Les lèvres mensongères font horreur à l'Éternel, tandis que ceux qui agissent avec fidélité lui sont agréables. Proverbes 12:22 «C'est ce qui sort de l'homme qui le rend impur. En effet, c'est de l’intérieur, c'est du cœur des hommes que sortent les mauvaises pensées, les adultères, l'immoralité sexuelle, les meurtres, les vols, la soif de posséder, les méchancetés, la fraude, la débauche, le regard envieux, la calomnie, l'orgueil, la folie. Toutes ces choses mauvaises sortent du dedans et rendent l'homme impur.» Marc 7:20-23 Un témoin fidèle ne ment pas, tandis qu’un faux témoin dit des mensonges. Proverbes 14:5 « Vous, vous avez pour père le diable et vous voulez accomplir les désirs de votre père. Il a été meurtrier dès le commencement et il ne s'est pas tenu dans la vérité parce qu'il n'y a pas de vérité en lui. Lorsqu'il profère le mensonge, il parle de son propre fond, car il est menteur et le père du mensonge. » Jean 8:44 Si les paroles distinguées ne conviennent pas à un fou, les paroles mensongères conviennent d’autant moins à un noble. Proverbes 17:7 « Écarte de ta bouche la fausseté, éloigne de tes lèvres les détours ! Proverbes 4:24 Craindre l'Éternel, c'est détester le mal. L'arrogance, l'orgueil, la voie du mal et la bouche perverse, voilà ce que je déteste. » Proverbes 8:13 « Pierre lui dit : «Ananias, pourquoi Satan a-t-il rempli ton cœur, au point que tu aies menti au Saint-Esprit et gardé une partie du prix du champ? […] Comment as-tu pu former dans ton cœur un projet pareil? Ce n'est pas à des hommes que tu as menti, mais à Dieu.»Actes 5:3-4Mais pour les lâches, les incrédules, les abominables, les meurtriers, les impudiques, les enchanteurs, les idolâtres, et tous les menteurs, leur part sera dans l'étang ardent de feu et de soufre, ce qui est la seconde mort.Apocalypse 21.8

lundi 14 mars 2011

Le péché originel (1)- De l'Augustinisme [4] par P. André Borrely


"En ce 21ème siècle, il suffit d'ouvrir son poste de télévision pour savoir que notre humanité est âgée au minimum de 200.000 ans et que si l'on s'entête à vouloir lire les onze premiers chapitres du livre de la Genèse, comme si c'étaient des livres historiques, on se ridiculise en effectuant, sans s'en rendre compte, un saut vertigineux de quelque 190000 ans entre ceux qu'en grec on appelle les πρωτόπλαστοι, c'est-à-dire, littéralement ceux qui furent les premiers à être modelés, Adam et Ève, et leurs descendants immédiats dont il est question ensuite dans les passages du livre de la Genèse rédigés par ce qu'on appelle le Priester Codex, ou la source sacerdotale, ou encore le chroniqueur généalogiste, alors que l'histoire d'Adam et d’Ève appartient à la source yahviste ou document J. Dès lors, si l'on veut que la Révélation de Dieu à l'humanité soit intelligible à nos contemporains, nous devons commencer par tenir compte du genre littéraire auquel appartient le livre biblique dont on vient de lire, à l'église, tel ou tel extrait et que l'on a choisi de commenter. 
Que dirions-nous de quelqu'un qui se mettrait en quête de l'acte de baptême de Dimitri et d'Ivan Karamazov, ou songerait à faire des recherches sur le curé d'Ambricourt auprès de l'évêque d'Arras ou de Lille ? Autrement dit, il est stupide de faire des livres de Jonas, de Tobie, de Job et de Daniel ou bien des onze premiers chapitres du livre de la Genèse des textes historiques qui appartiendraient au même genre littéraire que les deux livres de Samuel, les deux livres des Rois ou le premier livre des Maccabées. Quand ils mangent du fruit défendu, Adam et Eve ne sont ni David ni Bethsabée. Adam et Eve ne sont pas Monsieur Adam et Madame Eve. Vouloir à tout prix chercher dans la Bible une protohistoire, une astronomie ; une géographie compatibles avec nos actuelles connaissances scientifiques, sous prétexte que la sainte Ecriture est l'œuvre divino-humaine du saint Esprit et de l'homme, c'est méconnaître gravement le fait qu'il n'y a pas erreur lorsqu'il n'y a pas enseignement, mais seulement opinion, voire acceptation non contrôlée de conceptions universellement répandues, lorsque l'affirmation incriminée n'est erronée qu'à un point de vue complètement étranger au centre d'intérêt effectif de l'écrivain, centre d'intérêt que l'on doit lui-même apprécier en fonction des lecteurs auxquels il s'adresse. Il m'est arrivé d'entendre tel membre du clergé orthodoxe soutenir l'historicité de Jonas avec, comme argument majeur, le fait que, dans l’Évangile, le Christ se réfère à ce personnage comme à un personnage historique. Mon interlocuteur oubliait simplement que, pour être en droit de reprocher à quelqu'un de ne pas s'être exprimé sur un sujet avec exactitude, il faut qu'il ait eu l'intention et le devoir de le faire, compte tenu des préoccupations de ses contemporains. 
Les onze premiers chapitres du livre de la Genèse ne sont pas des livres historiques mais mythiques. Et qu'on n'aille pas entendre ici le mot mythique en un sens péjoratif. Le langage mythique est un effort entrepris par l'imagination humaine, non point pour exprimer mais afin d'évoquer, pour suggérer de manière très concrète, imagée, symbolique, des vérités d'ordre métaphysique. Alors que nous, hommes et femmes du 21ème siècle, nous forgerions des idées abstraites et générales telles que condition humaine, libre-arbitre, culpabilité, transcendance, humanité, les hommes de la Bible, qui sont des sémites et appartiennent à une culture fondamentalement sapientielle, préfèrent le symbole nécessairement concret, au concept inévitablement abstrait. Ils vont donc inventer une histoire qu'il ne faut surtout pas prendre pour historique.

