Les lèvres mensongères font horreur à l'Éternel, tandis que ceux qui agissent avec fidélité lui sont agréables. Proverbes 12:22 «C'est ce qui sort de l'homme qui le rend impur. En effet, c'est de l’intérieur, c'est du cœur des hommes que sortent les mauvaises pensées, les adultères, l'immoralité sexuelle, les meurtres, les vols, la soif de posséder, les méchancetés, la fraude, la débauche, le regard envieux, la calomnie, l'orgueil, la folie. Toutes ces choses mauvaises sortent du dedans et rendent l'homme impur.» Marc 7:20-23 Un témoin fidèle ne ment pas, tandis qu’un faux témoin dit des mensonges. Proverbes 14:5 « Vous, vous avez pour père le diable et vous voulez accomplir les désirs de votre père. Il a été meurtrier dès le commencement et il ne s'est pas tenu dans la vérité parce qu'il n'y a pas de vérité en lui. Lorsqu'il profère le mensonge, il parle de son propre fond, car il est menteur et le père du mensonge. » Jean 8:44 Si les paroles distinguées ne conviennent pas à un fou, les paroles mensongères conviennent d’autant moins à un noble. Proverbes 17:7 « Écarte de ta bouche la fausseté, éloigne de tes lèvres les détours ! Proverbes 4:24 Craindre l'Éternel, c'est détester le mal. L'arrogance, l'orgueil, la voie du mal et la bouche perverse, voilà ce que je déteste. » Proverbes 8:13 « Pierre lui dit : «Ananias, pourquoi Satan a-t-il rempli ton cœur, au point que tu aies menti au Saint-Esprit et gardé une partie du prix du champ? […] Comment as-tu pu former dans ton cœur un projet pareil? Ce n'est pas à des hommes que tu as menti, mais à Dieu.»Actes 5:3-4Mais pour les lâches, les incrédules, les abominables, les meurtriers, les impudiques, les enchanteurs, les idolâtres, et tous les menteurs, leur part sera dans l'étang ardent de feu et de soufre, ce qui est la seconde mort.Apocalypse 21.8

vendredi 8 novembre 2024

L'ÉGLISE DE L'ÉLÉONA du domaine national français en Terre sainte

(source)

L’église du Pater Noster, ou Apostoleion, est un édifice religieux catholique sis sur le mont de l'Ascension, à Jérusalem-Est, en Terre sainte. Elle est aussi appelée Éléona (du grec elaiōn « oliveraie »). Cette église est construite sur le site où, d'après la tradition, Jésus enseigna à ses disciples le Notre Père (Luc 11:1-4) (en latin Pater Noster). Cette tradition est confirmée par les Actes de Jean à Romeécrits apocryphes du iiie siècle1, et plus tard par Arculfe2 au viie siècle3. Le site est mentionné par Égérie vers 385 lors de son pèlerinage, dans le Burdigalensis4 et par Eusèbe de Césarée. Le site appartient au domaine national français en Terre sainte depuis la fin du xixe siècle.

Situation

L'église est adjacente à l'Apostoleion qui est un des lieux de station de la liturgie de Jérusalem41 ainsi que de l'Imbomon.

Avec l'église Sainte-Anne, le Tombeau des Rois, et l'abbaye bénédictine d'Abou Gosh, elle fait partie des quatre territoires français de Jérusalem42.

Construction initiale

Intérieur du couloir en 1867.

Sur le site a d'abord été construite au ive siècle une église liée à l'Ascension du Christ5 par Constantin sous la direction de sa mère Hélène qui lui donna comme nom Église des Disciples6Égérie nous donne dans le Peregrinatio Silviæ des indications sur le rite de l'Église de Jérusalem de l'époque en expliquant que l'archidiacre invitait d'abord les fidèles à rentrer dans l'Éléona, d'où une procession partait vers le mont des Oliviers. Après cela, on descendait à nouveau dans l'église, où les vêpres étaient chantées7 et où étaient lus Mt:24 et Mt:258.

Adossé au mont des Oliviers, le bâtiment était construit sur trois niveaux reliés par des escaliers :

  • L'église, au plus haut niveau, sur un rectangle de 30 x 18,6 mètres carrés, formée d'une allée flanquée de deux rangées de colonnes. L'abside était à l'est face au soleil levant. Un baptistère se trouve à sa porte sud ;
  • Atrium : une avant-cour à colonnades de 25 mètres de longueur, avec au centre une citerne voûtée sur piliers qui recueille l'égout des toits9 ;
  • Le plus bas niveau côté ouest : un portique sur six colonnes.

Un couvent, un monastère et une chapelle appelée l'Apostolium furent ajoutés vers 430 par Mélanie la Jeune, chapelle où elle fut inhumée avec sa mère. Au cours du vie siècle, la crypte et l'église étaient désignées sous le nom de Matzi ou Matheteion. Treize évêques et patriarches de Jérusalem y auraient été inhumés, dont Cyrille de Jérusalem10 et Modeste de Jérusalem.

La Grotte dite « du Pater »

Son emplacement avait été complètement oublié, et elle ne fut redécouverte qu'en 191111. L'excavation qui s'enfonce dans une tombe du ier siècle12 se trouve sous le côté est de l'église. Sur le fronton de l'entrée est gravée l'inscription latine : Spelunga in qua docebat Dominus apostolos in Monte Oliveti13 qui signifie « Grotte dans laquelle le Seigneur a enseigné à ses apôtres sur le mont des Oliviers ».

Il ne reste de l'édifice originel que quelques éléments architecturaux. Des travaux de reconnaissance non destructifs y ont été entamés en 200814.

Elle est encore appelée crypte du Credo15 ou grotte du Credo16,17.

Destructions

Selon Eutychius, elle fut incendiée par les Perses dirigés par Schahr-Barâz en 61418, faisant environ un millier de victimes sur le mont des Oliviers, d'après Stratègios. Plus tard en 638, elle fut rasée par les Arabes musulmans d'Omar ibn al-Khattâb19. À la fin du viie siècle, Adomnan d'Iona dans De Locis sanctis l'évoque comme étant toujours debout ou reconstruite.

Sous Charlemagne qui, ayant obtenu en 80720 de Hâroun ar-Rachîd la protection des lieux saints pour entre autres y fonder des établissements religieux21, des bénédictins la relevèrent de ses ruines22. Un recensement des monastères de Terre sainte fait en 808 — le Commemoratorium de Casis Dei — nous apprend qu'elle était desservie par trois moines et un prêtre.

