Les lèvres mensongères font horreur à l'Éternel, tandis que ceux qui agissent avec fidélité lui sont agréables. Proverbes 12:22 «C'est ce qui sort de l'homme qui le rend impur. En effet, c'est de l’intérieur, c'est du cœur des hommes que sortent les mauvaises pensées, les adultères, l'immoralité sexuelle, les meurtres, les vols, la soif de posséder, les méchancetés, la fraude, la débauche, le regard envieux, la calomnie, l'orgueil, la folie. Toutes ces choses mauvaises sortent du dedans et rendent l'homme impur.» Marc 7:20-23 Un témoin fidèle ne ment pas, tandis qu’un faux témoin dit des mensonges. Proverbes 14:5 « Vous, vous avez pour père le diable et vous voulez accomplir les désirs de votre père. Il a été meurtrier dès le commencement et il ne s'est pas tenu dans la vérité parce qu'il n'y a pas de vérité en lui. Lorsqu'il profère le mensonge, il parle de son propre fond, car il est menteur et le père du mensonge. » Jean 8:44 Si les paroles distinguées ne conviennent pas à un fou, les paroles mensongères conviennent d’autant moins à un noble. Proverbes 17:7 « Écarte de ta bouche la fausseté, éloigne de tes lèvres les détours ! Proverbes 4:24 Craindre l'Éternel, c'est détester le mal. L'arrogance, l'orgueil, la voie du mal et la bouche perverse, voilà ce que je déteste. » Proverbes 8:13 « Pierre lui dit : «Ananias, pourquoi Satan a-t-il rempli ton cœur, au point que tu aies menti au Saint-Esprit et gardé une partie du prix du champ? […] Comment as-tu pu former dans ton cœur un projet pareil? Ce n'est pas à des hommes que tu as menti, mais à Dieu.»Actes 5:3-4Mais pour les lâches, les incrédules, les abominables, les meurtriers, les impudiques, les enchanteurs, les idolâtres, et tous les menteurs, leur part sera dans l'étang ardent de feu et de soufre, ce qui est la seconde mort.Apocalypse 21.8

mercredi 12 juillet 2017

De quelle union des Églises parlez-vous ? [2]

De quelle union des Églises parlez-vous Monsieur Gikas ? 

Le Filioque

par le professeur de Théologie de l'Université d'Athènes, Andreas Theodorou (†) 


Prof. Andreas Theodorou (1922-2004)


Selon la foi orthodoxe, l'Esprit Saint procède du Père seul et est envoyé dans le monde par le Fils afin de consolider l'œuvre de la rédemption accomplie par le Père à travers le Fils.
Sur ce point, saint Jean (15: 26) « Quand sera venu le Consolateur que je vous enverrai de la part du Père, l’Esprit de vérité qui procède du Père, lui, rendra témoignage de moi », est vraiment révélateur.
En conséquence, le présent "procède" se réfère à l'éternelle procession du Père, tandis que le futur «J'enverrai» se réfère à l'envoi temporel de l'Esprit (dans le monde), accompli par le Fils.

Cette croyance en la procession du Saint-Esprit du Père seul est donnée comme une confirmation infaillible par le symbole de foi de Nicée-Constantinople : «Qui procède du Père».

L'affirmation faite par les catholiques romains, selon laquelle le symbole de foi n'exclut pas explicitement la procession du fils ou sa redéfinition, est tout à fait négligeable.

En outre, tout le chœur des Pères grecs de l'Église confesse la procession du Saint-Esprit du seul Père, comme source de la Divinité, et que son envoi dans le monde se produit par le Fils.
Ainsi, saint Jean de Damas, le théologien dogmatique prééminent de l'Église, dans lequel aboutit la tradition dogmatique précédente, observe succinctement :

Le Saint-Esprit de Dieu [le Père], en tant que procédant de Lui, qui est aussi dit être l'Esprit du Fils, comme manifesté et communiqué à la création par Lui,
mais sans avoir son existence de Lui.
Cet acte de foi trouve son écho dans les livres dogmatiques les plus récents de l'Église orthodoxe. Dans cette troisième réponse [au théologien Luther de Tübingen], Le patriarche Jérémie II de Constantinople écrit :

En conséquence, aucun des enseignants de notre Église n'a dit que le Saint-Esprit procède du Fils, ou qu'il ait son existence du Fils, ou qu'il soit une émission du Fils, et aucun d'eux n'a jamais déclaré que le Fils est l'émetteur ou la cause de l'Esprit Saint. Tous proclament que l'Esprit est répandu, jaillit, sort, brille, est envoyé, est délivré et est donné par lui, sans ignorer que ces termes concernent la transmission des émanations.

Il est certainement vrai que dans l'enseignement de Saint Cyrille d'Alexandrie, il y a un certain manque de clarté concernant  la procession du Saint-Esprit (j'ai écrit un traité spécial à ce sujet). Une phrase maladroite de ce saint Père, qui a appelé l'Esprit "propre au Fils", a donné lieu à des controverses entre théologiens de son époque. Théodoret de Cyr  a fait la distinction suivante :

Si Cyril appelle l'Esprit "propre au Fils" en ce sens qu'il est co-naturel avec Lui et procède du Père, nous serons d'accord avec lui et reconnaîtrons son expression comme orthodoxe. Mais s'il utilise ce terme dans le sens où l'Esprit a son existence du Fils ou par le Fils, nous devrons répudier cette expression comme blasphématoire et impie.

M. Gikas (suivant en cela les opinions des catholiques romains) réfute cette vue complètement orthodoxe de Theodoret, qui était le théologien le plus important de l'école antiochienne de l'Église primitive, au motif que Theodoret a été condamné par le cinquième Concile œcuménique en tant que  nestorien (!), Ignorant le fait que ses écrits, et non sa personne, ont été condamnés, et pour d'autres raisons.

Maintenant, pourquoi Saint Cyrille dit-il que l'Esprit est «propre au Fils»? En raison de leur identité d'essence: "l'Esprit Saint procède de Dieu le Père, selon l'énoncé du Sauveur, mais Il n'est pas étranger au Fils".  Et: "ce qui provient de Lui [le Père] n'est pas étranger au Fils selon la définition de l'essence ".

Saint Cyrille n'enseigne pas le Filioque, et c'est en vain que les catholiques romains cherchent cette doctrine dans ses écrits.

Les formules verbales "est répandu" et "sort", selon lesquelles Cyrille caractérise la provenance de l'Esprit du Fils, ne se réfèrent pas à la provenance éternelle de sa propriété hypostatique (la procession), mais à son envoi dans le monde à un moment donné :
Et il est répandu, c'est-à-dire, provient de Dieu le Père comme d'une source, mais est accordé à la création par le Fils.

Enfin, M. Gikas attribue l'expression "à travers le Fils" à saint Grégoire de Nysse "dans le sens causal", c'est-à-dire que le Fils est cause de l'Esprit.
Il est vrai que l'exemple utilisé par ce Saint Père pour élucider le mystère de la procession du Saint Esprit tend à soutenir cette notion : c'est l'exemple des trois bougies dont la seconde reçoit sa lumière du premier et du troisième par la seconde, une fois que cette dernière a été allumée :
C'est comme si une flamme était divisée entre trois bougies, et que la cause de la troisième lumière soit la première flamme qui a allumé la dernière bougie  par transmission de celle du milieu.

Cependant, de l'enseignement plus général du Saint, il ressort que cette «médiation» du Fils n'est pas une médiation de l'essence, mais une médiation «conceptuelle». Dans la Divinité, il existe un ordre dans la Trinité, c'est-à-dire que les trois personnes sont énumérées de cette façon : d'abord, l'Un, puis
le second, puis le troisième (c'est-à-dire le Père-Fils-Esprit Saint). Le Père (le Premier) est conçu comme précédant le Fils (le Deuxième) logiquement, non temporellement, et le Fils (le Deuxième) est conçu comme précédant l'Esprit (le Troisième).
Le Père est donc conçu comme précédant le Fils,
Et à travers le Fils et cependant  avec Lui, le Saint-Esprit ... est conçu en étroite union, non subséquente à l'existence du Fils.
Ainsi, bien que les deux [autres] Personnes tirent leur existence du Père, le Fils, qui est logiquement considéré comme antérieur (à l'Esprit), est traité comme un intermédiaire entre le Père et l'Esprit, et l'Esprit étant connecté au Père à travers lui, comme un produit de l'essence du Père qui engendre le Fils, ou comme un produit de l'essence du Père, «qui est l'essence du Fils». Il est évident que dans la complexité de cette ligne de pensée, la préposition «à travers» n'a pas de signification dogmatique particulière. Ceci, en termes de base, est la vision orthodoxe de la question.

Mais pour l'Église occidentale, le Filioque n'est pas un problème doctrinal trivial ; C'est un dogme premier de foi. Tenant ce dogme de l'enseignement de saint Augustin, l'Église occidentale l'a adopté à un concile convoqué en 589 à Tolède, en Espagne, en ajoutant la phrase "et du Fils" au Symbole de Foi, en dépit des nombreuses réactions diverses en contradiction.
Après le schisme des Églises, l'Église occidentale l'a élevé à un dogme de foi (De Fide), en l'imposant comme vérité  pour la conscience croyante de l'Église et nécessaire au salut.

Par conséquent, dans la nature des choses, cette Église ne peut pas concilier le Filioque conceptuellement avec notre enseignement, pas plus bien sûr, que nos pouvons le concilier avec notre enseignement. L'affirmation qu'il n'y a pas de contradiction essentielle entre les deux doctrines et que les deux enseignent la même chose, mais qu'elles l'expriment de différentes façons, est, de notre point de vue, irréaliste.
(version français par Maxime le minime)

(À SUIVRE)
notes :

1. St. John of Damascus, “Homily on Holy Saturday,” §4, Patrologia Græca, Vol. XCVI, col. 605B.
2. John Karmiris,  Dogmatic and Credal Monuments of the Orthodox Catholic Church] (Athens: 953), Vol. II, pp. 482-483.
3. eodoretos of Cyrus, in St. Cyril of Alexandria, Twelve Chapters Against ose Who Dare to Defend the Doctrines of Nestorios, Patrologia Græca, Vol. LXXVI,
col. 432D.
4. St. Cyril of Alexandria, ibid., Patrologia Græca, Vol. LXXVI, col. 433B.
5. Idem, Epistle 39, Patrologia Græca, Vol. LXXVII, col. 8A.
6. See Panagiotis Trembelas, Dogmatic theology of the Orthodox Catholic Church] (Athens: 959), Vol. I, pp. 288-289.
7. St. Gregory of Nyssa, On the Holy Spirit, Against the Macedonians and the Pneumatomachi, Patrologia Græca, Vol. XLV, col. 308B.
8. St. Gregory of Nyssa, Against Evnomios, Book I, Patrologia Græca, Vol. XLV, col. 369A 
9. See Trembelas, Dogmatikae,Vol. I, p. 293; Chrestos Androutsos, Sumbolkiae [Dogmatic theology],
 

mardi 11 juillet 2017

Différences et réduction au même

À la lecture des pertinents commentaires de Claude (parus il y a déjà trois ans et qu'il est recommandé de relire) aux généreux (mais néanmoins rendant perplexe) conseils du Père Alexandre Siniakov* pour avancer sur le chemin de l'unité, publiés dans la série Témoins, le journal LA CROIX , il m'est apparu que l'on pouvait y ajouter quelques commentaires supplémentaires… dans la charité bien sûr.


"Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée…"



1. Ne vous laissez pas séduire par le confessionnalisme**
Le christianisme ne devrait pas être perçu comme une religion aux multiples formes confessionnelles, mais comme l’Église de Dieu. Unique corps du Christ ressuscité, elle est le signe du Royaume des cieux, où toutes choses seront réunies et où Dieu sera tout en tous (1 Co 15, 28). Ne nous satisfaisons pas de la situation présente, mais, même si cela paraît utopique, cherchons des moyens pour faire correspondre notre réalité à la volonté du Seigneur.

Oui, et à cet effet, pour aller jusqu’au bout du refus du confessionnalisme peut-être faudrait-il remettre en question l’utilité de votre séminaire qui n’a peut-être guère de raison d’exister dans un pays qui est déjà pourvu depuis des siècles en instituts de formation de son clergé chrétien. S’il s’agit de former un clergé orthodoxe pour les Russes uniquement, pourquoi donc le faire en France ? N’y en a-t-il pas suffisamment en Russie ?

2. N'ayez pas peur de pardonner
Nous avons du mal à admettre que les autres puissent changer. Nous entretenons donc le souvenir stérile des querelles anciennes. Pourtant, l’appel du Seigneur à pardonner est valable non seulement pour les personnes, mais aussi pour les communautés, pour les Églises locales. Ce serait tellement bien qu’il soit suivi littéralement !

N’ayez pas peur de pardonner à ceux qui vous remettent en question et qui pourraient revendiquer légitimement le droit de vouloir suivre une autre voie que celle que vous préconisez pour viser à demeurer fidèles à une foi qu’ils estiment plus authentique, plus conforme à celle des origines. Ne sont-ils pas chrétiens comme vous ? N’ayez pas peur de pardonner à ceux qui vous irritent avec leur zèle et que vous finissez par considérer comme vos ennemis… car Dieu ne nous commande-t-il pas d’aimer nos ennemis ?

3. Ne confondez pas la foi et ses expressions culturelles
L’unité de l’Église n’est pas l’unité du rite, de la langue ou de la culture religieuse. La pratique liturgique a évolué en permanence depuis les apôtres. Il n’y a pas de raison que cette évolution enrichissante s’arrête à une époque ou qu’elle se réduise à une seule de ses expressions historiques.

Oui, en effet, alors encore une fois pourquoi vouloir faire la promotion à des Français de rites qui leur sont étrangers ? Les Français chrétiens auraient-ils besoin d’expressions culturelles exotiques ? N’auraient-ils pas suffisamment de traditions et de « créativité » qui leur sont propres, dans leur langue et dans leur culture… ? Et vous, puisqu’il n’y a pas lieu de confondre foi et culture, pourquoi ne devenez-vous pas entièrement catholique et n’allez-vous pas simplement à la messe dans la paroisse de votre lieu d’habitation ? Pourquoi persister à vous différencier et vous distinguer d’une quelconque manière ?

4. Ne laissez personne instrumentaliser l'Église
La foi chrétienne ne doit pas servir des objectifs particuliers, aussi nobles soient-ils : nationaux, politiques, institutionnels, etc. L’instrumentalisation de l’Église par des États a causé de grands maux par le passé et continue à faire des ravages. Elle ne doit plus être possible !

Oui, en effet, mais qu’êtes-vous en train de faire en développant une confession chrétienne étrangère tout en prétendant que c’est la même chose que le Catholicisme ? Du marketing, de la politique, de l’entrisme comme Trotski ? Êtes-vous en train d’essayer de « vendre » quelque chose ? Dans l’intérêt de qui ?

5. Croyez dans l'amour sans limites de Dieu
Ne fixez pas de frontières à l’action de l’Esprit saint, n’inventez pas de limites à l’amour du Père céleste, car le Fils de Dieu est mort pour toute l’humanité. Aussi, comme le disait saint Silouane du mont Athos, il faut prier pour tous et désirer le salut de chaque personne. C’est ce que signifie la catholicité de l’Église.

Oui encore une fois, Dieu aime même ceux qui travaillent à installer la confusion dans les esprits dans tous les domaines, en œuvrant à l’abolition de toutes les différences : culturelles, sexuelles, religieuses, etc.… Tout étant dans tout et réciproquement. Dieu aime même ceux qui travaillent à transformer et formater chaque être humain en consommateur universel de biens imposés sur le marché avec la publicité adéquate et la préoccupation de varier la présentation des produits pour ne pas lasser le désir de consommer, et maintenir le consommateur à sa merci. Dieu aime sans exception tous les menteurs, les tricheurs, les faussaires, les manipulateurs, et pour finir les dictateurs mêmes. Qui a dit que Dieu n’aimait pas Staline? N’est-ce pas Staline qui n’aimait pas Dieu ?


*Recteur du séminaire orthodoxe Sainte-Geneviève, ce prêtre a tiré de sa jeunesse russe et de ses études chez les dominicains de Toulouse une grande ouverture. Aujourd’hui, il œuvre pour former ses pasteurs dans cet esprit œcuménique.
** Je ne suis pas sûr que le terme soit bien choisi eu égard à son sens premier,  sans doute faut-il l'identifier à une forme de "nationalisme" religieux…

La basilique du concile de Nicée retrouvée sous les eaux ?

Les vestiges de la basilique visibles sous l'eau. 

En Turquie, les vestiges d'une impressionnante construction religieuse ont été retrouvés immergés dans les eaux du lac d'Iznik. Selon les dernières hypothèses, il pourrait s'agir d'une basilique étroitement liée au concile historique de Nicée.

La découverte remonte à 2014, mais elle continue de nourrir les hypothèses et les débats les plus passionnés. Les vestiges retrouvés dans le lac d’Iznik — autrefois Nicée — dans la province de Bursa en Turquie, serait-il liés à l’événement considérable que fut le premier concile de Nicée qui se tint en 325 à l’initiative de l’empereur Constantin ? C’est en effet l’une des pistes sérieuses sur laquelle travaille historiens et archéologues depuis qu’une photographie aérienne a permis de découvrir ce qui ressemble bien aux fondations d’une basilique, reposant à 20 mètres des rives du lac d’Iznik par une profondeur inférieure à 2 mètres. Le bâtiment se serait effondré en l’an 740, lorsqu’un violent tremblement de terre avait ravagé cette région de Bythinie.
Selon le professeur Mustapha Sahin, qui dirige le département d’archéologie de l’université de Bursa, l’édifice aurait pu être construit sur le lieu où se serait déroulé en 303 — sous le règne de l’empereur Dioclétien — le martyre de Saint-Néophyte, un jeune chrétien de 15 ans livré au bête, décapité et jeté dans une fournaise par les soldats romains pour avoir refusé de sacrifier aux idoles. Mais d’après le chercheur, il semble plus probable que la basilique ait été construite dans la foulée du premier concile œcuménique de Nicée, réuni du 20 mai au 25 juillet 325, à l’initiative de l’empereur Constantin
[…]
Les passionnés d’histoire, d’archéologie et de plongée ne sauraient manquer désormais ce « spot » exceptionnel, d’autant plus que les autorités turques, tout en veillant à préserver ce trésor patrimonial, souhaitent proposer des possibilité d’excursions sous-marines et envisagent même de monter un musée immergé.



dimanche 9 juillet 2017

De quelle union des Églises parlez-vous ? [1]

De quelle union des Églises parlez-vous Monsieur Gikas ?

par le professeur de Théologie de l'Université d'Athènes, Andreas Theodorou (†) 

Prof. Andreas Theodorou (1922-2004)
Dans le journal Βήμα du 22 mars 1992, un article de M. Emmanuel Gikas, ambassadeur au ministère des Affaires étrangères, a été publié, intitulé «L’Union des Églises n’est pas une utopie». Par «Églises», l'auteur ne comprend que les catholiques romains et les orthodoxes. Au sujet des communautés protestantes, et particulièrement de l'Anglicanisme, il ne dit rien. 

Il est évident que M. Gikas a été incité à écrire cet article par le refroidissement récent dans les relations entre le Papisme et l'Orthodoxie eu égard à l'ingérence politique du Vatican dans les affaires de l'Orient chrétien et l'activité pernicieuse de l'Unia au détriment des orthodoxes. 

Assez curieusement, il ne fait aucune mention de l'Unia, qui constitue le modèle ecclésiologique de l'union, comme la comprend le Pape, et constitue une pierre d'achoppement pour les efforts unionistes. 
On peut se demander pourquoi. 

Il parle d'une manière plutôt superficielle des différences qui séparent les deux Eglises, propose ses interprétations personnelles et préconise des mesures concrètes qui, à son avis, rendront possible l'union. 
Il semblerait que M. Gikas n'ait pas un sens profond de la nature des différences dogmatiques sur lesquelles se fonde l'éloignement entre les Églises, ou, pour le moins, ne leur attribue pas une signification correcte. 
Pour l'Église catholique orthodoxe, au contraire, cette question est particulièrement importante. Toute déviation de sa foi traditionnelle est une hérésie. 
C'est quelque chose qui dénature sa raison d'être et son oeuvre de sanctification. Pour l'amour de sa vérité, l'Orthodoxie a mené des luttes ardentes, a combattu contre les hérésies et n'a pas l'intention de s'écarter même d’un iota des dogmes qui lui ont été transmis par les Pères. 

En lisant l'article de M. Gikas, on a l'impression que l'auteur souhaite être impartial, mais que, malgré cela, il envisage les problèmes d’un œil catholique plutôt qu' orthodoxe et qu'il a une propension à une vision œcuméniste des choses; c'est-à-dire un certain minimalisme dogmatique et une tendance à relativiser, compromettre et brader les vérités divines de la foi. 


***

Mais examinons ces questions plus en détail.

Lorsqu'il expose ses thèses au début, M. Gikas écrit que «le Filioque est considéré à tort par certains comme divisant les Églises», C'est-à-dire qu'il constitue une différence insignifiante, ou plutôt, ne constitue en aucune façon une différence entre les Églises divisées, et il insinue que les nombreux conflits, les nombreux différends et la volumineuse littérature théologique consacrée à cette controverse créée des deux côtés sont devenus avec le temps une pure « bagatelle»!

Nous sommes désolés, mais nous ne pouvons pas accepter les points de vue exprimés par M. Gikas. Selon l'enseignement dogmatique orthodoxe, le Filioque n'est pas un simple théologoumène, c'est-à-dire une question de jugement théologique indépendant, que l'on peut accepter sans conséquences dogmatiques plus profondes (sans être considéré comme hérétique), mais une distorsion totale du Dogme de la foi concernant la sainte Trinité. Si nous acceptons que le Saint-Esprit procède également du Fils, nous détruisons l'ordre de la Trinité, confondons les propriétés hypostatiques des Personnes, inaltérables et incommunicables, et abolissons la monarchie dans la Divinité, c'est-à-dire que le Père est la source de la divinité, dont les deux autres personnes de la Trinité reçoivent leur existence, le Fils par la génération éternelle, et l'Esprit par procession; Et, enfin, la dignité de l'Esprit qui convient à  Dieu est diminuée et son œuvre sanctifiante et déifiante est dénaturée. Pour ces raisons, le Filioque est, pour nous, une hérésie trinitaire absolue qui détruit le concept du Dieu chrétien. L'Église catholique orthodoxe l'a toujours vue en tant que telle et a lutté contre elle.

(À SUIVRE)

samedi 8 juillet 2017

Ana Palanciuc - Représentations cosmologiques et eschatologiques à Byzance


Transmission du Centre Dumitru Staniloae, Paris, le mercredi 10 mai 2017: Ana Palanciuc - Représentations cosmologiques et eschatologiques à Byzance. Séminaire 2e cycle, Cours n° 3.

A) Byzance entre Orient et Occident – Les mosaïques byzantines d’Italie. Venise et les thèmes eschatologiques de la basilique Saint-Marc.

B) L’art comnène et tardo-comnène. La peinture monumentale de Nérézi, Monreale, Kurbinovo (Macédoine yougoslave, fresques de 1191), Lagoudéra (Chypre) (XIIe-XIIIe s.). Analyses de manuscrits enluminés cosmologiques circulant à Constantinople dans le deuxième tiers du XIIe siècle : les deux versions des Homélies de Jacques de Kokkinobaphos, at. Gr. 1162 et Paris. Gr. 1208.

jeudi 6 juillet 2017

La conspiration des riches

Thomas More
«Quand je reconsidère ou que j’observe les États aujourd’hui florissants, je n’y vois, Dieu me pardonne, qu’une sorte de conspiration des riches pour soigner leurs intérêts personnels sous couleur de gérer l’État. Il n’est pas de moyen, pas de machination qu’ils n’inventent pour conserver d’abord et mettre en sûreté ce qu’ils ont acquis par leurs vilains procédés, et ensuite pour user et abuser de la peine des pauvres en la payant le moins possible. Dès que les riches ont une fois décidé de faire adopter ces pratiques par l’État — qui comprend les pauvres aussi bien qu’eux-mêmes — elles prennent du coup force de loi. Ces hommes détestables, avec leur insatiable avidité, se sont partagé ce qui devait suffire à tous; combien cependant ils sont loin de la félicité dont jouissent les Utopiens!» 


Thomas More, L’Utopie.
cité par ANTIPRESSE

mercredi 5 juillet 2017

Folie du siècle

Mais tout passe. ...

Sexe : "Inconnu" … On n'arrête pas le progrès

«Sexe : Inconnu» : le Canada délivre un document officiel non-genré à un nouveau-né

«Sexe : Inconnu» :  le Canada délivre un document officiel non-genré à un nouveau-né
Une carte de sécurité sociale un peu spéciale a été remise au parent d’un jeune enfant canadien. Grâce à l’insistance de son géniteur, celle-ci mentionne en effet «inconnu» en face de la ligne correspondant au sexe du détenteur du document.
Kori Doty est un parent transgenre, qui se bat pour que le sexe de son enfant ne soit pas mentionné sur son certificat de naissance, ni sur aucun autre document délivré par le gouvernement.
«Je dirai que je ne sais pas encore, que rien ne presse pour coller ce type d’étiquette sur un gamin. Il ne s’agit pour l’instant que d’un enfant», répond Kori Doty quand on lui demande des détails sur le sexe de sa progéniture.
Le transgenre canadien aurait accouché de Searyl à la maison d’un proche au mois de novembre, le nouveau-né n’a donc pas été enregistré auprès des autorités médicales. Quand le nourrisson a été déclaré auprès de l’Agence des statistiques démographiques, Kori Doty a inscrit «inconnu» pour déterminer le sexe de son enfant, au lieu des traditionnels «masculin» ou «féminin». L’agence a accepté cette inscription, mais a refusé de délivrer un certificat de naissance à Searyl, l’indication du genre du récipiendaire étant péremptoire pour l’obtention du document.
© Kori Doty / Facebook
Le parent de l’enfant a alors fait appel de cette décision, d’après le Vancouver Sun, et a contre toute attente reçu une carte des services de Colombie britannique, dépourvue de notion de genre.
«Je ne détermine pas le sexe de mon enfant», a fait savoir Kori Doty dans un communiqué. «Ce sera à Searyl de décider, de développer son identité sexuelle quand le temps sera venu», a-t-il ajouté, avant de lancer : «Je ne vais pas dévoiler ses choix en me basant sur la détermination du sexe après la simple inspection de ses organes génitaux.»

Il ne s’agit pas d’un cas isolé, des précédents ont été observés dans d’autres provinces canadiennes. L’Alberta autorise à mettre un X pour qualifier le sexe d’une personne – en lieu des M et F – sur les certificats de naissance et autres documents gouvernementaux. Dans l’Ontario, le genre neutre est autorisé pour les cartes de sécurité sociale et les permis de conduire et devrait être étendu aux certificats de naissance en 2018. (source)

À quand la fête des donneurs de sperme ?

sur le site CAUSEUR

PMA pour toutes: l'adieu au père

La PMA pour tous à l’ordre du jour. La belle affaire. Dans la pure lignée du hollandisme, le « sociétal » enfume (déjà) le politique. Et le « sociétal », c’est le désir (daisir, daisir, vous dites daisir!) enfin libéré de la loi mais pas de la séduction électorale. Et pour cela rien de tel que d’édicter une loi qui rendrait caduque l’ancienne un peu trop rapidement indexée à celle du père, horrible et désuet phallocrate machiste. Exit le père donc, puisque pour la fécondation il suffit de quelques spermatozoïdes bien choisis. Les pères n’étant après tout, ou après coup, qu’une bande de donneurs de sperme.

La contingence de l’homme

Dont acte et vive la rêve-olution (ou ovulation si vous préférez),  c’est ce que le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) a bien compris. Non seulement il propose « l’ouverture » de la PMA – qui était réservée aux couples hétérosexuels infertiles – aux lesbiennes en couple, mais à toute femme célibataire « pour pallier à une souffrance induite par une infécondité résultant d’orientations personnelles ». L’homme n’est décidément plus l’aiguille de la boussole de cette « orientation » qui, avec lui, exclut le père. CQFD !
Mais qu’est-ce que ce père, qui entraîne l’homme dans son sillage de désuétude, vient signifier, sinon sa vieille fonction de séparation et de fixation des limites qu’entérinait l’immémorial interdit de l’inceste? Rien d’autre que la levée fantasmatique de cet interdit socialement structurant, tant pour les couples que pour les enfants. Rien d’autre dans la levée de cet interdit que le retour idéalisé au premier état fusionnel du tout petit enfant avec sa mère. Étrange paradis dont Mélanie Klein, notamment, a théorisé toute la violence refoulée. Et les cliniciens savent par expérience combien la fixation à cet état fusionnel souvent liée à l’absence d’un père médiateur est cause pour les enfants de ravages tant psychiques que somatiques.

La dérive de l’Occident

Les soi-disant  « sages » du ronflant CCNE – nommés par un pouvoir déchu qui fut désespérément à la recherche d’ innovations « sociétales » pour colmater son vide politique et ses échecs économiques et sociaux – persistent à faire passer la vessie de la liberté du désir pour la lanterne d’une avancée culturelle. Que le professeur Jean-François Delfraissy, président du CCNE, tempère cet avis consultatif en affirmant qu’il n’est pas « gravé dans le marbre »  et que le Comité prévoit des « conférences citoyennes » sur ces sujets l’année prochaine, ne fait qu’accentuer l’errance de la pensée sur le désordre anthropologique de ses recommandations.
Rien n’est pris en compte de la portée profondément régressive de revendications d’une partie de la population très minoritaire pour laquelle névrose et égalitarisme se trouvent confondus. Rien quant au devenir des enfants bouche-trous nés hors-sexe et hors père d’une femme souverainement impuissante à combler la vacuité de son errance autrement que par cet artifice médical.