Le ou les auteurs du récit de la chute ont voulu nous dire : Voilà ce qu'était l'humanité pour Dieu quand il créa le monde, et voilà ce qu'elle est en fait

Or, saint Augustin et tout le monde chrétien, Orient et Occident confondus sur ce point - et encore un certain nombre de nos textes liturgiques - ont très longtemps traité le thème de la chute originelle comme s'il s'était agi de Monsieur Adam et de Madame Ève. Mais alors, comment continuer de présenter une théologie du péché originel qui a pu faire dire au professeur Willy Rosenbaum : la vie est une maladie sexuellement transmissible et constamment mortelle. Tout être humain, a-t-on longtemps enseigné, vient au monde en état de péché du seul fait qu'il appartient à la descendance de Monsieur Adam et de Madame Ève.

La théologie augustinienne du péché originel va se répandre comme une traînée de poudre dans tout l'Occident chrétien. Poursuivant ma parabole ferroviaire, je serais tenté de dire qu'après la gare de la Blancarde, l'omnibus s'emballe en direction de Nice à la vitesse d'un TGV, ce qui ne va pas sans un certain nombre de déraillements. Ce qu'on appelle le mouvement œcuménique évoque alors ces équipes d'ouvriers travaillant sur la voie ferrée, l'un d'eux signalant avec un cor ou une trompette le passage imminent d'un convoi. Plus précisément, le mouvement œcuménique me fait songer à une équipe d'ouvriers de la SNCF qui ne parviendraient pas à rétablir le trafic après une ribambelle de déraillements. Afin d'expliquer le fait scandaleux de la mort, parfois atroce, des enfants, saint Augustin croit pouvoir apaiser sa faim et sa soif de comprendre en se référant au péché originel et en inventant les limbes. Un enfant mort-né et innocent, que le vicaire de la paroisse en route pour le domicile n'a pas eu le temps de baptiser parce que sa vieille voiture a un problème de boîte de vitesse, cet innocent ira en un lieu situé entre l'enfer et le paradis, duquel la souffrance est absente, mais qu'y a-t-il de moins chrétien que l'idée selon laquelle l'homme pourrait n'être pas malheureux lors même qu'il vit en dehors de la présence de Dieu? Une ecclésiologie statique qui limite l'Eglise à ses limites visibles, institutionnelles et conceptualisables aboutit alors à l'idée selon laquelle seul un baptisé peut espérer obtenir la rédemption.
Voici plutôt le discours qu'il convient de tenir à nos contemporains, non point, certes, pour les caresser dans le sens du poil, pour être dans le vent, mais parce que c'est la foi de l'Eglise indivise : la mort et le péché sont anormaux et contre nature pour l'homme créé à l'image de Dieu et pour lui ressembler. Ce qui est normal pour l'homme, naturel, au sens de conforme à sa nature véritable, c'est d'être entièrement ouvert et consentant à l'action divine et divinisante, à la déification. Le fait que l'homme soit une créature est la cause de son imperfection et de sa possibilité de déchoir. En revanche, la déification signifie la plénitude de la nature humaine. Parce qu'il est créé à l'image de Dieu et pour lui ressembler, tout en étant créature, c'est-à dire imparfait et capable de déchoir, l'homme est accessible à la déification.

L'homme n'est pas un centaure dont la bestialité serait couverte par la grâce, par la sur-nature, par un don divin surajouté à sa nature. Et si l'on s'écarte de cette façon de comprendre l'homme, on ne comprend plus comment le Fils unique engendré du Père, le Λόγος a pu s'incarner en une humanité qui, par sa nature, ne lui serait pas conforme, qui ne serait pas préconstruite pour le recevoir. Le Verbe s'est fait chair ne signifie pas qu'il s'est fait centaure, mais homme ! L'humanité que le Fils ne Dieu a épousée fut une humanité qui, dès lors qu'elle était de part en part pénétrée par la divinité, put révéler sa capacité à n'être pas bestiale, concupiscente, mortelle. Et si l'humanité du Christ fut celle-là, ce ne fut pas seulement en raison du fait que le Christ ne commit jamais aucun péché personnel, mais en raison de la nature même de cette humanité pleinement capable de divinisation. L'homme tel que le Créateur l'a pensé de toute éternité et l'a finalement manifesté en son Fils devenu l'un des hommes, cet homme n'est ni concupiscent ni mortel. Si le Christ est mort c'est qu'il a voulu mourir, et il n'a pu mourir que d'une mort violente, non naturelle."(à suivre)

(article paru dans la revue "Orthodoxes à Marseille" n°134 de déc.-janv. 2010-2011
et retranscrit par Maxime le minime avec la permission de Père André Borrely)

ST BENOÎT


Apolytikion Plagal du ton 4

L'image de Dieu, a été fidèlement préservée en toi, ô Père.
Car tu t'es chargé de la croix et tu as suivi le Christ.
Par tes actions tu nous as appris à regarder au-delà de la chair car elle passe,
et à nous préoccuper plutôt de l'âme qui est immortelle.
C'est pourquoi, ô Saint-Benoît, ton âme se réjouit avec les anges.

Kondakion du ton 4

O soleil qui brilles avec l'éclat du Soleil levant mystique,
 toi qui as éclairé les moines des terres de l'Ouest,
tu portes dignement le nom de béni ; 
purifie-nous parfaitement de la souillure des passions
 par la sueur de tes illustres accomplissements,
 car nous te crions  : Réjouis-toi, trois fois bienheureux Benoît.

+++


 A l'Ouest St Benoît est fêté le  11 juillet



 voici une hymne extraite de l'office de Vêpres qui lui est consacré




dimanche 13 mars 2011

"LE SCHISME ne fut pas d'ordre essentiellement conceptuel, mais existentiel"- De l'Augustinisme [3] par P. André Borrely

Une parabole ferroviaire

Losrsqu'à Marseille, à la gare Saint-Charles, vous montez dans un train sans interrompre la lecture du roman policier qui vous captive, il peut vous arriver de vous demander si vous n'avez pas fait erreur en montant dans ce train plutôt que dans celui qui sur le quai d'à côté est lui aussi sur le départ: est-ce bien le train qui, passant par Arles, Avignon et Valence m'amènera à Lyon où je désire me rendre? Ou bien est-ce celui qui, passant par Aubagne et Toulon me conduira à Nice où je n'ai rien à faire? Durant quelques centaines de mètres parcourus lentement par les trains au départ, ce doute est concevable; mais, si vous vous êtes trompé de train à cause de Simenon, avant même d'arriver à la gare de la Blancarde vous aurez compris que le train aiguillé en gare de Marseille, se dirige vers Nice et non pas vers Lyon. Et si le train est un express, il vous faudra aller jusqu'à Toulon d'où vous devrez revenir à Marseille et là fermer enfin le roman de Simenon. Je propose cette parabole parce qu'elle me paraît susceptible d'expliquer l'embarras des Orthodoxes devant l'évêque d'Hippone. Quand un couple échoue et se sépare, le divorce prononcé par le juge n'est que l'aboutissement d'une période, parfois très longue, au cours de laquelle l'amour, telle une plante que l'on n'a pas arrosée, a fmi par se dessécher et mourir. Le, la, ou les responsables de la négligence ont commencé parfois depuis des années, voire des décennies, à assoiffer ou à affamer l'amour. Saint Augustin meurt avant que le train passe en gare de la Blancarde, mais nous qui sommes arrivés à Aubagne, Toulon, Saint Raphaël, Cannes ou Nice, nous savons ce que ne pouvait prévoir l'évêque d'Hippone. Celui-ci ne pouvait prévoir que de lui, de son œuvre sortiraient des fils et des petits-fils compromettants, voire très compromettants. Mais la responsabilité d'Augustin fut tout de même engagée en ce sens que ne seraient jamais sortis des flancs d'un Basile, d'un Maxime le Confesseur ou d'un Grégoire Palamas, non seulement Luther et Calvin, Baïus et Jansénius, mais aussi Thomas d'Aquin et Descartes, Malebranche et Leibniz, et Pascal qui, dans l'affaire de Port-Royal et la querelle janséniste, restera fidèle jusqu'au dernier moment à la doctrine augustinienne. Sans l'avoir voulu, sans avoir pu le prévoir de nombreux siècles auparavant, l'évêque d'Hippone fut, pour l'Occident chrétien, une source. On n'insistera jamais assez sur ce fait fondamental que le schisme qui a séparé l'Occident de l'Orient chrétien ne fut pas d'ordre essentiellement conceptuel, mais existentiel. Ce qui nous sépare, désormais, ne s'apprend pas dans les livres, c'est un mode d'existence différent, une manière différente d'expérimenter la vie en Christ. Et si le mouvement œcuménique tourne en rond, c'est parce qu'on méconnaît complètement cela qui est pourtant le fond du problème. Nous vivons désormais dans une société où le discours chrétien ne prend plus, dans le sens où on dit d'un vaccin ou d'une greffe qu'ils ont ou n'ont pas pris.
Et les chrétiens engagés dans le dialogue œcuménique devraient réfléchir, plus qu'ils ne le font, sur les causes qui ont engendré cette culture athée. Nietzsche était né dans une famille de pasteurs luthériens, Feuerbach avait commencé par faire des études de théologie. Renan avait été séminariste à Saint-Sulpice. Le petit père Combes avait entrepris une préparation à la carrière ecclésiastique, se plongeant notamment dans les œuvres, devinez de qui... de s.Augustin! Et, en remontant dans le temps, notamment sous la Révolution et le premier Empire : Sieyès était entré au Séminaire de Saint-Sulpice, ordonné prêtre sans vocation, Vicaire Général de Chartres à la veille de la Révolution à laquelle il se rallie, et fait une carrière politique sous le Directoire, le Consulat et l'Empire; Talleyrand fut évêque d'Autun sans vocation avant de quitter l'Eglise ; Fouché avait reçu les ordres mineurs avant de devenir conventionnel, et il serait facile, hélas, de continuer la liste jusqu'à Joseph Staline !" (à suivre)

(article paru dans la revue "Orthodoxes à Marseille" n°134 de déc.-janv. 2010-2011
et retranscrit par Maxime le minime avec la permission de Père André Borrely)



                   

vendredi 11 mars 2011

Le merveilleux miracle de Sainte Marina


Il y a quelques années, en 2000, la famille Vassiliou de Limassol à Chypre, a reçu la grâce du miracle qui suit : En Grèce, cette famille était bien connue pour avoir fait à la télévision la demande d’un donneur pour leur jeune fils André, qui souffrait d'une leucémie. Un donneur s’est fait connaître et les parents ont commencé à préparer leur voyage pour le Texas, aux Etats-Unis où devait s’effectuer la greffe de moelle osseuse. En attendant, ils ont aussi prié et supplié Jésus-Christ de sauver leur enfant. Avant leur départ pour les États-Unis les parents ont entendu parler de miracles de Sainte Marina et ils ont contacté le monastère de Sainte Marina situé sur l'île d'Andros en Grèce pour demander sa bénédiction. Le Père spirituel du monastère, l'archimandrite P. Cyprien a promis qu'il allait prier Sainte Marina. Il a donc demandé à Sainte Marina d’assister les parents pour aider Andrea dans la salle d'opération. Avec la bénédiction de Geronda Cyprien  et la ferme conviction que Sainte Marina leur viendrait vraiment en aide, la famille Vassiliou est allée aux USA.

Après les nécessaires examens pré-opératoires qu’André a dû subir, on l’a conduit en salle d'opération. Peu de temps avant le début de l'opération, une femme est venue voir le chirurgien qui devait opérer André. Elle a dit qu'elle était le médecin d’André et elle a demandé à être autorisée à assister au déroulement de l’opération. La conversation qui s’en est suivie a prouvé que la femme était vraiment médecin. Toutefois, le chirurgien a répondu que les médecins "de l'extérieur" n'étaient pas autorisés à être présents dans la salle d'opération et que la politique de son équipe médicale était qu'aucun médecin autre que ceux de l'équipe ne pouvait participer à ces opérations délicates. L'insistance de la femme cependant, a fini par convaincre le chirurgien de lui permettre de rester dans la salle d'opération. Mais auparavant, il lui a demandé de laisser ses coordonnées [sans doute, ses papiers d’identité] au bureau de l'administration. Le médecin inconnu a fait ce que l’on lui a demandé et elle est entrée dans la salle d'opération avec le chirurgien. Pendant l'opération, elle a donné plusieurs directives concernant le déroulement de la procédure. L'opération s'est bien passée et à la fin, le chirurgien a remercié la femme et a quitté la salle d'opération.

Les parents d'André ont aussitôt cherché à en savoir davantage sur les résultats de l’opération et le chirurgien a répondu que tout allait très bien, en ajoutant qu'il avait du mal à comprendre pourquoi ils lui avaient amené André alors qu’ils avaient un si bon médecin traitant. Les parents ont été surpris et ont répondu qu'ils n'avaient pas amené de médecin avec eux. Le chirurgien a insisté cependant. Il leur a aussi dit que quand il était sorti de la salle d'opération le médecin André y était resté un peu plus longtemps avec le reste de l'équipe de l’intervention et, que par conséquent, elle devait y être encore. Il leur a demandé de la chercher. La recherche, cependant, a été vaine, car il n’y avait nulle part de «femme médecin». Le couple Vassiliou en a donc conclu que ce devait être un médecin de Grèce ou de Chypre, qui avait décidé de voyager aux Etats-Unis pour contribuer à cette opération délicate. Ils ont exprimé le désir de savoir qui elle était pour être en mesure de la remercier, et selon la recommandation du chirurgien ils sont ensuite allés au bureau de l'administration pour demander ses coordonnées.

C'est avec une grande surprise qu'ils ont lu sur le registre que la femme inconnue avait signé du nom de "Marina d'Andros". Des larmes de gratitude et de joie ont alors rempli leurs yeux, lorsqu’ils se sont rappelé que l'Ancien au monastère leur avait dit qu'il voulait qu’André ait avec lui Sainte Marina dans la salle d'opération pour lui venir en aide. Les parents d'André ont ensuite partagé leur joie et leur gratitude avec les médias à la fois pour le bon déroulement de l’opération et la santé d'André retrouvée et pour le miracle qu'ils avaient reçu. La famille Vassiliou a fait le vœu que toute la famille serait présente au monastère de la Sainte chaque année pour le jour de la célébration de sa fête, le 17 Juillet, et Geronda Cyprien témoigne que la famille a fait le voyage annuel de Lemessos à Andros chaque été pour remercier Sainte Marina d’avoir sauvé André.

Le miracles accomplis par les saints n'ont jamais cessé de se produire dans l'Eglise orthodoxe. Par ces miracles, que notre Seigneur Jésus-Christ nous aide à construire notre foi !

Sainte Marina prie Dieu pour nous aussi !

mercredi 9 mars 2011

La solitude de l'évêque Augustin d'Hippone [3] par P. André Borrely

"Il y a une double solitude, une solitude à deux niveaux, de l'évêque d'Hippone.
  La première solitude est due au fait que s. Augustin est un Européen d'Occident. Il vécut à l'époque où commence à s'approfondir le fossé qui rompt l'unité de la civilisation méditerranéenne et finira par séparer jusqu'à nos jours l'Orient grec de l'Occident latin. Parce que la patrie d'Augustin est, de nos jours, terre d'Islam, les descendants actuels des compatriotes de l'évêque d'Hippone se sentent plus près du Caire, de la Mecque, voire de Karachi, ou, pour certains, de l'Afghanistan. Mais à l'époque de St Augustin, l'Afrique du Nord était une terre latine. La langue de culture d'Augustin et aussi sa langue maternelle, fut le latin. Certes le grec était inscrit au programme des écoles, mais Augustin s'ennuyait éperdument en classe de grec. Du grec il retint à peu près ce que nos bacheliers retiennent du latin. Que le futur docteur prestigieux de l'Occident chrétien n'ait pas réussi à apprendre le grec a été un échec catastrophique du système pédagogique de la romanité tardive. Pour ne prendre qu'un exemple, au moment où Augustin compose son traité De Trinitate, l'absence d'ouvrages rédigés en latin sur le dogme trinitaire était à peu près complète. Ce que Tertullien, Novatien, Foebade d'Agen, Hilaire de Poitiers et finalement Ambroise de Milan avaient publié pour expliquer le sens de la foi de l'Eglise en la divine Trinité, était très inférieur à ce qu'à la même époque avaient produit sur ce sujet s.Athanase, s.Basile, s. Grégoire de Nazianze, s. Grégoire de Nysse, Didyme. Or, ces ouvrages demeuraient en très grande partie inaccessibles aux Latins qui ne comprenaient plus le grec. Un tout petit nombre seulement de ces ouvrages avaient été traduits. La première solitude de s Augustin fut donc de pâtir de l'isolement qui, peu à peu, s'instaura entre l'Occident et l'Orient chrétiens. Et son second niveau de solitude se situe dans le fait que s. Augustin est un évêque et un théologien, un pasteur et un penseur auquel son génie, sa forte personnalité, son intelligence donnent une autorité et une supériorité écrasantes sur tous les évêques et théologiens latins de son temps, c'est-à-dire Ambroise de Milan (339-397), Léon le Grand (400-461), Prosper d'Aquitaine (vers 440), Jean Cassien (360-435), Paulin de Nole (355-431), Jérôme (347-420), Martin de Tours (316 ou 317-397), Hilaire de Poitiers (vers 315-367), Marius Victorinus (milieu du 4ème siècle). Et, un peu comme le pape commence à apparaître comme un évêque à part, de même, tandis que l'Orient d'alors compte beaucoup de grands théologiens parmi ses évêques", l'évêque d'Hippone apparaît comme un homme seul face à eux. Si donc, dans l'œuvre d'Augustin se rencontrent des théologoumènes (opinions théologiques privées, qui n'engagent pas l'Eglise une et sainte) qui n'engagent que lui et que les évêques d'Orient ne se sont jamais sentis tenus en conscience d'adopter, le poids de ces théologoumènes sera d'autant plus lourd et possédera d'autant plus la capacité de creuser un fossé entre l'Occident et l'Orient chrétiens. Et si l’œcuménisme actuel peut être considéré comme très en-dessous de la tâche qui devrait être la sienne, c'est essentiellement parce qu'on ne voit même pas que subsiste un fossé qui, dans ces conditions, a encore de beaux jours devant lui. Un Orthodoxe qui aujourd'hui, s'exprime en français est, si je peux dire, obligé de parler latin alors qu'en grec c'est souvent une autre théologie qui est exprimée. Quand il prononce les mots: absolution, ordination, Monseigneur, immaculée, péché originel, etc. il parle latin et court alors souvent le risque de penser aussi en latin, c'est-à-dire selon les présupposés de la théologie occidentale que l'Orthodoxie n'a jamais prise en charge Si donc c'est la recomposition de l'unité doctrinale des chrétiens qu'on recherche, il faut remonter jusque-là dans le passé de l'Eglise."(à suivre)