Elle semble avoir été détruite à nouveau en 1009 par Al-Hakim bi-Amr Allah23. Les croisés ayant reconquis la ville après le siège de Jérusalem en 1099, ils construisirent un petit oratoire au milieu des ruines entre 110224 et 110625. Le croisé Bartolf de Nangis semble la décrire dans sa chronique Gesta Francorum Iherusalem expugnantium, et son état de ruine est confirmé par Sæwulf.

Une église est totalement reconstruite en 115226 grâce à Svend Svendsson, évêque de Viborg27, et à son frère Sveinsson Eskill, amiral du Jutland, qui furent enterrés dans l'église en 115328 (leurs tombes furent redécouvertes en 1869 et ils furent réinhumés dans la nouvelle église).

Cette église, décrite en 1172 par un pèlerin allemand, Théodoric, aurait été fortement endommagée pendant le siège de Jérusalem en 1187 par Saladin29, au point d'être abandonnée. Odoric de Pordenone mentionne encore une église en 1330 et Ludolph de Sudheim (Ludolph Schilder) parle d'une chapelle en 133630. Selon le pèlerin franciscain Nicolás de Poggibonsi, elle tombe en ruines en 1345, pendant la domination mamelouk.

« Vue du complexe de la basilique Eleona ou église Pater Noster sur le Mont des Oliviers, Jérusalem », 1587.

En 1851, sous l'empire ottoman, on en exploita les ruines pour les vendre comme pierres tombales31.

Reconstruction

Émue par un sermon sur la désolation des lieux saints donné par le Père Poyet, patriarche latin de Jérusalem, la princesse Héloïse de la Tour d'Auvergne, fille de Joseph Aurèle de Bossi, partit pour Jérusalem en , et en dix ans, réussit à acquérir six hectares de terrain au mont des Oliviers32.

Elle y fit bâtir en 1868, sous les ordres de l'architecte André Lecomte (du Nouÿ?)[pas clair], un cloître de 30 mètres sur 20 mètres, sur le modèle du Campo Santo de Pise, dont les plans sont attribués à Eugène Viollet-le-Duc. Elle se livra également à deux années de fouilles, aidée de Charles Simon Clermont-Ganneau, qui était depuis 1867 drogman-chancelier du consulat français de Jérusalem33, qui permirent notamment de dégager une mosaïque du ve siècle où étaient inscrits en grec les psaumes 121:8 et 118:20. On y a aussi retrouvé l'épitaphe de Césaire de Heisterbach34.

Les Pères blancs entreprennent de nouvelles fouilles en 1910-1911. Sont mises au jour les fondations de l'église d'Hélène, un atrium entourant une citerne, un baptistère et la fameuse crypte du Credo. Sont aussi découverts ossements, tablettes et monnaies. Dès 1913, un projet de restauration de la basilique de l'Eléona est envisagé mais le déclenchement de la Première Guerre mondiale suspend les travaux. Le projet connaît très vite une nouvelle vigueur en 1917 avec l'idée d'une basilique dédiée au Sacré-Cœur, soutenue par Monseigneur Germain, archevêque de Toulouse. Les Pères blancs lancent les travaux en 1919. Des vestiges anciens sont démolis pour reconstituer un sanctuaire couvrant la grotte. Pour permettre la reconstruction de la basilique, une partie du cloître est également détruit. Faute d'argent, le projet est arrêté. Divers travaux d'aménagement ad minima sont alors menés par l'Association des amis de l'Eléona en 1972 (architecte Charles Couasnon) puis en 1985-1986 par la France (architecte Yves Boiret)35.

De nouveaux aménagements du site sont réalisés dans les années 2000 (rampe d'accès et installation de sanitaires) puis en 2011 où un jardin d'oliviers est ouvert aux visiteurs et aux pèlerins.

Don du site à la France

Aurélie de la Tour d'Auvergne fait don du site à la France en 186836,35.

Elle divise son terrain en trois, une partie (dont la grotte du Pater) fut donnée à la France, une partie aux sœurs carmélites, et une partie aux Pères blancs. La France confie la garde du sanctuaire aux carmélites en 187435.

Fondation du Carmel

Sur les conseils de Père Alphonse RatisbonneMère Xavière du Cœur de Jésus, du Carmel de Lisieux, rencontre la princesse Héloïse de la Tour d'Auvergne, et fondèrent un couvent de carmélites contemplatives en 1873, le Carmel du Pater37,35. L'église est inaugurée en 1874 et les travaux du monastère commencent l'année suivante. C'est au cours de ces travaux que sont découverts les peintures dans la crypte du « Credo ».

Vue d'ensemble des murs du cloître où sont posées les plaques multilingues du Pater Noster

Des plaques reproduisant le texte du Pater Noster en plus de cent-soixante-dix langues (nationales ou régionales) sont apposées sur les murs du cloître35,38,




Incident diplomatique à Jérusalem, le ministre français des Affaires étrangères renonce à visiter une église ( source : https://fr.timesofisrael.com/incident-diplomatique-a-jerusalem-le-ministre-francais-des-affaires-etrangeres-renonce-a-penetrer-dans-une-eglise/

Suite à un incident entre policiers israéliens et gardiens français sur un site appartenant à la France, Jean-Noël Barrot n'est pas entré dans le domaine d'Eléona, comme cela avait été prévu

La visite à Jérusalem du ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a été marquée jeudi par un incident diplomatique quand la police israélienne est entrée « armée » et « sans autorisation », selon le ministre, sur un site appartenant à la France.

https://x.com/sambklf/status/1854544683646558335/video/1

https://x.com/sambklf/status/1854567739261657497/video/


« Je n’entrerai pas dans le domaine d’Eléona aujourd’hui, parce que les forces de sécurité israéliennes sont entrées avec des armes, sans autorisation préalable de la France, sans accepter de partir aujourd’hui », a déclaré Barrot sur les lieux, qualifiant l’impasse « d’inacceptable ».

« Cette atteinte à l’intégrité d’un domaine placé sous la responsabilité de la France est de nature à fragiliser les liens que j’étais pourtant venu cultiver avec Israël, dans un moment où nous avons tous besoin de faire progresser la région sur le chemin de la paix », a-t-il souligné.

Lors d’échanges virulents, des policiers israéliens ont entouré deux gardes français employés par le Consulat de France, en empoignant l’un d’eux de force et en le mettant au sol avant de l’embarquer dans une voiture de police. Le fonctionnaire, qui s’était identifié, a hurlé plusieurs fois « Ne me touche pas ! », selon une journaliste de l’AFP et une vidéo filmée sur place.

Les deux gardes ont ensuite été relâchés, suite à l’intervention de Barrot, et il n’a pas été précisé pourquoi les policiers israéliens étaient entrés sur le site.

« Intégrité »

L’Eléona, au sein duquel se trouve un monastère bénédictin, est situé sur le mont des Oliviers à Jérusalem-Est.

La France revendique ce sanctuaire du mont des Oliviers comme son territoire en vertu de traités internationaux.

Construit sur la grotte dite du Pater, où Jésus aurait enseigné le Pater à ses disciples, il fait partie des quatre domaines nationaux français à et près de Jérusalem, avec le Tombeau des rois, la Basilique Sainte-Anne et l’ancienne commanderie croisée d’Abu Gosh avec leurs églises romanes.

« Le domaine de l’Eléona […] est un domaine qui non seulement appartient à la France depuis plus de 150 ans, mais dont la France assure la sécurité, l’entretien et avec énormément de soins », a affirmé le ministre.
« L’intégrité des quatre domaines dont la France a la responsabilité ici à Jérusalem doit être respectée », a-t-il insisté.



Sur cette image tirée d’une vidéo de l’AFPTV, la police israélienne arrête un gendarme français au domaine d’Eleona à Jérusalem, le 7 novembre 2024. (Crédit : Chloe ROUVEYROLLES-BAZIRE / AFP)

Après l’incident, le Quai d’Orsay à Paris a annoncé qu’il allait convoquer l’ambassadeur d’Israël. « Sans y avoir été autorisées, les forces de sécurité israéliennes ont pénétré dans le site en étant armées », indique le communiqué en français, en référence à l’église d’Eléona, située sur le Mont des Oliviers. « Le ministre a refusé de visiter le site dans ces conditions. »

« Ces agissements sont inacceptables », lit-on dans le communiqué. « La France les condamne d’autant plus vigoureusement qu’ils surviennent alors qu’elle déploie tous les efforts possibles pour contribuer à la désescalade de la violence dans la région. »

Le ministère israélien des Affaires étrangères a, pour sa part, imputé la responsabilité aux deux diplomates français. « Tout ministre d’un pays étranger en visite officielle en Israël est accompagné par la sécurité de l’État, qui suit tous ses déplacements », a indiqué le ministère. La visite de Barrot à l’église était placée sous la protection de la sécurité israélienne, « conformément aux discussions préalables avec l’ambassade de France en Israël ».

« Au cours de la visite, une dispute a éclaté entre les forces de sécurité israéliennes et deux agents de sécurité français qui ont refusé de s’identifier », a précisé le ministère israélien des Affaires étrangères. « Les deux agents ont été arrêtés par la police et relâchés immédiatement après s’être identifiés comme diplomates. »

Le lieu avait déjà fait l’objet d’incidents diplomatiques par le passé.
L’évènement rappelle aussi d’autres faits : le 22 janvier 2020, la visite du président français Emmanuel Macron avait également été marquée par une bousculade devant la basilique Sainte-Anne. Le président avait lancé en anglais à un policier israélien : « I don’t like what you did in front of me » (« Je n’aime pas ce que vous avez fait devant moi »).

L’incident le plus connu reste celui de 1996, quand le président Jacques Chirac s’était aussi emporté contre des soldats israéliens qui l’encadraient de trop près en lançant : « Do you want me to go back to my plane ? » (« Voulez-vous que je remonte à bord de mon avion ? »), avant d’exiger que les militaires sortent du domaine de Sainte-Anne.





jeudi 31 octobre 2024

L'ÉGLISE COMME INSTITUTION THÉANTHROPIQUE

Geronda Basile a prononcé ce discours en septembre 1999, mais à la lumière des intrusions et de la surveillance accrues par les organismes supranationaux depuis lors, il est encore plus pertinent qu'il ne l'était à l'époque. L'Archimandrite Basile (Vasilios Gontikakis) est ancien higoumène des Saints Monastères de Stavronikita puis d'Iviron, sur la Sainte Montagne de l'Athos

« L'institution de l'Église n'est pas humaine mais est plutôt une fondation divino-humaine.

Et la façon dont cela fonctionne est une confirmation et une manifestation de la présence durable du Seigneur parmi nous.

Les institutions humaines et laïques (ou les institutions spirituelles qui sont organisées selon des lignes séculières) ont pour but la promotion des plans de ceux qui en ont la charge. Ils visent à accroître leur pouvoir et leur influence. Pour imposer leur volonté et subjuguer le plus grand nombre de personnes possible. Peut-être dans le but de les sauver. Parce que les gens dont la pensée est piétonne sont tout à fait capables d'imaginer le salut de l'humanité par l'abolition de la liberté, c'est-à-dire par l'abolition de la personne humaine.

Dans ces institutions, qui fonctionnent de manière laïque, comme des machines, les gens se soumettent et finissent comme des êtres sans volonté propre, comme des mercenaires ou une partie de la machine; ou ils réagissent en étant perturbateurs. Ils se retirent de l'institution. Et ils deviennent liés à leur propre mode de pensée individuel, l'utilisant pour façonner leur propre vie et celle de toute autre personne prête à les suivre. Mais si quelqu'un perd son unité avec l'Église, il perd sa liberté. Parce qu'ils perdent leur vrai moi, qui est toutes les autres personnes.

Aucune institution humaine, même si elle s'appelle "ecclésiastique", ne peut contenir, contraindre ou satisfaire des personnes qui ont le souffle de Dieu en elles, qui aspirent à encore plus, à l'amplification, au Christ. Ils ne peuvent pas se satisfaire d'une promesse, d'une perspective laïque ou autre, c'est pourquoi ils recherchent l'insaisissable, l'humainement inaccessible. Tout leur être dit "Non" aux institutions organisées laïquement qui veulent soi-disant les conduire dans le mystère de la vie et du salut. Pour eux, une bonne institution spirituelle qui fonctionne mécaniquement est au bord de l'effondrement, de la désintégration et de la disparition.

C'est pourquoi le Seigneur, qui sait tout cela, est venu rompre les liens. Il a détruit la tromperie. Il a renversé les tables des changeurs et les sièges des marchands qui avaient transformé le temple en maison d'affaires. Il nous a libérés de la malédiction de la Loi.

Et avec sa descente aux enfers ‘ "les ferrures ont été brisées, les portes ont été défoncées, les tombes ont été ouvertes et les morts se sont levés". Et tous les morts ont émergé dans la lumière. "Et il n'y avait pas de morts dans les tombes". Et il a établi l'Église, qui n'est pas une prison (même avec des lingots d'or), mais qui est la liberté et "l'amour aussi puissant que la mort" [Cantique des Cantiques, 8, 6].

