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mercredi 15 mars 2017

GRAND CARÊME Programme de 40 textes PATRISTIQUES - 15. St Martyr Justin 1ère Apologie 46-53


46. On pourrait peut-être, dans une intention mauvaise, fausser le sens de ce que nous avons dit; et comme nous avons avancé que Jésus-Christ était né il y a cent cinquante ans, sous la présidence de Cyrénius, et qu'il a commencé à enseigner sous celle de Ponce-Pilate, on pourrait prétendre, par une fausse induction, que tous les hommes antérieurs à cette époque ne sont aucunement coupables. Nous allons détruire cette objection. Le Christ, avons-nous dit déjà, est le premier-né de Dieu, il est son Verbe, sa parole, à laquelle tous les hommes participent. Or tous ceux qui ont vécu selon les inspirations de ce Verbe sont chrétiens, eussent-ils même passé pour athées. Tels furent, chez les Grecs, Socrate et Héraclite; chez les barbares, Abraham, Ananias, Azarias, Misaël et Elie, et une multitude d'autres dont nous nous abstiendrons de citer ici les noms, ce qui serait trop long. Et aussi ceux qui ont vécu contrairement à ces inspira- tions du Verbe ont été vicieux, ennemis du Christ, meurtriers des disci- ples du Verbe. Ceux, au contraire, qui ont vécu ou qui vivent selon le Verbe, sont des chrétiens intrépides et inaccessibles à la peur. Maintenant, pourquoi, accomplissant les desseins de Dieu, Père et souverain de l'univers, le Verbe s'est-il incarné? pourquoi est-il né d'une vierge et s'est- il fait appeler Christ? pourquoi est-il mort sur la croix? pourquoi est-il ressuscité et remonté aux cieux? c'est ce que tout homme sensé comprendra sans peine d'après ce que nous avons dit déjà. Quant à présent, comme la démonstration de ce point est moins nécessaire, passons à ce qui est plus urgent, et continuons nos preuves.

 47. L'Esprit saint annonce ensuite la dévastation de la terre de Judée; il met en scène les peuples stupéfaits de cette ruine, et voici comment ils s'expriment : "Sion est devenue une solitude ; Jérusalem est devenue un désert; la malédiction est sur le temple et sur le sanctuaire, et sa gloire, que célébraient nos pères, est devenue cendre et poussière ; tous ses orne- ments les plus beaux ont été détruits, et à cette vue vous êtes restés impassibles, vous vous êtes tus, et vous nous avez humiliés durement." Or, de la dévastation de Jérusalem et de l'accomplissement de cette prophétie, vous devez être, je pense, assez pleinement convaincus. Mais Jérusalem devait être réduite en solitude, et il ne devait plus être permis à personne de l'habiter; Esaïe le prophète l'a dit ainsi: "Leur terre est un désert, et en leur présence, leurs ennemis la dévorent, et pas un seul d'en- tre eux ne l'habitera." Le soin que vous prenez de ne pas laisser un Juif en Judée, la peine de mort qui attend l'audacieux infracteur de cette loi, c'est ce que vous savez mieux que nous.

 48. Il était aussi prédit que Jésus-Christ guérirait les malades et ressusciterait les morts. Ecoutez: "A son arrivée, le boiteux sautera comme un cerf, et la langue des muets sera éloquente; les aveugles verront, et les lépreux seront purifiés, et les morts se lèveront et marcheront." Les Actes de Ponce-Pilate vous donnent la preuve de tous ces faits. La mort du Christ et le supplice de ceux qui espèrent en lui étaient aussi annoncés par Esaïe, dans ces paroles: "Voici que le juste est tué, et personne ne le comprend dans son coeur ; voici que les hommes de bien sont mis à mort, et personne n'y pense. Le juste a été enlevé en présence de l'iniquité, et sa sépulture sera en paix. Il a été enlevé du milieu des hommes."

 49. C'est encore Esaïe qui annonce que les Gentils adoreront le Christ, quoiqu'ils ne l'attendent pas, et que les Juifs, qui l'attendent toujours, ne reconnaîtront pas sa venue. Les paroles du prophète sont mises dans la bouche du Christ lui-même: "Je me suis manifesté à ceux qui ne me demandaient pas, et j'ai été trouvé par ceux qui ne me cherchaient pas. J'ai dit: Me voici, aux nations qui n'avaient pas appelé mon nom. J'ai étendu mes mains vers un peuple incrédule et contradicteur qui marchait dans une route mauvaise à la suite de ses péchés, et ce peuple ameutait la haine contre moi." En effet les Juifs, qui avaient les prophéties entre les mains, et qui attendaient toujours la venue du Christ, ne l'ont pas reconnu; et non seulement ils ne l'ont pas reconnu, mais ils l'ont mis à mort. Les Gentils, au contraire, qui n'avaient jamais rien appris du Christ avant que les apôtres, venant de Jérusalem, ne leur eussent annoncé sa venue et ne leur eussent transmis les prophéties, ont renoncé à leurs idoles, et pleins de foi et de bonheur, se sont consacrés par le Christ au culte du Dieu incréé. Quant aux persécutions dont les nouveaux confesseurs du Christ furent les victimes, quant à la pitié que doivent inspirer ceux qui accablent le Christ de malédictions, et qui trouvent beau de défendre et de conserver les vieilles institutions, voici à leur sujet un seul mot d'Esaïe: "Malheur à vous qui appelez doux ce qui est amer, et amer ce qui est doux!"

 50. Jésus-Christ fait homme pour nous, devait souffrir la honte et l'ignominie sur la terre, et il doit venir une seconde fois, mais alors envi- ronné de toute sa gloire. En voici la prophétie: "Parce qu'ils ont livré son âme à la mort, parce qu'il a été compté parmi les méchants, il s'est chargé des péchés de plusieurs, et il obtiendra le pardon des pécheurs. Car, je vous le dis, mon serviteur comprendra, et il sera exalté, et il sera grande- ment glorifié. Plusieurs seront émerveillés de vous, et plusieurs aussi mépriseront votre aspect et votre gloire. Et aussi plusieurs nations vous admireront, et les rois resteront muets devant vous, parce que ceux-là à qui rien n'avait été annoncé et qui n'avaient rien entendu comprendront. Seigneur, qui a cru à votre parole? Et à qui le bras du Seigneur a-t-il été révélé? Nous l'avons annoncé comme un petit enfant, comme une plante sur la terre desséchée. Il n'a ni éclat, ni gloire; et nous l'avons vu, et il n'avait ni éclat, ni beauté; au contraire, son aspect était misérable, et il était abandonné devant les hommes. C'était un homme dévoué aux coups et sachant supporter son supplice, et les injures, et les indicibles mépris dont on accablait sa face. Celui-là porte nos péchés et souffre pour nous, et nous avons réfléchi qu'il était dans la souffrance et dans les sup- plices et dans l'affliction. Et lui, il a été chargé de coups, à cause de nos iniquités, et il a été supplicié ; pour nos péchés. Nous avons appris la paix de lui, et nous avons été guéris par ses plaies; car, tous, nous errions comme des brebis: l'homme s'était perdu dans sa voie, et il l'a livré pour nos iniquités; et lui, au milieu de l'affliction, il n'a pas ouvert la bouche. Il a été conduit comme une brebis au sacrifice, et comme un agneau muet sous le ciseau qui le tond : il n'a pas ouvert la bouche, et dans cette humil- iation, sa condamnation a été trouvée juste." En effet, lorsque Jésus fut crucifié, ses disciples eux-mêmes l'abandonnèrent et le renièrent, et ce fut seulement quand, après sa résurrection, il leur eut apparu et leur eut appris à lire les prophéties dont l'accomplissement venait de se faire en lui, quand ils l'eurent vu monter au ciel, et que pleins de foi et de croy- ance, forts de la puissance que Jésus leur envoya, ils s'en furent allés vers toutes les nations, ce fut alors seulement qu'ils instruisirent la terre et qu'ils reçurent le nom d'apôtres.

 51. Pour nous montrer que celui qui s'était soumis à ces douleurs avait une origine ineffable et qu'il devait dompter tous ses ennemis, voici ce que nous dit le Saint-Esprit: "Qui racontera sa génération? Il a été retranché de la terre des vivants; il est passé dans la mort pour les iniq- uités des hommes, et les méchants seront rachetés par sa sépulture, et les riches par sa mort ; car, lui, il n'a pas commis l'iniquité, et le mensonge n'a pas souillé sa bouche. Le Seigneur veut le guérir de ses plaies. S'il a été livré pour le péché, c'était afin que votre âme reçût une semence d'éter- nité. Et le Seigneur veut retirer son âme de la douleur, lui montrer la lumière, le remplir d'intelligence et justifier ce juste qui s'est dévoué pour tous. Il portera lui-même tous nos péchés: c'est pourquoi il régnera sur un grand peuple, et il partagera les dépouilles des forts, parce que son âme a été livrée à la mort, et qu'il a été compté parmi les méchant; et il a pris sur lui les péchés de plusieurs, et il a été livré pour leurs iniquités." Ecoutez maintenant la prophétie de son ascension : "Ouvrez les portes des cieux, dit-il; ouvrez-les, pour que le Roi de gloire y fasse son entrée. Quel est-il ce Roi de gloire? C'est le Dieu fort et le Dieu puissant." Et au sujet de son second et glorieux avènement, Jérémie ajoute: "Voici le fils de l'homme qui vient sur les nuées du ciel, et ses anges l'accompagnent."

