mercredi 22 octobre 2014

LA RÉALITÉ DE LA DÉSASTREUSE SITUATION DES BANQUES …



"LA FETE EST FINIE POUR LES BANQUES CENTRALES, L'ESPAGNE A RATE UN EMPRUNT
: "A partir de décembre 2011, la BCE a prêté 1019 milliards d'euros aux banques européennes. Les banques italiennes ont utilisé cet argent pour acheter des obligations de l'Etat italien. Elles en sont gavées. Les banques espagnoles ont utilisé cet argent pour acheter des obligations de l'Etat espagnol. Elles en sont gavées. Les banques portugaises ont utilisé cet argent pour acheter des obligations de l'Etat portugais. Elles en sont gavées. Etc.
Malheureusement, la fête est finie. Malheureusement, les banques européennes n'ont plus d'argent. Aujourd'hui, les banques européennes sont incapables d'acheter les obligations de leur Etat.
Jeudi 16 octobre, les banques espagnoles ont été incapables d'acheter toutes les obligations émises par l'Etat espagnol. Lire l'article : "L'Espagne rate un emprunt obligataire." L'Espagne est en faillite. Et les banques espagnoles sont en faillite.
Aujourd'hui, huit pays européens sont dans ce cas.
La BCE est la seule à pouvoir agir. Pour éviter le défaut de paiement des huit pays européens en faillite, il ne reste plus que la BCE. Pour éviter le défaut de paiement des huit pays européens en faillite, la BCE va lancer ses rotatives à plein régime : la BCE va noyer les banques européennes sous des flots de liquidité. Avec cet argent, les banques européennes vont pouvoir acheter les obligations émises par leur Etat.
Et la bulle continuera à gonfler.
Le temps presse : les obligations des Etats européens périphériques sont en train d'exploser". Lire ici Bloomberg. Revue de Presse par Pierre Jovanovic ©  www.jovanovic.com 2008-2014

LE HIT-PARADE DE L'ENDETTEMENT TOUTES DETTES COMPRISES

sur le site de Pierre Jovanovic

Ca s'appelle le TDC !!! Mr Arfeuille nous a envoyé la liste établie par l'International Center for Monetary Banking (ICMB, lien ici) qui a additionné les trois dettes (publique + celle des ménages + celle des entreprises). Voici les résultats: 
    01- Médaille d'or : Irlande. Dette publique + dette des ménages + dette des entreprises = 442 % du PIB.
    02- Médaille d'argent : Portugal. Dette publique + dette des ménages + dette des entreprises = 379 % du PIB.
    03- Médaille de bronze : Belgique : 350 % du PIB.
    04- Grèce : 304 % du PIB.
    05- Espagne : 300 % du PIB.
    06- Pays-Bas : 294 % du PIB.
    07- Italie : 258 % du PIB.
    08- France : 254 % du PIB.
    09- Etats-Unis : 250 % du PIB.
    10- Finlande : 242 % du PIB.
    11- Autriche : 235 % du PIB.
    12- Chine : 218 % du PIB.
    13- Allemagne : 193 % du PIB.
Vous avez compris, ces pays vont se déclarer à un moment donné en faillite, et l'euro explosera, les USA en particulier. Vous comprenez pourquoi le PS est en train de tout vendre en ce moment... Bientôt ils vont racler les fonds de VOS tiroirs. Préparez-vous. Cela me rappelle juin 1940, quand les Allemands sont arrivés à Paris alors que la presse française avait expliqué au peuple qu'il n'y avait aucune chance que cela arrive un jour. Ha ha ha... Elle est bien bonne. Du jour au lendemain, les commerçants ont préféré les pièces d'or et d'argent... Revue de Presse par Pierre Jovanovic © www.jovanovic.com 2008-2014

"Tout est vraiment possible quand la volonté ne meurt pas et que la décision politique sait être à la hauteur." par Hélène Clément-Pitiot économiste

Vivre en Russie : une leçon d’espoir et de résilience pour une économiste dans le réel

Vivre en Russie : une leçon d’espoir et de résilience pour une économiste dans le réel

Par La Voix de la Russie |  Hélène Clément-Pitiot est une économiste française, membre du CEMI-EHESS (Centre d’étude des modes d’industrialisation de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales).