(article paru dans la revue "Orthodoxes à Marseille" n°134 de déc.-janv. 2010-2011
 et retranscrit par Maxime le minime avec la permission de Père André Borrely)

lundi 7 mars 2011

La sainteté de l'évêque Augustin d'Hippone embarrasse les Orthodoxes [2] par P. André Borrely


"Pour nous préparer à examiner les points sur lesquels nous avons tous à nous convertir, ouvrons le Grand livre d'Heures du P. Denis Guillaume (Diaconie apostolique, 1989), et parcourons l'index alphabétique des saints vénérés par l'Eglise orthodoxe. Et voilà que St Augustin est absent ! Si nous consultons la table alphabétique générale contenue dans le sixième tome du Synaxaire. Vies des Saints de l'Eglise orthodoxe dont l'adaptation française est l’œuvre du hiéromoine Macaire du monastère athonite de Simonos-Petras (1996), nous finissons bien par trouver St Augustin mais d'une telle manière que nous nous posons la même question qu'en constatant son absence dans le Grand livre d'Heures de Denis Guillaume. Car, à la date du 15 juin, nous avons d'abord le prophète Amos, ensuite des disciples de saint Paul, puis un certain nombre de martyrs; l'archevêque Siméon de Novgorod ; trois higoumènes; le prince de Serbie Lazare, deux patriarches de Serbie; les néo-martyrs de Serbie; puis St Jérôme et en tout dernier lieu, Augustin, évêque d'Hippone. Quand on sait la place considérable qu'a occupée St Augustin, quand on songe que son génie exerça sur ses contemporains une véritable fascination qui dure encore', le fait qu'il ne soit mentionnée qu'en tout dernier lieu fait ici problème autant que son absence chez le p. Denis. Je ne connais aucune église orthodoxe placée sous le patronage de saint Augustin. Dans le Calendrier du Patriarcat Œcuménique pour 2010 (p. 909), qui publie la liste de tous les métropolites du Trône œcuménique, seul le métropolite d'Allemagne porte le nom d'Augustinos. Toujours selon le même ouvrage, aucun évêque auxiliaire du Trône ne porte actuellement ce nom. En 27 ans de ministère, je n'ai jamais eu à baptiser un Augustin et je ne me souviens pas d'en avoir rencontré parmi les Orthodoxes nés de parents originaires des pays de tradition orthodoxe. En outre, si l'on rencontre l'expression saint Augustin, on trouve aussi le bienheureux Augustin ou tout simplement Augustin. Lorsqu'il s'agit de l'évêque d'Hippone, il y a donc, dans le monde orthodoxe, un embarras que je voudrais tenter d'expliquer."(à suivre)
(article paru dans la revue "Orthodoxes à Marseille" n°134 de déc.-janv. 2010-2011
 et retranscrit par Maxime le minime avec la permission de Père André Borrely)
 

LUNDI PUR : Recette du pain de Carême : la LAGANA (Λαγάνα)


                                                                               BON CARÊME à TOUS !
Recette extraite du site http://paris-athenes.blogspot.com/

Ingrédients :

Pour 4 laganes moyennes :
(Dans le cas ou vous utilisez une map, pensez à réduire un peu les proportions : 1 kilo de farine, ça risque de déborder un peu)
entre 500 et 600 ml d'eau (40ο)
2 càs d'huile
1 kilo de farine
1 sachet de levure sèche (2 càs)
2 càs de sucre
2 càc de sel
graines de sésame




Préparation :

Si vous avez une map, mettez tous les ingrédients dans l'ordre et démarrez le programme pâte (1h30 environ).
La sortir et en faire 4 balles.

Sinon, mélanger la farine avec le sel.
Faire un puits et y verser les autres ingrédients.
L'eau doit être ajoutée petit à petit.
Pétrir une dizaine de minutes.
Faire 4 balles, en huiler la surface et les laisser à couvert doubler de volume.

Dans les deux cas :
Etaler au rouleau à pâtisserie chaque balle sur un plan fariné, pour obtenir des plaques d'1 cm.
Déposer chaque pain sur une plaque sur du papier sulfurisé.
Laisser doubler de volume à couvert.
Avec le doigt, faire des trous.
Badigeonner d'eau et saupoudrer de graines de sésame.

Enfourner une quinzaine de minutes à 200°.
Elles doivent être très claires !


samedi 5 mars 2011

"Effectuer un retournement de l'intelligence et du cœur, en changeant de mentalité théologique" à propos du Bienheureux Augustin [1] par P. André Borrely

icône de Philippe Grall de l'atelier Saint André
Le bienheureux Augustin

"Pour redonner au mouvement œcuménique le tonus spirituel qui lui manque, les chrétiens ont à concilier deux exigences. D'une part, ils ne devraient œuvrer pour recomposer l'unité perdue que s'il est bien établi à leurs yeux qu'être chrétien c'est, nécessairement adhérer au dogme trinitaire, et confesser sans ambiguïté la filiation divine et donc la résurrection de Jésus-Christ. Secondement, les chrétiens soucieux de mettre le mouvement œcuménique dans la bonne direction, devraient prendre la conscience la plus vive du fait que l'agnosticisme ou l'athéisme de toute notre modernité a de profondes racines dans une certaine présentation très répandue du christianisme. L'homme moderne ne peut plus accepter qu'on lui parle d'une certaine manière du péché, de la sexualité, du corps, de la liberté, de Dieu. Des causes ont provoqué en profondeur et pour très longtemps la rupture, tout d'abord entre l'Occident et l'Orient chrétiens, puis, à l'intérieur même de l'Occident, un schisme entre l'Eglise romaine et l'Extrême-Occident de la Réforme éclatée en un pullulement de communautés.
Ce sont les mêmes causes qui ont émietté le christianisme et qui donnèrent à l'homme moderne l'envie de le vomir. Nous devons consentir à effectuer un retournement de l'intelligence et du cœur, en changeant de mentalité théologique, en repensant de fond en comble tout ce qui dans la présentation qui fut faite du christianisme fut un prisme qui trop souvent a déformé la doctrine chrétienne d'une manière totalement inacceptable pour les hommes du 21ème siècle. Cessons de dramatiser le péché, de croire que son contraire est la vertu et non pas la foi et l'amour, de placer le droit et la loi plus haut que la miséricorde. Simone Weil (la philosophe) a parlé d'athéisme purificateur. Elle avait en vue ceux qui se font de Dieu une idée trop pure pour pouvoir confondre avec Dieu les caricatures qu'en ont faites ceux qui autour d'eux se disaient chrétiens. Il y a ceux qui croient croire et il y a ceux qui croient ne pas croire. Beaucoup de ceux qui, de nos jours, disent ne pas croire sont peut -être en réalité des hommes et des femmes à qui ne fut pas accordée la rencontre avec d'autres hommes et d'autres femmes qui croient, ce qui s'appelle croire. Si nous nous convertissons ainsi, non seulement nous rendrons notre vision chrétienne de l'homme accessible à l'homme d'aujourd'hui, mais nous parviendrons enfin à la réconciliation, simultanément doctrinale et ecclésiale. Il n'y a peut-être pas d'athées mais seulement des incroyants qui n'ont jamais rencontré la présence de Dieu dans l'existence même de ceux qui s'en réclament, des incroyants à qui il fut donné de ne rencontrer que des croyants nullement divinisés, et dont la façon d'annoncer l’Évangile n'a que trop longtemps défiguré le message du Christ et de l'Église."  (à suivre)
(article paru dans la revue "Orthodoxes à Marseille" n°134 de déc.-janv. 2010-2011
 et retranscrit par Maxime le minime avec la permission de Père André Borrely)

 œuvres complètes de St Augustin en ligne
 (traduites pour la première fois, sous la direction de M. Raulx, Bar-le-Duc, 1869)

lundi 28 février 2011

St ROMAIN de Condat


vitrail de la chapelle expiatoire de St Claude

Extrait de l'article qui lui est consacré sur WIKIPEDIA

Romain Yvart le boulonnais  était moine dans le Jura, fondateur de monastères et abbé. Il était le frère de saint Lupicin de Lauconne, moine et abbé comme lui. Il est né vers 390 et mort en 460. Il est fêté le 28 février1 2.
Saint Romain, né vers 390, est originaire d'Izernore dans le Haut-Bugey, non loin de Nantua, actuel département de l'Ain. Il reçut une éducation très soignée au monastère lyonnais d’Ainay, en ayant pour maître saint Sabinus. De pieux moines furent aussi ses modèles.
En 425, délaissant sa famille, il décida de se retirer comme ermite dans les montagnes du Jura. Il prit son chemin vers l'est, traversa de grandes forêts et finit par atteindre la Bienne. Il venait de trouver ce qui lui convenait : de la terre labourable, des arbres et du silence. À Condat (auj. Saint-Claude), il trouva refuge sous un grand sapin solitaire dont les branches épaisses formaient une sorte de voûte impénétrable à la pluie. En dehors de l’abri jaillissait une fontaine fraîche où il pouvait de désaltérer. Sa nourriture était constituée de baies sauvages. Il avait apporté une bêche et des graines.
Il ensemença ce désert et put bientôt vivre de ses récoltes. Il vécut là quelques années comme s'il était dans le désert égyptien de la Thébaïde. Son frère Lupicin vint le rejoindre quelques années plus tard. Ils priaient tous les jours en se prosternant contre terre et vivaient du fruit de leur labeur.
Pour leurs disciples, toujours plus nombreux, ils fondèrent vers 445 le monastère de Condat (Saint-Claude) et de Lauconne (aujourd’hui Saint-Lupicin), qu'ils gouvernèrent ensemble. Ils défrichèrent le plateau de Lauconne pour y cultiver la terre.
Romain et Lupicin étaient deux frères dont les cheminements spirituels et le caractère étaient fort différents, mais bien complémentaires. Plutôt que de s'opposer, ils unirent leurs différences, pour se rejoindre dans un même service de Dieu. Romain garda la direction de Condat et confia Lauconne à Lupicin. Romain était indulgent, doux et patient, Lupicin, sévère et intransigeant. Quand le relâchement s'introduisait à Condat, Lupicin reprenait les choses en main et rétablissait la discipline. Quand les moines de Lauconne commençaient à se décourager de trop de rigueur, Romain devenait leur supérieur, les faisant dormir et manger davantage, leur rendant bonne humeur et santé. La gloire de Dieu, dans les deux cas, y trouvait son compte.
Saint Romain et saint Lupicin avaient installé leur sœur Yole (Iola) comme abbesse de leur fondation pour moniales au monastère de la Balme, sur un rocher surplombant une combe pittoresque qui s'ouvre sur la rive droite de la Bienne, appelé ensuite Saint-Romain-de-Roche (aujourd’hui Pratz). Jusqu’à 125 religieuses occupèrent ce monastère. Âgé de 70 ans et sentant sa mort venir, Saint Romain vint rendre visite à sa sœur pour décéder au monastère de la Balme. C'est là qu’il fut enseveli en 460.
Ce monastère devint plus tard un simple prieuré d'hommes dépendant de l'abbaye de Saint-Claude. Celle-ci enleva les reliques au viie siècle pour en enrichir sa propre église. Pendant tout le Moyen Âge, il y eut des moines à Saint-Romain. En 1630, les religieux de Saint-Claude fuyant la peste se retirèrent dans la paroisse de Saint-Lupicin et tinrent le chapître à Saint-Romain.
L’œuvre séculaire des moines Romain et Lupicin a mis les fleurs du printemps, les moissons de l’été et les fruits de l’automne à la place des ronces d’autrefois.
Culte et tradition
Chapelle de Saint-Romain-de-Condat à Pratz
On fête saint Romain avec saint Lupicin le 28 février et localement saint Lupicin seul le 21 mars3.
Une procession très suivie a lieu le lundi de Pentecôte.
Chaque année, dans le cadre du festival de musique du Haut-Jura, des concerts sont donnés dans la chapelle de Saint-Romain, située sur la commune de Pratz.
De Condat à Saint-Claude
Après la mort, en 510, de son quatrième abbé, saint Oyand (Eugendus), le monastère de Condat prit le nom de ce personnage (Saint-Oyand-de-Joux). Puis à la fin du VIIe siècle, la renommée des miracles de saint Claude commença à éclipser celle de saint Oyand, mais ce n'est que vers le XIIe siècle que le monastère et la ville fondés par saint Romain prirent définitivement le nom de Saint-Claude.
Saint Romain et Saint Lupicin avaient installé leur sœur Iola comme abbesse de leur fondation pour moniales à La Balme ou La Baume, dans une combe pittoresque qui s'ouvre sur la rive droite de la Bienne, appelée ensuite Saint-Romain-de-Roche (aujourd'hui sur le territoire de la commune de Pratz, dans le canton de Moirans-en-Montagne).
C'est en effet là que fut enseveli saint Romain après sa mort en 460. Mais ce monastère devint plus tard un simple prieuré d'hommes dépendant de l'abbaye de Saint-Claude. Celle-ci enleva la relique au VIIe siècle pour en enrichir sa propre église.
Le lundi de Pentecôte, la chapelle de Saint-Romain est toujours le but d'un pèlerinage très populaire dans la région.
Romainmôtier
En 450, saint Romain fonda sur le versant oriental du Jura le premier monastère de l'actuelle Suisse, qui prit plus tard le nom de Romainmôtier (entre Orbe et Vallorbe, dans le canton deVaud) et qui dura jusqu'à l'introduction de la Réforme protestante, en 1536.
Références
La vie de Saint Romain et de Saint Lupicin (ainsi que de St Oyend) se trouvent dans l'ouvrage "Vie des Pères du Jura" aux Sources Chrétiennes N°142, Editions du Cerf (en vente à distance sur le site Internet des éditions du Cerf pour 56€, ouvrage de 554 pages).

samedi 26 février 2011

DEFINITIONS (ou caricatures) de L'ORTHODOXIE ?

Voilà quelques définitions de l'Orthodoxie qui m'ont été soufflées...devinez par qui ? Vous m'en direz des nouvelles...



• Est-ce que l’Orthodoxie est une identité acquise à la naissance de ses parents ou par nationalisation grâce à une demande avec constitution de dossier ou un mariage ?

• Est-ce que l’Orthodoxie est un bien que l’on possède qu’on l’ait acquis par héritage, ou en achetant des parts que l’on voudrait conserver jalousement ?

• Est-ce que l’Orthodoxie est un territoire dont on peut établir la carte, en dénombrer les habitants et fixer des frontières ?

• Est-ce que l’Orthodoxie est un musée qui expose d’antiques choses et d’archaïques reliquats d’une civilisation passée, objets de contemplation esthétique, de savantes études historiques, d’analyses structurelles synchroniques et diachroniques, de thèses sociologiques ou ethnologiques ?

• Est-ce que l’Orthodoxie est une idéologie historiquement datée dont les fondements peuvent faire l’objet d’une rigoureuse analyse épistémologique ?

• Est-ce que l’Orthodoxie est un ramassis de superstitions de plus qui encombre l’avancée malgré tout irrépressible des Lumières du progrès humain vers l’âge d’or ?

• Est-ce que l’Orthodoxie est un antique privilège de caste impériale qu’il faut abolir, maintenir ou restaurer ?

• Est-ce que l’Orthodoxie est une pathologie incurable jusqu’à présent dont la séméiologie est en cours de constitution afin de trouver enfin le traitement qui en débarrassera et en guérira ceux qui en sont encore atteints afin de prévoir une dangereuse pandémie éventuelle ?

• Est-ce que l’Orthodoxie est une organisation de type un peu 'has been'
à la recherche de parts de marché dans une époque où la clientèle de ce genre de produits religieux se raréfie et qui devrait faire des fusions de façon à renforcer et élargir ses structures pour augmenter et diversifier ses offres de service et faire face à la concurrence dont le marketing redoutable offre sans cesse de nouveaux produits de plus en plus attrayants pour la mentalité des consommateurs contemporains?

• Est-ce que l’Orthodoxie est un club de supporters fanatiques, victimaires et revanchards passant leur temps en vaines querelles byzantines dépassées dont plus aucune personne sensée ne se préoccupe aujourd’hui ?

Connaîtriez-vous quelqu’un de mal intentionné – bien sûr n’est-ce pas ? – qui penserait la moindre chose de ce qui vient de constituer le questionnement qui précède ? Ce serait bien sûr avec une joie non dissimulée que je lirais vos commentaires sur tout cela…

Bien sûr, vous vous en doutez, j'ai ma petite idée sur la réponse... que je réserve pour un message prochain ...

"Tiens ton esprit en enfer et ne désespère pas." St Silouane l’Athonite

dimanche 20 février 2011

Le FILS PRODIGUE par Père John Chagnon

 "J'ai délaissé, insensé, la gloire paternelle et j'ai dissipé dans les vices le trésor qui me fut confié. Par la voix du Prodigue je crie vers Toi : J'ai péché contre Toi, ô Père des miséricordes, accueille-moi pénitent et traite-moi comme l'un de tes serviteurs..."
[Kondakion du DIMANCHE DU FILS PRODIGUE (9e dimanche avant Pâques) -mode 3) ]

"Je regarde les gros titres flash à la télévision et j’écouter les récits d'un monde qui a mal tourné. Et en même temps que je le fais, je sais pourquoi il en est ainsi, non pas parce que je possède une connaissance supérieure, mais plutôt parce que la sagesse de Jésus a des échos à travers les âges. 

Nous sommes des prodigues, nous tous, moi le premier, et notre orgueil nous a amenés à accepter le mensonge sur qui nous sommes, ce qu'est la vie, et le but ultime des choses. Dans notre arrogance, chacun à notre façon, nous nous sommes débarrassés de tout ce qui nous a précédés et nous nous sommes débattus dans le monde remplis de nous-mêmes et confiants en nos réponses. Notre héritage précieux a été gaspillé en vie luxueuse et en prostituées de notre propre fabrication. 

Mais maintenant, l'argent est parti et nous nous rendons compte, comme le jeune homme dans cet évangile, que les amis du bon temps ne demeurent que pour la fête et s’évanouissent dans les vents brûlants de la famine. Lorsque les accessoires artificiels et fausses fondations sont emportés par le reflux de la vague nous tombons et nous nous retrouvons face à la réalité, travaillant dur pour presque rien, notre esprit commençant à comprendre avec nostalgie que ce que nous avions dédaigné égoïstement, une maison, un lieu, une relation, un père, nous manquent. 

Non, ce n’est pas dans une porcherie que notre cœur se retrouve, sans consolation, plein de nostalgie de ce que nous avons abandonné. C’est plutôt dans notre bureau, notre maison, sur ce tabouret derrière le bar où nous nous enterrons dans notre boisson, ou bien à un moment, où, seul, dans les petites heures de la nuit lorsque l’effet anesthésiant de la culture se dissipe et que nous nous retrouvons finalement seul avec notre douleur. Mais le moment vient, il est inévitable, et nous ne nous pouvons nous dérober. 

Certains d'entre nous arrivent à cet instant et y répondent avec encore plus de ce qui les a amenés à cet état. Nous choisissons alors de boire encore plus profondément à la même source dégoûtante qui nous a retourné l’estomac et a empoisonné notre vie. Nous espérons qu’encore plus d'excès, plus d'argent, plus de ce que nous désirons va enfin nous faire faire une percée décisive jusqu’à l'endroit où nous avons espéré que cela nous mènerait tous. Un verre de plus, une soirée de plus, une hypothèque de plus sur notre avenir, une injection de plus de ce dont nous ne pouvons nous passer, au diable le lendemain et à toute vitesse. C’est une recette de mort, corps, âme, culture et monde. 

Certains, cependant, entendront ces petites voix intérieures et seront inondés de la lumière et de la sagesse acquises de la douleur. Ils se diront à eux-mêmes : « Pourquoi suis-je en train de vivre de cette façon? » ce faisant, ils font le premier pas du long voyage du retour. Comme le jeune homme dans l’histoire de sagesse de Jésus, ils reviennent à la raison et à l'humilité avec l’espoir qu'il existe pour eux encore une chance dans l'endroit qu'ils avaient laissé derrière eux. Ils craignent le pire, mais espèrent le mieux et veulent saisir la chance d’au moins se rapprocher de l’endroit où ils vécurent autrefois à défaut de s’y retrouver. 

Ce qu'ils vont découvrir, c'est que même quand ils sont encore loin, même quand la maison n’est encore qu’un point dans le lointain, un accueil les attend. Même si nous cessons souvent de nous préoccuper de Dieu, même si nous affirmons souvent notre propre sagesse contre la sienne et que nous oublions même qu'Il existe, Il ne nous ne nous oublie jamais et qui plus est, Il ne cesse jamais de nous aimer et d'attendre notre retour. Alors que nous sommes encore à l'horizon, couverts de haillons et de la puanteur de notre folie, sales, Dieu nous attire à Lui et embrasse même nos ordures en nous accompagnant à la maison en toute sécurité. 

C'est pourquoi nous combattons nos passions et nos péchés. C'est pourquoi nous vivons cette vie chrétienne. C'est pourquoi nous jeûnons et prions et adorons et faisons l'aumône et cherchons à purifier nos tempéraments et à nous remplir d'une vive espérance. Cet amour que Dieu a dépeint pour nous avec tant d'éloquence dans les paroles de Jésus nous appelle à sortir de nous-mêmes, de notre égoïsme, d’un monde brisé et à revenir à la vraie demeure de notre cœur, que nous ayons erré loin ou même pas si loin d’elle. Cependant, même si nous sommes ce nous sommes devenus, pour nous et notre monde, il y a un moyen de revenir, si nous avons la sagesse de le voir et l'humilité de faire le premier pas, et quand nous le faisons, nous commençons à posséder la vie éternelle."
(version française de Maxime le minime

vendredi 18 février 2011

Sinner's Prayer : La prière du pécheur

C'est ça les paroles :
Lord have mercy, Lord have mercy on me.
Lord have mercy, Lord have mercy on me.
Well if I've done somebody wrong, Lord, have mercy if you please.
I used to have plenty of money, the finest clothes in town,
But bad luck and trouble overtaken me, bound to get me down.
Please have mercy, Lord have mercy on me.
Well if I've done somebody wrong, Lord, have mercy if you please.
Keep on working now, child.
Lord every morning.
Well if I've been a bad boy, baby, I declare I'll change my ways.
I don't want bad luck and trouble to follow me all my days.
Please have mercy, Lord have mercy on me.
Well if I've done somebody wrong, Lord, have mercy if you please.
Bon, ça n'a pas l'air  très orthodoxe, OK, ni du point de vue de l'expression ni du point de vue du contenu.
Ce n'est ni du Chant byzantin, ni du znamenniy raspiev, ni même du champ antique des Gaules, ni du chant guèze et puis on peut se demander si l'auteur du texte ne confond pas comme dans certain courant protestant (entre autres), la grâce de Dieu avec la réussite, la tranquillité et le bien être de cette vie dans ce monde. 
Mais on pourrait dire aussi que l'homme a bien besoin d'épreuves quelles qu'elles soient - en rapport avec sa situation présente bien sûr - pour faire retour vers Dieu et le supplier avec des Lord have mercy autrement dit Kyrie eleison et que, même s'il s'agit de tenter de retrouver un confort perdu, il s'agit tout de même de changer ses habitudes, de toute façon la miséricorde divine fait flèche de tout bois.


Bref voilà une petite préparation au Carême venant un peu différente de d'habitude et conforme à une infime partie de mes goûts musicaux :