Sélection du message

L’interventionnisme de l’État et la guerre totale

La Première Guerre mondiale, début de l’interventionnisme ( source ) Par Vladimir Vodarevski. Le 11 novembre commémore l’armisti...

jeudi 16 mars 2017

GRAND CARÊME Programme de 40 textes PATRISTIQUES - 16 St Martyr Justin 1ère Apologie 54-60

54. Ceux qui enseignent aux jeunes gens les fabuleuses inventions des poètes n'apportent aucune preuve à l'appui de leurs récits. C'est encore là, nous l'avons démontré, un des moyens dont les démons se servent pour tromper et égarer le genre humain. En effet, sachant par les prophètes la venue future du Messie et le supplice réservé aux impies, ils se sont efforcés d'inspirer croyance à une multitude de prétendus fils de Jupiter, dans l'espoir qu'ils parviendraient à mélanger et à confondre les prophéties relatives au Christ et les fables merveilleuses inventées par les poètes. Aussi répandirent-ils ces absurdes récits, surtout parmi les Grecs et parmi ceux des Gentils qu'ils croyaient, au dire des prophètes, les plus disposés à recevoir la foi du Christ. Il nous reste donc à vous montrer quel moyen ils ont employé pour détourner le véritable sens des prophéties et pour donner le change sur les oeuvres de Jésus-Christ. Le prophète Moïse, le plus ancien de tous les écrivains, comme nous l'avons déjà dit, avait prononcé ces paroles, que nous avons rapportées plus haut : "Il ne manquera pas de prince de Juda, ni de chef de sa race, jusqu'à ce que vienne celui qui est attendu; et celui-là sera l'espérance des nations, et il attachera son ânon à la vigne, et lavera sa robe dans le sang de la grappe." Les démons eurent connaissance de ces mots, et ils sup- posèrent un Bacchus; fils de Jupiter; ils firent croire qu'il avait découvert la vigne; ils introduisirent le vin dans ses mystères, et enseignèrent qu'il était monté au ciel après avoir été mis en pièces. Ensuite, comme dans les prophéties de Moïse il n'est pas clairement exprimé si celui qui doit venir est le fils de Dieu, et si cette bête attachée à la vigne doit lui servir pour rester sur la terre ou pour monter au ciel; enfin, comme le mot employé par Moïse peut signifier aussi bien un petit cheval qu'un petit âne; les démons, ne sachant pas si le Messie devait être fils de Dieu ou des hommes, ignorant également s'il devait monter un âne ou un cheval, s'imaginèrent d'inventer un Bellérophon, homme et fils des hommes, qui, dirent-ils, s'éleva au ciel sur le dos du cheval Pégase. Ils savaient aussi d'Esaïe que le Christ devait naître d'une vierge, et qu'il s'élèverait au ciel, et ils trouvèrent Persée. De même, ayant eu connaissance de ce mot du prophète: "Fort comme un géant qui s'élance dans la carrière, " ils imag- inèrent le fort Hercule, auquel ils firent parcourir l'univers. Le Christ devait ressusciter les morts et guérir toutes les maladies, et Esculape fut mis en scène.