Ses recherches sont centrées sur les effets dynamiques de l’économie monétaire et financière. Elle réside à Moscou en famille depuis 2007. Elle anime le blog Viableco qui est un blog d’analyse alternative promouvant des politiques économiques pragmatiques orientées sur la viabilité socio-économique. Ces orientations recèlent une critique majeure du développement tout azimut de la marchandisation que privilégie la stratégie néolibérale institutionnalisée en Europe.
La Voix de la Russie : Bonjour et merci de répondre aux questions de La Voix de la Russie. Vous n’êtes pas venue en Russie en tant qu’expatriée, comme c’est le cas pour l’essentiel des Français en Russie, pourquoi alors cette décision d’y installer votre famille ?
Hélène Clément-Pitiot : Il n’y a jamais qu’une raison pour de telles décisions mais un faisceau d’explications plus ou moins rationnelles, plus ou moins conscientes ; mais je vais tenter de donner des orientations majeures. Notre décision reposa d’abord sur une connaissance de long terme de l’évolution de la Russie : j’y suis venue en 1978 pour la première fois et depuis 1991 je travaille comme économiste sur la transition russe, ses dégâts et ses succès au lendemain de la crise de 1998. J’ai été fascinée par le redémarrage économique du pays que j’ai pu suivre pas à pas.... Le pays était voué à une dislocation sans fin, territoriale et morale ; sa population était déjà à 40% sous le seuil de pauvreté, le PIB réduit quasiment de moitié en moins de 10 ans. A l’éclatement de la crise russe de la dette de 1998, les experts occidentaux considéraient qu’il n’y avait pas d’autre alternative pour le pays qu’un «currency bord» ; c’est à dire un système de mise sous tutelle monétaire du pays, mécanisme à l’origine conçu pour les pays colonisés... C’est ce système, pourtant tant prisé par les conseillés atlantistes, qui précipita l’Argentine dans la crise en 2002. Peu de temps après avoir été louée comme le bon élève du FMI, l’Argentine allait s’effondrait une crise monétaire brutale ! Cette soumission monétaire totale qui était proposée à la Russie en 1998 devait aussi s’accompagner d’échanges d’actions (parts de société) contre des titres de dettes (debt equity swap). Le système aurait permis d’accélérer encore la captation de rente - qui avait caractérisé la transition des années 90 - et ce faisant aussi, le système assurait aux intérêts étrangers la main mise sur les immenses richesses énergétiques de la Russie. Mais au grand dam des observateurs avides, la Russie a réussi à retrouver sa souveraineté et à s’engager dans une voie d’espoir pour construire un autre futur que celui qui était réservé à sa population...C’est le signe que tout est vraiment possible quand la volonté ne meurt pas et que la décision politique sait être à la hauteur. Ce fut fascinant de suivre un tel rebond, nous étions en premières lignes de l‘information grâce à nos collègues de l’Institut de prévision de l’économie nationale de l’académie des sciences (IPEN-RAN) avec lesquels nous collaborons depuis 1990. Notre centre de recherche du CEMI et son directeur, l’économiste Jacques Sapir, ont été grandement influencés par cette expérience. Point de surprise que notre «tasse de thé» économique ne soit pas la soumission à l’austérité en Europe et sa rhétorique associée d’absence d’alternative ! Les trajectoires suivies déterminent les affects ! LIRE LA SUITE ICI

mardi 21 octobre 2014

RUSSOPHILIE FRANÇAISE

Dans ma famille, à l'instar du Général de Gaulle, on a toujours été à la fois anticommunistes et russophiles fidèlement et l'on a toujours su discerner entre le régime politique et le peuple russe. Il y a de nos jours dans les médias une russophobie ambiante très déplaisante et injustifiée. J'ai le sentiment qu'on veut nous l'imposer et j'ai republié un article là-dessus. Slobodan Despot a fait une vibrante défense de la Russie dans laquelle en même temps il fait une critique acerbe de l'"Occident" destinée à rafraîchir la mémoire des Européens. Mais je ne pense pas qu'il faille s'appesantir de trop sur le négatif. C'est pourquoi j'ai décidé dans mon Pinterest de consacrer un tableau à la RUSSOPHILIE FRANÇAISE. Vous y verrez des Français valeureux qui, depuis plusieurs siècles, ont tellement aimé la Russie qu'ils y sont restés et y ont été appréciés par leur terre d'accueil (bien avant Depardieu!). Je viens de lire une magnifique interview d'un homme plein d'une belle énergie qui fait chaud au coeur : il sagit d'Alexandre Havard qui est né en France,  mais est également Russe. Il a travaillé comme avocat à Paris puis Strasbourg et Helsinki et dirige le Havard Virtuous Leadership Institute, via lequel il enseigne le leadership. Ses ouvrages ont été traduits en plus de 15 langues et il réside désormais à Moscou. Lisez cette interview et cela redonnera le moral à ceux qui comme moi se désolent du panurgisme ridicule nourri par un américanisme sans discernement.
J'invite tous ceux qui le voudraient à participer à ce tableau que j'ai commencé sur Pinterest. Il suffit d'ouvrir un compte (même si vous ne constituez pas vous-même de collections, aucune importance, vous ne serez pas les seuls sur Pinterest…) et de me signaler par la messagerie incluse dans Pinterest que vous voulez participer pour que je vous adresse aussitôt l'autorisation qui vous permettra de rajouter tout ce que vous voulez partager à ce sujet et que nous collaborions.
Ce sera une grande joie pour moi de voir que je ne suis pas le seul à défendre notre vieille amitié franco-russe. À bientôt donc !

