CONVERTIR LES GENS ? le savoir-faire de P. Rafaïl par l'Archimandrite Tikhon

[…] la seule conversation ne peut transformer des gens qui se sont irrémédiablement égarés dans notre monde froid ou en eux-mêmes, ce qui est plus terrible encore. Pour cela il faut leur faire découvrir une autre vie, un autre univers où triomphent sans partage, non plus l’absurdité, les souffrances et une cruelle injustice, mais la foi, l’espoir et l’amour tout puissants. Et il ne suffit pas de le leur faire découvrir, en le montrant de loin et en les y attirant, mais il faut conduire l’individu dans cet univers-là, le prendre par la main et le placer devant Dieu.

Alors seulement, il reconnaîtra soudain Celui qu’il connaît et aime depuis longtemps, son unique Créateur, Sauveur et Père. Alors seulement sa vie peut véritablement changer.

Toute la question est de savoir comment pénétrer dans ce monde prodigieux. Aucun procédé humain ordinaire ne le permet. Aucun pouvoir terrestre. Aucun piston. Aucune somme d'argent. Le contre-espionnage ou les services secrets sont impuissants à vous aider à l'entrevoir. Avoir fait des études à l'Académie de théologie ou avoir été élevé à la dignité sacerdotale et épiscopale ne garantit même pas  d'y déambuler majestueusement.

Et pourtant, on pouvait y accéder paisiblement aux côtés du père Rafaïl dans sa Zaporojets noire. ll se révélait aussi tout à coup à ceux qui se trouvaient à la maison paroissiale et prenaient le thé avec lui. Pourquoi cela arrivait-il ? Tout simplement parce que le père Rafaïl était capable de vous guider génialement à travers ce monde-là. Dieu était Celui pour Lequel il vivait et avec Qui il existait lui-même à chaque instant. Et vers Qui il menait chacune des personnes qui lui étaient envoyées dans sa modeste isba paroissiale. Voilà ce qui attirait irrésistiblement les gens chez le père Rafaïl. Et en assez grand nombre, surtout les dernières années. Le père Ioann lui envoyait aussi des jeunes et quelques guides spirituels moscovites. Il accueillait tout le monde et personne ne se sentait de trop. Il retournait la vision habituelle que beaucoup s’étaient faite du monde. Il savait, à sa façon presque insouciante (il ne fallait pas qu’il soit pris trop au sérieux), donner des réponses si précises, si inattendues aux questions de ses interlocuteurs qu’on en avait parfois le souffle coupé, tant se révélait soudain la vérité de la vie! Cela pouvait se manifester dans les plus petits détails.

extrait de 

Père Rafaïl et autres saints de tous les jours



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