 52. Ainsi donc, puisque nous avons déjà montré que tous les événe- ments accomplis avaient été prédits à l'avance par les prophètes, il en faut nécessairement conclure que tout ce qui a été encore annoncé, et dont la réalisation n'a pas encore eu lieu, ne peut manquer d'arriver. Les faits accomplis, dont la prédiction était certaine et le moment inconnu, se sont réalisés ; il en sera de même pour ceux qui sont encore à venir : ils sont prédits, on les ignore, on ne veut pas y croire; ils arriveront cepen- dant. Les prophètes ont parlé de deux avènements pour le Christ: le pre- mier, qui a eu lieu, avènement sous la figure d'un homme méprisé et persécuté ; le second, dans lequel il viendra resplendissant de toute la gloire des cieux, et entouré de ses légions d'anges; alors il ressuscitera les cadavres de tous les hommes qui auront vécu sur la terre, et il revêtira les corps des justes d'une immortalité glorieuse, et il enverra ceux des méchants, incorruptibles aussi, brûler éternellement dans le feu infernal. En voulez-vous la prophétie? Ecoutez Ezéchiel: "La jointure se reliera à la jointure, et l'os à l'os, et les chairs recroîtront une seconde fois. Et tout genou fléchira devant le Seigneur, et toute langue confessera son nom." Voulez-vous savoir ce que sera la douleur et le supplice des méchants? Ecoutez encore: "Le ver qui les ronge ne s'assoupira pas, et le feu qui les dévore ne s'éteindra jamais." Ils se repentiront alors, mais leur repentir ne leur servira de rien. Et que feront, que diront les Juifs à ce glorieux avènement? Entendez le prophète Zacharie: "J'ordonnerai aux quatre vents de rassembler mes enfants épars; j'ordonnerai au vent du nord qu'il porte au loin ma parole, et au vent du midi qu'il n'y fasse pas obstacle. Et alors il y aura dans Jérusalem un grand gémissement, et ce ne sera pas un gémissement des lèvres et de la bouche, mais un gémissement du coeur; et ils ne déchireront pas leurs vêtements, mais leurs esprits, et ils se plaindront tribu à tribu, et alors ils verront celui qu'ils ont frappé, et ils diront: Pourquoi, Seigneur, nous avez-vous fait errer loin de votre voie? La gloire dont se réjouissaient nos pères, elle est devenue pour nous une ignominie."

 53. Nous aurions encore bien d'autres témoignages des prophètes à invoquer; mais nous nous arrêterons ici, persuadés que nous en avons rapportés assez pour convaincre ceux qui ont des oreilles disposées à entendre et à croire, et pour établir qu'à la différence des faiseurs de fables et de tous les historiens des prétendus fils de Jupiter, nous ne disons rien que nous ne soyons en état de prouver immédiatement. Comment, en effet, aurions-nous cru que cet homme crucifié était le fils de Dieu, appelé à juger tout le genre humain, si nous n'avions pas vu outes les prophéties qui d'avance annonçaient sa venue, se réaliser de point en point; si maintenant nous ne voyions pas et la dévastation de la Judée, et la conversion de ces hommes de toute race, qui, à la voix des apôtres, ont abandonné leurs antiques erreurs pour embrasser la sainte doctrine; et nous-mêmes, et cette foule de Gentils, chrétiens plus sincères et plus vrais que les Juifs et les Samaritains convertis? Ce nom de Gentils a été donné par le Saint-Esprit lui-même aux nations de la terre, par opposition aux tribus de Judée et de Samarie, qu'il appelle Israël et la maison de Jacob. Il y a même une prophétie qui annonce plus de croyance dans les Gentils que dans les Juifs et les Samaritains. La voici: "Réjouissez-vous, vous qui êtes stérile et qui n'enfantez pas; éclatez en cris de joie, vous qui n'engendrez pas; car il sera donné bien plus de fils à l'épouse abandonnée qu'à celle qui a un époux." Ces abandonnées étaient les nations qui ignoraient le vrai Dieu et adoraient les oeuvres de leurs propres mains, tandis que les Juifs et les Samaritains, qui connais- saient par les prophètes la venue du Verbe de Dieu, et qui avaient tou- jours attendu le Christ, ne le reconnurent pas quand il descendit au milieu d'eux. À peine y eut-il quelques exceptions, dont le Saint-Esprit parle dans Esaïe: "Si le Seigneur ne nous avait pas laissé son germe, leur fait-il dire, nous serions devenus comme Sodome et Gomorrhe." Or Sodome et Gomorrhe sont deux villes représentées par Moïse comme des réceptacles d'iniquités, que le Seigneur ruina par une pluie de soufre et de feu. Personne n'y fut sauvé, excepté un étranger chaldéen, nommé Loth, qui échappa avec ses filles. Toute la contrée devint un désert, et depuis elle est restée brûlée et stérile: chacun peut s'en convaincre. Les Gentils devaient se montrer bien plus croyants et bien plus fidèles c'est ce qu'Esaïe nous apprend par ces mots : "Israël est incirconcis du coeur, et les Gentils ne le sont que du prépuce. " Or, nous vous le demandons, tant et de si formels témoignages ne sont-ils pas, pour ceux qui aiment la vérité, qui ne sont pas sous l'influence de vaines opinions ni sous le joug de leurs passions, un motif irrésistible de foi et de conviction?
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