Lire la suite: http://french.ruvr.ru/2014_06_03/Le-salut-de-la-France-une-des-grandes-taches-universelles-de-la-Russie-1290/

« L’islam radical met la Bosnie en danger » par Jasna Samic (avertissement en date de 2012 !…)

Sur Internet, haut lieu de la pratique du zapping le plus rapide (dont le sens premier ne l'oublions pas est d'effacer et de détruire) la tête collée dans le guidon de l'actualité, il n'est pas inutile de faire des rappels. C'est même indispensable vu que l'opinion des gens de nos jours qui prévaut est celle transmise une fois pour toutes par des périodes de matraquage de propagande qui se font sur le modèle des saisons dans les séries… Voilà donc un article qui date de deux ans en arrière pour le cas où l'on aurait oublié ou pour le cas où on se serait fait de fausses idées. On ne sait jamais…

Sur le site Rue89 Interview par Etienne Baldit |  du 24/11/2012 

Des musulmans bosniaques quittent une mosquée de la banlieue de Sarajevo, le 20 février 2006 (AMEL EMRIC/AP/SIPA)

Née à Sarajevo, l’écrivain Jasna Samic partage sa vie entre la France et la Bosnie depuis presque quarante ans. Elle constate, depuis quelques années, l’émergence d’un islam radical dans une Bosnie qui n’a toujours pas guéri des séquelles de la guerre de 1992-1995.
Elle est aussi spécialiste du soufisme et des langues orientales, a enseigné aux universités de Sarajevo et de Strasbourg et a été directrice associée de recherche au CNRS.