Et c'est le ventre d'une autre mère, plus large que les cieux, qui nous donne naissance. Nous sommes les enfants d'une femme libre, de la liberté que nous gagnons par l'obéissance à la vérité de Dieu, qui est l'amour. Alors que les institutions humaines craignent la liberté humaine et donc l'entravent ou l'abolissent, l'institution de l'Église donne naissance à des personnes libres dans l'Esprit. 

Et toute l'institution de l'Église est construite par l'Esprit, qui " souffle où il veut et vous ne savez pas d'où il vient ni où il va. Ainsi en est-il de tous ceux qui sont nés de l'Esprit" [Jean. 3, 8].

La liberté sans entraves est le rocher de la foi. Selon saint Syméon le Nouveau théologien, les saints ne sont pas les gardiens de la loi mais les législateurs. L'institution de l'Église est fondée sur les dons de Dieu, et les talents donnés aux saints servent de principes directeurs pour l'effectif complet de ses membres. On pourrait dire qu'il n'y a pas de personnes douées de talents, mais qu'elles naissent, engendrent, tout le temps. Ce n'est pas qu'ils ont reçu un don à un moment précis par lequel ils ont acquis une certaine capacité statique, mais plutôt qu'ils ont reçu une bénédiction qui continue de leur être accordée au fil du temps.

Ce sont des gens qui ont vraiment reconnu notre faiblesse ultime et la bonté de Dieu. Ils voient chaque autre personne comme bonne et pure, alors qu'ils se considèrent comme inférieurs à tout le reste de la création. Ils ont la grâce de la contrition tremblante des humbles, des plus misérables. Et, comme une éponge, ils absorbent la Grâce. Ils reçoivent les dons de satisfaction intérieure et d'illumination. Ils ne considèrent pas cela comme leur propre réussite ni comme le résultat du potentiel qu'ils ont réalisé afin d'améliorer leur propre réputation et de rabaisser les autres. Ils sont étonnés de l'amour ineffable de Dieu et le rendent spontanément. Ils le rendent immédiatement au Donneur de cadeaux.

Cela les rend dignes de continuer à recevoir de nouveaux talents, plus grands, purs et spirituels qui bénissent toutes choses. Pourtant, ils continuent à ne pas avoir la plus faible estime d'eux-mêmes, bien qu'ils tiennent Dieu dans la plus haute estime. »

Version française de la source

 par Maxime le minime



dimanche 27 octobre 2024

INTERPRÉTATION ORTHODOXE DE L'APOCALYPSE [15.1] (suite)

 La préparation d'Israël

Et il en sera ainsi jusqu’à la fin du monde, même lorsque les dieux disparaîtront de la terre ; ils tomberont quand même devant les idoles.

Fiodor Dostoïevski



L’une des grandes ironies de l’Ancien Testament est qu’une nation entière a été réduite en esclavage à la suite de la vente d’un de ses enfants comme esclave. L’histoire de Joseph (Genèse 30-50) est une révélation étonnante de la manière dont Dieu agit dans les cœurs humains et dans l’histoire sacrée. De plus, il offre des informations importantes sur la fin des temps.


Joseph, le fils bien-aimé de son père Jacob, fut vendu comme esclave par ses frères jaloux. Joseph fut emmené en Égypte, où sa diligence et sa loyauté furent récompensées avec le temps. Il fut nommé gouverneur du pays et, grâce à sa conservation minutieuse du grain pendant sept années d'abondance, il put distribuer ces réserves au peuple pendant les sept années de sécheresse qui suivirent.

Les frères de Joseph sont venus en Égypte pendant la sécheresse pour acheter du grain. Il les a testés pour voir s'ils s'étaient repentis de leur mal contre lui. Lorsqu’il vit que c’était le cas, Joseph se réconcilia avec ses frères et toute la maison de Jacob s’installa en Égypte.

Avec le temps, les Israélites devinrent une grande multitude et furent réduits en esclavage par les Égyptiens. Dieu a ensuite envoyé Moïse pour défier Pharaon avec des signes miraculeux, des fléaux et finalement la destruction. Dieu libéra ainsi son peuple de l'esclavage et le conduisit vers la Terre Promise à travers la Mer Rouge. Lorsque Pharaon essaya de le suivre, les murs de la mer, qui avaient été retenus pour permettre à Israël de marcher sur la terre ferme, s'effondrèrent soudainement, détruisant son armée.

Lactance considérait l'histoire de Joseph comme une métaphore des derniers jours. (Bien qu'il ne le mentionne pas, les sept années de sécheresse peuvent symboliser les sept années du règne de l'Antichrist) « Bien qu'un acte si célèbre et si merveilleux montre la puissance de Dieu sur les hommes du présent, il était aussi la présignification et la figure de quelque chose de plus grand. ce que Dieu doit faire à la consommation finale des âges : il libérera son peuple de l'esclavage du monde. Puis, parce qu'il y avait un seul peuple de Dieu qui habitait au milieu d'une seule nation, seule l'Égypte fut frappée alors ; parce que le peuple de Dieu est rassemblé de toutes langues et habite parmi toutes les nations et est opprimé par sa domination, toutes les nations, c'est-à-dire le monde entier, doivent être frappées par les coups divins, afin que le peuple juste et pieux de Dieu soit libéré. De même qu'alors des signes furent donnés annonçant le massacre prochain des Egyptiens, de même à la fin il y aura d'effrayants prodiges dans tous les éléments du monde par lequel toutes les nations saisiront la destruction imminente."

En un sens, Israël représente le mur sur lequel apparaît « l’écriture » de Dieu (Daniel 5). Le monde a connu son Créateur en grande partie grâce aux Juifs.

Que ce peuple ancien, « élu », ait obéi au Seigneur ou l'ait défié, il a néanmoins servi d'exemple et d'avertissement à toute l'humanité. Leur histoire est un guide sur ce qui devrait, ne devrait pas et sera fait.


