GRAND CARÊME Programme de 40 textes PATRISTIQUES - 4. Lettre d'Ignace d'Antioche aux Ephésiens 8-14



VIII, 1. Que personne donc ne vous trompe, comme d'ailleurs vous ne vous laissez pas tromper, étant tout entiers à Dieu. Quand aucune querelle ne s'est abattue sur vous qui puisse vous tourmenter, alors vraiment vous vivez selon Dieu. Je suis votre victime expiatoire, et je m'offre en sacrifice pour votre Église, Éphésiens, qui est renommée à travers les siècles. 2. Les charnels ne peuvent pas faire les oeuvres spirituelles (cf. Rm 8, 5 ; 1 Co 2, 14), ni les spirituels les oeuvres charnelles, comme la foi non plus ne peut faire les oeuvres de l'infidélité, ni l'infidélité celles de la foi. Et celles-là même que vous faites dans la chair sont spirituelles, car c'est en Jésus-Christ que vous faites tout. 
IX, 1. J'ai appris que certains venant de là-bas sont passés chez vous, porteurs d'une mauvaise doctrine, mais vous ne les avez pas laissés semer chez vous, vous bouchant les oreilles, pour ne pas recevoir ce qu'ils sèment, dans la pensée que vous êtes les pierres du temple du Père, préparés pour la construction de Dieu le Père, élevés jusqu'en haut par la machine de Jésus-Christ, qui est la croix, vous servant comme câble de l'Esprit-Saint ; votre foi vous tire en haut, et la charité est le chemin qui vous élève vers Dieu. 2. Vous êtes donc aussi tous compagnons de route, porteurs de Dieu et porteurs du temple, porteurs du Christ, porteurs des objets sacrés, ornés en tout des préceptes de Jésus-Christ. Avec vous, je suis dans l'allégresse, puisque j'ai été jugé digne de m'entretenir avec vous par cette lettre et de m'en réjouir avec vous de ce que vivant d'une vie nouvelle, vous n'aimez rien que Dieu seul. 
X, 1. " Priez sans cesse " (1 Th 5, 17) pour les autres hommes. Car il y a en eux espoir de repentir, pour qu'ils arrivent à Dieu. Permettez-leur donc au moins par vos oeuvres d'être vos disciples. 2. En face de leurs colères, vous, soyez doux ; de leurs vantardises, vous, soyez humbles ; de leurs blasphèmes, vous, montrez vos prières ; de leurs erreurs, vous, soyez " fermes dans la foi " (Col 1, 23) ; de leur sauvagerie, vous, soyez paisibles, sans chercher à les imiter. 3. Soyons leurs frères par la bonté et cherchons à être les " imitateurs du Seigneur " (1 Th 1, 6) : --qui davantage a été objet d'injustice ? qui dépouillé ? qui repoussé ? --pour qu'aucune herbe du diable ne se trouve parmi vous, mais qu'en toute pureté et tempérance, vous demeuriez en Jésus-Christ, de chair et d'esprit. 
XI, 1. Ce sont les derniers temps (cf. 1 Jn 2, 18) ; désormais rougissons, et craignons que la longanimité de Dieu ne tourne à notre condamnation. Ou bien craignons la colère à venir (cf. Mt 3, 7), ou bien aimons la grâce présente : de deux choses l'une. C'est seulement si nous sommes trouvés dans le Christ que nous entrerons dans la vie véritable. 2. En dehors de lui (cf. saint Paul, Ph 3, 9) que rien n'ait valeur pour vous, lui en qui je porte mes chaînes, perles spirituelles ; je voudrais ressusciter avec elles, grâce à votre prière, à laquelle je voudrais toujours participer pour être trouvé dans l'héritage des chrétiens d'Éphèse, qui ont été toujours unis aux Apôtres, par la force de Jésus-Christ. 
XII, 1. Je sais qui je suis et à qui j'écris : moi je suis un condamné ; vous, vous avez obtenu miséricorde ; moi, je suis dans le danger ; vous, vous êtes affermis. Vous êtes le chemin par où passent ceux qui sont conduits à la mort pour aller à Dieu, initiés aux mystères avec Paul le saint, qui a reçu témoignage, et est digne d'être appelé bienheureux. Puissé-je être trouvé sur ses traces quand j'obtiendrai Dieu ; dans toutes ses lettres, il se souvient de vous dans le Christ Jésus. 
XIII, 1. Ayez donc soin de vous réunir plus fréquemment pour rendre à Dieu actions de grâces et louange. Car quand vous vous rassemblez souvent, les puissances de Satan sont abattues et son oeuvre de ruine détruite par la concorde de votre foi. 2. Rien n'est meilleur que la paix qui réduit à rien toute guerre que nous font les puissances célestes et terrestres. 
XIV, 1. Rien de tout cela ne vous est caché, si vous avez parfaitement pour Jésus-Christ la foi et la charité, qui sont le commencement et la fin de la vie : le commencement, c'est la foi, et la fin, la charité (cf. 1 Tm 1, 5). Les deux réunies, c'est Dieu, et tout le reste qui conduit à la perfection de l'homme ne fait que suivre. 2. Nul, s'il professe la foi, ne pèche ; nul, s'il possède la charité, ne hait. " On connaît l'arbre à ses fruits " (Mt. 12, 33) : ainsi ceux qui font profession d'être du Christ se feront reconnaître à leurs oeuvres. Car maintenant l'oeuvre qui nous est demandée n'est pas simple profession de foi, mais d'être trouvés jusqu'à la fin dans la pratique de la foi. 

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