« Portrait de Balthazar Castiglione » de Raphaël, 1514-1515 (Elsa Lambert/Wikimedia Commons/CC)
Son dernier roman, « Portrait de Balthazar » (M.E.O Editions, 2012), met en scène un avocat de Sarajevo un peu déboussolé et éditeur à ses heures, chargé par un ami de la publication des « mémoires » d’une peintre exilée à Paris durant la guerre.
A son retour dans sa ville natale, elle se laisse séduire par un fanatique musulman, qui lui rappelle le « Portrait de Baldassare Castiglione », un tableau qui la fascine depuis toujours.
L’obscurantisme religieux qui se développe en Bosnie, sur les ruines d’un conflit ethnique qui divise toujours une population en manque de repères, est au centre de cette fiction inspirée d’une réalité « chaotique ».
Rue89 : Dans votre roman, le personnage principal est une artiste qui rentre à Sarajevo après avoir longtemps vécu à Paris. Elle y est confrontée à un islam rigoriste qu’elle ne connaissait pas : c’est quelque chose dont vous avez pu être témoin ? 
Jasna Samic : La matière du livre, ce sont des faits réels, des choses qui se passent actuellement en Bosnie. Pendant la guerre, j’étais la plupart du temps à Paris. Quand je suis rentrée à Sarajevo, j’ai été choquée petit à petit.
Ça ne se voit pas immédiatement. C’est insidieux, ce sont des gens qu’on rencontre. Et puis j’ai connu quelques jeunes, et j’ai réalisé qu’ils appartenaient, idéologiquement et même peut-être en tant que membres, à cette organisation semi-clandestine qu’est la Jeunesse musulmane, influencée par les talibans, les wahhabites, les salafistes...
J’ai aussi fait des recherches, j’ai écouté et enquêté : ces gens-là n’hésitent pas à proférer des menaces de mort s’ils se sentent touchés, si leur Allah est menacé.
C’est un phénomène qui n’existait pas avant la guerre ? 
MISSION D’OBSERVATION
Selon Jean-Pierre Michel, sénateur (PS) et membre d’une mission d’observation qui s’est rendue en Bosnie du 23 au 28 septembre, « l’ambassadeur de France, Roland Gilles, constate l’existence de vrais réseaux liés à Al Qaeda depuis au moins cinq ans. Et il y a de plus en plus de menaces islamistes à Sarajevo et dans les zones contrôlées par les Bosniaques ».
« L’Iran, les pays du Golfe et l’Arabie saoudite financent la construction de nouvelles mosquées en Bosnie. Ce phénomène n’est pas encore en prise directe avec la population. Mais il progresse. Comme il n’y a pas d’Etat central, dès qu’arrivent des problèmes sociaux ou des catastrophes naturelles, ce sont ces mosquées qui sont là pour aider les gens. L’argent coule à flots. »
Pour Jean-Pierre Michel, l’islamisme reste un phénomène marginal en Bosnie, mais il existe un « risque de conflit et d’abord à l’intérieur de la communauté bosniaque ».
Non, avant la guerre ça n’a jamais existé. Bien sûr, il y a un peu d’extrémisme partout, à des degrés divers. Avec l’arrivé de Khomeini en Iran à la fin des années 70, les idées de la révolution islamique sont arrivées en Bosnie dans les années 80.
Dans ces années-là, on a tout de suite eu un petit écho : des femmes ont commencé à porter le foulard, des hommes ont adopté d’autres comportements aussi, mais les femmes étaient peut-être un peu plus courageuses et donc on les voyait peut-être plus facilement.
Même certains intellectuels n’hésitaient pas à faire l’éloge de Khomeini et de cette révolution. Mais cela restait très, très marginal comme phénomène.
Maintenant, ça s’est développé d’une autre manière parce que la situation a changé. Le pays n’est plus trop ami avec l’Iran, mais plutôt avec l’Arabie saoudite, et ce sont les wahhabites qui sont derrière tout ça.
Derrière quoi exactement ? 
Un certain islam radical se développe. C’est financé par l’Arabie saoudite, de riches Arabes qui n’aiment pas l’Occident. Ils ont leurs émissaires, des centres religieux, des mosquées qui ne ressemblent absolument plus à celles de l’époque ottomane et où ils tiennent leurs discours. Des prédicateurs viennent prêcher un islam radical, plutôt dans la nouvelle ville, pas dans le centre de Sarajevo. Ils ciblent principalement la jeunesse, mais pas seulement.
Il est difficile de dire s’il y a un « risque terroriste », mais ce qui est sûr c’est qu’il y a beaucoup de barbus, de femmes voilées, tout de noir vêtues, vêtues comme des Saoudiennes.
Et il existe un réseau clandestin de criminalité quotidienne. Cette mafia-là n’est pas nécessairement liée à l’islam. Mais ils agissent impunément, et disent être protégés. Quand on essaye de savoir qui est derrière, on entrevoit le reis-ul-ulema, le chef suprême des musulmans de Bosnie. Donc la religion les protège. Mais ce sont simplement des escrocs ! C’est au nom d’Allah, au nom de dieu qu’on fait toutes sortes de choses aujourd’hui, à loisir.
Quelle est la situation actuelle de la Bosnie ? 
CADRE INSTITUTIONNEL
Depuis les accords de Dayton, qui ont mis fin au conflit ethnique qui a fait plus de 100 000 morts de 1992 à 1995, la Bosnie est dotée d’un appareil d’Etat très complexe : 
- la Fédération de Bosnie-et-Herzégovine, dont la capitale est Sarajevo, regroupe la région historique de Bosnie et celle de d’Herzégovine. Elle est constituée de deux sous-collectivités (croate et bosniaque) et occupe le Sud-Ouest et le centre du pays. Elle est divisée en dix cantons, avec un fonctionnement décentralisé. Elle représente le pays auprès des institutions internationales et des autres Etats ; 
- la République serbe de Bosnie, dont la capitale est Banja Luka, au nord du pays. Son fonctionnement est centralisé ; 
- le district de Brčko, dans le nord du pays, appartient aux deux entités mais est complètement autonome administrativement et légalement.
Chacune des deux premières entités est dotée d’un Président et d’un gouvernement. La République serbe de Bosnie possède un Parlement, quand la Fédération de Bosnie-et-Herzégovine dispose d’une police et d’une armée propres. La plus haute autorité du pays est le Haut représentant international en Bosnie-Herzégovine. Il est nommé par le Conseil de mise en œuvre des accords de paix.
Il faut d’abord se demander si la Bosnie existe, parce que c’est une agonie terrible qu’elle traverse. Il n’y a pas un gouvernement, mais trois. Il y a trois présidents, quatre peuples, trois langues parlées, des conflits intérieurs...
Ensuite, c’est la religion qui domine. La nationalité n’existe même pas, elle est « confondue » depuis que les Turcs ont reconnu le serbisme et que les Serbes ont eux-mêmes confondu le nationalisme avec la religion : le serbisme signifie à la fois appartenir à un peuple, à la nation, et être de religion orthodoxe.
Ça a toujours été une confusion, et aujourd’hui encore plus : ceux qu’on appelle les Bosniaques sont musulmans, les Serbes sont orthodoxes et les Croates sont catholiques.
Les orthodoxes sont très liés à la Serbie et les catholiques à la Croatie, alors que les Bosniaques sont complètement perdus là-dedans [les habitants de la Bosnie sont les Bosniens, ndlr].
Mais officiellement, c’est toujours un pays laïc.
Mais il y a deux Bosnie : 
  • une qui est vraiment laïque et très pro-européenne ; 
  • une autre qui est une grotte totale, qui révèle des siècles d’obscurantisme. C’est un chaos terrible.
La mixité y est de moins en moins présente, c’est de plus en plus cloisonné. Comme ici : le communautarisme se réveille partout.
Comment les Bosniens réagissent-ils ? 
Ils ne sont pas du tout inquiets. Les gens pensent que ce n’est pas possible, comme ils n’ont jamais cru à la guerre. Ils pensaient : « ici, ce n’est pas possible ». Les gens ne veulent pas voir, ça ne les intéresse pas. Moi je trouve qu’ils ont tort, qu’il faut faire attention à tout.Moi ça me frappe, ça me choque, surtout quand je viens d’arriver depuis Paris. Tout me choque : non seulement ça, mais au bout d’un mois je m’habitue à tout.
Pourtant, en Bosnie, l’islam est de tradition hanéfite, qui est une branche libérale du sunnisme... Comment est-ce qu’on explique cette dérive ? 
D’abord par Khomeini. Le communisme n’avait pas totalement interdit la religion et prétendait qu’on pouvait croire en ce qu’on voulait. Mais les gens avaient très peur et se méfiaient beaucoup. Puis pendant la guerre, les musulmans ont été massacrés et des combattants de l’étranger, des moudjahidines, sont venus, financés de l’extérieur.