 55. Mais ils ne pensèrent jamais à contrefaire dans aucun des prétendus fils de Jupiter le supplice de la croix. En effet, cela ne leur vint pas en idée, parce que tout ce qui en avait été dit l'avait toujours été sous le voile du symbole. Cette croix est le signe principal, le caractère particulier de la force et de la puissance, comme parle le prophète. C'est une vérité dont vous trouvez la preuve dans les objets qui tombent continuellement sous vos sens. Car, veuillez réfléchir un instant, et voyez si dans ce monde on peut rien faire sans ce signe, si sans lui le moindre commerce est possible entre les hommes? Peut-on fendre les ondes sans que, formé de la vergue et du mât, il brille comme un trophée? Peut-on tracer un sillon sans la croix de la charrue? Tous vos pionniers, comme au reste tous les artisans et tous les manoeuvres, ne peuvent travailler sans des instruments qui affectent sa forme. L'extérieur même de l'homme ne diffère de celui des animaux que parce que son corps se tient droit et qu'il peut étendre les mains en croix. Et ce nez, proéminent organe de la respiration vitale, ne trace-t-il pas encore une croix au milieu du visage? Aussi le prophète a-t- il dit: "Le souffle de notre face est le Christ notre Seigneur. Les étendards et les enseignes qui partout précèdent vos pas, ce sont encore des images de la croix, et c'est cela qui, sans que vous vous en doutiez, en fait les signes et les marques de votre puissance et de votre autorité. Bien plus, quand vos empereurs sont morts, c'est avec cette forme de croix que vous consacrez leurs images et que vous leur décernez dans vos inscriptions les honneurs de la divinité. Vous le voyez, nous vous avons montré partout la puissance de ce signe ; restez maintenant incrédules, nous n'au- rons rien à nous reprocher, car nous avons fait et accompli tout ce qui était en nous.

 56. Mais ce n'était pas assez pour les démons d'avoir inventé, avant la venue du Christ, tous ces prétendus fils de Jupiter; quand le Messie fut venu et eut vécu parmi les hommes, et qu'ils eurent appris que, selon la prophétie, il devait trouver croyance parmi les nations et que les nations l'attendaient; alors ils suscitèrent de nouveaux imposteurs tels que ce Simon et ce Ménandre de Samarie, dont nous vous avons déjà parlé, et qui séduisirent et séduisent encore bien des hommes par les oeuvres de leur magie. Je l'ai dit déjà, et vous vous le rappelez, c'était sous l'empereur Claude César; Simon vint à Rome, et il frappa d'une telle admiration le sacré sénat et le peuple romain, qu'il fut pris pour un dieu et qu'on lui éleva une statue comme à toutes les divinités que vous adorez. C'est pourquoi nous supplions le sacré sénat et le peuple romain de vouloir bien prendre connaissance de notre requête ; afin que si quelqu'un se trouve vic- time de cette fausse croyance, il puisse reconnaître la vérité et échapper à l'erreur; et aussi pour qu'il vous plaise de détruire cette statue.

 57. Mais jamais les démons ne pourront parvenir à persuader que le feu éternel n'est pas le supplice réservé aux impies, pas plus qu'ils n'ont pu parvenir à cacher la venue du Christ. Ce qu'ils peuvent faire, c'est seule- ment de nous faire détester des méchants, de tous ceux qui vivent dans le crime et se plaisent aux sophismes: ils ne peuvent que nous faire tuer. Et nous, nous ne haïssons pas nos persécuteurs; au contraire, nous avons pitié d'eux, nous désirons leur repentir et leur conversion. Car nous ne redoutons pas la mort, puisque après tout il faut bien mourir, que c'est là une règle générale et le cours ordinaire de la vie. Or, si à peine une année de jouissance amène la satiété d'une existence commune, combien ne doit-il pas y avoir d'attrait dans l'espérance d'une vie éternelle et inacces- sible aux maux et aux privations, et combien cette perspective ne doit-elle pas engager à embrasser notre doctrine qui la promet. Que si enfin nos bourreaux croient que tout est fini avec la mort, et qu'elle nous fait retomber dans l'insensibilité du néant, c'est de leur part un grand bienfait de nous délivrer de ces souffrances et de ces besoins de la vie, ce qui ne les sauverait pourtant pas du reproche de barbarie et d'inhumanité sophistique ; car s'ils nous tuent, ce n'est pas pour nous délivrer, c'est pour nous arracher la vie et le bonheur.

