Notre Seigneur Jésus Christ, vrai Dieu vrai homme par St Maxime le Confesseur

"Par ailleurs, comment le Verbe incarné lui-même a-t-il supporté volontairement, alors même qu'en tant qu'homme il ne le voulait pas naturellement et qu'il opérait conformément à la nature, la faim et la soif, la peine et la fatigue, le sommeil et tout le reste ? 


Car ce n'est pas seulement le Verbe qui a voulu naturellement ces choses et qui les a opérées, lui qui possède avec le Père et l'Esprit une nature suressentielle et infinie, même si par son pouvoir en tant que Dieu, il donnait à [sa] nature [humaine] loisir d'opérer ce qui lui est propre quand elle le voulait, comme le dit le divin didascale de Nysse, le grand Grégοire. En effet, si c'était seulement en tant que Dieu qu'il avait voulu cela, et s'il ne l'avait pas voulu aussi en tant qu'homme, ou bien la divinité était par nature corporelle, ou bien c'est en changeant sa propre essence qu'il s'est fait chair, en perdant sa propre nature divine, ou bien encore sa chair n'a pas du tout reçu une âme rationnelle mais se trouvait tout à fait dépourvue d'âme et de raison ; si au contraire [la chair du Christ] a eu une âme rationnelle, alors elle a possédé aussi une volonté : la volonté naturelle. Car tout ce qui est rationnel par nature, est aussi par nature tout à fait doué de volonté. Et si en tant qu'homme il avait une volonté naturelle, il a voulu pleinement, conformément à son essence, ces choses [faim, soif, etc.] que lui-même en tant que Dieu créateur avait naturellement introduites dans notre nature en la constituant. Car [le Christ] n'est pas venu altérer la nature que lui-même avait créée en tant que Dieu et Verbe ; mais il est venu déifier pleinement la nature qu'il s'est unie, avec tous ses attributs naturels, excepté le péché, la voulant pour lui-même en son unique hypostase, selon le dessein bienveillant du Père et la coopération de l'Esprit. Ainsi donc, étant Dieu par nature, il voulait ce qui est conforme à la nature divine qui est [aussi] celle de son Père,car il avait une volonté commune avec celui qui l'avait engendré; et par ailleurs, étant homme par nature, il voulait ce qui est conforme à la nature humaine."
St Maxime le Confesseur (Opuscule VII, 21)

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