Et que penser d’une telle dérive de l’Occident,  frappé de cette illusion de toute- puissance alors qu’il se trouve au bord de l’effondrement de ses valeurs culturelles face au danger qui le menace.

dimanche 2 juillet 2017

St PAÏSSIOS : la cause des Guerres

"Vous savez pourquoi il y a des guerres? 



Pour l'argent…Parce que les riches 
ne peuvent pas mettre un frein à la cupidité, 
et les pauvres 
ne souhaitent pas acquérir le nécessaire, 
mais ont l'envie des richesses 
et de la gloire des riches."




Qu’est-ce que l’argent ? Quand et pourquoi est-il né ?
L’argent est un mécanisme fascinant, mais terriblement insidieux qui a fini par nous soumettre. Il définit les styles, les rythmes, les modalités et les objectifs de notre vie, ce qui n’augure rien de bon pour le futur.

Si du point de vue individuel, l’argent est un crédit, pris dans sa globalité, il se transforme en dette, une dette toujours plus immense que nous avons contractée avec notre futur. C’est un pari, aussi, sur lui-même, et donc sur le néant. Jusqu’à quand pourra durer ce jeu ?

Le livre de Massimo Fini est d’un côté une histoire de l’argent, rigoureusement documentée, et de l’autre une attaque radicale contre la société contemporaine dont l’argent, de par son développement hypertrophique, est à la fois une métaphore et l’instrument essentiel.

Massimo Fini est un écrivain, journaliste (l’Avanti !, l’Europeo, Il Giorno, Il Fatto Quodiano) et dramaturge italien. Il est l’auteur de nombreux ouvrages sur des thèmes aussi variés que Néron, le mollah Omar, la vieillesse, Nietzsche, et la guerre, qui lui ont valu une indubitable réputation d’écrivain anti-conformiste et anti-moderniste. La démocratie libérale, l’argent, le matérialisme et la mondialisation sont ses cibles préférées.

ST JEAN de SHANGHAI & de SAN FRANCISCO

sur le Blog de CLAUDE (Que la Toute Sainte et St Jean le gardent sous leur protection, le protègent et le gardent !)

Extrait de l'Acathiste écrit par P. Seraphim Rose de bienheureuse mémoire
traduit par Claude

PRIÈRE À NOTRE SAINT PÈRE
 THÉOPHORE ET THAUMATURGE JEAN DE CHANG-HAI
ARCHEVÊQUE DE SAN FRANCISCO

Ô bien-aimé hiérarque Jean, tandis que tu vivais parmi nous, tu vis en vérité le futur comme s'il s'agissait du présent, les choses éloignées étaient proches pour toi et les cœurs et les esprits étaient comme les tiens propres. Nous savons qu'en cela tu étais illuminé par Dieu avec Qui tu fus toujours en communion mystique de prière et en Qui tu demeures éternellement à présent. Comme tu pouvais entendre les suppliques mentales de ton troupeau dispersé au loin avant même qu'il ne puisse te parler, ainsi, écoute maintenant nos prières et portes-les auprès du Seigneur. Tu as été transféré à la vie sans fin, dans l'autre monde et pourtant tu n'es pas loin de nous en vérité, car le ciel nous est plus proche que nos propres âmes. Montre envers nous qui sommes effrayés et seuls, la même compassion que tu montras un jour aux orphelins tremblants. Donne-nous à nous qui sommes tombés dans le péché, la confusion et le désespoir, le même enseignement strict mais affectueux que tu donnas jadis à ton troupeau élu. En toi nous voyons la ressemblance vivante de notre Créateur, l'esprit vivant de l'Évangile et le fondement de notre foi. Dans la vie pure que tu menas dans notre époque pécheresse, nous voyons un modèle de vertu, une source d'enseignement et d'inspiration. Considérant la grâce qui te fut accordée, nous savons que Dieu n'a pas abandonné Son peuple. C'est plutôt nous qui nous sommes séparés de Lui et nous devons retrouver la ressemblance de la Divinité comme tu le fis toi-même. Par ton intercession, ô bienheureux, accorde-nous d'accroître notre effort pour cheminer vers la céleste patrie, établissant nos penchants vers les choses d'En-Haut, œuvrant dans la prière et la rectitude, combattant enfin les attaques de notre nature déchue. Invoque pour nous la miséricorde de Dieu, afin que nous nous joignions à toi un jour dans Son Royaume. Car notre plus profond désir est de vivre à jamais avec Lui, avec le Père et le Fils et le Saint Esprit, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen ! 


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après l'acathiste composé par Père Seraphim [Rose] de bienheureuse mémoire 

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