Le Triode de Carême contient la prière suivante :

« Ô Seigneur, les Juifs t'ont condamné à mort, toi qui es la vie de tous ; avec la verge de Moïse tu les as conduits à sec à travers la mer Rouge, et pourtant ils t'ont cloué sur la croix. ... Voyez comment la synagogue anarchique a condamné à mort le Roi de la Création ! Ils n'ont pas eu honte lorsqu'il a rappelé ses bénédictions en disant : « Ô mon peuple, que vous ai-je fait ? N'ai-je pas rempli la Judée de miracles ? N'ai-je pas ressuscité les morts par ma seule parole ? N'ai-je pas guéri toutes les maladies et affections ? Comment donc m’avez-vous remboursé ? Pourquoi m'avez-vous oublié ? En échange de la guérison, vous m'avez donné des coups ; en échange de la vie, vous me mettez à mort. Vous accrochez à la Croix votre Bienfaiteur comme un malfaiteur, votre Législateur comme un transgresseur de la Loi, le Roi de tous comme un condamné. "


En ne reconnaissant pas leur Messie, les Juifs ont confirmé leur aveuglement. En le crucifiant, ils ont assuré leur destruction. Israël a condamné le Temple de Dieu (le Corps du Christ), et en conséquence Dieu a condamné le temple d'Israël. C’est exactement ce que Jésus a dit à ses disciples avant que l’un ou l’autre événement n’ait lieu :

" Et ses disciples montèrent pour lui montrer les bâtiments du temple. Et Jésus leur dit : " Ne voyez-vous pas toutes ces choses ? En vérité, je vous le dis, il ne restera pas ici pierre sur pierre, qui ne soit visible être renversé' » (Matthieu 24 : 1, 2).

Après avoir conduit leur propre roi à la mort sur la croix, les Juifs évitèrent leur protecteur et furent par conséquent faits prisonniers, dispersés et tués.

" Car ce sont les jours de vengeance, afin que tout ce qui est écrit s'accomplisse... Et ils tomberont sous le tranchant de l'épée et seront emmenés captifs dans toutes les nations. Et Jérusalem sera piétinée par les païens jusqu'à ce que le les temps des païens sont accomplis » (Luc 21 :22, 24).

Obéissant (bien qu'inconsciemment) à la volonté de Dieu, l'empereur romain Titus détruisit Jérusalem en 70 après J.-C., massacrant des milliers de Juifs et envoyant les autres en exil. Le magnifique temple d'Hérode, achevé quelques années plus tôt, fut décimé. Comme Jésus l’avait prédit, il ne restait littéralement plus pierre sur pierre. La destruction a été si complète que même les archéologues les plus sophistiqués et les plus avancés en technologie admettent que l'emplacement exact du temple sur le mont du temple demeure encore incertain. (À suivre)



samedi 26 octobre 2024

ESCROLOGIE

 SOURCE


Le gouvernement se moque du monde : il annonce un plan de 120 milliards€ pour construire 2000 éoliennes en mer d’ici 2030, soit 11 Mds/an ! Une entreprise de destruction, et de renchérissement de l’électricité. Voilà une économie !il prévoit d’installer 2000 éoliennes en mer pour un coût de 120 milliards d’euros ! Quand ces éoliennes produiront, il faudra baisser la production des centrales nucléaires: aucun intérêt, 120 milliards de coût, 10 milliards par an !

Rémy Prud’homme, professeur des universités (émérite)

M. Barnier, qui s’efforce courageusement de faire rentrer des cercles dans des carrés, mérite notre respect, et même notre soutien. Mais cela ne doit pas nous empêcher de souligner les paradoxes ou les absurdités de son gouvernement dans certains domaines. M. Barnier lui-même a mis son action sous le signe de la sincérité et de la vérité.  Le cas de l’écologie offre un bel exemple d’incohérence. D’un côté (le côté droit), le gouvernement se flatte de diminuer d’un demi-milliard d’euros le budget annuel du ministère de la Transition écologique. D’un autre côté (le côté gauche), au même moment, le même ministère planifie et affiche une augmentation de dépenses de 11 milliards par an pour des éoliennes en mer. Le mot de schizophrénie décrit assez bien cette contradiction.

D’un côté, donc, le ministère des Finances propose, pour le budget de 2025, ce qu’il appelle une diminution de 0,5 milliard du budget de la Transition écologique. En réalité, ce qui est proposé est une augmentation de 0,5 milliard, mais qui remplace une augmentation antérieurement prévue de 1 milliard. L’expression de « diminution » est donc un joli cas d’insincérité. Ou si l’on préfère d’hypocrisie – l’hommage que le vice rend à la vertu, comme disait La Rochefoucauld. La ficelle est si grosse qu’elle fait penser à Molière. Ce demi-milliard de différence donne d’ailleurs lieu à une scène elle-même moliéresque. La ministre monte sur ses grands chevaux et jure qu’elle démissionnera si on ne lui rend pas « son » demi-milliard. Le premier ministre ne cède pas. La ministre ne démissionne pas. On se croirait à la Commedia dell’arte, avec M. Barnier dans le rôle du Docteur, M. Saint Martin dans celui de Pantalon, et Mme Pannier-Rumacher en Colombine.

Dans le même temps, la ministre, ou plus exactement peut-être son administration, dévoilent au monde un grandiose plan de construction de plus de 2000 éoliennes en mer d’ici 2035. Le coût de cet investissement sera d’environ 90 milliards d’euros[1]. Il faut y ajouter le coût des modifications et agrandissements du réseau de transport engendrés par ces éoliennes en mer, que l’on peut estimer à près de 30 milliards[2]. Le projet annoncé a donc un coût d’investissement de 120 milliards (si les estimations de coûts ne sont pas dépassées, hypothèse optimiste !). A dépenser en 11 ans, soit environ 11 milliards par an. C’est un peu plus que le budget annuel du ministère de la Justice.

On pourrait ajouter que ces éoliennes sont totalement inutiles. Elles ne remplacent pas, comme au Royaume-Uni ou en Allemagne, des sources d’électricité carbonée, et ne contribuent en rien à la décarbonation de la France et du globe. L’électricité que ces éoliennes produiront est très coûteuse, et contribuera à l’augmentation des prix de l’électricité en France, pour les ménages et les industries. Pour une part (que l’on s’efforce de réduire mais qui reste majoritaire), ces éoliennes seront achetées et exploitées par des entreprises étrangères, et leurs bénéfices exportés. La production d’électricité des éoliennes dépend du vent, elle n’est pas pilotable. Lorsqu’il n’y aura pas de vent et une forte demande d’électricité, elles ne produiront pas assez, et il faudra faire appel à des centrales au gaz. Lorsqu’il y aura beaucoup de vent et peu de demande, elles produiront trop, et il faudra fermer en toute hâte des centrales nucléaires, ce qui est coûteux. Ne parlons pas de la pollution visuelle causée par 2000 éoliennes de 200 mètres de haut près des rivages français, ni des oiseaux de mer hachés menu par leurs pales.

Cependant, indépendamment de ces considérations sur l’inutilité ou même la nocivité d’un tel investissement, ce qui frappe ici c’est la contradiction entre le discours officiel sur les économies indispensables et le discours (non moins officiel) sur les dépenses grandioses. Et surtout que ces deux discours puissent être tenus en même temps, presque le même jour. Ce qui est certain, c’est ces discours ne seront pas mis en œuvre tous les deux simultanément. L’un des deux – ou les deux – restera lettre morte. Ce qui est fâcheux pour l’image et l’autorité de l’Etat. Le mot de schizophrénie n’est pas trop fort.


[1] Le parc d’éoliennes de Saint-Brieuc qui vient d’être connecté a une puissance de 0,5 GW et a coûté 2,5 milliards, ce qui met le GW à 5 milliards. Les 2200 éoliennes planifiées ont une puissance de 18 GW. Leur coût peut donc être estimé à 5*18, soit 90 milliards d’euros.

[2] RTE (le réseau de transport de l’électricité) estime à « 100 milliards les investissements dans les réseaux en cours des 15 prochaines années, dont au moins 40% destinés à l’offshore », soit 2,6 milliards par an pour les éoliennes, et 28,6 milliards pour les 11 années d’ici 2035.


vendredi 25 octobre 2024

INTERPRÉTATION ORTHODOXE DE L'APOCALYPSE [14] (suite)

 Les Sept Rois

Les grands empires du monde sont également décrits en termes de rois consécutifs. Le dernier d’entre eux sera l’Antéchrist, dont le règne sera bref, ne durant « que peu de temps ». Qu'il parviendra au pouvoir est certain, et sa défaite est également certaine, car l'Apôtre déclare qu'il ira «à la perdition»« Il y a aussi sept rois. Cinq sont tombés, l'un existe, et l'autre n'est pas encore venu. Et quand il vient, il doit continuer peu de temps. La bête qui était et qui n'est pas, c'est elle-même aussi le huitième, et est des sept, et il va à la perdition » (Apocalypse 17 :10, 11).

Saint André de Césarée, soulignant la pensée d'un autre Père encore, écrivait au Ve siècle que

« Sous le nom de cinq rois tombés sur les sept, le bienheureux Hippolyte entend les âges, dont cinq sont déjà passés. Le sixième, dans lequel l'Apôtre a vu cela, continue encore, et le septième âge qui suit le le sixième n'est pas encore venu, mais quand il viendra, il ne durera pas longtemps... ou (les rois) sont les sept royaumes qui existaient depuis le commencement du monde jusqu'à présent, cinq sont déjà tombés, le sixième sous lequel le ; La révélation a été faite : c’était la Rome antique, et la septième est encore à venir : c’est la Nouvelle Rome. »


La Prophétie accomplie

Il est provocateur d’examiner l’histoire et les événements contemporains à la recherche de l’accomplissement de ces prophéties colossales. Après tout, ils sont donnés à titre d’instruction et d’avertissement, de peur que « ce jour n’arrive à l’improviste » (Luc 21 : 34). Pourtant, les chrétiens devraient se rappeler que Satan connaît aussi les Écritures ! Il a tenté Christ avec elles en disant : « Il est écrit : Il donnera des ordres à ses anges à ton sujet » (Matthieu 4 : 6).

Comme Shakespeare l'a souligné : « Le diable peut citer les Écritures pour atteindre ses objectifs. »  Le malin est bien conscient de tout ce que la Bible a à dire à son sujet et, comme il est plus subtil et plus intelligent que l’esprit humain ne peut l’imaginer, il accomplira presque certainement les prophéties selon les Écritures d'une manière inattendue. Les chrétiens doivent se garder de donner des interprétations fondées sur une raison humaine déchue, ou de supposer avec assurance que « Y » est impossible parce que « X » ne s'est pas encore produit.

Le bienheureux Augustin craignait que ceux qui guettent les signes des temps ne soient aussi sûrement dupes que d’autres qui n’y prêtaient aucune attention. « Quant aux dix rois, écrit Augustin, il semble que l'Antéchrist doive se trouver en la personne de dix individus à son arrivée, j'avoue que je crains que nous ne soyons trompés sur ce point et qu'il ne vienne à l'improviste. alors qu’il n’y a pas dix rois vivant dans le monde romain. »

(À suivre)



mardi 22 octobre 2024

INTERPRÉTATION ORTHODOXE DE L'APOCALYPSE [13] (suite)

 Les dix cornes



    L’image d’une bête à dix cornes apparaît également dans le Nouveau Testament. Saint Jean le Théologien rapporte cette vision «1 Je vis ensuite s’élever de la mer une bête qui avait sept têtes et dix cornes, et sur ses cornes dix diadèmes, et sur ses têtes des noms de blasphème. 2 Cette bête que je vis était semblable à un léopard ; ses pieds étaient comme des pieds d’ours ; sa gueule, comme la gueule d’un lion ; et le dragon lui donna sa force et sa grande puissance  et une grande autorité. » (Apocalypse. 13 : 1, 2).

Saint Jean révèle que  le plus puissant royaume de l'histoire aura peut-être le règne le plus court, désigné au sens figuré par une heure : « Les dix cornes que tu as vues sont dix rois qui n'ont pas encore reçu de royaume, mais qui reçoivent autorité pour une heure comme rois avec la bête. Ils auront tous un même dessein, et ils donneront à la bête leur force et leur puissance.» (Apocalypse 17 : 12, 13).

La bête doit recevoir son soutien terrestre de ces dix royaumes, qui seront « d’un même esprit » avec elle. « Et les dix cornes que tu as vues sur la bête, haïront la prostituée, la réduiront à la dernière désolation et la dépouilleront, mangeront sa chair et la feront périr par le feu. Car Dieu a mis dans leurs cœurs d'accomplir son dessein, d'être d'un même esprit, et de donner leur royaume à la bête, jusqu'à ce que les paroles de Dieu s'accomplissent » (Apocalypse 17 : 16, 17).

Cette vision offre une autre vision de l’anti-héros de la fin des temps. «Cette bête est l'Antéchrist, a déclaré sans équivoque Mgr Averky. "Il est des sept", parce qu'il a fait son apparition de l'un de ces royaumes. »

Les dix cornes font référence aux dix royaumes de l'ancien Empire romain qui s'uniront pour donner à l'Antéchrist sa base politique. Sept le soutiendront volontiers, mais trois nécessiteront de la « persuasion ». Selon saint Cyrille de Jérusalem, « se lèveront ensemble dix rois des Romains, régnant peut-être dans des régions différentes, mais à peu près à la même époque ; et après eux un onzième, l'Antéchrist, qui par son artifice magique s'emparera de sur la puissance romaine ; et sur les rois qui régnèrent avant lui, il en humiliera trois et il gardera les sept autres soumis à lui-même. Lactance, érudit du quatrième siècle, apologiste chrétien et précepteur du fils de l'empereur Constantin, a prophétisé que l'Antéchrist arriverait au pouvoir. au moyen de la guerre et de la conquête : « Une épée traversera le monde, coupant tout et détruisant toutes choses comme une récolte moissonnée. La cause de cette dévastation et de cette confusion sera le fait que le nom Romain, qui gouverne maintenant le monde, sera retiré de la terre. Il n'y aura pas de fin à ces guerres meurtrières jusqu'à ce que dix rois émergent simultanément. Ils diviseront le monde pour le détruire et non pour le gouverner...

Alors un puissant ennemi du Grand Nord se lèvera soudainement contre eux. Lorsqu'il aura détruit les trois qui contrôlent l'Asie, il s'alliera aux autres et deviendra leur chef. Il affligera le monde d’une insupportable tyrannie, et travaillera à des choses abominables et maudites.»

Le P. Boris Molchanoff a proposé ce scénario de guerre : « Il est tout à fait possible que [l'Antéchrist] commence son activité pendant une guerre mondiale, lorsque les nations, endurant toutes les horreurs de celle-ci, n'envisageront aucune autre issue qu’une impasse calamiteuse, car tous les leviers cachés pour la résolution de la guerre seront entre les mains d’une société secrète assistant l’Antéchrist. L'Antéchrist présentera un plan pour la résolution de la crise mondiale qui sera le plus efficace du point de vue de la sagesse politique et sociale : l’établissement d’un ordre politique et social unifié à l’échelle universelle. Épuisée par le choc de la guerre, l'humanité spirituellement aveugle non seulement ne parviendra pas à percevoir ce projet comme un piège insidieux destiné à l'attirer dans un esclavage inéluctable et impitoyable, mais, au contraire, le reconnaîtra comme une œuvre d’érudition et géniale»


Bien que l'Antéchrist soit un homme, il est décrit dans la vision de Saint Jean comme émergeant de la mer et recevant le pouvoir d'un dragon. La mer représente l’humanité et le dragon fait clairement référence à Satan. « Presque tous les interprètes comprennent [que l'Antéchrist]… sort de la « mer de la vie », c'est-à-dire du milieu de la race humaine qui est agitée comme une mer », a écrit Mgr Averky. "... Il ne sera pas un diable incarné comme certains l'ont pensé, mais un homme…. Cette autorité, il la recevra avec l'aide du dragon ou du diable. »


dimanche 20 octobre 2024

UN ANNEAU POUR LES GOUVERNER TOUS…

 Ὁ δὲ μείζων ὑμῶν ἔσται ὑμῶν διάκονος.

Mais le plus grand d'entre vous sera votre serviteur ;

Ὅστις δὲ ὑψώσει ἑαυτόν, ταπεινωθήσεται: καὶ ὅστις ταπεινώσει ἑαυτόν, ὑψωθήσεται.
et quiconque s'élèvera sera abaissé, et quiconque s'abaissera sera élevé 
(Luc 14-Mathieu 23, 11-13)
    
    «  L'autorité que les institutions religieuses acquièrent (et manifestement exercent) dans les sociétés de toutes les époques est une conséquence de l'investissement de la religiosité par le besoin résolu de protection de soi de l'individu. C'est pourquoi tout doute concernant cette autorité (des institutions et des personnes qui l'incarnent) est vécu comme une menace pour l'individu, une menace pour cette sécurité existentielle — ceux qui s'opposent aux institutions ou les rejettent sont considérés comme des ennemis, souvent comme des ennemis mortels. 
     Cela semble être l'explication du fanatisme, parfois du fanatisme aveugle et sans hésitation, qui fleurit dans les environnements religieux, ou du fait que les guerres de religion sont parmi les plus horribles de l'histoire. La même explication doit également s'appliquer au phénomène du totalitarisme, qui, en tant que mode d'exercice du pouvoir, est né historiquement des institutions religieuses et continue comme un syndrome typique dans presque toutes les formes de vie religieuse organisée (avec des structures exécutives efficaces).
   Par le mot totalitarisme, j'entends la revendication et la tentative (systématiquement organisée) d'une autorité gouvernante de contrôler l'ensemble de la vie, publique et privée, de ceux qui sont sous son autorité, avec pour but de subordonner tous les aspects de la vie (même les convictions, les intentions et les jugements des individus) aux règles établies par cette autorité. Le fait qu'une telle revendication puisse être formulée, mise en place comme un régime organisant la société dans son ensemble, ne peut être simplement le résultat d'une imposition d'en haut. La conformité de la pensée, du jugement et des intentions des individus avec les lignes tracées par l'autorité présuppose en premier lieu un groupe social qui est volontairement (et peut-être avec plaisir) enclin à faire une telle soumission — c'est sur cela que repose l'imposition générale de la revendication. Sans cette masse critique donnée, ou l'inclination latente (et peut-être inconsciente) à la soumission, aucune force ne pourrait imposer et maintenir un régime totalitaire. La soumission et l'obéissance aux ordres venus d'en haut sont, dans la plupart des cas, le résultat de la peur de devenir adulte, la peur de la liberté — un produit de l'instinct de préservation et de protection de soi. Cependant, l'exercice du pouvoir, la capacité de subordonner les autres à soi et de les diriger, constitue un autre type de plaisir supérieur à tout autre — un produit de la satisfaction de l'instinct (tout aussi aveugle) de domination. Avoir autorité sur la pensée, le jugement et la volonté de ses semblables, exercer une autorité « spirituelle » sur eux, dicter leur comportement et leurs pratiques quotidiennes, dominer leurs attitudes psychologiques et contrôler leur relation avec le transcendant doit être équivalent à un sentiment enivrant de pouvoir et d'affirmation de soi. En même temps, la personne qui exerce un tel pouvoir est vénérée par ceux qui ont pris plaisir à se soumettre à lui. Il suscite leur respect. Ils l'honorent ; ils l'admirent. Sa présence évoque la crainte, voire l'extase, principalement lorsque l'autorité qu'il exerce se manifeste non pas comme un pouvoir séculier mais comme un pouvoir supra-mondain, reflétant une autorité métaphysique et jugeant l'avenir éternel des êtres humains, qu'ils « périssent » ou soient « sauvés ». La personne qui exerce un tel pouvoir est alors considérée comme un être presque au-delà des limites du naturel. Il est enveloppé dans la splendeur du sacré. L'imposition de son autorité est irrésistible.
    Le pouvoir irrésistible de l'autorité religieuse est également inévitablement recherché par des individus qui ont peu ou pas de chance de gagner le respect de leurs semblables par leurs propres mérites et leurs propres efforts. Il est difficile pour quiconque de déterminer quand, de manière inappropriée ou indigne pour le bien de la fonction, des individus de ce type (dans presque toutes les traditions religieuses) ont assumé les apparences extérieures ou les marques objectives qui font immédiatement ressortir la « forme » du fonctionnaire et rendent le respect pour lui une exigence. Les robes cléricales comme tenue quotidienne en sont une indication, tout comme les cheveux longs et la barbe—ou, alternativement, une couronne tonsurée et un visage rasé de près. Les révérences, les baisers de main et les prosternations ont également été adoptés pour montrer le respect envers ceux qui exercent un pouvoir sacré, tandis que (sans doute inconsciemment) ce qui est aussi satisfait de cette manière est le besoin de beaucoup d'être confirmés dans leur soumission et le plaisir de quelques-uns à en être les bénéficiaires. 
     Ce qui est inexprimable, inconcevable, invisible et incompréhensible, qui est le domaine dans lequel l'humanité mène sa quête métaphysique, est très facilement substitué par des convictions infrangibles, des dogmes sacrés et des canons saints, dont la gestion exige une autorité renforcée par des prérogatives, des droits et le pouvoir incontesté de les imposer. La nature —le besoin de préservation de soi, de domination, de jouissance par l'individu de sécurité et de plaisir — est toute-puissante. Elle triomphe de nos tentatives humaines de sortir des limites asphyxiantes de la mortalité et de l’ignorance.»

