samedi 30 décembre 2017

Si Pâques est la plus brillante des fêtes chrétiennes, Noël est la plus émouvante!


La fête de Noël

par Geronda Elysée, higoumène du saint monastère de Simonos Petra

sur le site Pemptousia


La fête de Noël est revenue et, selon [l'écrivain grec] Alexandros Papadiamantis, "si Pâques est la plus brillante des fêtes chrétiennes, Noël est la plus émouvante". Dans les Vigiles du 25 décembre et dans la Divine Liturgie ce jour-là, nous chantons et recréons ce grand événement de la Nativité et de l'Incarnation de Dieu le Verbe qui, pour nous, est devenu comme nous et s'est mêlé à nous. Noël est en effet devenu une source d'inspiration dans tous les domaines de de la culture et de la civilisation.

Les prophètes de l'Ancien Testament ont prédit l'événement, le Nouveau Testament le décrit avec une simplicité inégalée, les saints pères et les théologiens les approfondissent de façon incomparable, les hymnographes et les compositeurs ont tissé d’exquis hymnes de louange, les romanciers et écrivains ont écrit d’excellents récits, des histoires et de la poésie, les philosophes ont été inspirés par le mystère, tandis que la piété populaire l'a expérimenté à travers le culte, les traditions et les coutumes. Tout cela se rassemble et forme un trésor inimaginable et précieux concernant «le mystère caché des siècles», mais qui est le bien de tous les peuples, du monde entier et de chaque personne et de chaque âme particulière. La clé pour trouver ce trésor est disponible à tout homme qui la recherche. 

Bien sûr, le sécularisme de notre temps affaiblit l’essence de la fête, déconnecte ces événements de la période festive et de leur source mystique, et ainsi le contenu ecclésial et le sens de Noël sont éclipsés. Et pourtant, pour ceux qui veulent faire l'expérience de Noël d'une manière spirituelle et qui aiment le faire, ou qui purifient leur cœur avec le sens sans mélange et sans tache des hymnes, l'avènement de Noël est toujours un «ici et maintenant». Ces personnes anticipent toujours et désirent ardemment entendre le message des anges : « Voici, une nouvelle de grande joie, pour tout le peuple : aujourd'hui un Sauveur vous est né, qui est le Christ Seigneur, dans la ville de David »; et, en même temps, la louange chantée à Dieu: «Gloire à Dieu au plus haut et sur la paix de la terre, bienveillance parmi les hommes». Que chacun ouvre son cœur, sans hésitation ni doute, imitant les bergers, reconnaissant la voix des anges, se soumettant au message divin, courant pour adorer notre grand Dieu devenu un pauvre petit enfant, un nouveau-né dans une humble crèche. Dans la plus belle crèche de ce vieux monde.

L'âme qui aspire à Dieu est aussi disposée à écouter, pour pénétrer plus profondément dans le mystère, la voix de saint Jean Chrysostome qui dit: «Aujourd'hui, Celui qui est prend naissance, Celui qui est devient ce qu'il n'était pas. Etant Dieu, il devient homme et n'abandonne pas sa divinité. Car, ce n'est point par la perte de sa divinité qu'il devient homme, ni par addition de qualité que d'homme il devient Dieu ; mais il est le Verbe, et, sa nature demeurant la même à cause de son immutabilité, il s'est fait chair. »

Mais la vraie naissance du Christ a lieu dans nos cœurs, comme nos Pères neptiques l'ont expérimentée, l'ont décrite et nous l’ont transmise. « Le Verbe de Dieu, qui est alors né dans la chair à Bethléem, est, par amour pour nous, volontairement né dans l'Esprit pour ceux qui le désirent. Et Il devient petit enfant et alors prend forme en eux avec les vertus. Et il apparaît dans la mesure où la personne concernée est capable de le voir. Voyant la puissance de ce mystère, saint Paul dit :  « Jésus-Christ est le même hier, aujourd'hui, et éternellement. », parce qu'il sait que le mystère est toujours nouveau et ne vieillit jamais, quand il est vécu dans l'intellect "(Saint Maxime le Confesseur).

Dans une de ses conférences, Geronda Aimilianos de Simonos Petras dit : «Aujourd'hui, c'est comme si nous naissions nous-mêmes. Après la mort de la chute, le Christ nous donne naissance aujourd'hui à tous. C'est le début de notre vraie vie, le début de notre personnalité spirituelle, de notre vie éternelle.»

Par sa naissance, le Christ, en quelque sorte, donne naissance et personnifie ses capacités, les fruits de l’Esprit : l’humilité, la foi, la joie, la paix, l’abnégation, le sacrifice, l’altruisme, la réconciliation, la justice, la miséricorde et, surtout, l'amour, tous les dons dont parle saint Paul. Et toutes ces qualités sont personnifiées en Christ.