BANDE-ANNONCE DU « CHOIX DE LUNA »
De Jasmina Zbanic, février 2011


Jasna Samic (DR)
Avec la détresse, on accepte beaucoup de choses, surtout que c’étaient des gens qui ne connaissaient rien : les Bosniaques n’ont jamais vraiment appris le Coran ou l’arabe. Seuls ceux qui avaient fait des études comprenaient les versets du Coran, qui étaient enseignés dans les petites écoles religieuses avant la guerre, et même certaines pendant le communisme. On apprenait par cœur, sans comprendre. C’était donc très facile de les manipuler là-dessus, et surtout sur la terrible tragédie qu’ils ont subie.
Les portes étaient ouvertes pour qu’un autre malheur arrive. Et cet autre malheur s’appelle l’extrémisme islamiste, qui n’est pas né en Bosnie, mais ailleurs : en Afghanistan, en Arabie saoudite au XVIIIe siècle avec le wahhabisme.
La religion reste l’élément le plus important de l’identité des individus. Il y a ceux qui ont hérité d’une tradition et ceux qui se « réveillent » aujourd’hui. Des gens pour qui cet islam était totalement inconnu, mais qu’ils s’approprient. Un islam qui est arrivé par des étrangers, avec des missionnaires qui sont venus leur enseigner dans de nouvelles mosquées.
C’est tragique de voir ce fondamentalisme se développer sur cette terre d’islam plus modéré. C’est bien triste et c’est dangereux, tout simplement. Même si on ne s’intéresse pas, ici, à cette partie du monde, c’est dangereux parce que c’est tout près, aussi.

lundi 20 octobre 2014

L'HÉRITAGE CHRÉTIEN DU KOSOVO ET METOHIJA le coeur spirituel, historique et esthétique du peuple serbe

Promotion d'un superbe livre en anglais  sur la beauté de l'héritage serbe



Publié par le Conseil épiscopal de l'Eglise orthodoxe serbe en Amérique du Nord et du Sud 

Ce livre est un témoignage vibrant des efforts incroyables déployés par l'Eglise orthodoxe serbe dans sa création d'une culture spirituelle, dans le maintien de ses monuments, et la préservation de son patrimoine au Kosovo et Metohija. Ce livre relié en couleur de plus de 900 pages agira comme un phare pour les générations futures des jeunes hommes et femmes serbes…

Patriarcat de Peć


  

dimanche 19 octobre 2014

HOSANNA ! Cela veut dire quoi pour nous ? par P. Alexander

Extrait de l'article :
Hoshana juive et Hosanna chrétienne !

[…] Hosanna est de l’araméen qui est devenu hébreu, puis est passé en latin, grec, slavon et dans toutes les langues. Solennel et dynamique. « Sauve ! », bon, mais qui faut-il sauver ? Et puis, Hosanna tinte comme une acclamation joyeuse.

Hoshana, c’est surtout « Hoshiya-na/הושיע נא! = ana, hoshiya na = Toi, donc, Eternel, sauve ». « Sauve maintenant! » selon le Targoum Onkelos. C’est un cri qui monte des entrailles. Il est dans les séquences dites pendant les Hoshanot tirées du Psaume 118, 25 : « que l’Eternel donne, joies, prospérité car Il vient ».

Sauver ? Cela veut dire quoi pour nous ? Sauver sa peau, ne pas être tué-es? assassiné-es, violenté-es, violé-es, volé-es, trahi-es ? De même, ne pas agir avec les mêmes pulsions de destruction envers autrui. C’est cela le quotidien de jours dont le matin ignorerait l’après-midi ou le soir, entre l’aube et le coucher du soleil. « Ne touche pas à qui m’est consacré\אל תגיעו בתשיחי » (Psaume 105, 15), oui, qu’est-ce-que cela devient dans la vie courante ?

D’autant que la séquence de la Hoshana Rabba semble marteler d’autres sons « Ani VaHu hoshiyana/אני והו-א הושיע נא = Moi et Lui, qu’Il sauve donc maintenant ! » – « Que l’Eternel sauve Sa propre gloire, ici et maintenant, là, partout ». C’est le règne de l’Eternel qui est en jeu, c’est Lui qui doit être sauvé. Est-ce paradoxal ? Mais voyons ! « Où est ton Dieu ? » cela fait des siècles, des lunes et des lustres que la question revient, lancinante, vindicative parfois. Aujourd’hui, combien de fois cette interpellation est lancée chaque heure, chaque jour – donc à l’année ! […] LIRE L'INTÉGRALITÉ de l'article ICI
Alexander Winogradsky Frenkel
Linguiste spécialisé dans le yiddish et le bilinguisme, talmudiste, archiprêtre orthodoxe du Patriarcat de Jérusalem, abba (père) Alexander intervient … [Plus] 

samedi 18 octobre 2014

Stratégies de manipulation


1.  La stratégie de la diversion


Elément primordial du contrôle social, la stratégie de la diversion consiste à détourner l'attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continuel de distractions et d'informations insignifiantes.

La stratégie de la diversion est également indispensable pour empêcher le public de s'intéresser aux connaissances essentielles, dans les domaines de la science, de l'économie, de la psychologie, de la neurobiologie, et de la cybernétique.


« Garder l'attention du public distraite, loin des véritables problèmes sociaux, captivée par des sujets sans importance réelle. Garder le public occupé, occupé, occupé, sans aucun temps pour penser; de retour à la ferme avec les autres animaux. » (extrait de "Armes silencieuses pour guerres tranquilles")




2.  Créer des problèmes, puis offrir des solutions

Cette méthode est aussi appelée "problème-réaction-solution". On crée d'abord un problème, une "situation" prévue pour susciter une certaine réaction du public, afin que celui-ci soit lui-même demandeur des mesures qu'on souhaite lui faire accepter. Par exemple: laisser se développer la violence urbaine, ou organiser des attentats sanglants, afin que le public soit demandeur de lois sécuritaires au détriment de la liberté. Ou encore: créer une crise économique pour faire accepter comme un mal nécessaire le recul des droits sociaux et le démantèlement des services publics.


3. La stratégie du dégradé
Pour faire accepter une mesure inacceptable, il suffit de l'appliquer progressivement, en "dégradé", sur une durée de 10 ans. C'est de cette façon que des conditions socio-économiques radicalement nouvelles ont été imposées durant les années 1980 à 1990. Chômage massif, précarité, flexibilité, délocalisations, salaires n'assurant plus un revenu décent, autant de changements qui auraient provoqué une révolution s'ils avaient été appliqués brutalement.





4.  La stratégie du différé
Une autre façon de faire accepter une décision impopulaire est de la présenter comme "douloureuse mais nécessaire", en obtenant l'accord du public dans le présent pour une application dans le futur. Il est toujours plus facile d'accepter un sacrifice futur qu'un sacrifice immédiat. D'abord parce que l'effort n'est pas à fournir tout de suite. Ensuite parce que le public a toujours tendance à espérer naïvement que "tout ira mieux demain" et que le sacrifice demandé pourra être évité. Enfin, cela laisse du temps au public pour s'habituer à l'idée du changement et l'accepter avec résignation lorsque le moment sera venu.
Exemple récent: le passage à l'Euro et la perte de la souveraineté monétaire et économique ont été acceptés par les pays Européens en 1994-95 pour une application en 2001. Autre exemple: les accords multilatéraux du FTAA que les USA ont imposé en 2001 aux pays du continent américain pourtant réticents, en concédant une application différée à 2005.




5.  S'adresser au public comme à des enfants en bas-age
La plupart des publicités destinées au grand-public utilisent un discours, des arguments, des personnages, et un ton particulièrement infantilisants, souvent proche du débilitant, comme si le spectateur était un enfant en bas-age ou un handicapé mental. Exemple typique: la campagne TV française pour le passage à l'Euro ("les jours euro"). Plus on cherchera à tromper le spectateur, plus on adoptera un ton infantilisant. Pourquoi?
"Si on s'adresse à une personne comme si elle était âgée de 12 ans, alors, en raison de la suggestibilité, elle aura, avec une certaine probabilité, une réponse ou une réaction aussi dénuée de sens critique que celles d'une personne de 12 ans." (cf. "Armes silencieuses pour guerres tranquilles")




6.  Faire appel à l'émotionnel plutôt qu'à la réflexion
Faire appel à l'émotionnel est une technique classique pour court-circuiter l'analyse rationnelle, et donc le sens critique des individus. De plus, l'utilisation du registre émotionnel permet d'ouvrir la porte d'accès à l'inconscient pour y implanter des idées, des désirs, des peurs, des pulsions, ou des comportements...



7.  Maintenir le public dans l'ignorance et la bêtise
Faire en sorte que le public soit incapable de comprendre les technologies et les méthodes utilisées pour son contrôle et son esclavage.

"La qualité de l'éducation donnée aux classes inférieures doit être de la plus pauvre sorte, de telle sorte que le fossé de l'ignorance qui isole les classes inférieures des classes supérieures soit et demeure incompréhensible par les classes inférieures."
(cf. "Armes silencieuses pour guerres tranquilles")


8.  Encourager le public à se complaire dans la médiocrité
Encourager le public à trouver "cool" le fait d'être bête, vulgaire, et inculte...




9.  Remplacer la révolte par la culpabilité

Faire croire à l'individu qu'il est seul responsable de son malheur, à cause de l'insuffisance de son intelligence, de ses capacités, ou de ses efforts. Ainsi, au lieu de se révolter contre le système économique, l'individu s'auto-dévalue et culpabilise, ce qui engendre un état dépressif dont l'un des effets est l'inhibition de l'action. Et sans action, pas de révolution!...




10.  Connaître les individus mieux qu'ils ne se connaissent eux-mêmes

Au cours des 50 dernières années, les progrès fulgurants de la science ont creusé un fossé croissant entre les connaissances du public et celles détenues et utilisées par les élites dirigeantes. Grâce à la biologie, la neurobiologie, et la psychologie appliquée, le "système" est parvenu à une connaissance avancée de l'être humain, à la fois physiquement et psychologiquement. Le système en est arrivé à mieux connaître l'individu moyen que celui-ci ne se connaît lui-même. Cela signifie que dans la majorité des cas, le système détient un plus grand contrôle et un plus grand pouvoir sur les individus que les individus eux-mêmes.


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