samedi 11 décembre 2010

Le DISTRIBUTISME [1] une première approche pour les Chrétiens orthodoxes

 Voici la traduction de la 1ère partie d'un article paru sur le site orthodoxe In Communion et dans lequel je vais avancer en même temps que vous, c'est à dire que je sais que le sujet m'intéresse mais que je ne sais pas du tout si je vais en recevoir les conclusions. Quoi qu'il en soit le sujet de réflexion posé par cette étude me paraît venir dans une bonne période à double titre : d'une part que parce que la conjoncture économique internationale contemporaine n'améliore pas la situation des gens modestes et pas seulement de ceux qui ont été ruinés après avoir fait fortune, et d'autre part parce que nous sommes dans une période, celle de l'avant Nativité, où se pose périodiquement cette fameuse question du partage.



"Tous les honneurs de l'Orthodoxie sont rendus à St Nicodème de la Sainte Montagne pour nous avoir donné la Philocalie. Moins connu est son Exomologetarion qui est un manuel de confession. D'abord publié en 1794, il contient l'histoire suivante :

Un jour, il arriva qu’un roi se confesse à un paysan, qui était en fait secrètement un père spirituel. Après que le roi eut confessé ses péchés, il dit au Père spirituel, "Je n'ai pas autre chose à vous dire." "Comment cela, ô roi ? répondit le père spirituel, comment ? Avons-nous fini la confession ? Non. Vous avez confessé les péchés d'Alexis, dit-il en appelant le roi par son prénom, maintenant il faut confesser les péchés du roi. "

Ce sage père spirituel voulait montrer par ces paroles que tout souverain et chef, étranger ou national, ne doit pas seulement se confesser à titre individuel ou être examiné par un père spirituel comme une personne ordinaire, mais en plus des péchés qu'il a commis en tant que personne, il doit aussi avouer ce qu'il aurait pu faire en tant que dirigeant pour le bien de son peuple, mais qu’il n’a pas fait, et toutes les mauvaises choses survenues à ses sujets sous sa responsabilité qu’il n'a pas rectifiées, pour laquelle il devra rendre un compte exact à Dieu.
Cette histoire illustre l'attitude chrétienne orthodoxe en ce qui concerne la relation entre la foi et la vie dans le monde. Quand des Orthodoxes sont à un poste de responsabilité dans lequel ils exercent autorité et pouvoir, ils sont censés suivre le Christ dans ces situations tout comme ils le suivent dans leur vie privée.

Mais qu'est-ce que cela signifie ? La mission des personnes à un poste de responsabilité n'est pas de créer un "État chrétien" ou une "société chrétienne" ou un "théâtre chrétien." Les gens peuvent seulement être chrétiens. Le Christ est venu pour faire participer des personnes à la nature divine, et non des institutions, des organismes ou des entreprises. La tâche consiste à faire tout ce qui est possible pour créer un environnement qui aidera les gens à voir le Christ, à chercher le Christ, et trouver le Christ.

Pour être plus précis: Comment puis-nous amener les domaines du commerce et des finances sous la seigneurie du Christ ? Nous savons que les principes fondamentaux de l'éthique orthodoxe qui se rapportent à l'économie: que le monde matériel a été créé bon et beau, qu’il est juste de posséder et de prier pour «l'abondance des fruits de la terre» ; que la pauvreté est un mal, pas une vertu - un sort qui doit être adouci et amélioré, et non pas être aggravé ; que l'endettement n'est pas bon ; qu’une vie simple est bonne ; que l'amour de l'argent a été et peut facilement être la racine de toutes sortes de maux, que Dieu nous commande de rechercher la justice et des relations équitables à toutes les époques et avec tous les hommes ; que faire payer des intérêts est moralement discutable, et certainement mauvais quand il s’agit de personnes qui recherchent simplement d’abord et avant tout le minimum vital ; que c'est à peu près aussi facile pour un riche d'entrer dans le Royaume du ciel que pour un chameau de passer par le chas d'une aiguille. 
Nous, Orthodoxes, connaissons tous ces principes, ou du moins nous les avons entendus et nous savons que nous devons les mettre en pratique. La question particulière qui se pose est ici : Comment pouvons-nous créer un environnement qui intègre ces principes ? Sachant que nous Orthodoxes, comme tout le reste de la race humaine, sommes des créatures déchues, sujettes à toutes sortes de péchés à la fois volontaires et involontaires, et sachant que toutes les organisations et institutions augmentent et renforcent nos péchés, quel genre de structures économiques pourrait restreindre notre péché et de promouvoir la justice?

Dans cet essai, j'invite mes lecteurs à envisager un système économique connu sous le nom Distributisme. Le système est ancien et répandu, mais pas ce terme car il n'est apparu qu'au siècle dernier. " (à suivre)
(Version française de Maxime le minime d'après le site In communion de l'Orthodox Peace Fellowship)

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Je vous remercie pour cette communication qui promet d'être intéressante.
C'est un sujet qui évidemment intéresse tout Chrétien dès lors qu'il est suffisament à l'abri du besoin...
Pour ma part je pense que le mépris des contingences et de l'argent n'est ni possible ni souhaitable.
Il faut simplement faire sien l'aphorisme populaire qui dit:"l'argent est un bon serviteur mais un mauvais maître" et que ceux que leur talent et/ou la chance ont bien nantis doivent s'efforcer en retour de ne pas être trop "regardants" lorsqu'il s'agit de payer un service ou un bien (ce qui ne veut pas dire dépenser aveuglément),ne serait ce pas cela votre "distributisme"?
J'attends la suite avec impatience.

Pascal