Mais notre Dieu incarné nous donne à tous l'occasion de donner naissance à ces vertus : la foi, la joie, l'espoir, la paix, la réconciliation, l'abnégation, le sacrifice, la bonté fraternelle, la tolérance, la droiture et par-dessus tout l'amour qui est patient, non envieux, avenant, oubliant les blessures, partageant et se réjouissant du bonheur des autres, tolérant, confiant, plein d'espoir et endurant en toutes choses. L'amour ne disparaîtra jamais. Avec la venue du Christ sur terre, les vertus, en particulier la foi, l'espérance, le salut, l'amour, le repos et l'éternité, ont maintenant un nom qui n'est autre que le « Seigneur Jésus-Christ ». Lui-même est notre espoir, Il est humain. 

Dans un article d'actualité, l'Archimandrite Theodosios Manolis, oncologue et théologien note que nous ne pouvons pas parler de Noël si nous supprimons de nos vies le sens essentiel de l'Incarnation, qui est l'amour. Un amour qui ... n'a rien à voir avec la matière, mais avec le cœur. Cela n'a rien à voir avec l'argent mais avec l'expérience de la foi. Comme ce fut le cas avec la petite fille dans l'histoire du « Cadeau au Christ », qui n'avait rien d'autre à donner au Christ nouveau-né dans la crèche à part quelques brindilles pauvres et desséchées, qui étaient, cependant, les cadeaux les plus importants que le Christ ait reçu ce jour-là. »

Enfin, l'expression la plus tangible de l'expérience de la Nativité du Christ est éloquemment exprimée dans la katavasia de la neuvième ode du canon de Noël : 

«Je vois un mystère étrange et paradoxal. 
La grotte est devenue ciel et Trône des chérubins, la Vierge; 
la crèche, est l’espace au sein duquel s’est couché l’illimité
 le Christ, l'incontestable Dieu. 
De nos hymnes nous Le magnifions. » 

Notre participation à ce mystère exige notre zèle, notre amour, notre don, l’importance que nous donnons à cet évènement, notre effort à l’étudier et notre endurance dans les tentations. « La nature a “travaillé“», dit-il. Et le Christ est né. C'est ainsi que l’homme vient au monde, à travers les douleurs du travail de l’enfantement. Sans effort et sans douleur, il n'est âme qui vive. Le Christ naît continuellement. Il est né dans les ténèbres des passions de l'âme humaine, dans le silence du cœur, parce que personne ne peut connaître l’épreuve, la lutte, l'anxiété et les cris venant de son cœur pour naître dans le Christ. Nuit et jour. Personne ne peut connaître le désir de l'âme humaine, la prière « Seigneur Jésus-Christ, viens et demeure en nous », ni ne peut connaître l'émerveillement étrange qui s'accomplit paradoxalement chez les personnes, qui s'accomplit par la grâce du Christ incarné qui nait tous les jours dans le cœur des hommes. Que chaque jour le Christ naisse dans le cœur des hommes ! 
Nous avons tous entendu la nouvelle unique et joyeuse de la venue du Messie, l'accomplissement du plan de l'Incarnation divine du Sauveur du monde. Nous avons tous reçu l'invitation à nous prosterner devant l'Enfant Divin. Nous sommes tous appelés à ce culte. Tous ceux qui expérimentent le mystère avec ferveur deviennent les élus de Dieu, « en tant qu’enfants par adoption». Et depuis le jour de l'histoire où le Christ est né jusqu'à notre propre époque, la plupart du temps néfaste, nombreux sont les élus de Dieu qui sont saints. Les saints, qui ont toujours humblement adoré le Christ et constamment, à travers des luttes douloureuses, l'ascèse et la prière, ont nettoyé la caverne de leur cœur, afin qu'ils puissent donner naissance au Christ (Christotokoi ) et ensuite le porter (Christoforou). Leur désir, leur vie et leur exemple nous montrent le chemin, la manière et l'expérience du miracle surnaturel, ils nous ouvrent les portes de l'Éden et nous révèlent les délices du Paradis «à l'intérieur de la caverne». Donc si dans les jours et les années dans lesquelles nous vivons, le Christ est né dans notre cœur, le souhait de "Χρόνια Πολλά" est bon, doux et plein de sens et de valeur. Joyeux Noël et une nouvelle année qui vous soit propice !
(version française par Maxime Martinez de la source)


Γέρων Ελισαίος Σιμωνοπετρίτης

Aucun commentaire: