être puni ; 5/ l’Eglise catholique culpabilisée, toujours en première ligne dans la défense des clandestins, des " opprimés " revanchards du tiersmonde ou des islamistes face auxquels nous devrions tendre la joue gauche ; 6/ l’islamisme qui subvertit l’antiracisme pour nous conquérir en nous culpabilisant. 

PdM : Comment s'opère concrètement la manipulation ? 

AdV : Le combat est avant tout mental. La marque la plus évidente d’un processus de manipulation (obtenir de la part d’un public-cible qu’il fasse ce qui est contraire à son envie initiale et son intérêt) est le couple Diabolisation-Culpabilisation. J’explique dans mon ouvrage que la manipulation est une science qui obéit à des lois psycho-sémantiques que le public ignore, mais qu’il subit chaque jour. Tout manipulateur utilise ainsi l’arme de la DCR : 
D comme Discréditer et Diaboliser (la reductio ad hitlerum décrite par Leo Strauss) ; 
C comme Culpabiliser (pour détruire les défenses immunitaires et priver les dirigeants ennemis de leur soutiens internes et externes) ; 
R comme Ridiculiser (railler les traditions de l’ennemi, comme l’écrit Sun Tzu dans L’Art de la guerre), ou comme Renverser (les valeurs de légitimité de l’ennemi contre lui-même). On peut citer les cas d’école du retournement du mea culpa chrétien contre l’Eglise catholique, la plus diabolisée des religions et le retournement de la Shoah contre Israël et les Juifs, soumis à la reductio ad hitlerum par les pro-palestiniens radicaux et les islamistes. Les vecteurs de la manipulation sont tout d’abord l’enseignement de l'Histoire, fondé sur l’injustice intellectuelle consistant à juger le passé à charge et avec les yeux du présent ; puis, les médias, points de rencontre entre Mc World et l’idéologie de gauche. Mais les journalistes sont souvent les derniers rouages du processus de désinformation qui, selon la grille de lecture établie par Vladimir Volkoff , passe par 7 étapes. 

Un client - étape 1 -, que ce soit un gouvernement, un lobby économique, un parti politique, etc., contacte un agent professionnel - étape 2 - qui peut être un bureau spécialisé, une agence de communication, une société de marketing ou bien encore des services secrets. 
Cet agent élabore une étude de marché - étape 3 - qui permettra de déterminer qui sont les amis, les ennemis, quels sont leurs appuis, points forts, points faibles, ainsi que le système de légitimité de l’adversaire. Une fois ce travail accompli, il forge un thème discréditant - étape 4 - comportant des reflexes mentaux conditionnés, du type : Serbes ou Israël = Nazis, ou bien encore Droite = Vichy, etc.. Thème qui sera présenté - étape 5 - sur un support crédible: groupe d’experts, association antiraciste, humanitaire, etc.., puis - étape 6 -transmis par des relais : revues spécialisées, rapports, commentaires de sondages. Et enfin - étape 7 - largement diffusé par les caisses de résonances que sont les médias. C'est aussi simple et tortueux que cela… 

PdM : Quelles sont pour vous les vérités historiques à rétablir d'urgence ? 

AdV : La plus grande opération de travestissement de la réalité au profit de non-Occidentaux hyper valorisés et au détriment d’Occidentaux diabolisés est le mythe de la dette de l’Occident vis-à-vis de la science arabe puis celui, corrélatif, de l’Espagne islamique tolérante (Al-Andalus). Ces mythes servent à donner du Moyen Age chrétien une image obscurantiste et à attribuer à l’islam une supériorité scientifique. Ainsi devrions-nous aux "Arabes éclairés " le zéro, les mathématiques, la philosophie grecque, la Renaissance et donc notre science actuelle… En réalité, la prétendue science arabo-musulmane n’avait rien d’islamique, puisque les savants éclairés de Bagdad, Samarcande ou Al-Andalus étaient juifs, chrétiens-syro-araméens, zoroastriens ou " mauvais musulmans " condamnés par le clergé islamique comme apostats. De même, le mythe des trois religions monothéistes qui auraient cohabité en toute harmonie dans Al-Andalus, sert à masquer le fait que les Juifs et les chrétiens y furent des citoyens de seconde zone, les dhimmis, soumis à la Charià, interdits de tout prosélytisme, interdits d’épouser des musulmanes (l’inverse étant encouragé) et redevables d’une taxe écrasante (la Jizya). Nombre de dhimmis furent martyrisés dans Al-Andalus. Le grand savant Maïmonide lui-même raconte la souffrance des Juifs, ainsi que sa condamnation à mort pour " apostasie " lorsqu’il redevint juif après une conversion forcée à l’islam, ce qui l’amena à fuir Al-Andalus la "tolérante"… L’autre grand mythe anti-occidental est celui de l’esclavage et du racisme à sens unique : nous aurions été les pires, voire les seuls (cf. la loi Taubira) esclavagistes. Or les historiens savent que ce sont les empires (califats) islamiques arabes et turc-ottomans qui ont le plus et le plus longtemps pratiqué l’esclavage des Noirs mais aussi des Blancs (Slaves, méditerranéens, Balkaniques, etc.). On tait trop souvent l’esclavage des dizaines de millions de Blancs, puis de noirs africains, massivement castrés... 

PdM : On vous traitera (entre autres) d'islamophobe … 

AdV : L’expression même d’islamophobie a été lancée par les islamistes - et inconsidérément reprise par les associations militantes "antiracistes" autoproclamées - non pour défendre les musulmans victimes de persécutions mais pour diaboliser et faire taire ceux qui critiquent l’islam et défendent nos démocraties face à l’offensive islamiste mondiale. Nos dirigeants ont tort d’accepter le dangereux dialogue de dupes qui consiste à recevoir les leçons de morale de propagandistes barbus et d’Etats islamiques "amis" qui persécutent les chrétiens chez eux, mais exigent chez nous la pénalisation de "l’islamophobie". Or la base de l’amitié est la réciprocité. 

PdM : Que dire à cet égard de la mondialisation ? 

AdV : Le thème de la "mondialisation heureuse" fonctionne également comme un mythe central du cosmopolitiquement correct. Or il suffit de voyager dans le nouveau monde multipolaire pour voir que la globalisation (phénomène technologique neutre désignant les moyens de communication modernes planétarisés) n’a pas produit une "suprasociété mondiale" (Zinoviev), multiculturelle, pacifique et unifiée, mais plutôt un monde multi-conflictuel et hyper-concurrentiel dans lequel les Etats qui renoncent à leurs intérêts souverains (monnaie, industrie, realpolitik, frontières, natalité, sécurité) sont concurrencés économiquement puis submergés démographiquement et géopolitiquement par des prédateurs ravis que l’on baisse la garde

PdM : Comment réagir ? Et que faut-il transmettre ? 

AdV : La première chose à faire est de cesser de jouer le rôle que le manipulateur attend de nous : il n’y a pas de culpabilisateur sans culpabilisé consentant... Lorsque l’on tente de nous dissuader de fréquenter tel ou tel pestiféré, traité de " fasciste " dans une presse bien-pensante pour avoir osé parler de "l’identité nationale", nous ne devons pas nous laisser impressionner. De même, la droite doit cesser de vouloir plaire aux philosophes de gauche. José Maria Aznar m’avait ainsi confié ne pas comprendre la droite française, toujours encline à plaire à la gauche. Nous devons cesser de nous laisser dicter notre langage par l’adversaire, car la guerre mentale commence par les mots qui forgent nos représentations. Nous devons donc donner le ton en élaborant une rhétorique victorieuse, offensive, destinée à déculpabiliser notre camp et à lui redonner confiance. Le réarmement moral passe par la destruction des mythes fondateurs du cosmopolitiquement correct : comme le préconisent les thérapeutes cognitifs-comportementalistes , pour soigner les dépressifs, il convient d’opérer un "recadrage de contexte" consistant à ne plus s’attribuer des fautes commises par d’autres en d’autres temps. Si la source de la dépression européenne est l’enseignement du mépris de soi, alors, la clef de la guérison sera une cure d’auto-estime et de déculpabilisation. Face à la haine de soi, la solution est l’amour de soi, seule façon de relever le défi de l’intégration. Car on ne peut intégrer l’Autre qu’en étant fier de sa propre identité. C’est ce que j’ai appelé le "patriotisme intégrateur". 

PdM : Ecrire, c'est réagir, mais êtes-vous optimiste ? 

AdV : Oui ! Car le mur du politiquement correct s’effrite. L’intox prend de moins en moins. Et le retour de la dissidence est favorisé par les nouveaux médias alternatifs du web que le Système ne contrôle pas et qui dépassera bientôt les capacités de résonance des médias classiques. 

*Alexandre del Valle, géopolitologue, éditorialiste et essayiste, enseigne la géopolitique en France et en Italie et intervient en qualité de consultant auprès d'institutions internationales. Il publie "Le complexe occidental : Petit traité de déculpabilisation." Toucan Essais. 416 p., 22€