samedi 5 janvier 2019

DE L'ASSUJETTISSEMENT DES FEMMES ?

"Le meurtre et le viol ont envahi l’écran. Comme si les meurtriers et les violeurs couraient les rues*. On prétend qu’il en est effectivement ainsi, mais que l’on a seulement depuis peu conquis le droit d’en parler. On ment effrontément afin de refonder le monde sur le nouvel ordre que l’on veut construire. On ment au sujet du passé. Autant il est légitime d’en faire une certaine relecture à la lumière d’une découverte, autant il est scandaleux de le faire mentir afin de servir un but politique.

Méprisables sont les mensonges qui ont été répandus au sujet des femmes et de leur vie dans le passé. Honteux d’avoir fait croire qu’elles étaient assujetties, subordonnées et silencieuses, soumises, exposées sans défense au viol, à l’abandon, tout juste bonnes à enfanter et à servir les plaisirs de l’homme. Abjects, tous ceux qui ont participé à cette grande entreprise de dévastation de son âme. Irresponsables tous ceux qui ont justifié leurs agissements au nom du combat en faveur de la justice et du progrès, de l’égalité et de l’identité, parce qu’il ne croient qu’au devenir, et lui sacrifient des hommes vivants qu’ils sont incapables d’aimer. Nihilistes sont ces philosophes du Même et de l’Autre, tous ces idéologues du temps du Mal.




Il n’y a pas longtemps, avant que l’on crée de toute pièce cette peur, les femmes ne vivaient pas dans la crainte du viol. Elles n’étaient pas pour autant inconscientes, pas plus que ne l’étaient les parents des jeunes filles qui les laissaient aller seules dans la nature garder les troupeaux, selon une coutume très établie. Une bergère comme Manon des sources, et tant d’autres, étaient loin de craindre quoi que ce soit. Les femmes n’ont jamais vécu dans la peur des hommes dont l’agressivité est dirigée contre les autres hommes et non contre elles sauf depuis qu’on a fait apparaître cette peur. La peur est fabriquée de toutes pièces par les mensonges que véhiculent les fictions que l’on regarde. Le mal est une invention de l’esprit avant de devenir une réalité. Il est d’abord une mystification.

On a vu des fictions prêtes à transformer la Déesse Athéna en homme pour éviter de montrer une figure féminine  tutélaire qui démentirait les nouveaux discours officiels sur la Grèce antique et sa soi-disant misogynie. On a entendu dire que le mythe d’Europe, la nymphe antique que Jupiter amoureux enleva, était histoire d’un viol, alors qu’il s’agit d’une histoire de rapt amoureux.



On célèbre à n’en plus finir le droit de vote accordé aux femmes comme la fin d’une exclusion, alors qu’il n’y a jamais eu de volonté d’exclusion dans l’attribution du droit de vote à celui qui était le représentant d’une communauté indivisible, avant que la révolution individuelle vienne changer la perception de ce que nous considérons aujourd’hui comme la cellule de base d’une société. L’idée d’une société constituée d’individus autonomes, séparés, et interchangeables, n’a pas toujours existé, les sociologues eux-mêmes, comme Auguste Comte en son temps, n’auraient pas imaginé que l’on puisse en venir à diviser l’humanité et à séparer l’homme et la femme comme le fait la philosophie individualiste. Dans tous ces cas, et dans bien d’autres on fabrique du ressentiment et de la haine, on crée de toutes pièces du mal, on intoxique les esprits.

 Au lieu de distinguer sans séparer, sans rompre le lien, nous avons fabriqué une coupure qui a entraîné la perte du sentiment humain d’être frère."
Colette Superbielle 
Extrait de LA BARQUE D’OR


Colette Suberbielle

* Note du rédacteur du blog : 
Il faut malheureusement noter qu'avec la barbarie déferlant en masses depuis quelques temps sur l'Europe - de populations n'appartenant clairement pas à notre culture européenne - on a vu ces phénomènes de meurtre et de viol, se répéter à plusieurs reprises et en plusieurs lieux sur notre continent - mais là étrangement une étrange paralysie des cerveaux de la caste des censeurs l'a fait s'abstenir avec soin de créer l'"amalgame" et de dénoncer vigoureusement de tels agissements criminels et que la loi n'a pas toujours été appliquée pour tous… Cela n'empêche pas le texte de Colette Suberbielle de conserver son acuité et sa pertinence.


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