Christos Yannaras

Version française par Maxime le minime 

d'un extrait de l'ouvrage Against Religion



"Un Anneau Unique pour les gouverner tous, un Anneau Unique pour les trouver, un Anneau Unique pour les amener tous et tous les lier dans les Ténèbres." . R. R. Tolkien  in La Communauté de l'Anneau (1954).

jeudi 17 octobre 2024

INTERPRÉTATION ORTHODOXE DE L'APOCALYPSE [12.2] (suite)

 

Les quatre bêtes (2)

Mais comment cela peut-il être compris en termes modernes, puisque l’Empire romain est apparemment « tombé » il y a des siècles ? Les chrétiens croyaient traditionnellement que Rome durerait jusqu'à la fin des temps : « Puisque Rome a été identifiée avec le dernier des quatre empires mondiaux symbolisé par la statue du deuxième chapitre de Daniel, son empire était censé durer. jusqu'au bout du monde.

Rome a en effet duré jusqu'à la fin des temps. Mais pour s’en rendre compte, il faut comprendre comment l’Empire romain s’est transformé au cours de l’histoire. Au IVe siècle, l'empereur Constantin le Grand déplaça sa capitale à Byzance, la nommant la deuxième "Rome." Lorsque Constantinople tomba aux mains des Turcs au XVe siècle, la Moscou chrétienne orthodoxe devint la troisième « Rome ». Mais plus important encore que ces changements géographiques fut la transformation de « l’Empire romain », d’une simple entité politique/administrative en une monarchie spirituelle.

L'archimandrite Panteleimon du monastère Holy Trinity de Jordanville, New York, a expliqué cela comme suit : « L'Empire romain (signifie) le pouvoir impérial (monarchial) en général. Concernant un tel pouvoir, nous devons le comprendre comme une monarchie qui a la capacité de contrôler le mouvement social, tout en adhérant aux principes chrétiens… Puisque l’Antéchrist aura pour tâche principale d’éloigner le peuple du Christ, il n’arrivera donc pas si la monarchie est toujours aux commandes. (À suivre)




mercredi 16 octobre 2024

LA SOMATOCRATIE par Père JEAN BOBOC de bienheureuse mémoire


    « L'être, l'avoir et le paraitre. Renonçant donc à l'être, compulsivement crispé sur l'avoir, l'homme se jette dans l'inévitable conséquence de ce dernier: le paraître.                  

 
 
Trichant sur l'altérité, le 
paraître est une forme de relation aux autres, tant vers l'uniformité que vers la différence. Être conforme aux modes ou  par opposition s'en différencier et marquer ainsi une forme de différence, passent par l'apparence. Le rapport à l'extérieur, le paraître devient le maitre mot d'une civilisation de l'image. En plus de l'exposition tapageuse de biens matériels qui deviennent des expansions de lui-même, les objets techniques deviennent aussi des prolongements de l'homme, de façon quasi anatomique, branché et connecté en permanence à des appareils de communication et d'informations orientées, de bruit de fond abrutissant ou anesthésiant, ajoutent à l'homo economicus le caractère d'homo numericus. L'image présentée aux autres, le paraître aux yeux d'autrui finit par retour à forger une forme de personnalité artificielle, un masque (prosôpon) qui devient celui de la tragédie sociale.
     La tyrannie des conformismes est devenue celle de la somatocratie. Il convient d'être conforme à des modèles physiques, aux aspects de la jeunesse, à l'apparence de santé, aux mœurs sexuelles du jour. L'appel à la cosmétique et à la chirurgie esthétique visent un objectif trompeur de jeunesse et de beauté qui deviennent le sésame de la promotion sociale. La philautie exacerbée confine à l'idolâtrie démoniaque que dénonçait l'Aquinate lorsqu'il parlait des démons fascinés par la splendeur de leur nature, allecti a pulchritudine suae naturae (1). Il serait cependant obscurantiste de ne pas prendre en considération les avancées scientifiques qui vont inverser le temps et le vieillissement des cellules humaines, c'est-à-dire l'ère de la régénérescence qui s'inaugure par les plus récents travaux génétiques sur l'utilisation des cellules pluripotentes à partir de cellules souches adultes, sans poser de réels problèmes bioéthiques. Le prix Nobel de médecine 2012 fut attribué aux chercheurs Shinya Yamanaka et John Gurdon pour la découverte de la reprogrammation de cellules adultes en cellules souches pluripotentes. Leurs travaux devraient permettre de ne plus sacrifier d'embryons humains pour prélever des cellules souches embryonnaires. On a peine à comprendre la volonté de certains de poursuivre avec prédilection leurs funestes travaux au prétexte d'une insuffisance de recul sur les effets secondaires des nouvelles techniques proposées. Le slogan fallacieux que l'embryon humain n'est pas une personne a permis au législateur de laisser le champ libre à la destruction embryonnaire en série.»
 1. Thomas d'Aquin De malo, qu. 16,a.2, ad 13.
Père JEAN BOBOC
in La grande Métamorphose