 58. Ce sont encore les démons qui ont suscité Marcion de Pont, cet impie qui enseigne encore à présent à nier le Dieu créateur du ciel et de la terre, et son fils Jésus-Christ, annoncé par les prophètes, et qui prêche un Dieu autre que le Créateur et un fils de ce Dieu autre que le Christ. Ses adhérents ne voyant la vérité qu'en lui; nous tournent en dérision, et cependant ils ne peuvent rien prouver de ce qu'ils avancent; mais, sem- blables à des moutons enlevés par le loup, ils se laissent stupidement ravir en proie aux opinions impies et aux perfides démons. Car, il ne faut pas s'y méprendre, le but unique de tous les efforts et de tous les travaux de ces méchants esprits est d'arracher les hommes à Dieu et à son Christ, son fils premier-né. Les uns, ceux qui ne peuvent s'élever au-dessus de la terre, ils les fixent et les clouent aux choses de la terre; mais ceux qui s'élèvent jusqu'à la contemplation des choses célestes, ils les en détour- nent, s'ils n'ont le jugement sain et s'ils ne mènent une vie pure et exempte de troubles, et ils les lancent dans l'impiété.

 59. Pour que vous sachiez que c'est à la doctrine reçue de nos auteurs et de nos prophètes que Platon doit d'avoir dit: Dieu a pris la matière informe, il l'a changée et il a fait le monde, écoutez ce que disait Moïse, le premier des prophètes et le plus ancien des écrivains, comme nous vous l'avons déjà démontré. Voici comment par sa bouche le Saint-Esprit raconte la création du monde: "Au commencement, Dieu fit le ciel et la terre, et la terre était invisible et informe, et les ténèbres étaient sur l'abîme, et l'esprit de Dieu planait sur les eaux. Et Dieu dit: que la lumière soit; et la lumière fut." C'est donc la parole de Dieu qui a fait le monde, comme le dit Moïse et de la manière dont il le rapporte, et c'est de lui que Platon l'a appris comme tous ceux qui sont venus après lui, comme nous-mêmes, et comme vous aussi, vous le pouvez voir. Il n'y a pas jusqu'à l'Erèbe, comme l'appellent les poètes, qui n'ait d'abord été nommé par Moïse.

 60. Et quand, dans le Timée, Platon cherchant, à l'aide des lumières naturelles, ce qu'est le fils de Dieu, dit: "Qu'il l'a imprimé en X partout, " c'est encore une idée qu'il a empruntée à Moïse. Car nous lisons dans Moïse qu'au temps où les Israélites traversaient le désert après la sortie d'Egypte, ils furent assaillis par des animaux venimeux, des vipères, des aspics, des serpents de tout genre qui dévoraient le peuple. Alors Moïse , par l'inspiration de Dieu et d'après ses ordres, prit de l'airain, en fit une croix, et l'ayant placée sur le tabernacle, dit au peuple : "Regardez ce signe et croyez, et par lui vous serez sauvés." Et aussitôt tous les serpents érirent, et le peuple fut sauvé. Platon lut ce fait, et ne remarquant pas que ce signe était une croix, il crut que c'était seulement un X, et il dit "qu'après Dieu principe, la seconde vertu était imprimée en X dans tout l'univers." Et ce qu'il appelle la troisième vertu, c'est l'esprit de Dieu qui planait sur les eaux, et dont il avait pris connaissance dans Moïse. Aussi donne-t-il la seconde place après Dieu à ce Verbe qui est marqué en X dans tout l'univers, et la troisième à cet esprit qui planait sur les eaux, car, dit-il: Les troisièmes sont autour du troisième. Quant à la conflagration future, voici ce que prédit l'Esprit saint par la bouche de Moïse: "Le feu descendra sur les vivants et dévorera jusqu'au plus profond de l'abîme." Ainsi donc nous ne pensons pas comme les autres; mais ce que les autres disent, ils l'ont pris de nous. Telles sont les choses que parmi nous l'on peut entendre et apprendre de la bouche même de ceux qui ne connais- sent pas la figure des lettres, gens ignorants et barbares de langage, mais sages et fidèles d'esprit, quoique faibles encore et peu clairvoyants; afin qu'il soit clairement démontré que ce n'est pas la sagesse humaine qui agit, mais bien la vertu de Dieu.

Aucun commentaire: